Tokyo & Pop (1)

Avoir de la visite donne un regard nouveau sur des lieux que je connais bien mais permet également d’entrevoir de nouvelles choses. Ma sœur et ses deux filles de 10 et 8 ans, mes nièces donc, nous ont fait le plaisir de nous rendre visite pendant dix jours au cœur du mois d’Avril. Notre mission était d’organiser et de guider cette petite troupe dans Tokyo et ailleurs en fonction des centres d’intérêt de chacun, incluant les miens car j’ai découvert certains lieux, visités pour la première fois. Nos visites avaient clairement une orientation que j’appellerais pop, car les filles voulaient absolument voir les ‘hauts lieux’ de la culture Ghibli et Sanrio, entre autres. On savait que le musée Ghibli de Mitaka est très prisé et il fallait donc faire une réservation plusieurs mois à l’avance, le jour même de l’ouverture de la billetterie. Je suis assez fier d’avoir réussi à tout organiser sans encombres ni manquements à nos plans initiaux. Mes demandes préalables pour que la météo soit clémente ont assez bien fonctionné à part pour une journée et demi de pluie étalée sur les dix jours. Dès leur arrivée, nous filons vers Shibuya puis Harajuku en croisant un personnage Sanrio à notre passage au pied de la tour 109 près du carrefour de Shibuya. Je pense que j’ai, pendant ces vacances particulièrement actives, beaucoup appris des filles sur les nombreux personnages qui constituent l’univers Sanrio. Il est clair que depuis l’anniversaire des 50 ans de Hello Kitty l’année dernière, les personnages de la marque ont gagné une forte popularité, non seulement après des enfants mais également auprès d’un public majoritairement féminin de jeunes adultes. Dès le premier jour à Shibuya, nous avons beaucoup marché, guidés par les yeux émerveillés des filles qui ont débordé d’énergie positive pendant tout le séjour. Notre parcours nous a fait passer par les huitième et neuvième étages de la tour Hikarie pour une vue d’ensemble de Shibuya après avoir traversé le grand carrefour et déjeuné tranquillement en famille. Nous traversons ensuite le parc Miyashita puis continuons jusqu’au croisement d’Harajuku, après avoir fait un petit tour dans le campus de l’université du fiston. On évitera de s’engager dans la rue Takeshita car il est déjà tard, et on a préféré grimper en haut de la tour OMOKADO (東急プラザ表参道オモカド), que j’aime beaucoup pour ses escaliers extérieurs donnant une perspective intéressante sur le carrefour d’Harajuku.

Le jour suivant nous amène au musée Fujiko · F · Fujio situé à Noborito, près de Kawasaki. Nous voyageons principalement en train et métro, ce qui permet de mieux saisir les atmosphères de la ville et de ses banlieues. Le musée du créateur de Doraemon se trouve clairement dans une banlieue, un peu loin de tout, même si la station de Noborito est imposante. Je connaissais déjà le musée pour l’avoir visité il y a 12 ans et il n’a pas vraiment changé mais je ne me souvenais pas avoir vu le court film d’animation dans le petit cinéma du musée. Celui que nous avons regardé s’intitule Chinpui – La bonne chance d’Eri (チンプイ – エリさまのグッドラック). Ce petit film nous raconte l’histoire d’Eri Kasuga (春日エリ), une fillette de 12 ans pleine de vie et un peu garçon manqué, se retrouvant un jour soudainement choisie comme candidate pour devenir l’épouse du prince héritier de la planète Mahl située dans un lointain univers. Pour lui annoncer cette nouvelle, deux extraterrestres venus de cette planète, dont Chinpui, arrivent sur Terre et tentent désespérément de la convaincre dans ce rôle d’épouse. Mais Chinpui finit par s’attacher à elle et décide finalement de vivre à ses côtés pour l’aider à surmonter toutes sortes de péripéties. L’histoire est bon-enfant mais n’en est pas moins bourrée de dynamisme et de drôlerie. J’étais très surpris de voir dans les crédits le nom du rappeur et producteur Zo Zhit (荘子it) de Dos Monos. Il a créé les musiques de la bande originale du court métrage animé, excluant le générique original qu’il a tout de même remixé. Le parc situé derrière le musée au pied de la forêt est agréable. Il s’étend d’une manière continue jusqu’aux étages du musée au niveau du restaurant. On trouve dans ce parc quelques figures tirées des manga de Fujiko · F · Fujio, comme Doraemon bien sûr et Doremi chan. Je suis assez familier de l’univers de Doraemon pour avoir vu en DVDs et au cinéma plusieurs épisodes de ses aventures avec le cancre Nobita et ses amis. Je me souviens avoir vu en 2018 une très belle exposition où divers artistes revisitaient le monde de Doraemon. Pour le retour, nous prenons bien entendu le petit bus décoré transitant exclusivement entre le musée et la station de Noborito.

