Formes futuristes organiques (troisième série) et autres univers irréels

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« Souvenons nous des étoiles lointaines, celles que l’on se persuadait de voir au plus profond de la nuit lorsque la Ville dort et que ses lumières s’épuisent. Elles clignotent d’usure et pendant un bref instant de noirceur idéale, elles nous laissent entrevoir toute l’éternité. Elles nous manquent ces étoiles à Tokyo. On ne s’en souvient que dans les livres. Cette éternité là nous échappe et la retrouver nous est nécessaire. En attendant, on se contente de la lumière de la Ville comme moindre consolation. »

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« Elle regarde depuis la porte vitrée de la petite chambre un point fixe dans la foule. Le mouvement incessant, les montées et descentes des escalators vers la station de métro ne perturbent pas ce regard fixe et concentré. Lorsqu’elle ferme enfin les yeux, le mouvement s’interrompt devant la gare jusqu’à ce que l’alarme du réveil vienne remettre tout ce monde en mouvement. »

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« Le taxi frôle le rouge du feu devant le koban du quartier voisin. Il maitrise parfaitement cet infime instant où la traversée est toujours possible, sans éveiller les réflexes du gardien du quartier, de toute façon plus occupé à aiguiller les impatients vers un lieu de rendez-vous introuvable. Il s’engouffre ensuite dans une rue étroite en pente et sens unique, chavire à droite puis fonce à gauche en évitant les poteaux électriques qui débordent volontairement sur la rue. Il navigue en rythme mais sans musique pour guider l’enchainement de ses mouvements. Quelle pourrait être l’influence de la musique stridente et expérimentale que j’écoute en ce moment sur le rythme de conduite de ce taxi? Une sortie de route garantie au premier virage, ou au contraire une dextérité décuplée qui viendrait nous faire tenter les virages à la corde, les freinages avant les lignes blanches juste après le « 止 », et un final de course comme une danse de tôle froissée. »

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Bien que je sois en pause de blog, je ne résiste pas à l’envie de montrer mes derniers dessins version A3 de formes futuristes et organiques. Sur le dernier dessin, en tête d’article, je m’essaie à représenter des formes « reconnaissables », comme ce dragon futuriste. Je pense continuer sur cette voie petit à petit. La série de dessins de ce billet est en fait la troisième série, suite à la deuxième sur format A3 Nobi (légèrement plus grand que le format A3, ce qui m’embête bien car je ne peux les scanner) et la première série en format A4. J’ai scanné cette troisième série chez Kinko’s, c’est donc d’une bonne qualité qui me permettra de les intégrer plus tard dans un futur photobook, mon 5ème photobook, celui-ci mélangera probablement dessins et compositions photographiques. C’est une idée que j’ai en tête depuis un petit moment, mais il me faut construire le contenu. Mes créations personnelles en ce moment se limitent au dessin, car je ne prends plus beaucoup de photographies de rues ou d’architecture en ce moment. Il faudrait que je prenne un peu de temps pour faire une promenade solitaire afin de refaire le plein de photographies. En fait, quand je regarde l’année précédente, les mois de froid de janvier et février ont été également assez peu productifs en photographies.

Quant au blog, je ne l’ai pas vraiment arrêté, je n’ai pas vraiment trouvé un nouveau concept non plus, mais j’ai envie de mélanger un peu plus ce que je crée (les dessins, les photographies, les compositions graphiques et musicales, …) avec ce que j’aime et m’intéresse (musiques électronique et alternative, films, expositions, livres, architecture, Tokyo …) à travers photos et textes, ou liens internet. En fait, dans le passé sur ce blog, j’aimais beaucoup écrire des longs billets qui mélangent beaucoup de choses, de sujets différents, comme un patchwork. J’ai toujours cette idée du blog comme un carnet de voyage, un moleskine sur lequel on vient coller les uns à côté des autres des petits textes griffonnés, des morceaux de photos usées, des billets de musées, un dessin ou un plan de lieu… J’essaie de faire un peu cela sur mon journal de bord écrit (que je ne partage pas sur internet cependant), sans le côté brouillon du carnet de voyage, car il y bien longtemps que je vis au Japon (en fait cela fait 17 ans depuis le 1er février) et que toute impression de voyage a longtemps disparu en moi quand il s’agit du Japon.

