雨のち櫻

La météo était peu clémente à Tokyo pendant le pic de floraison des cerisiers. Les occasions de voir les sakura à Tokyo étaient par conséquent peu nombreuses pour nous cette année. On se rattrapera pourtant un peu plus tard en dehors de Tokyo, mais cela sera l’occasion d’autres billets. Les quelques photographies ci-dessus ont été prises sous une pluie continue, qui n’a pourtant pas décourager les visiteurs et touristes le long de la rivière Meguro près de la station de Naka-Meguro. Je n’y passe que rapidement car je préfère marcher en direction de Meguro où la rivière est plus large et la foule moins présente. Je prends assez rarement des photos sous la pluie, bien que le paysage urbain humidifié ait aussi un intérêt certain, photographiquement parlant. J’ai même l’impression de voir la rivière de Meguro sous un autre jour, comme si la pluie révélait un aspect plus naturel voire sauvage de cet endroit. Nous sommes pourtant bien au beau milieu de Tokyo, comme en atteste la haute tour Atlas à quelques mètres de la station de Naka-Meguro.

you are flowers on the road

J’emprunte le titre de ce billet à une inscription vue à l’entrée de la live house Flowers Loft à Shimokitazawa. Cette salle ouverte en Février 2020 se trouve au sous-sol du bâtiment Shimokita Front à quelques mètres de la station. Je n’y suis jamais entré mais j’y avais vu un concert de Tricot en streaming vidéo, retransmis en direct le dimanche 10 Avril 2022 à 4h du matin. Ce concert était à une horaire très matinale parce qu’il était destiné principalement aux spectateurs européens en raison du report de la tournée européenne du groupe. La salle est petite et donc à priori plutôt destinée à des artistes ou groupes indépendants. Je serais curieux de voir un concert à cet endroit si l’occasion se présente un jour.

March comes in like a lion (3月のライオン) est un manga écrit et illustré par Chica Umino (羽海野チカ), publié chez Hakusensha depuis 2007. Il narre la vie et les évolutions de Rei Kiriyama (桐山零), un jeune joueur professionnel d’échecs japonais Shōgi. Une série d’illustrations tirées de ce manga couvre les bouches d’égout d’une rue du quartier de Sendagaya (千駄ヶ谷). Cela s’explique notamment car on y trouve le Shōgi Kaikan (将棋会館), le siège de la Japan Shōgi Association. Il n’est pas rare au Japon de voir ce genre de décoration venir agrémenter des bouches d’égout. Je me souviens d’un article publié par un journaliste étranger sur le site de la BBC critiquant entre autres l’utilisation de l’argent public japonais pour ce genre de décorations superflues sur les plaques d’égout. Mais ces plaques font partie intégrante du décor urbain et je suis donc loin de regretter leur présence à peu partout dans Tokyo, même si je n’y fais pas toujours suffisamment attention. Les amateurs de ce genre de plaques sont nombreux au Japon. On m’a d’ailleurs indiqué que l’on nomme cela l‘hyponomopomatophilie et qu’il y a bien entendu des sites internet de passionnés répertoriant les plaques d’égouts vus dans différents pays du monde.

