間違い探しモード

Une fois n’est pas coutume, les photographies de ce billet sont un petit jeu où il faut trouver l’erreur. Ce n’est pas très difficile si on a l’oeil, mais n’y passez pas la journée non plus. Ces photographies broussailleuses ont été prises dans une des grandes allées du cimetière d’Aoyama. J’aime bien le traverser de temps en temps car, comme on pourrait facilement le deviner, le calme et la sérénité y règnent. J’aime aussi le fait qu’il soit laissé au naturel, sans entretien excessif, ce qui lui donne un côté un peu sauvage. C’est dommage que les voitures le traversent, mais on aime quand même faire cette promenade en voiture pendant la période des cerisiers en fleurs.

J’interromps tout ce que j’écoutais jusqu’à maintenant sur la playlist de mon iPod pour écouter quelques morceaux du nouvel album d’Utada Hikaru (宇多田ヒカル) intitulé Bad Mode (BADモード) qui vient juste de sortir il y a quelques jours. Je connaissais déjà quelques morceaux comme l’excellent One Last Kiss dont j’avais déjà parlé dans un précédent billet. Je ne l’écoute pas pour l’instant dans son intégralité car il y a, à priori, des morceaux qui m’intéressent moins comme Face My Fears. Par contre, le premier morceau Bad Mode, qui reprend donc le titre de l’album, est vraiment excellent. Ce type de morceaux correspond vraiment à ce que je préfère chez Utada Hikaru, une inventivité pop très accrocheuse mais également brillante musicalement. Le morceau m’a totalement convaincu à mi-chemin lorsqu’il change complètement de rythme et reprend tout en délicatesse sur un rythme ténu mélangé à la voix presque nue d’Utada. C’est vraiment brillant, comme peut l’être la vidéo d’ailleurs dont l’image ci-dessus est extraite. Je ne connaissais pas le morceau suivant Kimini ni Muchū (君に夢中), pourtant déjà sorti. Il est également très beau mais dans un tout autre style. J’aime beaucoup la voix très légèrement tremblotante d’Utada vers les fins de phrases. On y ressent une émotion palpable qui m’y fait revenir sans cesse. J’écoute ces deux morceaux en boucle et ça me suffit pour l’instant.

à travers la boucle du parc Ueno

Lors des premiers jours de cette nouvelle année, nous nous sommes déplacés vers le Shinobazu-no-ike Bentendō, qui est un petit temple bouddhiste placé sur une île appelée Bentenjima, au milieu l’étang Shinobazu couvert de plantes de lotus, dans le grand parc de Ueno. Ce temple est dédié à la déesse féminine Benzaiten, déesse de la richesse, du bonheur, de la sagesse et la musique. Nous y allions donc pour faire une petite prière pour espérer tout cela cette année, tout en étant bien conscient que la Déesse n’aura certainement pas le temps et la volonté peut-être d’exaucer les vœux de tout le monde. Au final, la probabilité que nos vœux s’exaucent grâce à la volonté de la Déesse Benzaiten correspond à peu près à la probabilité qu’ils s’exaucent sans son intervention. Mais bon, autant mettre toutes les chances de notre côté et l’important est d’être convaincu que son intervention jouera en notre faveur. Le temple Bentendō faisait partie autrefois d’un complexe beaucoup plus important autour du temple Kaneiji, fondé en 1625 par le moine bouddhiste Tenkai sur le modèle du temple Enryakuji qui nous avions visité il y a quelques mois au Mont Hiei près du lac Biwa. La petite île Bentenjima prend d’ailleurs pour modèle l’île Chikubushima du lac Biwa. Le temple Kaneiji existe au Nord du parc de Ueno mais sa taille actuelle ne correspond plus au complexe de 30 bâtiments recouvrant autrefois tout le parc. A l’entrée du temple avant de monter les marches, on remarque forcément la statue d’une autre divinité du folklore japonais prenant la forme d’un serpent avec une tête de vieil homme. Cette divinité appelée Ugaijin est associée à Benzaiten. Lorsque l’on fait demi-tour pour quitter l’île, on remarque tout de suite un arbre étrange faisant une boucle. Il s’agit de Tsuki no Matsu, se trouvant devant le temple Kyomizu Kannondō. Tsuki no Matsu existait à l’époque Edo et a été représenté plusieurs fois en ukiyo-e par Utagawa Hiroshige, mais fut malheureusement endommagé par une tempête à cette époque. Tsuki no Matsu n’a été restauré que récemment en Décembre 2012. Depuis le hall Kyomizu Kannondō, on peut voir la boucle de près et s’amuser, comme je l’ai fait, à l’utiliser comme cadre photographique.

