まだ始まらないふりにして

Avant d’écrire mon premier billet pour la nouvelle année qui démarre, j’ai pris l’habitude de jeter un œil sur les billets que j’ai écrit les années précédentes. Ils sont en général longs et détaillés en commençant par un passage en revue de l’émission de la NHK Kōhaku Uta Gassen. Je fais le même genre de long billet depuis Janvier 2017 et j’ai même tendance à répéter les mêmes choses. Ce début d’année est plus calme que d’habitude et la principale différence est que nous ne l’avons pas passé près de Kamakura suite au déménagement de la mère de Mari à Tokyo. Nous restons donc à Tokyo cette année et nous ne nous déplacerons pas beaucoup. Au début de l’année, je me pose toujours la question de ce que je devrais changer dans ma manière d’écrire ce blog. J’ai l’impression que les marches de manœuvre sont de toute façon assez limitées, donc je ne me formalise plus beaucoup sur ce genre de réflexion. J’aimerais quand même reprendre la création de morceaux électroniques, reprendre mes illustrations ou écrire de nouveaux épisodes de ma série sur l’histoire de Kei. Je suis d’ailleurs en train d’écrire le sixième épisode de cette histoire depuis un petit moment. L’écriture d’une fiction me prend beaucoup de temps, mais j’adore passer ce temps à imaginer petit à petit le déroulement de cette histoire. Parfois, j’aimerais transformer ce blog entier en une œuvre de fiction. Sans aller aussi loin, je vais quand même essayer de regrouper ces textes que j’ai commencé à écrire en 2017 sur une page du blog pour qu’ils puissent être lus dans la continuité.

Je vais aussi continuer ma revue des concerts de Sheena Ringo et Tokyo Jihen, le prochain sera Just Can’t Help It. Sur la vingtaine qu’il existe en tout, j’ai déjà écrit un billet sur plus de la moitié d’entre eux et il me reste huit concerts à couvrir sur ce blog. Parmi ces huit concerts, il y en a trois que je ne possède pas encore en DVD ou Blu-ray. Je ne sais pas s’il existe un autre groupe ou artiste qui a sorti autant de concerts en vidéo. J’éprouve en tout cas toujours le même plaisir à les regarder et les commenter ensuite. Je ne pense pas, par contre, m’étendre autant que j’ai pu le faire sur Electric Mole, dans mon dernier billet sur ce sujet. Tokyo Jihen a également été très actif ces derniers mois avec des nouveaux morceaux et des passages dans les émissions musicales télévisées de fin d’année, pour mon plus grand plaisir, que ça soit sur les émissions FNS ou Music Station que j’ai déjà brièvement mentionné ou lors de l’émission Kōhaku du 31 Décembre. Comme je le mentionnais dans un billet précédent, ils ont joué une version modifiée du morceau Uru Uru Urū (うるうるうるう) sous le nom de Uru Uru Urū ~ Nōdōteki Urū Shime Hen (うるうるうるう~能動的閏〆篇~ ). Le groupe était habillé en yukata avec logo de paon et jouait dans un studio séparé, entouré d’écrans similaires à ceux qu’on pouvait voir pendant les concerts de la tournée News Flash. On peut d’ailleurs acheter ces yukata sur la boutique de Ringohan, mais il faut à priori aimer se faire remarquer. Leur prestation était beaucoup plus posée que celle de Music Station où Sheena était habillée en boxeur, mais pas pour autant moins mémorable. La mise en scène était travaillée avec des danseuses Awaodori intervenant à la fin du morceau et une chorégraphie de MIKIKO. L’émission Kōhaku semblait plus courte que d’habitude, peut être parce qu’elle se passait sans public dans la salle du NHK Hall. La nouvelle année arrive enfin et on est bien content de faire notre adieu à l’année précédente bien qu’elle n’a pas été aussi mauvaise que cela sur de nombreux points, au moins pour ce blog. J’ai quand même pu prendre beaucoup (trop) de photos l’année dernière et on a démarré des activités que nous n’avions pas fait auparavant. J’aurais un certain nombre de photographies de la fin Décembre à montrer un peu plus tard, mais j’hésite un peu. Ou alors, il me faudra être plus sélectif dans les photographies que je montre. Celles de la série ci-dessus sont prises dans le quartier de Naka-Meguro et Ebisu dans les tous premiers jours de cette année (hier en fait). Les troisième et quatrième montre une maison aux formes très intéressantes. Il s’agit de SRK par ARTechnic Architects.

