Tokyo & Pop (3)

La troisième partie de ces vacances de dix jours, de retour à Tokyo, nous amène une nouvelle fois dans l’univers du Studio Ghibli avec la visite du Ghibli Museum (三鷹の森ジブリ美術館) situé à Mitaka juste à côté du parc Inokashira que je connais bien. Le musée a ouvert ses portes en 2001 et c’était par contre la première fois que je le visitais. Une des raisons est qu’il faut s’y prendre bien à l’avance pour réserver ses places. L’ambiance à l’intérieur du musée Ghibli est différente de celle du parc Ghibli que nous avons parcouru à Nagoya. La taille est plus restreinte mais en même temps le musée est plus intime et artisanal. Il a été conçu comme une œuvre immersive et n’a rien d’un musée classique malgré son nom. Le musée est organisé autour d’un grand hall central avec un escalier en spirale et des vitraux colorés. Une salle d’exposition nous montre le fonctionnement de l’animation traditionnelle à travers la création des films Ghibli. On y trouve une salle de projection nommée Saturn Theater diffusant des courts-métrages exclusifs au musée et dont les tickets utilisent de vraies pellicules de films Ghibli. On y retrouve le chat-bus réservé là encore aux enfants de moins de 12 ans. La boutique appelée Mamma Aiuto!, un café restaurant sur le toit, d’autres salles remplies de dessins d’archives tirées des films, complètent ce musée qui ressemble à un véritable labyrinthe immersif. Les photos sont interdites à l’intérieur mais bien sûr possible à l’extérieur. Sur le toit, le célèbre robot gardien du Château dans le ciel se dresse fièrement et attend d’être photographié. De l’extérieur, le musée entouré de verdure est vraiment superbe. À l’intérieur, on ne voit pas le temps passer tant il est rempli de tas de choses.

Une des étapes du voyage de ma sœur et de mes nièces étaient de visiter Kamakura pendant une journée. Nous commençons par le grand sanctuaire Tsurugaoka Hachimangu (鎌倉鶴岡八幡宮), que j’ai maintes fois pris en photo. Un mariage s’y déroulait sur la place centrale. Nous nous dirigeons ensuite vers le grand Bouddha Daibutsu (鎌倉大仏) situé dans le temple Kōtoku-in (高徳院) près de la station Hase de la ligne Enoden. La petite ligne de train est très prisée et il y a foule, mais ça reste quand même acceptable. Nous débarquons ensuite à la station d’Enoshima pour rejoindre l’océan. Nous n’aurons pas le temps de visiter l’île d’Enoshima, mais nous n’avons pas pu nous empêcher de nous approcher de l’océan, un peu trop près même au point de se mouiller les chaussures.

Je disais dans mon précédent billet que le monde Sanrio est très populaire en ce moment. C’est d’autant plus vrai qu’une exposition dédiée à l’histoire de Sanrio est en cours en ce moment à la Mori Arts Center Gallery, tout en haut de la tour de Roppongi Hills. L’exposition Sanrio The Beginning of Kawaii Final ver. (サンリオ展 FINAL ver. ニッポンのカワイイ文化60年史) s’y déroule du 9 Avril au 21 Juin 2026. Cette exposition a fait le bonheur des filles et a complété mon éducation sur un sujet que je connaissais peu. Je suis maintenant incollable sur les personnages populaires de la marque. Les journées suivantes nous ont amené vers Ginza, notamment au Uniqlo Tokyo store conçu par Herzog & de Meuron. Le cabinet d’architecture suisse a travaillé par soustraction en retirant une grande partie des habillages commerciaux du bâtiment d’origine datant des années 1980 pour révéler sa structure en béton. Je voulais également montrer le sixième étage du grand magasin GINZA SIX pour sa librairie Tsutaya Books ponctuée de petites galeries d’art. Dans la galerie Foam Contemporary, nous découvrons l’exposition de l’artiste Chihiro Nakahara (中原ちひろ) intitulée Paradise of Kaiju (怪獣たちの楽園) qui se déroulait du 10 au 28 Avril 2026. Nous avons été comme hypnotisés par les scènes animées montrant une série de petites créatures imaginaires, inspirées des monstres de la série Ultraman, jouant librement devant nous, comme si on regardait un livre d’histoires animées. Alors que la fin de la journée approche, on se dirige vers la terrasse sur le toit de Ginza6. Des statues mouvantes créées par l’artiste Julian Opie sont installées sur un espace du toit et forme un espace ludique car on peut les faire tourner voire même les déplacer. Une autre installation du même artiste montrant des coureuses de marathon infatigables est visible dans le grand hall, remplaçant les gros chats spatiaux BIG CAT BANG de Kenji Yanobe. Sur le toit, une pluie fine bataille avec quelques rayons de soleil créant par la même occasion un bel arc-en-ciel.

