エスプレッソってすげぇ苦ぇ

Nous avons célébré la fête des mères avec une semaine de retard dans un restaurant de l’hôtel Kitano à Nagatachō. L’endroit m’avait intrigué après être passé plusieurs fois devant. Le restaurant était plutôt calme, ce qui était bienvenu. Au même étage que le restaurant où nous avons déjeuné, se trouve un lounge faisant salon de thé. Il est ouvert sur un étroit patio composé d’un petit jardin de bambous. Depuis le restaurant, on passe devant ce salon de thé pour rejoindre l’ascenseur et l’escalier descendant au rez-de-chaussée. En passant, je vois un homme assis à une table du salon ressemblant étrangement au chanteur Eikichi Yazawa (矢沢永吉), figure mythique du rock japonais. Je pense me tromper car je peine à imaginer qu’il soit tout simplement assis à une table d’un salon de thé, ouvert sur un patio à la vue de tous. Sa gestuelle que j’entrevois pendant les quelques secondes où je passe devant le lounge me fait pourtant dire qu’il lui ressemble beaucoup. Alors que je dois le regarder un peu trop attentivement, il me regarde également pendant une demi-seconde. Je prétends ensuite avoir oublié quelque chose au restaurant pour retourner sur mes pas et repasser une nouvelle fois devant ce lounge. L’homme ressemble vraiment à Ei-chan (永ちゃん) mais je ne suis pas sûr qu’il s’agisse vraiment de lui. Ça me paraît possible après tout car cet hôtel est plutôt tranquille et quasiment désert à cette heure là. Une fois redescendu au rez-de-chaussée, je fais part de cette impression à Mari qui me croit à peine. Pourtant, lorsque nous sortons de l’hôtel pour rejoindre le parking, le voilà maintenant sorti dehors sur le trottoir portant un masque blanc et attendant qu’une voiture vienne le chercher. Mari me confirme qu’il s’agit bien de Eikichi Yazawa. Elle a reconnu ses yeux. Fut une époque où elle appréciait Ei-chan et elle l’a même déjà vu en concert. J’accepte donc sa confirmation. Je ne peux pas dire que je connaisse vraiment la musique de Eikichi Yazawa mais il est tellement connu qu’il est difficile de passer à côté de certains de ses morceaux les plus emblématiques. Il m’arrive parfois de voir des personnalités au hasard des rues mais je pense toujours me tromper et simplement voir une personne ressemblante. Il y a plusieurs semaines, j’ai pensé reconnaître Miyuna (みゆな), que j’ai vu en concert il y a quelques années, dans le grand supermarché CostCo de Kawasaki. Tout en me disant que je devais me tromper, la ressemblance de son visage et de sa coupe de cheveux et sa manière d’être m’avaient interrogé. J’avais vu dans cette personne une certaine aura qu’on explique pas, notamment dans la manière par laquelle elle interagissait avec les quelques personnes qui l’accompagnaient. Je n’en serais cependant jamais certain. Sur le moment, j’avais même regretté de ne pas avoir porté mon t-shirt noir de sa tournée Guidance, ce qui aurait peut-être attiré son regard et conforté mon impression.

Il est de plus en plus difficile de faire la part des choses entre réalité et fiction sur les réseaux sociaux, en particulier sur Instagram et Threads. J’ai l’impression assez désagréable qu’une partie des images qu’on peut y voir sont générées par intelligence artificielle, sans que cela soit annoncé clairement. Je me retrouve ainsi régulièrement à essayer de deviner si la photographie que je vois est réelle ou fictive, et c’est de plus en plus difficile de faire la part des choses. Expérimenter avec la création d’images artificielles m’a fait comprendre la simplicité par laquelle on peut les créer. Je n’ai pas de soucis avec les images artificielles lorsqu’elles sont clairement annotées comme telle. Une des conséquences à cela est que j’ai fini par m’éloigner progressivement des réseaux sociaux, d’une manière assez naturelle d’ailleurs. J’utilise pourtant très souvent les outils AI, notamment ChatGPT, pour assouvir mon besoin de connaissances sur les sujets qui m’intéressent. Il faut pourtant tout prendre avec des pincettes, les erreurs étant encore nombreuses. Il n’est pas rare que je procède à une confirmation sur Google Search ou sur l’AI intégré Gemini. Il n’empêche que j’aurais du mal à me passer de ces outils maintenant. Il m’arrive de temps en temps de créer des photographies artificielles et de les montrer dans des billets que je prends soin d’annoter comme faisant intervenir l’intelligence artificielle. Au delà du visuel, je les utilise comme déclencheur d’inspiration pour mes textes fantaisistes du Tokyo Parallèle. Je ne sais pas encore où ces textes vont m’amener mais j’entrevois depuis quelques temps qu’ils font partie d’un tout. Les liens se forment progressivement entre ces textes, comme un puzzle que j’assemble pièce après pièce. Tout ceci deviendra peut-être un jour un ensemble cohérent que je pourrais articuler dans un livre.

