nowhere elsewhere (2)

Les sujets musicaux prennent une place importante dans les billets de Made in Tokyo, en particulier les musiques japonaises, mais pas seulement. J’ai l’impression que ça a toujours été le cas depuis les débuts de ce journal, mais la proportion donnée aux musiques est de plus en plus conséquente ces dernières années. Je me suis demandé qu’elle avait été le point de départ de mon regain d’intérêt pour les musiques alternatives rock, pop, voire hip-hop, ou électroniques japonaises. J’ai tout de suite en tête un billet datant de Mai 2018 où je présentais un single et un EP de l’artiste électronique Utae. Je me souviens encore très bien de cette expérience d’écoute qui avait été, en quelques sortes, un déclencheur dans mes recherches pour trouver ensuite des sons avec un esprit indépendant similaire. Je me souviens encore très bien, il a de nombreuses années, avoir pester car je ne trouvais pas de musiques japonaises intéressantes, par rapport aux productions occidentales, à part les quelques artistes que je connaissais et suivais comme Sheena Ringo. À cette époque là, j’ignorais tout simplement toute une scène qui s’est quand même grandement dévoilée à moi à travers les réseaux sociaux et l’affinage de leurs algorithmes. On pourra critiquer autant qu’on le veut les algorithmes qui nous imposent ce que l’on doit voir, ils m’ont quand même permis de découvrir une grande partie des bonnes choses dont je parle sur ces pages. Mais je pense également que ces algorithmes nous brident dans nos découvertes, car l’être humain ne fonctionne pas comme une machine et a aussi besoin qu’on lui donne à voir et à entendre des choses qu’il ne pensait pas apprécier au premier abord. Ce qu’il manque seulement, c’est le temps nécessaire pour faire toutes ces découvertes et en parler correctement sur ces pages.

Après une page orientée hyper pop sur le précédent billet, je me tourne maintenant vers le rock indépendant et au delà. Je retrouve le groupe Hammer Head Shark, dont j’avais déjà parlé dans un billet de 2023, avec un excellent nouveau single intitulé Bokura Futari Kiri (ぼくらふたりきり). J’avais déjà noté que le groupe reconnaissait une influence de groupes alternatifs comme Kinoko Teikoku (きのこ帝国), et c’est particulièrement notable sur ce morceau où le chant de Hiyu Nagai (ながいひゆ) me fait tout de suite penser à celui de Chiaki Satō (佐藤千亜妃) notamment dans sa tension émotionnelle. Je suis tout à fait preneur quand des groupes tentent de retrouver l’ambiance des premiers albums de Kinoko Teikoku, et quand ils le font bien. J’aime beaucoup le single Tiobita (チオビタ) d’un groupe tokyoïte nommé ToToToTo (トトトト) dont je ne sais absolument rien, à part que c’est leur deuxième titre sorti et qu’ils viennent de démarrer cette année. Je comprends que le groupe se produit plutôt sur les scènes de Shimokitazawa et Koenji, ce qui est plutôt classique pour les tout jeunes groupes de rock indé. J’aime beaucoup la fragilité vocale de la chanteuse qui se marie bien avec les guitares très maîtrisées. On sait juste que le Tiovita du titre est une boisson énergisante de Taiho Pharmaceutical (大鵬薬品). Je découvre ensuite le single Jōkyō (上京) du groupe rock alternatif à tendance shoegaze Umikaze (海風邪). Le groupe est basé à Kōenji et s’est formé en septembre 2025. Il se compose de Daiki (ダイキ) à la guitare et au chant, Umesawa (梅サワ) également à la guitare et au chant, Nittako (にったこ) à la guitare, Niwasaho (にわさほ) à la basse et Bayashi (バヤシ) à la batterie (bien que ce dernier semble avoir quitté le groupe). Sur ce morceau Jōkyō, un grand classique des titres de rock indé où la montée vers Tokyo apporte son lot de mélancolie, est chanté à deux voix par Daiki et Umesawa. Umikaze raconte qu’ils se sont formés à la suite de reprises du groupe kurayamisaka, et parmi leurs influences, ils citent Supercar, Kinoko Teikoku (décidément), 17yo & Berlin Wall (17歳とベルリンの壁) et For Tracy Hyde, entre autres. Ce ne sont que des bonnes références et ça me fait même plaisir de voir citer For Tracy Hyde dont j’avais été voir leur dernier concert à Shibuya, et qui republie même dernièrement tous ses albums en vinyls.