Alors que je mentionnais le morceau Hana (花) d’ASA-CHANG & JUNRAY sur un billet précédent, on m’a fait remarquer dans les commentaires de ce billet que la fille qui y chante s’appelle Ikuko Harada (原田郁子), et qu’elle fait également partie du groupe Clammbon (クラムボン), au chant et aux claviers. Le trio Clammbon, créé à Tokyo en 1996, se compose également de Mito à la basse et Daisuke Itō à la batterie. Sans n’avoir jamais écouté leur musique, ce nom de groupe m’était familier et j’ai donc fait quelques recherches sur Wikipedia. J’apprends qu’Ikuko Harada est originaire de Fukuoka et qu’elle était camarade de classe de la guitariste de Number Girl, Hisako Tabuchi. Tout ceci m’a paru de bonne augure et j’ai donc écouté l’album Dramatic (ドラマチック) qu’on me conseillait, tout d’abord sur YouTube. J’ai tout de suite aimé ce que j’entendais et je me suis donc empressé d’aller faire un petit tour au Disk Union de Shinjuku pour voir si je pouvais trouver le CD. Je l’ai trouvé à Shinjuku mais j’ai aussi vu qu’on trouvait beaucoup plus d’albums du groupe au Disk Union d’Ikebukuro. L’album Dramatic est sorti en 2001 et, à mes souvenirs, semble bien s’inscrire dans l’ambiance musicale pop-rock de cette époque là. Les trois premiers morceaux de l’album, Romantic (ロマンチック), George (ジョージ) et Surround (サラウンド), sont tout de suite très accrocheurs et nous poussent de manière imparable à continuer notre écoute. Ce troisième morceau Surround (サラウンド) est peut-être le meilleur de l’album et me semble étrangement familier. Il s’agissait d’un des deux singles de l’album, avec le septième morceau Zansho (残暑). Je les ai peut-être entendu sur la chaîne musicale Space Shower Tv à cette époque. Le quatrième morceau Shinshō 21 (心象21) est instrumental et fait en quelque sorte coupure avec le reste de l’album. Le morceau souffre d’être un peu trop chargé musicalement alors que la partie au piano vers la fin se trouve être le meilleur moment. La voix d’Ikuko Harada est assez particulière et je passe mon temps à me demander à quelle autre voix elle me fait penser. Sur le morceau Rainbow (ラインボウ), je pense un peu à Seiko Oomori (plus jeune de 12 ans), sur d’autres, je pense un peu à la voix de YUKI (de 3 ans son aînée), mais je n’en suis pas tout à fait convaincu. J’aime beaucoup quand sa voix devient plus chuchotante comme sur le sixième morceau Koiwazurai (恋わずらい), qui est un de ceux que je préfère, peut-être aussi parce qu’il fait Intervenir une deuxième voix. Quelques morceaux comme Monochrome (モノクローム) et Binsenka (便箋歌) sont beaucoup plus apaisés, principalement axés sur le piano et la voix d’Ikuko Harada, mais ce ne sont pas les morceaux que je préfère. Je préfère par exemple la tourmente de l’avant-dernier morceau Lullaby Saraby (ララバイ サラバイ) pour la force du piano et des violons, et la voix proche de la complainte d’Ikuko Harada.

L’illustration de la couverture de l’album de Clammbon est intéressante car ce sont les katakana du nom du groupe qui forme le cercle de la tête et ceux des yeux de ce personnage qui penche légèrement la tête. Il y a beaucoup d’images de cercle sur ce billet. Celui gris bleuté futuriste de l’avant-dernière photographie est signé par l’artiste Tadaomi Shibuya (渋谷忠臣) dans le cadre du Mural art project Ningyocho (人形町ミューラルアートイベント), Ningyōchō donc.

le dragon aux neuf visages

Nous sommes ici toujours à Tokyo mais quasiment à son extrémité Ouest au bord de la préfecture de Yamanashi. Nous avions cette fois-ci dans l’idée d’aller voir un petit sanctuaire nommé Kuzuryū (九頭神社), le sanctuaire du dragon à neuf têtes, perdu dans les routes sinueuses montagneuses au delà du village d’Hinohara, et par la même occasion aller voir la cascade du même nom. Ce sanctuaire et cette cascade n’ont rien de majeurs mais nous l’avions tout de même noté sur notre carnet virtuel de lieux à aller voir car le sceau goshuin du sanctuaire montrant une figure de dragon m’intéressait. Le dragon est mon signe astrologique chinois. Mari et moi nous entendons toujours bien pour aller débusquer ce genre d’endroits improbables. Il n’est certes pas facile de s’y rendre sans voiture et le trajet fait de toute façon partie du plaisir que l’on a de s’y rendre. On ne peut pas se procurer le goshuin au sanctuaire mais un peu plus bas dans une grande maison traditionnelle faisant également chambre d’hôtes. Nous n’y passerons pas la nuit, bien que je me suis dit que passer une nuit ici loin de tout ne doit pas être désagréable. La cascade au dessus du sanctuaire était difficilement accessible car une partie du chemin en bois s’était affaissé, peut-être en raison d’un violent orage. Réparer ce chemin prendra certainement de nombreuses années car cet endroit n’est pas très touristique.