Pour l’avant dernière journée, nous visitons le grand musée Edo-Tokyo qui vient juste de réouvrir ses portes après un long moment de rénovation. Nous ne visiterons que l’exposition permanente qui nous fait découvrir la vie à Edo puis à Tokyo à différentes époques. Là encore, les expositions sont très ludiques avec des grandes maquettes de l’ancienne Edo, des reconstitutions de maisons et d’appartements type Dōjunkai comme ceux de Daikanyama, aujourd’hui disparus et remplacés par l’immeuble Daikanyama Address. Plusieurs des journées étaient ponctués de visites familiales que je n’évoque pas en détail sur ces pages, et le planning du voyage était vraiment bien rempli sans aucuns temps morts jusqu’au retour à l’aéroport d’Haneda non sans verser quelques larmes.

Nagoya & Pop (2)

La deuxième partie des vacances de ma petite sœur et de ses filles à Tokyo, nous amène loin de Tokyo. Nous avions dans l’idée de passer deux journées et une nuit en dehors de Tokyo, et l’idée d’aller visiter le parc Ghibli (ジブリパーク) s’est soudainement imposée à nous comme une évidence. Le parc dédié comme son nom l’indique à l’univers du Studio Ghibli est situé à Nagakute (長久手市), dans la banlieue de Nagoya. Il est situé dans l’enceinte du parc commémoratif de l’exposition universelle de 2005 à Aichi. Nous pensions initialement y aller en shinkansen mais il s’est vite avéré que la voiture est beaucoup plus économique et ne demande pas beaucoup plus de temps que le train. Il faut dire que le parc est assez éloigné du centre ville de Nagoya, nécessitant environ une heure de train local pour s’y rendre. Nous partons donc tôt le matin pour arriver sur place un peu après 11h. Cette journée était malheureusement pluvieuse mais ne nous a pas empêché de profiter du parc. Le parc Ghibli est récent, ayant ouvert ses portes le 1er Novembre 2022, et il propose des attractions basées sur plusieurs films produits par le studio Ghibli, le studio d’animation fondé par Hayao Miyazaki et Isao Takahata, qu’on ne présente plus bien sûr. On y trouve cinq zones thématiques principales situées dans l’enceinte et les anciens bâtiments de l’exposition universelle de 2005: le Grand entrepôt de Ghibli, la Colline de la jeunesse, la Forêt Dondoko, le Village de Mononoke et la Vallée des sorcières. N’ayant que l’après-midi devant nous pour la visite, je savais qu’on ne pourrait pas tout voir et nous avons donc opté pour les billets standards donnant accès au Grand Entrepôt, qui est par bonheur entièrement couvert, à la Vallée des sorcières et au Village de Mononoke. Stratégiquement, c’était plutôt une bonne idée de prendre un billet standard, car le parc, à part le grand entrepôt, est principalement en extérieur et la pluie compromet beaucoup de choses. Il faut savoir aussi que même si le billet standard donne accès au village des sorcières, il faut quand même avoir un billet premium (qui coûte plus du double du prix du billet standard) pour visiter les maisons à l’intérieur et notamment le château ambulant de Howl. C’était un peu une douche froide, mais on était de toute façon déjà trempé par la pluie. Nous avons donc concentré notre attention et notre temps sur le Grand Entrepôt Ghibli (ジブリの大倉庫), sans même avoir le temps de visiter le village de Mononoke, et c’était très amplement suffisant pour un après-midi. Lors de notre visite du parc Sanrio, on avait été vraiment surpris par les décorations autour du parc. La station de train de Tama Center était par exemple complètement décorée des personnages du monde de Sanrio. Lorsque l’on arrive sur le parking du parc Ghibli, l’approche est beaucoup plus sobre et on se demande d’abord si on ne s’est pas trompé car rien ne laisse vraiment transparaître qu’on approche du but. J’imaginais par exemple qu’on trouverait des petits Totoro dessinés un peu partout sur les pancartes du parc. Mais on aperçoit ensuite l’entrée du parc, une tour-ascenseur métallique à l’esthétique steampunk. On comprend qu’on ne s’est pas trompé. Cet ascenseur étrange est tiré de l’univers de Laputa, le Château dans le ciel. De l’extérieur, le Grand entrepôt de Ghibli nous laisse à peine imaginer ce qui se passe à l’intérieur. Ce grand espace était auparavant une piscine qui a fermé ses portes en 2018. Les merveilles se passent à l’intérieur du grand entrepôt. On y est très vite immergé par l’univers Ghibli. Il y a beaucoup de choses à explorer, ce qui me fait me rendre que je suis loin d’avoir vu la totalité des films d’animation du studio. Nous, surtout les filles, avons beaucoup apprécié voir le fameux Chat-Bus de Totoro. Il y a en fait deux dans l’entrepôt dont un seulement est accessible par les enfants de moins de 12 ans. Il y a certaines règles un peu rigides interdisant les photos à certains endroits ou obligeant d’être accompagné par un enfant pour visiter certaines salles, mais elles restent heureusement limitées. La foule est assez bien contrôlée et on ne se marche pas sur les pieds. On a beaucoup apprécié cette immersion, à l’abris des intempéries. Le monde d’Arietty (借りぐらしのアリエッティ) dans les herbes folles est particulièrement bien rendu et je regrette un peu de ne pas avoir vu ce film d’animation. Certaines pièces reconstituent des scènes clés de certains films et sont souvent impressionnantes, bien que principalement conçues pour la prise de photos. Il fallait quand même attendre une trentaine de minutes pour pouvoir prendre une photo du personnage Kaonashi dans la fameuse scène du train traversant la mer dans Le Voyage de Chihiro (千と千尋の神隠し). Il y avait également une file d’attente pour prendre en photo le robot gardien emblématique du Château dans le ciel, mais nous n’avons pas fait cette attente là car je savais qu’on le retrouverait plus tard dans le musée Ghibli de Tokyo. Nous avons passé un très bon moment dans le parc. Je pense quand même qu’il est amené à évoluer. Les différentes zones thématiques ne sont par exemple pas encore très bien intégrées les unes aux autres. Lorsqu’on quitte une zone pour en rejoindre une autre, on revient vers une partie du parc commémoratif tout à fait neutre qui nous ferait presque oublier la magie de l’univers du Studio Ghibli. J’imagine que ces transitions entre zones seront travaillées dans le futur. Le parc est encore jeune et les possibilités en lien avec les créations Ghibli sont immenses et en constante évolution. La pluie ne cesse pas de toute la journée et il est temps de se diriger vers l’hôtel dans le centre de Nagoya près de la grande station. Il y a foule le soir près de la gare car nous sommes un jour de semaine. Nous mangerons des spécialités de Nagoya le soir, notamment des ailes de poulet Tebasaki (手羽先) de Nagoya Kōchin (名古屋コーチン), entre autres.