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Un soir à la sortie du bureau, pas trop tard, vers 8h quoi, je passe faire un tour au dernier étage du libraire Maruzen du Building Oazo à Marunouchi, juste en face de la gare de Tokyo. Au dernier étage, on peut trouver un nombre important de livres et de magazines étrangers, un peu comme au Kinokuniya de Shinjuku (à coté du Takashimaya). On paie le prix fort par contre, par rapport au prix Amazon.com, mais c’est agréable de se promener dans les rayons pour y découvrir par hasard des choses intéressantes. C’était le cas de ce livre bilingue, japano-anglais, de Nobuhisa KANEKO intitulé « Surprise! » ou « おどろかす » qui nous montre un grand nombre de Ukiyo-e de Utagawa Kuniyoshi (1797-1861). J’apprécie en général les estampes Ukiyo-e mais je les regarde avec un regard distrait. J’ai par contre été vraiment happé par l’oeuvre de Kuniyoshi, par ses représentations de monstres à la fois humoristiques et inquiétants. On y voit des squelettes géants, comme la sublime image ci-dessus du « vieux palace hanté de Souma », des poissons à têtes humaines ou des représentations d’acteurs de l’époque à têtes d’animaux. Cette représentation, ci-dessus, de monstres appréciant tranquillement la fraicheur d’une soirée d’été (道外化もの夕涼) est pleine d’humour et même les animaux de compagnie sont des petits monstres. Chacune des 42 ukiyo-e présentées est accompagnée d’un court texte explicatif qui vient nous expliquer le contexte de chaque oeuvre. A la maison, Zoa n’arrête pas de me parler de yōkai (créatures fantastiques) avec son jeu vidéo 3DS yōkai-watch, extrêmement populaire chez les petits garçons de son âge. A ma manière, j’avais ce désir inconscient de découvrir cette culture du monstre à la japonaise, que ce livre permet d’aborder avec beaucoup d’élégance.

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Des monstres, on en voit aussi en musique, sur les pochettes des albums de Grimes, très inspirées par le manga fantastique. Grimes est le nom de scène de la jeune artiste canadienne Claire Boucher. Elle dessine les pochettes, mais surtout compose et interprète la musique électronique pop expérimentale de Grimes. Chacun des 14 morceaux de son nouvel album « Art Angels » possède son dessin correspondant, et j’aime cette correspondance entre art et musique, qui contribue notamment à mon désir d’écoute. J’ai découvert Grimes en 2012 avec quelques morceaux de son album « Visions », notamment les morceaux Genesis et Oblivion, et j’avais également tenté quelques morceaux sur son précédent « Halfaxa ». Avec « Art Angels », on ressent une évolution certaine dans la qualité de la production, la profondeur des sons et la mue de la voix frêle de Claire Boucher vers une voix plus affirmée et plus claire (justement). En fait, ce que j’aime surtout, c’est son approche « artistique » qui conçoit un tout entre musique et visuel (art et vidéo), sans donner l’impression de subir une influence extérieure. Les morceaux de « Art Angels » sont parfois inégaux, mais il y a un grand nombre de morceaux clés comme Flesh without Blood, Kill V Maim, Pin, Realiti ou Butterly, comme mélange toujours pop alternative et expérimentation.

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Je mets toujours un peu de temps avant d’acheter des morceaux de musique sur iTunes, et je prends encore plus de temps à me décider d’acheter un album entier. J’écoute en général des morceaux petit à petit. J’ai acheté assez peu d’albums en entier ces dernières années: celui de Grimes « Art Angels » ci-dessus, l’album de Oneohtrix Point Never « Garden of Delete » dont je parlais il y a quelque temps dans un billet, le EP de Kelela « Hallucinogen », des albums de Sonic Youth, de Autechre, de Boards of Canada, celui de Clark du même nom, de SBTRK intitulé « Wonder where we land » ou encore Flying Lotus avec l’extrêmement brillant « You’re Dead ». Bref, assez peu d’albums d’une manière générale, car je préfère picorer par ci par là, sauf quand un album s’avère excellent de morceau en morceau ou lorsqu’il forme un tout.

