soleil blanc et fantôme de jupiter

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Une boule lumineuse en forme de soleil blanc est posée à plusieurs endroits dans le jardin extérieur du septième étage de la tour Shin-Marunouchi. je n’ai jamais vu la lumière s’échapper de ce soleil mais je l’imagine similaire à celle des petites lunes dans les jardins de Roppongi Hills.

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La résidence sur cette photographie prise à Kitazawa est étrange. Elle ressemble à une forteresse avec peu d’ouvertures sur la rue. Un samedi matin, j’y trouve garée une vieille mercedes noire qui ne dépareille pas avec la résidence qui semble sans âge.

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Les deux photographies ci-dessus montrent des oeuvres aperçues au musée de Roppongi Hills pour l’exposition « The Universe and Art« . L’oeuvre courbe est de Mariko Mori (fille de Mori, tiens donc) et le robot sexy est de Hajime Sorayama. J’aime toujours les expositions au Mori Art Museum, car on y trouve beaucoup d’installations et on sent qu’il y a des moyens derrière pour créer une exposition d’exception. Cette fois-ci, j’ai particulièrement apprécié les images de soleil de Brilliant Noise par Semiconductor, en immersion sur trois écrans avec des sons fascinants. L’installation immersive par Teamlab intitulée « Crows are Chased and the Chasing Crows are Destined to be Chased as well, Blossoming on Collision » était très prenante. On s’assoie au centre de la pièce pour regarder les traines lumineuses sur un fond cosmique noir. Il faut s’asseoir car on peut perdre l’équilibre parmi ces flux de lumière tourbillonants.

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Vendredi et Samedi dernier, je recevais la visite de Frédéric qui faisait une escale de deux jours à Tokyo avant de rejoindre Nouméa pour y vivre. Cela faisait 14 ans qu’on ne s’était pas vu et les discussions de retrouvaille nous ont accompagné pendant de longues marches dans Tokyo, 40 kms à pieds sur 2 jours (les visiteurs de ce blog le savent peut être déjà, j’aime marcher dans les rues de Tokyo). Notre parcours nous fait passer par Asakusa, Ueno, Akihabara et la tour de Tokyo dont on aperçoit une vue sur la photographie ci-dessus.

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Le deuxième jour de marche nous amène jusqu’à Meiji Jingu, histoire d’y voir quelques processions de mariages traditionnels en kimono. Je ne vais pas souvent à Meiji Jingu, mais l’endroit est agréable le matin quand il fait chaud et que l’on cherche un peu de fraicheur. Il y a beaucoup de touristes évidemment.

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Nous redescendons ensuite de Meiji Jingu vers Harajuku, pour y voir la faune, celle de la rue Takeshita. On remarque que comme en France, les tatouages se répandent de plus en plus, comme sur le dos de la jeune fille de la photographie ci-dessus. Les tatouages sont encore interdits dans de nombreux endroits comme les piscines ou les salles de sport, mais cela va certainement changer avec le temps, j’imagine.

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Nous marchons ensuite vers le centre de Shibuya pour revoir les panneaux lumineux du croisement. Je remarque cette photo de Utada Hikaru, un peu floue et en noir et blanc pour son dernier album à sortir à la fin du mois de septembre. L’utilisation du français me surprend un peu. Shiina Ringo utilise souvent le français pour les sous-titres de ses morceaux (bien que les morceaux soient en japonais voire en anglais) et il y a justement un duo des deux chanteuses sur cet album. Je n’apprécie pas tous les morceaux de Utada Hikaru ou de Shiina Ringo, mais je prête toujours une oreille attentive. J’aime d’ailleurs ce nouveau morceau du duo, intitulé 二時間だけのバカンス (des vacances de deux heures seulement) et notamment la vidéo rétro-futuriste avec Citroen DS volante et passage devant la grande tache rouge de Jupiter.

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Pour terminer notre promenade de la journée, nous passons à Shimo-Kitazawa. J’y vais très souvent par la force des choses mais j’apprécie les petites rues encombrées de bric à brac. Les cafés de tous styles se développent beaucoup à Tokyo en ce moment, et on a la chance ce samedi de trouver une petite place sur une terrasse improvisée sur le maigre trottoir de la rue. Les rues sont de toute façon majoritairement piétonnes, pas vraiment en fait mais assez peu de voitures s’aventurent dans ces rues. On observe la foule des passants en buvant tranquillement notre café.

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Ces dernières photographies sont prises en dehors de Tokyo, au sanctuaire de Aoki pour le matsuri d’automne. Comme tous les ans, on sort les mikoshi. Zoa participe à procession en portant avec d’autres enfants un mikoshi miniature. On y joue aussi du taiko devant le sanctuaire.

univers en disparition

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Des univers en disparition ou en révélation, selon l’envie. Je reprends mes couvertures nuageuses qui parasitent les images par zones pour les rendre presque indéchiffrables.