La journée qui suit nous amène à Asakusa parmi les touristes toujours nombreux. Nous arrivons par l’arrière du temple Sensōji qui est un peu plus calme que la rue commerçante Naka-dori. Nous nous déplaçons cette fois-ci en voiture. C’est un peu compliqué de trouver des places de parking libres à Asakusa, car le parking souterrain central devant la porte Kaminarimon est malheureusement fermé. Nous stationnons finalement un peu à l’écart, à côté d’une pâtisserie japonaise nommée Tokutarō (徳太樓), vieille de plus de 120 ans. Elle nous a fait de l’oeil et quelques achats de wagashi se sont imposés avant de prendre le chemin du grand temple. Les rues aux alentours, notamment celles couvertes, sont un peu plus calmes et on s’y dirigent assez rapidement après la visite du temple. Nous n’essaierons pas de collecter le sceau goshuin car une longue file d’attente est nécessaire et je l’ai de toute façon déjà obtenu récemment. Notre prochaine étape est la grande tour Tokyo Sky Tree. Nous stopperons au 350ème étage qui donne une vue presque irréelle de la ville, tant on a l’impression d’être détaché du sol. On ne pouvait malheureusement pas apercevoir le Mont Fuji, caché derrière un ciel nuageux. La vue sur le grand Tokyo et les préfectures limitrophes était par contre dégagée. Parmi les immeubles, on aperçoit les formes blanches du musée Edo-Tokyo à Ryogoku que nous visiterons plus tard dans le séjour. Je ne remarque plus le building iconique Asahi Super Dry Hall conçu par Philippe Starck, mais c’est clair qu’il attire le regard pour des yeux nouveaux. Nous l’apercevons également depuis les hauteurs de la tour Tokyo Sky Tree, au bord de la rivière Sumida. On se fait attirer par le photographe en haut de la tour qui nous promet une petite photo imprimée gratuite si on accepte de se faire photographier. On se rend ensuite compte que la dite photo est vraiment minuscule, ce qui nous pousse à vouloir acheter la version de taille normale encadrée dans un joli carton. Le stratagème commercial nous a berné, ce qui nous a bien fait rire, mais au final, le photographie prise était réussie et nous a donné envie de l’acheter. Les carpes volantes koi étaient déjà déployées au pied de la tour, en préparation de la fête des enfants le 5 Mai. Le grand centre commercial en bas de Tokyo Sky Tree ressemble à un labyrinthe. Les magasins liés à la culture pop japonaise sont nombreux, avec notamment une boutique dédiée au magazine manga Jump et un Pokémon Center assez vaste. Je suis complètement néophyte au monde de Pokémon car je ne connais que la bête jaune qu’on appelle Pikachu (si je me souviens bien). L’engouement mondial et quasi universel pour les petits monstres Pokémon m’a toujours impressionné et interrogé. On y trouve bien sûr une version spéciale de Pikachu portant de ses petits bras la tour Tokyo Sky Tree. Cette peluche semblait être un achat obligatoire. Je ressors de l’endroit un peu moins ignorant sur le sujet. La dernière étape de cette journée bien chargée nous fait passer par Diver City à Odaiba pour aller voir le grand robot Gundam. Je l’ai déjà vu plusieurs fois mais la version initiale a en fait changé. La première version installée en 2009 était le Gundam original de 1979 nommé RX-78-2. Il a été démonté en Mars 2017 et remplacé en Septembre 2017 par le modèle RX-0 Unicorn Gundam, de Mobile Suit Gundam Unicorn, toujours en place aujourd’hui. Ce modèle d’environ 19,7 mètres de hauteur a la particularité d’être doté de lumières. À Odaiba, nous avons par contre loupé de peu la nouvelle grande fontaine placée sur la baie de Tokyo qui ne s’active que pour une dizaine de minutes toutes les heures.