On se dirige ensuite vers des sons à la frontière entre pop, R&B et musique alternative avec le deuxième single Inori (祈り), sorti le 9 août 2026, d’un jeune groupe nommé Sqninmu (S級任務). Le groupe est un trio composé de Hayate (颯) au chant et à la composition, KINCHAN à la basse et ryouzan à la guitare. Leur musique est une fusion de plusieurs genres, avec un groove qui m’est familier et qui me plaît beaucoup. On trouve également une ambiance mélangeant les genres sur le très beau morceau Two of a kind du jeune groupe tokyoïte mM7th (マイナーメジャーセブンス), formé par quatre étudiants universitaires. Le quatuor se compose de Ririko Kashima (鹿島理莉子) au chant, claviers, composition et paroles, Shunki Kawakami (川上瞬輝) à la guitare et à la composition, Rihito Sasaki (佐々木理人) à la guitare, batterie et composition, et Ryosuke Sato (佐藤亮輔) à la batterie, claviers et composition. Ce qui frappe dans ce quatuor est que chaque membre compose. Le nom du groupe est assez étrange au premier abord mais vient de l’accord musical mM7 (minor major seventh), qui a été choisi pour sa sonorité à la fois belle et un peu étrange. Et pour terminer cette playlist, je reviens vers Tempalay avec un autre morceau de leur nouvel album ATOMEW intitulé Fo (ふぉ). J’aime beaucoup les trois morceaux que j’ai pu écouter de cet album jusqu’à maintenant, incluant les deux autres déjà mentionnés dans un billet précédent. Fo n’est pas aussi inventif que le morceau d’ouverture Hello, my name is… mais j’aime beaucoup son ambiance très fluide au groove un peu psychédélique. Tout paraît très naturel et cool dans ce flot electronique pop continue.

somewhere nowhere (1)

La pluie incessante qui m’empêche de sortir pour prendre des nouvelles photographies me contraint à aller chercher dans mes archives des photographies plus anciennes, certaines que je n’avais pas pu placer dans un précédent billet car elles ne s’y intégraient pas bien. Il y a eu 15 jours de pluie sur les 20 premiers jours de septembre. Quand on regarde les statistiques depuis le mois d’Août, on compte un total de 30 jours de pluie sur les 51 derniers jours. Le front pluvieux d’automne (秋雨前線) reste exceptionnellement longuement bloqué près du Japon, et les typhons apportent continuellement de l’air humide venant de l’Océan Pacifique. Les pluies se succèdent presque sans répit. Je ne déteste pas la pluie mais ça commence à faire un peu long.

J’avais mentionné dans un précédent billet l’artiste électronique australienne Ninajirachi (Nina Wilson), et par extension j’écoute maintenant underscores, de son vrai nom April Harper Grey, originaire de San Francisco. Elle forme avec Ninajirachi et quelques autres une scène non-officiellement nommée Girl EDM. Le terme assez récent vient directement de Ninajirachi, car c’était le titre de son EP datant de 2024. Sans être un genre musical à proprement parler, Girl EDM désigne une scène féminine émergente de la musique électronique portant une esthétique sonore similaire et proche de la computer pop. On reconnaît des similitudes entre Ninajirachi et underscores mélangeant l’EDM du début des années 2000 avec des sensibilités actuelles proches entre autres de l’hyperpop. De la compositrice underscores, j’écoute le dernier album intitulé U sorti en Mars 2026 qui m’accroche dès le premier morceau, qui doit être le meilleur de l’album. Tell Me (U Want It) a une construction très particulière comme un chaos contrôlé, avec une approche très pop contrebalancée par une structure assez complexe pleine de soubresauts. J’adore en particulier quand elle se lance dans des phrasés rapides, même s’ils sont de courte durée car le morceau se court-circuite ensuite lui-même. Le morceau tout simplement intitulé Music est en comparaison plus simple de composition mais garde cette même tension émotionnelle qui me plaît beaucoup. Sur l’album, les structures sonores nous semblent parfois familières mais elles sont grandement remodelées, avec souvent l’ajout de portions de sons étonnants, comme des bribes de voix. Le morceau Hollywood Forever est également assez atypique pour l’interruption soudaine d’une grande masse EDM qui vient couper le morceau en deux pour le faire basculer vers un rythme très mélancolique très bien penser. Sur le septième morceau Do It, l’apport de courts passages secs de guitare m’a tout de suite fait penser au morceau She Wants to Move du groupe N.E.R.D. sur leur album Fly or Die (2004), mais il ne s’agit pas d’un sample et je doute même qu’il s’agisse d’une influence. Il m’arrive régulièrement de déceler ce genre de similitudes dans des morceaux récents, mais retrouver la correspondance exacte n’est parfois pas aisé, surtout quand l’impression de ressemblance est assez flou et se joue seulement sur un changement de ton particulier à l’intérieur d’un morceau. Ne pas trouver la correspondance que je recherche pourrait presque me rendre fou, mais je sais heureusement quand il est temps de stopper les recherches.