Cela fait maintenant plusieurs semaines que j’écoute le nouveau LP de Frank Ocean intitulé Blonde. Je connaissais Frank Ocean par quelques morceaux de ses 2 albums précédents, notamment le monumental pyramids sur Channel Orange ou Song for Women sur nostalgia,ULTRA. Déjà, j’aimais cette voix changeante et cette originalité de la composition musicale. L’album Blonde est meilleure que les précédents à mon avis. Dans un tout autre style, j’écoute aussi beaucoup le dernier album de Crystal Castles intitulé Amnesty (I). Bien que sans Alice Glass, le style musical tout en expérimentations bruitistes électroniques ne vient pas dépareiller avec les albums précédents. Certains critiquent ce manque de changement ou de remise en question, mais personnellement, j’aime retrouver ce son si caractéristique de Crystal Castles et Edith Frances s’en sort très bien (ne serait ce qu’en visionant la vidéo Concrete). Dans un style encore différent et beaucoup plus apaisé, j’écoute l’album Ruins de Grouper, superbe pour son piano comme installé dans un jardin à l’extérieur alors que l’orage et la pluie pointent au loin et que la voix de Liz Harris presque effacée vient chuchoter doucement.

藝祭

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En ce dimanche de fin d’été, nous sommes à l’Université des Beaux Arts de Tokyo (Geidai) à Ueno, par où est passée Mari il y a quelques années. Geisai (en kanji dans le titre), c’est le matsuri annuel de l’école. Il me semble que nous y avons assisté il y a une dizaines d’années, mais mes souvenirs sont assez imprécis. Le festival se passe sur trois jours jusqu’au dimanche. Les étudiants exposent leurs oeuvres d’étude dans les salles aménagées en galeries d’expositions temporaires. On y voit beaucoup de choses différentes, plus ou moins intéressantes, sur les 8 étages du département Peinture des beaux arts. J’essaie l’air de rien d’y trouver des sources d’inspiration pour mon « art » personnel. Zoa, lui, prend des photos par-ci par là en souvenir de cette visite.

Dans la cour intérieure de l’Université, des stands sont installés comme pour un matsuri près des sanctuaires. Une scène est également installée. On y joue au moment de notre passage de l’électronique expérimentale par Dan Kubo + Kazuki Muraoka. Je ne connaissais pas ce duo, mais une recherche sur Soundcloud me fait découvrir un peu plus le son de Kazuki Muraoka que j’aime assez pour sa décomposition musicale.

Mais le plus impressionnant et intéressant de ce matsuri, ce sont les mikoshi créés pour l’occasion. Nous ne les avons pas vu défiler dans les rues autour de l’Université, mais seulement posés à plusieurs endroits, notamment devant le département Musique. On y voit des animaux fantastiques, des créatures aquatiques et des gorilles menaçants. A la fin du matsuri, ils disparaitront tous, et c’est bien dommage.

en dents de scie

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Dimanche matin, on se décide soudainement à prendre la route pour les basses montagnes de Chiba. En passant par l’Aqualine, l’autoroute qui traverse la baie de Tokyo, on peut rejoindre Chiba en moins d’une heure en voiture. L’autoroute tracée dans les montagnes et forêts nous amène ensuite jusqu’à Nokogiri Yama, la montagne en dents de scie. Nous sommes au bord de l’océan pacifique, dans la chaleur et l’humidité du mois d’août. C’est un endroit assez particulier, car cette montagne fut autrefois une carrière de pierre, de la période Edo jusqu’aux années 1980. On pouvait y extraire la pierre de Awa. Lorsqu’on l’on grimpe la montagne à pied par les sentiers sinueux en pleine forêt, on tombe soudainement sur des flancs de montagnes découpés. C’est très étrange comme impression, et ça m’a fait penser à de l’architecture brutaliste. C’est un décor fascinant et assez mystérieux, parfois même inquiétant tant on se demande pourquoi ces formes particulières se creusent dans la montagne. En longeant les parois découpées, on peut rejoindre l’entrée d’un vaste temple perché sur la montagne, le Nihonji. Une gigantesque déesse Kannon nous attend, creusée dans la pierre. On a le sentiment d’être dans un endroit secret, mais il n’en est rien car un petit téléphérique permet aussi l’accès au temple. Nous avons choisi le chemin difficile en grimpant la montagne. Lorsque l’on monte encore un peu plus, on accède à un observatoire. Une des photographies ci-dessus montre un de ces lieux d’observation, nommé la « vue de l’enfer ». Le vertige m’empêche de m’approcher donc je le regarde de loin. Je tourne plutôt le regard vers l’océan, le petit village de pêcheurs en bas et au loin le Mont Fuji se révèle, protecteur.

midnight is where the day begins

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J’écris ces quelques lignes de retour à Tokyo alors que les vacances en France paraissent déjà bien lointaines. Pour lutter contre la chaleur et la pluie des typhons en ce moment, ici, je me réfugie encore un peu un observant quelques photographies de Paris, des Sables d’Olonne au bord de l’Atlantique, et quelque part dans la campagne vendéenne. Zoa a apprécié ce voyage comme tous les ans et veut y retourner très vite. Nous sommes allés au musée du Louvres cette année pour lui faire découvrir. Je n’y étais pas allé depuis très longtemps également. A Paris, la ville est très ordonnée mais les rues sont sales. A Tokyo, les rues sont propres mais la ville est désordonnée. Chacune y trouve sont équilibre, on dirait. Aux Sables d’Olonne, on apprécie tout autant les plages encombrées que celles plus calmes de la côte sauvage. Sur les plages encombrées, on y construit ensemble, père et fils, une architecture de sable qui combat les éléments. L’océan aura toujours raison, mais on était bien décidé à faire de notre mur de sable, une muraille infranchissable. Le décalage horaire a été difficile cette année d’où le titre en décalage du temps.

