zebra skies

Après de nombreux passages en noir et blanc, je reviens vers la couleur tout en continuant mes interprétations de l’atmosphère urbain. Ici, le ciel prend des motifs zébrés, sauf sur la première composition où le motif se pose sur l’immeuble. La dynamique de la vue de cet immeuble de béton à Shibuya nous donne quand même l’impression qu’il va s’envoler, malgré sa masse imposante. Pour ceux qui suivent le blog depuis un moment, il reconnaîtront peut être le Hiko Mizuno College of Jewelry, bâtiment datant de 1992 de l’architecte Mitsuru Kiryu. J’aime beaucoup ce design vraiment dur et abstrait, mais j’avais tout de même envie de le radicaliser encore un peu plus.

Sous le ciel zébré de la deuxième photo, un petit bâtiment de béton avec une affiche type manga pour un magasin de vêtement lambda je pense. En fait, non, il s’agit plutôt d’un salon de coiffure, il s’appelle nerds. Et à ce propos, N.E.R.D sort un nouveau single Hypnotize U. J’écoute toujours avec un certain intérêt les morceaux de Pharrel Williams. Celui-ci est produit par Daft Punk, mais c’est surtout la voix de Pharrel qui fait tout l’intérêt du morceau.

Comme la précédente, la dernière composition se passe à Daikanyama. Il s’agit d’un immeuble de Edward Suzuki sous un ciel zébré et des nuages d’encre de chine. En deuxième lien musical, j’écoute aussi Common Heat (également ici) du groupe américain No Age. J’aime ce morceau tout en ayant un avis un peu mitigé, peut être dû au fait que la mélodie de guitare est quasiment calquée sur celle du morceau Stones de Sonic Youth (sur Sonic Nurse). La voix du chanteur est également assez difficile voire agaçante, mais malgré cela j’y trouve une certaine attraction. Peut être son atmosphère Indie Américain qui me ramène quelques années en arrière (il sont sur SubPop). Sur Pitchfork, on peut aussi écouter le morceau Glitter, tout en distorsion noisy. Mais surtout dernièrement, C. était de très bon conseil avec deux très beaux morceaux profonds de The National: Sorrow et Anyone’s Ghost.

「石川直樹 ARCHIPELAGO」

Lors de notre séjour au Niki Club à Nasu-Shiobara, une petite exposition se tenait dans le hall du ryokan historique de 1986. En plus de profiter de la beauté de l’intérieur du bâtiment de Akira Watanabe, de la longue table et du design des meubles, de la découpe des pierres d’Otani, on pouvait profiter de quelques photos de Naoki Ishikawa disposées sur les murs. Je ne connaissais Naoki Ishikawa que pour ses photos du Mont Fuji sur lesquelles je n’avais pas eu une forte accroche. Les photos montrées ici, une série intitulée Archipelago, m’ont beaucoup plus intéressé. Bien que cette petite exposition m’ait plus, je n’ai pas acheté tout de suite le recueil de photos. D’une manière générale, je laisse toujours passer un peu de temps, pour laisser murir l’envie de revoir les photos vus en exposition. Je regrette cependant toujours un peu de ne pas m’être procurer le bouquin à l’exposition

C’est en revenant à Tokyo, que je me suis finalement procurer le livre Archipelago. C’est un assez gros livre de 240 pages avec presque autant de photographies, toutes couleurs. Comme le nom de l’ouvrage l’indique, on y parle d’archipels: des paysages, des gens, des scènes de folklore, des personnes qui posent, certainement des connaissances du photographe ou des scènes de rues, de chasse ou de pêche, des scènes proches du vécu. On sent une honnêteté dans le regard de Naoki Ishikawa, regard qui apprécie ce qu’il voit, les scènes de festivités notamment.

Ishikawa sous-titre son livre « Voir le monde comme une chaine d’îles ». A travers le sequencement des photographies, il entend dresser une nouvelle carte axée sur les îles. Dans son voyage au Sud et au Nord du Japon, il ignore les frontières: la partie Sud (Okinawa jusqu’à Taiwan, …) et la partie Nord (Hokkaido, Sakhaline…) forment des touts au délà des nations, liés par des cultures voisines et par, en quelque sorte, une identité insulaire. Il y a par exemple une forte influence chinoise dans la culture d’Okinawa, qui rapproche les îles de cet archipel de la voisine Taiwan. Autre exemple au Nord, les signalisations au nord d’Hokkaido, à Wakkanai par exemple, sont doublées en russe.

On voit beaucoup de curiosités dans les photos de Archipelago: comme les festivités sur les petites îles de Okinawa, ou encore les totems au delà de Hokkaido, sur les îles de la Reine-Charlotte, territoire canadien dont je n’avais jamais entendu parler. L’origine du peuple Haida habitant ces îles remonte à l’ethnie japonaise des Aïnous. Des cultures et pratiques ancestrales sont entretenus sur ces îles, loin de tout et des capitales des « continents ». Archipelago nous montre tout cela: des paysages luxuriants parfois, des traces de la guerre, des zones de tensions comme sur le groupe d’îles de Kinmen entre Taiwan et le continent chinois.

Les photos sont très belles, parfois axées reportage quand il nous montre une activité ou un rite en plusieurs photos. Certaines photos se rapportent également à la vie personnelle de Naoki Ishikawa, des rencontres expliquées dans un texte en japonais et anglais à la fin du livre. J’ai tellement apprécié ce receuil que je vois maintenant ses autres livres photograhiques sous un autre oeil. Je pense surtout revoir d’un peu plus près Polar, Vernacular, The Void …

海へ

Je trouve encore de l’inspiration pour mes images de Tokyo envahi par les éléments. Ici, les vagues, la mer prennent place à Shibuya, Ebisu ou encore au pied de la tour de Tokyo. L’ambiance est de plus en plus sombre alors que j’avance petit à petit dans cette série, il faudra que je reprenne un peu de couleurs prochainement.

Alors que je parlais de ma découverte d’un nouveau morceau de Deerhunter dans le billet précédent, le nouvel album Halcyon Digest est sorti le jour d’après, le 25 septembre sur iTunes Japon. Je n’ai pas l’habitude d’acheter un album en entier, mais plutôt de le découvrir petit à petit, morceau par morceau, mais j’ai fait une exception pour celui-ci. Je le découvre donc en ce moment, tranquillement, et en étant déjà pris par l’ambiance de Earthquake, le morceau d’ouverture, Desire Lines avec sa partie instrumentale comme sait si bien le faire Deerhunter, le magnifique Helicopter, Revival que je redécouvre. J’aime vraiment beaucoup ce son. A lire, la critique sur Pitchfork.

When all the ghosts are quiet

Pour continuer la série sur l’invasion de la ville par les éléments naturels, les nuages ici errent comme des fantômes silencieux dans les rues de Shibuya. Le titre de ce billet est en fait un extrait d’une chanson que j’aime beaucoup et que j’écoute beaucoup en ce moment: I Can’t Wait de Twin Shadow, nouveau membre de la famille 4AD. J’avais découvert Twin Shadow avec un autre morceau, Slow, également disponible en téléchargement sur Pitchfork. J’avais aimé cette voix à la Morrissey sur le morceau Slow. Le morceau I can’t wait est assez différent, il y a une sorte de mélancolie qui me touche beaucoup. En plus, 4AD est un de mes labels préférés depuis la découverte de Pixies il y a 20 ans (ça fait drôle de dire ça tout d’un coup). Halcyon Digest, le nouvel album de Deerhunter, devrait également sortir sur ce label, à la fin du mois. Ca sera certainement un bel album. He would have laughed est un très beau morceau.