Je reviens vers l’artiste électronique underground new-yorkaise James K, de son vrai nom Jamie Krasner, car j’ai été très impressionné par le morceau Wake où elle chantait sur une composition de Priori. J’avais découvert ce morceau dans un épisode récent de Liquid Mirror. James K est une habituée des playlists d’Olive Kimoto, car j’avais également découvert sur Liquid Mirror le morceau Doom Bikini présent sur son album Friend sorti en 2025. Je me replonge maintenant dans l’univers atmosphérique proche de la dream pop de cet album avec quelques autres morceaux, notamment le sublime Play. J’aime aussi beaucoup le très beau morceau Hypersoft Lovejinx Junkdream qui nous amène à la frontière du rêve. Cet univers couvert de textures numériques floues semble en fait être Tokyo, car les images de la vidéo y sont tournées. Dans les crédits de la vidéo, j’ai été assez surpris de voir le nom de Hana Watanabe du duo électronique Tamanaramen (たまならめん). Elle filme en fait la vidéo avec James K et y apparaît même à plusieurs reprises, ce qui laisse penser que les deux artistes sont proches. Dans le duo audiovisuel Tamanaramen composé des sœurs Hana et Pikam (ou Hikam), la sœur aînée Hana est l’artiste visuelle et VJ tandis que Hikam est chanteuse, productrice et sound designer. Je n’avais pas écouté la musique du groupe depuis un petit moment et c’est l’occasion de la redécouvrir avec le très ludique Sofa Dance sorti cette année sur leur EP Limehouse. Ce morceau de house minimal est hypnotique et aérien. La voix murmurée et les paroles simples de Hikam tournant en boucle dans le morceau finissent par s’imprégner dans notre cerveau, au point où on aimerait que le morceau dure plus longtemps. L’intérêt du morceau vient également des nappes électroniques qui se suivent comme des phases légèrement différentes. Visuellement, on remarque bien entendu cette étrange danse où les sœurs Watanabe tournent mécaniquement leurs têtes pour faire voler leurs cheveux. Dans les coulisses du festival Summer Sonic 2026, on voit même Steve Aoki se prêter au jeu. Il faut dire qu’il a la tignasse de cheveux qui le permet.

Je connais assez bien les sorties solo des trois artistes électroniques e5, killwiz et 嚩ᴴᴬᴷᵁ dont je parle assez régulièrement dans mes billets, mais voilà qu’elles reprennent leur projet en groupe sous le nom Dr.Anon avec un EP de six titres intitulé second opinion sorti le 26 Août 2026. Je retiens surtout le cinquième morceau TerroRe:Star où elles chantent (et rappe pour e5) toutes les trois. Je trouve que ce morceau composé et produit par nekoRB est le mieux construit du EP car il ne part pas trop dans les excès hyperpop et les qualités des voix des trois se complètent bien. Comme toujours, la voix de 嚩ᴴᴬᴷᵁ est celle qui est la plus difficile à appréhender mais c’est aussi celle qui m’intéresse le plus. Pour la petite histoire, suite à ma proposition de titre pour un de ses morceaux en solo, elle m’a finalement remercié mais le dit morceau n’a toujours pas trouver de titre définitif. Sur cet EP, je remarque également le morceau KIRAE produit par VLOT, qui est annoncé comme étant interprété par Killwiz et Ponika. Il s’agit bien de la même personne car Ponika était son précédent nom de scène lors de ses débuts avec Dr.Anon. Lorsqu’on la voit maintenant sur la vidéo du morceau et qu’on la compare à la première époque de Dr.Anon lors des courts interviews sur Neet Tokyo (ニートTokyo), c’est le jour et la nuit. C’est d’ailleurs l’image d’un changement qu’elle donne en se dédoublant sur la vidéo de KIRAE avec l’ancienne Ponika (en brune) et la nouvelle Killwiz (en blonde) beaucoup plus sûre d’elle-même. Musicalement parlant, ce morceau reste assez proche des sorties récentes de Killwiz en solo. Dans la même constellation digicore, j’écoute aussi beaucoup le morceau fact react de la compositrice et interprète utumiycom. Ce nom, certes étrange, m’était en fait déjà familier car elle a assuré le mixage et le mastering de plusieurs morceaux du EP Another Seraph de nyamura, dont j’ai déjà parlé dans un précédent billet. Le morceau fact react, sorti en 2024 et donc avant Another Seraph, est clairement très proche de l’univers musical de nyamura, avec une voix à la fois fragile et affirmée.

Le magazine AVYSS, notamment son premier numéro papier, parle régulièrement de l’artiste alternative Yoyou, originaire de Kanagawa, qui vient de sortir son premier album Yoyou Narino (余裕なりの) le 9 septembre 2026. J’en écoute deux morceaux que j’aime beaucoup, Pm (夕方) et Joro (ジョーロ), tous les deux composés par Ninaa, dans une ambiance hip-hop électronique intime, brumeuse et flottante. Pour terminer dans des courants beaucoup plus mainstream mais toujours avec cette ambiance glitch-pop et hyperpop électronique, j’ai été très agréablement surpris par la direction prise par Giselle (Aeri) du groupe k-pop aespa sur son titre solo BYEB4HELLO sorti sur une compilation de singles solo des membres du groupe intitulée SYNK : COMPLaeXITY 2026. Le morceau évolue dans des sons pop lumineux avec une structure plus mélodique que ce qu’on peut souvent entendre sur des morceaux hyperpop plus radicaux. On ne peut pas dire que Giselle se soit vraiment échappée du groupe aespa, mais l’empreinte K-pop est quasiment inexistante sur ce morceau.