Made in Tokyo vient tout juste d’avoir 23 ans (Yeaaah!). Cela représente 2658 billets publiés et environ 6531 commentaires (en incluant les miens en réponse). Les statistiques de WordPress montrent les billets qui ont été vus chaque jour et certains sont parfois très anciens. Rien qu’en lisant le titre, j’arrive étonnement assez bien à me souvenir des quelques photographies que chaque billet contient. J’aime aussi parfois réouvrir certains billets anciens pour les relire et constater les réactions des visiteurs de l’époque. Je ne pense pas que les visiteurs que j’avais il y a vingt ans, à l’apogée des plateformes blog, me suivent encore maintenant. Certains visiteurs laissaient même un commentaire à chacun de mes billets, puis ont disparu soudainement sans dire au revoir, très certainement attrapés par d’autres priorités dans leurs vies. En relisant certains commentaires de ces anciens billets, il m’arrive régulièrement de me demander ce que ces visiteurs sont devenus. Je regrette que certains d’entre eux aient complètement disparu, avec leur blog parfois. Ce sont des phases, certains prennent le train en route puis descendent à une station. Le train continue sa route inexorablement vers une destination inconnue. Ça fait 23 ans qu’il roule tranquillement mais à un rythme soutenu. N’hésitez pas à prendre quelques minutes pour saluer et discuter avec le conducteur.

Les deux photographies ci-dessus ont été prises dans les jardins de l’ancienne demeure Iwasaki-Tei (旧岩崎邸庭園) du fondateur du groupe financier Mitsubishi, Hisaya Iwasaki. Elle a été conçue par l’architecte anglais Josiah Conder en 1896. Nous l’avions déjà visité une fois en 2004. Il y a 22 ans, on pouvait prendre des photos à l’intérieur, ce qui n’est plus possible maintenant. Je me demande quelle en est la raison. En plus de vingt ans, le paysage autour de la demeure a changé avec de nouveaux immeubles venant perturber la vue. Les deux barres d’immeubles de la deuxième photographie sont plus anciennes et étaient déjà présentes à notre premier passage. Les lignes d’air-conditionnés accrochées aux façades des murs m’interrogent. Que se passe t’il lorsqu’un problème technique nécessite une réparation ou un remplacement.

Je ne sais plus quel détour m’a amené vers l’album Shintai to Uta Dake no Kankei (身体と歌だけの関係) de Hi-Posi (ハイポジ), sorti en 1995. Hi-Posi est un groupe japonais formé en 1988 autour de la chanteuse et compositrice Miho Moribayashi (もりばやしみほ). Il est souvent associé au mouvement Shibuya-kei des années 1990, mais je trouve l’univers du groupe beaucoup plus étrange et personnel que ce que j’imagine du style pop rétro chic du mouvement Shibuya-Kei. Le nom du groupe m’était familier depuis très longtemps. J’ai d’abord pensé avoir entendu parlé de Hi-Posi sur le blog collaboratif néojaponisme fondé par W. David Marx, mais il n’en parle en fait pas malgré l’intérêt poussé de ce blog pour le mouvement Shibuya-Kei. Relire en diagonale quelques billets de ce blog malheureusement inactif depuis de nombreuses années me rappelle toute l’érudition de son auteur et des commentateurs réguliers, que je lisais à l’époque avec un œil attentif. La musique de Hi-Posi sur cet album Shintai to Uta Dake no Kankei mélange différents styles, un peu de techno-pop, des sons tournés vers le trip-hop, du ska… dans une pop minimaliste portée par la voix douce et hypnotique de Miho Moribayashi. Sa voix un peu enfantine et naïve nous amène dans un monde de rêve trouble emprunt de mélancolie. Le morceau titre de l’album fait presque 10 minutes et c’est le chef d’œuvre de cet album qui est souvent considéré comme étant le meilleur de Hi-Posi. J’ai également un faible pour le morceau Ato Nan Nichi (あと何日) qui est sublime de sensibilité. Je pense que ce morceau est une bonne porte d’entrée vers l’album. Le reste est dans le même esprit, hors du temps et de l’espace, dans un mélange improbable entre comptine expérimentale et dream pop japonaise des années 1990.

