始まりの合図鳴らしてしまったの

Le réveillon du 31 Décembre 2025 comptait dans les plus tranquilles qu’on ait passé, en regardant comme d’habitude l’émission de la NHK Kōhaku Uta Gassen (NHK紅白歌合戦). Cette année, j’ai pu regarder l’émission depuis le début, ce qui est plutôt rare car on loupe toujours le début en raison de courses de dernière minute. Cette année était un peu différente car le fiston n’était pas à la maison, assistant avec un de ses copains aux concerts du Nouvel An Countdown 2026 à Makuhari Messe. Nous avions ouvert une bouteille de champagne qui n’a pas suffit pour la soirée, mais j’avais naturellement prévu ce cas de figure. L’émission Kōhaku ne m’a pourtant pas beaucoup intéressé mais j’ai apprécié le fait de n’en avoir aucune attente particulière. Je voulais voir aespa, qui est le seul groupe de K-Pop du moment qui m’intéresse, mais elles n’étaient que trois sur scène car Ningning était bizarrement tombée malade, ce qui ressemble beaucoup à un contre-coup de la polémique sur la lampe atomique qu’elle a montré sur un de ses réseaux sociaux. Je voulais également voir AiNA The End pour son morceau On the Way (革命道中) composé, écrit et arrangé par Shin Sakiura. Sa prestation lors du Japan Record Awards (日本レコード大賞) était par contre plus intéressante, notamment parce qu’on a appris que sa petite sœur faisait partie des danseuses l’accompagnant. C’est un détail que le présentateur de la cérémonie, Shinichirō Azumi (安住紳一郎), avait pris le temps de préciser dans le flot programmé de la cérémonie. Je trouve que Kōhaku présenté par Hiroiki Ariyoshi (有吉弘行) ne prend plus ce genre de petites libertés. Même Haruka Ayase (綾瀬はるか) dont on aime et attend pourtant les petits écarts involontaires et les imprévus, semblait un peu trop stoïque.

Un des problèmes de Kōhaku est qu’elle arrive après toutes les autres émissions musicales de fin d’année, que nous regardons pour la plupart, et on a eu le temps de se lasser d’écouter les mêmes morceaux. On pouvait quand même apprécier le passage du groupe HANA avec leur créatrice Chanmina (ちゃんみな). Leur prestation lors du Japan Record Awards était quand même beaucoup plus marquante, en pleurs après avoir reçu le prix des meilleures nouvelles artistes. Le passage de Sakanaction (サカナクション) était remarquable pour leur excellent single Kaijū (怪獣), qui date quand même un peu maintenant, mais ils n’étaient pas vraiment obligés d’interpréter Shin Takarajima (新宝島) en medley. Ce Kōhaku était la dernière représentation du groupe Perfume. Comme je suis volontairement complètement passé à côté de toute leur carrière, je n’ai aucune émotion particulière sur leur mise en pause indéfinie, mais j’espère au moins que Nocchi continuera en solo. C’est ce que Sheena Ringo avait essayé de lui faire comprendre en l’invitant seule sur le single 初KO勝ち. Je me demande même si ce n’est pas Ringo qui a semé la zizanie dans le groupe, mais il s’agit là d’une pure supposition non vérifiée. De Perfume, j’ai toujours apprécié Nocchi mais eu beaucoup de mal avec les deux autres (qu’il ne faut mieux pas entendre parler). Une bonne surprise était la dernière de Hiromi Go (郷ひろみ) qui a finalement eu la présence d’esprit de comprendre qu’après 38 passages à Kōhaku, il était temps de laisser sa place aux jeunes générations. Il était malgré tout un point de repère et passage obligé de l’émission qui nous permettait à chaque fois de commenter sur le fait qu’il ne vieillit plus malgré les années qui passent. On pouvait faire ce même commentaire sur Seiko Matsuda (松田聖子) qui clôturait l’émission après quelques années d’absence, suite au décès de sa fille. Loin d’apprécier ses chansons, sa présence sur scène attire pour sûr les regards, comme ça pouvait être le cas pour la légende vivante du rock Eikichi Yazawa (矢沢永吉) qui a surpris et impressionné tout le monde en arrivant sur la scène du grand hall de la NHK, un peu à la manière du groupe B’z l’année dernière. C’était certainement le meilleur moment de l’émission, avec le passage d’Aimyon (あいみょん) qui a une nouvelle coupe de cheveux courte qui lui va vraiment très bien et un nouveau morceau intitulé Belt of Venus (ビーナスベルト) que j’aime beaucoup même si ça reste du Aimyon des plus classiques. J’écoute beaucoup ce morceau qui me fait du bien, sans que je puisse vraiment en expliquer la raison.