あれは空がまだ青い夏のこと

Une part de moi aime le rock alternatif sans compromis, l’hyper-pop la plus excessive, les murs de guitares bruitistes, les musiques électroniques drones et expérimentales, les voix éthérées et rêveuses, une autre part de moi a parfois juste envie d’écouter chanter Aimyon (あいみょん). Et elle chante particulièrement bien Aimyon, d’une manière directe et sensible avec une proximité qui touche et une certaine simplicité qui fait beaucoup de bien. Je pense que nombreux sont ceux et celles qui trouvent du réconfort à écouter sa musique. Je suis loin d’aimer tous ses morceaux et je n’ai jamais écouté d’album en entier, mais je me suis rendu compte que je l’ai mentionné dans une bonne dizaine de billets sur ce blog depuis son premier passage dans l’émission NHK Kōhaku à la fin de 2018 avec son single à énorme succès Marigold (マリーゴールド) qui doit bien faire partie maintenant de l’inconscient collectif japonais. Je repense à Aimyon car, si on marche dans le centre de Shibuya en ce moment, on peut difficilement ne pas remarquer qu’elle a sorti un album best-of pour ses dix ans carrière. Des affiches géantes sont visibles sur la façade du Tower Records et en face du Department Store PARCO. De cet album intitulé AIMYON BEST ALBUM – 唇を追え! , je connais en fait déjà un certain nombre de morceaux pour les avoir entendu à la radio ou dans des émissions télévisées comme Music Station dont elle est une habituée. J’ai déjà deux ou trois morceaux sur mon iPod (enfin un vieil iPhone utilisé seulement pour la musique). Les morceaux de ce best-of que j’aime réécouter maintenant sont en particulier ceux intitulés Ai wo Tsutaetai da toka (愛を伝えたいだとか), Kimi ha Rokku wo kikanai (君はロックを聴かない), Marigold (マリーゴールド), Harunohi (ハルノヒ) et Ai wo shiru made ha (愛を知るまでは). À certains moments de ces morceaux, Aimyon a une voix qui m’impressionne.

Je me demande si les visiteurs réguliers de ce blog ont remarqué le fait que je n’utilise jamais le mot ‘chanson‘ pour designer la musique dont je parle et que j’écoute. J’utilise presque systématiquement le mot ‘morceau‘. Un morceau, kyoku (曲) en japonais, représente pour moi une création musicale dans son intégralité, tandis qu’une chanson, uta (歌), se rapporte plutôt au fait de chanter, aux paroles et à la voix. Le mot français chanson est également utilisé tel-quel au Japon pour désigner une certaine chanson française, traditionnelle et d’une certaine époque (celle d’Édith Piaf ou Charles Aznavour, entre autres). Ce sens en japonais reste pour moi très fort, et j’ai donc beaucoup de mal à associer ce mot à la musique que j’écoute. J’ai en fait très peu d’attrait pour la variété française même s’il m’arrive de faire quelques exceptions. La musique d’Aimyon correspondrait même assez bien à cette appellation de ‘chanson‘, certainement car il s’agit d’une musique populaire. J’ai certaines particularités d’écriture sur ce blog auquel j’essaie de me tenir. Je pense par exemple avoir déjà mentionné le fait que j’utilise systématiquement le mot ´photographie´ sur ce blog pour désigner les photographies prises avec mon appareil photo reflex, alors que j’utilise le mot ´photo´ pour celle prises à l’iPhone. C’est une règle que je me suis posé sur ce blog mais que je n’applique pas ailleurs. Il y a également certaines nouvelles expressions de la langue française que je n’utiliserais jamais (et que je ne donnerais donc pas en exemple ici).

ąʄɬɛཞ ɬɧɛ ɠąɱɛ ੨

J’ai souvent pris en photo le bâtiment d’architecture postmoderne que l’on nomme Octagon. Il a été conçu par Shin Takamatsu (高松伸) en 1990. Il se situe à un croisement de rues à Ebisu-Nishi. Comme souvent dans les oeuvres architecturales de cet architecte, l’architecture ressemble à une machine couverte de métal dont on n’apercevrait pas ou peu la mécanique. Avec ses grand hublots circulaires noires ressemblant, Octagon me fait pourtant penser à une créature des profondeurs océaniques.

Le sticker aperçu sur une rue en pente de Daikanyama représente un portrait datant de 1968 de la légendaire reine de la Soul Aretha Franklin. La photographie a été réalisée par Lee Friedlander. Ce n’est pas la première fois que la marque Supreme s’empare de l’image de personnalités musicales pour des séries de t-shirts. Celui-ci est sorti en Avril 2026 dans la collection Supreme Spring/Summer 2026. Comme tous les T-shirts Supreme d’une saison, il est produit pour un drop précis (ici, SS26 Week 7) avec une disponibilité limitée en stock au lancement et n’est plus revendu ensuite. Il circule désormais sur le marché secondaire à des prix plus élevés. Je vois souvent des longues files d’attente dans la rue devant la boutique Supreme de Daikanyama. J’imagine que la plupart des acheteurs sont des collectionneurs qui ne portent jamais leurs achats, comme des collectionneurs de disques vinyles n’ouvrant jamais la pochette plastifiée.