J’ai été troublé par le film Namibia no Sabaku (ナミビアの砂漠), vu sur Netflix il y a quelques semaines. J’avais en tête de voir ce film depuis son apparition sur la plateforme mais j’attendais d’être dans de bonnes conditions de visionnage. Il s‘agit d’un drame psychologique sorti en 2024, réalisé par Yoko Yamanaka (山中瑶子). On suit la jeune Kana, âgée de 21 ans, dans ses relations sentimentales et dans sa profonde instabilité émotionnelle qui se révèle progressivement. Elle est interprétée par l’actrice Yūmi Kawai (河合優実). Elle est particulièrement marquante dans ce rôle pour son côté extrêmement naturel et imprévisible. Kana est à la fois attachante et drôle, mais en même temps cruelle et inquiétante. Le jeu remarquable de l’actrice est un des grands intérêts du film. Le titre faisant référence au désert de Namibie entend représenter l’état d’être de Kana, un espace brûlant et solitaire. Le film arrive formidablement à nous faire toucher du doigt les sentiments d’instabilité émotionnelle, tout en ne cherchant pas simplifier psychologiquement son héroïne. Le film peut faire penser à un documentaire dans certaines scènes mais garde une approche très stylisée. La justesse du jeu de Yūmi Kawai m’a touché, et j’y ai pensé longtemps après avoir vu le film. Je le garde en mémoire dans la série des films japonais qui m’ont marqué, à un rang proche de films comme Drive My Car de Ryusuke Hamaguchi (濱口竜介), Nobody Knows (誰も知らない) de Hirokazu Kore-Eda (是枝裕和) et All about Lily Chouchou (リリイ・シュシュのすべて) de Shunji Iwai (岩井俊二). En fait, j’avais initialement en tête de voir Namibia no Sabaku car j’avais remarqué Yūmi Kawai dans un drama télévisé intitulé Extremely Inappropriate! (不適切にもほどがある!) que je n’ai pourtant regardé que très distraitement. On y raconte l’histoire d’un homme, interprété par Sadawo Abe (阿部 サダヲ), faisant des aller-retours dans le temps entre 1986 (ère Showa era d’où il vient) et 2024 (ère Reiwa actuelle). Yūmi Kawai y joue sa fille, en lycéenne des années 1980, et beaucoup avaient remarqué sa ressemblance frappante avec Momoe Yamaguchi, au point de la surnommer « Momoe-chan de l’ère Reiwa ». Cette ressemblance m’avait également interpellé, d’autant plus que Momoe Yamaguchi est la seule idole de l’ère Showa que j’apprécie.

Les méandres des internets m’amènent ensuite vers la musique du duo féminin de hip-hop et pop japonais HALCALI avec leur premier album Halcali Bacon sorti en 2003. HALCALI était assez populaire au début des années 2000 avec quelques gros succès comme le single Tandem (タンデム). Ceux et celles qui étaient au Japon à cette époque là le connaissent très certainement. Je le réécoute maintenant avec une certaine nostalgie de cette époque insouciante, mais avec une oreille nouvelle. Pourquoi avoir envie maintenant de réécouter ce groupe? La raison est simple, Miho Moribayashi de Hi-Posi, que j’évoquais ci-dessus, a en fait écrit entièrement un des morceaux de cet album, le dernier intitulé Tsuzuki Mayonaka no Ground (続・真夜中のグランド). Les fils et les aiguilles m’ont donc amené vers le hip-hop de HALCALI, qui m’avait déjà assez plu à l’époque, sans pourtant le découvrir plus en avant. Le groupe HALCALI, originaire de l’arrondissement de Meguro à Tokyo, est composé de Haruka (Halca) et Yukari (Yucali). Le nom du groupe est donc tout simplement une fusion de leurs deux prénoms. Le duo a été remarqué, lors d’un concours de rap féminin au début des années 2000, par le collectif appelé O.T.F composé des membres de RIP SLYME, RYO-Z et DJ FUMIYA. O.T.F, pour Oshare Track Factory (オシャレ・トラック・ファクトリー), a ensuite produit les débuts de HALCALI, notamment la majeure partie de l’album Halcali Bacon. On trouve chez HALCALI et sur cet album, un hip-hop old-school mélangé à une pop très colorée pleine d’humour. Le tout est très spontané, un peu chaotique mais très ludique, avec une pointe d’excentricité bienvenue. Je suis en fait très surpris d’accrocher maintenant à la totalité des morceaux, dont certains comme Giri Giri Surf Rider (ギリギリ・サーフライダー), Ah HALCALI Sensation (嗚呼ハルカリセンセーション) et Otsukare Summer (おつかれSUMMER) sont vraiment excellents. Il faut dire qu’elles maîtrisent extrêmement bien leur flot et les compositions musicales parfois un peu délirantes sont très bonnes, nous ramenant joyeusement au cœur des années 2000.

Narakyō to Biwako ~2

Le lendemain matin, je me lève assez tôt, vers 6h comme tous les matins. Assis sur le tatami, en regardant par une fenêtre entrouverte le jardin du petit hôtel dans lequel nous séjournons, j’écris sur mon iPad les textes qui accompagneront les trois billets hypnotic innocence, cathartic existence. Ces trois billets s’appuient sur une photographie imaginaire créée par une intelligence artificielle que j’ai guidé progressivement dans le processus de création. Après avoir écrit entièrement ces trois billets, j’ai pourtant longtemps hésité avant de les publier, comme si quelque chose m’empêchait de le faire. Les quelques expérimentations récentes de Shohei Otomo à partir d’intelligence artificielle, qu’il montre sur son compte Instagram, lui ont valu une grande majorité de commentaires négatifs qui essaient même de le décourager d’utiliser l’intelligence artificielle. Je préfère grandement quand Shohei Otomo utilise ses crayons et stylos pour dessiner, car ce qu’il dessine est à mille lieux de ce qu’il crée avec l’IA, mais loin de moi l’idée de vouloir décourager quelqu’un à essayer de nouvelles choses qui l’amèneront peut être plus tard vers de nouveaux horizons. Shohei Otomo écrivait ceci: « Whenever I post something related to AI, there’s always a wave of high-temperature reactions. It clearly shows how many people are still struggling to process the times we’re living in. But to put it bluntly, Al is not going away. We have no choice but to live with it. Emotion alone won’t change that. Friction between structure and emotion. The heat of a shifting era. I draw. And I use Al. Let me be clear. There is no tool more creative or compelling than Al – except for the human hand« . C’est ce qui m’a finalement poussé à publier ces trois billets. Dans mon cas, ces images ne sont pas des fins en soit car elles me poussent à l’écriture de fictions. Je ne sais si j’ai un quelconque talent pour écrire ces petites histoires mais j’éprouve en tout cas un plaisir certain à les imaginer.

