Enoshima avant la nouvelle année

La nouvelle année 2022, que je souhaite bonne et heureuse à tous, vient de démarrer et il me reste quelques photographies de l’année passée à montrer ici. J’ai essayé de toutes les montrer avant la fin de l’année 2021, mais le temps m’a manqué. La nouvelle année étant la continuation de l’année précédente, je me permets donc de montrer des photographies de 2021. Cette série a été prise le 30 Décembre à Enoshima. C’est devenu pour nous une sorte de rituel de passer une journée à Enoshima, quelques jours avant le passage à la nouvelle année. Lorsque nous passions le nouvel an à Kamakura il y a plusieurs années de cela, nous y allions plutôt lors des premiers jours de l’année. Nous montons comme toujours jusqu’au sanctuaire principal mais nous ne traversons pas l’île car la nuit tombe vite. Un de mes endroits préférés à Enoshima est près du grand torii rouge que je montre sur les deuxième et dernière photographies. Il se forme à cet endroit un croisement où les chemins bifurques entre celui qui monte vers le sanctuaire et celui qui en descend. Lorsque la nuit tombe, les lampions s’allument et donnent une ambiance de matsuri. J’aime beaucoup cette ambiance dans la pénombre car les lampions apportent une certaine chaleur qui nous réchauffe dans le froid de la toute fin du mois de Décembre.

un éclat de vague pour nous repousser en arrière

Nous n’allons malheureusement pas aussi souvent qu’avant sur les plages du Shōnan, mais cet endroit aux bords de la plage de Shichirigahama m’attire toujours autant, surtout quand nous y allons le soir lorsque le soleil commence doucement à faiblir. A chaque fois que nous venons ici, le souvenir d’un été en 2019 me revient en tête. J’étais venu seul m’asseoir un long moment près des rochers de la pointe d’Inamuragasaki pour regarder les éclats de vagues qui veillent à délimiter leur territoire et l’île d’Enoshima au loin qui rivalise à l’horizon avec le Mont Fuji. Il y avait peu de baigneurs même si les températures extérieures étaient douces, même chaudes pour un mois d’automne. Les surfeurs étaient de sortie car les vagues étaient relativement fortes, mais ils semblaient plutôt regarder ces vagues défilées sans broncher. Regarder les vagues est hypnotisant. Nous reprenons la voiture avant que la nuit tombe. La route 134 qui nous rapproche d’Enoshima se faufile un chemin entre l’océan sur la gauche et la ligne de train Enoden. On roule doucement car nous ne sommes pas les seuls sur cette route à vouloir profiter du soleil se couchant sur Enoshima, mais nous bifurquons finalement au niveau de Koshigoe pour retourner dans les terres. Je garderais en tête ces images de vagues agitées que j’ai saisi en vidéo pendant une trentaine de secondes et publiées sur ma page Instagram.

Je n’avais pas réalisé au premier abord qu’Utena Kobayashi (小林うてな) avait participé à quelques morceaux du rappeur Kid Fresino sur son album de 2018 ài qíng. Je m’étais plongé dans cet album à l’époque car j’aimais particulièrement le morceau d’ouverture Coïncidence, pour sa vidéo dans la neige à Shinjuku mais aussi pour son utilisation de l’instrument Steel Pan. Il se trouve qu’Utena est spécialiste de cet instrument et jouait justement sur ce morceau. Je me lance maintenant dans l’écoute du dernier album d’Utena Kobayashi, intitulé 6 roads et sorti il y a quelques mois cette année. On n’y entend par contre que très peu de Steel Pan. Utena compose, chante et s’entoure d’un univers musical enveloppant. Son album ne se compose que de 7 morceaux pour 34 minutes au total, mais quelle richesse de sons et quelle atmosphère ! Les morceaux oscillent entre des ambiances New Age et électroniques, vers des sons transe même parfois sur un morceau comme Retsu (裂). Il y a à chaque fois plusieurs idées mélodiques par morceaux. Le quatrième morceau VATONSE en est un bon exemple. Les morceaux sont parfois sombres voire mystiques, mélangent les chœurs avec des percussions ressemblant à du taiko (le morceau Raiun (雷雲)). Mais il y a aussi une multitude de sonorités dissonantes électroniques qui donnent un ensemble excentrique. Le nom de certains morceaux faisant référence à des temples (Zhan-Ti-Sui Temple) ou montagnes (Mt. Teng-Tzu) aux ambiances asiatiques renforcent très certainement cette impression mystique. Cette musique est très inspirée, relativement non conventionnelle. Le premier morceau GONIA SE IIMIX donne bien le ton et le dernier morceau Iris nous achève en beauté. J’ai beaucoup de mal à décider quel morceau je préfère de l’album car ils ont tous une particularité tout en s’inscrivant dans un ensemble, un voyage de quelques dizaines de minutes loin de ce monde terrestre.