La soirée d’un peu plus de quatre heures passe très vite lorsque l’on commente chaque passage. On ne s’est finalement pas ennuyé jusqu’à l’émission Yuku Toshi Kuru Toshi (ゆく年くる年) annonçant les dernières minutes de l’année au milieu de sanctuaires de divers lieux au Japon. J’aime quand cette émission montre des sanctuaires perdus sous la neige en forêt de montagne, mais cette configuration manquait malheureusement à l’appel. Cette courte émission nous met toujours en condition pour sortir nous mêmes dans le froid une fois minuit passé, en direction du sanctuaire le plus proche. Il y a toujours foule et le gobelet d’amazake gracieusement offert sur place est toujours le bienvenu. Même le petit bol de shiruko valait le détour cette année. Je pense que la qualité intrinsèque de ces boissons chaudes augmentent proportionnellement aux températures froides extérieures. Il y a une longue file d’attente pour la première prière de l’année au sanctuaire mais nous préférons revenir le lendemain.

En cette dernière journée de l’année, nous avons mangé des soba un peu plus tôt dans la soirée, comme le veulent les traditions. Nous avons choisi un restaurant de soba historique du style Edo, le Toranomon Osakaya Sunaba (虎ノ門大阪屋砂場) situé près des tours de Toranomon Hills. Le restaurant a été fondé en 1872 et le bâtiment actuel date de 1923. Il s’agit d’une propriété culturelle enregistrée comme importante et son emplacement encastré entre des immeubles récents rend l’endroit tout à fait unique. Il aura fallu attendre un peu moins d’une heure dans le froid pour avoir une place car les réservations n’étaient pas possibles le 31 Décembre. Nous avons donc beaucoup apprécié les soba une fois installés au chaud dans le vieux restaurant.

sous les lumières d’un matin d’hiver

En continuant ma marche depuis Waseda, je découvre des belles choses d’un point de vue architectural. L’étrange pavillon situé avant le yuzu dans les photographies ci-dessus est rattaché au temple bouddhiste Tōchōji (東長寺) de la branche Soto Zen. L’histoire du temple remonte à l’année 1594 lorsqu’il a ouvert ses portes, mais le bâtiment actuel est beaucoup plus récent, datant de 1989. J’aurais dû aller voir le bâtiment principal du temple car il a reçu le prix Good Design Award en 2018. Je me suis en fait concentré sur le pavillon, appelé Tōchōji Bunyukaku (東長寺文由閣), car il a des formes vraiment particulières. Il est constitué de deux blocs dont le principal a pour base un polygone coiffé d’une plaque carrée. Le deuxième bloc est légèrement oblique et torsadé avec un escalier extérieur tournant autour. Des passerelles extérieures relient les deux blocs à plusieurs étages. Le rez-de-chaussée du bloc principal et le dernier étage sont composés de grandes baies vitrées. Je ne suis pas rentré à l’intérieur, car il était tôt le matin, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse y entrer librement. Ce pavillon, conçu par Tetsuo Kobori Architects (小堀哲夫建築設計事務所), serait le premier bâtiment de temple à recevoir une certification Bâtiment Basse Consommation (PHI Low Energy Building certification). J’approche ensuite doucement du grand stadium olympique. Juste à côté, on peut apprécier les couleurs de la résidence Brillia ist Sendagaya, conçue en 2015 par IOA Takeda Architects Associates. Je ne connaissais pas IOA mais je vois qu’ils conçoivent beaucoup de résidences et des buildings de bureaux relativement classiques. Certains bâtiments comme celui-ci aux balcons colorés sortent du lot. Des mêmes architectes, j’avais d’ailleurs déjà remarqué la résidence Park Homes Nakameguro pour ses formes obliques de béton et de métal noir. Cette résidence a également reçu le prix Good Design Award en 2020. En explorant le site web de l’architecte, je suis surpris de voir à l’intérieur de cette résidence une installation de l’artiste Shinji Ohmaki (大巻伸嗣), dont j’avais vu une de ses installations récemment au musée NACT de Nogizaka. Une photographie du grand stadium olympique vient terminer cette petite série. Les lumières matinales viennent embellir l’immense structure ovale de Kengo Kuma, qui est déjà remarquable de tous points de vue.

Je connaissais le nom et quelques morceaux de Chanmina (ちゃんみな) depuis quelques temps, mais je n’avais pas vraiment accroché jusqu’à ce nouveau single intitulé Biscuit. J’adore l’intensité du morceau, les passages rappées et le final où elle pousse sa voix. Le morceau a d’entrée de jeu un rythme extrêmement accrocheur, qui ne peut laisser indifférent. Chanmina est japano-coréenne, et elle chante ce morceau en coréen et en anglais. Il s’agit apparemment de son troisième morceau chanté en coréen. La vidéo a été tournée en plein centre de Shibuya au scramble crossing. Il faut noter qu’il s’agit d’une prise de vue réelle à Shibuya. De nombreuses vidéos ces derniers temps sont plutôt prises dans la version répliquée du croisement reconstituée dans la préfecture de Tochigi au Ashikaga Scramble City Studio, construit en 2019 par la compagnie Nouvelle Vague Co. Ce n’est pas le cas ici et la vidéo a été filmée récemment car je reconnais les publicités et le Tsutaya y est déjà fermé pour rénovation. La prise de vue a dû se faire tôt le matin car Chanmina est relativement connue et sa présence est quand même facilement remarquable, même si les cheveux bleus ne sont pas inhabituels à Shibuya.

