Osaka Expo 2025 (4)

Pavillon de la Grande Bretagne et de l’Irlande du Nord par WOO Architects.
Pavillon de la Grande Bretagne et de l’Irlande du Nord par WOO Architects.
Place décorée aux couleurs de Myaku-Myaku devant le Pavillon Commons-D.
Pavillon de la Polande par Interplay architects.
Pavillon de la Polande par Interplay architects derrière le INTER-WORLD/Cocooner: Apparent motion of celestial bodies, par Akihito Okunaka.
Live Earth Journey par Shogo Onodera, produit par Shoji Kawamori.
Pavillon de la Chine par China Academy of Building Research.
Pavillon de l’Autriche par BWM Designers & Architects.
Pavillon de l’Autriche par BWM Designers & Architects.
Pavillon de la Suisse par Manuel Herz.

J’avais prévenu au début de cette série que j’avais beaucoup de photographies à montrer des nombreux pavillons de l’Expo 2025 d’Osaka. L’île artificielle de Yumeshima est remplie à ras bord de constructions toutes plus intéressantes les unes que les autres. La densité pourrait même devenir écrasante. La foule rend parfois le cadrage des photographies difficile, mais je m’applique du mieux possible pour donner une représentation d’ensemble de chaque pavillon. Je marche beaucoup, me perds parfois et reviens souvent sur mes pas. Les pavillons sont regroupés par blocs et il faut parfois effectuer de longs détours pour atteindre celui que l’on souhaite voir. On aimerait parfois devenir un drone pour se projeter dans les airs et avoir une vue d’ensemble du site. Lorsque ce besoin de prendre de la hauteur se fait sentir, je monte sur le grand anneau. J’y suis monté trois ou quatre fois.

Il arrive que, pour certains pavillons sans file d’attente précise, les portes s’ouvrent soudainement à notre passage, devenant une sorte d’invitation à découvrir l’intérieur. C’était le cas du pavillon Commons-A, commun à plusieurs pays. Les portes se sont ouvertes à mon passage et je m’y suis engouffré en suivant le flot de la foule, sans résister. Une fois à l’intérieur, on ne se bouscule plus. Je passe en revue les différents stands, mais je m’attarde un peu plus sur celui de la Macédoine du Nord, non pas parce que la responsable du stand était charmante, mais parce qu’on y présentait une maquette de la capitale Skopje conçue par Kenzo Tange.

Kenzo Tange a joué un rôle central dans la reconstruction de Skopje après le tremblement de terre de 1963, qui détruisit une grande partie de la ville. Avec son équipe, il remporta en 1965 un concours organisé par les Nations Unies pour le plan directeur de reconstruction. Le plan proposé, que l’on pouvait voir en maquette, était moderniste avec des éléments métabolistes, pensant la ville comme un ensemble ouvert organisé autour d’un grand ensemble résidentiel linéaire appelé City Wall. Au final, certaines parties du plan ont été construites, mais beaucoup d’éléments sont restés sur le papier. Cette partie de la visite était particulièrement intéressante, mais j’ai eu, dans l’ensemble, plutôt l’impression que les pays présentaient leurs pavillons de manière attractive, voire commerciale, plutôt que de présenter des innovations ou spécialités qui nous auraient amené à une réflexion. J’ai également ressenti cela sur les quelques autres pavillons que nous avons visités plus tard.

images sans paroles (ε)

Le titre de cette série de billets impose que je ne parle pas des photographies que je montre mais comme d’habitude, je finis par me fatiguer moi-même de mes propres règles et j’aime m’en affranchir. Ces photographies ont été prises à plusieurs endroits de Tokyo, mais quelques unes d’entre elles proviennent de Ginza, dont l’iconique tour du Shizuoka Press and Broadcasting Center, construite en 1967 par Kenzo Tange. Ce bâtiment constitue la première concrétisation spatiale des idées métabolistes de Tange sur la croissance structurelle d’inspiration organique. La première photographie montre la superbe façade du Ginza Place conçu par Klein Dytham Architecture (KDa) et construit en 2016 à l’angle du carrefour de Ginza 4-Chōme. La façade de ce bâtiment de onze étages est composée de 5,315 panneaux préfabriqués en aluminium inspirés du sukashibori (透かし彫り). Le sukashibori est une technique artisanale japonaise de sculpture qui consiste en un travail de découpe créant des motifs ouverts dans une matière. Ces motifs laissent passer la lumière et l’air produisant des jeux d’ombre et de transparence. Ils sont souvent floraux, végétaux ou géométriques comme pour cette architecture contemporaine. Toujours à Ginza, j’avais déjà vu les chats astronautes de l’artiste Kenji Yanobe flottant avec leur vaisseau spatial faisant référence à la Tour du Soleil de Taro Okamoto au milieu du grand atrium central de Ginza Six. Cette installation intitulée BIG CAT BANG sera apparemment exposée jusqu’à la fin de l’été 2025. Je n’avais par contre pas remarqué une autre sculpture de chat à l’entrée du grand magasin. Ça aurait été dommage de la manquer. Je me demande bien ce que vont devenir ces chats voyageurs de l’espace après la fin de l’exposition de Ginza Six. Ils mériteraient une exposition permanente.

