made in tokyo

urbano-végétal (22) et le vert envahissant

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Le rythme de publication est plus qu’irrégulier ces derniers temps, ces derniers mois on pourrait dire. Je me bats contre le temps, pas tellement pour prendre les photos et les travailler, mais plutôt pour écrire les textes qui accompagneront les photos. Comme ça faisait longtemps, ci-dessus une composition urbano-végétale, numéro 22. Je n’ai pas encore décidé jusqu’où j’irais dans cette série, c’est mon fil rouge que j’essaie de maintenir en fur et à mesure des mois.

raitei-kamakurayama

raitei-kamakurayama

Le week end dernier, nous avons passé quelques jours au vert à Kamakura pour s’échapper un peu des villes. Le mauvais temps nous a quand même épargné une très belle journée sur les collines de Kamakura, dans la verdure de Kamakurayama au restaurant japonais Raitei. Plus que le restaurant, c’est le jardin autour qui vaut le détour. Assis sur le tatami de Raitei, on y mange des soba en regardant à l’extérieur. Les fenêtres de l’ancien bâtiment envahi de nature sont ouvertes et laissent entrer une brise rafraîchissante. Au loin, on voit presque l’océan. On resterait bien là des heures à rêver, mais le petit veut déjà courir dans toutes les directions …

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Des couleurs dans les plats

Asseyons-nous quelques heures sur le tatami d’une pièce tamisée d’un restaurant japonais kaiseki à Shirogane. La lumière vient de la baie vitrée sur la gauche et nous dévoile un petit jardin de pierre recouvert en hauteur d’un damier de bambous. Dans cet espace, le jardin végétal minimaliste se compose d’une fougère grippante prenant appui sur les tiges de bambous. La pièce est légèrement sombre mais joyeuse car Zoa y fait des acrobaties comme à son habitude. Le repas est raffiné et le service attentionné, quoiqu’un peu maladroit aux dires de Mari. Moi, je n’y vois que du feu. Une des dames en kimono surveille d’un oeil le service de la plus jeune qu’elle corrige parfois discrètement. J’ai envie de prendre leurs kimonos en photo mais je me retiens. Le repas commence par une coupe de sake parfumé, suivi de couleurs dans les plats et se termine par un bol de thé vert matcha. On le fait tourner dans ses mains en profitant de ces quelques instants. Zoa pendant ce temps dort déjà tranquillement.

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Façade et musique en distortion

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Une surface particulière en noir et bleu sur un immeuble dans une rue parallèle à la rivière, à Naka Meguro. Je n’ai pas eu le temps de relever le nom de l’immeuble et je ne sais pas qui est l’architecte de cette façade en distortion, mais ça me fait penser à Peter Eisenman avec l’exemple japonais du Nunotani Building.

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J’aime définitivement les musiques chaotiques de Crystal Castles, dont la complexité intiale apparait d’abord dure à l’oreille. L’électronique low-res déglinguée et en distortion met un peu de temps a révéler sa logique. J’aime ce côté imprédictible. C’est peut être le style musical que je préfère en ce moment. J’avais déjà mentionné ce groupe et quelques unes de leurs chansons comme source de mon billet Résonance musicale. Il y a quelques jours je découvre Untrust Us et Reckless que je fais tourner en boucle. Et ces musiques prennent toutes leurs intensités à la sortie des gares ou des trains, là où la foule se presse, se serre, essaie de se dégager au plus vite en mouvements parfois désordonnés dans un flot fixe. Je monte toujours un peu le son à ce moment là…

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Samedi soir, je retrouve Frederic Georgens aka Fredox que je n’avais pas vu depuis 1 an environ (la dernière fois, c’était avec MP). La rencontre se passe dans un izakaya sous les rails de JR à Ueno, où je vais assez peu souvent finalement, en compagnie également d’une petite dizaine de photographes passionnés, photobloggers japonais ou étrangers. C’est à vrai dire la première fois que j’assistais à un « meeting » de photographes bloggers, et je remercie fredox pour cette occasion. Parmi la liste des membres de ce petit groupe, je ne connaissais personne à part les photos de Max Hodges que j’avais déjà aperçu plusieurs fois. J’avais fait le tour des pages flickr de chacunes des personnes présentes avant de venir mais une fois sur place c’était dur de refaire le lien entre les photos et les personnes. Malgré cela, je me sentais en ambiance familière, bien entendu parce que nous avons tous cette passion pour la photographie mais également parce que l’on essaie tous de saisir cette ville, ses petites ou grandes choses, avec nos propres sensibilités. Et c’est franchement agréable de découvrir de nouvelles sensibilités photographiques: Koga sur Modern Classic (Organisateur de cette soirée), Thomas sur Wada Walker (beaucoup de ses photos sont superbes), Haru (elle m’a donné envie de créer des petites cartes de visite sur MOO), Toshiya Watanabe (et ses séries magnifiques dans un jardin botanique ou dans les zones d’infrastructures désertes de Ariake), yo-scherzo (avec qui j’ai pu un peu parler architecture, fait extrêmement rare, et qui fait également de belles photos au Leica M6) et également Fragment Scene, mifune*, d.sasaki, Ashura/Jon et « fredox34’s sister » pour cette petite discussion photo/musique.