Le lendemain, la météo est heureusement plus clémente et nous permet de visiter le château de Nagoya (名古屋城) dans de bonnes conditions. Nous avions déjà vu le château il y a 13 ans mais je ne pense pas qu’on avait visité l’intérieur, faute de temps. On ne le visitera pas non plus cette fois-ci car la tour principale est fermée depuis 2018 pour des rénovations liées à la sécurité sismique. La ville prévoit en fait de démolir le donjon actuel et de reconstruire une version fidèle en bois, comme à l’époque de Tokugawa Ieyasu, en utilisant des techniques traditionnelles japonaises. Je lis que la fin des travaux est prévue pour 2032, suite à des retards importants. Le projet m’a l’air fort ambitieux. J’adorerais qu’on reconstruise à Tokyo, le château d’Edo, sur une portion des terrains du palais impérial. En attendant, le château de Nagoya était bien droit debout devant nous, aussi impressionnant que lors de notre première visite avec ses célèbres shachihoko (鯱) dorés aux extrémités du toit représentant une créature mythologique avec un corps de carpe et une tête de tigre ou de dragon. J’ai toujours apprécié l’apparence de ce château qui est imposant mais qui garde en même temps une certaine grâce élancée. La végétation du parc intérieur accompagne joliment la forteresse, notamment un superbe arbre Nanja-Monja à floraison blanche. Un vieil homme nous a donné le nom de cet arbre, sans qu’on lui demande mais en voyant certainement notre émerveillement. Ce nom (なんじゃもんじゃ) est rigolo à dire en japonais, car on a l’impression que c’est une interrogation comme « mais qu’est-ce que c’est que ça ? ». Il a accompagné notre parcours. Le but de notre visite était de voir le Palais Honmaru (本丸御殿) dont la reconstruction a été terminée en 2018. Il était encore en reconstruction lors de notre première visite. Les intérieurs avec fusuma couverts de feuilles d’or et peintures de l’école Kanō sont vraiment somptueux. Plutôt que le château utilisé à but défensif, le palais Honmaru était le véritable centre du pouvoir. Construit entre 1612 et 1615 puis agrandi en 1634 pour accueillir Tokugawa Iemitsu, il servait à la fois de résidence du shogun, de salle d’audience et de cœur administratif du domaine d’Owari. Avant sa destruction pendant la guerre, la ville de Nagoya avait heureusement minutieusement documenté les plans du palais avec relevés et plus de 700 photographies, ce qui a permis une reconstitution minutieuse et fidèle entre 2009 et 2018. De nombreuses peintures de fusuma avaient été retirées à temps et ont survécu, dont plus de 1 000 sont aujourd’hui classées biens culturels importants.