J’ai vu le bâtiment Yamazaki Buneido Timber Office Building (文栄堂渋谷木質ビル) grandir au coin du grand croisement Shibuya 2 près du tunnel d’Aoyama. Il a été achevé un peu plus tôt cette année, conçu par Yutaro Ohta (太田雄太郎), architecte originaire de Nagoya, qui s’est fait connaître après avoir travaillé pendant environ neuf ans chez Kengo Kuma & Associates. J’avais été voir il y a trois ans l’Aroma Terrace conçue pour AEAJ (Aroma Environment Association Japan) dont Yutaro Ohta etait en charge pour Kengo Kuma. Il a ensuite créé son propre collectif d’architecture nommé Futofuto (太太). Le bâtiment se distingue par une disposition décalée des fenêtres sur sa façade et par l’utilisation de plaques de bois de cyprès hinoki de Kiso. Il a conservé l’utilisation du bois en façade de son expérience chez Kengo Kuma. J’aime en tout cas l’integration de matériaux naturels dans le paysage urbain, qui vient adoucir la ville.

Nous sommes au neuvième étage du building Hikarie à Shibuya. J’aime beaucoup cette vue où la désorganisation urbaine est apparente. On y aperçoit beaucoup de choses en strates jusqu’aux tours de Nishi-Shinjuku au loin. Il y a le Miyashita Park et son hôtel Séquence conçus par Nikken Sekkei. Depuis son inauguration en 2020, le parc est devenu un des points de rassemblement de la jeunesse de Shibuya. Sur la même latitude, on reconnaît bien sûr le grand Tower Records de Shibuya et derrière cette ligne, le toit courbe du gymnase de Yoyogi conçu par Kenzo Tange, coiffé par les cimes des arbres du parc de Yoyogi. A Nishi-Shinjuku, les tours de la mairie de Tokyo et du Park Hyatt, également conçues par Kenzo Tange, sont visibles et immédiatement reconnaissables. Une vue depuis les hauteurs de la tour Shibuya Scramble Square donnerait une meilleure vue d’ensemble de cette partie de Tokyo entre Shibuya, Harajuku et Shinjuku mais je préfère celle-ci car, étant plus proche du sol, elle témoigne mieux de l’enchevêtrement urbain.

J’ai souvent pris en photo le RISE Building conçu par l’architecte Atsushi Kitagawara (北川原温). J’aime l’architecture futuriste de ce bâtiment, en particulier la structure drapée de la toiture métallique, dont l’apparence chaotique semble sortir d’un film de science-fiction. A son ouverture en Juin 1986, on y trouvait une salle de cinéma indépendante, le Cinema Rise (シネマライズ), qui s’était spécialisée pendant près de 30 ans dans les films d’auteur et le cinéma international. En Novembre 2010, l’espace Rise X, qui était pendant quelques années une petite salle en sous-sol équipée pour la projection numérique, ferme ses portes pour être remplacée par la salle de concert WWW. La salle WWW que nous connaissons maintenant a conservé la configuration en gradins de l’ancienne salle de cinéma. J’avais d’ailleurs apprécié cet agencement lors du concert de a子. Cinema Rise ferma définitivement en Janvier 2016, et en Septembre de cette même année, l’ancien cinéma fut remplacé par une deuxième salle de concert nommée WWW X et située au 2ème étage. Le concert inaugural était celui de cero. WWW existait donc déjà six ans avant la fermeture définitive de Cinema Rise. Le RISE Building est bordée par la petite rue piétonne Spain-zaka qui remonte vers le Departement Store PARCO. Cette approche souvent encombrée par la foule permet cependant d’apprécier les formes particulières et l’architecture distinctes du bâtiment. Je remonte de temps en temps cette rue exprès pour regarder le building. J’ai d’ailleurs pris de nombreuses photographies depuis cette rue. Depuis la rue desservant PARCO, la photographie du RISE building que je préfère reste celle prise en Octobre 2009 pour l’épisode 10 de ma série Made in Tokyo Series. Sur les affiches du cinéma RISE ce mois là, on y montrait le film Air Doll (空気人形) du réalisateur Hirokazu Kore-eda avec dans le rôle principal Bae Doona (배두나), qui joua avant cela dans le film Linda Linda Linda (リンダ リンダ リンダ) dont j’ai déjà parlé, et le film The Limits of Control (リミッツ・オブ・コントロール) de Jim Jarmusch. Sur une autre photographie du cinéma RISE que j’avais pris en Mars 2006, on y montrait deux films de 2005, Last Days de Gus Van Sant et Brokeback Mountain d’Ang Lee.