Le parc d’attractions Sanrio Puroland (サンリオピューロランド) situé à Tama Center était un des moments importants du voyage pour mes nièces. Je n’y serais très certainement jamais allé sans cette occasion. Comme on peut le deviner, ce parc est opéré par la compagnie Sanrio et est dédié à l’univers de ses nombreux personnages comme Hello Kitty, My Melody, Cinnamoroll, entre beaucoup d’autres. Il a ouvert ses portes le 7 décembre 1990 et accueille environ 1,5 million de visiteurs par an. C’est un parc entièrement couvert proposant plusieurs spectacles, attractions, restaurants et bien sûr rencontres des personnages. Là encore, c’est un monde que je découvre, même si ce parc a maintenant un certain âge et est très connu. Un grand nombre des personnages me sont familiers, notamment Kuromi qu’on voit souvent accrochée aux sacs des jeunes filles à Shibuya et ailleurs. Toutes proportions gardées, le personnage de Kuromi est mon préféré car elle a une apparence plutôt disruptive dans le monde Kawaii de Sanrio, ce qui fait qu’elle est appréciée par certaines musiciennes que je suis attentivement. DAOKO a d’ailleurs écrit pour Kuromi un morceau d’inspiration hip-hop intitulé Dolce Vita produit par Hidefumi Kenmochi (de Wednesday Campanella, entre autres) pour le EP KUROMI IN MY HEAD. Il n’est pas chanté par DAOKO mais on reconnaît clairement son style et le morceau est étonnamment très bon. Tout au long de la visite du parc, c’était amusant de constater que les visiteurs japonais sont principalement des jeunes adultes. Il faut dire que ce n’est pas une période de vacances scolaires au Japon. Les visiteurs étrangers, surtout en provenance d’Asie sont également assez nombreux. Il n’y a au final assez peu d’enfants, mais j’imagine que cette démographie est similaire au parc Disney et est différente pendant les week-ends. On trouve quelques similitudes avec Disneyland car la visite est rythmée par plusieurs parades. J’ai été agréablement surpris de trouver les parades et spectacles très sophistiqués au niveau des danses et des costumes. Le spectacle Kawaii Kabuki (KAWAII KABUKI ~ハローキティ一座の桃太郎~) était notre préféré. Il ne faut pas le manquer car c’est l’un des spectacles les plus originaux de Sanrio Puroland. Comme son nom l’indique, ce spectacle mélange habillement le théâtre traditionnel kabuki avec l’univers Sanrio en incluant des éléments modernes dans les musiques et danses, ce qui en fait une sorte de show hybride entre tradition japonaise et pop culture. L’histoire est une adaptation très simplifiée et visuelle du conte japonais de Momotarō (桃太郎), où l’on voit Kitty et ses amis former une troupe kabuki et partir combattre des démons (oni). L’histoire est assez enfantine et tous publics, mais les costumes inspirés du kabuki, en version kawaii, sont vraiment impressionnants. Le spectacle est supervisé avec des professionnels du kabuki et la narration inclut des voix d’acteurs kabuki connus comme Shido Nakamura (中村獅童). Le point final (et culminant) de notre visite était la rencontre de Kitty chan dans sa vaste maison située au dernier étage du parc, ce qui donnait l’occasion aux filles de se faire prendre en photo avec leur personnage préféré. Il y avait une file d’attente d’une vingtaine de minutes pour la rencontre avec Kitty. Celle-ci est vue par certaines comme une confidente. La jeune femme qui se trouvait devant nous dans la file d’attente a même passé tout un moment à faire part au personnage de Kitty de diverses choses personnelles, ce qui peut paraître bien étrange. Je pense qu’il ne faut pas oublier que Kitty est un personnage que a fait partie de la vie de nombreux enfants japonais et qu’elle a certainement été pour certaines personnes une sorte de réconfort dans les moments difficiles de leur vie. Kitty doit être bien plus qu’un personnage imaginaire pour nombre d’entre elles. Le retour en train depuis Tama Center était assez mouvementé entre Shinjuku et Shibuya sur la ligne Yamanote car nous avons eu le malheur de transiter pendant l’heure de pointe archi-bondée avec mouvements de foule à ces deux stations. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait personnellement l’expérience d’être serré comme une sardine dans un wagon, car les lignes de métro ou de train que je prends régulièrement sont beaucoup moins occupées même aux heures de pointe en semaine. C’est aussi un aspect de Tokyo qu’on a pu expérimenter.