Le premier jour de cette année, je surveillais également ma boîte email, car je m’entendais à recevoir une annonce de Tokyo Jihen. L’année dernière, ils avaient annoncé leur réformation le 1er Janvier. Je me suis donc dit qu’il pourrait également y avoir une annonce le 1er Janvier 2021, peut être une nouvelle tournée ou un nouvel album. C’est certainement beaucoup trop tôt pour lancer sereinement une nouvelle tournée. Tokyo Jihen a plutôt annoncé un nouvel album en préparation sans donner de date précise, sous le nom de code 2O2O+X. Le court teaser pourra difficilement nous faire patienter et j’espère qu’une date sera bientôt annoncée. Toujours pour nous faire attendre, le groupe partage une photo, celle ci-dessus, toujours avec un brin d’extravagance dans leur accoutrement (apparemment totalement en Gucci).

Ces dernières semaines, j’ai un peu moins parlé des découvertes musicales que j’ai pu faire mais j’ai quand même écouté de très belles choses. Avec le début d’année, de nombreux blogs ou sites musicaux que je suis attentivement font leur top 10 ou 100 des meilleurs albums de l’année 2020. Je ne me lancerais pas à lister le mien car il donnerait une vue très partielle de l’année 2020, mais j’aime beaucoup lire ceux des autres en gardant un regard critique, voire très critique parfois, ce qui fait partie du plaisir de découvrir ces classements. Je me questionne souvent sur la justesse des goûts musicaux des personnes faisant ces classements, mais je me rends compte aussi qu’il est très difficile d’avoir une influence sur son public. Je me pose souvent la question du nombre de personnes qui ont découvert un nouveau groupe ou un/une artiste grâce à mon blog. Je pense qu’on a tendance à s’aventurer vers des noms que l’on connaît déjà mais qu’il est plus difficile, à travers la simple recommandation d’un blogger ou d’un tweet, de se plonger naturellement dans la découverte d’un nouvel artiste dont on n’a jamais entendu parler. C’est certainement une question de temps disponible. Quand un blogger nous donne une liste de 100 albums, on a guère le temps ou le courage de se mettre à les écouter un à un. En ce qui me concerne, la couverture d’un album peut être un déclencheur. Il est rare que j’apprécie un album si je déteste la couverture. Cela fait partie d’un tout et si la couverture du disque me déplaît, c’est souvent parce que l’univers de l’artiste ne correspond pas exactement à ce que je recherche. Il y a de nombreuses exceptions et beaucoup de couvertures d’albums qui sont beaucoup plus fades que leur contenu. Mais le mauvais goût graphique est souvent synonyme pour moi d’une insuffisance qualitative de la musique. Dans les listes de fin d’année, je suis en général très attentif à celle de Pitchfork, sauf cette année. En fait, j’ai inconsciemment pratiquement tourné le dos à la musique occidentale pendant toute l’année dernière. Dans les 20 premiers albums du classement 2020 de Pitchfork, je n’en ai écouté aucun et aucun de ces albums ne me fait vraiment envie. J’ai certainement tord mais je me suis un peu déconnecté de la musique occidentale en 2020, un peu de la même manière qu’en 1999/2000 à mon arrivée à Tokyo où je n’écoutais également que de la J-Pop (terminologie qui ne veut rien dire). Je suis persuadé que les goûts fonctionnent par cycles, d’où parfois la difficulté de conseiller un artiste ou un album à quelqu’un. La découverte doit se faire au bon moment, qui correspond à une situation personnelle adaptée. En 2020, j’ai tout de même eu le plaisir de découvrir les nouveaux albums de Grimes, Autechre ou encore Thurston Moore.

