dark shadows

La fraîcheur des nuits d’Octobre nous invite à entrouvrir la porte-fenêtre de la chambre donnant sur le petit jardin intérieur. Le calme est envahissant, mais lorsqu’on essaie de s’endormir, on ne peut s’empêcher de se concentrer sur le moindre bruit qui dépasse. Je m’assoupis souvent avant d’entendre quoique ce soit, mais parfois un son suspect que je ne souhaiterais pas entendre accapare toute mon attention. Je le perçois sans le voir au fond de la nuit. Il est doux comme un nuage effleurant les feuilles des plantes et des arbustes parsemés du jardin. Ce son sourd et difficilement qualifiable s’approche sans se presser. J’ai parfois l’impression de le perdre d’ouïe, mais il se manifeste ensuite d’une manière plus franche alors que je suis à la frontière du sommeil. L’ombre noire se déplace doucement se propageant de molécules en molécules pour constituer une masse sombre prenant une forme floue et indistincte. Le chuchotement qui se dégage de ce mouvement est quasiment inaudible mais j’ai tout de même l’impression qu’en me concentrant plus profondément, je serais peut-être en mesure de le déchiffrer et de le comprendre. Ce chuchotement devient même de plus en plus clair alors que l’ombre noire se rapproche de mon visage. Oui, elle est maintenant toute proche. Je ne la vois pas car j’ai les yeux fermés, mais je ressens fortement sa présence floue entre rêve et réalité. Je distingue quelques mots au creux de mon oreille, qui se relient entre eux. Ces liens prennent forme, d’abord de manière chaotique puis de plus en plus claire et limpide. Elle vient me chuchoter à l’oreille des histoires, celles que je pourrais ensuite écrire dans mon journal. Des histoires fortes et pleines d’espoir qui donnent foi en l’humanité, celles qui donnent le sentiment que tout n’est pas aussi sombre qu’il y paraît. Je n’en distingue pas toujours leurs contours mais elles semblent ouvrir une brèche de lumière dans la nuit noire. Je ne me souviens que rarement de mes rêves. Ils disparaissent avec la lumière du petit matin dès que j’ouvre les yeux.

Images provenant des vidéos des morceaux Dark Shadows de mo-ni, Infection (感染) de Kiwako Ashimine (安次嶺希和子), I disappear de Luby Sparks, Hystérique de Yeule, Accelerando de Grimes et Blue Cheese de Mulasaki Ima & muque.

Il y a beaucoup de belles musiques dans ma playlist du moment, comme à chaque fois vous dirais-je. On commence par Dark Shadows d’une artiste indépendante japonaise appelée mo-ni, qui n’est autre que la chanteuse du groupe pop-rock Chilli Beans dont j’ai déjà parlé au moins une ou deux fois sur ces pages. Dans le trio Chilli Beans, elle porte le nom de Moto aux côtés de Maika à la basse et au chant, et Lily à la guitare et au chant. Elle a donc changé de nom pour son projet solo, qui propose une musique à l’atmosphère très différente voire même radicalement opposée. Le morceau Dark Shadows est introspectif, sombre et trouble. On retrouve cette ambiance dans la vidéo qui l’accompagne. J’aime la manière sensible, un peu tremblante, par laquelle elle chante. Il y a quelque chose de particulier dans sa voix, notamment quand elle prononce le titre dark shadows. Je me demande si j’avais remarqué cela dans les morceaux de Chilli Beans. Son chant proche du parler est vraiment touchant.

J’avais également déjà évoqué la musique de l’artiste originaire d’Okinawa Kiwako Ashimine (安次嶺希和子). Je la retrouve avec un nouveau morceau intitulé Infection (感染) aussi superbe que la vidéo qui l’accompagne. La réalisatrice de la vidéo est Mana Hiraki (平木希奈), que j’ai rencontré plusieurs fois lors de ses expositions photographiques. Le morceau Infection est intense, rempli de mystères qui nous échappent mais qui sont très beaux à écouter et à voir. L’atmosphère est sombre, avec une tension portée par la voix superbe de Kiwako Ashimine notamment dans la deuxième partie du morceau où elle prend de l’ampleur. Sa voix est très expressive, et peu même évoquer quelque chose de rituel. Je remarque particulièrement cela sur le premier morceau intitulé Symbol du EP Thermasoma sur lequel se trouve également Infection. L’émotion qu’elle transmet par sa voix est physique et même parfois viscérale. Du EP, j’adore ces deux premiers morceaux Symbol et Infection, tandis que les deux suivants sont en comparaison moins intéressants. En voyant la vidéo du morceau Infection pour la première fois, j’ai tout de suite reconnu qu’il s’agissait du même endroit où les photographies du livre Amour de Mana Hiraki ont été prises. Elle m’a confirmé sur Instagram que je ne m’étais pas trompé.

