un souffle de café

Lors de notre sortie précédente, il y a quelques semaines, vers la pointe de la préfecture de Chiba, dans la petite ville côtière de Tateyama (館山), nous avons découvert un torréfacteur artisanal nommé Blower Coffee Roastery. Le café a ouvert ses portes à Tateyama en mai 2015 et est géré par le torréfacteur Takanobu Nishimura (西村孝信), spécialisé dans les cafés de spécialité torréfiés artisanalement et de nombreuses origines. Le nom Blower (ブロワ) vient du ventilateur mécanique intégré à la machine de torréfaction. Cet appareil contrôle le flux d’air, indispensable à la torréfaction et au refroidissement des grains. Nishimura a choisi ce nom avec l’idée de faire souffler un vent de café depuis Tateyama vers le reste du monde. L’ambiance dans cette baraque de bois y est paisible, à l’écart de tout en pleine nature. On peut prendre son café sur une petite terrasse ouverte sur l’extérieur, avec devant nous une entrée de béton vers des vestiges de tunnels utilisés pendant la seconde guerre mondiale. Le café Blower est un peu loin du centre de Tateyama et certainement peu pratique d’accès sans voiture, mais nous n’étions pourtant pas les seuls sur place.

Musicalement, j’écoute en ce moment deux albums du groupe Suchmos que j’ai trouvé au Disk Union de Shinjuku, d’abord The Ashtray sorti en 2018 puis The Kids sorti l’année d’avant en 2017. Je connaissais quelques morceaux du groupe, notamment le single Stay Tune de l’album The Kids et VOLT-AGE de The Ashtray, ce dernier étant utilisé par la NHK comme thème musical de la coupe du monde de football de 2018. Suchmos mélange les genres, puisant dans le rock, le jazz, le hip-hop, la soul et le funk afro-américains. Il en ressort une ambiance absolument cool porté par le groove décontracté du chanteur Yonce, dont j’adore la voix. L’album The Kids est à mon avis plus abouti que The Ashtray, avec des pépites comme A.G.I.T. qui ouvre l’album, l’incontournable Stay Tune bien sûr, le groove raffiné de Snooze, la mélancolie lumineuse de Mint. J’ai aussi un gros faible pour le morceau un psychédélique Seaweed. C’est super maîtrisé mais en même temps complètement déconcertant de coolitude. Sur The Ashtray, le morceau ouvrant l’album 808 est également très emblématique du groupe, entre approche rythmée et soul rêveuse, avec toujours la voix aérienne de Yonce. Le morceau est sublime. VOLT-AGE qui suit est très différent, avec une énergie rock qui monte en puissance le long des sept minutes du morceau. J’aime aussi la chaleur du morceau Funny Gold et l’approche plus contemplative du magnifique morceau One Day in Avenue. Je ressens sur de nombreux morceaux de Suchmos une ambiance estivale. Ils ne sont pas originaires des côtes de Chiba, mais de celles du Shōnan dans la préfecture de Kanagawa que je connais plutôt bien. Je vais continuer à découvrir les autres albums et j’aimerais maintenant les voir en concert. Après une interruption de leurs activités en 2021, suite au décès de leur bassiste HSU (Hayata Kosugi), Suchmos a fait son retour avec un concert au Fuji Rock Festival le 25 juillet, qui constituait leur première grande apparition en festival depuis leur reformation. J’avais regardé en direct sur YouTube ce concert qui m’avait beaucoup plu. Ce n’est qu’un an plus tard que ces images me sont revenues en tête me donnant envie d’écouter leurs albums.