À l’entrée du château, un samourai nommé Toshiie Maeda agé de 487 ans et son accompagnatrice Natsu âgée de 452 ans attendaient les visiteurs pour une séance photo. J’avais aperçu rapidement en entrant dans le château un prospectus montrant ces représentations de samourai mais on s’entendait à un ’petit vieux’ mal déguisé en samourai. La représentation par un jeune homme élégant dans la force de l’âge et reprenant le supposé langage de l’époque nous a très agréablement surpris. Après un déjeuner rapide de nouilles kishimen près du château, nous partons vers notre dernière étape à Nagoya, le grand sanctuaire Atsuta Jingū (熱田神宮), situé dans une forêt sacrée d’environ 190,000 m² au cœur de la ville. Ce grand sanctuaire shintō a l’appellation Jingū, ce qui signifie son importance et son lien fort avec la mythologie impériale, à des rangs similaires aux grands sanctuaires d’Ise Jingū, Meiji Jingū à Tokyo ou Kashihara Jingū près de Nara. On dit que Atsuta Jingū abrite la légendaire épée Kusanagi no Tsurugi, relique impériale du Japon associée à la déesse solaire Amaterasu, mais elle n’est bien entendu jamais exposée au public. La fondation du sanctuaire remonte à plus de 1900 ans. Les chemins qui y mènent sont très apaisants, avec de nombreux arbres anciens dont un magnifique grand camphrier sacré qui a attiré toute notre attention. On a pu croiser plusieurs coqs et poules en liberté dans l’enceinte de Atsuta Jingu. On dit que le coq est associé à la déesse solaire Amaterasu et que son chant aide à faire revenir la lumière. Ils vivent librement dans la forêt sacrée et n’ont pas peur des passants. Il n’est apparemment pas garanti d’en voir à chaque visite. Sur le chemin du retour, un très beau spécimen noir et blanc nacré, tout droit sorti d’une peinture de Itō Jakuchū (伊藤若冲), nous attendait patiemment sur la grande allée, comme pour nous dire au revoir et nous souhaiter un bon retour vers Tokyo. Je le remercie pour son accueil à Nagoya qui a été une belle étape de notre parcours. Un des avantages de Nagoya est que la ville n’est pas très touristique. La route du retour s’est déroulée sans encombres et sans embouteillages, ce qui est assez rare pour le noter.

Tokyo & Pop (1)

Avoir de la visite donne un regard nouveau sur des lieux que je connais bien mais permet également d’entrevoir de nouvelles choses. Ma sœur et ses deux filles de 10 et 8 ans, mes nièces donc, nous ont fait le plaisir de nous rendre visite pendant dix jours au cœur du mois d’Avril. Notre mission était d’organiser et de guider cette petite troupe dans Tokyo et ailleurs en fonction des centres d’intérêt de chacun, incluant les miens car j’ai découvert certains lieux, visités pour la première fois. Nos visites avaient clairement une orientation que j’appellerais pop, car les filles voulaient absolument voir les ‘hauts lieux’ de la culture Ghibli et Sanrio, entre autres. On savait que le musée Ghibli de Mitaka est très prisé et il fallait donc faire une réservation plusieurs mois à l’avance, le jour même de l’ouverture de la billetterie. Je suis assez fier d’avoir réussi à tout organiser sans encombres ni manquements à nos plans initiaux. Mes demandes préalables pour que la météo soit clémente ont assez bien fonctionné à part pour une journée et demi de pluie étalée sur les dix jours. Dès leur arrivée, nous filons vers Shibuya puis Harajuku en croisant un personnage Sanrio à notre passage au pied de la tour 109 près du carrefour de Shibuya. Je pense que j’ai, pendant ces vacances particulièrement actives, beaucoup appris des filles sur les nombreux personnages qui constituent l’univers Sanrio. Il est clair que depuis l’anniversaire des 50 ans de Hello Kitty l’année dernière, les personnages de la marque ont gagné une forte popularité, non seulement après des enfants mais également auprès d’un public majoritairement féminin de jeunes adultes. Dès le premier jour à Shibuya, nous avons beaucoup marché, guidés par les yeux émerveillés des filles qui ont débordé d’énergie positive pendant tout le séjour. Notre parcours nous a fait passer par les huitième et neuvième étages de la tour Hikarie pour une vue d’ensemble de Shibuya après avoir traversé le grand carrefour et déjeuné tranquillement en famille. Nous traversons ensuite le parc Miyashita puis continuons jusqu’au croisement d’Harajuku, après avoir fait un petit tour dans le campus de l’université du fiston. On évitera de s’engager dans la rue Takeshita car il est déjà tard, et on a préféré grimper en haut de la tour OMOKADO (東急プラザ表参道オモカド), que j’aime beaucoup pour ses escaliers extérieurs donnant une perspective intéressante sur le carrefour d’Harajuku.