Pour Arca typiquement, j’hésite encore à me procurer l’album « Mutant » en entier. J’écoute trois morceaux de cet album en ce moment: « alive », « Vanity », qui est certainement le morceau phare de l’album, et « Soichiro ». Il s’agit d’électronique expérimentale. Comme pour « Garden of Delete » de Oneohtrix Point Never, ce n’est pas forcément à mettre entre toutes oreilles. C’est une musique puissante et organique, qui semble se modifier à son propre gré. Sur « Vanity », le son électronique est très beau, tout en hésitation, il progresse doucement et s’affirme avec plus de force par moment dans un flot de notes qui s’entrechoquent.

Je reviens très régulièrement sur le morceau « Dead Format » de Blanck Mass. Parfois, ce type de morceaux sans concession, qui trace sa route sans détour, fait beaucoup de bien. Par exemple, après une journée difficile, ce morceau remet sur les rails. Il n’est pas à écouter en boucle sous peine de perdre la tête, mais une fois de temps en temps, comme une piqure de rappel. Je n’avais pas vraiment exploré d’autres morceaux de cet album, à part « Cruel Sport » que je découvre plus en avant. Bien que n’étant pas aussi prenant que « Dead Format », j’aime beaucoup le rythme répétitif et marquant comme une machine (peut être de salle de sport, si on en croit le titre). Le fond sonore prend petit à petit de plus en plus de place et d’espace sonore dans le morceau, pour devenir même strident par instant. Vers la moitié du morceau, une voix étrange et incompréhensible vient accompagnée le morceau, comme sur « Dead Format ». Vers la fin du morceau, tous les sons s’additionnent et la machine devient inarrêtable, jusqu’au coup de frein progressif des dernières dizaines de secondes.

Toujours en musique électronique, mais dans un style plus adouci et éthéré, je découvre un morceau de Actress « Ascending » sur l’album « R.I.P. ». A vrai dire, j’avais repéré cet album depuis un petit moment car il est sorti en 2012, mais l’occasion ne s’était jamais présentée de le découvrir. Bien que cette musique soit moins poignante que Arca ou Blanck Mass, j’apprécie ce rythme sursautant dans une ambiance de rêve. En fermant les yeux, c’est comme si on rêvait à quelque chose d’agréable mais qui reste toujours à distance, qui ne serait jamais atteignable.

Pour terminer en musique. Je ne connaissais pas du tout Deru et je l’ai découvert par hazard sur Youtube après avoir écouté un ou deux morceaux de Actress. Sur l’album intitulé 1979, j’écoute le morceau titre qui est rempli de mélancolie. La musique est volontairement grésillante comme un vieux souvenir, et tourne comme une bande sonore avec quelques notes qui se répètent sans fin sous une ambiance sonore en fond qui évolue doucement. Cette musique force à une sorte de méditation. J’hésite à parcourir le reste de l’album, car bien que ce premier morceau est d’une grande beauté, j’ai un peu peur de rentrer pleinement dans cette mélancolie musicale.

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Fin décembre 2015, je suis allé voir le nouvel épisode de Star Wars, « The Force Awakens » au cinéma Toho de Roppongi Hills, et je l’ai trouvé superbe, sans fausses notes et d’une très grande qualité d’exécution comme on est désormais habitué avec JJ Abrams (Bien que n’appréciant pas spécialement l’univers de Star Trek, j’avais beaucoup aimé et été impressionné par les deux épisodes réalisés par JJ Abrams). Je retournerais le voir avec plaisir (ce que j’ai fait récemment en fait en version japonaise avec Zoa), car c’est captivant de voir se dérouler l’histoire dans une telle atmosphère. L’empreinte du réalisateur est évidente, ce qui fait que ce Star Wars est différent des autres.

En même temps, bien qu’ayant beaucoup apprécié le film, j’ai quelques points de réserve qu’on ne peut éviter de mentionner, notamment sur le fait que le film fonctionne constamment en clin d’oeil vers les anciens épisodes (surtout l’épisode 4 « A new Hope »). Beaucoup de scènes sont ouvertement inspirées: Jakku ressemble beaucoup à Tatouine, on retrouve une scène de taverne, toujours cette relation père et fils, une nouvelle Death Star mais en plus puissante (Starkiller cette fois-ci). Bien sûr, retrouver les personnages de Han Solo, Leila ou Chewbacca ou encore l’increvable Millenium Falcon (qui était déjà dépassé dans l’épisode 4) est un réel plaisir, qu’on ne boude pas. Mais on a l’impression que JJ Abrams ne voulait tellement pas décevoir les fans qu’il n’a pas voulu s’éloigner des idées et du scénario de l’épisode 4. C’est assez frappant et un peu dommage, car on aurait aimé une histoire un peu plus originale. Le scénario pêche vraiment sur cet épisode.