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Save.Our.Souls. Artbook

Save.Our.Souls.

Je suis content et même assez fier d’avoir participer, pour la première fois, à un fanzine. C’est un monde étrange que je ne connais pas très bien, mais c’était un plaisir de répondre à la demande de l’organisatrice t3 [aka Spirit Of Shampoo], qui vient régulièrement visiter ce blog. Ce fanzine se nomme Save Our Souls et se définit comme un artbook autopublié de 44 pages couleurs, hétéroclite composé de BD, illustrations et photographies par un collectif de 13 artistes. Même si je ne suis pas « artiste », j’ai contribué 2/3 compositions pour le recueil. J’ai assez hâte de recevoir ma copie du artbook pour voir le résultat final qui ne pourra être que réussi et superbe vu la séléction des contributeurs.

Cette publication “indie” (j’aime bien ce statut de publication) sera disponible à la vente au Festival de BD Delcourt à Paris Bercy Village le 13-14 septembre 2008. Il faut se rendre au stand SPIRIT OF SHAMPOO AND FRIENDS. Allez-y si vous êtes sur Paris. Moi, environ 10,000 kms m’empécheront malheureusement d’y arriver à temps…

Bon courage en tout cas à t3 et aux autres membres de la crew SOS qui dédicaceront les Artbooks.

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En bordure des villes

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Une mini-série de 5 photos prises en bordure des villes, dans la banlieue de Yokohama où l’on hésite entre la végétation des campagnes et les suites denses d’habitation. En bordure des villes, on trouve des jardins potagés accolés aux maisons sur les collines, des arbres et haies envahissant les jardins, un cimetière familial au bout d’un terrain vague attaqué par un bras mécanique, une maison au toit en forme de coque de bateau renversée par une mer agitée, une unité de vie naturelle indépendante accrochée au milieu d’une petite pièce à tatamis.

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Petits moments d’architecture (5)

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Voyez vous, je suis de bonne humeur quand des personnes ayant acheté mon photobook en sont contents… A ce propos, le chiffre de mes ventes s’élèvent à 13. Continuons donc dans la bonne humeur la ballade architecturale de samedi matin dernier. Les deux photos ci-dessus opposent une forme carré à une forme ronde. La forme carré est celle du Ebisu East Gallery proche de la gare. Je ne connais pas l’architecte, mais ça ressemble à du Edward Suzuki sans pouvoir le confirmer… Les déchirures en surface me rappellent en fait cet autre batiment de taille moyenne de Suzuki à Daikanyama, le Onward Daikanyama Fashion Building. J’aime beaucoup cette surface protectrice de béton qu’on aurait volontairement fait craquer pour laisser apparaître une tour de verre.

Un peu plus loin, à Daikanyama, une tour lisse, ronde et grise me rappelle une tourelle du château d’Angers. Ca doit être les différents tons de gris utilisés. Je ne pense pas cependant que les architectes de cet immeuble VEUTUS Daikanyama se sont inspirés de la forteresse imprenable d’Angers.

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Au hazard des rues de Shibuya-ku, en laissant Daikanyama pour le quartier de Uguisudani-Chô, je tombe sur cet immeuble qui pourrait être celui d’une administration locale. Je rentre dans l’enceinte sans apercevoir le nom du lieu à l’entrée et me rend compte assez vite qu’il s’agit plutôt d’un temple. Je me laisse attirer par la structure en béton du grand Hall très années 1960. Je verrais plus tard que cet immeuble gris est celui d’une secte nommée Hommon Butsuryû, qu’il est le hall principal du temple Jôsenji, qu’il date de 1965 et qu’on le doit à l’architecte Yoshiro Taniguchi, père de Yoshio. Yoshio Taniguchi prendra en charge, beaucoup plus tard en 2004, le redesign du Moma de New York.

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Pour terminer ma boucle de promenade, nous revenons vers Daikanyama, autour des blocs d’immeubles de Fumihiko Maki qui prendra en charge d’ici 2012 le design d’une des tours du renouveau du World Trade Center à New York. Ci-dessus, une découpe de façade d’un des blocs que je pense être le Bloc C de Hillside Terrace.

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Le futur coincé entre des immeubles

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Samedi matin, je me promenais donc au hazard des rues de Daikanyama avec Zoa. En poussant un peu plus faire Shibuya, je redécouvre le batiment futuriste de Makoto Sei Watanabe. Je ne me souviens jamais vraiment de son emplacement exact, mais je retombe toujours dessus un peu par hazard en me promenant par ce quartier. On voit d’abord au loin ses deux antennes rouges pointant vers le ciel, qui laisse présager de quelque chose d’exceptionnel. En se rapprochant un peu dans les petites rues, on aperçoit par moments une façade du vaisseau spatial coincée entre les immeubles. On tourne dans les rues jusqu’à l’entrée principale pour constater qu’un Ovni s’est bien posé sur un immeuble en plein Shibuya.

Il s’agit du Aoyama Technical College. A travers cet objet singulier, Watanabe propose une architecture forte d’une puissance visuelle et émotionnelle, qui représente un exemple d’organisation autonome dans un paysage de chaos, de rues en configuration désordonnée comme une grande majorité des petits quartiers de Tokyo.

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