A Shibuya, derrière la gare, dans des espaces que l’on ne voit pas.
Suite et fin de cette mini-série à Shibuya dans la chaleur des rues, cet été qui se termine. Je ne suis pas mécontent de ce travail de destruction de l’image. A suivre, j’ai envie de continuer dans cette voie… C’est un peu du « shoegazing photographique ». Dans le style musical shoegazing, les voix, les parties chantés sont sombres et effacées sous une nappe musicale de guitares. Sur les photos de cette série à Shibuya et celles d’architecture également en noir et blanc, je joue également avec une nappe (nuage, neige, ombres ou autres surfaces contrastées) perturbatrice qui vient brouiller les contours du sujet (les passants, les buildings). Le sujet des photos est en quelque sorte une transposition de la voix en musique. J’ai cette idée en tête depuis des années de dresser un parallèle entre musique et compositions photographiques. Je renverrais une fois encore vers Loveless de My Bloody Valentine: Loomer, What you want, etc…
Comme la chaleur ne s’éteint pas, quelques images en suite à la première partie à Shibuya. En écoute musicale, un morceau instrumental de Maserati, Pyramid of the Moon qui fonctionne comme une onde électrique répétitive mais un peu courte.

J’étais en vacances la semaine dernière, une petite semaine trop courte bien entendu, mais on en a quand même profité pour faire quelques balades. J’y reviendrais en quelques photos plus tard. La chaleur est presque insoutenable en ce moment, on peine à se rafraîchir. A l’intérieur de l’appartement, on allume l’air conditionné en intermittence et les plantes ont du mal à gérer. C’est peut être cette situation de non-aise que j’essaie de représenter dans la composition ci-dessus de plantes vertes plaquées contre les vitres d’un cinéma de Shibuya. Ce cinéma, c’est le Rise de Atsushi Kitagawara, bien entendu. Il encercle une forêt intérieure imaginaire. Il s’agit d’un cinéma après tout, pourquoi ne pas faire place à l’imaginaire. J’aime beaucoup ce bâtiment et ne perds donc jamais une occasion de le photographier.

Pour sortir de Tokyo, vers des espaces ouverts, je vous conseille d’aller découvrir la série d’une vingtaine de photos de Brasilia de Cyrille Weiner. Cette série s’intitule Brasilia, en dehors du plan. Elle montre quelques uns des magnifiques bâtiments d’Oscar Niemeyer mais également et surtout la nature et les espaces vides qui encerclent la ville. Cyrille Weiner marche aux limites de cette ville construite sur un site initialement vierge, en dehors des plans de Lucio Costa. On y voit souvent la terre rouge et les terrains vagues et on approche parfois des constructions-symboles. Ces photos qui insistent sur les distances sont très belles. Pour donner une suite à cette visite, je me replonge dans le livre de photos de Yukio Futagawa, Form and Space pour revoir de plus près l’oeuvre de Niemeyer à Brasilia.
Sous le soleil, à Shibuya. Sans aucuns liens, mais en musique, j’écoute la très belle musique et voix de S.Carey sur In The Stream, comme un cours d’eau tranquille, et un morceau plus en méandres de l’américain Benoît Pioulard intitulé RTO. J’aime beaucoup cette voix en équilibre subtil et ce genre de morceau à l’harmonie pas forcément évidente ou parfois instable. J’aimerais pouvoir retranscrire ce genre de limite dans mes photos, compositions.