Alors que je suis en train d’écrire le texte du billet ci-dessus, ma timeline Twitter m’apprend la mort de Ryuichi Sakamoto (坂本一), et la nouvelle continuera à inonder cette timeline pendant plusieurs jours. Je ne pense pas avoir eu l’occasion d’écouter un disque de Ryuchi Sakamoto en entier, à part Solid State Survivor du Yellow Magic Orchestra. J’ai plutôt dans ma liste très étendue de morceaux sur mon iPod, quelques uns de Ryuichi Sakamoto vers lesquels je reviens régulièrement car ils ont une grande force d’attraction. Je ne prétendrais pas être soudainement un spécialiste de Ryuichi Sakamoto, car c’est très loin d’être le cas, mais je partage tout de même ces quelques morceaux que j’aime vraiment beaucoup. Il y a d’abord le très beau Normandia en collaboration avec l’autrichien Christian Fennesz pour un album Tribute à Haruomi Hosono intitulé Haruomi Hosono Strange Song Book sorti en 2008. Le morceau andata sur son album async (2017) est d’une beauté et d’une tristesse profonde, au point où j’hésite encore à entrer dans cet album. C’était peut-être prémonitoire mais j’avais justement commencé la semaine dernière à regarder le film-concert sur NetFlix Ryuichi Sakamoto: async at the Park Avenue Armory (2018). C’est le morceau qui m’est d’abord venu en tête après avoir appris son décès. Je suis ensuite revenu à l’écoute du morceau Hibari sur son album Out of Noise de 2009. Comme sur le morceau précédent, il ne s’agit pas d’une simple composition de piano car la musique de Ryuichi Sakamoto contient souvent des ambiances expérimentales qui se révèlent au fur et à mesure du morceau. Hibari commence sur quelques notes de piano d’un air plutôt simple, mais deux trames musicales répétitives se désynchronisent petit à petit. On attend que cette dualité se réajuste mais il faut attendre la fin du morceau après environ neuf minutes. Je ne peux m’empêcher d’y voir l’image d’un couple qui s’éloigne avec les années tout en restant proche et se retrouvent finalement au crépuscule de la vie. Alors qu’on roulait quelque part dans la campagne reculée de la préfecture de Yamagata, la radio locale passait le morceau The Other Side of Love de Ryuichi Sakamoto avec au chant sa fille Miu Sakamoto (坂本美雨), sous le nom de Sister M. Ce single date de Janvier 1997 et Miu Sakamoto avait 16 ans à cette époque. Cette musique là, d’inspiration pop, est très différente de la musique principalement au piano mentionnée précédemment et celle électronique de ses débuts. Ryuichi Sakamoto avait plusieurs visages. Toujours est-il que j’adore ce morceau un brin obsédant. Plus récemment, il y avait également ce superbe morceau In This World de Mondo Grosso sur son dernier album (2022) chanté par Hikari Mitsushima avec Ryuichi Sakamoto au piano. Et on ne peut bien sûr pas oublier son morceau emblématique Merry Christmas Mr. Lawrence, qui est disponible sur plusieurs albums et compilations. La version que j’ai sur mon iPod provient de l’album / 04 sorti en 2004. Ryuchi Sakamoto est né en 1952, année du dragon, et s’est éteint le 28 Mars 2023.

東京で一番美しいロックバンドだった

C’était le plus beau groupe de rock de Tokyo (東京で一番美しいロックバンドだった). J’ai vu écrite cette phrase à de nombreuses reprises sur Twitter après le dernier concert du groupe For Tracy Hyde (FTH) le Samedi soir 25 Mars 2023 dans la salle WWWX près du PARCO à Shibuya. Je l’ai aussi repris sur mon message Twitter après l’avoir vu écrite sur le compte Twitter de Yua Uchiyama (内山結愛) du groupe RAY pour lequel écrivent notamment Azusa Suga et Mav, respectivement compositeurs, guitariste et bassiste de FTH. Je voulais également rendre hommage à un excellent groupe de rock indépendant qu’il est bien dommage de voir partir. J’ai toujours considéré For Tracy Hyde (FTH) comme les chefs de file de ce rock indépendant tokyoïte penchant très fortement sur les ambiances shoegazing que j’aime tant. FTH s’inscrit très bien dans la lignée de grands groupes des années 1990 comme Ride, dont le leader Mark Gardener a d’ailleurs mixé le dernier album Hotel Insomnia, comme en quelques sortes un passage de relai. Autre détail intéressant, le leader et guitariste de FTH, Azusa Suga, portait sur scène un t-shirt de Lush, autre groupe important du shoegazing anglais de cette époque là.