Le single I disappear du groupe Luby Sparks n’est pas le premier morceau que j’écoute du groupe. J’avais découvert quelques morceaux dont celui intitulé Thursday sur leur premier album éponyme sorti en 2018, mais je n’en avais pas parlé à l’époque sur ces pages. Luby Sparks est un groupe de rock alternatif formé à Tokyo. Il compte cinq membres dont Natsuki Kato à la basse, au chant et aux synthétiseurs, Erika Murphy au chant, Shin Hasegawa à la batterie, Sunao Hiwatari et Tamio Sakuma aux guitares. Les guitares sont très puissantes et enveloppantes sur le single I disappear, avec un rythme très marqué et dans un style proche du shoegaze. Le morceau reste très mélodique emprunté d’une mélancolie certaine. Du groupe, j’écoute également le single See You sorti en Septembre 2026, tout comme I disappear. On se rapproche de la dream pop sur ce deuxième morceau chanté à deux voix par Natsuki et Erika. En fait, j’adore le rythme qui marque ces deux morceaux, les rendant immédiatement accrocheurs tout en conservant une approche résolument indie rock. Le groupe n’a pas encore annoncé de nouvel album, mais il faudra surveiller cela de près.

Je suis ensuite ravi de la sortie inattendue d’un nouveau single de Yeule. Il s’intitule Hystérique et vient de sortir le 23 Octobre 2026. Le morceau composé de nappes électroniques est excellent mais assez différent de ses sorties précédentes, car beaucoup plus pop, et rythmé d’un beat très puissant. Elle s’éloigne des sons de guitares qui caractérisaient sont dernier album. On reconnaît pourtant très bien le style de Yeule, car certaines sonorités me rappellent Glitch Princess. Certains pourront regretter qu’elle s’éloigne de l’esprit torturé de ses premiers albums. Hystérique ne provoque certes pas les émotions des premiers albums, mais j’apprécie le fait qu’elle arrive à trouver des nouvelles directions qu’elle parvient à glitcher à sa manière. Au final, il est ressort un excellent single qui n’est en fait pas si éloigné du single Evangelic girl is a gun de son album précédent, notamment dans sa manière un peu mécanique de chanter.

Je ne pensais pas avoir l’occasion d’écouter un nouveau single de Grimes, aka Claire Boucher. Elle s’était perdue ces dernières années vers des directions liées à l’intelligence artificielle qui n’auguraient rien de bon, mais je ne perdais pas espoir de la voir revenir vers ses sommets créatifs, comme ceux du single Violence sorti sur son dernier album Miss Anthropocene en 2020 ou Genesis sur son album Visions de 2012. Ces morceaux m’avaient tellement marqué à leurs sorties que j’ai toujours suivi son actualité, parfois d’un peu loin. Suite à son dernier album datant de 2020, Grimes avait certes sorti le single Shinigami Eyes et quelques collaborations, comme celle remarquable avec aespa pour un remix de Supernova qu’elle avait grandement remanié dans son style. Le single Accelerando sorti le 9 Octobre marque un retour assez décapant où elle essaie de nous faire ressentir un monde devenu incontrôlable entraîné dans une accélération technologique sans précédent. On pense bien sûr à l’intelligence artificielle et en voyant la vidéo, on peut très vite imaginer qu’elle a été entièrement conçu par l’IA. Ce n’est en fait pas tout à fait le cas. Certains éléments visuels ont été créés avec l’IA, mais la vidéo se base d’abord sur des prises de vues réelles tournées sur fond bleu, avec Grimes, des véritables danseurs et des éléments physiques, le tout réalisé par une équipe de plus de 70 personnes. Le morceau lui-même n’utilise heureusement pas l’intelligence artificielle. Il est immédiatement percutant, d’une puissance pop électronique sombre et inquiétante tout à fait remarquable. On perd un peu de la subtilité de ses morceaux précédents mais cette approche frontale me laisse quand même penser que Grimes revient en grande forme. Après le tourbillon d’images de la vidéo et les phases du morceau se terminant par des cris, j’aime particulièrement le final où on voit seulement Grimes et les danseurs, débarrassés de l’excès des effets spéciaux. La musique s’apaise alors vers une forme de sérénité sur des images de danse tribale. Ce single composera son futur album PSY OPERA dont on ne connaît pas encore la date de sortie.

