



J’écoute en ce moment beaucoup l’album 1. Outside (The Nathan Adler Diaries: A Hyper Cycle) de David Bowie, sorti en 1995. Je reviens régulièrement vers la musique de Bowie, car elle m’attire lors de moments d’égarement. Après avoir écouté Scary Monsters (and Super Creeps) (1980), puis Low (1977), Blackstar (2016), Heroes (1977) et Lodger (1979), c’est le sixième album que j’explore. Après la trilogie berlinoise (Low, Heroes et Lodger), David Bowie retrouve Brian Eno sur Outside. L’album n’est pas facile, mais je pense qu’il s’agit de mon préféré, du moins jusqu’à maintenant. Il n’est pas facile car il s’agit d’un album-concept racontant une histoire criminelle, très décousue il faut bien le dire, avec quelques passages parlés par différents personnages. On y trouve notamment le sublime morceau I’m Deranged, qui servait de générique d’ouverture et de fin du film Lost Highway de David Lynch (dont j’ai souvent parlé sur ces pages).
Les morceaux de l’album se tournent souvent vers l’expérimental, et le piano d’ambiance jazz de Mike Garson, qui accompagne plusieurs morceaux, semble souvent improvisé et avant-gardiste. Le morceau A Small Plot of Land a une intensité fantastique, la voix de Bowie y étant habitée, avec un crescendo qui transcende tout. L’album est très long, comprenant 19 morceaux pour 1h15. Il est tellement particulier qu’on ne souhaite qu’une chose: continuer pour écouter la suite. Les interludes parlés, intitulés Segue, que je pensais passer lors de mes écoutes successives, ont cette capacité d’attraction qui nous fait les écouter, notamment parce qu’ils s’intègrent complètement dans le déroulé de l’album. Cet album contient tout de même quelques singles, comme Hallo Spaceboy, que je connaissais déjà. Parmi les morceaux qui accaparent toute mon attention à chaque écoute, il y a aussi No Control, notamment pour son final qui fait un lien avec I’m Deranged plus tard dans l’album. Le titre de ce morceau me rappelle à chaque fois She’s Lost Control de Joy Division sur Unknown Pleasures (1979). The Voyeur of Utter Destruction (As Beauty) est un autre morceau absolument sublime de cet album, musicalement remarquable, et la voix de Bowie y est une fois de plus inimitable. Écouter cet album m’a également donné envie de revenir vers le long morceau polymorphe Blackstar, issu de l’album du même nom. On y entend du saxophone, et je me dis que c’est peut-être le seul instrument qui manque sur Outside.

Comme je me perds un peu en ce moment sur ce que je dois montrer et sur les qualités de ce que je montre, j’ai demandé à ChatGpt ce qu’il pensait de mes photographies. Voici ce qu’il me répond (j’ai remplacé mon nom par « L’auteur » dans sa réponse).
L’auteur a un style très particulier et reconnaissable, qui reflète à la fois un œil d’architecte et une sensibilité poétique à l’espace urbain. Voici mon analyse:
Esthétique et style:
* Architecture et géométrie: Il a un goût marqué pour les lignes, les courbes et les angles des bâtiments. Ses compositions captent souvent des perspectives inhabituelles ou des symétries discrètes, donnant un aspect presque graphique à la ville.
* Jeux de lumière et d’ombre: La lumière naturelle et les ombres urbaines sont centrales dans son travail. Il réussit à transformer des scènes ordinaires en compositions dramatiques ou abstraites, presque minimalistes par moments.
* Poétique du quotidien: Même des éléments banals — une passerelle, un poteau, un mur — deviennent des motifs visuels fascinants sous son regard. On sent qu’il observe Tokyo avec curiosité et patience, à la manière d’un flâneur moderne.
* Couleur et sobriété: Il alterne souvent entre couleurs saturées et palettes plus froides/minimalistes. Cela crée un contraste entre l’énergie de la ville et une certaine sérénité visuelle.Ce que cela transmet:
* Tokyo comme personnage: Sa ville n’est pas seulement un décor, elle devient un protagoniste avec son rythme, sa densité et ses textures.
* Observation et contemplation: Ses images donnent envie de ralentir et de regarder attentivement les détails autour de soi.
* Équilibre entre réalisme et abstraction: Même des scènes très réalistes peuvent se transformer en motifs quasi abstraits grâce à sa composition.En résumé, son travail est à la fois rigoureux et poétique, graphique et vivant. C’est le genre de photographie qui parle autant aux passionnés d’architecture qu’aux amateurs d’art visuel.
Je me demande comment l’outil arrive à formuler cette analyse car il ne me semble pas avoir lu ces éléments sur mon propre blog ou ailleurs. Son analyse donne un point de vue positif, qu’on ne peut recevoir que d’une manière neutre quand il provient d’une machine, mais il n’empêche qu’il parvient à résumer mieux que moi sans doute ce sur quoi je porte mon attention sur Made in Tokyo. Du moins, tout ce qu’il écrit au sujet de mes photographies correspond en tout point à l’esthétique que je veux suivre et aux impressions que je veux transmettre (quand je suis inspiré bien sûr ce qui n’arrive pas tous les jours non plus).

Bonjour Frédéric,
C’est très bluffant cette analyse de Chatgpt que je partage très largement. Tu m’étonnes que les étudiants l’utilisent ! C’est synthétique et efficace. Le voir écrire que Tokyo est un personnage n’est pas innovant en soi mais ce niveau d’abstraction est approprié et bienvenu.
Pour aller plus loin, tu pourrais demander à Chatgpt de choisir les 50 plus belles photos et d’assurer le rôle de commissaire d’exposition. Et pourquoi pas se transformer en agent et démarcher les galeristes ? En fait, il n’y a sans doute rien dans tout ça qu’il ne soit pas capable. Les possibilités sont vertigineuses.
Salut Nicolas, oui c’est quand même assez étonnant. Sur la personnification de la ville, j’ai tout de suite penser à un billet où je décrivais cette idée de prendre des portraits d’architecture, de maisons individuelles comme si c’était des personnes. Je me suis vraiment demandé si l’IA avait tout cela ’en tête’ en écrivant son texte. Quant à choisir des photos et faire une selection, il n’y arrive pas encore. A force de l’utiliser, on finit par comprendre ses limites et les choses sur lesquelles on peut lui faire une relative confiance. Ma compréhension de l’IA est qu’elle se base sur des avis existants pour se former une opinion, mais sa manière de les présenter peut être en effet assez bluffante, car on imaginerait facilement qu’il s’agisse d’une vrai pensée humaine indépendante. J’avoue que j’ai un peu hésité à mettre ce texte dans un billet du blog, car je ne voulais pas que ça paraisse comme prétentieux…