Quant aux quatre découvertes musicales ci-dessus, ce ne sont pas des artistes ou des groupes que je ne connaissais pas mais plutôt des nouveaux morceaux ou albums d’artistes que je suis déjà depuis un petit moment et dont j’ai déjà parlé sur made in tokyo. 4s4ki sort le 16 Décembre 2020 un nouvel album intitulé Hyper Angry Cat qui s’avère en fait être une compilation incluant son album précédent Your Dreamland (おまえのドリームランド) sorti en Avril 2020 et d’autres morceaux, nouveaux ou inclus dans des EPs précédents. Je réécoute assez régulièrement Your Dreamland, dont je parlais ici l’année dernière et qui est un des albums que je préfère de l’année 2020. De Hyper Angry Cat, je n’écoute pour l’instant que trois morceaux dont le morceau titre de l’album Hyper Angry Cat (超怒猫仔) en collaboration au chant avec Mega Shinnosuke et Nakamura Minami. On retrouve le style hip-hop et les sons électroniques que l’on connaît sur Your Dreamland mais en beaucoup plus agressif et détonnant. Il y une multitude de sons 8bits, de glitches, de voix qui partent dans tous les sens et c’est particulièrement inspiré. Les associations de voix fonctionnent très bien, et c’est un plaisir d’écouter ce morceau en boucle. Je ne sais pas pourquoi mais j’ai le sentiment que 4s4ki est en avance sur son temps musicalement, pas spécialement pour la nouveauté des sons, mais pour sa mise en forme qui donne un ensemble extrêmement cohérent alors qu’il se base sur une cacophonie apparente de sons. Je pense que sa voix plus douce vient lier tous ces éléments d’une manière cohérente. J’écoute ensuite le troisième morceau Cat Jesus Cat (猫Jesus猫) qui a des apparences plus calmes, jusqu’à ce que les machines électroniques se réveillent. J’écoute aussi depuis plusieurs semaines le morceau 35.5, au rythme très soutenu, proche de l’EDM. C’est un morceau particulièrement prenant, et dès qu’on met une oreille dedans, il est difficile de s’en échapper. Le reste des morceaux de cette petite playlist peut paraître un peu fade par rapport à la musique de 4s4ki qui provoque une certaine addiction, mais continuons quand même car il faut bien varier les styles. Revenons vers le rock avec le morceau I want to touch you and be sure (触れたい 確かめたい) de Asian Kung-Fu Generation en duo avec Moeka Shiozuka (塩塚モエカ) de Hitsuji Bungaku. Je ne suis pas sûr d’avoir déjà parlé ici de Ajikan (diminutif indispensable pour les groupes de rock alternatif japonais qui ont l’idée saugrenue d’avoir des noms à rallonge) mais j’aime beaucoup leur album de 2004, Sol-fa (ソルファ). Ce morceau en duo de voix ne révolutionne pas le genre mais reste très accrocheur. Cela me rappelle que Hitsuji Bungaku a également sorti un nouvel album récemment et il faut que j’y jette une oreille. Ensuite, je reviens encore sur l’album de AiNA The End qui sortira le 3 Février 2021 et qui s’annonce comme un très bel album, du moins à l’écoute des deux premiers morceaux disponibles. Osmanthus (金木犀), qui vient juste de sortir, n’est pas aussi prenant et viscéral que le précédent Niji (虹) mais reste un très beau morceau surtout lorsque AiNA laisse filer sa voix légèrement voilée. Pour terminer cette petite série, on change encore de registre en passant à l’electro de Utae sur un nouveau morceau intitulé Just a Dream? (夢だとおもうの?). Elle crée ses nouveaux morceaux au compte-gouttes et j’en parle presqu’à chaque fois ici, car j’y trouve une certaine sérénité et un apaisement qui fait du bien. La voix de Utae joue dans ce sens, ainsi que les nappes électroniques qui évoluent doucement en changeant légèrement de rythme en cours de route. Je me rends compte en écrivant ces lignes que je couvre des styles très opposés dans cette playlist… Et au fait, une très bonne et heureuse année 2021 aux fidèles lecteurs de made in tokyo ainsi qu’aux plus occasionnels. Espérons que je maintienne le même rythme pour cette nouvelle année.