On peut également découvrir la musique d’Utena Kobayashi à travers le tout simplement magnifique Silver Garden Recital, en entier sur YouTube, reprenant quelques morceaux de 6 roads ainsi que d’autres très beaux morceaux (le morceau Rose est un bijou). Le récital se termine également sur Iris qui possède une puissance à taille céleste. Si ça ne suffit pas pour y jeter une oreille…

⁂▼大船へ▼⁂

Ces photographies datent d’il y a exactement 1 an. Elles sont prises à Ōfuna dans la préfecture de Kanagawa, tout près de Kamakura, juste avant le déménagement de la mère de Mari. Je gardais ces photographies dans un billet en brouillon pendant tout ce temps et je me demande maintenant pourquoi. Les photos en elles-mêmes n’ont très certainement rien de vraiment intéressant pour le visiteur, mais le sont pour moi et je les regarde maintenant avec une nostalgie certaine. Je me rends compte qu’on arrive aux limites du blog, quand j’en viens à montrer des photos qui n’intéressent à priori que moi-même. Dans ce cas là, pourquoi les montrer sur Internet et ne pas les garder plutôt dans un dossier du disque dur de mon ordinateur? Pendant environ 18 ans, j’ai pris beaucoup de photos dans les quartiers de Kamakura et cette série ci-dessus vient conclure cet épisode. Cette conclusion visuelle m’est nécessaire, notamment parce qu’elle me rappelle la conversation que j’ai eu avec mon fils lorsque l’on marchait une dernière fois le long de la rivière montrée sur la quatrième photographie. Le petit sanctuaire en haut de la colline sur la première photo me rappelle les cérémonies du premier de l’an lorsqu’on s’y rendait après minuit le premier jour de chaque année, après avoir regardé l’emission Kōhaku. Cette photographie n’a pas de qualité particulière et ne parlera qu’à moi-même. Je les publie sur le blog car j’ai envie de tomber dessus par hasard, dans quelques années peut-être, lorsque je parcourais une nouvelle fois ces pages. Il m’arrive régulièrement de choisir un mois au hasard dans les 18 années d’archives de ce blog, et de relire ce que j’écrivais à l’époque. Pouvoir me relire des années après est une des raisons qui me font continuer mais la motivation est parfois en berne. Je prends beaucoup moins de photos en ce moment le week-end et l’envie d’en prendre est au plus bas, notamment car j’ai de plus en plus l’impression de me répéter. C’est un sentiment étrange car cela fait des années maintenant que je me répète dans mes photographies, mais ma motivation pour écrire au sujet de ces photos s’est atténuée ces derniers temps. Je pense que c’est dû au fait qu’on ne bouge pas beaucoup de chez nous ces dernières semaines à cause de la situation sanitaire et les recommandations de rester chez soi. Je regarde du coup beaucoup plus Netflix et notamment la série Lupin avec Omar Sy qui commence vraiment très bien. Mais je connais ces baisses de régime occasionnelles et la machine repart plus tard comme si de rien n’était. L’envie d’écrire sur la musique que j’aime est de toute façon plus forte que mes doutes sur l’utilité de ce blog.

une vue du Mont Fuji (2)