Après le petit déjeuner, nous marchons un peu au hazard des rues de Naramachi en direction du temple Kōfuku-ji (興福寺) que nous avions rapidement parcouru hier soir. On se laisse assez rapidement attiré par autre temple nommé Gangō-ji (元興寺), qui est classé au patrimoine mondial de l’Unesco et qui se trouve être un des plus anciens temples du Japon. Il a été fondé à l’origine au VIe siècle sous le nom Asuka-dera et a été déplacé à Nara en 718, lors de l’installation de la capitale à Heijō-kyō (平城京). Il a été alors renommé Gangō-ji et fut considéré comme l’un des premiers centres du bouddhisme japonais. Il s’agissait à l’époque d’un vaste temple dont l’enceinte couvrait une grande partie de l’actuel quartier de Naramachi, mais il a perdu de son importance au fur et à mesure des époques. Il s’agit aujourd’hui d’un vestige d’un ensemble beaucoup plus vaste. Il reste principalement le hall principal Gokurakubō (元興寺極楽坊) avec des tuiles datant de l’époque Asuka. L’ensemble n’a rien de monumental mais il est situé dans un lieu calme, presque caché, qui lui donne une atmosphère silencieuse très agréable. On est ici loin de la foule du Tōdai-ji. Nous ne sommes pas mécontents d’avoir découvert ce petit trésor architectural un peu à l’écart, ce qui nous fait dire qu’on pourrait certainement passer de très nombreuses heures et journée à explorer Naramachi. Nous continuons ensuite vers l’étang Sarusawa et le grand temple Kōfuku-ji que nous avons cette fois-ci l’intention de visiter. En chemin, je trouve quelques étranges objets architecturaux et artistiques, mais déjà au loin, mon œil est attiré par les cerfs sauvages faisant leur apparition alors qu’on approche progressivement du parc de Nara. On nous avait dit qu’ils approchaient parfois le jardin intérieur de l’hôtel où nous avons passé la nuit, mais on ne les a malheureusement pas vu. J’aurais aimé me retrouver nez à museau avec un cerf en ouvrant les stores de notre chambre d’hôtel ce matin.

Dans l’enceinte du temple Kōfuku-ji, nous voulions notamment visiter le musée National Treasure Hall contenant plusieurs trésors nationaux, notamment une statue remarquable d’Ashura (阿修羅) que je montre en photo ci-dessus, prise de deux cartes postales que j’ai acheté à la boutique du musée. Ashura fait partie d’une série de huit êtres mythologiques formant un ensemble de statues bouddhiques inspirées de figures de la mythologie indienne, intégrées au bouddhisme comme protecteurs du Bouddha et de ses enseignements. Elles ont été sculptées entre 733 et 734, réalisées en laque sèche creuse, et se trouvaient à l’origine placées dans le pavillon occidental du temple disparu à cause d’incendies. Certaines statues, notamment celle d’Ashura, ont des visages jeunes, sans doute liés à la volonté de leur mécène, l’impératrice Kōmyō. Je suis content d’avoir pu voir cette magnifique statue à la posture élancée et à la délicatesse étrange, presque mélancolique et humaine.

Le dieu bouddhiste Ashura (issu des asura de la mythologie indienne) possède une nature complexe, à la fois violente et profondément humaine. C’est un être belliqueux, symbole du conflit, des passions humaines et de la lutte constante, mais il incarne une figure de dualité, entre colère et possibilité d’éveil, comme une destruction peut engendrer un recommencement. Contrairement à d’autres divinités, il peut exprimer une tristesse contenue, pas seulement la fureur. Au Japon, Ashura est souvent perçu moins comme un démon que comme une figure tragique et introspective, ce qui rend cette figure particulièrement fascinante. J’imagine très bien l’attirance que cette figure peut représenter dans le monde des arts, notamment musicaux. J’ai d’ailleurs souvent évoqué cette figure d’Ashura dans mes billets car il s’agit d’une présence récurrente dans la musique que j’écoute. J’ai même souvent dit qu’il fallait que je crée une playlist des morceaux l’évoquant. La voici finalement ci-dessous et elle est très éclectique, reflétant une partie des multiples musiques que j’aime.