Peu après la sortie de l’album Hotel Insomnia, leur meilleur album à mon avis, on avait été surpris d’apprendre l’intention du groupe de se séparer. Ça m’avait notamment pousser à aller les voir lors d’un mini-live au magasin Tower Records de Shibuya le Samedi 21 Janvier 2023, en pensant que ça serait la dernière fois que je pourrais les voir. J’avais tout de même tenté d’acheter une place pour leur dernier concert du 25 Mars à Shibuya. Il n’était par chance pas encore complet à ce moment là. Comme j’ai acheté ma place un peu tard en Janvier, j’étais placé vers le fond de la salle mais ça ne m’a bien sûr pas empêché de voir le groupe sur scène et d’apprécier pleinement la qualité musicale de ses compositions. Au fur à mesure des albums, j’ai appris à apprécier pleinement la voix d’Eureka qui s’inscrit vraiment très bien dans les musiques de ce dernier album. Sa voix y est par moment pénétrante. Pendant le concert, 19 morceaux ont été interprétés dont la quasi-totalité d’Hotel Insomnia dans l’ordre, ou presque. Vers le milieu du concert, ils sont revenus vers quelques morceaux plus anciens des albums précédents comme New Young City, Ethernity et Film Bleu, leur premier album. Ils n’ont par contre pas interprété de morceaux de leur deuxième album he(r)art de 2017 qui est celui par lequel j’ai découvert le groupe.

Azusa Suga s’est adressé plusieurs fois à la foule dans la salle et sur YouTube car le concert était retransmis gratuitement en direct. FTH a eu la bonne idée de maintenir le concert sur YouTube, ce qui fait qu’il y est toujours disponible en intégralité. On ne saura pas les raisons exactes de la séparation du groupe mais chaque membre nous a expliqué leurs projets musicaux futurs. Je pense que FTH devait arriver à une période de maturité où les évolutions futures devenaient moins claires. C’est dommage car un morceau comme House Of Mirrors sur Hotel Insomnia, assez différent du reste de l’album par son rythme plus pop et son passage hip-hop, était une direction très intéressante qui s’est révélée puissante pendant le concert. Eureka s’y est montrée beaucoup plus gestuelle, alors qu’elle se montre plutôt réservée sur scène. Sa voix est bien sûr omniprésente sur pratiquement tous les morceaux, sauf Sirens interprété seulement par Azusa Suga, mais elle parle très peu pendant les courts intermèdes avec le public. Azusa Suga lui fait d’ailleurs une gentille petite remarque sur le fait qu’elle était censée prendre la parole un peu plus tôt pendant le concert. Mais FTH est un groupe indé, d’autant plus de shoegazing, donc pas censé s’attarder à distraire les foules. On sent quand même qu’Azusa Suga voudrait que le public soit plus démonstratif, comme un public étranger par exemple. Il parle très bien anglais et nous a fait part de son regret de ne pas avoir tourné plus à l’étranger. Le public japonais se montre bien présent mais les modes d’expression sont différents, d’autant plus que l’on vient de sortir de la crise sanitaire. Il est maintenant autorisé de pousser la voix, ce qui est tout de même une bonne chose et la foule ne s’en est pas privée. La concert a duré environ deux heures qui ont passé trop vite, malgré les deux rappels. Vers la fin du concert, le groupe a posé devant le public pour une photo souvenir. J’arrive d’ailleurs à m’apercevoir vers le fond de la salle sur la gauche (pour ceux qui peuvent me reconnaître).