Le jour suivant nous amène au musée Fujiko · F · Fujio situé à Noborito, près de Kawasaki. Nous voyageons principalement en train et métro, ce qui permet de mieux saisir les atmosphères de la ville et de ses banlieues. Le musée du créateur de Doraemon se trouve clairement dans une banlieue, un peu loin de tout, même si la station de Noborito est imposante. Je connaissais déjà le musée pour l’avoir visité il y a 12 ans et il n’a pas vraiment changé mais je ne me souvenais pas avoir vu le court film d’animation dans le petit cinéma du musée. Celui que nous avons regardé s’intitule Chinpui – La bonne chance d’Eri (チンプイ – エリさまのグッドラック). Ce petit film nous raconte l’histoire d’Eri Kasuga (春日エリ), une fillette de 12 ans pleine de vie et un peu garçon manqué, se retrouvant un jour soudainement choisie comme candidate pour devenir l’épouse du prince héritier de la planète Mahl située dans un lointain univers. Pour lui annoncer cette nouvelle, deux extraterrestres venus de cette planète, dont Chinpui, arrivent sur Terre et tentent désespérément de la convaincre dans ce rôle d’épouse. Mais Chinpui finit par s’attacher à elle et décide finalement de vivre à ses côtés pour l’aider à surmonter toutes sortes de péripéties. L’histoire est bon-enfant mais n’en est pas moins bourrée de dynamisme et de drôlerie. J’étais très surpris de voir dans les crédits le nom du rappeur et producteur Zo Zhit (荘子it) de Dos Monos. Il a créé les musiques de la bande originale du court métrage animé, excluant le générique original qu’il a tout de même remixé. Le parc situé derrière le musée au pied de la forêt est agréable. Il s’étend d’une manière continue jusqu’aux étages du musée au niveau du restaurant. On trouve dans ce parc quelques figures tirées des manga de Fujiko · F · Fujio, comme Doraemon bien sûr et Doremi chan. Je suis assez familier de l’univers de Doraemon pour avoir vu en DVDs et au cinéma plusieurs épisodes de ses aventures avec le cancre Nobita et ses amis. Je me souviens avoir vu en 2018 une très belle exposition où divers artistes revisitaient le monde de Doraemon. Pour le retour, nous prenons bien entendu le petit bus décoré transitant exclusivement entre le musée et la station de Noborito.

La journée qui suit nous amène à Asakusa parmi les touristes toujours nombreux. Nous arrivons par l’arrière du temple Sensōji qui est un peu plus calme que la rue commerçante Naka-dori. Nous nous déplaçons cette fois-ci en voiture. C’est un peu compliqué de trouver des places de parking libres à Asakusa, car le parking souterrain central devant la porte Kaminarimon est malheureusement fermé. Nous stationnons finalement un peu à l’écart, à côté d’une pâtisserie japonaise nommée Tokutarō (徳太樓), vieille de plus de 120 ans. Elle nous a fait de l’oeil et quelques achats de wagashi se sont imposés avant de prendre le chemin du grand temple. Les rues aux alentours, notamment celles couvertes, sont un peu plus calmes et on s’y dirigent assez rapidement après la visite du temple. Nous n’essaierons pas de collecter le sceau goshuin car une longue file d’attente est nécessaire et je l’ai de toute façon déjà obtenu récemment. Notre prochaine étape est la grande tour Tokyo Sky Tree. Nous stopperons au 350ème étage qui donne une vue presque irréelle de la ville, tant on a l’impression d’être détaché du sol. On ne pouvait malheureusement pas apercevoir le Mont Fuji, caché derrière un ciel nuageux. La vue sur le grand Tokyo et les préfectures limitrophes était par contre dégagée. Parmi les immeubles, on aperçoit les formes blanches du musée Edo-Tokyo à Ryogoku que nous visiterons plus tard dans le séjour. Je ne remarque plus le building iconique Asahi Super Dry Hall conçu par Philippe Starck, mais c’est clair qu’il attire le regard pour des yeux nouveaux. Nous l’apercevons également depuis les hauteurs de la tour Tokyo Sky Tree, au bord de la rivière Sumida. On se fait attirer par le photographe en haut de la tour qui nous promet une petite photo imprimée gratuite si on accepte de se faire photographier. On se rend ensuite compte que la dite photo est vraiment minuscule, ce qui nous pousse à vouloir acheter la version de taille normale encadrée dans un joli carton. Le stratagème commercial nous a berné, ce qui nous a bien fait rire, mais au final, le photographie prise était réussie et nous a donné envie de l’acheter. Les carpes volantes koi étaient déjà déployées au pied de la tour, en préparation de la fête des enfants le 5 Mai. Le grand centre commercial en bas de Tokyo Sky Tree ressemble à un labyrinthe. Les magasins liés à la culture pop japonaise sont nombreux, avec notamment une boutique dédiée au magazine manga Jump et un Pokémon Center assez vaste. Je suis complètement néophyte au monde de Pokémon car je ne connais que la bête jaune qu’on appelle Pikachu (si je me souviens bien). L’engouement mondial et quasi universel pour les petits monstres Pokémon m’a toujours impressionné et interrogé. On y trouve bien sûr une version spéciale de Pikachu portant de ses petits bras la tour Tokyo Sky Tree. Cette peluche semblait être un achat obligatoire. Je ressors de l’endroit un peu moins ignorant sur le sujet. La dernière étape de cette journée bien chargée nous fait passer par Diver City à Odaiba pour aller voir le grand robot Gundam. Je l’ai déjà vu plusieurs fois mais la version initiale a en fait changé. La première version installée en 2009 était le Gundam original de 1979 nommé RX-78-2. Il a été démonté en Mars 2017 et remplacé en Septembre 2017 par le modèle RX-0 Unicorn Gundam, de Mobile Suit Gundam Unicorn, toujours en place aujourd’hui. Ce modèle d’environ 19,7 mètres de hauteur a la particularité d’être doté de lumières. À Odaiba, nous avons par contre loupé de peu la nouvelle grande fontaine placée sur la baie de Tokyo qui ne s’active que pour une dizaine de minutes toutes les heures.

