le temple dans la roche d’Ōya

A proximité des mines d’Ōya, il ne faut pas manquer la visite du temple bouddhiste d’Ōya (大谷寺). Son emplacement au pied d’une falaise est particulièrement intéressant car on a l’impression qu’il est incrusté dans la montagne de pierre d’Ōya. Les deux bâtiments principaux du temple sont en fait placés juste devant cette falaise, protégeant des sculptures de divinités bouddhistes créées à même la pierre. La principale et plus ancienne est une sculpture de 4 mètres de Senjū Kannon possédant mille bras. On pense que cette statue date de la période Heian (de 794 à 1185) et aurait été sculptée par le moine bouddhiste Kūkai (空海), qui aurait également fondé le temple en l’an 810. Cette sculpture ainsi que d’autres Bouddhas sculptés sur la même falaise de pierre d’Ōya (大谷磨崖仏) ont contribué à la désignation de ce temple comme site historique national japonais en 1926, appellation destinée à protéger les lieux culturels historiques importants. Le temple possède également un petit musée et un jardin. La statue massive de Kannon que je montre sur la dernière photographie est située en dehors de l’enceinte du temple. Cette statue de 27 mètres de haut a été édifiée après la seconde guerre mondiale, de 1948 à 1954, prenant le nom de Heiwa Kannon (平和観音) ou Kannon de la paix.

grey*(car+building+sky)+pink*flower

Une voiture de sport et l’architecture du Tokyo Metropolitan Gymnasium conçu par Fumihiko Maki à Meiji Jingū Gaien. Je n’avais jamais remarqué que Fumihiko Maki avait créé à Shonandai dans la prefecture de Kanagawa un stade soeur au Tokyo Metropolitan Gymnasium, nommé Akibadai Cultural Gymnasium. Les formes incisives et tons gis argentés sont similaires. J’avais déjà pris en photo et montré sur ce blog le petit bâtiment grisâtre de l’avant dernière photographie, mais je l’avais recouvert de dessins comme des graffitis. Cette réinterprétation faisait partie d’une courte série d’images modifiées appelée House Re-worked. A cette époque là, je jouais régulièrement à brouiller les pistes en réalité et fiction. Les grandes inscriptions NOE246 sur la devanture fermée d’une boutique me disaient quelque chose. J’en avais en fait déjà parlé il y a plusieurs années lors d’une promenade très matinale à Harajuku.

Pour cette petite série de quatre morceaux dont je montre les couvertures en photo ci-dessus, je reviens vers des compositrices/teurs et/ou interprètes déjà évoquées de nombreuses fois sur ce blog. Mais il y a également quelques nouvelles figures comme Furui Riho avec un morceau pop intitulé Usomohonto (ウソモホント). Le style musical est assez proche de ce qu’on pourrait entendre chez Iri, que j’évoque aussi assez régulièrement, mais la voix de Furui Riho est très différente. Je ne suis pas certain d’apprécier ses autres morceaux, mais l’énergie de celui-ci me plait beaucoup. Dans un autre style beaucoup plus déstructuré, j’écoute un morceau intitulé Tarantula de D̴E̷A̷T̴H̴N̷Y̵A̶N̴N̷, qui n’a apparemment sorti que quelques morceaux pour le moment et pas encore d’albums. Le rythme électronique est plein de décrochages, accompagnées par des percussions très présentes. L’interêt du morceau, qui peut être assez inquiétant malgré le chant très pop de D̴E̷A̷T̴H̴N̷Y̵A̶N̴N̷, vient également de la vidéo montrant la chanteuse s’amuser dans un marché alimentaire d’une ville japonaise. Je reviens ensuite vers la musique d’a子 avec un nouveau single intitulé Love is always (愛はいつも) qui continue dans l’orientation pop qu’elle suit depuis quelques morceaux. J’aime de toute façon tous les morceaux qu’elle compose et c’est le cas également de Wednesday Campanella (水曜日のカンパネラ) avec un double single Tinker Bell et Hot Pot Commander. Hidefumi Kenmochi trouve à chaque des sons électroniques accrocheurs et le chant d’Utaha fait maintenant l’unanimité. La surprise sur le deuxième morceau est qu’il intègre des éléments rock qu’on ne connaissait pas vraiment avant chez Wednesday Campanella.