Pour terminer avec une pop électronique plus légère et lumineuse, je découvre le morceau Blue Cheese né de la collaboration Mulasaki Ima et du groupe muque. J’avais déjà mentionné muque sur ces pages, mais je découvre maintenant l’artiste Mulasaki Ima (紫今) qui est une jeune compositrice, chanteuse et productrice, brouillant les pistes entre pop, hip-hop et sons plus expérimentaux. Ce n’est pas la seule artiste de sa génération à ne pas vouloir se laisser emprisonner dans les genres musicaux. Le duo vocal avec Asakura de muque fonctionne très bien, notamment dans le refrain construit d’un semblant de répétitions syllabaires. Ces quelques morceaux forment une partie de ma playlist actuelle mais il y a beaucoup d’autres encore à mentionner. Mon rythme d’écriture ne me permet pas d’avancer assez vite en ce moment.

alice in tokyoland

Ginza, Shinjuku again, puis Kyobashi. Je suis allé à Ginza quelques jours avant le premier de l’an pour aller acheter une bouteille de saké Kokuryu (黒龍) de la préfecture de Fukui. Ce saké du dragon noir est mon préféré et celui que l’on achète et boit une fois seulement par an depuis au moins une dizaine d’années, pour le premier jour de l’an avec les Osechi. J’avais été surpris en voyant Sheena Ringo sur scène, portant une bouteille de saké Kokuryu lors de la tournée Shogyōmujō (諸行無常) de 2023. Je m’amuse maintenant en regardant la carte de bonne année du fan club Ringohan que je viens de recevoir par la poste, car Ringo s’y montre en photo, en kimono, tenant à la main cette bouteille de Kokuryu, la version Ishidaya Junmai Daiginjo, qui est la plus onéreuse et la plus difficile à se procurer.

Après avoir acheté mon saké préféré, je marche un peu dans les rues de Ginza, mais j’y revois un paysage urbain que j’ai déjà parcouru il n’y a pas très longtemps. Avant Ginza, j’avais marché du quartier coréen de Shin-Okubo (j’y reviendrai dans un autre billet) jusqu’à Shinjuku en passant par Kabukichō. Le quartier de Kabukichō change progressivement, notamment avec la grande tour Tokyu Kabukicho Tower (東急歌舞伎町タワー) de 225 mètres, ouverte en 2023. Située entre cette tour Tokyu et le Shinjuku Toho Building (新宿東宝ビル), ouvert en 2015, la place Kabukicho Cinecity (歌舞伎町シネシティ広場) n’a pas encore subi de transformation, mais elle a progressivement perdu sa mauvaise réputation de repaire pour jeunes paumés et marginaux que l’on appelle encore maintenant les Tōyoko kids (トー横キッズ). La place est désormais fermée en permanence par des barrières, mais je ne sais pas si elle est volontairement fermée pour éviter les regroupements. Les Tōyoko kids sont toujours présents dans les rues de Kabukichō, certainement moins nombreux qu’auparavant. Ils se réunissent avec des chaises pliantes devant la place Cinecity, tout près des cinémas Toho et du grand Godzilla. Je ne tente pas de les prendre en photo, même de loin, et je remonte plutôt vers la gare par la grande avenue piétonne.

Au début du mois de décembre, je suis allé voir une exposition de l’illustrateur Takato Yamamoto (山本タカト) consacrée à Alice’s Adventures in Wonderland (アリス物語) dans la petite galerie Span Art à Kyobashi. Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll a été publié il y a 160 ans et l’on dit qu’il a connu une réception particulière au Japon en 1927 avec la traduction conjointe de Ryūnosuke Akutagawa et Kan Kikuchi, intitulée Alice monogatari. Les éditions Renga Shobō Shinsha proposent une nouvelle version de l’œuvre qui conserve l’orthographe ancienne et l’atmosphère d’époque, tout en y ajoutant les illustrations oniriques de Takato Yamamoto. La galerie Span Art présentait, du 15 novembre au 7 décembre 2025, une exposition consacrée aux illustrations de Takato Yamamoto pour le livre, ainsi que des œuvres inédites spécialement réalisées pour cette exposition. Takato Yamamoto donne bien entendu son interprétation personnelle de l’univers d’Alice. Je note immédiatement son style, notamment dans les yeux d’Alice, mais si le personnage principal attire tout de suite le regard, les autres personnages autour d’elle méritent également toute notre attention. Ce n’est pas la première fois que Takato Yamamoto dessine Alice, car j’ai déjà vu une ou deux illustrations dans les livres que je possède de l’auteur. Je ne suis donc pas étonné de le voir associé à cette nouvelle édition du livre.

On retrouve une constante dans l’univers visuel de Takato Yamamoto, qui semble inquiétant, voire effrayant, mais ce sentiment d’effroi ne se traduit aucunement dans les expressions des personnages, comme si les protagonistes principaux de ses illustrations étaient eux-mêmes des monstres dissimulés. Alice semble tout à fait innocente dans le monde étrange qui l’entoure, mais ses yeux nous laissent deviner autre chose. Les personnages de Takato Yamamoto semblent souvent être entre la vie et la mort; disons qu’on y ressent une beauté mortifère. 死ぬほど美しい (« d’une beauté à en mourir »), écrivais-je moi-même en titre d’un billet de janvier 2024 où j’évoquais ma découverte de la richesse visuelle tout à fait remarquable de l’œuvre de Takato Yamamoto.