Le morceau VOLT-AGE utilisé par la NHK pour la coupe du monde de football de 2018 me rappelle bien sûr des bons souvenirs pour l’équipe de France. J’écoute en ce moment beaucoup de podcasts français couvrant la Coupe du Monde 2026 de football. J’aime toujours suivre les grandes compétitions internationales mais je suis cette fois-ci particulièrement passionné par cette coupe du monde et par les performances de l’équipe de France, jusqu’à cette demi-finale malheureuse et même incompréhensible contre l’Espagne. Pour être très honnête, je ne connaissais pas bien cette équipe à part son capitaine et quelques autres, mais les émissions de radio du journal de l’Équipe, de RTL et RMC ont énormément contribué à combler mes lacunes et à mieux connaître les particularités de cette équipe et de ses adversaires. Je me lève même à 4h ou 5h du matin pour regarder la plupart des grands matches (en buvant du café glacé) lorsqu’ils sont retransmis en direct sur les chaînes japonaises, tout en écoutant les commentaires pendant et après le match de la radio RMC. Je pense que comme beaucoup, j’ai été poussé par l’espoir d’une troisième étoile avec une équipe qui faisait pratiquement l’unanimité. L’équipe reste très belle même si elle ne gagnera désormais pas la finale et nous a fait en tout cas rêver pendant plusieurs semaines. Ça me laissera certainement un manque quand cette compétition sera terminée mais je doute en même temps continuer à écouter ces émissions de radio après la fin de le coupe du monde. Ce sera comme une parenthèse qui se refermera, un souffle de café qui s’envolera au large pour ne revenir que dans quatre ans.

a long way to the seaside

Il y a quelques semaines, lors d’une journée de week-end un peu couverte, nous avons poussé jusqu’à la pointe de la préfecture de Chiba près de Sunosaki, au delà de Tateyama au Sud de la péninsule de Bōsō, pour la vue ouverte sur l’océan, pour y déguster du poisson frais et des chinchards frits (ajifrai, アジフライ) le midi, puis visiter plus tard le sanctuaire Awa (安房神社), réputé comme étant un power spot (パワースポット). Le sanctuaire aurait plus de 2 670 ans et sa fondation remonterait à l’époque légendaire de l’empereur Jinmu. Il est dédié principalement à Amenofutodama-no-Mikoto, associé aux arts, à l’artisanat et aux activités industrielles. Pour cette raison, de nombreux entrepreneurs, artisans et créateurs viennent y prier pour la réussite professionnelle et la prospérité.

En arrivant près du sanctuaire, on apprécie la longue allée bordée de plantations basses de cerisiers qui nous amène devant un grand torii blanc à l’entrée. L’enceinte du sanctuaire est bordée d’une forêt dense donnant une atmosphère calme et apaisante. On y trouve des conifères maki (槇) à feuillage persistant très présent dans le sud de la péninsule de Bōsō. Un de ses grands maki est considéré comme un arbre sacré. Le maki est traditionnellement utilisé comme brise-vent dans le Sud de Chiba. Avec les îles au large de Tokyo, cette zone de Chiba faisant directement face à l’océan est régulièrement la première à souffrir à l’arrivée des typhons et des tempêtes de la saison des pluies. Près du hall principal Haiden, je suis particulièrement intrigué par les racines compliquées d’un autre arbre. Je pense qu’i, s’agit d’un vieux cèdre.

playing with pods

Ce n’est pas la première fois que je prends des tétrapodes (テトラポッド) en photo et ce ne sera sûrement pas la dernière, car ces objets sont fascinants. Ce genre d’infrastructure de béton brutalise autant les côtes qu’il les protège de l’érosion et des vagues. Ils sont posés en vrac, les uns sur les autres.

Je me suis toujours demandé si cette organisation désordonnée pouvait créer des espaces vides entre ces volumes de béton armé au-dessus de l’océan, des espaces exigus dans lesquels pourrait s’infiltrer une personne. Loin de moi l’idée, cependant, d’aller grimper sur ces blocs pour y chercher des passages secrets vers des espaces intérieurs.

Peut-être que ces vides n’existent que dans mon imagination et qu’ils ne sont que des poches d’ombre où s’engouffrent le vent et le bruit des vagues. Je me suis aussi dit qu’on pourrait peut-être y découvrir un Tokyo Parallèle, mais nous ne sommes pas à Tokyo. Nous sommes ici à Chiba, à Tateyama, à l’extrémité de la préfecture.

Si un passage existait réellement entre ces blocs, il ne conduirait sans doute pas à des espaces cachés de la ville. Il déboucherait peut-être sur un endroit où l’on se retrouverait seul, dans une chambre de béton ouverte sur l’horizon de l’océan. Je n’irais pas vérifier ce qu’il y a entre ces masses de béton. Je préfère conserver l’idée qu’elles abritent quelque chose d’inaccessible. J’ai simplement pris ces quelques photographies, en y ajoutant une part d’ombre, puis je suis resté face à la mer, laissant aux tétrapodes le soin de garder leur secret.