閏年エンディング ~其ノ七~

Je conclus cette petite série avec un septième épisode qui sera le dernier de cette série et le dernier billet de cette année bissextile qui s’achève. Il me reste bien d’autres photographies que je n’ai pas encore montré mais elles attendront bien l’année prochaine si l’envie me vient de les montrer. Les photographies à partir de la troisième sont prises dans le quartier de Yoshiwara, près d’Asakusa. Yoshiwara était le quartier des courtisanes de haut rang appelées Oiran, à l’époque Edo. Il ne reste malheureusement plus grand chose de cette époque, mais je voulais venir dans ce quartier car j’ai revu le film Sakuran de Mika Ninagawa il y a quelques semaines. Sakuran est d’abord un manga de Moyoco Anno, mais également un film interprété par Anna Tsuchiya et dont Sheena Ringo signe la bande originale que l’on retrouve dans l’album Heisei Fūzoku. Nous sommes d’abord passé au sanctuaire Yoshiwara car le goshuin est très particulier, se composant d’un dessin de serpent. Un peu plus loin, les dernières photographies montrent le sanctuaire Ōtori. Un étrange visage de femme nous attend à l’entrée d’une des dépendances du sanctuaire. Elle a l’air de nous inviter à entrer à l’intérieur mais à nos risques et périls. Dernier billet de cette année difficile, que je finis d’écrire après le passage de Tokyo Jihen à Kōhaku. Nikaidō Fumi, qui présente l’émission avec Uchimura et qu’on a vu tous les matins dans le drama de la NHK, nous dit avec ferveur qu’elle est fan de Sheena Ringo, d’une manière qui me rappelle un peu Yoshioka Riho en plus mesuré. C’était une très belle performance du groupe qui termine bien l’année bissextile.

閏年エンディング ~其ノ六~

Pendant cette dernière partie d’année, nous avons visité de nombreux sanctuaires et temples avec comme prétexte d’y récupérer le sceau goshuin. Sachant que nous ne sommes pas beaucoup sortis de Tokyo cette année. Ces visites des sanctuaires et temples tokyoïtes étaient une occasion de découvrir des lieux de Tokyo que nous ne connaissions pas ou peu. Les trois sanctuaires de ce billet ne sont pourtant pas dans des zones à la périphérie de Tokyo, car situés à Shinagawa, mais dans des endroits que nous n’avions jamais parcouru. Je suis en fait déjà venu dans ces rues il y a quelques années, mais sans avoir visité ces sanctuaires. Lors de mon premier passage, je me souviens qu’on y tournait une scène de drama ou de films. Le sanctuaire de la première photographie se nomme Irugi Jinja et se trouve à Osaki dans l’arrondissement de Shinagawa. Il se situe en haut d’une petite colline et le sanctuaire apparaît devant nous après avoir monter un large escalier. L’espace intérieur est vaste et nous fait oublier la ville pendant quelques dizaines de minutes le temps de notre visite. Les sanctuaires comme celui-ci sont des endroits à part, préservés de tout changement. Nous allons ensuite pour le reste des photographies le long de l’ancienne route reliant Edo à Kyoto appelée Kyu-Tokaido, à mi-chemin entre Kita Shinagawa et Shinbanba. Certaines devantures de vieilles boutiques sur cette rue montrent des illustrations ressemblant à des ukiyo-e pour nous rappeler l’histoire de cette route. Une boutique surprend les passants car on y fabrique des personnages à taille humaine qu’on appelle Yuru Kyara. En voyant ces personnages statistiques derrière cette vitrine, j’ai l’impression qu’ils vont finir par bouger dans une scène qui me rappellerait plus un film d’horreur qu’autre chose. A quelques centaines de mètres de là, on trouve le tout petit temple appelé Isshinji (一心寺), coincé dans une rangée de bâtiments de taille basse. Nous marcherons ensuite vers le Sanctuaire Ebara près de Shinbanba. Le sanctuaire était désert et on a même pensé qu’il était abandonné. En fait non, si on regarde sur le toit du sanctuaire, on peut voir deux dragons apparaître. Je n’avais jamais vu ce genre d’ornement sur le toit d’un sanctuaire. On se sent comme observés pendant notre visite. A côté, il y a une dépendance que je montre sur la dernière photographie. La lumière forte et ronde à l’intérieur m’intrigue. J’aimerais imaginer qu’il s’agit de l’esprit des lieux, mais il ne s’agit probablement que de la lumière se frayant un chemin entre les arbres.