Au détour d’une rue d’Hiroo, j’aperçois une caméra de surveillance tombée au sol. Je regarde en l’air mais je ne vois pas de mur et de poteau desquels elle aurait pu tomber. Cela restera un mystère. On les remarque à peine mais si on fait un peu attention, on s’aperçoit très vite qu’on est filmé en permanence dans tous les coins de Tokyo. J’ai un peu de mal à comprendre que ce type de dispositif ne soit pas généralisé dans certains pays ayant en ce moment des soucis de sécurité intérieure. Les fameuses toilettes de l’arrondissement de Shibuya sont en ce moment recouverte de photographies d’elles-mêmes, pour une drôle de « mise en abîme ». Cette expression tellement utilisée dans le language des critiques littéraires et cinématographiques m’agacent un peu sans que je sache vraiment pourquoi. Enfin cette expression ne m’agace pas autant que le mot familier « dinguerie » qu’on entend de plus en plus, ou le fait d’utiliser la préposition « sur » au lieu de « à » pour des lieux (par exemple, j’habite sur Kyoto). Cette utilisation incorrecte donne l’impression d’une domination, ou d’un contrôle qui n’a pas leu d’être, sur l’espace, de suggérer une présence active plutôt que passive.

La dernière photographie montre une affiche du dernier single de Daoko intitulé Zense ha Busho (前世は武将). Elle montrait sur son compte Instagram une photo de cette affiche placée sur un mur temporaire d’un site de construction. J’ai vite reconnu le lieu à Shibuya, dans le quartier à Udagawachō, près du disquaire Manhattan Records. Je connais bien cette rue car j’aime venir vérifier si des nouvelles fresques ont été dessinées sur une des façades de ce disquaire. Je l’ai souvent prise en photo. Cette fois-ci, un petit groupe d’une dizaine de personnes se tenaient debout devant la fresque et j’ai remarqué une caméra. J’imagine qu’on était en train d’y tourner une scène d’émission télévisée, mais le tournage semblait être en pause. Parmi eux, je reconnais Noritake Kinashi (木梨 憲武) du duo comique Tunnels (ザ・トンネルズ). Il regarde dans ma direction de l’autre côté de la rue. J’hésite à lui faire un bonjour de la main, car je pense qu’il regardait plutôt dans le vide devant lui. Le single Zense ha Busho de Daoko est sympathique mais est loin d’être mon préféré de l’artiste. L’aspect kawaii de la voix de Daoko sur ce morceau et le jeu de guitare de Seiichi Nagai (永井聖一), guitariste du groupe Sōtaisei Riron (相対性理論) et membre de son groupe QUBIT, ne sont pas désagréable et finissent par convaincre après plusieurs écoutes. Comme elle le dit elle-même, ce morceau a un côté Pop espiègle au goût kitsch post-Shibuya-kei. Après avoir écouté ce morceau, YouTube me propose un autre single de Daoko, Rinko (燐光) sorti il y a trois ans en 2022. Ce morceau n’est pas présent sur un album et je ne le connaissais pas. Je suis beaucoup plus convaincu par la beauté orchestrale majestueuse de ce morceau fort d’une émotion mélancolique. Il a été composé par Shōhei Amimori (網守将平). Ce n’est pas toujours facile de suivre Daoko dans toutes ses activités musicales car elle est très active, notamment en collaboration avec d’autres musiciens et musiciennes.