J’écoute en ce moment le EP Suture (2022) de l’artiste électronique underground britannique KAVARI, de son vrai nom Cameron Sofia Winters. La musique de KAVARI est puissante et sans concession, et n’est clairement pas pour toutes les oreilles. Cet EP de quatre morceaux pour un total de 15 minutes mêle des éléments d’électronique industrielle, de dark ambient et de toutes sortes de distorsions et de sons expérimentaux. Les fragments de voix utilisés sont souvent étranges, comme des extraits de films d’épouvante. Des titres comme Attachment Style ou Someone Loved It mêlent des textures abrasives, des basses profondes et ces voix fragmentées, créant une atmosphère qui peut rappeler une forme de romantisme sombre presque gothique. Les deformations sonores sont parfois extrêmes et en deviendraient même choquantes comme sur le troisième morceau Mirroring (Like Me), mais de cet univers sombre en ressort une beauté diffuse qui nous accapare au fur et à mesure des écoutes. La tension que je qualifierais de psychologique est omniprésente mais des moments de lumière apparaissent tout de même en cours de route, notamment sur le dernier morceau Ventilate, mais seulement après un beat incisif qui martèle notre esprit. Cette musique est très exigeante mais, dans le genre, c’est extrêmement brillant car d’une efficacité et d’une maîtrise redoutable. J’avais découvert KAvARI à travers les playlists de Yeule sur la radio NTS, et les morceaux qu’elle avait choisi faisaient partie des plus difficiles d’approche. Cet EP est en comparaison plus facile à appréhender.

le sanctuaire à deux étages de Chiba

Nous visitons régulièrement les sanctuaires et temples du Kanto. Je pourrais en faire une liste mais ils sont déjà tous notés dans mon carnet avec leur sceau goshuin respectif. Je termine d’ailleurs bientôt mon quatrième carnet. Le sanctuaire ci-dessus est le Chiba Jinja Myōken Hongū (千葉神社 妙見本宮), appelé plus simplement sanctuaire de Chiba. Il est situé dans l’arrondissement de Chūō, dans la ville de Chiba, elle-même située dans la préfecture de Chiba. Il est dédié à Myōken, une divinité liée à l’étoile polaire et à la Grande Ourse. Il a été fondé autour de l’an 1000 et était à l’origine établi comme temple bouddhique sous la protection du clan Chiba, mais fut transformé en sanctuaire shintō durant l’époque Meiji. Il incarne donc une fusion des traditions bouddhiques et shintō, ce qui n’est pas particulièrement rare au Japon. Par contre, une particularité tout à fait unique du sanctuaire est que son bâtiment principal possède une structure à deux niveaux avec des salles de prière à la fois supérieures et inférieures. C’est la première fois que je vois ce type de configuration et il s’agit apparemment d’une particularité unique du sanctuaire de Chiba.

ギャラリーのなんかさ、コインランドリーのなんかね

J’aime beaucoup passer devant la petite galerie d’art ano-mise/ano-gallery à Jingumae pour voir sa devanture. Je n’y suis pas entré cette fois-ci car l’horaire était trop matinale. On y montre des illustrations de styles parfois très différents, comme c’était le cas ici, sous le nom de Ukiyo Tokyo (浮世東京). Cette appellation laisse penser qu’il s’agit d’une réinterprétation actualisée du style Ukiye. Sur la devanture, l’illustration de gauche de l’artiste Tatamipi prend un style kawaii tandis que celle de droite par l’illustrateur Nxhqt et le designer neybell est proche de styles à tendances horrifiques qui me rappellent dans l’esprit l’artiste Orihara (qui dessine Ado depuis ses débuts). Je continue ensuite ma marche jusqu’au carrefour d’Harajuku pour remonter ensuite en direction de Yoyogi, où je verrais le gymnase olympique de Kenzo Tange, montré dans le billet précédent.