1. 修羅の花 (The Flower Of Carnage) par Meiko Kaji (梶芽衣子), sur la bo du film Lady Snowblood (修羅雪姫), 1973
2. Ashu-lah par Zelda, sur l’album ZELDA, 1982
3. 春と修羅 (Haru to Shura) par Haru Nemuri (春ねむり), sur l’album Haru to Shura (Haru to Shura), 2018
4. 春と修羅 (Haru to Shura) par Kinoko Teikoku (きのこ帝国), sur l’album eureka, 2013
5. Ash-ra par Buck-Tick, sur l’album COSMOS, 1996
6. 修羅場 (Shuraba) par Tokyo Jihen (東京事変), sur l’album Adult (大人), 2006
7. ):阿修羅:( (Ashura) par King Gnu, sur l’album The Greatest Unknown, 2023
8. 阿修羅 (Ashura) par Faye Wong (王菲) sur l’album Fable (寓言), 2001
9. 夜へ (Yoru he) par Momoe Yamaguchi (山口百恵), sur l’album A Face in A Vision, 1979

En écoutant cette playlist, je me rends compte qu’elle évoque assez bien ce mélange de fureur et de mélancolie tragique.

Everything has to change Everything is gone

Il me restait quelques photographies prises en Décembre que je n’avais pas encore publiées dans un billet. Nous sommes ici dans le nouveau complexe Azabudai Hills de Mori Building, prenant la forme d’une mini-ville à l’intérieur de la grande ville. Suivant les modèles de ses grandes sœurs Ark Hills à Tameike Sanno, Atago Hills ou encore Toranomon Hills, ce nouvel ensemble urbain a d’abord fait table-rase de tous les bâtiments précédents (Everything has to change Everything is gone) pour créer un tout nouvel ensemble urbain composé de bureaux, de résidences, de magasins et d’espaces verts. Mori Building a convoqué des architectes étrangers, en particulier les américains Pelli Clarke & Partners qui ont dessiné les trois grandes tours du complexe. L’agence a également conçu les tours d’Atago Green Hills et la Mori Tower d’ARK Hills Sengokuyama dont le style général arrondi s’est propagé sur les tours d’Azabudai Hills. Tous les parties publiques et les immeubles de basse hauteur du complexe contenant les résidences ont été conçus par Heatherwick Studio dirigé par l’anglais Thomas Heatherwick. Les créations récentes du designer à New York, le parc surélevé de Little Island et le Vessel, sont particulièrement intéressantes et novatrices. Une exposition des créations de Thomas Heatherwick s’était d’ailleurs tenue au Mori Art Museum du 17 Mars au 4 Juin 2023. Je me souviens m’être posé la question d’y aller, mais j’avais été en quelque sorte dérangé par le fait que cette exposition ressemblait à une promotion publicitaire des nouvelles résidences d’Azabudai Hills. J’avais finalement renoncé à payer les 2,000 yens du billet d’entrée. Parmi les autres architectes ayant participé à ce projet, on trouve le nom de Sou Fujimoto pour le design des parties commerciales. Marcher dans les espaces résidentiels en forme de collines est très agréable. Cet espace innovant devient même par moments ludique. Le sanctuaire Nishikubo Hachiman (西久保八幡神社) est situé à proximité d’Azabudai Hills, au bord de la grande avenue Sakurada. Le grand temple noir Reiyūkai shakaden (霊友会釈迦殿) apparaît juste derrière et sa présence ne s’accorde pas du tout avec le complexe Azabudai Hills. Mori Building fait table rase pour normaliser l’environnement urbain à sa manière, mais il restera heureusement des ’anomalies’ qui continueront à faire ressembler Tokyo à un grand ’bazar’ inextricable.

L’émission télévisée Matsuko no Shiranai Sekai (マツコの知らない世界) de cette semaine consacrée à la musique Kayōkyoku (歌謡曲) de l’ère Shōwa (昭和) avec JUJU comme invitée m’a donné une envie irrésistible d’ēcouter le chant de Momoe Yamaguchi (山口百恵). Depuis le morceau Yokosuka Story (横須賀ストーリー), je garde en tête d’écouter d’autres de ses morceaux, mais je me décide enfin maintenant. Il est certes difficile de choisir par où démarrer parmi ses 22 albums studio sortis pendant sa carrière musicale relativement courte de huit ans, entre 1972 et 1980. Je choisis l’album A face in a Vision (ア・フェイス・イン・ア・ビジョン) sorti en 1979, notamment pour la superbe photographie de couverture prise par le photographe Kishin Shinoyama (篠山紀信), qui a quitté ce monde récemment au tout début de cette année 2024. Cette photographie de Momoe Yamaguchi a été prise en 1978 alors qu’elle avait 19 ans et fait partie d’une séance photo diffusée dans un magazine de l’époque intitulé GORO sous le nom Voyage jusqu’au bout de la nuit (夜の果ての旅). Un petit détail intéressant est qu’une des photographies de cette séance a été prise devant le NOA Building, construit quatre ans auparavant, situé au croisement Iikura juste à côté de l’actuel Azabudai Hills. En regardant cette photo de couverture de l’album, je ne peux m’empêcher d’y voir Sheena Ringo. Je suis en fait persuadé depuis longtemps d’une influence ou d’un point commun, mais il ne s’agit certainement que d’une impression obsédante, car je n’ai jamais vu d’écrit mentionnant un éventuel rapprochement. En fait si, mais à l’inverse de ce que j’imaginais, car un des fils de Momoe Yamaguchi a révélé qu’elle chantait le morceau Gibs de Sheena Ringo lors de karaoke en famille. Momoe Yamaguchi est née à Tokyo, à Ebisu pour être très précis, en 1959 et a commencé sa carrière musicale très tôt, à l’âge de treize ans en 1972. Elle se retira définitivement très tôt en 1980 alors qu’elle n’avait que 21 ans pour épouser l’acteur Tomokazu Miura (三浦友和) avec qui elle a tourné dans de nombreux films. Ils ont deux fils qui sont tous les deux acteurs. Le fait qu’elle ait arrêté sa carrière soudainement au sommet de sa gloire ajoute très certainement à son aura, et nombreux sont ceux qui espèrent un retour sur scène. Un autre point commun entre Momoe et Ringo est qu’elles ont été prises en photo par Kishin Shinoyama et apparaissent dans son photobook compilation intitulé Idol 1970-2000 (アイドル 1970-2000). J’aurais un peu de mal à imaginer Sheena Ringo comme une idole, mais Momoe Yamaguchi est par contre bien considérée comme une idole de l’ère Shōwa, si ça veut vraiment dire quelque chose.

