garden of dragons

L’année approche de sa fin ce qui est à chaque fois pour moi l’occasion de regarder un peu les statistiques de Made in Tokyo. J’ai publié cette année 126 billets, au jour où j’écris ces lignes, ce qui est moins que l’année dernière et que les sept dernières années. Chaque billet est par contre plus long avec en moyenne 1057 mots par billet, ce qui fait plus d’une centaine de mots en plus par rapport à l’année dernière. J’ai donc écrit plus que l’année dernière au total, mais sur un nombre plus restreint de billets. Le nombre de commentaires est en remarquable baisse, à 148 sur l’année, mais le nombre de « like » est beaucoup plus important. Si l’on fait la somme des « like » et des commentaires sur les billets, on arrive à peu près au niveau de l’année dernière. Je pense qu’il est naturellement plus facile de laisser un « like » qu’un commentaire. Ça laisse au moins une notification de passage, ce qui est tout à fait appréciable. Le nombre de visite annuelle à 22600 est par contre en nette augmentation et le plus haut niveau de ces dix dernières années. Il faut croire que les blogs ne sont pas encore tout à fait morts. Enfin, j’ai toujours un peu de difficulté à savoir quelle est la proportion de personnes réelles visitant Made in Tokyo, sachant que les robots d’Intelligence Artificielle tels que ChatGpt doivent également visiter régulièrement les pages internet. Je ne saurais dire si ces visites sont comptabilisées dans le nombre total de vues mentionné ci-dessus.

Les quelques photographies accompagnant ce billet ont été prises à Enoshima, une de nos destinations classiques de la fin d’année. Nous sommes en fait d’abord passé à Shichirigahama pour y déjeuner. Dans le quartier résidentiel, se trouve un fameux restaurant de curry japonais appelé Sangosho. Ce n’est pas la première fois que nous venons manger dans ce restaurant mais nous allons en général au deuxième restaurant de l’enseigne situé au bord de l’océan. Le quartier est situé sur une colline dont les rues donnent sur l’océan. Nous accédons à ce quartier en voiture par une petite route étroite en pente et en virages, qui est un raccourci méconnu depuis Kamakurayama. Nous n’avions pas emprunté cette petite route depuis très longtemps. Nous filons ensuite vers la presqu’île d’Enoshima. Le sanctuaire principal est déjà paré pour les festivités de la nouvelle année. La météo n’est pas clémente, le ciel est très nuageux. Le dragon est une des divinités principales des sanctuaires de l’île. Un des petits autels de la presqu’île lui est dédié, surmonté d’une statue sombre et menaçante. Aujourd’hui, on devine même les dragons dans le ciel nuageux à travers des éclats de lumière formant une courbe que j’imagine être une queue de dragon. Je suis moi-même du signe zodiacal du dragon, tout comme Ryuichi Sakamoto (坂本龍一), né en 1952, sauf que nous sommes bien sûr pas du même cycle. Il faudrait à ce propos que je commence une liste des artistes que j’aime qui sont du signe du dragon. J’avais déjà mentionné Kenichi Asai (浅井健一) et Seiji Kameda (亀田誠治) mais sur les cinq membres de Tokyo Jihen, trois sont du signe du dragon (Ichiyō Izawa, Toshiki Hata et donc Seiji Kameda).

Revenir à Enoshima me rappelle donc vers la musique de Ryuichi Sakamoto qui m’a en quelque sorte accompagné toute l’année depuis cette mémorable visite en Janvier de l’exposition seeing sound, hearing time (音を視る 時を聴く) qui lui était consacré. Je réécoute l’émission Liquid Mirror d’Avril 2023 consacrée à Ryuichi Sakamoto, en découvrant sous une nouvelle oreille des morceaux qui m’avaient échappé lors de ma première écoute. Il y a d’abord l’étrange morceau techno-pop Neo-Plant de Koharu Kisaragi (如月小春) sur l’album Tokai no Seikatsu (都会の生活) sorti en 1986 composé par Ryuichi Sakamoto, puis le morceau électronique expérimental The Garden Of Poppies sur son troisième album solo Left Handed Dream (左うでの夢) sorti en 1981. Ce morceau me fait continuer avec Venezia du même album. La playlist continue avec l’excellent Curtains de Yukihiro Takahashi (高橋幸宏) sur son troisième album solo Neuromantic sorti en 1981. C’est le seul morceau de cet album composé par Ryuichi Sakamoto. Sur l’album Neuromantic, le morceau Curtains suit un autre excellent morceau, Drip Dry Eyes que j’ai déjà depuis quelques temps dans ma playlist étendue des musiciens du Yellow Magic Orchestra. La surprise sur la playlist de l’épisode de Liquid Mirror est le morceau de Pierre Barouh intitulé Le Pollen avec David Sylvian et Yukihiro Takahashi. Ils sont réunis dans un restaurant et on les entend mentionner tout à tour leurs personnes préférés, qu’ils ou elles soient artistes, écrivains, cinéastes ou autres. Pierre Barouh ponctue cette énumération de noms par un refrain qui se répète: « Aujourd’hui, je suis ce que je suis. Nous sommes qui nous sommes. Et tout ca, c’est la somme du pollen dont on s’est nourri ». Tous ces auteurs et personnes proches représentent en quelque sorte le pollen qui vient nourrir leurs propres inspirations et créations. Le morceau Le Pollen provient d’un album du même nom enregistré par Pierre Barouh en Juillet 1982 à Tokyo, au studio Nippon Columbia, à la suite d’une invitation du label japonais à venir travailler sur place. Pierre Barouh était déjà un compositeur célèbre en France à cette époque mais il saisit cette opportunité comme une expérience musicale ouverte et exploratoire qui réunira un ensemble de musiciens japonais et internationaux de premier plan, parmi lesquels des figures de la scène expérimentale et new wave comme Yukihiro Takahashi, Ryuichi Sakamoto ainsi que David Sylvian du groupe britannique Japan. De fil en aiguille, ce morceau m’amène ensuite vers une des collaborations de Ryuichi Sakamoto avec David Sylvian intitulée Bamboo Houses et sortie en 1982. On entend également la voix de David Sylvian sur l’intensément émotionnel morceau Life, Life sur l’album async de Ryuichi Sakamoto.