En revoyant ces illustrations d’Alice, et notamment son visage, je repense soudainement à l’exposition de photographies Amour de Mana Hiraki (平木希奈) que j’avais vu à la galerie See You Gallery à Ebisu en novembre 2025. Sur certaines des photographies de l’exposition, le visage de RINA, avec les yeux maquillés de rouge, me ramène à cette idée de beauté entre la vie et la mort. Les quelques photographies ci-dessus en sont de bons exemples et sont d’une beauté envoûtante. Elles proviennent du livre de l’exposition que je n’avais pas eu la présence d’esprit d’acheter et de faire signer le jour où je suis allé voir l’exposition. Je ne suis pas toujours très spontané et il me faut parfois un peu de temps pour me décider. Je suis en fait allé l’acheter plus tard dans une petite librairie d’ouvrages anciens à tendance fantastique appelée Doris Book (古書ドリス), située à Negishi près d’Ueno. L’adresse de la librairie, disponible sur leur compte Instagram, était trompeuse et m’a en fait amené dans un tout autre endroit, à plus de 20 ou 30 minutes à pied de l’emplacement réel. Cela m’a donné l’occasion de marcher un peu plus que prévu dans des quartiers que je connais peu, tout en écoutant l’album Spirit Exit de Caterina Barbieri, dont j’avais parlé dans un billet précédent.

La librairie n’est pas très grande et l’on y vend en effet principalement des livres anciens, dont certains sont un brin ésotériques ou relèvent de la subculture. Un petit coin de la librairie était consacré au livre Amour que j’étais venu acheter. La vendeuse présente ce jour-là avait un air un peu pâle et gothique qui convenait tout à fait à l’atmosphère de l’établissement. Sur leur site internet, il est écrit que cette librairie n’aspire pas à plaire à tout le monde et que, même si elle ne correspond pas aux goûts du plus grand nombre, elle souhaite être la librairie préférée de quelques rares personnes, celles qui chérissent le fantastique, l’esthétisme décadent et la mélancolie raffinée. Voilà une description tout à fait intéressante.

Et j’oubliais presque de préciser que la quatrième photographie du billet montre une grande illustration de l’artiste japonais originaire de Kanagawa, Hogalee, quelque part à Gotanda alors que j’allais acheter le cadeau de Noël du fiston, la moitié de la longue série de manga Space Brothers (宇宙兄弟) écrite et illustrée par Chūya Koyama (小山宙哉). J’avais déjà vu une grande illustration de Hogalee à Shinjuku. Son site web en montre d’autres qu’il faudra rechercher à l’occasion.

光に影の光

Dans un coin de Daikanyama, bien à l’écart de la grande avenue où l’on trouve le Tsutaya Daikanyama T-site conçu par Klein Dytham et le complexe Hillside Terrace par Fumihiko Maki, se construit une étrange structure dorée qui ne donne pas encore son nom. Son étoile en miroir et les inscriptions CD au dessus de chacune des ouvertures ne laissent pas de doute qu’il s’agit d’un nouveau grand magasin pour la marque de luxe Dior. Son emplacement isolé est inhabituel. L’espace particulièrement vaste de ce nouvel ensemble en construction explique peut-être le choix de ce lieu. On ne peut voir pour l’instant que la façade dorée composée de formes imitant le bambou. Le bâtiment qui se trouve derrière semble être de facture plus classique mais on le devine à peine. Cette structure dorée ressemble à un bâtiment occidental avec une touche japonisante renforcée par le jardin alentour composé de pins également en cours de préparation. Daikanyama fonctionne comme un espace commercial décentralisé où les divers magasins et cafés sont éparpillés dans le quartier. Cet nouvel enseigne Dior contribuera peut-être à ’étendre’ la carte du quartier. Il ne faut pas oublier que non loin de là se trouve également la boutique Supreme, certes dans un tout autre genre, qui attire également occasionnellement les foules, pour des raisons qui m’échappent encore, mais là est un autre sujet.

Quand je passe à Daikanyama, j’entre quasiment systématiquement dans le Tsutaya T-site pour voir les petites expositions en cours. On y montrait l’autre jour quelques photos du groupe Hitsuji Bungaku à l’occasion de la sortie de leur nouvel album. Les expositions, autour du grand escalier central, ne sont pas toujours intéressantes mais j’aime faire le curieux. Dans le bâtiment central du T-site, on y vendait un gros livre d’architecture donnant une rétrospective complète de l’oeuvre architecturale très développée à Tokyo de Klein Dytham architecture (KDa). La surprise était de voir les fondateurs de KDa, Astrid Klein et Mark Dytham, ainsi que l’architecte associé Yukinari Hisayama, sur place pour faire la promotion de leur livre. Ils étaient bien entourés et je n’ai pas tenté de les approcher, n’ayant pas vraiment l’intention d’acheter le gros bouquin rétrospective même si j’apprécie leur créations architecturales. Si l’occasion de leur parler s’était présentée, j’aurais certainement évoqué un de leurs premiers bâtiments à Tokyo, la petite mais impressionnante structure en porte-à-faux du Undercover Lab. Lorsque je l’avais montré en photo sur Instagram il y a plus de six ans, Mark Dytham avait réagi avec un commentaire, qui m’avait pour sûr fait très plaisir. En regardant le site web de KDa, je réalise que leur bureau a déménagé à Daikanyama alors qu’ils étaient pendant longtemps situés à Ebisu, dans un immeuble qui est d’ailleurs plutôt ancien. La coïncidence est que j’avais justement dans l’idée d’aller dans cet ancien immeuble pour y voir une exposition photographique dans la galerie See You Gallery du deuxième étage.

