the streets #16

Le dernier épisode de cette série intitulée the streets date du mois de Mai 2025. J’aime l’idée d’y revenir régulièrement quand l’envie me reprend et quand je réunis des photographies qui correspondent à son esprit général. Quelques photographies du billet ont été prises entre Roppongi et Nishi-Azabu, en démarrant à Tokyo Mid-Town. Ce n’est pas la première fois que je m’amuse avec la sculpture de pierre de Kan Yasuda (安田侃) placée sur l’espace ouvert le long de la rue devant la grande tour de Tokyo Mid-Town. J’attends pendant quelques secondes qu’une personne apparaisse à travers l’ouverture percée dans la sculpture. J’aime cette idée de cadrage dans le cadrage depuis que j’ai parcouru des yeux Tokyo Windows, le recueil de photographies de Masataka Nakano. En redescendant ensuite vers Nishi-Azabu en direction de Shibuya, je suis attiré par une série de photographies maritimes affichées de manière temporaire sur les murs blancs amovibles d’un chantier de redéveloppement urbain près de Roppongi Hills. Il s’agit d’une série photographique intitulée Water columns (2022) du duo d’artistes suisses Taiyo Onorato et Nico Krebs. Je remarque surtout la composition étrange à gauche montrant une main et un bras se mélangeant avec des organismes marins. En entrant dans le quartier de Nishi-Azabu, je passe devant l’atelier Haute Mode Hirata, fondé par Akio Hirata (平田欧子) et repris par sa fille OHKO après son décès. On y vend des chapeaux hauts en couleurs aux formes et à l’esthétique tout à fait uniques. A chaque fois que je passe devant cette boutique, me revient en tête une photographie d’Avril 2009 d’un magnifique chapeau rouge pris à travers la vitrine. En remontant ensuite vers le quartier d’Hiroo, le long de la rue bordant les résidences de Garden Hills, les arbres ont progressivement changé de couleurs. Je n’ai pas le souvenir d’avoir été aussi attentif aux feuilles d’Automne l’année dernière et j’ai l’impression de me rattraper un peu cette année. Au bout de cette rue, un petit building composé d’une façade vitrée et de poutres apparentes extérieures en béton m’intrigue pour les réfections qu’il nous montre. Le béton se reflétant sur la façade de verre donne le sentiment qu’un nouvel édifice virtuel existe à l’intérieur du bâtiment réel, comme si une autre réalité se cachait dans cette architecture. Ce bâtiment m’attire à chaque fois et je l’ai souvent pris en photo. Je pense que ça doit par contre être la première fois que je le montre dans un billet. Les deux photographies suivantes nous amènent à Aoyama puis dans les quartiers résidentiels de Daikanyama. J’aime beaucoup le design extérieur de la maison individuelle de la dernière photographie. On a l’impression que le toit légèrement oblique est surdimensionné. Le mariage avec le rez-de-chaussée composé de bois est du plus bel effet. Je n’ai malheureusement pas trouvé qui en est l’architecte.