Je suis aussi un peu déçu par les vaisseaux et les décors. Bien que les paysages de Jakku dans le sable et les dunes avec ruines d’une guerre passée où s’entassent quadrupèdes et destroyers impériaux échoués, soient vraiment superbes et symboliques, beaucoup des décors des autres planètes ressemblent un peu trop à mon avis à des décors terriens. On a l’impression parfois que ça se passe en Bretagne (sur la dernière scène par exemple, même en exagérant un peu). J’aurais aimé voir un plus grand détachement, avec des décors fantastiques comme dans les épisodes précédents (les premiers épisodes 1, 2 et 3 par exemple). J’ai un peu de mal à imaginer que la végétation et les roches sur une planète à priori très éloignée ressemble à ce point à celles de la Terre. On regrette également de ne pas voir plus de nouveaux vaisseaux et engins, car il n’y a pas beaucoup d’évolutions techniques entre les épisodes 4, 5 et 6 et ce nouvel épisode, on retrouve quasiment les mêmes X-Wing et Tie-Fighters. Dans les épisodes précédents, on était impressionné par exemple de découvrir pour la première fois les quadripodes impériaux sur la planète Hoth dans l’empire Contre Attaque, et ça faisait partie du rêve. Rien de très nouveau donc côté mécanique dans ce nouvel épisode. Mais on est tout de même ravi de revoir le Millenium Falcon en action (et quelle action!). Les prises de vue sont superbes ainsi que les interactions avec les éléments, comme par exemple les scènes où l’escadre de X-Wings frôle la surface de l’eau, les effets de lumière quand le Millenium Falcon fait des acrobaties avant de plonger dans les ruines d’un Destroyer.

On rencontre également une copie de Darth Vador, en la personne de Kylo Ren, mais avec un lien de descendance un peu différent de celui de l’épisode 4, 5 et 6. Il est très réussi, notamment dans ses moments de colère soudaine. Par contre, quand il enlève le masque, on est surpris de voir une tête d’adolescent, ce qui est un peu déconcertant. J’aime beaucoup le personnage de femme forte de Rey (la Luke Skywalker de cet épisode) et l’humour de Finn (le Han Solo jeune de cet épisode, peut être) et les gros plans en images de synthèse de Maz Kanata avec ses binocles ajustables. Bref, le film a une personnalité bien à lui, très bien fait dans l’image, le son des sabres lasers et la dynamique. J’aurais aimé y voir un peu plus de nouveautés, moins de clins d’oeil et un peu plus de prise de risques dans le scénario. Tout ceci ne m’a pas empêché de le voir deux fois, une deuxième fois en non-3D avec Zoa.

Et voir ce nouvel épisode a relancé ma passion pour cette saga. Je me suis procuré un beau livre intitulé « The Art of Star Wars: The Force Awakens ». Je suis tombé dessus par chance au Maruzen de Marunouchi, en même temps que le livre de Ukiyo-e ci-dessus. L’auteur Phil Szostak, intégré dans les équipes de Lucasfilm, nous montre la genèse du design artistique de cet épisode à travers une approche chronologique de Janvier 2013 jusqu’à Janvier 2015. On y découvre un très grand nombre de concepts, de dessins de décors, personnages, machines et vaisseaux par l’équipe d’artistes autour des deux co-production designers Rick Carter et Darren Gilford. On y voit beaucoup de concepts qui n’aboutiront finalement pas dans la version finale (ce qui est parfois dommage dans certains cas). On comprend le long travail de conception de Kylo Ren, dû certainement à la pression de créer un personnage aussi emblématique que Vador.