Je commence donc par l’écoute de l’album A face in a Vision (1979) et, ressentant comme un besoin d’en écouter plus, je continue ensuite rapidement par l’album Dramatic sorti (1978). Je ne connaissais aucun morceau de ces deux albums à part celui intitulé Playback Part2 (プレイバック Part2) qui conclut Dramatic car il s’agit d’un de ses titres les plus emblématiques. Je ne me doutais pas, à priori, que je trouverais un intérêt dans cette musique kayōkyoku. Les morceaux kayōkyoku ont leurs propres codes stylistiques très marqués faisant ressembler chaque composition à des petites pièces de théâtre avec une introduction qui dresse un décor, des arrangements qui fonctionnent comme des coups de théâtre, des orchestrations poussant parfois exagérément à l’émotion, des guitares atmosphériques faisant voyagé vers des horizons loin du Japon. On ne parle pas de musique Enka, mais les limites sont proches notamment dans la tension du chant. Mais voilà, Momoe Yamaguchi sublime le tout par sa voix. La tension et la force vocale de sa voix sur le morceau très théâtral Santa Maria no Atsui Kaze (サンタマリアの熱い風), notamment lorsqu’elle chante les mots 明日は知らない (Je ne sais ce que sera demain) me fascinent. J’adore l’ambiance du deuxième morceau de Dramatic intitulé Maboroshi he Yōkoso (幻へようこそ) et la voix très mature et un brin provocante de Momoe Yamaguchi. Au passage le titre de ce morceau me rappelle le titre d’un morceau que Tokyo Jihen écrira 33 ans plus tard, Tengoku he Yōkoso (天国へようこそ) sur l’album Discovery. L’album Dramatic contient également un morceau intitulé Zettai Zetsumei (絶体絶命), titre également utilisé sur un morceau de Tokyo Jihen sur l’album Sports. En la regardant chanter ce morceau Zettai Setsumei dans une vidéo tres certainement tirée d’une émission télévisée, on se dit qu’elle a une présence scénique hypnotisante. De l’album A face in a Vision, le dernier morceau Yoru he (夜へ) est très certainement mon préféré. La manière par laquelle elle chante une répétition de mots avec une grande retenue et des variations subtiles me donne à chaque fois des frissons: Shura Shura Ashura Shura (修羅 修羅 阿修羅 修羅). Ces paroles me rappellent qu’il faudrait que je fasse une liste de tous les morceaux que je connais qui font référence au Dieu destructeur Ashura. Sur le même album, le morceau Omoide no Mirage (思い出のミラージュ) est également remarquable, notamment le passage qui se conclut par les phrases suivantes qu’elle chante en anglais « Everything has to change Everything is gone » (que je reprends habillement comme titre de billet). Le premier morceau de l’album A face in a Vision, Mahoganī Morning (マホガニー・モーニング), compte également parmi les morceaux que je préfère pour son ambiance atmosphérique flottante. J’ai toujours une préférence envers ce genre de morceaux émotionnellement chargés, mais ce ne sont pas les seuls de l’album. Le morceau Silent Beauty (美・サイレント) était un des singles de cet album. Il est à la fois remarquable et très marqué Shōwa. Comme beaucoup de morceaux de ces albums, il faut avoir une oreille attentive et ouverte à ce style de musique. C’est clairement un grand écart par rapport à ce que j’écoute d’habitude, mais il s’agit d’une musique de genre au style très marqué et je suis très sensible à cela. Je ne vais très certainement pas me mettre à écouter prochainement d’autres chanteurs et chanteuses de Kayōkyoku, car ma seule envie pour l’instant est d’écouter chanter Momoe Yamaguchi.

