ENDEAVORS : TADAO ANDO

Une grande exposition a lieu en ce moment au National Art Center Tokyo (NACT) sur l’oeuvre de l’architecte japonais Tadao Ando. Cette exposition intitulé TADAO ANDO : ENDEAVORS a lieu jusqu’au 18 décembre de cette année et célèbre déjà les dix ans du musée NACT, conçu par un autre grand architecte japonais, Kisho Kurokawa. Venir voir une exposition au NACT est toujours l’occasion de prendre en photo le bâtiment, superbe par ses courbes de verre et d’acier, par ses gigantesques cônes inversés et par la lumière créant des motifs sur le sol intérieur.

L’exposition est composée principalement de photographies des oeuvres architecturales de Tadao Ando, accompagnées de nombreuses vidéos et maquettes installées par-ci par-là dans les espaces d’exposition. Il y avait foule en ce jour férié d’un long week-end. Comme ce lundi férié était le jour du Sport, j’ai pensé bêtement que la population tokyoïte se dirigerait plutôt vers les parcs que vers les musées. Ce n’était apparemment pas tout à fait le cas, et il fallait s’armer de patience. La règle implicite est qu’il faut attendre en ligne avant de voir une oeuvre, chacun son tour, mais dans ces situations, j’ai un peu de mal à garder cette discipline et je vais piocher ici et là les choses que je veux voir, quitte à manquer certains détails. D’une manière générale, il y a toujours foule dans les musées, mais je ne m’attendais pas à une telle « popularité » de Tadao Ando. Il semblait aussi y avoir beaucoup de visiteurs étrangers. En même temps, sa reconnaissance nationale et internationale n’est plus à démontrer.

On peut voir également à l’extérieur du musée, une reconstitution de l’église « Church of the Light » et on peut entrer à l’intérieur pour observer ce que donne le passage de la lumière dans l’église sombre, à travers les ouvertures fines prenant la forme d’une grande croix. Au fur et à mesure de la visite, on se rend compte de l’importance qu’accorde Tadao Ando a placer son architecture dans le milieu naturel. Il arrange les pièces et les volumes de ses maisons d’une manière à permettre à ses habitants d’apprécier l’environnement qui les entoure, parfois d’une manière assez austère d’ailleurs. Au sujet de sa résidence commandée à Tadao Ando en 1981, à Ashiya dans la préfecture de Hyogo, la créatrice de mode Hiroko Koshino nous parle de la froideur des pièces mais nous parle également d’un environnement qui aura été propice à la création. Tadao Ando l’admet volontiers et remercie même les habitants d’origine de ces maisons particulières de béton, de continuer à y habiter, au prix parfois de quelques ajustements. On nous montre une des premières maisons construites par Tadao Ando, la fameuse « Sumiyoshi Row House » (1976), où le propriétaire des lieux doit traverser un espace non couvert pour atteindre certaines pièces de la maison. Un parapluie est nécessaire pour traverser l’espace ouvert quand il pleut, mais pendant cette traversée, l’habitant se replace dans l’environnement qui l’entoure. C’est un concept très intéressant où la partie habitée de la maison renoue avec son environnement immédiat qui fait partie intégrante du bâti. Avant de construire un nouvel édifice, Tadao Ando « lit » d’abord le site, il étudie de manière approfondie le lieu où la construction aura lieu pour s’imprégner de son essence, de son caractère unique. Il s’agit là de la source d’inspiration première de sa future création architecturale. Une des parties de l’exposition est notamment consacrée à cet aspect de lecture du site.

Les deux premières parties des l’exposition nous montrent les maisons particulières de béton brut et les églises dans leur milieu naturel. Ce sont certainement les parties les plus fortes émotionnellement. Outre « Church of the Light », on nous montre également « Church on the water » à Hokkaido. Des souvenirs me reviennent d’Hokkaido, de Tomamu exactement, lorsque nous étions partis à la recherche de cette eglise sous une forte neige. On n’avait pas pu entrer à l’intérieur, mais nous avions observé l’extérieur et la croix qui surgissait de l’eau. Pour l’observer, il nous fallait emprunter un chemin incertain dans la neige. L’exposition me fait découvrir une autre église dans Tokyo, « Church in Hiroo », que je ne connaissais pas et que je suis allé découvrir juste après l’exposition car elle n’est pas située très loin. Il s’agit d’un bloc de béton biseauté, laissant passer la lumière par un mince interstice rectiligne placé derrière la croix. Comme pour « Church of the Light », la beauté du lieu vient de son association avec la lumière s’infiltrant dans l’édifice. De l’extérieur en photo ci-dessous en fin de billet, on apprécie la surface du béton, comme toujours j’allais dire chez Tadao Ando, et les formes biseautées des ouvertures extérieures.