Je mentionnais le neuvième étage du building Hikarie à Shibuya car j’y étais pour voir l’exposition de photographies I’m So Happy You Are Here: Japanese Women Photographers from the 1950s to Now (まなざしの奇跡 日本女性写真家の冒険). L’exposition, se tenant du 4 juillet au 26 août 2026 au Hikarie Hall, présente environ 200 œuvres de 30 photographes japonaises majeures, des années 1950 à aujourd’hui. L’exposition présentant exclusivement le travail de femmes photographes japonaises est née d’un livre bilingue anglais-français I’m So Happy You Are Here: Japanese Women Photographers from the 1950s to Now, publié par Aperture en 2024, et accompagné d’une exposition aux Rencontres d’Arles. L’exposition a ensuite circulé internationalement avant d’arriver finalement au Japon. Elle entend replacer le travail des femmes dans l’histoire de la photographie japonaise d’après-guerre traditionnellement racontée à travers des photographes hommes comme Nobuyoshi Araki (荒木経惟), Daido Moriyama (森山大道), Shōmei Tōmatsu (東松照明), Eikoh Hosoe (細江英公) entre autres. Parmi les photographes présentées, je connaissais les photographies d’un certain nombre d’entre elles, notamment celles de Miyako Ishiuchi (石内都). J’avais déjà vu quelques unes de ses photographies axées sur les objets, les traces corporelles, la mémoire (de sa mère notamment) lors de l’exposition Mother’s en 2006, au Musée de la photographie à Yebisu Garden Place. Je connaissais également les collages photographiques surréalistes réalisés par Toshiko Okanoue (岡上淑子) dès les années 1950, pour les avoir vu lors de l’exposition Le miracle du silence en 2019, au Tokyo Metropolitan Teien Art Museum près de la station de Meguro. Lors de cette exposition, j’ai beaucoup aimé la série Elevator Girls de Miwa Yanagi (やなぎみわ) transformant des grands espaces commerciaux en environnements dystopiques et théâtraux. Je connaissais cette photographe depuis l’exposition The Incredible Tale of the Innocent Old Lady and the Hertlass Youg Girl au Hara Museum vue en 2005. Plus récemment, j’avais découvert les auto-portraits de Mari Katayama (片山真理) lors de l’exposition Ghost in the Shell: The exhibition (攻殻機動隊) qui se déroulait au TOKYO NODE de Toranomon Hills. Ses prothèses pour pallier à un handicap entraient en résonance avec les corps synthétiques des cyborg du manga de Masamune Shirow. On trouvait bien entendu d’autres figures importantes de la photographie japonaise comme Rinko Kawauchi (川内倫子), dont j’avais vu il y a quelques années la grande exposition M/E On this sphere Endlessly interlinking à la galerie d’art de Tokyo Opera City à Shinjuku, et Mika Ninagawa (蜷川実花) dont je parle assez souvent pour ses œuvres photographiques et films. Ninagawa présentait une série de photographies en noir et blanc intitulée Dancing with Shadows in the Light, datant de 2024. C’est une œuvre assez différente de l’image typique de Ninagawa avec une photographie jouant sur les couleurs saturées et explosives de fleurs notamment et ses photographies très vives de personnalités vues par exemple dans son livre éponyme sorti en Octobre 2010. Cette série au Hikarie Hall s’oriente davantage vers une réflexion sur la lumière et est aussi belle que fascinante.

Je parlais de Ghost in the Shell ci-dessus ce qui me donne une bonne transition vers le nouveau single GO GHOST de King GNU qui est utilisé comme thème d’ouverture de la série animée sortie un peu plus tôt cette année. Le morceau, sorti le 29 juillet 2026, a été écrit et composé par Daiki Tsuneta (常田大希). Bien qu’il soit assez court, avec un peu moins de 3 minutes, il est dense et pas aussi agressivement accrocheur que les derniers morceaux du groupe. Il est très intéressant dans sa composition car il ressemble à un morceau de King GNU, notamment avec le chant très présent et immédiatement reconnaissable de Satoru Iguchi (井口理), mais il intègre en même temps les éléments de l’univers de Ghost in the Shell. Je pense en particulier à son introduction composée d’une chorale aux accents ethniques qui rappelle immédiatement la bande originale composée par Kenji Kawai (川井憲次) pour le premier film d’animation Ghost in the Shell de Mamoru Oshii sorti en 1995. Le morceau emblématique du film intitulé 謡 I – Making of Cyborg se base sur des chants traditionnels japonais, avec des harmonies inspirées des chants polyphoniques bulgares. On retrouve cette atmosphère dès l’introduction de GO GHOST, ce qui nous plonge tout de suite dans l’univers étrange du manga, puis le morceau devient ensuite plus pop. Je gardais en France l’album CD de la bande originale de 1995 acheté à l’époque en import japonais (bien sûr) après avoir vu le film au cinéma, mais je viens de l’amener à Tokyo dans mes bagages. Outre le morceau clé qui se répète sous des formes différentes jusqu’à sa forme la plus aboutie et puissante intitulée 謡 III – Reincarnation, les pistes instrumentales orchestrées par Kenji Kawai sont belles et abstraites, décrivant parfois une ville sombre et froide traversée par des éclats de lumière. Les paroles des morceaux chantés ont été écrites par Kenji Kawai lui-même dans une forme ancienne du japonais, le yamato kotoba, ce qui donne à la musique du film une ambiance à la fois ancienne et totalement futuriste correspondant très bien à l’univers du film. Cette OST de 1995 se termine par un morceau bonus inattendu très différent du reste de l’album. Il s’intitule See You Everyday (每天見一見!) et est chanté en cantonais par la hongkongaise Fang Ka Wing (方嘉詠). Il a également été composé par Kenji Kawai mais son approche est complètement pop. Ça peut paraître étonnant de terminer cet album par un morceau de cantopop, mais il faut se rappeler que la ville futuriste représentée par Mamoru Oshii ressemble à métropole asiatique multiculturelle telle que Hong Kong où il avait été faire des repérages. See You Everyday n’était pourtant pas utilisée au générique de fin du film en version originale japonaise, il s’agissait plutôt de 謡III – Reincarnation mentionné plus haut. Comme je le mentionnais dans un billet récent, le générique final de la version internationale était lui accompagné de One Minute Warning de Passengers (le projet de U2 et Brian Eno). J’ai en tout cas un plaisir immense de redécouvrir soudainement See You Everyday de Fang Ka Wing. Je l’ai tellement écouté il y a trente ans que je l’adore. En le réécoutant maintenant en boucle, je me dis que cette pop enjouée correspond en fait assez bien à l’aspect par moments un peu loufoque du manga original, conservé dans la version animée récente mais totalement absente du film de 1995.