J’avais par exemple manqué ce très beau duo avec Seiko Ōmori (大森靖子) intitulé Chikyū Saigo no Futari (地球最後のふたり) sur l’album kitixxxgaia de Seiko Ōmori sorti en 2017. J’adore la fusion entre les styles des deux artistes, Daoko apportant une partie hip-hop qu’elle maîtrise très bien. Le piano accompagnant le refrain est excellent donnant une dynamique remarquable au morceau. Du coup, j’écoute quelques autres titres de cet album kitixxxgaia, notamment le puissant single Dogma Magma (ドグマ・マグマ), que je connais déjà depuis longtemps. Ce single contient toute l’essence artistique et la démesure de Seiko Ōmori. Les nombreux changements de tempo et d’intensité du morceau créent une atmosphère à la fois théâtrale et chaotique qui est tout à fait passionnante. L’énergie déborde également dans tous les sens sur le morceau suivant Hikokuminteki Hero (非国民的ヒーロー) qui est un duo vocal avec Noko (の子), le leader du groupe Shinsei Kamattechan (神聖かまってちゃん). Il y a un esprit de rébellion punk dans ce morceau mêlant rock alternatif et éléments électroniques. J’adore particulièrement le final du morceau où le chant de Seiko semble inarrêtable, emportée par son propre mouvement et par les cris de Noko. Comme sur le premier morceau, celui-ci est teinté de provocation, illustrant la lutte contre les attentes sociétales et la quête de liberté individuelle. De l’album, je n’apprécie pas tous les morceaux, mais je m’arrête sur le douzième intitulé Kimi ni Todoku na (君に届くな), avec une approche orchestrée beaucoup plus posée. Son style y reste tout à fait unique. Je change ensuite d’album pour écouter le single Zettai Kanojo (絶対彼女) de l’album Zettai Shōjo (絶対少女) sorti en 2013. Ce n’est pas un morceau que je découvre car je l’écoute de temps en temps. Ce morceau Pop est beaucoup structuré que ceux mentionnés précédemment et est immédiatement accrocheur. On y trouve toujours ces parties parlés où Seiko semble s’adresser à elle-même.

Le nouveau single KURU KURU HARAJUKU de Kyary Pamyu Pamyu (きゃりーぱみゅぱみゅ), sorti le 18 juillet 2025, est une excellente surprise. Il est bien entendu composé, écrit et produit par Yasutaka Nakata (中田ヤスタカ), producteur de longue date de Kyary. Ce nouveau single marque le retour de Kyary après une pause de plus d’un an marquée par une naissance. Ce morceau a une approche très électronique, très techno qui me rappelle un peu l’ambiance de l’excellent Dodonpa (どどんぱ) sur l’album CANDYRACER de 2021, atypique dans la discographie de Kyary. Je trouve que Yasutaka Nakata est particulièrement inspiré et offre à Kyary des morceaux différents qui lui vont bien car elle parvient à garder son identité très marquée. Je la suivrais volontiers si son prochain album est entièrement dans ce style. J’ai de toute façon un faible pour Kyary depuis ses débuts et l’album plus récent Japamyu (じゃぱみゅ) sorti en 2018. Yasutaka Nakata m’a complètement bluffé sur le morceau 88888888, sorti le 29 août 2025, du groupe d’idoles PiKi (ピキ) formé en 2025 sous le label KAWAII LAB fondé par Misa Kimura. PiKi est un duo composé d’un transfuge de deux groupes de KAWAII LAB, à savoir Karen Matsumoto (松本かれん) du groupe FRUITS ZIPPER et Haruka Sakuraba (桜庭遥花) de CUTIE STREET. Rien ne laissait présager un morceau intéressant sauf que Yasutaka Nakata a composé à sa manière, en les fait chanter en chuchotements sur une musique électronique Dark Pop à la limite du witch house. C’est tout à fait inattendu et le morceau est tout bonnement excellent. PiKi passait à l’émission télévisée Music Station le Vendredi 29 Août 2025. Alors que je m’étais assoupi devant la télé pendant une partie de l’émission, les sons electro sombres de 88888888 m’ont soudainement réveillé. Le morceau semble avoir un lien avec la fameuse sortie 8 (8番出口) qu’on arrive pas à trouver.