Légende (de gauche à droite et de haut en bas): Row House in Sumiyoshi, Osaka (1976); Church of the Light, Osaka (1989); Church in Hiroo, Tokyo (2014); Church on the Water, Hokkaido (1988); Benesse House Museum et Oval, Naoshima (1992-1995), Koshino House, Hyogo (1981); Hill of the Buddha, Hokkaido (2015). Source: site de l’exposition.

L’exposition reproduit également l’espace de travail de l’architecte dans son atelier à Oyodo, Osaka. C’est un espace très ouvert, jusqu’au plafond vitré de l’immeuble, un grand volume vide lui donnant accès à tous les étages, mais un espace rempli à raz-bord de livres d’architecture. L’exposition consacre également un espace important aux projets de l’île de Naoshima. Pendant une trentaine d’années, Tadao Ando y construira sept bâtiments, notamment ceux de Benesse House et d’autres musées. L’île de Naoshima est reconstituée avec des modèles réduits des bâtiments, devant plusieurs écrans vidéos nous montrant les évolutions des projets successifs. Je n’y suis pas encore allé bien que j’en meurs d’envie.

Les dernières parties de l’exposition se concentrent sur deux autres thèmes développés par Tadao Ando, à savoir les projets de rénovation ou de transformation de l’ancien, et la réintroduction du « vert » dans la ville. Tadao Ando a développé ces dernières années des projets de développement autour de buildings anciens, parfois des extensions comme pour la bibliothèque « International Library of Children’s Literature » à Ueno, ou des aménagements intérieurs comme dans le musée Punta della Dogana à Venise. Sur ce dernier projet, Tadao Ando vient installer une boîte de béton à l’intérieur du bâtiment historique. L’idée est que l’ancien et le nouveau peuvent coexister lorsque l’on trouve le bon équilibre. C’est très osé et j’imagine les difficultés qui peuvent se présenter sur son chemin pour pousser en avant ce type d’idées. Tadao Ando nous parle d’ailleurs aussi beaucoup des projets qui ont échoué, mais qui au final se sont transformés en d’autres constructions. Par exemple, le design de La Collezione à Aoyama était en premier lieu destiné au renouvellement de la gare de Shibuya, en plein changement à l’heure actuelle. Pour revenir à l’introduction de murs de béton dans des bâtiments anciens et historiques, j’ai quand même quelques doutes quant au projet d’installation d’un cylindre de béton dans la Bourse du Commerce à Paris. Je ne connais pas les lieux, mais la maquette qui nous était montrée à l’exposition nous présente un projet assez radical. En même temps, le bâtiment original n’est pas altéré car la structure de béton vient se contenir pleinement à l’intérieur du bâtiment, ce qui peut laisser penser à des aménagements futurs possibles.

Un autre projet intéressant et même fascinant est le « Hill of the Buddha », un cimetière dans les montagnes de Hokkaido. Tadao Ando là encore modifie une structure existante, en installant autour d’une grande statue de Bouddha construite il y a 15 ans, un dôme de béton ouvert ne laissant passer que la tête du Bouddha. Ce dispositif peut paraître choquant aux premiers abords, car il vient cacher une statue imposante d’une vue depuis l’entrée du lieu sacré, mais au contraire, l’enveloppe architecturale crée de nouveaux points de vue, et une nouvelle manière d’apprécier cette statue. J’aimerais pouvoir faire l’expérience d’approcher ce grand Bouddha l’hiver, quand le dôme est couvert de neige et que l’on aperçoit cette tête de Bouddha émergeant du dôme blanc. Un autre point très intéressant de cette architecture du « Hill of the Buddha » est que le bâti est enfoui dans le sol, ou plutôt recouvert de terre et de verdure. Il y a un certain nombre de projets de Tadao Ando comprenant des bâtiments et des structures enfouis sous terre, ou à peine visible, comme par exemple l’église « Church in the Forest » en Corée du Sud.