J’évoque moins dans mes billets récents les musiques que j’écoute, ce qui ne veut pas dire que je ne fais plus de découvertes. J’ai même suivi quelques pistes qui se sont finalement révélées infructueuses et dont je ne parlerais donc pas sur ces pages. Je ne parle que des musiques que j’aime, par manque de temps et d’envie de parler de celles que j’apprécie moins. Dans ma playlist du mois de Novembre qui vient de se terminer, j’avais inscrit quelques morceaux, que j’ai beaucoup écoutés, d’artistes ou groupes que je connaissais déjà ainsi que d’autres d’artistes que je ne connaissais pas. Parmi les nouvelles découvertes, il y a d’abord le morceau Eclipse de Fuki Kitamura (北村蕗) sur son EP intitulé 500Mm. Ce morceau virevolte dans nos oreilles. Je suis très agréablement surpris par la dextérité du chant de Fuki Kitamura, compositrice et interprète originaire de la préfecture de Yamagata. J’enchaine ensuite avec une collaboration de Satoko Shibata (柴田聡子) avec la rappeuse Elle Teresa (エルテレサ) sur un single intitulé Tokimeki Tantei (ときめき探偵) avec la contribution musicale de Le Makeup (ル メイクアップ), projet musical de Keisuke Iiri (井入啓介). Après son premier album, e5 sort déjà un nouveau single intitulé BUTTOBASHIT mélangeant hip-hop et sons électroniques, qui aurait très bien figuré sur son album. J’adore la densité du morceau qui me fait dire que e5 ne lâche rien. Dans la même mouvance proche de l’hyper-pop, j’écoute le nouveau single 不貞腐 freestyle de killwiz et Tōmeinahito (透明な人) de 4s4ki sur son nouvel EP Enmeishu avec DÉ DÉ MOUSE. Il s’agit en fait d’un morceau que 4s4ki avait d’abord composé seule et qui été ensuite complémenté par DÉ DÉ MOUSE. Je suis assez partagé sur le reste du EP mais ce morceau qui le conclut est vraiment excellent. Pour rester dans les sons électro-pop, je suis étonné depuis quelques temps par les nouveaux singles de Kyary Pamyu Pamyu (きゃりーぱみゅぱみゅ), comme toujours composé par Yasutaka Nakata (中田ヤスタカ), notamment dreamin dreamin mais surtout Genjitsu tōhi (現実逃避). Les premières notes de dreamin dreamin nous rappellent bien sûr le kawaiisme de ses débuts, mais je trouve qu’elle s’en éloigne depuis plusieurs années et notamment sur Genjitsu tōhi. Côté rock alternatif, quelques belles découvertes proches du shoegaze avec Big Sky du groupe Beachside talks sur leur album Hokorobi, After the Breeze (あまり風) de AprilBlue sur l’album yura et MARET de SOM4LI. J’ai déjà parlé du groupe AprilBlue composé par Azusa Suga, leader de feu For Tracy Hyde et de SOM4LI composé entre autres d’anciens membres de Ms Machine. Je découvre par contre Beachside talks bien que sur leur album, seul le morceau Big Sky m’attire vraiment. Je retrouve SOM4LI avec plaisir sur ce nouveau single MARET, et je suis même surpris par le chant de Mako. La vidéo très lo-fi réalisée par Rio Shimamoto, également membre du groupe, a été tournée dans le parc Kasai Rinkai (葛西臨海公園) au bord de la baie de Tokyo dans l’arrondissement d’Edogawa. Nous l’avions parcouru il y a quelques années et j’en avais montré quelques photographies dans une autre série au long court intitulée how to repeat Tokyo endlessly. J’ai beaucoup écouté tous ces morceaux au mois de Novembre, peut-être même trop ce qui m’a ensuite amené vers d’autres horizons.

dis:HYSTERIA what3vr

Le Tokyo International Forum (東京国際フォーラム), conçu par Rafael Viñoly et construit en 1996, compte parmi les plus beaux bâtiments de Tokyo. Je ne résiste pas à l’envie de monter de temps en temps au dernier étage pour admirer son architecture de verre, ses puissantes poutres blanches, la courbure de sa voûte métallique, et ses passerelles légères qui semblent si fragiles lorsqu’on les parcourt. Une partie du forum est en rénovation, et certains passages ne sont pas accessibles. Je ne sais pas si cette inaccessibilité est due aux travaux de rénovation ou si, indépendamment de cela, les va-et-vient sont désormais limités à certains étages du forum, ce qui serait bien dommage.

Je continue, sans hystérie particulière, à marcher dans le quartier de Yurakuchō, puis vers Ginza et devant la gare de Tokyo. Les affiches de cinéma sont celles montrées sur la devanture de l’ancien cinéma Marunouchi Toei, qui a fermé ses portes le 27 juillet. Parmi les affiches, je reconnais celle du film Shōnen Merikensack (少年メリケンサック), que j’ai revu une deuxième fois très récemment. Dans ce film, réalisé par Kankurō Kudō (宮藤官九郎) et sorti en salles en 2008, Kanna, interprétée par Aoi Miyazaki (宮﨑あおい), est employée dans une maison de disques et sur le point d’être licenciée. Elle fait la découverte inespérée, sur Internet, d’un jeune groupe punk appelé Shonen Merikensack, qui semble tout à fait prometteur. Mais il s’avère que cette vidéo date de plusieurs dizaines d’années et que Shonen Merikensack n’est donc pas un nouveau groupe. Il s’agit d’anciens musiciens des années 80, aujourd’hui vieillissants et ratés, ayant raccroché les guitares. Malgré cela, la maison de disques organise une tournée, et Kanna est contrainte de devenir leur manager. Le film a un ton humoristique parfois décalé et est tout à fait plaisant, sans être vraiment transcendant. J’aime beaucoup les histoires de groupes de musique, surtout quand ils sont atypiques, donc je me laisse facilement entraîner par ce genre de films. D’autant plus que le personnage de Kanna, en jeune femme plutôt sérieuse mais coincée dans une situation absurde, est particulièrement amusant. Ce qui est également amusant dans ce film est de voir de vrais musiciens — Kazunobu Mineta (de Ging Nang Boyz), Gen Hoshino et Pierre Taki (du groupe électronique Denki Groove, avec Takkyu Ishino) — y jouer de petits rôles.

Je me pose beaucoup de contraintes dans ce que j’écris sur ce blog, notamment celle de n’écrire que sur les choses que j’apprécie, plutôt que de passer du temps à critiquer et à me plaindre, même si les sujets ne manquent pas (ceux qui font des POV sur Instagram, par exemple, ou ceux qui mettent régulièrement en valeur leur comportement irréprochable par rapport aux autres à travers de courtes scènes de vie). Je n’aimerais pourtant pas gâcher l’enthousiasme de ceux qui l’ont encore. Il y a tant de choses à apprécier qu’il serait dommage de passer trop de temps à disserter sur ce qui ne l’est pas. Il faudrait que je revienne un jour un peu plus longuement sur mes contraintes d’écriture, dont plusieurs doivent être inconscientes.