J’ai découvert par hasard à la radio le morceau Hello, my name is… de Tempalay et c’était une excellente surprise. Il s’agit du morceau d’ouverture de leur prochain album ATOMEW qui sortira le 2 Septembre 2026. Le morceau long de six minutes a une approche très expérimentale qui m’a beaucoup surpris même si je ne connais pas très bien le groupe, groupe qui m’a tout de même toujours intéressé notamment par la présence d’AAAMYYY. Je ne savais pas que Tempalay avait ce genre de sons en eux, et je me dis maintenant que j’ai peut être eu tord de ne pas assez m’y intéresser. Ce morceau change complètement la perception que j’ai du groupe et si l’ensemble de l’album suit ce type d’expérimentations musicales extrêmement inspirées, je signerais tout de suite. Bon, l’autre single sorti de l’album, I DON’T WANNA DIE!, est entre guillemets plus classique mais comme il est chanté principalement par AAAMYYY, on y retrouve cette instabilité vocale que j’aime tant. Hitsuji Bungaku (羊文学) sort un nouveau single et c’est toujours une bonne surprise. Keep Walking est sorti le 29 Juillet 2026 et une bonne mise en jambe pour nous préparer au concert qu’on ira voir un peu plus tard cette année. Le morceau est moins abrasif que le précédent Dogs, et je dirais que c’est du pur jus Hitsuji Bungaku, avec des guitares très présentes et la voix de Moeka puissante et tout simplement inimitable. Une autre bonne surprise est de découvrir un nouveau single de Miyuna (みゆな). Il s’intitule Nothing Ever Works Out (なにもうまくいかない) et est sorti le 1er Juillet 2026. Je n’arrive pas trop à suivre le fil de sa carrière musicale car elle ne sort pas beaucoup de nouveaux singles, participe à des concours de chant en Asie (qu’elle gagne), et continue ses tournées dans des petites salles sans pourtant annoncer de nouveaux albums. Nothing Ever Works Out me plaît beaucoup pour sa structure atypique qui se rapproche un peu de son sublime album Guidance (2022). Le nouveau single electro-pop met en valeur sa voix changeante, qui ressemble même à celle d’Utada Hikaru à mi-morceau. Je souhaite vraiment qu’elle sorte un prochain album sur cette lancée.