10 commentaires

  1. J’aimerais commenter plus, ici ou ailleurs, mais je me sens parfois mal à l’aise de le faire, me sentant un peu seule. Et donc un like est un signe de passage, en effet. Merci pour tes visites sur mon blog de voyage !
    J’ai regretté de ne pas pouvoir visiter cette exposition sur Sakamoto à Tokyo, j’y étais un mois trop tôt. Mais contre toute attente je suis retournée au Japon cette année, juste pour quelques jours et dans son extrémité sud.

    1. Salut et bonne année ! Oui, je comprends la difficulté de poser le premier commentaire. On m’avait donner une analogie il y a plusieurs années comme quoi écrire un premier commentaire pouvait s’apparenter à écrire un graffiti sur un grand mur blanc. C’est peut-être un peu exagéré, mais il y a un peu de cela. Merci en tout cas de passer régulièrement et de laisser un signe de passage.

  2. Je te souhaite une excellente année à toi ainsi qu’à ta famille ! J’ai peu commenté tes billets cette année mais j’ai avec grand plaisir parcouru tes archives de 2005 et 2015. Presque du voyeurisme, mais ce fut une bonne manière de remarquer à quel point ton blog a changé au fil des années. Excellente continuation !

    1. Merci et bonne et heureuse année également ! Ah ah, oui le contenu des billets et le ton (de la jeunesse) ont bien évolué depuis 20 ans. Je ne sais pas si tu fais ça sur ton blog, mais il m’arrive de prendre quelques anciens billets au hasard et de les relire. En fait, voir des anciens billets listés dans les statistiques de vues de WordPress me pousse parfois à relire le(s) billet(s) en me demandant ce qui avait pu intéresser ou attirer le visiteur.

  3. Excellente nouvelle année !! J’arrive (toujours) avec un train de retard tu m’excuseras.
    J’espère que mon désinvestissement à commenter n’est pas mal interprété : la qualité des billets n’est pas remise en question, bien au contraire. Mais j’attends toujours d’être dans de bonne disposition pour savourer cette lecture. Malheureusement des chamboulements dans ma vie personnelle et professionnelle m’ont éloigné d’internet et ça ne va pas en s’améliorant…

    Ce dragon me disait quelque chose, et pour cause, je l’ai pris en photo il y a deux ans !
    C’est bien dommage à l’époque, j’ignorais que le dragon était une des divinités de l’île. C’est dommage car ça ne pouvait pas mieux tomber : Ma fille était alors âgée de quelques mois. Née sous le signe du Dragon, elle avait là une occasion unique de se placer sous sa protection. A moins que ce ne soit le dieu Dragon qui nous a instillé l’idée de visiter Enoshima.

    1. Salut Nicolas, bonne et heureuse année à toi et à ta famille, mais je pense qu’on se l’a déjà souhaité ahah. En fait, j’aime bien le fait que tu as un train (ou deux) de retard, car ça me permet de revenir sur mes billets précédents et parfois à les relire, et trouver des fautes à corriger, malgré le fait d’avoir passé le texte au peigne fin lors de sa rédaction (à croire parfois que les fautes se rajoutent après coup). Aucun soucis bien sûr pour les commentaires, je comprends tout à fait les situations qui changent. Le dragon d’Enoshima n’est pas très grand mais est assez impressionnant, j’espère qu’il n’a pas effrayé ta fille. J’aime beaucoup cette île et il y avait beaucoup moins de touristes à notre dernier passage, ce qui était très agréable.

  4. Oui on se l’était déjà souhaité mais je ne voyais pas comment commencer mon commentaire sans formuler un minimum de vœux ^^’
    J’ai appris récemment que ma belle soeur – qui habite Fujisawa – avait l’intention de se rapprocher fortement de Tokyo. La perspective de retourner facilement à Enoshima s’éloigne quelque peu, mais rien de bien méchant. Le dragon aura d’autres occasions d’effrayer ma fille !

  5. Salut Nicolas, ahah oui en effet, c’était ton premier commentaire de cette nouvelle année. Et dire que le mois de Janvier se termine déjà. Enoshima reste relativement proche de Tokyo en train. Je suis toujours attiré par cet endroit. J’y trouve toujours une ambiance particulière, surtout lorsqu’on marche jusqu’aux sanctuaires au bout de l’île où se trouve le dragon pour ensuite descendre à pic jusqu’à la mer. Je ne sais pas si vous avez visité la grotte qui se trouve à ce bout de l’ile? Peut-être quand ta fille sera plus grande car elle est un peu sombre quand même à mes souvenirs.

  6. Salut Frédéric,
    nous nous sommes promenés sur la passerelle qui y amène mais à l’occasion ce serait sympa de la visiter. J’aime bien les endroits enveloppant et les grottes en font partie.

  7. Salut Nicolas, oui, il me semble bien que l’endroit est très enveloppant car les couloirs sont parfois étroits et bas de plafond à mon souvenir. Comme l’intérieur est assez sombre, je ne me souviens pas avoir pris de photos.

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