Après avoir évoqué les nouveaux EP et album de killwiz et e5, je ne pouvais pas manquer celui de 嚩ᴴᴬᴷᵁ, car elle les fait également intervenir en duo sur ce nouvel EP Seventh Heaven, sorti le 24 juillet 2025. Je l’ai découvert par son sixième et dernier morceau, intitulé Typhoon, avec un étrange rappeur nommé Peanuts Kun (ピーナッツくん), caché à l’intérieur d’un immense costume de cacahuète (!?). Malgré cette incongruité visuelle, ce morceau s’avère être le meilleur du EP. La construction des morceaux oscille entre l’hyper-pop et le hip-hop, dans un style un peu différent de son EP précédent. Les morceaux de cet EP sont en fait tous des collaborations. J’aime aussi beaucoup le morceau under land, avec Airi Kamiya, désormais membre du duo Xamiya, que j’ai déjà évoqué plusieurs fois sur ces pages. Il est composé et produit par Sasuke Haraguchi. Le morceau est complètement atypique et part dans plusieurs directions sans grande coordination, ce qui en fait une petite pièce d’électronique expérimentale assez remarquable mais plutôt difficile à apprécier pleinement. C’est en tout cas un des morceaux que je préfère de ce EP. Le morceau Crack avec killwiz est, en comparaison, beaucoup plus apaisé et facile d’approche, mais ce n’est donc pas celui qui attire l’attention au premier abord. Le cinquième morceau yumesekai, avec e5, est un beau morceau composé par KOTONOHOUSE. Ceci étant dit, il ne révolutionne pas vraiment le genre, tout comme le premier, intitulé Rinne (輪廻), avec une certaine TORIENA que je ne connaissais pas. Je ne connaissais pas non plus 142clawz, qui intervient sur le quatrième morceau 5ever 3motion, beaucoup plus disruptif. L’ensemble du EP se tient très bien, même si j’ai une nette préférence lorsque 嚩ᴴᴬᴷᵁ part en décalage, comme sur under land et Typhoon, ce qui me semble mieux correspondre à son état d’être (enfin bon, je ne la connais pas non plus). Dans la même mouvance, 嚩ᴴᴬᴷᵁ aurait très bien pu inviter cyber milk ちゃん, qui sort un EP de deux titres intitulé ikillikill (tout un programme). Elle y chante avec la voix éthérée qu’on lui connaît, emportée par des sons électroniques disruptifs sur Kabukichō Love (歌舞伎町♡ラブ), produit par NGA, qui a également produit pour killwiz (comme quoi ce monde se recoupe). J’aime beaucoup ce morceau, mais j’adore le sublime NGLO (pour Never Gonna Log Out) pour son phrasé rapide et répété et les sons EDM dubstep agressifs produits par Red Motion.

avec un cœur léger

Je pense que c’est la première fois que j’entre à l’intérieur du complexe commercial WITH HARAJUKU (ウィズ原宿), qui a pourtant ouvert ses portes en juin 2020. Il se trouve juste en face de la station d’Harajuku et comporte des espaces de terrasse à un des étages donnant d’un côté une vue dégagée sur la forêt dense du grand sanctuaire de Meiji Jingū, et de l’autre une vue sur le dédale de rues étroites d’Harajuku et d’Ura-Harajuku. L’architecte du bâtiment est Toyo Ito avec Takenaka Corporation. On y trouve une statue, nommée la “Statue de Harajuku”, positionnée sur la terrasse, le regard tourné vers la gare d’Harajuku et la forêt de Meiji Jingū. Elle a été conçue par l’artiste français Xavier Veilhan, qui a déjà exposé ses statues colorées et unies dans les rues de Tokyo.