Un livre en amenant un autre, je me décide de commander sur Internet un magazine numéro spécial de ImagineFX, intitulé « The Art of Film: Star Wars ». Ce magazine de 180 pages montrent l’univers de Star Wars vu par une cinquantaine d’artistes, plus ou moins impliqués d’ailleurs dans cet univers. Certains sont en contrat avec Lucasfilm, d’autres ont seulement eu l’occasion de créer quelques oeuvres dans le cadres d’événements Star Wars spécifiques. Pour beaucoup d’entre eux, le créateur original, Ralph McQuarrie, qui a conçu avec Georges Lucas tous les éléments majeurs de la première trilogie, est un modèle et une inspiration. Les styles et approches des artistes sont bien entendus très différents et ont parfois pour objet l’univers étendu de Star Wars (non directement inspiré des lieux et personnages des films), comme la peinture ci-dessus d’une apprentie au sabre laser rouge par le français Simon Goinard.

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En continuant sur ma lancée Star Wars, j’en viens à vouloir redécouvrir la première trilogie. J’étais trop jeune à l’époque pour voir les trois épisodes au cinéma. Je les ai découvert à la télévision et revus de nombreuses fois sur cassette VHS. Je me suis procuré récemment trois gros livres par JW Rinzler sur le making of des épisodes 4, 5 et 6 qui annoncent raconter l’histoire définitive de la création de chaque épisode avec de nombreuses photos et textes. J’en ai bien pour un an pour tout lire, mais ça s’avère passionnant. J’étais passionné de cinéma il y a 20 ans et cet intérêt renait dernièrement.

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Pour conclure ce long article, je reviens vers une autre forme de futur, celle des courses anti-gravité. J’étais grand amateur du jeu Wipeout 2097, de Psygnosis, lorsqu’il était sorti en 1996 sur la première Playstation. Je le garde en tête comme une référence que j’ai toujours cherché à retrouver. C’est un peu le cas avec Fast Racing Neo de Shin’en. Les graphismes y sont superbes mais c’est surtout la vitesse des vaisseaux anti-gravité qui impressionne. On a peu de temps pour admirer les décors, ce qui est un peu dommage vu la qualité des lieux, que ça soit les jungles luxuriantes ou les villes futuristes. On slalome entre les immeubles à Chuoku City, on survole de très haut Sendai Outpost sur des voies étroites, on parcourt ce qui ressemble à une ville en ruine à Kamagori City. Chaque course demande une concentration de tous les instants et le moindre faux pas ne pardonne pas. Le jeu est beaucoup plus difficile que Wipeout (dans mes souvenirs), mais il y a un plaisir certain dans l’utilisation excessif des turbos. Cette vitesse est grisante et nous fait revenir dans la course malgré le sentiment de frustration dès qu’on loupe un virage pour atterrir dans le vide. Ce jeu de course futuriste tourne sur Wii U, c’est la seule console « nouvelle génération » que l’on a à la maison. Je ne parle pas souvent de jeu video sur Made in Tokyo, mais j’ai pourtant cette passion depuis de nombreuses années. Bizarrement, j’avais pratiquement arrêté le jeu video à mon arrivée au Japon, ce qui peut paraître assez contradictoire. Je m’y suis remis tranquillement depuis environ un an avec la Wii U et les émulations de jeux plus anciens sur OpenEmu sur iMac.

Why you looking for harmony

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Bonne nouvelle année. J’y pense régulièrement mais un peu plus ces derniers temps, je vais mettre ce blog en pause pour cette nouvelle année, pour quelque temps ou indéfiniment, je ne sais pas encore. C’est plus difficile pour moi d’arrêter que de continuer en fait, mais une nouvelle année est une bonne occasion pour du changement. Je pense continuer à prendre des photos et à les travailler mais ça sera offline pour quelque temps en attendant de trouver un nouveau concept. J’ai envie de reprendre la préparation d’un photobook, de continuer mes dessins sans forcément les montrer immédiatement, d’essayer de refaire des morceaux de musique (j’ai très envie d’essayer Logic X sur iMac, bien qu’il soit un peu cher pour un essai). Comme je me suis mis ces derniers temps à écrire un journal personnel papier, je passe du fait moins de temps sur Internet. Sur ce billet, quelques photographies d’architecture angulaire agressive venant casser l’harmonie des sanctuaires que l’on visite en ces premiers jours de la nouvelle année.