Toujours en Décembre 2020, pendant mes jours de congé, nous sommes retournés près de Kamakura dans des endroits que l’on connaît très bien mais où nous n’étions pas retournés depuis environ 1 an. Après un déjeuné au restaurant de soba Kokonotsuido situé entre le croisement Harajuku de la route 1 et Ōfuna, nous nous dirigeons ensuite vers les plages du shōnan à Enoshima. On n’y trouva heureusement pas la foule typique du premier de l’an, quoique je ne suis pas certain de la manière dont s’est passé le nouvel an cette année en raison de la situation actuelle. Nous ne marcherons pas jusqu’à l’autre bout de l’île cette fois-ci, par manque de temps. On s’arrête à mi-chemin au niveau du sanctuaire, pour notamment récupérer le goshuin et pour admirer la vue depuis les hauteurs de l’île. Le Mont Fuji est bien caché derrière les nuages et nous ne le verrons qu’à la fin de la journée sous un début de soleil couchant. En entrant dans l’étroite allée principale, on passe dessous une première porte torii indiquant le nom du sanctuaire écrit d’une manière très stylisée. On ne s’était jamais interrogé sur cette écriture jusqu’à maintenant. J’étais d’avis que cette écriture, qu’on peut voir sur la deuxième photographie du billet, s’inspirait de la forme des petits poissons blancs Shirasu qui sont la spécialité de l’île. Mari pensait plutôt à des pigeons ce qui me paraissait plutôt improbable. Au moment où nous avons reçu les goshuin, la dame du sanctuaire a levé ce mystère et nous a confirmé qu’il s’agissait bien de pigeons. J’ai donc perdu mon pari.

Je parle souvent des goshuin, les sceaux des sanctuaires ou des temples, que l’on collectionne dans un carnet. Je montre ci-dessus quelques pages de ce carnet que j’ai acheté au sanctuaire Koami de Nihonbashi. Le goshuin du sanctuaire d’Enoshima est celui en haut à droite. Un goshuin peut être préparé sur un papier indépendant que l’on coule dans le carnet ou peut être directement écrit et tamponner sur le carnet par une personne du temple ou sanctuaire, comme les deux pages en bas à droite.

En ce qui concerne le blog, j’ai ajouté dans les liens de l’en-tête une page regroupant tous les textes de l’histoire de Kei de la série Du songe à la lumière, en incluant le l’épisode 6 que je viens de publier ainsi que les autres 5 épisodes écrits jusqu’à maintenant. Comme je l’écrivais auparavant, je prends mon temps pour écrire cette histoire car l’inspiration ne me vient que de temps en temps, mais j’aime beaucoup le temps que je passe à y réfléchir et à l’écrire. Dans l’en-tête, j’ai également ré-ajouté la page d’enquête adressée aux visiteurs du site. N’hésitez pas à passer quelques minutes pour y répondre, ou laisser un commentaire, car c’est un moyen pour moi d’avoir une meilleure vue sur qui suit ou visite ce blog (l’enquête peut rester anonyme).

du soba sur la colline

Ces quelques photographies prises au restaurant de soba Raitei らい亭 sur les collines boisées de Kamakurayama datent déjà de plusieurs semaines. Il s’agit encore d’un endroit où nous ne sommes pas allés depuis longtemps. Depuis 2008, si j’en crois ce blog. Il m’arrive de plus en plus souvent de faire une recherche sur Made in Tokyo pour vérifier quand nous sommes précédemment allés dans un lieu. Ce blog est comme une extension mémorielle et j’y retrouve beaucoup de choses que j’avais déjà oublié. Il m’arrive parfois de tomber sur mon blog en faisant une recherche particulière sur Google. Les bâtiments et jardins de Raitei n’ont pas changé malgré les années. Le bâtiment principal qui sert de restaurant avec salle à l’étage que l’on peut utiliser pour des célébrations, date de l’époque Edo et fut déplacé sur cette colline en 1929. Cette résidence fut transformée en restaurant en 1969. Nous avions pensé à cet endroit pour le repas de notre mariage il y a 16 ans pour finalement choisir un autre endroit un peu plus loin sur les collines de Kamakurayama. Les jardins de Raitei sont légèrement laissés à l’abandon. En fait, ils sont entretenus mais laissent une impression d’état sauvage. En fait, quand je revois ce jardin, je me souviens que nous y sommes allés peu après mars 2011 car une photographie en témoigne. On y voit une stèle écroulée car elle n’avait pas résisté au tremblement de terre du Tohoku qui avait frappé jusqu’à Kamakura. On voit sur la troisième photographie qu’elle a été remontée. Cette image m’avait marqué.