La photographe Mana Hiraki (平木希奈) dont je parle assez régulièrement sur ses pages est très active. En plus de la photographie, elle réalise très régulièrement des videos musicales pour des artistes souvent féminines. Elle expose en ce moment une série de photographies dans la galerie See You Gallery située à quelques minutes de la station d’Ebisu. Son exposition personnelle s’intitule Amour et s’y déroule du 31 Octobre au 9 Novembre 2025. Elle retrouve RINA du groupe pop rock SCANDAL (スキャンダル) pour la série de photographies de l’exposition. Il s’agit en fait de la deuxième exposition faisant collaborer RINA avec Mana Hiraki. La première intitulée WAVE? se déroulait en 2023 à Jingūmae et je n’avais malheureusement pas pu la voir car c’était le jour où RINA était présente à l’exposition. J’avais vu l’exposition précédente de Mana Hiraki qui s’appelait Katami Hakka (筐はっか) à la Gallery 229. J’ai volontairement choisi une journée où Rina n’est pas présente pour éviter la foule, qui m’avait empêché de voir l’exposition WAVE?, mais j’ai choisi une horaire où la photographe était présente. Le style des photographies de cette exposition reprend les ambiances vaporeuses et oniriques typiques de la photographe. J’aime à chaque fois beaucoup le mystère qui entoure chacune de ses mises en scène. Les photographies de cette exposition comptent parmi les plus belles que j’ai pu voir. En les regardant dans la galerie, je repense à sa série en kimono qu’elle avait prise avec Miyuna, mais également à la fameuse série également en kimono de Sheena Ringo prise en 2003 pour le magazine Gb par le photographe Yasuhide Kuge (久家靖秀) au manoir Shōuen (蕉雨園). Les photographies de la série Amour ont également été prise dans une maison traditionnelle, désormais utilisée comme studio photographique. Mana Hiraki m’a donné le nom du lieu lorsque je lui ai demandé mais je ne le connaissais pas et je l’ai déjà malheureusement oublié. Elle se souvenait de moi et de ma venue à son exposition précédente. Nous n’avons pas cette fois-ci évoqué Sheena Ringo. J’étais en fait curieux du thème de son exposition. Elle nous dit que le nom de cette série « Amour » n’est pas un mot que l’on associerait spontanément à ses photographies. Elle veut évoquer ici une forme d’amour pur qui est à l’origine de tout, à travers l’histoire des Dix nuits de rêve (Yume Jūya, 夢十夜) de Natsume Sōseki. La première nuit de Yume Jūya raconte l’histoire d’un homme à qui une femme mourante demande de l’attendre pendant cent ans. L’homme lui obéit, reste près de sa tombe, et cent ans plus tard, un lys y fleurit. Il comprend alors que le temps promis s’est écoulé. La photographe s’est inspirée de ce récit pour tenter de représenter du point de vue féminin ce que la femme a ressenti, en s’appuyant pour cela sur la structure du théâtre nô, où un même rôle se divise en mae-shite (前シテ) et nochi-shite (後シテ) (avant et après la mort). Il y a clairement une beauté pure dans l’amour d’un être qui continue au delà de la mort. Cette association avec le récit Yume Jūya de Natsume Sōseki a tout de suite fait écho en moi à la grande installation « TIME TIME » (2024) réalisée par Ryuichi Sakamoto en collaboration avec Shiro Takatani. Cette installation s’inspire en effet du même récit de Natsume Sōseki (en particulier celui de la « Première nuit ») ainsi que de la structure du nô. J’avais pu voir cette installation fascinante au début de cette année lors de la grande exposition seeing sounds hearing time consacrée à Ryuichi Sakamoto (坂本龍一) au Museum of Contemporary Art Tokyo (MoT) à Kiba. J’ai mentionné cette installation à Mana Hiraki pour voir s’il y avait eu pour elle un lien d’inspiration, mais apparemment ce n’était pas le cas. L’installation « TIME TIME » faisait une référence directe au récit Yume Jūya tandis que la série Amour s’en inspire plus librement dans sa représentation d’une beauté quasiment fantomatique. Les images que construit Mana Hiraki ont en ce sens une qualité fantastique qui intègre des notions de beauté décadente et même horrifique. Avant de quitter l’exposition en remerciant une nouvelle fois la photographe, j’achète les cartes postales comme souvenir. Et pour accompagner ces quelques photographies, je me souviens d’un morceau de Meitei (冥丁) reprenant justement le titre Yume Jūya (夢十夜). Ce superbe morceau est inclus sur l’album Kofū III (古風 III) sorti en Décembre 2023. J’en avais déjà parlé sur ce blog et le redécouvrir maintenant est un petit plaisir.