Les loups regardent vers le ciel

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Végétation et urbanisme se mélangent en photographies sur ce billet. J’admire ces deux loups blancs regardant vers le ciel en criant. Je les ai trouvé par hazard en marchant tôt le matin dans les rues de Shimo Kitazawa. Je vais très régulièrement à Shimo Kitazawa en ce moment le matin, alors que Zoa est à l’école dans le coin. J’en profite pour marcher et faire des recherches. Je trouve ces deux loups sur un parking longeant l’ancienne voie ferrée. Les autres photographies sont prises à Kichijoji. Le bâtiment verdâtre est un parking à vélo pas très loin de la station.

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En route pour le Museum of Contemporary Art Tokyo à la mi octobre pour voir l’exposition sur Oscar Niemeyer, nous l’avons malheureusement manqué faute de temps. C’est bien dommage. J’en profite tout de même pour faire quelques photos du superbe musée par l’architecte Takahiko Yanagisawa. Dans le hall du musée, on peut voir des objets bizarres comme cet éléphant chevauché par un guerrier post-guerre atomique. J’aime l’espace surélevé couvert de vitrage du musée.

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Un autre jour, un autre lieu, je marche vers Ginza. Devant l’immeuble de carrés vitrés de Renzo Piano pour la Maison Hermes, on peut apercevoir sans grand étonnement une Rolls Royce noire. Pas très loin de là, on construit un immeuble de verre, une sorte d’iceberg ou de diamant. Ces quelques photos sont prises lors d’une promenade en solitaire alors que j’avais pris un jour de congé. Dans ces cas là, je marche sans arrêt et sans fatigue, car j’ai un but, un but indéfini qui consiste à trouver des objets, des architectures remarquables au hazard des rues. Cette recherche rend ma marche infatigable. Il ne s’agit pas de faire un inventaire en photographie de l’architecture de Tokyo, mais plutôt de faire des découvertes architecturales inattendues. Elles ne sont pas toujours au rendez vous, ce qui les rend précieuses, comme un joyaux. A Tokyo, ces joyaux sont souvent difficiles à trouver et sont cachés des regards. C’est certainement ce qui me donne tant envie de les trouver. Et quand la découverte se fait immerger en musique, c’est encore mieux, par exemple « City Lights from a Train » par Vector Lovers ou en beaucoup plus radical « Dead Format » par Blanck Mass, selon l’humeur, comme cette ville entre pointes lumineuses et masse oppressante en quelque sorte.

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Une suite de photographies mélangées d’effroi. Les deux sculptures noires en cours de désintégration sont de Tomohiro Inaba, vues au Department Store Shibuya Seibu. En parlant de désintégration, j’écoute en ce moment avec passion le nouvel album de Oneohtrix Point Never (le nom de code du musicien expérimental Daniel Lopatin), intitulé « Garden of Delete », sur Warp. L’album est passionnant, parfois effrayant et tout en deconstruction et reconstruction. La « mise en oreille » peut prendre plusieurs écoutes si on n’est pas accoutumé à ce type de musique. J’aime le fait qu’à aucun moment on ne puisse prévoir la direction que vont pendre les morceaux, car il se reconstruisent et mutent sans arrêt à la recherche de nouveaux sons. Comme beaucoup, j’attends le nouvel épisode de Star Wars. On peut trouver des produits dérivés en vente un peu partout dans Tokyo. Sur la dernière photo, une maquette tirée de cet univers. en attendant, je me replonge dans les épisodes 4, 5 et 6.

Je tente de simplifier le site Made in Tokyo en ce moment, plus particulièrement les galeries de photographies. J’utilisais auparavant le software Indexhibit pour certaines galeries de photographies, notamment pour les versions web de mes photobooks In Shadows et Made in Tokyo Series. J’utilise maintenant la galerie de photographies intégrée dans WordPress (Carrousel) comme on peut le remarquer dans les billets précédents (Tokyo Motor Show 2015, les formes futuristes et organiques, …). Je commence aussi à migrer les galeries d’anciennes photographies (sous le Software Gallery), c’est un travail de longue haleine. J’avais aussi expérimenté l’utilisation du site de la communauté créative Behance, mais je l’ai supprimé car ça ne m’a rien apporté. Je cherche maintenant plutôt à consolider mon travail sur ce site.

