Kengo Kuma: a LAB for materials

Dans l’ordre de haut en bas: COEDA House, Shizuoka Japan (2017), New Shibuya Station (construction en cours jusqu’en 2019), Floating Tea House (2007), Oribe Tea House, Gifu Japan (2005), Yusuhara Wooden Bridge Museum, Kochi Shikoku Japan (2010), Xinjin Zhi Museum, Chengdu China (2011).

Je profite du Premium Friday, journée une fois par mois où l’on peut sortir du bureau à 3h de l’après midi, pour aller explorer d’un peu plus près l’oeuvre architecturale de Kengo Kuma, exposée à la Tokyo Station Gallery. L’exposition s’intitule Kengo Kuma: a LAB for materials et se présente comme une rétrospective des œuvres architecturales de Kuma, ainsi que quelques projets en cours, regroupées par type de matériaux utilisées: du bambou jusqu’au métal et aux membranes en fibre. L’exposition met en avant la recherche perpétuelle de nouveaux matériaux et de nouvelles méthodes d’utilisation et d’imbrication de ces matériaux.

Je connaissais principalement Kengo Kuma par quelques uns de ses bâtiments dans Tokyo utilisant des lamelles de bois, que ça soit de manière organisée et rectiligne comme sur le Asakusa Culture Tourist Information Center (2012) ou la maison individuelle Wood/berg, ou désorganisée comme sur le Sunny Hills près de Omotesando. Cette utilisation du bois est emblématique de Kengo Kuma. Il nous montre à travers des maquettes et des textes explicatifs en japonais et anglais, le cheminement entre un concept et le suivant. On suit à travers cette exposition le cheminement de sa pensée, par exemple, la manière dont il va triturer son design initial de poutres de bois parfaitement espacées et alignées comme sur GC prostho Museum (2010), pour ensuite entamer un travail de mise à l’oblique sur le Starbucks Coffee at Dazaifutenmangu Omotesando (2011), pour finalement pousser le design encore plus loin vers une apparente désorganisation de la construction de bois sur le bâtiment Sunny Hills (2013). De la même façon, on comprend le cheminement d’idée entre le Yusuhara Wooden Bridge Museum (2010) et la Coeda House (2017), qui semblent jouer d’un équilibre fragile de la structure. On voit souvent le fantastique pont musée Yusuhara dans les magazines d’architecture et voir cette structure in-situ dans la préfecture de Kochi doit être impressionnant.

L’exposition nous montre également les recherches de Kengo Kuma sur l’utilisation du papier renforcé, d’une manière et forme différente des tubes conçus par l’architecte Shigeru Ban. L’utilisation du bambou donnera quelques bâtiments emblématiques comme le Ginzan Onsen Fujiya (2006) ou encore le Great (Bambou) Wall (2002) en Chine. Comme beaucoup d’architectes japonais, Kengo Kuma construit beaucoup en Chine ces dernières années. Le building principal de la gare de Shibuya actuellement en cours de construction m’intrigue énormément. Tel que je le vois en ce moment en construction, on ne soupçonne pas encore les formes de vagues métalliques qui viendront perturber le design général du building. Cette manière de perturber un immeuble aux apparences des plus classiques est vraiment passionnante. On trouve d’ailleurs un grand nombre d’oeuvres architecturales expérimentales dans cette exposition comme les maisons de thé, la Floating Tea House (2007) utilisant un immense ballon flottant dans les airs et portant une membrane délimitant l’espace intérieur. Oribe Tea House (2005) est également une construction intéressante faite de plaques superposées de résine blanche.