Evoquer la série de photographies de Sheena Ringo en 2003 au manoir Shōuen me rappelle cette photographie des coulisses où l’on voit Ringo accompagnée par Kazuhiro Momo (百々和宏), guitariste et chanteur du groupe MO’SOME TONEBENDER (モーサム・トーンベンダー). Ces deux petites photos étaient placées à la fin du magazine avec un petit texte faisant office de making-of. Elles sont d’assez mauvaise qualité car très granuleuses dans les quelques pages en noir et blanc à la toute fin du magazine. J’ai pourtant toujours ces deux photos en tête lorsque j’écoute des anciens albums de MO’SOME TONEBENDER. Je ne pense pas avoir déjà évoqué ici les albums Hello de 2001 et Baseball Bat Tenderness de 2013 que j’ai pourtant découvert il y a plusieurs mois. On ressent dès le premier morceau Tsumetai kōdo (冷たいコード) de Hello une tension nerveuse et abrasive mélangeant noise-rock et post-punk. On eu trouve une énergie brute et accidentée, à laquelle s’accorde bien la voix désespérée de Kazuhiro Momo. Le morceau -5°C compte parmi ceux que je préfère de cet album car il joue sur les contrastes entre moments apaisées et passages beaucoup plus sombres et chaotiques. J’adore également le septième morceau Boku ha Sakashima (ボクはサカシマ) qui contient des passages de guitares évoquant les sons de Sonic Youth et des tons de voix faisant à mon avis référence à Nirvana. L’album Baseball Bat Tenderness garde une ambiance rock alternatif très marquée, dans un style garage rock, mais je le trouve un peu moins brut que l’album Hello, et moins expérimental que l’album Trigger Happy de 2003 par lequel j’avais découvert le groupe. Je dirais que les morceaux de Baseball Bat Tenderness sont plus faciles d’approche. Des morceaux comme le deuxième Paradise (パラダイズ) ou le quatrième Generation Z (ジェネレーションZ) accrochent immédiatement. Le riff de guitare démarrant Generation Z nous ramène tout de suite vers le rock alternatif américain des années 90 et me rappelle beaucoup les Smashing Pumpkins. Ce n’est pas le seul morceau à nous ramener vers ces sonorités rock des années 90, Metallic Blue (メタリックブルー) en est un autre bon exemple. On retrouve sur cet album tout l’énergie hurlante de MO’SOME TONEBENDER, mais sans les inattendus expérimentaux qui sont remplacés par d’étranges morceaux quasiment dansant comme FEEVEER. J’avoue avoir beaucoup de mal à apprécier ce style là qui reste heureusement une exception sur l’album. J’imagine que les amateurs de la première heure du groupe ont dû être très surpris. En même temps, Kazuhiro Momo me donne le sentiment d’une grande liberté dans son approche musicale. J’ai trouvé les CDs de ces deux albums au Disk Union, mais je n’ai pas encore trouvé l’album Rockin’Luuula (2005) que je recherche depuis quelques temps. Il s’agit de l’album sur lequel Sheena Ringo avait participé à un morceau.