東京ワルツ

Les photographies de ce billet sont prises dans des endroits différents dans Tokyo, comme une valse d’images. Passer au noir et blanc me donne à chaque fois l’occasion de revenir sur des photos un peu plus anciennes que je viens mélanger à d’autres plus récentes que je n’avais pas encore montré sur Made in Tokyo. L’attrait du noir et blanc est fort mais je trouve qu’il ne convient pas à tous les types de photographies. J’y reviens en fait souvent en fonction de la musique que j’écoute à ce moment là. Je dirais même que la musique que j’écoute est le seul déclencheur qui me fait revenir au noir et blanc, comme si le choix ne m’était plus donner de faire. Les photographies que je montre ci-dessus baignent volontairement dans un léger flou. Nous sommes ici dans l’ordre à Yoyogi, Ueno, Shibuya, Shinagawa, Daikanyama et Naka-Meguro.


Les hasards de Twitter ont parfois du bon, car ils me font régulièrement découvrir des ambiances musicales qui me plaisent beaucoup à travers des groupes ou artistes que je ne connaissais pas. Je découvre récemment le groupe japonais post-punk G-Schmitt (G-シュミット) mené par son interprète principale et charismatique SYOKO (en photo ci-dessus). Ce nom de groupe est plutôt étrange et je ne n’ai pas encore découvert son origine. Je m’étonne moi-même de ne jamais avoir entendu parler de ce groupe ou du nom de SYOKO avant mais il faut dire que le groupe n’est plus actif depuis longtemps. Il l’était pendant une bonne partie des années 1980, pendant six ans de 1983 à 1989 pour être très précis. SYOKO a complètement disparu de la scène musicale actuelle, à ma connaissance. Je n’aime pas beaucoup classifier les groupes dans des styles car je suis la plupart du temps bien en mal de le faire, mais si on devait donner une idée du style musical de G-Schmitt, je dirais qu’il s’apparente plutôt au gothic rock si l’on considère la noirceur générale de l’ensemble, qui n’est pas sans me rappeler The Cure par moments. Mais les ambiances diffèrent entre les morceaux et les catégorisations stylistiques deviennent très vite assez floues. Dans une interview, SYOKO se défendait d’ailleurs de toute catégorisation dans une « boîte » stylistique particulière, comme pour garder une indépendance artistique et se démarquer d’autres groupes indépendants post punk de l’époque. G-Schmitt n’a pas sorti beaucoup d’albums mais plusieurs EPs, et une compilation sortie en 1988 s’intitulant Struggle to Survive, qui est mon point de départ dans la découverte de la musique du groupe. Plus qu’une compilation, Struggle to Survive est un regroupement d’EPs sortis précédemment, notamment ceux intitulés Modern Gypsies, Sin, Secret & Desire (sauf un morceau) et d’autres morceaux sortis séparément en singles. Dès la première écoute de Stuggle to Survive, j’ai développé une fascination certaine pour ce groupe au point de chercher toutes les informations que je pouvais trouver sur internet, informations qui sont malheureusement assez peu nombreuses. Il n’y a même pas de page Wikipedia à se mettre sous la dent, même en japonais. Je me contente donc de