Formes futuristes organiques (suite de la troisième série)

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« A blank page threatens the author with emptiness ». C’est une phrase de Bono extraite d’un magazine musical anglais retraçant 30 années de musique. Je ressens également régulièrement ce symptôme de la page blanche avant de commencer un nouveau dessin sur ma feuille A3. Mes formes organiques et futuristes sont de toute façon abstraites, mais ces derniers temps je me pose la question de la représentation de « formes reconnaissables », comme celles d’un dragon dans un de mes dessins précédents, ou celles d’un oiseau au repos sur le premier dessin de ce billet. Décider de ces « formes reconnaissables » suppose un temps de réflexion devant la feuille blanche. Lorsque je me lance dans des formes plus abstraites, comme les quatre autres dessins de ce billet, je me laisse guider par le crayon de manière spontanée. J’aime ce sentiment de partir de rien et de se laisser guider sur l’instant à construire des ensembles qui s’interconnectent.

Je parlais de densité urbaine dans mon billet photographique précédent, et je pourrais appliquer cette même sensation et approche en ce qui concerne mes dessins. J’aime répéter ces formes et me créer mes propres codes comme certaines associations de formes et de couleurs ou comme ces représentations de structures blanches et grises avec des pointes de couleur qui viennent se détacher de la masse structurelle. Si l’on fait un parallèle encore une fois avec le billet précédent, les structures blanches et grises représentent le bruit urbain des immeubles et des rues qui s’enchevêtrent et se superposent. Je me rends compte qu’à travers ces dessins, c’est une autre représentation de cette ville que j’essaie de créer.

the beautiful noise

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Je reprends le titre de ce billet d’un sticker affiché parmi tant d’autres dans un mélange des genres sur un poteau électrique de Daikanyama. En recherchant par curiosité ce à quoi peut bien faire référence ce message « the beautiful noise », je découvre avec surprise qu’il s’agit du titre d’un documentaire sur le mouvement musical rock alternatif underground anglais de la fin des années 80 jusqu’au début des années 90, mixant bruits de guitares, pour composer notamment le style shoegazing. Tiens donc, c’est une sacré coincidence car c’est ce mouvement musical qui me (re) fascine en ce moment. Le documentaire nous parle donc de My Bloody Valentine, Ride, Slowdive, Chapterhouse, que j’écoute beaucoup en ce moment, ainsi que d’autres groupes comme Cocteau Twins ou The Jesus and Mary Chain. Il faut que je trouve ce documentaire pour le regarder.

J’aime également ce titre, car ce « beautiful noise » dont on parle ici sur ce blog en photographies, c’est également Tokyo. Dans mon photobook « In shadows« , je parlais déjà de « Shoegazing photography » lorsque j’abordais le style que je donne à mes photographies et à mes compositions photographiques. J’ai encore et toujours ce besoin de montrer le trop plein, les enchevêtrements urbains, les superpositions de surfaces (le thème des photographies de ce billet précisémment), la densité trop forte des lieux par rapport à l’espace disponible. Peut être qu’à travers les photographies agencées à ma manière sur le blog, je m’essaie à une tentative de remettre de l’ordre dans cette ville, de rétablir inconsciemment une logique entre les lieux et les choses. Comme dans un monde de bruit, on essaierait d’y deviner et d’amplifier une harmonie et une beauté cachée. Tokyo est un terrain formidable pour ce jeu de recherche.

Hitting North

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Leave Them All Behind, le sous-titre du billet précédent est également le titre de l’album Going Blank Again de Ride, datant du début des années 90. Encore un disque que j’aurais pu découvrir à l’époque de mes quinze ans. Un peu en dessous du monument qu’est Nowhere, j’aime quand même beaucoup cet album Going Blank Again. Comme beaucoup, je pensais que le Shoegaze se limitait à Loveless de My Bloody Valentine, mais je découvre Ride et Slowdive. Ces derniers temps, j’achète ma musique en CDs comme au bon vieux temps, plutôt que sur iTunes. J’écoute toujours sur mon iPod Touch, mais j’aime aussi conduire en musique. Je me suis procuré dernièrement en CDs: Souvlaki de Slowdive, Visions de Grimes, Veckatimest de Grizzly Bear, dans trois styles très différents.

Sur la série de photographies ci-dessus, l’appareil photo saute de lieux en lieux de Shibuya vers Shimo Kitazawa en passant par Mejiro et Akasaka.