Revenons finalement vers le rêve et vers une ambiance plus apaisée avec la musique qui suit, qu’on m’avait conseillé dans les commentaires d’un précédent billet. J’écoute donc la très belle compilation Gaia: Selected Ambient & Downtempo Works (1996-2003) de la musicienne électronique japonaise Dream Dolphin, de son vrai nom Noriko Kodera (小寺法子), mais on la connaît également sous le nom de Noriko Okamoto (岡本法子). Dream Dolphin a sorti un grand nombre d’albums, 17 albums studio, pendant une courte période de huit ans entre 1996 et 2003. Son style musical va de la musique Ambient à des sons plus Acid Trance. La compilation Gaia publiée par le label Music from Memory et co-éditée par Eiji Taniguchi se penche sur ses morceaux down-tempo, proche de l’Ambient et parfois du New Age. On écoute les 18 morceaux de cette compilation comme une expérience auditive, un petit voyage sur des îles et des océans lointains. Comme son nom l’indique, la compositrice a une passion pour les dauphins et pour le monde maritime, et on retrouve clairement cette ambiance sur de nombreux morceaux. La musique de Dream Dolphin a souvent un côté envoûtant, notamment lorsqu’elle parle au dessus de sa musique (Gaia ou The Genesis: Yoga, par exemple). Il est facile de se laisser entraîner dans ses nappes nébuleuses englobantes, de se laisser flotter dans ses vagues enveloppantes, mais on n’en saisit l’attrait véritable qu’après plusieurs écoutes. Dream Dolphin ne surjoue pas le dramatique et ses morceaux, comme Gaia (Ethereal Fantasy) ou Stars qui démarrent la compilation, jouent plutôt sur une certaine simplicité élémentaire qui nous rapproche des éléments naturels. En écoutant Stars en fermant les yeux, on devine les étoiles que l’on distingue progressivement dans le cosmos lorsque notre œil s’habitue à la noirceur, on imagine aussi les poissons filant entre nos jambes au bord de l’océan. Cette musique est à la fois terrestre et cosmique. On se déplace doucement entre ces strates, sans forcer le pas. La compilation dure 1h57 et nous laisse donc assez de temps pour le voyage. Certains morceaux comme Tour 5 Modern Blue Asia (Soundscapes for ocean therapy) nous font partir très loin. On trouve sur cet album des ambiances méditatives et introspectives, à la limite du spirituel, qui me rappelle les sons New Age. Certains morceaux comme le très beau Voyage (Dive to the future sight) résonnent immédiatement en moi. La majorité des morceaux sont instrumentaux mais Noriko chante parfois comme sur ce morceau. Parmi les morceaux que je préfère, il y a également ceux intitulés The Rebirth (人生なんてこんなもの – そう思った瞬間に人生は終わる), Image-Respect-Love (あなたが自由になるとき) qui ressemble à un duo avec un dauphin ou le plus ludique Love Ate Alien. Le morceau Daichi No Uta semble être inspiré par un folklore chantant des îles. Ce n’est pas le seul morceau qui dépareille avec le reste dans cette compilation. Il y a également celui intitulé Kaze no Fuku Tani no Mukoude (風の吹く谷の向こうで) qui ressemble étrangement à un morceau de Canto/Mando pop. Vient ensuite le sublime Beyond the Cloud avec son ambiance sombre et expérimentale qui nous fait traverser des zones denses et incertaines. Le titre nous donne ces images de nappes d’ombres nuageuses qu’il faut traverser pour espérer atteindre une lumière. Cette musique nous laisse percevoir la lumière des ombres dans la lumière (光に影の光). L’album se termine sur le long Dreaming Blue (青の夢) qui compte également parmi les superbes morceaux de cet album. Il nous donne l’impression de nous enfoncer dans les profondeurs de l’océan, là où les lumières se font plus rares mais où la vie se perpétue à l’abri des regards. Je me dis que la musique de Dream Dolphin est un jeu d’ombres et de lumières. On peut se réfugier quelques temps dans les ombres et affronter ensuite la lumière qui nous nourrit. Je note cette idée de guérison et d’apaisement quasi-thérapeutique dans la musique de Dream Dolphin. Cette compilation est à mon avis une bonne porte d’entrée dans le monde musical de Dream Dolphin, et je remercie encore P. de me l’avoir fait découvrir. Je sais maintenant que j’ai de quoi m’occuper en fouillant dans sa discographie très extensive.

images sans paroles (β)

Quelques images parlant d’elles-mêmes et sur lesquelles il n’est pas non plus nécessaire de s’exprimer. Elles me chuchotent bien quelques mots à l’oreille mais je fais semblant de ne pas les entendre. Coté musique, rock cette fois-ci, je reviens très volontiers vers le nouveau single de N-Feni (ん・フェニ) intitulé Spark Spark. Je suis toujours étonné par l’approche pleine d’évidence de ses morceaux. Elle saisit toute l’énergie du rock alternatif US qu’elle semble dérouler sans efforts avec une sensibilité qui lui est propre. La vidéo du morceau a été réalisée par la photographe et cinéaste Mana Hiraki (平木希奈), dont je parle assez régulièrement sur ces pages. J’écoute également le nouveau single du groupe Cö shu Nie intitulé MAISIE sorti en Avril 2025. C’est une collaboration musicale inattendue avec Hyde du groupe L’Arc~en~Ciel, groupe que j’écoutais beaucoup il y a une vingtaine d’années lors de mes premières années japonaises. Hyde est co-auteur des paroles et de la composition, et chante également dans les chœurs d’une manière étonnamment discrète. Le morceau est principalement mené par Miku et j’aurais aimé un peu plus de présence vocale de Hyde, dont la voix est normalement très marquante (qu’on l’apprécie ou pas).