De fil en aiguille, en m’intéressant à la musique de 嚩ᴴᴬᴷᵁ et de killwiz, j’ai découvert le hip-hop alternatif de e5 (prononcé Ego en anglais) avec son premier album MODE POP, sorti le 24 septembre 2025. Je l’ai acheté sur iTunes dès sa sortie car je connaissais déjà trois singles qui me plaisaient au plus haut point: SPIDER SILK, WUNACOOL puis DIVE JOB. J’ai même été jusqu’à regarder une émission Twitch, sur laquelle e5 était invitée, qui présentait en direct son nouvel album au moment exact de sa sortie sur les plateformes audio. e5 s’est entourée de quelques producteurs pour certains des treize morceaux de son album, mais en a également produit plusieurs elle-même. On y trouve bien sûr un duo avec 嚩ᴴᴬᴷᵁ, intitulé FROG JUMP 宇宙, et un avec killwiz, intitulé I AM HERE. L’esprit général de l’album MODE POP est celui du hip-hop mais il gravite également autour de l’hyper-pop, notamment pour ces deux morceaux avec les deux membres de son ancien groupe Dr.Anon, ainsi que celui intitulé KANTAN avec la musicienne coréenne Collie Wave. J’adore l’ambiance un peu mélancolique et introspective de cet album, qui part souvent de sujets simples comme WUNACOOL, inspiré d’un médicament anti-démangeaisons (ウナクール), et HOT KAIRO, qui évoque un petit sac chauffant (カイロ) que l’on met dans les poches pour se réchauffer en hiver. L’album a un ton intime et sincère, mais s’aventure également vers des sons plus lourds et marquants, comme le beat très puissant du deuxième morceau KIVVY.

Ce qui me plaît également beaucoup, c’est que l’album s’organise sur une symétrie autour d’un morceau central instrumental intitulé ZEROPOINT (le septième morceau). Le premier morceau, intitulé HAJIME (début), fait écho au dernier, OWARI (fin). Le cinquième, WHERE I AM, est en symétrie avec le neuvième, I AM HERE. e5 mentionnait dans l’émission Twitch une correspondance entre le troisième morceau, SNOOZEMODE, et le onzième, DIVE JOB, mais elle me paraît à priori moins évidente, du moins visuellement. La symétrie ne va pas jusqu’à faire correspondre la longueur de chaque titre comme pourrait l’imaginer Sheena Ringo, mais je ne peux m’empêcher de voir ici une inspiration ringoesque. MODE POP devient ainsi une sorte d’album-concept très cohérent e5 abouti pour un premier album. Autre petit détail ringoesque: sur la vidéo du morceau WUNACOOL qui se déroule à Chiba sur l’étrange structure en escaliers de Futtsu, e5 est accompagnée d’une fille appelée Shiina Appletea (椎名アップルティー) qui est calligraphe créant d’étranges lettrages. L’association entre le nom Shiina et la Pomme m’intrigue forcément un peu.

Le studio de production Vivision du réalisateur Yuichi Kodama (児玉裕一) propose de temps en temps à la vente un certain nombre de produits dérivés. Il n’y a pas de boutique en tant que telle, plutôt des pop-up stores. Yuichi Kodama étant le mari de Sheena Ringo et ayant réalisé un grand nombre de ses vidéos musicales ainsi que celles de Tokyo Jihen, les produits dérivés estampillés Vivision attirent forcément les fans de Ringo. Il faut noter quand même qu’il a également réalisé pour de nombreux autres artistes, comme Vaundy. Son laptop, qu’il amène apparemment partout avec lui, est d’ailleurs orné d’un sticker de Vaundy, outre ceux liés à l’univers qu’il crée avec Sheena Ringo. Les pop-up stores de Vivision sont très éphémères. Plusieurs ont eu lieu au Tower Records de Shinjuku, mais j’y suis à chaque fois allé un peu trop tard et une bonne partie des produits étaient déjà en rupture de stock. Ils doivent certainement être produits en petites séries. J’avais noté qu’un pop-up store se déroulait au magasin de vêtements Desperado, près de la gare de Shibuya, et je m’y suis dirigé ce samedi 27 septembre en début d’après-midi. Je savais que Yuichi Kodama était sur place la semaine dernière, le jour d’ouverture de sa boutique éphémère, également composée d’une partie exposant certains de ses trésors personnels. J’avais des doutes quant à sa présence ce samedi car le dernier jour de cette boutique était plutôt le lendemain. J’ai eu la surprise et le plaisir de le voir dans le magasin.

En entrant, on ne peut que remarquer sa superbe DMC-12 DeLorean qu’il a achetée il y a longtemps pour environ 10 millions de yens. Je prends bien sûr en photo la voiture sous tous les angles, elle est extrêmement bien entretenue, et je me décide à entrer dans le magasin tout en me demandant comment je pourrais lui adresser la parole. Mais j’étais également venu pour acheter un stylo de sa marque Vivision (et des chaussettes au passage). Je ne suis pas le seul dans l’espace dédié à Vivision dans la boutique. J’attends que Yuichi Kodama soit seul pour lui dire bonjour, ce qui semble le surprendre un peu au premier abord, et je lui demande si on peut prendre une photo ensemble, ce qu’il accepte volontiers. On se place sur un petit banc devant la vitrine ornée de différents objets Vivision et à côté de la DeLorean. Il me demande d’abord si j’étais venu car j’appréciais la musique de Sheena Ringo, ce que je confirme bien sûr avec enthousiasme, tout en lui glissant que j’aime aussi beaucoup ses vidéos. Nous discutons un peu des concerts que j’ai vu, de mon nombre d’années à Tokyo, tout en prenant un selfie. Il me dit qu’il fera part à Ringo de mon enthousiasme. Je le crois sur parole sur le moment. J’imagine qu’ils doivent discuter à la maison de ce qu’ils ont fait de leurs journées respectives, parler des étranges personnes rencontrées. Il me montre ensuite sa DeLorean devant nous, notamment le moteur à l’arrière et l’espace où se trouvent normalement les propulseurs dans Retour vers le Futur. Je tente une plaisanterie en voulant confirmer avec lui que ce n’est pas le modèle qui voyage dans le futur, mais mon humour hésitant ne fonctionne pas très bien. Il m’indique en tout cas qu’il la conduit très souvent. Ces quelques minutes passent très vite et sont bien agréables. J’aurais voulu lui demander plein d’autres choses, mais je vois déjà que deux autres personnes veulent suivre mon exemple en demandant une photo, ce qu’ils n’auraient sans doute pas fait si je n’avais pas demandé en premier. Cette rencontre me met de très bonne humeur pour la suite de la journée.