Cet aspect fait le lien avec le dernier thème abordé dans cette exposition, le désir de Tadao Ando de réintroduire le « vert » dans les espaces urbains. Il ne conçoit pas de différences fondamentales entre créer un nouveau building et créer une forêt ou un espace vert, car il s’agit dans les deux cas de travailler sur un espace, sur un terrain, pour y apporter une nouvelle valeur. Je me souviens du projet qu’il a porté de planter des arbres sur une île de la baie de Tokyo « Umi no mori ». J’en avais déjà parlé dans un billet il y a de cela quelques années. A Tokyo, cela devient une norme de couvrir les toits des bâtiments de verdure, et même parfois de jardins accessibles ou de potagers dans certains cas, certes plus rares, comme au dessus du centre commercial Atre de la gare de Ebisu, ou sur nouveau building Newoman à Shinjuku. On n’est pas très étonné de cette direction prise par Tadao Ando, car après tout, depuis ses premières créations, il a cette intention constante de mettre en relation le bâti en béton avec la nature environnante. J’aime beaucoup cette idée de cohabitation du naturel avec l’architecture et, quelque part, c’est cette idée que j’essayais de représenter à ma manière, imagée et fantaisiste, à travers ma série de compositions urbano-végétal.

J’aime aussi le concept de conservation de la mémoire des bâtiments qu’il développe à travers son travail de restauration, avec des évolutions modernes qui dialoguent avec l’historique. Cette mémoire du bâti me rappelle un article récent du Japan Times sur une création architecturale du photographe Hiroshi Sugimoto à Enoura, dans la préfecture de Kanagawa. Dans cet article, il nous explique comment il imagine son oeuvre architecturale devenir une relique dans 1000 ans. Il réfléchit déjà aux parties du bâtiment, les pierres notamment, qui subsisteront l’épreuve du temps. Ce rapport au temps dans l’architecture est très intéressant: la dégradation programmée jusqu’à la beauté des ruines pour Hiroshi Sugimoto, ou l’éternelle revitalisation de l’architecture chez Tadao Ando. On sait le travail du temps très présent dans le travail photographique de Hiroshi Sugimoto, notamment dans son approche très personnelle de la photographie d’architecture.

Légende (de gauche à droite): L’affiche de l’exposition « 10th Anniversary of the National Art Center, Tokyo TADAO ANDO : ENDEAVORS »; La couverture du catalogue de l’exposition; Un dessin signé par Tadao Ando de « Church of the Light ».

A la fin de l’exposition, on peut se procurer un petit livre rouge, le catalogue très complet de l’exposition. Chaque exemplaire du catalogue contient un dessin et est signé par Tadao Ando. C’est une bonne surprise, car il ne s’agit pas de copies mais de dessins et signatures authentiques. Chaque exemplaire est différent. Le dessin de mon exemplaire est « Church of the Light ». En fait, je ne suis que moyennement étonné, car lorsque nous étions à Tomamu, j’avais acheté le livret sur « Church on the Water » et un dessin et signature étaient également inclus dans chaque exemplaire. Le catalogue reprend tous les textes montrés dans l’exposition, ce qui est bienvenu car la foule ne m’avait toujours permis de tout lire. Après lecture du catalogue, je retiendrais ce paragraphe sur la cause environnementale qu’il défend depuis de nombreuses années:

There is only so much that we can do to solve the problems of the environment as creators of buildings. In the end, it all comes down to the awareness and sensitivity of each and every person living within it. Imagine if everyone saw their everyday surroundings as their own problem and took action in whatever small way they could. There could be no endeavor more creative or richer with possibilities than this. I believe that such visions that urge people to think freely beyond preconceptions and existing frameworks will be crucial for our future.

Et comme prévu, je pars à la recherche de l’église « Church in Hiroo » après être sorti de l’exposition. Elle est bien cachée près de la rue commerçante (shōtengai de Hiroo), mais pas très difficile à trouver. Je me contenterais de quelques photographies de l’extérieur pour terminer ce billet.