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Ces photographies ont été prises dans le centre de Shibuya peu de temps après la fin de la coupe du monde de football 2026 dans la deuxième partie du mois de Juillet, et avant nos vacances d’été narrées en sept épisodes d’une petite série, au demeurant fort intéressante. Cette coupe du monde paraît désormais bien loin et on aurait l’impression que ces photographies ont été prises dans un univers parallèle. On ne trouve bien entendu plus à Shibuya les effigies de Messi, Yamal et Bellingham sous le grand ballon rond Adidas. Un peu plus loin dans la cohue des petites rues sales de Center-gai, je remarque au détour de la rue Basketball street des grandes fresques que je ne connaissais pas sur un mur latéral du drugstore Matsumoto Kiyoshi. Elles ont été créées pour la réouverture de l’enseigne à Shibuya, sous le nom SHIBUYA SCRAMBLE FLAG. La première grande illustration ressemble à un chat porte-bonheur Maneki-neko avec un design basé sur quelques motifs traditionnels. Elle s’intitule SUNS & ONES et est l’œuvre de l’artiste Nori Okawa (大河紀). La deuxième illustration avec une dynamique pop entend représenter la nature de Shibuya en éternel changement. Elle s’intitule redevelop par l’artiste Inoue (イノウエ). Rien de très original graphiquement mais très certainement en accord avec ce qu’on peut s’attendre à trouver dans le centre de Shibuya. Et de l’autre côté de la rue, les personnages de Sanrio font de la publicité pour du shampoing, au volant d’un cabriolet qui ferait envie le long de la route 134 bordant le Pacifique en direction d’Enoshima. À noter que cette vision fait abstraction des embouteillages encombrant habituellement cette route en été et la chaleur insupportable quand on est à l’arrêt assis dans une voiture sans toit et donc sans air conditionné opérant. Mais je serais près à accepter ces désagréments s’il s’agissait de la Ferrari Testarossa rouge du jeu d’arcade Outrun, en écoutant par exemple Nightcall de feu Kavinsky tiré de son album justement intitulé OutRun (2013). Ce morceau emblématique de Kavinsky, devenu indissociable du film Drive de Nicolas Winding Refn, associait du beau monde. La voix féminine est celle de Lovefoxxx du groupe CSS (Cansei de Ser Sexy). La chanteuse belge Angèle reprendra magistralement le rôle, avec Phoenix, lors de la cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Paris 2024. Sur le morceau original de 2010, Kavinsky chante également avec un vocoder, accompagné par Sébastien Tellier dans les chœurs. La production est signée par Kavinsky et Guy-Manuel de Homem-Christo (de Daft Punk), avec SebastiAn au mixage. La mention du groupe brésilien CSS (Cansei de Ser Sexy), originaire de São Paulo, me ramène tout d’un coup 20 ans en arrière, car j’écoutais beaucoup en Août 2006 le morceau Let’s make love and listen to Death from Above. En le réécoutant maintenant, je me rends compte que je me souviens de toutes les associations de sons et les tons de voix de Lovefoxxx, de son vrai nom Luísa Hanae Matsushita. Elle est brésilienne issue de la communauté japonaise-brésilienne (nikkei). Comme l’indique le titre du morceau, elle était fan du groupe canadien Death From Above 1979, originaire de Toronto. De fil en aiguille, je réécoute le morceau Black History Month de Death From Above 1979, sur leur album You’re a Woman, I’m a Machine, que j’avais aussi beaucoup écouté il y a vingt ans. Et en parlant de rock indépendant canadien, je repense tout d’un coup au morceau Shaking Hands du groupe Women originaire de Calgary. Shaking Hands possède un équilibre instable entre mélodie pop et dissonance qui est vraiment remarquable. J’évoquais ce morceau dans un article d’Octobre 2009, avec beaucoup d’autres très belles choses dans les musiques indépendantes. Mais Shaking Hands est un de ces morceaux que j’aime réécouter de manière régulière.

Continuons encore un peu en musique avec une très belle découverte, toujours canadienne, celle de Saya Gray avec son album SAYA, sorti en Février 2025. Pour ceux qui sont attentifs, et je sais qu’ils sont nombreux, Saya Gray participait au single Blue de Millennium Parade avec Daiki Tsuneta et Daniel Caesar. Je connaissais la photographie intriguante de cet album sans avoir écouté sa musique jusqu’à maintenant. Saya Gray est née à Toronto d’une mère japonaise pianiste classique et d’un père trompettiste de jazz d’origine écossaise. On imagine très bien qu’elle a été plongée dans la musique dès son plus jeune âge. Elle joue d’ailleurs de plusieurs instruments. Après des EPs expérimentaux, elle construit l’album SAYA qui est plus mélodique, tout en mélangeant diverses choses et styles entre rock alternatif, folk tendance country, R&B, électro et jazz. Le résultat est assez surprenant et très inspiré en commençant par l’excellent …THUS IS WHY (I DON’T SPRING 4 LOVE) ouvrant l’album. Ce morceau est atypique et représente bien le reste de l’album composé de 10 titres. Le morceau PUDDLE (OF ME) est certainement le single le plus évident et le plus immédiat. J’aime aussi beaucoup SHELL (OF A MAN), 10 WAYS (TO LOSE A CROWN) et EXHAUST THE TOPIC notamment pour son final en décrochage sonore. Ces morceaux sont entourés de sons parfois inattendus rendant l’ensemble passionnant et imprévisible à l’écoute. Dans une interview de Février 2023, Saya Gray mentionne que Sheena Ringo est son artiste japonaise préférée, ce qui me satisfait forcément beaucoup. Fujii Kaze et Millennium Parade, tiens donc, sont également mentionnés dans cet interview. À propos de Sheena Ringo, j’irais finalement la voir cette année pour sa nouvelle tournée d’Octobre et Novembre 2026. Ça sera pour la première date à Chiba. Je n’ai pas réussi à avoir une place pour les dates de Tokyo au Tokyo International Forum Hall A, mais finalement, ce n’est pas plus mal car la salle de Chiba est beaucoup plus petite avec environ 1700 places. Espérons que toutes les conditions soient réunies pour que je puisse enfin la voir cette année. Les places sont en tout cas difficile à obtenir même pour le fan club. On ne pouvait demander qu’une seule place par personne pour cette tournée, ce qui n’était pas le cas pour les tournées précédentes, à ma connaissance.