Shibuya et matière grise

On continue le noir et blanc avec quelques photos prises dans des recoins de Shibuya: une voiture poussiéreuse sous une autoroute suspendue, un vieil immeuble et sa cheminée près d’une entrée/sortie de la gare de Shibuya, un vendeur de magazines donnant sur la rue et l’entrée du Cinema Rise (par Atsushi Kitagawara Architects). Ce que j’aime avec le noir et blanc analogique, c’est la presque impossibilité de dater les photos. Pourtant tout est très récent.

Ligne horizontale océanique

Ca faisait très longtemps que je n’avais pas touché à l’analogique. J’avais envie d’y revenir le temps d’une pellicule pour agrémenter un peu la galerie Noir et Blanc ouverte il y a longtemps. Les deux lignes horizontales océaniques ci-dessus proviennent de Hayama, d’un petit coin de plage assez tranquille et hors saison (en septembre 07 après un typhon). On apercoit les enfants jouer au bord de l’eau ou au cou du papa.

Rythms of Vision

Ce bâtiment fait figure d’anomalie dans le paysage tokyoïte, ici près de Waseda à quelques pas seulement du temple Kannonji. Je découvre cet immeuble un peu par hazard en me trompant légèrement sur le chemin du retour. Rythms of Vision, Waseda El Dorado (1983), est un objet architectural hors-temps de Von Jour Caux, architecte … japonais. Dernière ce nom se cache un certain Toshiro Tanaka,né en 1934, dont on découvre assez peu de chose sur Internet. Von Jour Caux se définit comme le seul maître architecte anti-moderniste actif, travaillant avec des artistes et artisans unifiant tradition et culture, rêves et arts.

L’immeuble est très chargé en décoration, à tendance Art Nouveau. pour les formes rondes. Les façades principales supportent des lignes d’écailles colorées de petits éléments de carrelage, les ouvertures très rondes et imagées, couvertes de détails fantaisies et notamment de plaques de métal noir contrastant avec la couleur crême des murs. L’aspect général du bâtiment est très hétérogène, on prend un certain plaisir à découvrir les motifs cachés dans tous les recoins, des bustes féminins, des masques, des plaques de céramique avec poissons et pois couvrant une espèce de champignon tout droit sortie d’un dessin animé. L’intérieur est encore plus particulier. En suivant un couloir courbe, en marchant sur un sol de carrelage avec tête de chat imprimé, en franchissant les portes noires arrondies, on arrive sur un espace fermé contenant une énorme main symbolique accroché au plafond. On atteint des sommets d’étrangeté. Les multiples lumières de toutes les couleurs suspendues au plafond ajoute à cette ambiance grotesque et complètement intriguante.

Von Jour Caux est l’auteur de quelques batiments tout aussi décalés dans Tokyo. Continuez la visite avec un petit immeuble d’apartments à Minami Otcuka, Toshima-Ku.