知り得る幸は、知らぬ不幸でできている

La découverte de nouveaux quartiers est souvent liée aux activités extra-scolaires du fiston qui n’a pourtant plus besoin de moi depuis longtemps pour l’accompagner. Je trouve pourtant de temps en temps l’occasion ou plutôt le prétexte pour l’accompagner jusqu’au quartier où a lieu son activité, ce qui me permet ensuite de marcher pendant une ou deux heures en attendant qu’il termine. En ce moment, je marche beaucoup plus souvent dans le quartier de Meguro. J’ai déjà pas mal exploré Naka Meguro jusqu’au bord de la rue Komazawa, les quartiers de Kamimeguro et Higashiyama jusqu’à Ikejiri-Ōhashi, mais je me suis plus rarement enfoncé dans les quartiers résidentiels de Shimouma par exemple. En marchant dans ces quartiers résidentiels sans fin, on se rend bien compte de l’immensité de Tokyo. On a l’impression que les maisons individuelles s’additionnent les unes après les autres dans un labyrinthe inextricable. Il y a étrangement quelque chose de reposant dans cette immensité apparente. Et au détour des rues du quartier que je visite, je trouve presque toujours des bâtiments à l’architecture intéressante. Les deux premières photographies en sont de bons exemples. Sur la première photo, la particularité du bâtiment qui attire tout de suite mon regard est sa façade couverte dans sa totalité par des vitrages. Lorsqu’on regarde d’un peu plus près, on remarque l’agencement particulier au sol cherchant à utiliser au maximum l’espace disponible quitte à créer des formes très irrégulières. Sur la maison de la deuxième photo, la surface frontale de béton donnant sur la rue est plutôt classique tandis que sa particularité vient de l’arrière, d’une rondeur parfaite comme un morceau de lune.

A quelques mètres seulement de là, une résidence m’attire pour sa couverture de grillage délimitant les balcons. Il s’agit de Komatsunagi Terrace par l’architecte Mitsuhiko Sato, une résidence construite en 2012. Les façades sont pratiquement entièrement faites de baies vitrées. Ce qui m’étonne le plus sur cette résidence, c’est la faible épaisseur de la structure au sol formant les balcons. Additionner à la légèreté de ce grillage enveloppant, on a l’impression que l’espace sur ces balcons est en suspension, comme si se tenir debout sur ce balcon tenait à peu de chose. On doit certainement s’y sentir léger comme un oiseau. Comme on peut le voir sur les quelques photos ci-dessus vues sur des sites web traitant d’architecture, l’idée initiale est de provoquer un effet de transparence et de légèreté créé par les grandes baies vitrées et la finesse de la structure. La réalité reprend malheureusement très vite le dessus et l’effet de transparence est grandement atténué par le fait que les habitants ferment tous leurs rideaux en permanence. Le concept de transparence sur la rue que l’on voit aussi beaucoup chez Kazuyo Sejima ne fonctionne pas longtemps car on ne souhaite pas être vu depuis l’extérieur à moins d’habiter dans les étages en hauteur.

Je me décide à poursuivre un peu plus la découverte de la musique de Vaundy avec un autre beau morceau intitulé Yūkai sink (融解sink). Il y a quelque chose d’apaisant dans ce morceau, de mélancolique certainement. Les quelques notes fébriles au début pourraient être jouées sur un bord de mer, le soir alors que le soleil laisse échapper ces derniers rayons. Il y a d’ailleurs une ambiance océanique dans la vidéo virant même sur le fantastique lorsqu’une baleine géante surgit des eaux profondes devant nos yeux ébahis et devant ceux de Sara Minami (南沙良), personnage principal et unique de cette vidéo. Le morceau est interprété à deux voix avec une certaine Leila dont je ne sais que peu de choses à part son prénom. Les deux voix s’entremêlent parfaitement sans nous brusquer. On se laisse volontiers envelopper dans ces sons et ses images. Le morceau aux sonorités électroniques pop ne bouscule pas les codes ni ne révolutionne le genre, mais fonctionne très bien car son ambiance nous pousse à rêver quelques instants, ou du moins nous fait nous échapper du lieu où on se trouve lorsqu’on l’écoute. En sous-titre de la vidéo, on trouve la phrase suivante en japonais 「知り得る幸は、知らぬ不幸でできている。」qu’on peut traduire par « Le bonheur que l’on peut connaître est composé de choses malheureuses qu’on ne connaît pas ». Je réutilise cette phrase belle et mystérieuse comme titre de mon billet pour m’en souvenir plus tard.