Pendant cette même journée de samedi, il me restait quelques heures de libre pour aller voir une exposition à la galerie Fuma Contemporary Tokyo dans le quartier d’Irifune. Il s’agissait d’une exposition intitulée INSIGHT PRISM du sculpteur Yoshitoshi Kanemaki (金巻芳俊). C’était en fait la dernière journée de cette exposition et je savais que l’artiste serait sur place. J’avais vu sur Instagram quelques-unes de ses sculptures sur bois jouant sur la répétition de visages et j’étais extrêmement intrigué de voir sa dernière création, composée d’un étrange effet de prisme. En entrant dans la petite galerie composée d’une seule pièce aux murs blancs, au neuvième étage d’un immeuble étroit, on aperçoit tout de suite la sculpture principale INSIGHT PRISM, représentant une jeune femme assise, les mains ouvertes devant elle et le regard survolant nos têtes. Son visage est fractionné en de multiples facettes, comme s’il s’agissait de reflets dans un prisme. Je suis resté de longues minutes devant cette sculpture, comme hypnotisé. Je ne pouvais pas m’empêcher de la regarder et de la prendre en photo sous différents angles, comme s’il s’agissait d’une présence divine inattendue. Dans le petit texte de présentation, Yoshitoshi Kanemaki nous explique que ces sculptures s’inspirent des statues bouddhistes avec plusieurs bras et plusieurs visages. Il s’agit de la plus grande sculpture qu’il a créé dans cette série de prismes. À côté, une autre statue plus petite montre une jeune fille à plusieurs visages et expressions. Il s’agit d’une représentation de nos différentes personnalités et des rôles que l’on joue dans la société, au point où l’on pourrait perdre la trace de notre véritable “soi”.

Un petit coin de la galerie montre différents ouvrages liés à l’artiste, notamment un très beau livre intitulé Tamentahi (タメンタヒ), rétrospective de ses sculptures. Je me décide à l’acheter et lui demande de le signer, ce qu’il accepte volontiers. C’est l’occasion de discuter un peu, car il a l’air de s’intéresser à la manière dont j’ai découvert ses sculptures et de savoir s’il s’agissait de la première fois que je venais à une de ses expositions. Il n’en avait pas exposé depuis deux ans, suite à quelques problèmes médicaux, mais je lui confirme que je reviendrai pour sûr revoir ses sculptures. J’ai en fait pensé à Kanemaki quand nous sommes allés à la branche d’Ibaraki du grand Izumo Taisha de Shimane en Juin. La salle d’exposition qui s’y trouvait montrait une étrange sculpture en bois à trois visages de l’artiste Junichi Mori (森淳一). J’avais à ce moment-là pensé aux sculptures de Yoshitoshi Kanemaki et m’étais convaincu d’aller voir ses œuvres dès que possible. Voilà chose faite. Cette journée était remplie de belles rencontres et m’a donné le cœur léger.

shifting dreams & perspectives

Lorsque je prends des photographies d’architecture dans une approche minimaliste, je me demande toujours si ce ne devrait pas être un style à poursuivre et sur lequel je devrais me concentrer. On croise régulièrement, au hasard d’Internet, des photographes qui présentent des séries abstraites, magnifiquement cadrées et épurées. Ce style m’attire, mais la rigidité qu’impose le fait de s’en tenir à un seul genre de représentation finirait très vite par m’ennuyer. Je préfère donc divaguer… Les deux images ci-dessus montrent le Tokyo Square Garden à Kyobashi et le Tokyo International Forum à Yurakuchō. Je reviendrai certainement plus tard avec d’autres photographies de ce dernier bâtiment, mais j’ai préféré, cette fois, montrer certains détails de la voûte courbe, pleine de complexité.