Dans moins de deux ans, Kengo Kuma terminera le nouveau stade olympique. Son projet avait été finalement sélectionné en 2015, en remplacement du projet de Zaha Hadid initialement sélectionné mais qui avait fait polémique à l’époque en raison du coût excessif de construction. La version du stade par Kengo Kuma sera beaucoup moins futuriste et utilisera une structure hybride de bois et d’acier, notamment pour la toiture qui s’annonce impressionnante. Une abondante végétation devrait aussi accompagnée ce nouveau stade, ce qui semble être une très bonne idée. Le numéro 109 du magazine Japan Architect (Printemps 2018) sert de catalogue à cette exposition. Je regroupe dans la galerie ci-dessous les photos prises à l’iPhone, accompagnées en légende du nom du bâtiment ou du projet en cours.



l’apogée du cerisier en fleur (1)

Cette année est tout particulièrement bonne pour les cerisiers en fleur, je dirais même exceptionnelle car je n’ai pas le souvenir d’une météo aussi faste pendant la période des cerisiers. En général, une vague de froid et de pluie vient soudainement balayer les fleurs et grandement écourter la période déjà bien éphémère pendant laquelle on peut les apprécier. Les photographies de ce billet datent de samedi dernier au moment de la pleine floraison. Le long de la rue Nisseki, des rangées de cerisiers bordent l’hôpital et ensuite l’école pour filles Jogakkan. Un peu plus loin dans Hiroo, mon oeil bifurque des cerisiers vers l’architecture, celle d’une étrange maison individuelle avec imitation d’un pont aux faux airs californiens. Et sur la photographie ci-dessus, le restaurant japonais Waketokuyama fait de briques par Kengo Kuma se mélange avec un cerisier en hauteur qui surplombe l’édifice d’une très belle manière.

Nous sommes ici en plusieurs photographies devant le rivière Meguro aux alentours de Naka-Meguro. C’est un passage obligé en cette période et j’y prends en photo les cerisiers tous les ans. Mais de toute manière, j’y vais très souvent, même plusieurs fois par semaine. C’est un endroit que j’apprécie, et bien entendu, je ne suis pas le seul. La foule venue nombreuse est au rendez-vous. Il y a même beaucoup trop de monde car il est difficile de se déplacer dans les rues longeant la rivière en cette période des cerisiers. Les lieux sont beaucoup plus calme heureusement, en temps normal.

La rue Meiji, au niveau de Shibuyabashi à proximité de Ebisu, est vraiment magnifique cette année. J’ai même l’impression que les cerisiers ont plus de volume que l’année dernière, mais ce n’est peut être qu’une impression. Continuons encore un peu dans un prochain billet, avec d’autres photographies, celles du dimanche.

des formes enchevêtrées

Je revisite rapidement les formes enchevêtrées du Sunny Hills de Kengo Kuma. Rapidement car je suis en vélo et je ne perds pas de temps pour faire un détour vers Jingumae pour aller voir une fresque murale aperçue rapidement en voiture un peu plus tôt dans la journée. Il faisait un temps des plus agréables pendant le long week-end dernier pour se promener en vélo. La fresque murale est de Zio Ziegler, artiste peintre et sculpteur américain vivant actuellement à San Francisco. Elle se trouve sur un des murs du magasin BEAMS à Harajuku et vient apparemment accompagner une série de chaussures Vans reprenant ces motifs graphiques.

Je tente très peu les photographies de nuit à part cette fois à Kabukichō avec Eddie. Et quand je me lance dans les photographies urbaines de nuit, c’est plutôt en noir et blanc. Des photographes de rues comme Lukasz Palka et Masashi Wakui sont vraiment excellents pour leurs photographies prises dans le Tokyo nocturne, notamment dans les quartiers lumineux et animés de Shinjuku. Il y a très certainement un travail de post-production important sur le rendu des couleurs, pour cet effet bleuté notamment sur les photographies de Masashi Wakui. Ce type de filtres rend très bien quand on n’en abuse pas et qu’il y a un bon équilibre, ce qui est le cas à mon avis sur les photographies de Masashi Wakui. Sur son blog, Lukasz Palka publie un article intéressant sur un sujet que je mentionnais dans certains de mes billets précédents, à savoir « photographies et médias sociaux », ou comment éviter la course aux « likes » en restant authentique. Il y a une comparaison bien vue qui m’a bien amusé entre le nattō et le popcorn, où le popcorn serait bien entendu ce qui s’apprécie dans son immédiateté et rapidement comme les photographies que l’on trouve en masse sur les réseaux sociaux (attention à l’indigestion) et le nattō, plus difficile d’accès et complexe. Bien que l’auteur ne dise pas clairement dans quelle catégorie il souhaite appartenir, on devine fortement un attrait pour le nattō, bien qu’il semble difficile de s’échapper de l’eye candy. C’est d’ailleurs un peu la limite de ce genre de démonstrations. Une chose est sûre en ce qui me concerne, je ne sais pas faire de l’eye candy, tout simplement car je ne m’y connais qu’assez peu en techniques avancées photographiques et je ne me verrais pas attendre dans une rue, avec un trépied, le moment décisif. Je préfère le mouvement. Mais ceci étant dit, j’apprécie l’approche suivie par Lukasz Palka, notamment cette série sur les toits des buildings. À vrai dire, je me fais du mal en regardant ces photographies, car ça donne envie de rechercher la photographie « marquante », dont on se souviendra. Je n’ai malheureusement pas ce talent ni le sens de la dedication nécessaire à ce genre d’exercice. À vrai dire, un certain nombre des photographies de Lukasz Palka montrent un Tokyo actif et animé, tandis que mes photographies montrent un Tokyo ennuyeux et sans éclats. Ou plutôt, l’éclat est presqu’indicernable à moins qu’on y regarde bien. Je discute, je discute, mais c’est déjà l’heure de dîner et je reprendrais bien un peu de nattō ce soir.