morceaux d’information glanés par-ci par-là sur des sites de passionnés, notamment un ancien site web dédié au groupe. J’éprouve une fascination un peu similaire à celle que j’avais pu avoir lorsque j’avais découvert Jun Togawa (戸川純)et son groupe Yapoos il y a quelques années, ou la musique de Tomo Akikawabaya plus récemment. Ma fascination pour les morceaux de G-Schmitt que j’écoute sur cet album Struggle to Survive vient notamment et principalement de la passion que SYOKO transmet dans sa voix et dans sa manière de chanter. Elle le dit dans des interviews, son intérêt n’est pas de vendre beaucoup de disques ni de devenir une artiste qui signera sur une major (tous les disques de G-Schmitt sont sortis sur un label indé WECHSELBALG), mais d’interpréter une musique qui soit personnelle et unique. Il y a peu d’interviews visibles sur internet, mais j’en ai quand même vu une très courte sur YouTube où SYOKO répond à des questions sur un nouvel album du groupe (peut-être celui qui s’intitule gArNeT). On sent dans sa manière de s’exprimer et son regard, une certaine détermination et quelque chose d’atypique. La tension dans son chant nous fait comprendre son implication totale, et j’aime beaucoup cela. Sa voix est remplie d’une certaine mélancolie et d’un romantisme ténébreux, mais peut prendre parfois des accents un peu plus agressifs. La plupart des EPs et singles du groupe sont seulement sortis en vinyle à l’époque, mais Struggle to Survive est sorti dans une version CD, qui est malheureusement introuvable ou à des prix exorbitants (10,000 Yens sur Mercari). On peut cependant l’écouter en intégralité ou par morceaux sur YouTube. Difficile de ressortir de cet album le morceau que je préfère, mais le cinquième intitulé Farewell doit être celui qui me touche le plus. Mais l’ensemble est de toute façon excellent, si on n’est pas rebuté par cette ambiance rock très marquée années 80 et aux accents gothiques parfois des plus étranges (le morceau Mescaline Dream par exemple). Le premier morceau Kの葬列 (les funérailles de K) donne tout de suite l’ambiance et est un des morceaux les plus emblématiques de G-Schmitt. Si on aime ce morceau, le reste de l’album est un vrai bonheur musical. Je suis donc parti en quête de tous les morceaux G-Schmitt et SYOKO que je peux trouver. En parallèle de Struggle to Survive, j’écoute également un des deux EPs que SYOKO a sorti en solo, le premier intitulé SOIL sorti en 1986. Le style ne diffère pas grandement de la musique du groupe, mais peut prendre parfois des accents un peu plus expérimentaux comme le quatrième morceau MAGIE. Sa manière de chanter me rappelle par moment celle de Jun Togawa, bien que leurs voix soient différentes. Les musiques de ce EP sont composées et arrangées par un certain Joe Hisaishi (久石譲), que l’on connaît pour avoir composé les musiques de la plupart des films de Takeshi Kitano (Sonatine en 1993, Hanabi en 1997…) et Hayao Miyazaki (depuis Nausicaä de la Vallée du Vent en 1984). Les morceaux que je préfère sur cet EP Soil sont le troisième intitulé Sphinx in the Night et le premier Erewhon.