int𐌄rlude électrique

Nous sommes ici au pied de la grande tour Tokyo Skytree pour un festival consacré à Taïwan. Il y a foule le soir pour venir y manger, ce que nous étions venu faire également. Un grand espace couvert avec des tables permet de se restaurer sous une multitude de lampions rouges. Je tente des photographies des écritures en néon affichées tout autour du grand espace couvert, mais mon appareil photo fait traîner une nouvelle fois les lumières comme les feux d’une voiture de sport en pleine course poursuite. Pas facile de trouver une table libre sous les lampions donc nous décidons de descendre d’un étage pour dîner dans le food court. Nous étions de retour d’une promenade dans la préfecture d’Ibaraki lors d’une belle journée de la Golden Week. Je reviendrais très certainement sur ce qu’on y a vu là-bas.

J’avais bien noté dans un coin de ma mémoire le petit concert gratuit du Samedi 17 Mai au dixième étage du Department Store PARCO de Shibuya (渋谷PARCO10F PBOX). Ce jour pluvieux, se produisaient AAAMYYY et TENDRE pour un événement organisé par Girl Houyhnhnm, un magazine féminin qui m’était totalement inconnu. C’est apparemment la quatrième année que ce magazine organise ce genre d’événement musical au PARCO de Shibuya. J’arrive une quarantaine de minutes avant le début qui était programmé à midi. J’aurais en fait dû arriver un peu plus tôt car il y avait déjà quelques rangées de personnes devant moi, mais je n’avais pas non plus l’intention de me placer au premier rang. AAAMYYY arrive à l’heure prévue sur la petite scène devant un écran géant. Il ne s’agit pas vraiment d’une scène car elle est juste devant nous derrière un clavier et un ordinateur portable. J’avais déjà vu AAAMYYY pour une courte séance DJ dans ce même PARCO de Shibuya en Novembre 2023 puis lors de son concert Option C en Mars 2024 qui m’a beaucoup marqué (comme tous les concerts que je vais voir d’ailleurs). C’est donc la troisième que je la vois sur une scène et cette fois-ci, elle a chanté seule quelques uns de ses morceaux pour une durée d’environ 40 minutes. L’ambiance est décontractée et on sent qu’elle n’a pas une grande pression sur les épaules. Je la ressens à chaque fois comme étant cool mais je ne sais pas si c’est vraiment le cas. Elle démarre elle-même la bonne son, fait quelques réglages au fur et à mesure mais seul son chant est véritablement live. Elle n’a pas donné la playlist exacte des morceaux qu’elle a interprété mais il y avait d’abord des plus anciens comme Skycraper du EP ETCETRA (2018), Subject J et Policy (ポリシー) de son premier album Body (2019) et quatre morceaux de son dernier EP Thanks, à savoir Happy, Relux, Masaka pour terminer avec Savior (救世主). Les morceaux de ce EP sont des collaborations avec des invités qui n’étaient bien entendu par sur scène à ses côtés, mais AAAMYYY prenait tout de même plaisir à les annoncer lors qu’on les entendait sur la piste sonore. Cette proximité était très agréable. La surprise était ensuite de voir et d’écouter TENDRE dont je ne connais seulement que certains morceaux notamment ses collaborations avec AAAMYYY. Les deux se connaissent très bien car TENDRE était même un des nombreux invités du concert Option C. On sent clairement la proximité entre eux. Je ne sais pas si la programmation était faite au hasard mais c’était en tout cas une heureuse situation de les voir sur scène l’une après l’autre. TENDRE entre sur scène un peu avant 13h pour une quarantaine de minutes. Il nous fait tout de suite remarqué que le public est vraiment très proche. Il chantera en tout six morceaux tirés de plusieurs de ses albums et EPs: Drama du EP Red Focus (2017), Fantasy de Prismatics (2022), Joke de Life Less Lonely (2020), le nouveau single Runaway sorti en Avril 2025, Hanashi de Not in Almighty (2018) pour terminer avec le morceau Life de l’album Life Less Lonely. Sur ce dernier morceau, il invite AAAMYYY sur scène pour un duo qui a passionné le public. Je m’attendais bien à ce qu’ils chantent un morceau en duo mais plutôt un de ceux où elle est déjà présente en featuring comme OXY de Prismatics ou Document de son EP Beginning (2023). Au final, je ne connaissais aucun des six morceaux qu’il a chanté mais je les ai tous aimé, car il y a un rythme qui accroche rapidement. Il sait également embarquer le public avec lui. Je les écoute encore maintenant en reconstituant la playlist de ce petit concert. TENDRE a une personnalité très agréable, très souriant et blagueur. Il est très à l’aise avec le public même s’il se plaignait en rigolant de la proximité du premier rang. Je ne regrette pas d’être venu, surtout que je n’avais pas pu assister à un autre concert gratuit de TENDRE le jour d’avant sur la grande place ouverte de Yebisu Garden Place pour le festival annuel de musique Ebisu Blooming Jazz Garden 2025. Après ce live au PARCO, TENDRE passait dans une émission radio. C’est on dirait un artiste très occupé. L’électro-pop d’AAAMYYY et le R&B Soul de TENDRE m’ont mis de très bonne humeur pour cette journée pourtant pluvieuse.