On change de registre avec le nouveau single Crave de Minami Hoshikuma (星熊南巫) sorti le 16 Août 2025. Elle s’est échappée le temps d’un morceau de son groupe d’idoles alternatives Wagamama Rakia (我儘ラキア), mais ce n’est pas son premier single solo. La production du morceau est très lourde et intense en guitares donnant un ton sombre à l’ensemble. La voix comme toujours puissante de Minami arrive à s’en dégager pour apporter à l’ensemble quelque chose d’aérien. Et pour terminer cette excellente petite sélection, avouons-le, je découvre la musique solo de Yurina Hirate (平手友梨奈). Yurina Hirate était il y a quelques années la force motrice du feu-groupe d’idoles Keyakizaka46 (欅坂46), y apportant un style de performance intense très différent de l’image habituelle des idoles. Je n’ai jamais pu accrocher à un morceau du groupe mais j’imaginais bien un jour pouvoir apprécier la musique de Yurina Hirate. J’étais très distraitement attentif à ses sorties et tout à fait convaincu par son nouveau single. Le single I’m human est très beau avec une ambiance sombre et intense, et une dramaturgie renforcée par les images de la vidéo qui l’accompagne. Cette vidéo évoque la peur des comportements de masse et une certaine solitude humaine.

it feels like becoming a part of the city in all its mesmerizing details and crushing massiveness

La pluie ne m’empêche pas toujours de partir marcher, ici jusqu’au sanctuaire Meiji Jingū. Lorsque j’entre dans la forêt qui entoure le sanctuaire après avoir traversé la première grande porte, je me demande à chaque fois si c’est correct d’écouter de la musique aux écouteurs tout en parcourant la grande allée de ce lieu sacré. Je me ravise rapidement en me disant que rien ne l’interdit, mais j’y repense à chaque fois. Je devrais peut-être poser les écouteurs un peu plus souvent afin de tout simplement apprécier les musiques de la rue, ce que je fais tout de même la plupart du temps en dehors de mes marches solitaires du week-end. La fresque bleue et jaune de la première photographie est de l’artiste de rue italien RAUL, à l’occasion d’une exposition qui a lieu en ce moment sur l’histoire du street art au Shibuya Stream Hall. L’exposition intitulée Stream of Banksy Effect – Street Art (R)Evolution (ストリートアートの進化と革命 展) se déroule du 22 Janvier au 23 Mars 2025, mais je ne suis pas encore allé la voir. En street art, une des plus belles expositions que j’ai pu voir est dans le musée dédié à Keith Haring à Kobuchizawa dans la préfecture de Yamanashi. En marchant du centre de Shibuya jusqu’au sanctuaire de Meiji Jingū, je passe volontairement devant le gymnase olympique de Kenzo Tange, qui est très beau sous la pluie quand ses parois courbes viennent réfléchir la lumière. En chemin également, j’aperçois régulièrement des images intéressantes sur l’écran géant Neo Shibuya TV du grand magasin MODI dans le centre de Shibuya. Du 27 Janvier au 2 Février 2025, on y montrait des mini-vidéos des œuvres de six artistes regroupés sous le nom Nostalgia Group Show. L’illustration ci-dessus est d’une artiste multimédia polonaise nommée Dead Seagull, mélangeant beauté et thèmes macabres. J’ai noté également une illustration de Dr.Capsoul s’inspirant librement des décors de Katsuhiro Otomo sur Akira.

De haut en bas: Des images extraites des vidéos des morceaux Last Live de Brandy Senki (ブランデー戦記), Drop de HANA, Hide your Navel d’acidclank et Marionnette de REIRIE.