ENVOL (leave them all behind)

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Les plus observateurs auront certainement remarqué un petit changement sur les photographies du blog. Pour être plus précis, les dimensions des photographies sont légèrement augmentées pour passer de 900px de large vers 1000px. Le tout se ré-ajuste automatiquement pour ceux qui lisent et regardent Made in Tokyo sur un smartphone ou tablette. J’aurais voulu augmenter un peu plus encore la taille des photographies, mais 1000px me paraît un bon compromis pour l’instant. Il y a de cela quelques années, toutes les photographies étaient au format 600px, qui me paraît minuscule en y repensant maintenant.

Vendredi soir dernier, je mangeais avec Daniel de passage à Tokyo pour quelques semaines. Nous étions à Megutama, que je recommande encore et toujours pour les amateurs de livres de photographies. Les discussions avec Daniel me font toujours me poser de bonnes questions sur ce que je fais et comment faire évoluer tout cela. La mère de Mari en voyant quelques uns de mes 15 grands dessins de formes organiques et futuristes me demandent pourquoi je ne les présentent pas au monde (発表する), que je les expose. Mari me dit que je devrais essayer de les vendre encadrés. On a d’ailleurs fait quelques essais, mais plutôt pour exposer à la maison. Dans mon rêve, je ferais une exposition mélangeant dessins et photographies ou compositions photographiques, avec comme fond sonore quelques unes de mes créations musicales électroniques (attention, j’ai franchi le pas en achetant Logic Pro X sur iMac). Le tout, comme j’en parlais avec Daniel, est de trouver une ligne directrice qui unit tout cela. J’aime me dire que j’ai le temps d’y réfléchir.

En photographies ci-dessus, le robot de Tezuka, Atomu, posé en plein ENVOL par l’artiste français Invader sur un pont de chemin de fer JR à Shibuya, nous fait voyager vers différents lieux de Tokyo: L’hotel Meguro Gajoen sur les premières photographies, l’intérieur du musée NACT dessiné par feu Kisho Kurokawa, les rues de Shibuya et de Roppongi ensuite et pour terminer. Ca fait beaucoup de bien de voler avec Atomu au dessus des chaleurs qui envahissent Tokyo en ce début de mois de Juillet.

in a series of small squares

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Lors d’une courte promenade à Ginza, je découvre un nouveau building de verre en construction (3ème photo) tout près d’un autre bâtiment de verre, la Maison Hermès par Renzo Piano (1ère et 2ème photos), tout en petits carrés de verre comme des pixels. L’immeuble en construction sera un grand espace commercial et ouvrira en Automne cette année. Le design des vitres est intéressant, il prend apparemment pour influence le style Edo kiriko, une technique traditionelle japonaise de sculpture du verre. L’architecture est de Nikken Sekkei pour Tokyu. Au 6ème étage (sur 11 étages), il y aura une grande terrasse couverte qui semble assez agréable. Ce projet s’appelle Ginza 5 Chome Project.

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Je continue mes formes organico-futuristes, ou futuro-organiques (au choix) avec un troisième dessin en format A3 « véritable ». La vingtaine de dessins précédents était sur un format A3 légèrement sur-dimensioné, ce que j’ai découvert un peu tard. Ce format ne permet pas de le scanner facilement car trop grand pour les scanners standards. J’aime beaucoup le papier A3 que j’utilise actuellement, il est assez épais (1mm) et lisse. C’est le modèle S KMK Kent Board de Muse Paper. on peut le trouver au magasin Sekaido à Shinjuku. Pour le dessin à l’encre noire, j’ai maintenant pris mes marques avec le modèle 4600 For Drawing Technical Pen de Marvy Uchida, dont la pointe 0.1 est très fiable. Je complémente aussi avec des tailles plus petites comme le pigment liner 0.05 de Staedtler. J’avais un Rotring Isograph quand j’étais plus jeune en France, mais je ne le retrouve pas malheureusement. Pour la mise en couleur, je fais d’abord une première passe au Copic Marker Sketch. Les markers sont de bonne qualité avec une énorme palette, mais assez chers (environ 380 yens le marker…). Je construis donc ma collection de markers Copic petit à petit, en piochant dans la palette de couleur. J’utilise ensuite les crayons de couleur pour la dernière passe pour créer les reliefs, principalement des Faber Castell Polychromos et des crayons Karisma Color, plus tendres. Comme j’achète également les crayons à l’unité, j’ai un bon mélange de marque et de catégories. Le dessin ci-dessous s’inscrit dans la continuité de mes dessins précédents. Je ne me lasse pas de suivre cette piste depuis maintenant un an. Le style évolue petit à petit, mais je me laisse le temps de le construire. On verra où ça m’amènera.