Dans la filmographie de Shunji Iwai (岩井俊二), j’avais noté le film Hana & Alice (花とアリス), sorti au Japon en salles en mars 2004. Je viens finalement de voir récemment cette comédie dramatique de romance adolescente, qui met en scène deux amies, Hana Arai et Tetsuko Arisugawa, surnommée Alice, au moment de leur entrée au lycée. Hana est interprétée par Anne Suzuki (鈴木杏) et Alice par Yū Aoi (蒼井優), qui avait également joué quelques années auparavant dans All About Lily Chou-Chou. Les deux lycéennes, également membres de la même école de ballet, tombent amoureuses du même garçon, Masashi Miyamoto, interprété par Tomohiro Kaku (加瀬亮智宏). Après un accident, Hana lui fait croire qu’ils sont en couple, inventant une histoire d’amnésie. Alice, entraînée malgré elle dans ce mensonge, joue le rôle de l’ex-petite amie. Cette situation entraîne jalousies et quiproquos, et les complications viennent perturber leur amitié.

Hana & Alice est un mélange de chronique adolescente et de poésie visuelle, s’attardant par moments sur la banalité du quotidien, mais où celle-ci prend un tournant poétique. Les films de Shunji Iwai ont souvent cette lenteur contemplative, qui nous laisse le temps d’observer les gestes et d’écouter les silences entre les dialogues. Des instants légers se mélangent avec des émotions plus profondes, mais le film n’est pas sans touches d’humour discret. Je me remémore par exemple une scène dans le lycée Tezuka (手塚高校), où Hana et Masashi s’interrogent sur leur amour devant un gigantesque robot Atom gonflable installé pour la fête du lycée (bunkasai). Le nom de l’école est bien sûr un clin d’œil à peine voilé au mangaka Osamu Tezuka (手塚治虫). Ce qui est intéressant, c’est que d’autres allusions au monde du manga sont subtilement incluses, notamment dans les noms fictifs de certaines stations de train, comme celle de « Fujiko », en référence à Fujiko F. Fujio (藤子・F・不二雄), le créateur de Doraemon (ドラえもん), ou encore celle d’« Ishinomori Gakuen », qui évoque le mangaka Shōtarō Ishinomori (石ノ森章太郎), connu entre autres pour sa série Kamen Rider (仮面ライダー). On trouve également dans le film un lien symbolique avec l’univers étrange et flottant d’Alice au pays des merveilles. Le prénom d’Alice renvoie bien sûr directement à l’œuvre de Lewis Carroll, mais d’autres subtilités apparaissent, comme un jeu de cartes illustrées des personnages d’Alice, ou encore des situations oscillant entre le réel et le surréel autour du mensonge initial sur l’amnésie de Masashi. Ces allusions renforcent la part d’onirisme du film, qui passe de scènes au réalisme presque documentaire à d’autres au lyrisme étrange (notamment celles liées au ballet). Les musiques, composées par Shunji Iwai lui-même, soutiennent cette ambiance entre rêverie et mélancolie diffuse.

Un des plaisirs que j’ai aussi en regardant des films japonais est d’essayer de reconnaître certains lieux. Ici, j’ai eu le bonheur de retrouver de longues scènes entre Alice et son père filmées au sanctuaire Tsurugaoka Hachimangū de Kamakura (鶴岡八幡宮), un lieu qui m’est cher puisque je m’y suis marié. D’autres passages semblent se dérouler autour de l’étang Senzoku (洗足池), dans l’arrondissement d’Ōta à Tokyo. Hana & Alice est un film important dans la filmographie de Shunji Iwai, que je suis heureux d’avoir enfin découvert, même s’il me reste encore plusieurs de ses films à voir pour combler mon appétit de son cinéma. J’ai aussi en tête de revoir un jour son dernier film, Kyrie no Uta (キリエのうた), qui est à ce jour le seul du réalisateur que j’ai eu l’occasion de voir en salle.

Côté musique, j’écoute actuellement beaucoup l’EP Schizophrenia de l’artiste hip-hop killwiz, sorti le 30 août 2025. killwiz est rappeuse, chanteuse et productrice, anciennement membre du collectif Dr.Anon — sous le nom de p°nika — aux côtés de HAKU et e5. Le collectif s’est dissous, mais les trois membres poursuivent leurs activités musicales indépendamment, avec de nombreuses collaborations entre elles. C’est donc sans surprise que l’on retrouve HAKU, actuellement nommée 嚩ᴴᴬᴷᵁ, ainsi que e5 sur l’EP de killwiz. Cet opus marque le retour musical de killwiz après une période de lutte contre la schizophrénie, thème qui influence directement l’atmosphère des morceaux : un mélange de tension exacerbée par des sonorités hyperpop et d’une certaine fragilité introspective, avec une intensité émotionnelle marquée. La plupart des titres sont des collaborations, à l’exception de l’ouverture et de la clôture. On retrouve ainsi 嚩ᴴᴬᴷᵁ sur 猫背deathララバイ, e5 sur VSGO4T, mais aussi d’autres artistes que je ne connaissais pas, comme Яu-a sur le deuxième morceau 見ざる着飾るI WANT YOU et z² sur Urumu:Room. Chaque collaboration apporte ses particularités, mais l’ensemble reste ancré dans une veine pop frénétique, remplie de beats rapides, saturés et changeants. J’aime beaucoup ces textures électroniques qui se mêlent à des passages rappés, avec un aspect expérimental omniprésent. J’apprécie aussi lorsque les morceaux alternent entre douceur et dissonance, comme sur le cinquième titre, Urumu:Room. Cette dualité reflète très certainement l’état d’esprit post-traumatique de killwiz. Le tout est extrêmement dense, juxtaposant sons chaotiques et mélodies sensibles, mais la production de NGA n’en reste pas moins très soignée et cohérente. Cet EP s’inscrit dans la même mouvance sonore que ce que je connaissais déjà de 嚩ᴴᴬᴷᵁ et de la rappeuse e5, dont je parlerai davantage dans un prochain épisode.