Le parc d’attractions Sanrio Puroland (サンリオピューロランド) situé à Tama Center était un des moments importants du voyage pour mes nièces. Je n’y serais très certainement jamais allé sans cette occasion. Comme on peut le deviner, ce parc est opéré par la compagnie Sanrio et est dédié à l’univers de ses nombreux personnages comme Hello Kitty, My Melody, Cinnamoroll, entre beaucoup d’autres. Il a ouvert ses portes le 7 décembre 1990 et accueille environ 1,5 million de visiteurs par an. C’est un parc entièrement couvert proposant plusieurs spectacles, attractions, restaurants et bien sûr rencontres des personnages. Là encore, c’est un monde que je découvre, même si ce parc a maintenant un certain âge et est très connu. Un grand nombre des personnages me sont familiers, notamment Kuromi qu’on voit souvent accrochée aux sacs des jeunes filles à Shibuya et ailleurs. Toutes proportions gardées, le personnage de Kuromi est mon préféré car elle a une apparence plutôt disruptive dans le monde Kawaii de Sanrio, ce qui fait qu’elle est appréciée par certaines musiciennes que je suis attentivement. DAOKO a d’ailleurs écrit pour Kuromi un morceau d’inspiration hip-hop intitulé Dolce Vita produit par Hidefumi Kenmochi (de Wednesday Campanella, entre autres) pour le EP KUROMI IN MY HEAD. Il n’est pas chanté par DAOKO mais on reconnaît clairement son style et le morceau est étonnamment très bon. Tout au long de la visite du parc, c’était amusant de constater que les visiteurs japonais sont principalement des jeunes adultes. Il faut dire que ce n’est pas une période de vacances scolaires au Japon. Les visiteurs étrangers, surtout en provenance d’Asie sont également assez nombreux. Il n’y a au final assez peu d’enfants, mais j’imagine que cette démographie est similaire au parc Disney et est différente pendant les week-ends. On trouve quelques similitudes avec Disneyland car la visite est rythmée par plusieurs parades. J’ai été agréablement surpris de trouver les parades et spectacles très sophistiqués au niveau des danses et des costumes. Le spectacle Kawaii Kabuki (KAWAII KABUKI ~ハローキティ一座の桃太郎~) était notre préféré. Il ne faut pas le manquer car c’est l’un des spectacles les plus originaux de Sanrio Puroland. Comme son nom l’indique, ce spectacle mélange habillement le théâtre traditionnel kabuki avec l’univers Sanrio en incluant des éléments modernes dans les musiques et danses, ce qui en fait une sorte de show hybride entre tradition japonaise et pop culture. L’histoire est une adaptation très simplifiée et visuelle du conte japonais de Momotarō (桃太郎), où l’on voit Kitty et ses amis former une troupe kabuki et partir combattre des démons (oni). L’histoire est assez enfantine et tous publics, mais les costumes inspirés du kabuki, en version kawaii, sont vraiment impressionnants. Le spectacle est supervisé avec des professionnels du kabuki et la narration inclut des voix d’acteurs kabuki connus comme Shido Nakamura (中村獅童). Le point final (et culminant) de notre visite était la rencontre de Kitty chan dans sa vaste maison située au dernier étage du parc, ce qui donnait l’occasion aux filles de se faire prendre en photo avec leur personnage préféré. Il y avait une file d’attente d’une vingtaine de minutes pour la rencontre avec Kitty. Celle-ci est vue par certaines comme une confidente. La jeune femme qui se trouvait devant nous dans la file d’attente a même passé tout un moment à faire part au personnage de Kitty de diverses choses personnelles, ce qui peut paraître bien étrange. Je pense qu’il ne faut pas oublier que Kitty est un personnage que a fait partie de la vie de nombreux enfants japonais et qu’elle a certainement été pour certaines personnes une sorte de réconfort dans les moments difficiles de leur vie. Kitty doit être bien plus qu’un personnage imaginaire pour nombre d’entre elles. Le retour en train depuis Tama Center était assez mouvementé entre Shinjuku et Shibuya sur la ligne Yamanote car nous avons eu le malheur de transiter pendant l’heure de pointe archi-bondée avec mouvements de foule à ces deux stations. Ça faisait longtemps que je n’avais pas fait personnellement l’expérience d’être serré comme une sardine dans un wagon, car les lignes de métro ou de train que je prends régulièrement sont beaucoup moins occupées même aux heures de pointe en semaine. C’est aussi un aspect de Tokyo qu’on a pu expérimenter.