(全部 Move on)

Comme le montre la couleur du ciel, les premières photographies du billet ne sont pas prises le même jour que les dernières. La météo est très changeante en ce moment, ce qui n’est pas forcément un mauvais point pour le photographe. Le tournesol est tourné vers la lumière du ciel ensoleillé des dernières photographies prises dans les quartiers autour de la grande tour Skytree. J’étais parti en direction de Higashi Mukojima pour aller voir un building des années 90 que j’ai déjà montré sur mon compte Instagram. Il faudra y revenir bientôt. Et au passage, le nombre de mes followers sur Instagram vient de passer la barre des 600 personnes. Pas que ça soit un nombre particulièrement impressionnant pour Instagram, car les gens se suivent entre eux souvent mécaniquement. Je suis moi-même sur Instagram plus de 500 personnes et c’est humainement impossible de porter assez d’attention sur toutes les photos qui sont publiées sur mon fil, d’autant plus quand elles se mélangent avec les innombrables messages publicitaires et photos sponsorisées non-sollicitées. Je me demande si maintenir et faire se croître un compte Instagram ne demande pas plus d’efforts que de tenir un blog traditionnel. Certaines personnes semblent passer sur vero, car il n’y a pas de publicités. J’ai créé mon compte sur vero à tout hasard et par curiosité.

Je suis toujours sous le charme du EP Maborosi Weekend que j’écoute maintenant en entier depuis plusieurs jours. Il n’est pas forcément meilleur que l’album Annihilation par exemple, mais il y a cette étrangeté dans les associations de notes électroniques qui m’est particulièrement attrayante. Et les tonalités de voix d’AAAMYYY volontairement légères sur certains morceaux comme 8PM ou KINYOUB sont souvent dissonantes et inattendus dans leurs transitions. Je sens une influence Nord américaine sur certains morceaux bien qu’elle chante principalement en japonais. Peut-être est ce dû aux insertions passagères de phrases en anglais (« 全部 Move on » sur KINYOUB). La composition musicale de certains des morceaux est relativement épurée et ça me fait me rendre compte qu’elle n’a pas besoin d’une instrumentation ample pour créer des morceaux intéressants et mémorables. Tout se joue dans les méandres de sa voix. Je pensais que le morceau Maborosi était mon préféré de l’album mais je pense maintenant préférer le dernier en collaboration au chant avec Tendre (de son vrai nom Kawahara Tarō 河原太朗). Il joue également de la basse ou des claviers sur d’autres morceaux d’AAAMYYY. Je pense avoir fait maintenant le tour de sa discographie et il est temps de bifurquer un peu pour éviter que cette musique devienne obsessionnelle.

how to repeat Tokyo endlessly (ι)