渋ライト

Enveloppé dans la lumière hivernale dans le quartier de Shibuya, elle est particulièrement basse et forte dès le début de l’après-midi. J’aime beaucoup cette lumière car elle nous fait parfois apprécier les lieux d’une manière différente. Je m’étonne, sur la première photographie par exemple, de la manière dont elle vient complexifier le paysage urbain en brouillant les perspectives et notre perception. Je ne cherche en général pas à éviter les halos de lumière qui viennent se former sur l’objectif. Je cherche plutôt à intégrer directement ce flux de lumière dans le cadre de ma photographie pour voir quel effet cela pourrait bien donner.

J’avais mentionné dans un précédent billet que je reviendrais certainement sur l’album NO MOON du groupe D.A.N. que j’écoute depuis environ deux semaines. J’avais évoqué le dernier morceau de cet album sorti le 27 Octobre 2021, mais je ne me doutais pas que l’ensemble de l’album serait aussi beau. Il y a beaucoup de morceaux très forts comme le premier Anthem, le dernier No Moon, le morceau Aechmea de 8 minutes au milieu et le fantastique troisième morceau The Encounters. J’avais déjà mentionné qu’Utena Kobayashi participait à cet album. Elle joue du steel pan sur les deux premiers morceaux et chante même sur le deuxième Floating in Space. La voix de Daigo Sakuragi (櫻木大悟) nous ferait presque pleurer tellement elle peut être belle par moments, notamment sur ce morceau. Elle a un côté androgyne qui se mélange avec la voix féminine d’Utena qui intervient en deuxième partie de ce morceau. Utena chante toujours d’une manière à faire entrer cette musique dans le mystique. Elle pourrait faire partie intégrante du trio, avec Daigo Sakuragi, Jinya Ichikawa (市川仁也) et Hikaru Kawakami (川上輝). Pour revenir au troisième morceau The Encounters, D.A.N. est y accompagné des voix de Takumi (du duo hip-hop MIRRROR) et de Tamanaramen (玉名ラーメン), mélangeant des moments rappés et d’autres plus vaporeux. La composition musicale du morceau est fabuleuse avec une coupure dans la deuxième partie du morceau pour partir vers des sons électroniques plus sombres qui me rappellent les décrochages qu’on peut entendre chez Burial. Le rythme s’accélère ensuite et on reste accroché lorsque Tamanaramen commence à chanter « What are you afraid of? » et quand Sakuragi vient y ajouter des pointes vocales (« あなたのせいで »). Tout excellent qu’il puisse être, ce morceau ne vient pourtant pas effacer les autres. Il y a trois interludes sonores assez étranges intitulés Antiphase venant assurer une transition vers des choses plus mélancoliques, qui représentent quand même l’atmosphère principale de l’album. Le piano et les sons de guitare pleins d’écho sur Bend par exemple débordent d’une tension émotionnelle qui ne peut pas laisser indifférent. Je le dis parfois pour certains albums, mais il faut être dans de bonnes conditions pour entrer dans l’album. Il n’est pas difficile d’accès mais je le trouve émotionnellement fort par moments, du moins l’atmosphère qui s’en dégage est très prenante. C’est un objet musical qu’il faut appréhender dans son ensemble plutôt que par morceaux séparés. La voix exceptionnelle de Daigo Sakuragi est un des grands attraits de cette musique, mais la composition musicale mélangeant instruments traditionnels (guitare, basse, batterie) et musique électronique est vraiment impeccable avec de nombreuses étrangetés sonores et quelques breaks à mi-morceau que j’aime particulièrement. Le morceau Take Your Time est un de ces morceaux qui se révèlent pleinement après plusieurs écoutes. Des paroles comme « 誰かの頭の中で暮らしてる » (Je vis dans la tête de quelqu’un) dans ce morceau ou « 本当の世界 連れていって » (Amènes moi dans le vrai monde) sur Aechmea m’intriguent et contribuent beaucoup à l’atmosphère mystérieuse, voire mystique par moments, qui entoure cette musique. La seule « déception » est que je n’ai pas été en mesure de créer des images à base de photographies pour ce blog tout en écoutant cette musique, mais c’est une autre histoire.

vues du Mont Fuji depuis Kawaguchiko

Outre notre bref passage à Enoshima juste avant la nouvelle année, nous ne sommes pas beaucoup sortis de Tokyo pendant les courtes vacances de fin d’année. Nous avions quand même dans l’idée d’aller voir le Mont Fuji enneigé. On peut le voir depuis Tokyo, mais il est quand même beaucoup plus grandiose près des lacs, notamment celui de Kawaguchi. J’avais vu sur Instragram un point de vue intéressant sur le Mont Fuji à travers un petit Torii rouge de sanctuaire. Une petite recherche m’indique qu’il s’agit du sanctuaire de Kawaguchi Asama. Ça sera donc notre première destination. Le trajet aller sur l’autoroute Chuo se passe sans encombres et nous prendra un peu plus d’une heure et demi. Le sanctuaire de Kawaguchi Asama est relativement petit mais ancien. Il y a environ 1,300 sanctuaires appelés Asama ou Sengen dédiés au Kami des volcans, et principalement autour du Mont Fuji. Le principal sanctuaire est le Fujisan Hongū Sengen Taisha que l’on trouve de l’autre côté du Mont Fuji, dans la ville de Fujinomiya dans la préfecture de Shizuoka. Nous l’avions visité en Avril 2019 et j’en avais parlé dans un billet. Ces sanctuaires Asama ou Sengen sont placés autour du volcan pour essayer de calmer sa colère et ainsi éviter de nouvelles éruptions. Le principe fonctionne relativement bien car le Mont Fuji n’est pas entré en éruption depuis plus de 300 ans. La dernière éruption, nommée éruption de Hōei, date du 16 Décembre 1707. On avait eu quelques craintes à la fin de l’année 2020 car le volcan était étonnamment assez peu couvert de neige lors qu’on l’avait vu depuis le Mont Takao, ce qui pouvait suggérer un réchauffement. Il n’en est rien cette année car le blanc domine sur une bonne partie du Mont Fuji.

