アメ横の横の猫

Je continue à marcher tranquillement dans les rues d’Ueno, en particulier à Ameyoko à la recherche d’un magasin de disques comme je le mentionnais dans le billet précédent. Je trouve bien un petit magasin nommé Rythm situé sous les voies de trains. Il a l’air d’être là depuis très longtemps et d’être spécialisé dans le style Enka (演歌), mais sa taille ne semble pas correspondre à un endroit où Sheena Ringo aurait pu y faire un petit boulot. Alors que je m’enfonce dans une allée couverte passant sous les voies, je trouve un magasin vendant des fausses armes à feu. Il est extrêmement désordonné au point où on se demande s’il opère bien. Je crois que le propriétaire ou un vendeur du magasin se trouve assis au fond. J’imagine qu’il doit avoir une idée très précise d’où se trouve chaque objet et que cet apparent bazar n’est en fait qu’une méthode de rangement comme une autre. En passant devant, je me demande si c’est ici que la fameuse photo où Sheena pose hilare avec un pistolet posé sur la tempe a été prise. Si c’est bien le cas, le magasin devait être beaucoup mieux ordonné il y a 22 ans. Le chat (猫) mentionné dans le titre du billet est celui de la dernière photographie. Il s’agit d’une statuette posée dans une vitrine. Cette vitrine ne montre apparemment que des chats car la dernière fois que je suis passé devant, la statuette de chat était différente. Nous sommes à quelques pas de la pâtisserie japonaise Usagiya dont on adore les dorayaki, très certainement les meilleurs de Tokyo (je ne les ai bien sûr pas tous testé).


J’ai beaucoup moins regardé le festival Fuji Rock en cette journée de Dimanche. Comme prévu, je n’ai pas vraiment accroché à la prestation de Japanese Breakfast et j’ai vite zappé, mais la bonne surprise venait d’un groupe math-rock taïwanais appelé Elephant Gym. Ils sont trois sur scène et le son du groupe met en avant la basse dont joue KT Chang d’une manière assez inhabituelle. On se laisse assez vite emporter par le rythme des morceaux, le morceau Finger en étant un bon exemple. Il faudrait que j’écoute un peu plus ce groupe. Un peu plus tard, je découvre le musicien anglais Tom Misch que je ne connaissais pas du tout et dont j’aime beaucoup le jeu de guitare. Je manque la plus grande partie de Mogwai le soir car j’ai été beaucoup plus intéressé par la prestation de Zutto Mayo (ずっと真夜中でいいのに) qui était vraiment captivante. Je ne connais pas beaucoup le groupe que Nicolas m’avait recommandé dans les commentaires d’un ancien billet. Par rapport à la plupart des autres groupes, il y avait un réel sens de la mise en scène, qui prenait un côté cyberpunk avec des instruments fabriqués à partir d’objets du quotidien. ACA-Ne et un autre membre du groupe utilisaient par exemple une guitare faite d’un ventilateur. On voyait aussi des percussions faites d’écrans cathodiques de télévision. Je ne me souviens plus de son nom, mais j’avais déjà vu cet inventeur d’instruments dans une émission de télévision. Les morceaux de Zutto Mayo sont très dynamiques, fidèles à ce que je peux connaître du groupe. Comme prévu également, ACA-Ne ne se montre pas. Elle est bien sur scène mais avec une visière sur le visage et les images qu’on peut voir sur YouTube sont flouées volontairement quand elle est à l’écran. Du coup, je vais écouté un peu plus ce groupe. Le festival m’a donné quelques bonnes pistes musicales.

la fraicheur du soleil du soir

Regarder les photographies que j’ai pris de la cascade Yūhi no Taki (夕日の滝) m’apporte un peu de fraicheur en ces journées d’été où il est difficile de sortir dehors pendant de longues heures en plein après midi. Ça ne m’empêche pourtant pas de sortir, même à petites doses, et les photographies s’accumulent en conséquence. La cascade Yūhi no Taki se trouve dans la préfecture de Kanagawa, dans le région de Minami Ashigara (南足柄), au dessus d’Odawara. Il faut à peu près 1 heure et demi pour s’y rendre en voiture (en comptant une heure de plus pour le retour en plein week-end). On dit que cet endroit est le lieu de naissance de Kintarō (金太郎), un héros du folklore japonais. Kintarō est un enfant ayant des forces surnaturelles, ami des animaux, vivant dans la montagne d’Ashigara. Kintarō aurait pris son premier bain sous cette cascade. La cascade fait 23m de hauteur pour 5m de largeur. Elle est plus belle en vrai que les photos qu’on avait pu voir avant de partir ne nous le laissait présager. On peut s’approcher au bord en sautant de cailloux en cailloux et mettre les pieds dans l’eau, ce que j’ai rapidement fait. L’eau est très fraîche ce qui refroidit tout le corps. C’est une sensation agréable. Nous sommes ici à l’ombre, entourés de la forêt tout autour de nous. On s’assoit pendant de longues minutes à regarder l’eau tomber inlassablement, sur un des nombreux rochers entourant le bassin naturel au pied de la cascade. Des particules d’eau viennent gentiment nous éclabousser mais nous ne demandons que cela pour nous rafraîchir. La forêt qui entoure la cascade est très verte, notamment le petit chemin recouvert de mousses Koke profitant très certainement de l’humidité continuelle des lieux. Il y a un campement de vacances à quelques dizaines de mètres de la cascade et quelques vacanciers y sont installés. Un père de famille tente de s’approcher de la cascade pour que l’eau lui tombe sur la tête, sous le regard de son garçon qui approche timidement. J’ai dû mal à imaginer la puissance de l’eau tombant à pic sur 23m, mais j’imagine qu’il n’est pas rare de voir des gens essayer de s’en approcher. Le premier dimanche de Juillet a lieu chaque année une cérémonie shintô appelée Yūhi no Taki Biraki (夕日の滝びらき). Je ne sais pas si elle contient un passage sous la cascade pour ceux qui souhaiteraient tenter l’expérience. Sur les deux premières photographies du billet, j’ai tenté un temps d’exposition très court laissant seulement apparaître quelques traces de lumière. Autant j’ai un souci du cadrage en photographie, autant je ne m’intéresse pas assez à tous les autres paramètres de mon appareil photo. Il faudrait que je tente de prendre quelques photographies de ville de cette manière, en fonction bien sûr de la lumière présente.