Le Nokogiriyama Museum of Art, dont je parlais très rapidement dans le billet précédent, montrait une série de sculptures sur bois de l’artiste Gakou Kuwayama (桒山賀行). L’artiste né en 1948 est originaire de la ville de Tokoname (常滑), dans la préfecture d’Aichi. La sculpture noire placée devant un des murs de béton du musée à l’entrée de l’exposition est pour moi la plus marquante. Les expositions de l’artiste ont la particularité de permettre aux personnes malvoyantes de toucher les œuvres. Lors de notre visite, une personne touchait en effet chaque sculpture, les unes après les autres, ce qui m’a d’abord beaucoup surpris jusqu’à ce que je lise que c’était en fait autorisé par le sculpteur. A vrai dire, je ne me suis pas permis de toucher aux visages très expressifs des sculptures de Gakou Kuwayama. Cela reste inhabituel de toucher le corps des autres.

J’aurais pu regrouper les photographies de ce billet et du précédent de manière différente, par unité de lieu et de temps, mais une fois de plus, je préfère brouiller les pistes, en privilégiant des concordances qui me paraissaient plus adaptées.

Les soirs de semaine, il n’est pas rare que je m’endorme de fatigue devant la télévision assis derrière la table de la salle à manger. Je me réveille parfois en sursaut ou plus souvent en douceur comme cette soirée du Mercredi entre 22h et 23h. Sur la chaine Nihon Television (ニテレ ou NTV), on y montre un drama. A l’écran, je reconnais tout de suite l’actrice Hana Sugisaki (杉咲花) qui semble avoir le rôle principal. Elle me pousse à suivre l’histoire. Bien qu’il s’agisse du deuxième épisode de la série, j’arrive vite à comprendre qu’on y parle de rapports humains, de relations amoureuses pour lesquelles on se pose beaucoup de questions. Le rythme lent et introspectif, l’attitude des personnages à l’écran me plait assez vite car tout cela me rappelle le style narratif du réalisateur Rikiya Imaizumi (今泉力哉) dont j’ai déjà parlé dans un précédent billet intitulé GTW (Green Train to Wakabayashi) au sujet de deux de ses films qui m’ont marqué. Je n’ai pas été très surpris de voir son nom apparaître au générique de fin et même assez satisfait d’avoir reconnu son style, certes aux antipodes de ce qu’on peut voir d’habitude dans la plupart des drama télévisés. Une fois l’épisode terminé, je me dirige pour voir sur Netflix si la série y est incluse, ce qui est assez souvent le cas pour les drama en cours. C’est bien le cas ce qui me donne l’occasion de regarder le premier épisode, initialement diffusé le 14 janvier 2026 sur NTV. Le drama s’intitule Fuyu no nanka sa, Haru no nanka ne (冬のなんかさ、春のなんかね), qui apparaît également sur Netflix sous le titre francisé Les murmures de l’hiver. On pourrait traduire par « ce quelque chose de l’hiver, puis ce quelque chose du printemps », mais ce titre donne avant tout l’idée d’une discussion un peu hésitante et presque nonchalante de quelqu’un qui cherche ses mots plutôt que de nommer les choses clairement. Ce titre résume bien l’esprit du drama, du moins les deux épisodes que j’en ai vu pour l’instant, évoquant des relations amoureuses hésitantes et parfois maladroites.

Les premières scènes se déroulent dans une laverie automatique pendant une nuit d’hiver. Ayana Tsuchida interprétée par Hana Sugisaki (杉咲花) y est seule, affalée sur la table au centre de la pièce, écouteurs dans les oreilles écoutant une musique rock. Ayana est une jeune romancière hésitante, personnage central de l’histoire. Un jeune homme entre en scène, venant vérifier si sa lessive est terminée. Il s’assoit à la même table, et on voit qu’il est, comme nous, intrigué par la musique rock qui émane des écouteurs de la jeune fille. Il la regarde puis détourne le regard, puis finit par lui demander si c’est Michelle qu’elle écoute? Une discussion amicale démarre ensuite, pleine de petits silences et de maladresses, typiques du cinéma de Rikiya Imaizumi. Ayana possède une machine à laver chez elle mais aime volontairement laver son linge dans cette laverie automatique. L’homme qui s’appelle Yukio, interprété par Ryō Narita (成田凌), est coiffeur de profession et est venu dans cette laverie car la machine de son salon est en panne. Je vais aussi dans les laveries automatiques, enfin rarement mais au moins une fois par an pour laver les rideaux. Je comprends assez bien l’attirance d’Ayana pour ces endroits, du moins lorsque qu’ils ne sont pas trop étroits et délabrés. J’y vois un moment réservé comme bloqué dans le temps. J’ai écrit plusieurs billets de ce blog dans des laveries. Tiens, je devrais peut-être à l’avenir mentionner où sont écrits mes billets à la fin de ceux-ci comme à la fin d’une lettre écrite (« À la laverie automatique de Yoyogi Uehara »).