dans les mines de pierre d’Ōya

Cela faisait plusieurs années que je voulais visiter les mines de pierre d’Ōya (大谷) dans la préfecture de Tochigi, mais les deux heures nécessaires en voiture pour s’y rendre nous ont toujours un peu freiné. L’occasion se présente enfin et le trajet aller ne nous a pris qu’une heure et cinquante minutes. Les mines de pierre d’Ōya (大谷石) se trouvent à Ōyamachi, à proximité de la ville d’Utsunomiya. La pierre d’Ōya est une roche créée à partir de lave et de cendres. Elle a la particularité d’être ignifuge et facile à sculpter. On trouve cette pierre sur un gisement de plusieurs kilomètres autour de Ōyamachi. La pierre d’Ōya est notamment connue pour l’utilisation que l’architecte américain Frank Lloyd Wright en a fait pour la façade de l’ancien Hôtel Impérial à Tokyo. Cette pierre a également été utilisée pour l’ancienne école Jiyū Gakuen Myōnichikan (自由学園明日館) que Wright a conçu en 1921 et que nous avions visité en Avril 2022. Une des mines que l’on peut visiter a fermé en 1986 après 70 ans d’activité et est ensuite devenue un musée appelé Ōya Stone Museum. On y accède par un petit couloir qui nous amène rapidement vers une impressionnante caverne de pierre qui fait en tout 20,000 m2 et dont le sol est situé 30 mètres sous terre. On peut marcher dans de nombreuses galeries mais certaines sont condamnées. Il y fait sombre et frais, environ 12 degrés à notre passage. Le découpage géométrique de la pierre impressionne. Les grands murs et les ouvertures me font tout de suite penser à l’architecture brutaliste. On en est pas loin, je trouve. L’éclairage est diffus mais suffisant pour ne pas trébucher à chaque marche. Il contribue à l’ambiance, à l’impression d’être entré dans un endroit mystérieux, bien que nous ne sommes pas les seuls à marcher dans ces galeries. Les visiteurs sont cependant parsemés dans le vaste espace souterrain. Le parcours est ponctué par quelques explications nous expliquant le découpage de la pierre à la main au départ, puis par l’utilisation de machines mécaniques.

Quelques œuvres d’art sont placées à certains endroits des galeries. On trouve également accrochées sur un mur de pierre des séries de photos d’évènements ayant eu lieu dans cette caverne. On pouvait apparemment y célébrer une cérémonie de mariage. Les galeries de la mine ont été utilisées de nombreuses fois pour des scènes de films. Quelques affiches de films sont notamment montrées à l’entrée de la galerie. J’en montre une photo sur mon compte Instagram. J’ai vu quelques uns des films utilisant cet endroit, comme Tonde Saitama (翔んで埼玉) du réalisateur Hideki Takeuchi dont je parlais dans un précédent billet, et Real Onigokko (リアル鬼ごっこ) du réalisateur Shion Sono que j’évoquais également dans un autre billet. On y a également tourné des vidéos musicales, comme celle de Stereo Future de BiSH (un des meilleurs morceaux du groupe) que j’évoquais aussi dans un billet de ce blog. Sur ce billet datant de Novembre 2019, je donnais déjà pas mal d’information sur les mines d’Ōya et c’est d’ailleurs cette vidéo qui m’a donné envie d’aller visiter l’endroit. Et vous me voyez certainement venir mais le musée de pierre d’Ōya a également été utilisé pour une vidéo de Tokyo Jihen (東京事変), Kenka Jōtō (喧嘩上等), dont la photographie ci-dessus est extraite. Sheena Ringo se tient debout devant un mur de pierre découpé à la machine, tandis que Toshiki Hata effectue une danse Kagura en tenue traditionnelle sous les regards des autres membres du groupe (et d’un cheval, allez savoir pourquoi). En visitant les mines d’Ōya, on comprend très vite la force d’évocation de l’endroit et les raisons qui ont poussé des artistes et réalisateurs à utiliser ces lieux à l’atmosphère fantastique.

Cycling Lightning (止まれ)