Les 500 Arhats de Takashi Murakami

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Je ne suis pas réellement admiratif du travail de Takashi Murakami ni vraiment compris son intrusion au Palais de Versailles, mais j’ai tout de même été attiré par la proposition qu’il nous fait en ce moment au Mori Art Museum (MAM) de Roppongi Hills. Murakami et Roppongi Hills sont liés depuis le début du complexe car il avait contribué à certaines imageries pour le lancement de Roppongi Hills, des petites fleurs gentillettes et sans grand intérêt, il faut bien l’avouer. L’exposition au MAM est beaucoup plus intéressante et ne passe pas du tout sur cette période fleurie. Le point central est organisé autour de quatre longues fresques de plusieurs dizaines de mètres représentants 500 « Arhats » (je n’ai pas compté cependant), des représentations de sages méritants et toute une faune et flore imaginaire et fantastique les entourant. La taille des fresques est impressionnante ainsi que les couleurs et la dynamique des dessins. Ces sont des versions modernes et colorés à l’excès de représentations mythologiques chinoises, de personnages mythiques comme les petits démons rouges et bleues, des monstres à quatre yeux à l’air nonchalant, des phénix étincelants, des dragons survolant les mers houleuses, des montagnes de paysages chinois montant jusqu’aux cieux… Bref tout un bestiaire magnifique à voir. On nous donne aussi de nombreuses explications de certains personnages des quatre fresques, ainsi que des vidéos sur la préparation. Takashi Murakami ne travaille pas seul et s’entoure dans son atelier de jeunes étudiants en Art. Il est très transparent sur ses méthodes de création, et il nous dit aussi très librement (dans une suite de vidéos rétrospectives) qu’il se considère à la fois comme un artiste et comme un marchand. Le côté marchand peut être un peu gênant quand on passe par la boutique en fin d’exposition, pleine à raz bord de produits dérivés sur l’exposition. Cependant, l’exposition nous montre les nombreuses recherches faites avant la création de ces fresques des 500 Arhats, qui m’amène à respecter ce travail jusqu’à l’apprécier énormément. On est à mi chemin entre Art et Manga, et l’incapacité de Murakami à dessiner des personnages de Manga semble être un des ses complexes. Il l’avoue aussi assez naturellement. Autour des fresques, Murakami nous montre d’autres oeuvres très souvent centrées sur son personnage fétiche Mr DOB. Il ressemble à une tête de Mickey, mais aux dents longues et aiguisées. Des fleuves de petites têtes de mort inondent aussi souvent les grands tableaux de Murakami. C’est un motif récurrent. De nombreux personnages fantastiques se répètent d’oeuvre en oeuvre. L’exposition se termine sur un court texte où il revient en accéléré sur 20 ans de carrière en nous donnant son point de vue critique sur l’état de la scène artistique japonaise. C’est finalement une exposition que je conseille.

Gehry has an idea

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Ce mardi 3 novembre était férié au Japon et c’était le jour de la Culture. J’en profite pour aller voir quelques expositions, notamment celle au 21_21 Design Sight (le bâtiment de Tadao Ando) à Tokyo Mid Town, consacrée en ce moment à l’architecte Frank Gehry. La Fondation Louis Vuitton à Paris, qu’on a pu admirer cet été pendant nos vacances en France, est peut être une des plus belles oeuvres architecturales que j’ai pu voir (quelques photos sur mon compte Instagram ici et ici), un mélange d’Art et d’Architecture. L’exposition au 21_21 Design Sight ne montre pas beaucoup la Fondation LV, mais nous explique le processus créatif de Gehry à travers diverses maquettes d’oeuvres architecturales à plusieurs étapes de la conception, en commençant par sa résidence personnelle (3ème photo), et son manifeste (2ème photo). Une video nous donne également un aperçu des outils de modélisation 3D conçu par Gehry, qui permettent de concevoir et réaliser ces formes si complexes. L’espace d’exposition du 21_21 Design Sight n’est pas très vaste malheureusement, mais vaut le détour. La dernière photo de ce billet nous montre des superbes photos de façades par Andrew Prokos. On retrouve ces photos et d’autres photographies d’architecture sur son site web (avec en plus des photos des oeuvres d’Oscar Niemeyer à Brasilia ou Niterói au Brésil).