Cette série répétant Tokyo indéfiniment a du mal à se terminer comme l’annonce déjà le titre mais je m’arrêterais peut être quand j’aurais épuisé toutes les lettres de l’alphabet grec. Il y aura certainement quelques pauses en cours de route. Les photographies ci-dessus datent déjà de plusieurs semaines, au point où j’en oublie un peu le contexte. Sur les deux premières dans Ginza, je me souviens que l’on recherchait des vieilles boutiques et restaurants pour un devoir d’école de Zoa. La première photographie montre une très ancienne boutique de dashi. Nous irons aussi taper à la porte de vieux restaurants à Ningyocho. A chaque visite, le fiston interview brièvement le responsable de la boutique et on prend une photo. Tout se fait très facilement car chacune des personnes des boutiques semble être très enclin à nous parler de son établissement, avec une certaine fierté. La photographie suivante est prise un peu avant à la mi-août. Nous sommes dans un restaurant et je suis assis juste en face de la tour Sky Tree. Les deux dernières photographies sont prises cette même journée dans le parc Kasai Rinkai au bord de la baie de Tokyo dans l’arrondissement d’Edogawa. Je connaissais ce parc de nom mais nous n’y étions jamais allés. Il est extrêmement vaste et donne une belle vue sur la baie, d’un point de vue que je ne connaissais pas. Un pont donne accès à une île artificielle, mais il n’y a malheureusement pas de plages de sable. On voit plutôt des apprentis pêcheurs au bord de l’eau.

La Coupe du Monde de Rugby vient de démarrer au Japon et nous sommes allés voir en famille le premier match de la France contre l’Argentine le samedi 21 septembre. Je suis très loin d’être un spécialiste du ballon oval, et je ne maîtrise pas toutes les subtilités des règles, mais je me laisse en général emporter par l’enthousiasme des grandes compétitions internationales. À vrai dire, nous avons vu à la télévision le premier match de la coupe entre le Japon, pays hôte donc, et la Russie, et c’était passionnant. Surtout quand les passes vers l’arrière s’enchainent in-extrémis ou qu’un des joueurs fait une échappée belle avec le ballon en surprenant tout le monde. Le match de la France contre l’Argentine se déroulait au stade de Tokyo. Quand on a acheté nos places l’année dernière, je pensais que le stade de Tokyo serait le nouveau stade olympique conçu par Kengo Kuma, mais il n’est pas encore terminé. Je pense que les polémiques autour des coûts du design original de Zaha Hadid et le changement d’architecte ont introduit des retards sur le planning de disponibilité du stade. La compétition à Tokyo se passe donc au stade Ajinomoto de Chōfu, sur les lignes de train Keio depuis Shibuya ou Shinjuku. C’est un peu loin du centre, mais on arrive au stade sans trop de soucis car il ouvre ses portes à 13h pour un coup d’envoi 16:15, assez de temps pour étaler les arrivées. Je suis amusé et je dirais même heureux de voir des supporters français déguisés et parfois même entièrement peints de couleur bleu. Le match démarre assez vite après notre arrivée dans les gradins. Le suspense a été présent pendant tout le match jusqu’au dernières secondes. La première mi-temps était très bonne pour les bleus mais la deuxième partie était beaucoup plus en deçà. L’équipe de France a quand même tenu bon face à l’Argentine (grâce à nos chants de supporters) et gagnera avec une petite avance de 23 points contre 21. Le retour sera plus difficile car la foule, plus de 44,000 personnes ce soir là, se dirige majoritairement vers la station de train la plus proche, celle de Tobitakyu. Nous tentons plutôt de marcher vers la station d’après, mais on pressent que la foule s’y agglutine également. Nous changeons alors complètement de stratégie en prenant le bus vers Musashi Sakai. Nous faisons en fait un pas de côté pour nous éloigner des lignes bondées. Nous avons eu la bonne idée de prendre ce bus au plus proche de la station de Nishi Chōfu, car il se remplira ensuite très vite au fur et à mesure des stations. Après une trentaine de minutes, nous arrivons à Musashi Sakai, a deux stations de Kichijoji. La suite du parcours s’est fait beaucoup plus tranquillement.

quatre cent quarante cinq mètres au dessus de Tokyo sans vertige

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On peut monter tout en haut de Tokyo Sky Tree le week end sans réservation. C’est possible, mais il faut se lever tôt et être au bas de la tour à 8h du matin et faire la file d’attente. En une demi-heure, on peut acheter les tickets et monter vers le premier niveau après quelques minutes d’attente supplémentaire devant la batterie d’ascenseur. Il faudra encore attendre et acheter des billets pour grimper au niveau 2. Mais la vue vaut vraiment le coup d’oeil. Il y a du monde en haut de la tour mais comme le traffic est régulé, on arrive quand même à circuler. Par contre, ça reste assez cher: 2000 Yens pour la montée au niveau 1 (TEMBO DECK 350m) et 1000 Yens supplémentaires par personne pour le 2ème niveau (TEMBO GALLERIA 450m).