Le titre de ce billet composé de photographies prises autour de Yoyogi et de Shibuya m’est inspiré par le titre du morceau Crying Lightning du groupe de rock anglais de Sheffield Arctic Monkeys. Ce morceau est inclus dans leur troisième album Humbug sorti en Août 2009. Écouter cet album me vient en tête suite à la série de trois émissions de Very Good Trip de Michka Assayas sur France Inter dédiées à Arctic Monkeys. J’écoute cette émission très régulièrement en podcast. Cette très bonne série, surtout le troisième épisode avec une interview du leader du groupe Alex Turner, était diffusée à l’occasion de la sortie du troisième album du groupe, The Car sorti le 18 Octobre 2022. D’après les quelques morceaux que j’ai pu écouter pendant l’émission, ce nouvel album a l’air très intéressant, à l’ambiance très différente de l’esprit très rock de l’album Humbug que j’écoute en ce moment. Je ne connais pas très bien Arctic Monkeys mais j’aime la voix d’Alex Turner et sa manière rapide de chanter proche du rap. Le morceau Crying Lightning a en fait pour moi une signification particulière car il m’a donné envie de découvrir de manière active des nouvelles musiques. En Septembre 2009, je découvrais ce morceau grâce aux blogs musicaux qui étaient très actifs à cette époque et c’était une nouvelle porte qui s’ouvrait pour moi à cette époque vers des styles musicaux qui m’étaient moins familiers. Au même moment, je découvrais le très novateur Merriweather Post Pavilion du groupe de pop expérimentale Animal Collective, l’album Veckatimest du groupe américain Grizzly Bear et de très nombreux autres morceaux que je commençais à évoquer petit à petit sur ce blog. C’est également à cette époque que je découvre le site Pitchfork qui est ensuite devenu pour moi une référence pendant de nombreuses années (plus vraiment maintenant ceci étant dit). Cette période 2009-2010 était riche en découverte musicale, et écouter le morceau Crying Lightning m’y ramène avec une certaine nostalgie.

J’écoute Humbug avant de me lancer dans un futur proche dans l’écoute de leur nouvel album. Je ne connaissais en fait que quelques morceaux et j’ai acheté l’album il y a quelques jours au Disk Union de Shinjuku, en même temps que Ten no Mikaku (てんのみかく) de Yū (ゆう) dont je parlais récemment. Je me dis aussi qu’il faut que j’approfondisse un peu plus la discographie de GO!GO!7188, avec peut-être leur album de 2001, Gyotaku (魚磔). Peut-être devrais je également partir à la découverte des albums de l’autre groupe de Yū, Chirinuruwowaka (チリヌルヲワカ), qu’elle a créé en 2005 en parallèle de GO!GO!7188, afin de compléter son expérience solo pour faire suite à son premier album Ten no Mikaku. J’ai d’ailleurs toujours trouvé ce nom de groupe, Chirinuruwowaka, exagérément compliqué, et je comprends maintenant que ces mots sont tirés des deux et troisième vers (ちりぬるをわかよたれそ) d’un poème japonais nommé Iroha (いろは) attribué au moine Bouddhiste Kūkai. Sheena Ringo a d’ailleurs utilisé le premier vers de ce même poème comme titre du single Irohanihoheto (いろはにほへと) sur son album Hi Izuru Tokoro (日出処) sorti en 2014. Sur ce morceau, et sur beaucoup d’autres de Sheena Ringo, Yukio Nagoshi (名越由貴夫) joue de la guitare. J’étais assez amusé, et satisfait, de découvrir que Yukio Nagoshi était à la guitare sur de nombreux morceaux de Ten no Mikaku de Yū. Sur son groupe Chirinuruwowaka, un certain Eikichi Iwai (岩井英吉) joue de la basse. Son nom m’était familier car il jouait de la basse sur la tournée Manabiya Ecstasy (学舎エクスタシー) de Sheena Ringo en 1999 et sur des morceaux que Sheena a écrit pour Rie Tomosaka sur son EP Shōjo Robot (少女ロボット). Ces chassé-croisés révèlent les liens qu’il y a entre ces deux artistes, et ces liens là me passionnent bien entendu énormément.

コダン・コダン

Après avoir visité le superbe Rooflag que je montrais dans un billet précédent, je marche un peu plus en direction du groupe d’immeubles d’habitations Codan Shinonome. Je retrouve les blocs conçus par des architectes renommés: Riken Yamamoto pour le Block 1, Toyo Ito pour le Block 2 et Kengo Kuma pour le Block 3. Il y a trois autres blocs conçus par d’autres architectes qui sont par contre moins renommés. L’ensemble a été construit de 2003 à 2005, et nous y sommes passés la dernière fois en Juillet 2007. À l’intérieur du Block 3, entre les deux barres d’immeubles, quelques arbustes ont été conservés. Cette fragilité végétale apporte un contraste intéressant avec l’aspect massif de l’immeuble. Ce grand ensemble reste propre et bien entretenu même s’il approche tranquillement de ses vingt années d’existence. Les deux dernières photographies sont celles de stations, celle de Toyosu et celle immédiatement reconnaissable de Tokyo, côté Marunouchi.