Je parle assez régulièrement du groupe Brandy Senki (ブランデー戦記) car ils sortent des nouveaux singles de manière assez régulière, en prévision de leur premier album prévu un peu plus tard cette année. Pour leur dernier single Last Live, on retrouve avec bonheur ce mélange d’inspiration rock alternatif américain des années 90 et cette fraîcheur de la jeunesse japonaise actuelle. Écouter cette musique me ramène un peu vers mes vingt ans et cette nostalgie me donne un sentiment étrange car j’ai passé la plus grande partie de mes vingt ans au Japon mais j’ai écouté la grande majorité du rock alternatif américain que j’aime en France. Les morceaux de Brandy Senki viennent mélanger en moi ces deux types de nostalgie. Le morceau n’est pas aussi fort que Coming-of-age Story, mais j’adore la manière par laquelle il vient s’accélérer en deuxième partie. Dans un style Hip-hop, j’écoute ensuite le premier single intitulé Drop du groupe HANA composé de sept filles (Chika, Naoko, Jisoo, Yuri, Momoka, Koharu et Mahina). Il s’agit d’un groupe monté de toute pièce sur audition, mais qui a la particularité d’avoir été créé par Chanmina (ちゃんみなみ). Une émission télévisée montrait même les différents étapes dès la création du groupe, avec les étapes de sélection. Tout ceci peut paraître très artificiel mais il n’empêche que le résultat sur ce premier morceau est très bon. Je ne suis pas un amateur inconditionnel de Chanmina mais je garde une oreille ouverte à sa musique, depuis son single Biscuit dont je parlais il y a un peu plus d’un an. Dans un style totalement différent et pour revenir vers des sonorités plutôt orientées rock, je découvre deux très beaux morceaux d’acidclank, projet musical de Yota Mori. Ils s’intitulent Hide your Navel et Out of View sur son dernier album In Dissolve sorti le 5 Février 2025. Je ne connaissais pas cet artiste basé à Kamakura que je découvre grâce à la newsletter hebdomadaire du journaliste musical et culturel Patrick St Michel. Mes nouvelles découvertes musicales ne se font pas souvent à travers cette newsletter car ses recommandations sont souvent assez éloignées des styles que j’apprécie, mais j’y trouve tout de même de temps en temps quelques très belles choses comme cet album d’acidclank. Il faudra que je le découvre un peu plus en profondeur car j’aime beaucoup la voix apaisée du compositeur et interprète. Pour terminer cette petite sélection, je reviens encore une fois vers le duo REIRIE car elles viennent de sortir un EP intitulé Twinning Fate sur lequel on retrouve les morceaux Faint Light et RulerxRuler dont j’ai déjà parlé précédemment. J’y trouve un autre morceau intéressant, le deuxième du EP intitulé Marionnette. On revient ici vers la pop mais pas aussi dense que le morceau RulerxRuler qui jouait dans la démesure. Tout le EP ne me plait pas mais ce morceau ainsi que les deux autres déjà mentionnés et un autre intitulé Cherry me plaisent beaucoup.

Y✷S✷Y

Quelques photographies prises à Yoyogi puis à Shimokitazawa et à Yokohama, en démarrant par le gymnase olympique de Kenzo Tange que j’aime tant revoir et photographier. Il s’y déroulait ce jour-là un concert de LiSA auquel je n’ai pas assisté. Il y avait plusieurs stands à l’extérieur vendant des articles liés à cette tournée et des boissons aux couleurs étranges, qui sont expliquées par le fait que cette tournée s’appelait Cocktail Party. J’aime regarder le public de ce genre de concert pour observer le niveau d’adhesion vestimentaire, qui était assez élevé pour LiSA. Après la petite forêt de bambous bordant le musée Nezu à Aoyama, on passe vers Shimokitazawa. Je remarque toujours la maison avec un pan de mur à l’oblique près de la station de Kitazawa, mais le nom de l’architecte ne me revient pas en tête. Je l’ai noté quelque part, mais l’organisation de mes notes et bookmarks laisse à désirer. J’aime aussi prendre en photo le petit théâtre The Suzunari. Le renouvellement urbanistique de Shimokitazawa n’a heureusement pas encore atteint cette partie du quartier mais il s’approche petit à petit. Je passe régulièrement devant ce théâtre, le magasin Disk Union se trouvant dans la même rue. Les trois dernières photographies sont prises à Yokohama depuis l’hôtel The Kahala, avec une vue sur les toits du centre d’exhibition Pacifico Yokohama (パシフィコ横浜) et l’hôtel Intercontinental en forme de croissant de lune. C’est la première fois que je saisis le quartier de Minato Mirai sous cet angle.

En toute fin d’année, j’aime revenir vers l’année écoulée avec quelques statistiques sur l’activité de Made in Tokyo. Cette année, j’ai publié 138 billets, ce qui est un peu plus que l’année 2023 avec 131 billets en tout. Le nombre de commentaires s’élève, au moment de l’écriture de ce billet, à 199 ce qui est inférieur au 241 de l’année dernière, mais qui reste très important considérant qu’il y a très majoritairement deux personnes qui laissent des commentaires sur Made in Tokyo et qui par conséquent m’aident à continuer ce blog et à avancer tranquillement. J’ai un peu moins écrit dans l’ensemble car la totalité des billets de cette année correspond à environ 125,500 mots. Le nombre de visites est par contre en augmentation progressive avec 19,950 visites cette année, qui est le plus haut niveau depuis 2015 (sachant qu’en 2015, il y avait plus du double de visites). Peut-être que ce nombre atteindra le niveau des 20,000 visites avant la fin de cette année, mais les visiteurs réguliers se seront bien sûr rendu compte que je ne tiens pas ce blog pour atteindre des sommets en terme de visites et de nombre de clics. Cette année, je pense avoir un peu délaissé les réseaux sociaux car je n’ai montré que 18 photos (ou séries de photos) sur Instagram et je ne publie plus rien sur X Twitter depuis le mois de Septembre. A vrai dire, j’utilise beaucoup moins X Twitter qui ne permet plus depuis longtemps d’auto-publier depuis WordPress un lien vers les nouveaux billets. Cette fonction est par contre disponible sur Threads, que je préfère donc maintenant même si le contenu de mon fils Threads a beaucoup de mal à m’intéresser.