En parlant de Sara Minami sur cette vidéo de Yūkai sink, je pense maintenant à la publicité de la marque Nissin pour ses fameuses nouilles Ramen instantanées Cup Noodles. Pendant tout l’été, nous avons eu droit à une publicité pour la version Seafood de ces nouilles en gobelet. La publicité montre un personnage étrange effectuant une danse dans une case en évitant des calamars qui l’ont pris pour cible et qui foncent sur lui inlassablement (イカよけダンス). La danse devient de plus en plus rapide et périlleuse, et les calamars finissent par percuter le personnage jusqu’à ce que la case s’en remplisse entièrement. C’est à ce moment là que Sara Minami intervient en s’exclamant d’un air des plus satisfaits « Seafood noodle oishii » (シーフードヌードル美味しい). Je ne sais trop pour quelle raison j’aime la manière dont elle prononce cette phrase, peut-être parce qu’elle l’énonce d’un air un peu détaché en regardant vers le ciel tout en haussant légèrement les épaules. Il y a quelque chose d’un peu innocent qui nous fait penser que son amour pour ces nouilles Ramen en gobelet est tout à fait authentique. En regardant maintenant cette publicité sur YouTube, je me rappelle la multitude de publicités intéressantes de Nissin pour différentes versions de son produit phare Cup Noodles. Il y avait notamment la série animée FREEDOM dessinée par Katsuhiro Otomo, mais réalisée par Shuhei Morita. On reconnaît tout de suite le style graphique qui nous rappelle AKIRA. Je n’avais pas réalisé jusqu’à maintenant qu’une série animée de 7 épisodes était sortie à l’époque en 2006. Elle était apparemment diffusée en streaming et disponible en DVD/Blu-ray. J’ai en fait un vague souvenir d’avoir vu un épisode. J’ai plus de souvenirs des vidéos de deux morceaux de Utada Hikaru utilisant cette même série Freedom, This is Love sorti en 2006 sur son album Ultra Blue et Kiss & Cry sorti sur son album Heart Station de 2008. En fait, en regardant ces images maintenant, j’aime beaucoup le design des personnages et des décors, mais j’ai un peu de mal à vraiment apprécier le rendu final donnant du relief. En cherchant rapidement sur YouTube, je revois avec un certain plaisir une autre publicité Nissin Cup Noodles mettant cette fois-ci en scène un robot Gundam géant portant la bouilloire d’eau chaude nécessaire à la préparation des nouilles. Je suis loin d’être fanatique de ces nouilles, mais voir ces publicités me donne envie d’aller visiter le CUPNOODLES Museum à Yokohama, et par la même occasion, d’aller voir le Gundam géant, ressemblant beaucoup à celui de la publicité, à la Gundam Factory près de la station Motomachi-Chukagai de Yokohama.

Pour revenir encore quelques minutes aux découvertes musicales, j’écoute un nouveau morceau de RöE (ロイ) sur le EP Warusa (ワルサ) dont j’avais déjà parlé récemment. J’écoute déjà beaucoup les deux morceaux YY et Violation qui ont des styles très différents. Le morceau Shōjo B (少女B) que j’écoute maintenant est encore différent, dans un style musical et vocal très dense et urbain. Dans l’ensemble, l’ambiance est beaucoup plus agressive car une multitude de sons viennent envahir l’espace. Malgré cela, la voix de RöE est tout à fait distincte. Elle chante en modulant sa voix comme pourrait le faire Sheena Ringo et cette ressemblance me frappe à certains moments précis du morceau. Même éloignée, je dirais qu’il y a une influence. La vidéo du morceau tout en illustrations par un certain JARRY est aussi intéressante et plutôt étrange. Le titre du morceau Shōjo B, fille B, est une allusion directe au morceau Shōjo A (少女A) de la célèbre chanteuse Kayōkyoku Akina Nakamori (中森明菜). Dans les paroles, elle dit d’ailleurs 「AKINAがAなら わたしは少女B」qu’on traduirait par « Si Akina est A alors je suis la fille B ». J’écoute donc maintenant Shōjo A d’Akina Nakamori sorti en 1982. Je n’écoute pas beaucoup de Kayōkyoku, la musique pop de l’ère Showa, mais j’aime piocher des morceaux par-ci par-là. Shōjo A est le deuxième single d’Akina Nakamori et celui qui lui a apporté son premier grand succès. A l’âge de 17 ans, sa manière de chanter est très mature, à la manière de Momoe Yamaguchi (山口百恵) qui est d’ailleurs son idole. J’aime beaucoup cette manière de chanter. Le morceau Yokosuka Story (横須賀ストーリー) de Momoe Yamaguchi, sorti en 1976, est également un morceau Kayōkyoku que j’apprécie beaucoup. L’envie me vient de temps en temps de me plonger dans cette musique pop d’une autre époque, mais par petites touches. Ma connaissance du sujet est limitée mais tout ceci m’intéresse beaucoup

真夏.5

(ナ) Shibuya (渋谷): Foule du carrefour de Shibuya portant des masques devant l’ancien Department Store Tokyu et la nouvelle tour Shibuya Scramble Square. (ニ) Gaien (外苑): Hôtel aux ouvertures serties de bois en imitation des lignes boisées du nouveau stade olympique qui lui fait face. (ヌ) Marunouchi (丸の内): Glace pilée au goût matcha pour faire oublier la chaleur même si on la déguste en terrasse en plein après-midi. (ネ) Harumi (晴海): Détails d’un escalier exagérément compliqué dans une dépendance voisine du CLT Park Harumi. (ノ) Ebisu (恵比寿): Nouvelle trajectoire aérienne au dessus de Tokyo pour rejoindre l’aéroport de Haneda. (+) Accompagnement musical: deux morceaux dont 横須賀線ストーリー de Momoe Yamaguchi et 木綿のハンカチーフ de Hiromi Ōta sortis respectivement en Juin 1976 et en Décembre 1975.