Mais qui est le groupe Michelle qu’Ayana écoute très fort dans la laverie automatique? Bon, on comprend immédiatement qu’il s’agit du groupe Thee Michelle Gun Elephant (ミッシェル・ガン・エレファント), souvent abrégé en TMGE ou seulement Michelle (ミッシェル) comme dans le drama. Michelle était un groupe garage punk originaire de Tokyo, fondé en 1991 puis dissout en 2003. Il se composait du leader Yusuke Chiba (チバユウスケ) au chant et à la guitare, Futoshi Abe (アベフトシ) à la guitare, Kōji Ueno (ウエノコウジ) à la basse et Kazuyuki Kuhara (クハラカズユキ) à la batterie. Yusuke Chiba et Futoshi Abe ne sont plus de ce monde, emportés par des maladies. Thee Michelle Gun Elephant est un groupe important de la scène rock japonaise mais je ne m’étais à vrai dire jamais penché sur leurs albums jusqu’à maintenant, après avoir vu le premier épisode du drama. Il m’a d’abord fallu découvrir quel morceau du groupe Ayana écoutait dans la laverie. Quelques recherches m’amènent vers le morceau Blue nylon shirts (from bathroom) de leur deuxième album High Time sorti en 1996. Les commentaires sur la page YouTube du morceau me confirment que je ne suis pas le seul à avoir suivi ce chemin jusqu’à ce morceau de Michelle. J’aime déjà beaucoup le morceau ce qui me pousse à écouter l’album High Time, dont j’ai maintenant du mal à me détacher tant son énergie est absorbante dès le premier morceau brand new stone. Les sons de guitares sont puissants et lourds mais possèdent en même temps un certain groove et des riffs qui m’attirent. La voix de Yusuke Chiba à tendance punk par son léger éraillement oscille entre chant et cris. Les morceaux de l’album, comme le deuxième Lily (リリィ) qui est peut-être le meilleur de l’album, sont enragés et sont joués dans l’urgence du moment, mais gardent un sens mélodique très marqué. Pour être clair, plus j’écoute l’album, plus j’ai envie de le réécouter. Il faut dire que les premiers morceaux s’enchaînent à un rythme effréné et le cinquième intitulé Chandelier (シャンデリヤ) en est en quelque sorte le pic. Le sixième morceau Blue nylon shirts (from bathroom) est celui utilisé dans le drama. Il apaise un peu l’album. Dans le drama, le personnage joué par Hana Sugisaki assise dans la laverie automatique montre en fait la pochette de l’album High Time sur son iPhone, ce qui a grandement facilité mes recherches. Cette photographie montrant un personnage masqué est étrange et même un peu inquiétante. Elle a dû être prise dans un supermarché ou un drugstore américain car cet album a été enregistré aux États Unis. Sur la page Wikipedia japonaise du groupe (la française est déjà bien documenté), je lis que Thee Michelle Gun Elephant était actif à la même période que BLANKEY JET CITY et ont partagé l’affiche du Fuji Rock Festival de l’année 2000 comme représentants majeurs du rock japonais. On dit que les deux groupes entretenaient des relations amicales. C’est vrai qu’ils évoluent dans des styles rock sans concession assez similaire. Mon attirance soudaine envers la musique de Michelle va très certainement me pousser vers d’autres albums de leur discographie. Je suis en tout cas très impressionné par l’album High Time, et reconnaissant envers le réalisateur Rikiya Imaizumi et l’actrice Hana Sugisaki de me l’avoir fait découvrir dans d’excellentes conditions.