Swirling whirling to the skies of other places

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La Golden Week cette année fut active. Nous avons beaucoup marché en famille dans les montagnes de Kamakura, en se perdant un peu parfois pour trouver les entrées des pistes de randonnées. A Kamakura, les zones de villes et de forêts montagneuses se mélangent. Nos parcours partaient de Kita-Kamakura pour arriver vers le centre de Kamakura, non loin de Tsurugaoka Hachimangu. Nous avons démarré une des marches depuis le temple Kenchō-ji à Kita-Kamakura. Il faut d’abord entrer à l’intérieur de l’ensemble de temples que forment Kenchō-ji. Au passage, on remarque une très belle porte dorée, qui vient d’être rénovée récemment à mon souvenir. Nous grimpons la montagne derrière les temples pour rejoindre le tracé de la piste de randonnée. A Kamakura, si on connaît un peu son chemin, on peut accéder à certains temples gratuitement en y accédant par la montagne. Pour le temple Engakuji à Kita-Kamakura, c’est assez facile et il n’y a pas de surveillance, mais pour Kenchō-ji, on veille en haut de la montagne à ce que chaque visiteur venant de la montagne se soit bien acquitté de son billet d’entrée au temple (le contrôle a l’air assez souple cependant). A Kamakura en période de Golden Week, nous ne sommes évidemment pas les seuls à avoir l’idée de se promener dans les montagnes. On ne se bouscule pas quand même, et le parcours est agréable. Sur les hauteurs de Kenchō-ji, à environ 150 mètres (on n’est pas très haut certes), on a une belle vue sur les temples émergeant de la forêt et sur la baie de Sagami au loin. Après quelques heures, nous ressortons de la forêt vers le sanctuaire de Kamakura-gū. Un groupe s’y faisait prendre en photo en kimono, peut être pour une célébration interne au sanctuaire.

Quelques jours auparavant, une autre randonnée dans les montagnes de Kamakura nous avait amené jusqu’au temple Meigetsu-in (réputé pour ses hortensia au mois de juin). Tout près de l’entrée du temple, une maison individuelle attire tout de suite mon attention par son design, notamment la forme angulaire de son toit et les lamelles de bois sur la façade. Je pense tout de suite à une création de Kengo Kuma, ce qui est apparemment le cas (mais j’en ai pas la certitude). J’adore ces découvertes architecturales inattendues, ce qui est d’autant plus rare et difficile à trouver à Kamakura. On peut également faire quelques découvertes inattendues dans certains temples à Kamakura, comme des dessins plutôt contemporains de personnages proches du manga. J’avais pu voir ce type de peintures dans un autre temple à Kamakura il y a quelque temps.

Entre ces deux « périples », nous avons passé une journée à Yokohama, à Minato Mirai, en haut de la tour Lundmark, histoire de re-vérifier que la terre est bien ronde. Mais pour cette vérification, l’objectif Grand angle Fish Eye que j’utilisais aidait beaucoup.