L’exposition Damage (堕冥慈) de l’artiste Wataboku se déroulait au Shibuya PARCO Art Museum jusqu’au 25 Décembre 2023. Il s’agit de la troisième exposition que je vais voir de l’artiste qui met toujours en scène son personnage fétiche nommé SAI inspiré par la même modèle Aopi. Je suis à chaque fois impressionné par les expressions du visage de SAI, et elles me donnent toujours envie de les voir lors des expositions de Wataboku. Cette exposition solo au musée de PARCO avait une envergure plus importante que celles que j’avais vu précédemment, ce qui témoigne d’une reconnaissance méritée. Ce qui est nouveau sur la série présentée cette fois-ci, c’est que les illustrations de Wataboku dépassent du cadre comme par exemple ces poissons et pommes rouges illustrés au premier plan. Certains tableaux étaient augmentés de parties lumineuses faisant apparaître le squelette de SAI derrière l’illustration classique de son corps et de son visage. Cette représentation hospitalière est un des thèmes de la série au musée PARCO, faisant apparemment écho à un séjour hospitalier de son auteur. La salle d’exposition mettait en scène ce thème avec une chaise roulante avec perfusion et des béquilles placées à différents endroits. Un espace au centre d’une des pièces était fermé par un fin rideau blanc. On pouvait voir à l’intérieur quelques croquis et photos de préparation des illustrations finales.

En parlant un peu plus haut de Chanmina, je repense au single Kyashana Lip (華奢なリップ) de Genie High (ジェニーハイ) sur lequel elle chantait en invitée avec Ikkyu Nakajima (中嶋イッキュウ). Je redécouvre maintenant ce morceau avec une nouvelle oreille. On me l’avait fait découvrir il y a quelques temps mais j’avais à l’époque préféré un autre single de Genie High, Fuben na Kawaige (不便な可愛げ) sur lequel AiNA The End accompagnait Ikkyu au chant. En parlant d’Ikkyu, nous n’avons malheureusement pas de nouvel album de Tricot à se mettre entre les oreilles cet hiver. Tricot nous avait habitué ces dernières années à sortir un nouvel album à la fin de l’année, mais ça n’est malheureusement pas le cas cette année. Tricot tourne, notamment en Angleterre récemment, donc elles et il sont loin d’être inactifs. Il y a quelques semaines, j’étais surpris de voir une tête familière dans un des espaces d’exposition du Tsutaya de Daikanyama. Je parle de Wicket, le chien d’Ikkyu Nakajima, qui est une sorte de symbole du groupe car il apparaissait sur la pochette d’un des derniers albums de Tricot. En plus d’apparaitre sur des vêtements, il y aussi une peluche violette à son effigie se faisant appeler Nuef. Je vois au Tsutaya une bande dessinée intitulée Gluten Comics (グルテンCOMICS) avec Nuef et deux autres personnages. Je ne sais en fait pas s’il s’agit d’une véritable bande dessinée complète ou seulement de sa couverture. Gluten (グルテン) est en tout cas un projet artistique de trois artistes: FUSE (illustrateur originaire de Saitama), Matthew mallow (également illustrateur mais originaire de la préfecture d’Aichi) et Ikkyu Nakajima. Outre le chien Wicket, l’espace d’exposition vendait d’autres articles de la collection SUSU d’Ikkyu dont les t-shirts à manches longues Dead, mais pas ceux avec le message Love Me Tricot (お布施Tシャツ) qui n’est de toute façon pas des plus faciles à porter. Et faute de nouvel album de Tricot, je me remets à écouter les anciens en démarrant par Jōdeki (上出来) puis en poursuivant avec A N D.

La collaboration de Hitsuji Bungaku (羊文学) avec le Department Store Seibu de Shibuya se terminait le 25 Décembre. J’y suis allé plusieurs fois et c’est agréable, même surprenant, d’entendre des morceaux du groupe en marchant dans les couloirs. Dans les derniers jours, deux affiches signées par le groupe étaient mises en exposition à l’intérieur de la passerelle au cinquième étage reliant les annexes A et B. C’était pour sûr une année importante pour le groupe et je suis bien content d’avoir pu allé les voir cette année. L’année 2023 a été pour moi assez riche en concerts, car je suis allé en voir cinq: celui de Sheena Ringo au Tokyo International Forum bien sûr, le concert final de For Tracy Hyde au Shibuya WWWX, celui de Tricot au Liquid Room d’Ebisu, Hitsuji Bungaku au Zepp Haneda et le premier live solo d’a子 au WWW de Shibuya. Aller voir un concert tous les deux ou trois mois est un rythme qui me convient en espérant le conserver l’année prochaine, qui démarrera par AAAMYYY en Mars. En parlant d’a子, il a beaucoup de nouveautés ces derniers jours car elle vient de signer sur une major (Pony Canyon), sortira son premier album l’année prochaine accompagné par deux dates de concerts, dont une à Tokyo au Liquid Room qui est une assez grande salle d’une capacité de 1000 personnes. La salle WWW où j’avais été la voir avec son groupe cette année n’avait une capacité que de 500 personnes.