Écouter l’accompagnement vocal de Hyde à la fin de ce morceau me donne d’ailleurs envie de réécouter quelques morceaux de l’album Heart de 1998 par lequel j’avais découvert L’Arc~en~Ciel en 1999. J’aime notamment beaucoup les deux premiers morceaux de cet album Loreley et Winter Fall. Ce dernier est sorti le 28 Janvier 1998. Comme il est sorti au cœur de l’hiver et portait un titre de saison, il a été grandement diffusé à la radio et à la télévision à ce moment-là, et a remporté un très gros succès. J’avais en fait découvert Winter Fall en 1998, avant la sortie de l’album et avant mon départ pour Tokyo car je le retrouve dans une compilation fait maison que j’avais intitulé Before Tokyo 99. Il n’est pas rare de voir et d’entendre des singles prenant un thème hivernal et sortant en hiver. L’année suivante, j’avais même acheté le single single Winter, Again de GLAY, sorti le 3 février 1999. Le format était un CD de 8cm que j’écoutais sur mon lecteur CD portable SONY car le digital n’existait pas encore à cette époque. En y repensant, le packaging cartonné de ces mini-CDs était quand même très plaisant. Le morceau Winter, Again eu également un gros succès au Japon et est un des morceaux marquants du groupe, peut-être même le single le plus vendu de GLAY à ce jour. Je regrette encore maintenant de ne pas avoir dit à Takuro que ce morceau avait accompagné mes premiers mois à Tokyo, lorsque nous l’avions rencontré chez des amis une certaine journée de Mai 2010.

春休みin沼津and伊豆(petit 3)

Sur l’île d’Awashima, on peut croiser à plusieurs endroits des affiches de l’anime LoveLive! Sunshine!! (ラブライブ!サンシャイン!!) qui suit les aventures d’un jeune groupe d’idoles nommé Aqours scolarisé à Numazu dans l’École privée pour filles Uranohoshi (私立浦の星女学院). Je n’ai pas d’intérêt particulier pour cette série que je n’ai jamais vu mais je me souviens avoir aperçu il y a quelques années un train superbement décoré des personnages de cette série animée. C’était un train de la ligne Izu Hakone que j’avais vu à la station de Mishima, près de Numazu. Cette série animée semble en tout cas être un argument encourageant le tourisme dans cette région côtière. Le petit bateau nous amenant jusqu’à l’hôtel Awashima est également décoré d’illustrations de ces jeunes idoles imaginaires avec signatures et dédicaces. Outre son hôtel, la petite île-montagne d’Awashima comprend également un aquarium et son espace extérieur avec dauphins, otaries et pingouins, et un vivarium de grenouilles multicolores. On peut rapidement faire le tour de l’île en trente ou quarante minutes, mais il faut environ cinquante minutes aller retour pour grimper jusqu’au petit sanctuaire se trouvant en son centre. Nous n’aurons pas le temps ni le courage d’y aller. Je préfère de toute façon passer quelques dizaines de minutes dans le jardin au bord de l’eau, près d’une statue ronde et polie de marbre blanc créée par Kan Yasuda (安田侃). Le Mont Fuji que je regarde avec insistance est immuable mais les nuages et le vent qui commence à se faire fort viennent progressivement modifier sa composition visuelle. Ce jardin a un petit quelque chose de méditerranéen et ça me rappelle des souvenirs d’enfance lointains. Vers midi, nous reprenons la route pour entrer un peu plus à l’intérieur d’Izu.

Dans la playlist qui nous accompagne, on compte deux autres morceaux. Le premier s’intitule Linda par CENT avec Utaha (詩羽). Utaha, échappée provisoirement de Suiyoubi no Campanella (水曜日のカンパネラ), avait sorti le 17 Décembre 2024 un très bon single intitulé Bonsai en duo avec CENT, aka Cent Chihiro Chichi (セントチヒロ・チッチ) de ex-BiSH. J’en avais déjà parlé dans un précédent billet. CENT lui renvoie en quelque sorte l’ascenseur car le single Linda, que j’écoute maintenant, sorti le 11 Mars 2025, est un morceau de CENT avec Utaha comme invitée. Les photographies de couverture de ces deux morceaux semblent d’ailleurs avoir été prises lors de la même session photo. Bonsai était par contre sorti chez Warner Music, tandis que Linda est référencé chez Stardust Promotion qui doit être la nouvelle agence de CENT. Les deux morceaux s’accordent bien ensemble bien que Bonsai adoptait un phrasé hip-hop tandis que Linda a une approche beaucoup plus pop rock, assez classique mais extrêmement réjouissante. La voix d’Utaha y est très affirmée par rapport à CENT qui a une voix un peu plus douce, mais elles restent toutes les deux sur des mêmes tons, ce qui donne une belle harmonie. On continue ensuite avec le pop rock sur un morceau intitulé I’m So Sorry de N-FENI (ん・フェニ), dont j’avais déjà parlé ici pour son single All Night Radio (アールナイトレディオ). Pendant son exposition de photographies, Mana Hiraki (平木希奈) m’avait dit qu’elle travaillait sur une nouvelle vidéo qui devait bientôt sortir. Je comprends maintenant qu’il s’agit de ce nouveau single de N-Feni, et une fois de plus, c’est sa vidéo qui me renvoie vers un excellent morceau, à l’énergie débordante et communicative. N-FENI a arrangé et produit elle-même ce morceau avec son groupe, et le résultat est réussi sans révolutionner le genre. Mais quand on aime ce genre pop rock indé, légèrement teinté d’une atmosphère rêveuse d’ailleurs très bien représentée par la vidéo, on aimera ce nouveau single.