Musicalement, le concert était proche des versions présentes sur les albums avec des démarrages et fins de morceaux parfois différents ou plus longs. Le public était très varié avec une majorité masculine, par rapport à des groupes comme Tricot par exemple. J’ai tendance à penser que FTH s’adresse aux Otakus de la musique indé shoegaze, ceux qui sont intransigeants sur la qualité de ce son rock. On sent qu’Azusa Suga est lui-même intransigeant sur la qualité des morceaux qu’il compose et nous dit même assez directement pendant le concert qu’il pense que certains morceaux sont meilleurs que d’autres. Ça fait toujours sourire le public car on est tous bien convaincu de la qualité de la musique qu’on est venu écouter ce soir. Je me reconnais plutôt bien dans ce public intransigeant, même si dans l’ensemble la moyenne d’âge devait être d’une dizaine d’années inférieure à mon âge. Ceci n’a de toute façon pas beaucoup d’importance. Ce concert était également l’occasion pour moi de rentrer à l’intérieur de l’ancien cinéma Rise conçu par l’architecte Atsushi Kitagawara, que j’ai maintes fois pris en photo de l’extérieur. En rentrant du concert à pieds, je réécoute une nouvelle fois l’album Hotel Insomnia de For Tracy Hyde pour faire durer un peu plus l’ambiance. Il faut vraiment que je continue à régulièrement assister à ce genre de concert, c’est un des enseignements que je tire de la crise sanitaire. Il faudrait même que je crée une catégorie Live report sur le blog. Et le mois prochain, ça sera le concert de Sheena Ringo. Mais en attendant, j’ré-écoute l’excellent album Spooky (1992) de Lush (j’avais un peu oublié la beauté de cet album) en écrivant ce petit compte-rendu de concert. Les photos ci-dessus sont les miennes (elles étaient autorisées pendant le concert), sauf les quatre dernières disponibles sur le compte Twitter du groupe et que je permets de montrer ici pour garder une trace de ce beau moment musical. Le concert est également disponible sur YouTube sur le compte du groupe, comme mentionné auparavant.

Pour référence ultérieure, ci-dessous est la setlist du concert final de For Tracy Hyde du 25 Mars 3023 au Shibuya WWWX:

1. Undulate, de l’album Hotel Insomnia
2. The First Time (Is The Last Time), de l’album Hotel Insomnia
3. Kodiak, de l’album Hotel Insomnia
4. Lungs, de l’album Hotel Insomnia
5. Estuary, de l’album Hotel Insomnia
6. Friends, de l’album Hotel Insomnia
7. Tsunagu Hi no Ao (繋ぐ日の青), de l’album New Young City
8. Kimi ni shite Haru wo Omou (君にして春を想う), de l’album New Young City
9. Sakura no En (櫻の園), de l’album New Young City
10. Interdependence Day – Part I, de l’album Ethernity
11. Heavenly (ヘヴンリイ), de l’album Ethernity
12. Sister Carrie, de l’album Ethernity
13. House Of Mirrors, de l’album Hotel Insomnia
14. Sirens, de l’album Hotel Insomnia
15. Milkshake, de l’album Hotel Insomnia
16. Subway Station Revelation, de l’album Hotel Insomnia
17. Leave The Planet, de l’album Hotel Insomnia
18. Can Little Birds Remember?, de l’album New Young City
19. Her Sarah Records Collection, de l’album Film Bleu

天国の住所を教えて

J’ai effectué quelques modifications sur la page En savoir plus du blog en ajoutant une troisième partie sur les trésors cachés de Made in Tokyo. J’en avais déjà parlé au moins une fois sur un billet, j’ai créé pendant quelques années de Mars 2020 à Octobre 2022 une dizaine de billets cachés, seulement accessibles à partir de certains billets publiés sur le blog en cliquant sur une des photographies montrées dans ces billets. Je donne maintenant les liens directs des billets cachés sur cette page pour ceux et celles qui seraient intéressés.

Les trois premières photographies du billet ont été prises le même jour que le billet précédent montrant le marathon de Tokyo. On y voit d’abord le théâtre Kabuki à Higashi-Ginza, rénové il y a quelques années et désormais transpercé en son cœur par un immense building monolithique montant jusqu’aux cieux. Sur la deuxième photographie, il s’agit de l’entrée du sanctuaire Namiyoke (波除神社) que j’avais déjà montré sur ce blog. Il se trouve dans un coin de l’ancien marché à poissons de Tsukiji. La troisième photographie montre un des nombreux ponts métalliques traversant la rivière Sumida. Les deux dernières photographies sont un peu plus anciennes et ont été prises en direction d’Azabu Jūban.