閏年エンディング ~其ノ伍~

Comme tous les ans pendant cette même période de fin Décembre, on me confie la mission d’aller chercher très tôt le matin au sanctuaire Ana Hashimangu les talismans qui nous protégeront pour la nouvelle année qui arrive. Pour aller jusqu’à la station de Waseda où se trouve le sanctuaire, je passe par la station de Takadanobaba et les quelques minutes nécessaires pour changer de ligne de train me laisse assez de temps pour prendre quelques photos de la grande fresque dédiée à Osamu Tezuka dessinée sous les voies de train. Sur le retour, je descends volontairement à la station Shin-Ōkubo pour aller voir à quoi ressemblent les rues remplies de boutiques coréennes mais il est un peu trop et rien n’est ouvert. En sortant de la station de Shin-Ōkubo, me revient tout de suite en tête une vidéo de l’émission Gokigenyō (ごきげんよう) du 4 Septembre 1991, que j’avais vu sur YouTube il y a quelques années. J’avais regardé cette émission car Jun Togawa en était l’invitée et c’était une période où j’écoutais presqu’exclusivement la musique de Jun Togawa, soit en solo ou avec son groupe Yapoos. Dans cette vidéo, elle revient dans les quartiers de son enfance de Shinjuku à Shin-Ōkubo, en marchant dans les rues de ces quartiers jusqu’à Kabukichō et en y rencontrant parfois des connaissances. J’aime revenir de temps en temps vers cette vidéo pour voir la manière d’être de Jun Togawa, car j’y ressens une sorte d’équilibre instable entre son excentricité naturelle et son besoin de normalité. En marchant depuis Shin-Ōkubo, je n’essaie pas forcément de reconnaître les endroits où Jun Togawa et le présentateur de l’émission ont marché, mais je passe volontairement devant l’école primaire Toyama qui est mentionné dans le morceau intitulé Toyama Shōgakkō Kōka 〜 Aka-gumi no Uta (戸山小学校校歌〜赤組のうた) de son deuxième album Kyokutō Ian Shōka (極東慰安唱歌). Dans la vidéo, elle passe en fait devant le collège Toyama plutôt que l’école primaire. Les quartiers filmés en 1991 et ceux de maintenant ont très certainement beaucoup changé car presque 30 ans se sont écoulés. A la télévision, il n’est pas rare de voir des émissions musicales revenant sur les Eighties, mais je n’y ai jamais entendu de morceaux de Jun Togawa. Elle était pourtant connue à cette époque, même invitée par l’intermédiaire de Takahashi Yukihiro du YMO à l’émission de Tamori, Telephone Shocking de Waratte ii Tomo! (笑っていいとも! テレフォンショッキング) le 4 Juillet 1985. Elle a même été invitée plusieurs fois, mais j’aime beaucoup revoir cet extrait d’émission de 1985, quelques mois avant la sortie de son troisième album Suki Suki Daisuki (好き好き大好き), dont le morceau titre est certainement son morceau le plus connu. Elle a une personnalité très pure mais on devine tout de suite sa fragilité, qui n’apparait pas vraiment dans ses morceaux comme celui que je mentionne ci-dessus. Même si elle prétendait vouloir faire des chansons d’idoles, c’est une musique complètement atypique, qui est également très loin de la city pop en plein succès à cette même époque.