On dit que le sanctuaire Kawaguchi Asama a été érigé après l’éruption du Mont Fuji de 864. L’allée qui nous amène au sanctuaire, après avoir traversé un grand torii de 18 mètres de haut, est bordée de sept immenses cèdres appelés « Shichi-hon sugi » datant de plus de 1,200 ans. Ils sont impressionnants et considérés comme des monuments naturels de la préfecture de Yamanashi. Depuis l’enceinte principale du sanctuaire, une petite route sinueuse de montagne donne accès après trente minutes de marche à Tenku-no Torii. A cet endroit, un Torii rouge est idéalement placé sur un petit plateau donnant une vue directe sur le Mont Fuji et sur le lac Kawaguchi. Le Torii est récent car mis en place en 2019 et fait partie entière du sanctuaire. L’espace autour est en cours d’aménagement car on voit des marquages au sol faits de plaquettes de bois. On y fait pousser des cerisiers qui rendront certainement cette vue encore plus symbolique dans une dizaine d’années. Comme je le mentionnais au début, nous sommes venus ici car j’avais vu une photo de l’endroit sur Instagram. La photo montrait une personne débout devant le Torii regardant le Mont Fuji. On avait l’impression qu’elle était seule au monde devant cette montagne majestueuse dans un endroit qui serait gardé secret ou seulement connu des locaux. En arrivant à Tenku-no Torii après la marche de trente minutes, on se rend compte que la réalité est bien différente. L’accès au Torii est marqué par un petit chemin de graviers et il y a une file d’attente de plusieurs dizaines de personnes avant de pouvoir accéder au Torii pour prendre les photos que je montre ci-dessus. L’effet Instagram doit jouer sur la popularité de l’endroit, et ça me rappelle que les photographies donnent souvent une vision déformée de la réalité, ou du moins une impression idéalisée omettant même inconsciemment une partie importante de la réalité. On hésite à attendre pour prendre une photo, mais on est monté jusque là et ça serait dommage de faire demi-tour maintenant. Il faudra donc attendre environ 45 minutes, mais l’attente n’est pas désagréable quand on a le Mont Fuji devant soi, surtout quand il a la bonne idée de se découvrir au fur et à mesure qu’on approche du Torii. L’accès au Torii est gratuit mais il y a fort à parier qu’il devienne payant ou plus policé à mesure que la popularité de l’endroit grandit quand les cerisiers auront bien poussé.

Comme il nous restait un peu de temps avant de reprendre la route pour Tokyo et avant que le soleil ne se couche, nous en profitons pour aller voir un autre sanctuaire assez proche, le Arakura Fuji Sengen Jinja. L’endroit est très connu pour la vue que l’on peut prendre d’une pagode appelée Chureito accompagnée du Mont Fuji en arrière-plan. Il faut monter un long escalier de pierre de 398 marches, mais on nous indique dès le début que la fameuse photo de la pagode et du Mont Fuji n’est pas possible en ce moment car le promontoire à l’arrière de la pagode est en cours de rénovation. C’est dommage mais la vue sur le Mont Fuji au dessus de la ville est tout de même impressionnante et vaut tout de même le détour. Il y avait peu de visiteurs à notre passage, ce qui devait être très différent avant la crise sanitaire, vue la taille du parking en bas du sanctuaire. On se sent serein après avoir vu l’omniprésent Mont Fuji pendant toute une journée. Cette sérénité nous sera nécessaire pour le retour sur l’autoroute et ses deux heures d’embouteillage. Il nous a fallu trois heures et demi pour rentrer, mais ce long retour ne m’a pourtant pas été désagréable, contrairement à l’habitude. J’ai peut-être maintenant intégré l’attente comme un paramètre inévitable de tout déplacement hors de Tokyo, ou peut-être était ce parce qu’on m’avait « autorisé » à passer le best album de Tokyo Jihen sur la route du retour. Je me rends compte que son écoute est bien meilleure dans la voiture qu’aux écouteurs.