Cette semaine se concluait la compétition mondiale de baseball WBC2023 (World Baseball Classic 2023) consacrant le Japon en champion du monde pour la troisième fois. Ça n’était pas arrivé depuis 14 ans et les médias japonais ne se privaient pas de nous le rappeler sans cesse pour faire monter l’excitation des foules pour cet événement sportif d’envergure. J’ai regardé beaucoup de matches de baseball à la télévision et une seule fois dans le stade de Yokohama, mais je n’ai pourtant jamais vraiment compris les règles. Je rejoins tout à fait les commentaires de mahl sur son billet à ce propos, qu’il n’est pas bienvenu de montrer son désintérêt pour ce sport au Japon. Toujours est-il que j’ai toujours un intérêt particulier pour les compétitions sportives ayant des enjeux internationaux, et j’ai donc regardé en famille quelques uns des matches montrés à la télévision sauf la finale qui était le matin un jour de semaine. Je me suis laissé prendre au jeu, mais je n’ai toujours pas complètement compris les règles pleines de subtilités que je ne soupçonnais pas. J’ai toujours pensé que l’objectif était de faire des homerun à tout prix, comme quoi mon intérêt pour ce sport ne reste que très superficiel. Ce qui m’intéressait beaucoup plus c’était l’engouement généralisé de la population pour cette compétition et pour ces joueurs. J’ai tout de même envie d’aller voir un match au Tokyo Dome, ce que je n’ai jamais fait. Les matches sont longs et on a beaucoup de temps pour s’ennuyer mais le bruit incessant ne permet pourtant pas de rêvasser et de penser à autre chose.

Coïncidence intéressante, l’album de Blankey Jet City que j’écoute justement en ce moment prend en couverture le thème du baseball. Il s’agit de l’album sorti le 24 Juin 1998 intitulé Romeo’s Heart (ロメオの心臓). Je l’ai trouvé au magasin Disk Union de Shimokitazawa en même temps que l’album de Goddess in the Morning. Les deux CDs étaient même placés l’un à côté de l’autre sur la même étagère et cette coïncidence m’a donné envie d’acheter également cet album de Blankey. D’autant plus que le single Romeo (ロメオ), le huitième morceau de l’album, est un des morceaux que je préfère du groupe et j’ai toujours une grande curiosité pour la musique de la toute fin des années 90 correspondant à mon arrivée au Japon. C’est également à la toute fin des années 90 que Sheena Ringo interviewait dans son émission radio de Cross FM le leader du groupe, Kenichi Asai, pour lequel elle avait à cette époque une fascination apparemment sans borne rationnelle. J’étais donc intéressé d’écouter sur quelle base musicale elle construisait sa fascination. Je n’ai pas éprouvé de grande surprise en découvrant cet album Romeo’s Heart car je connaissais en fait déjà trois morceaux, Romeo (ロメオ) donc, Akai Tambourine (赤いタンバリン) et l’instrumental Furui Tōdai (古い灯台). Ces trois titres sont disponibles sur une des compilations Best-Of intitulé BLANKEY JET CITY 1997‐2000 que j’ai déjà beaucoup écouté. Ces morceaux restent les moments clés de l’album, assez emblématiques du style musical de Blankey Jet City, mais j’ai été très surpris par la beauté mélancolique de deux morceaux se faisant écho à la fin de l’album: Dobu Nezumi (ドブネズミ) et le dernier morceau instrumental Hakka Nezumi (ハツカネズミ). L’ambiance de ces deux morceaux se rapproche plus à mon avis de celle du groupe Ajico qu’il a créé avec UA que de la trame classique de la musique rock énergétique de Blankey Jet City. Mais j’aime aussi énormément l’énergie spontanée que dégage la musique rock du groupe, la manière de chanter si particulière de Kenichi Asai et le sens du riff de guitare. Le morceau My girlfriend died (彼女は死んだ) en est un bon exemple parmi tant d’autres. Le cinquième morceau Kimi no Te no Hira ni (君の手のひらに) m’a également surpris par son apaisement et sa profondeur mélancolique qui n’est pas sans me rappeler par moments le morceau Creep de Radiohead sorti quelques années auparavant en 1993. Ce morceau prouve que Blankey Jet City ne joue pas seulement dans l’urgence bien que ça soit l’image qu’on ait à priori du groupe. J’ai maintenant très envie d’écouter les autres albums du groupe si je les trouve aux différents Disk Union de Tokyo.