閏年エンディング ~其ノ四~

Je reste à Jingumae pour quelques autres photographies qui ne sont pourtant pas toutes prises la même journée. On commence par Ura-Harajuku, une des petites rues à l’arrière de Harajuku, où s’aligne une série d’affiches pour Beams à l’arrière d’un building. Cette couleur rouge avec des personnes en chutes libre s’accorde bien avec le mouvement du cycliste qui passait à ce moment là. J’aime beaucoup cette photographie car je suis toujours attiré par les couleurs rouges dans le décor urbain, qui sont en général assez rares. Je continue ensuite vers la petite rue Cat Street, attiré par un nouveau petit bâtiment monolithique de béton. ll s’agit d’une annexe à la galerie The Mass située juste à côté et qui s’appelle StandBy. Le bâtiment est ouvert sur la rue, sans fenêtres. On y montrait deux installations étranges contenant chacune un bonsai en croissance controlée, chaque réceptacle conservant une température et une humidité adéquates. Il s’agit d’une installation visible jusqu’à fin Janvier 2021 intitulée “Paludarium Tachiko & Yasutoshi” par le collectif artistique AMKK créé par l’artiste floral Makoto Azuma. A noter que les blocs hermétiques de conservation des deux bonsai nommés Yasutoshi et Tachiko possèdent également un petit module stéréo pour y diffuser de la musique. J’aime beaucoup cette idée d’intégrer la musique comme un élément indispensable de la conservation de ces plantes. Comme l’artiste nous l’explique sur son site web, ce concept de conservation n’est pas nouveau, mais sa mise en place dans un bunker de béton ouvert sur l’extérieur a quelque chose de futuriste. Quant à ce petit bâtiment en béton sur l’avant dernière photo, il est bien mystérieux avec sa forme de flèche semblant nous indiquer une direction.

Je suis abonné à NetFlix depuis quelques années, mais je ne l’utilise très certainement pas autant que je devrais. Je suis souvent face à une multitude de choses à voir que je mets dans mes favoris mais je peine toujours à trouver le temps de regarder ce que j’ai sélectionné. Je me laisse quand même attiré par la série japonaise en 8 épisodes Alice in Borderland (今際の国のアリス) tirée du manga du même nom par Haro Aso, que je ne connaissais pas. La série exclusive à NetFlix est réalisée par Shinsuke Sato, dont j’avais déjà vu le film de science fiction Gantz avec Kazunari Ninomiya, Kenichi Matsuyama et Natsuna entre autres. En fait, dès le premier épisode de Alice in Borderland, j’avais tout de suite noté quelques ressemblances avec l’univers de Gantz. On se trouve dans une sorte de monde parallèle où les protagonistes doivent accomplir des missions pour survivre. Certains épisodes me rappellent aussi par moment Battle Royale. La série est assez violente, mais visuellement très belle. La totalité des scènes de la série est prise dans un Tokyo vidé de sa population, par des effets spéciaux. Je connaissais déjà Tokyo vide dans les livres photographiques de Masataka Nakano, mais ces scènes notamment dans des quartiers de Shibuya que je connais bien ont de quoi surprendre. Je m’arrêterais là sur mon émerveillement à voir en images un Tokyo vide. Les acteurs principaux, Kenta Yamazaki dans le rôle de Ryōhei Arisu et Tao Tsuchiya dans le rôle de Yuzuha Usagi, sont plutôt convaincants et l’histoire est très accrocheuse, même si elle n’est pas forcément très originale. Chaque mission est dirigée par un groupe mystérieux dont on ne sait que peu de choses et qui identifie chacune des missions par les signes d’un jeu de cartes. Le titre de la série ainsi que ces symboles de cartes à jouer nous font bien entendu penser au monde d’Alice au pays des Merveilles, d’autant plus que les personnages principaux s’appellent Arisu (pour Alice) et Usagi (évoquant le lapin d’Alice). Je me demande s’il y aura des liens qui vont s’établir entre l’intrigue de cette série et le monde d’Alice in Wonderland.