une chose fragile

祝言
Lors de mon premier passage devant Sekiguchi Bashoan (関口芭蕉庵) en Septembre, j’étais également passé voir la cathédrale Sainte Marie de Tokyo, conçue par Kenzo Tange (丹下健三) et construite en 1964. Je pense que c’est la troisième fois que je visite cette cathédrale, la dernière fois était en Mai 2013, six ans après sa rénovation extérieure en 2007. Nous étions d’ailleurs passé en Mars 2007 au moment des rénovations. Lors de la visite de 2013, avait lieu un mariage ce qui ne nous avait pas empêché d’entrer librement et de prendre des photos à l’intérieur. Lors de mon dernier passage en Septembre, un mariage s’y déroulait également et les photographies étaient malheureusement interdites à l’intérieur. J’ai donc seulement pris l’extérieur en photographie en me concentrant sur des éléments de la vaste et élégante toiture. Le noir et blanc semblait convenir le mieux à ces photographies car des traînées de nuages noirs se formaient peu à peu au dessus de la cathédrale.

葬列
On trouve quelques éclaircies dans le nouvel album qui était tant attendu de The Cure, Songs of a Lost World, qui a mis seize années à naître. Ces éclaircies dans le monde sombre de The Cure, on les trouve sur un morceau comme And Nothing is Forever, qui me fait étonnamment penser à une composition des islandais de Sigur Rós pour la densité douce mais dramatique des cordes. Mais Robert Smith apporte par sa voix toute la détresse ’nécessaire’ à un album de Cure. On dit que ce nouvel album qui a eu une très longue gestation est un des meilleurs albums du groupe après Disintegration sorti en 1989. Il ne déçoit pas, pour sûr, les amateurs du groupe dont je fais partie, car on y trouve toute l’ambiance familière du rock gothique de Cure. On n’est pas vraiment dépaysé et on retrouve le groupe là où on les avait laissé. The Cure ne s’éloigne pas beaucoup des atmosphères sombres et désespérées qui les caractérisent, mais ne surjoue en rien ces ambiances. On sent un groupe qui a vécu et est resté fidèle aux sons qui les distinguent. Je connaissais en fait le dernier morceau Endsong depuis au moins un an pour l’avoir entendu dans un extrait de concert filmé par un fan. Le groupe a apparemment joué plusieurs morceaux de ce dernier album pendant des concerts. J’ai appris avec une grande surprise la sortie de cet album sur l’émission Very Good Trip de France Inter, album qui a apparemment également captivé son présentateur Michka Assayas qui n’était pourtant pas acquis à la musique du groupe. Songs of a Lost World ne dépasse pas pour moi les sommets de l’album Pornography de 1982, mais on ne peut pas souhaiter au groupe de repasser par ce genre de période destructrice. L’album dure 49 minutes pour 8 morceaux, la grande majorité démarrant par de longues compositions instrumentales qui installent l’ambiance et nous saisit dès le premier morceau. S’il ne fallait écouter qu’un seul morceau de l’album, ça serait le long morceau de plus de dix minutes Endsong qui le conclut. La densité émotionnelle qui s’en dégage est exceptionnelle et je suis certain qu’il s’agit du morceau vers lequel je reviendrais régulièrement plus tard. « It’s all gone, it’s all gone, Nothing left of all I loved« , chante Robert Smith dans le refrain du morceau, en évoquant des disparitions récentes parmi les membres de sa famille proche. On trouve également ce genre de désespoir maîtrisé sur le morceau Hollywood de Nick Cave and The Bad Seeds sur son album Ghosteen, qu’il a écrit après le décès de son fils. Je n’ai jamais osé entrer dans cet album, mais ma petite sœur me conseille ce long morceau de quatorze minutes qui est magnifique. « Everybody is losing someone. It’s a long way to find peace of mind, peace mind« .