桜忘れちゃいかん

J’allais presque oublier les cerisiers dont la floraison est déjà terminé à Tokyo depuis quelques semaines. Je n’ai pas pris beaucoup de photographies de cerisiers cette année. Nous avons fait un tour en voiture des différents lieux que nous parcourons systématiquement à cette période, notamment Chidorigafuchi (千鳥ヶ淵) et Kudanshita (九段下) autour du palais impérial, les rues entourant Roppongi Hills (六本木ヒルズ) et Akasaka Ark Hills (赤坂アークヒルズ), le long de l’avenue Meiji entre Shibuyabashi (渋谷橋) et Tengenjibashi (天現寺橋) et le bord de la rivière Meguro. Les trois dernières photographies du billet ont d’ailleurs été prises à Akasaka Ark Hills et à Azabudai Hills (麻布台ヒルズ), puis devant le National Theatre of Japan (国立劇場) également situé autour du palais impérial. Lors de cette petite excursion tokyoïte en voiture, les cerisiers n’étaient pas encore tout à fait en pleine floraison, à part le magnifique cerisier près du théâtre national. Les premières photographies du billet ont été prises au début du mois de Mars dans le parc Kita Asaba Sakura Zutsumi (北浅羽桜堤公園) situé le long de la rivière Oppe à Sakado (坂戸市) dans la préfecture de Saitama. Il s’agit d’une variété de Sakura, les Kanzakura (カンザクラ) qui fleurissent beaucoup plus tôt que les classiques Somei Yoshino (ソメイヨシノ). Un chemin d’environ 1.2 kms est bordé d’environ 200 cerisiers formant un tunnel. Ils étaient à leur pic de floraison à notre passage et nous n’étions pas les seuls à le savoir.

hypnotic innocence, cathartic existence ~4

Le Dimanche 28 Avril 2024.

Je l’ai déjà vu apparaître plusieurs fois derrière les taxis, dans une rue au fond de Kabukichō, à Shinjuku. Elle revient toujours au même carrefour, au cœur de la nuit, lorsque les derniers trains ont cessé de circuler depuis longtemps. Tokyo bascule alors dans une version plus floue, plus instable d’elle-même.

Il est 02:47 du matin. Elle se tient à quelques dizaines de mètres de moi, de l’autre côté du carrefour, ses cheveux emportés par les courants d’air provoqués par le passage des taxis. La nuit est sombre, mais les lampadaires et les néons lui donnent une présence presque irréelle. Pourtant, personne ne semble vraiment la voir. Les taxis passent, les passants enivrés d’alcool la frôlent, mais elle reste comme désynchronisée de la scène qui l’entoure. Je l’observe attentivement, essayant d’imaginer ce qu’a été son existence.

Il y a environ six mois, à la fin de l’été, une Mustang noire l’a fauché alors qu’elle traversait ce carrefour au milieu de la nuit. Je n’ai pas vu la scène, mais j’ai entendu les passants en parler, alors que la police était déjà sur place. Quelqu’un semblait la connaître et l’appelait la reine de Kabukichō. C’était le surnom que l’on donnait à Mako Takatsuki (高槻 真光). Un autre homme pensait qu’elle avait traversé volontairement. À cet instant précis, disait-il, elle arborait un sourire discret, presque indescriptible. Son regard se noyait dans le flou de la ville.

Depuis, elle revient chaque nuit à la même heure. Mais elle ne regarde pas l’endroit où tout s’est arrêté. Elle regarde ailleurs, au loin, de l’autre côté du carrefour, comme si elle attendait quelqu’un, un rendez-vous suspendu au milieu de la nuit. Puis soudain, son visage s’éclaire et elle disparaît dans les lumières de la rue au moment même où elle tente de traverser le carrefour.

À cet instant, je sens près de moi une présence. Une silhouette entièrement vêtue de noir avec des chaussures compensées, le visage dissimulé sous une capuche. Impossible de dire si cette présence est masculine ou féminine. Je n’ose pas la regarder. Lorsque je me décide enfin, elle a déjà disparu dans les ruelles de Kabukichō. Le carrefour redevient ordinaire, mais quelque chose persiste. Ce lieu n’est pas celui d’un accident, mais d’une attente, d’un rendez-vous qui n’a jamais vraiment eu lieu.

Le Mercredi 29 Avril 2026.

Je fais beaucoup de belles découvertes musicales ces derniers temps en me penchant vers l’électro-pop japonaise récente. Je commence par un morceau électronique à tendance trance intitulé Electric Mirage Kanjo (エレクトリック・ミラージュ・感情) par Technopop Yuuki Synthetizer Chan (テクノポップ・有機・シンセサイザーちゃん), sorti en Octobre 2025. Je crois comprendre que, derrière ce nom de code, on retrouve les deux musiciens Nyalra (にゃるら) et Sasuke Haraguchi (原口沙輔). J’ai déjà évoqué sur ces pages le nom du producteur Sasuke Haraguchi à travers plusieurs de ses projets, mais Nyalra m’était par contre inconnu. Technopop Yuuki Synthetizer Chan est en fait un projet hybride piloté par Nyalra, qui en est le directeur artistique. Il écrit les paroles et produit les morceaux en faisant intervenir des producteurs invités comme Haraguchi. Le morceau me-ai-la-sun-chu (me・愛・ラ・sun・虫), que j’écoute également même si je le trouve moins percutant, est quant à lui co-produit par Shinichi Osawa (大沢伸一), qu’on ne présente plus dans l’électro japonaise. Chaque morceau propose des versions longues (Extended version) que je choisis car ce type de morceaux fonctionne bien sur la longueur. Je trouve Electric Mirage Kanjo particulièrement réussi, car il se construit sur un rythme très marqué et accrocheur mais n’hésite pas à déraper vers des sons plus expérimentaux en cours de route. Les morceaux sont chantés par une voix féminine à l’esthétique “moe” (萌え) que j’imagine être une voix synthétique type Vocaloid ou peut être s’agit-il d’une voix hybride. Ces morceaux oscillent entre kawaiisme, rétro-futurisme (que l’on note dans le nom du groupe avec le terme ‘Technopop’ issu des années 80) et une dimension plus expérimentale et étrange.