midnight lifeline

J’avoue prendre un certain plaisir à brouiller mes propres photographies comme si ça contribuait à brouiller les pistes. Les pistes me semblent cependant déjà assez brouillées pour ne pas en rajouter, mais continuons encore un peu avant de revenir vers des séries photographiques plus posées. Ça commençait pourtant assez bien avec une première photographie de nuit prise dans une petite rue qui serpente du quartier de Sakuragaokachō (桜丘町), mais la caméra dérape et m’échappe des mains plusieurs fois rendant les images résultantes floues. J’ai l’impression que mon appareil photo se rebelle contre ma propre volonté quand il souhaite montrer une vision que je n’avais pas initialement. Alors, je lui laisse la voie libre, je le laisse prendre les commandes en lui donnant le défi de capturer des lumières interessantes. Le résultat peut être imprévisible et mérite ensuite des sessions curatives. Difficile parfois de savoir précisément ce qu’il a souhaité me montrer ou plutôt me signifier, mais force est de constater que je dois parfois lui faire confiance pour éviter de me laisser emprisonner dans le cadre rigide d’une photographie classique. Parmi les quelques photographies, certains auront peut-être reconnu le monstre robotisé du Aoyama Technical College par l’architecte Makoto Sei Watanabe. Je pourrais même aller jusqu’à penser qu’il s’agit de la meilleure photographie que j’ai pu prendre de l’édifice, mais je me raviserais rapidement avant même d’avoir terminé ma phrase. Et il y a également une voiture noire vintage dont je ne reconnais pas le modèle mais qui porte le numéro 417 et qui avait directement inspiré la session photographique imaginaire du billet « dans une réalité parallèle proche du chaos« .

De haut en bas, des extraits des vidéos des morceaux Faint Light de duo REIRIE, Love&Pop (ラブ&ポップ) du groupe Haze (ヘイズ), Mero Mero Cancel ♡x♡ Kaiwai (めろめろキャンセル♡x♡界隈) du duo Akuma no Kiss (悪魔のキッス), Silly Garden de REIRIE et Anti Piracy Screen du collectif mené par Cafune avec Sasuke Haraguchi (原口沙輔), 嚩ᴴᴬᴷᵁ, e5 et utumiyqcom.

