a sea in front of us

Deux océans imaginaires s’étendent devant moi. Je vois des ressemblances ou du moins une association dans ces deux photographies prises dans les quartiers autour de Kamata. Elles m’évoquent toutes les deux une vue maritime, que ça soit l’océan de graviers ratissés devant le temple Chisanhafukutayamarenge ou le bleu clair océanique d’un grand immeuble de verre. La perspective et les lignes fuyant à l’identique jouent certainement à établir ce rapprochement visuel.

Photographie extraite de la video du morceau (die staadt) Norm de ゆだち Yudachi disponible sur Youtube.

Le morceau (die staadt) Norm de Yudachi ゆだち m’évoque également une image océanique, lorsque le soleil vient nous éblouir et brouille notre vision, quand les contours et l’horizon de l’océan deviennent flou. Il s’agit d’un morceau de dream pop à la beauté saisissante. Les guitares comme des halos de lumière viennent se diluer dans l’atmosphere, la voix douce de la chanteuse de Yudachi vient nous envoûter progressivement, en regardant les mouvements de danse de Natsuki Mineoka au bord de la rivière dans la vidéo du morceau. Je repasse le morceau plusieurs fois de suite, jusqu’à m’endormir sur le sofa de l’hôtel.

Moriyama House

S’il est une maison que l’on a beaucoup vu dans les magazines spécialisés architecture ou plus grand public comme Casa Brutus, c’est bien Moriyama House, une maison novatrice, alternative et expérimentale par Ryue Nishizawa (la moitié masculine du duo d’architectes SANAA).

Perdue dans un paysage de maisons individuelles de 3 étages maximum, c’est dans un labyrinthe dense de la banlieue de Tokyo, près de la station de Kamata, que se trouve cette maison-concept difficile à trouver. Après de nombreux zigzags dans le labyrinthe des rues résidentielles, je tombe finalement sur les 10 blocs blancs de tailles toutes différentes qui composent Moriyama House. La structure du batiment est éclatée, les cubes blancs qui la composent sont étalés sur une terre battue ou naissent des brins de végétation et quelques pots de fleurs.

Moriyama House est ouverte sur l’environnement extérieur, ouverte sur la ville, à l’opposé d’un certain modèle de maison individuelle fermée sur l’extérieur avec un jardin intérieur, ou patio, donnant seulement une vue sur le ciel, comme seul élément de nature. Moriyama House n’essaie pas de se couper de son environnement, le jardin est omniprésent entre les blocs et est visible de l’extérieur, comme le sont les différents composants de la maison. Tellement visibles, que l’on peut assez facilement apercevoir l’intérieur de toutes les pièces. C’est un espace ouvert s’interconnectant avec la rue. Je trouve cette interconnection dans l’exprit des maisons traditionnelles japonaises dont l’interieur peut s’ouvrir presqu’en totalité sur les jardins extérieurs par une série de fines portes coulissantes.

Si j’en crois les informations glanées sur le web au sujet de cette maison fragmentée, 5 composants sont réservés au client A, B, C, D et E (ci-dessous), tandis que les 5 autres blocs sont des espaces ouverts à la location. Les 5 espaces du client habitant les lieux sont situés au fond du terrain de 290.07m2, donc moins directement visibles depuis la rue. Chaque cube blanc de structure en acier contient en général une seule pièce, bien que deux blocs, des mini-tours, possèdent 3 étages. Les murs sont tous couverts de blanc et j’étais surpris de voir les surfaces assez peu dégradées après 2 ans d’éxistence. Pour avoir un apercu de la composition des pièces et se donner une idée de la vie dans Murayama House, quelques photos sont proposées sur le site Internet suivant: Amassing Design.

moriyama

Cette expérimentation d’architecture-paysage, comme l’énonce JA dans son dernier numéro, se veut modulable. La propriétaire peut interchanger les blocs habités et en location suivant la présense ou non de locataires. Il peut utiliser certaines pièces et blocs suivant la saison ou les rendre disponibles à la location (par exemple, agrandir son espace habitable en s’ajoutant un bloc).