Je continue ensuite vers des sons électroniques plus clairement pop avec deux excellents morceaux du producteur électronique et DJ japonais PSYQUI intitulés Don’t you want me (2018) et Hysteric Night Girl (ヒステリックナイトガール) (2019). Il y a une certaine immédiateté dans cette musique qui nous accroche tout de suite, notamment quand le rythme monte soudainement dans les tours. Le morceau Don’t you want me est chanté par Such, une vocaliste de cette scène électronique japonaise indépendante, qu’on appelle dōjin (同人). La scène dōjin désigne au Japon tout un écosystème de création indépendante, souvent amateur ou semi-pro, en dehors des circuits commerciaux classiques. Le style musical de ce morceau ainsi que quelques autres de cette playlist s’apparente au Future bass, qui est un genre de musique électronique apparu vers les années 2010, reconnaissable par son côté émotionnel et très texturé. On y trouve une énergie positive qui se mélange à une nostalgie et mélancolie légère. Les morceaux de cette scène sont souvent repris par différentes vocalistes, mais pour le morceau Hysteric Night Girl, j’écoute d’abord la version originale. Le début du morceau m’amuse toujours, car il ressemble sans y ressembler au début de Marunouchi Sadistics de Sheena Ringo.

On passe ensuite sur deux morceaux de Moe Shop rappés par TORIENA intitulés GHOST FOOD (2021) et Notice (2018). Moe Shop est un producteur de musique électronique français basé à Tokyo, mélangeant dans ses productions le son Future Bass avec des éléments de French Touch. Moe Shop travaille surtout avec des vocalistes japonaises issues de la scène indie / dōjin, et je suis particulièrement attiré par le hip hop de TORIENA. J’adore son phrasé rapide et la manière avec laquelle elle découpe ses phrases en parfaite adéquation avec la densité sonore qui l’entoure, même quand le rythme est particulièrement syncopé comme sur le morceau Notice. La positivité de ces sons électroniques upbeat n’est en fait qu’apparente car les paroles chantées/rappées y sont beaucoup plus sombres. Je connaissais déjà TORIENA pour une collaboration avec 嚩ᴴᴬᴷᵁ sur son dernier EP Seventh Heaven sorti en Juillet 2025, tout comme je connaissais Яu-a pour sa collaboration avec killwiz sur son EP Schizophrenia. J’écoute deux morceaux de Яu-a, I cuckold your boyfrend (お前の彼氏寝取ってやったの。) et Neon Sign (ネオンサイン) (ハタチ Version). Ce sont deux morceaux courts avec toujours un phrasé rapide mais une ambiance plus mélancolique. Ma playlist électronique se dirige ensuite vers des morceaux plus apaisés avec Lonely Cat de Lilniina, puis Reijū (隷獣) de nyamura x Nakiso (なきそ). Ces morceaux sont plus introspectifs et sombres, dans une style yami-kawaii (病みかわいい) pour nyamura qui lui est assez typique et est bien reflété dans les visuels qui l’accompagnent. J’aime retrouver la voix de nyamura car j’y ressens une détermination certaine qui est en même temps nuancée. J’aime aussi beaucoup le décrochage inattendu à mi-morceau et les toutes dernières notes le concluant. On termine ensuite avec le morceau v_o_i_c_e feat 4s4ki & KOTONOHOUSE de rinahamu (苺りなはむ), sorti en Novembre 2025. C’est la troisième collaboration musicale que j’écoute de rinahamu et 4s4ki après NEXUS et Ganbariyasan dakara ai shite (頑張り屋さんだから愛して).

Dans ma petite playlist, j’aime aussi beaucoup le nouveau single de Xamiya intitulé CRY avec son ambiance rêveuse qui nous transporte dans un ailleurs proche des sons trip-hop. Dans ambiance encore différente, il y a le sublime nouveau single de Kroi intitulé Kinetic feat. INCOGNITO. J’adore son énergie urbaine et son groove irrésistible. Je trouve encore une fois chez Kroi une maitrise musicale qui m’épate, une tension très maîtrisée, un peu comme pour King GNU dans un style beaucoup plus rock. J’ai souvent hésité à me lancer dans l’écoute de Polkadot Stingray (ポルカドットスティングレイ), groupe rock originaire de Fukuoka. Je sais que la chanteuse et guitariste Shizuku (雫) est fan de Sheena Ringo mais je n’ai jamais vraiment accroché à sa voix, jusqu’à ce morceau Sakasama (逆様) qui vient de sortir en Avril 2026 et que j’aime beaucoup pour son énergie débordante et imprévisible.