Dans ma playlist, il y a quelques morceaux que j’écoute de manière quasi systématique et ceux qui suivent en font partie. Je découvre d’abord l’excellent single Faint Light du duo REIRIE. Le groupe se compose de Rei Kuromiya (黒宮れい), originaire de Saitama, et de Rie Kaneko (金子理江), originaire de Tokyo, toutes les deux ex-idoles d’un groupe nommé Ladybaby qui se catégorise dans le style kawaii metal. Elles faisaient partie des premières formations de ce groupe qui en est actuellement à sa 4ème formation. La première formation en trio de Ladybaby avait la particularité d’avoir comme troisième membre un australien cascadeur, catcheur et chanteur nommé Richard Magarey. Il se faisait appeler Ladybeard (レディビアード) et chantait en robe de Lolita à froufrous mais avec une barbe bien taillée. On ne pouvait pas ne pas remarquer cet étrange et atypique trio, mais je n’ai jamais eu envie d’écouter ce que ça donnait. Je découvre en fait ce morceau Faint Light sans avoir toutes ses informations préalables, qui auraient pu influencer dans le mauvais sens mes premières impressions. Cela aurait été dommage vu la qualité de ce single mélangeant les genres avec des premiers accords rock se transformant rapidement vers une pop électronique avec des petits brins de kawaiisme. Elles chantent principalement en japonais mais avec quelques inclusions de mots anglais prononcés avec un accent tellement prononcé qu’il devient un des points d’interêt du morceau. Ce single est vraiment très réussi. Je retrouve ensuite le groupe Haze (ヘイズ) mené par Katy Kashii (香椎かてぃ) avec un single intitulé Love&Pop (ラブ&ポップ). Il ne me semble pas avoir précédemment remarqué que Katy avait ce petit quelque chose d’AiNA The End dans sa voix, qui décroche légèrement en fin de phrases comme si sa voix arrivait à un palier de saturation. Le morceau déborde d’énergie avec toujours cette rugosité dans l’exécution. Cela rend ce rock à l’énergie pop très authentique, ce qui n’est pas forcément acquis d’avance connaissant la proximité de Katy Kashii avec le monde des idoles, quoique alternatives. Katy faisait en effet précédemment partie du groupe d’idoles alternatives ZOC fondé par Seiko Ōmori (大森靖子), tout comme Kanano Senritsu (戦慄かなの). Je ne connais pas la raison de leur départ de ZOC mais je peux assez facilement imaginer qu’elles étaient toutes les deux très difficiles à gérer, connaissant d’autant plus le tempérament parfois éruptif de Seiko Ōmori. Après leur départ de ZOC, Katy Kashii et Kanano Senritsu ont créé un duo nommé Akuma no Kiss (悪魔のキッス), dont je découvre soudainement un single qui me plaît énormément, bien que très éloigné de mes écoutes habituelles. Ce morceau s’intitule Mero Mero Cancel ♡x♡ Kaiwai (めろめろキャンセル♡x♡界隈) et il a également une énergie assez folle. Katy et Kanano n’ont apparemment pas quitté ZOC en mauvais terme car le morceau a été composé et ecrit par Seiko Oomori. On y reconnaît le kawaiisme décalé, carrément foutraque comme le montre très bien la vidéo. J’aime beaucoup la manière dont leurs voix aux tons très différents s’additionnent sur la grande majorité du morceau, Kanano avec une voix aiguë et Katy avec une voix plus grave et rugueuse. L’excentricité générale du morceau fait qu’on aurait très bien imaginer Seiko Ōmori le chanter. Akuma no Kiss a sorti en tout neuf singles et celui-ci, sorti le 30 Octobre 2024, est le dernier en date. Je n’ai malheureusement pas trouvé de points d’accroche sur leurs autres morceaux du duo. Revenons encore un peu vers l’autre duo REIRIE dont je parlais un peu plus haut, car parmi les neuf singles qu’elles ont sorti, j’aime aussi vraiment beaucoup celui intitulé Silly Garden. Le style est assez difficile à définir mais se base sur une pop électronique avec un beat excessif et certaines distorsions de voix qui rendent l’ensemble assez disruptif. Il y a toujours ce kawaiisme sous-jacent mais qui est volontairement mis à mal par un rythme très agressif. J’aime vraiment beaucoup ce type de distorsion des genres qui rend ce single très intéressant et novateur. Je pense que tous les morceaux de cette petite playlist ont cette composante disruptive.

Pour ceux qui me suivent toujours jusqu’ici, continuons encore dans la demesure électronique avec un morceau intitulé Anti Piracy Screen, produit par Sasuke Haraguchi (原口沙輔), en collaboration avec trois artistes 嚩ᴴᴬᴷᵁ, e5 et utumiyqcom, le tout sur une compilation hyper pop intitulée NOVA par un curateur virtuel nommé Cafune. Tout ceci peut paraître très compliqué mais ce morceau attire d’abord mon attention car je suis 嚩ᴴᴬᴷᵁ depuis que j’ai découvert son single 489 sur son premier EP Imaginary Friend, dont je parlais dans un billet précédent. Le morceau Anti Piracy Screen part dans plusieurs directions et peut être très facilement désorientant, mais ça n’enlève rien à l’imaginativité débordante qu’on trouve dans les sons se percutant mais laissant tout de même place à des voix qui s’adoucissent par moment, souvent par intervention de l’autotune. Le morceau maintient sa complexité tout le long de ses trois minutes et demi mais la logique se révèle après quelques écoutes. L’abrasivité sonore se ressent moins sur le single Traveling Night de 嚩ᴴᴬᴷᵁ que j’écoute ensuite, qui a une approche angélique cachant des petits démons. Ce single est plus proche des morceaux du EP Imaginary Friend que j’écoute maintenant dans son intégralité et dont je parlerais certainement un peu plus tard. Et quand on parle de déstructuration sonore hyper pop, j’ai toujours envie de revenir écouter 4s4ki qui vient justement de sortir un nouvel EP intitulé Jiai equal Jiai (慈愛equal自愛) le 4 Décembre 2024. De cet EP, j’écoute le premier morceau Hymn to the Ego (自我讃歌), qui ne dépareillera pas dans la discographie de 4s4ki, mais c’est également ce genre de morceaux que je viens rechercher dans sa musique. Son empreinte musicale est très forte et je trouve qu’elle fait toujours partie des forces d’avant-garde des artistes électroniques japonais.