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Lorsque l’on passe au Department Store Seibu de Shibuya, je m’arrête souvent voir la petite galerie au dernier étage d’un des deux bâtiments, au 8ème étage de l’Annexe B pour être précis. J’avais découvert les dessins tout en détails de l’artiste Yasuo Sasada l’année dernière, ce qui m’avait beaucoup plu pour le travail du détail et l’ambiance qui se dégage de ses dessins. La galerie montre actuellement des oeuvres digitales ainsi que d’étranges QR codes (qui fonctionnent vraiment) par l’artiste graphique japonais Houxo Que Seibu. Ces representations pixelisées me rappellent l’époque des jeux video 8 bits.

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En parlant de jeux video 8bits, j’ai depuis quelques temps une certaine nostalgie des jeux video de mon enfance et adolescence, les jeux de la Nintendo NES et un peu après de la Super Nintendo. Nous avons à la maison une Nintendo Wii U depuis plusieurs mois maintenant. Achetée principalement pour jouer à deux avec Zoa, il préfère finalement sa Nintendo 3DS et les jeux que les petits garçons de son âge adorent ici en ce moment, les Youkai Watch (je finis moi-même par bien connaitre les petits monstres de cette série car Zoa m’en parle très régulièrement). Je suis donc devenu par la force des choses, mais sans trop me forcer, le principal utilisateur de cette Wii U. Je choisis assez naturellement les jeux parmi les séries que j’ai vu naitre sur la NES. J’admire chez les jeux phares de Nintendo l’inventivité sans cesse renouvelée et apprécie le confort de retrouver des ambiances familières par la présence de nombreux éléments des premiers épisodes sur les consoles d’antan. Jouer à Super Mario 3D World ou New Super Mario Wii U mélange nostalgie et nouveauté. Cette sensation va d’ailleurs être exacerbée par la sortie prochaine de Super Mario Maker, que j’attends impatiemment, où l’on pourra créer soi-même des niveaux de jeux sur différentes versions du jeu Super Mario.

Sur la Wii U, la nostalgie ne s’arrange pas vraiment avec la Virtual Console qui permet d’acheter des anciens jeux pour y jouer sur écran de télévision ou directement sur le pad, ce qui est très pratique car je peux rarement monopoliser l’écran de télévision. J’y redécouvre certains de mes classiques sur Super Nintendo comme le shoot’em Up Axelay, le jeu d’action Contra III: The Alien Wars ou Super Mario World évidemment. Le manque de temps ne me permettra pas de redécouvrir les RPG comme Zelda 3 ou Secret of Mana, mais de toute façon le Nintendo e-Shop ne propose bien évidemment que les versions japonaises, et je ne pense pas que l’on puisse changer de pays sur le Nintendo e-Shop (comme pourrait le proposer Apple sur iTunes). J’utile également sur mon iMac l’émulateur multi-platforme Open Emu, qui fonctionne vraiment très bien à condition de télécharger les bons modules pour chaque console et les roms. On peut configurer très facilement un pad USB (J’ai une version USB de celui de la Super Nintendo / Super Famicom), ce qui rend l’expérience de jeu très similaire à ce que j’avais connu il y a des dizaines d’années. Je préfère quand même l’expérience sur la Wii U à l’émulateur, et j’essaie en ce moment quelques jeux que je ne connaissais pas comme Metroid Zero sur GBA. L’ambiance sonore y est superbe, et me rappelle les heures passées sur Super Metroid à l’époque.

En fait, je me rends compte maintenant que mon goût se porte principalement pour la 2D. D’ailleurs, pour faire un parallèle avec le dessin, je pense plutôt en 2D lorsque je dessine mes formes futuro-organiques. Je possédais les 8 bits NES et Gameboy et ensuite la 16 bits Super Nintendo, mais je ne suis pas passer par Sega (sauf à jouer chez des amis). J’ai toujours rêvé de NEC PC Engine / Turbographx ou de SNK Neo Geo. A cette période, je me nourrissais de magazines video ludiques que je lisais de la première à la dernière page. L’époque 16 bits était mon apogée. J’ai suivi l’évolution 32 bits avec la Playstation, mais le coeur y était déjà moins (malgré quelques classiques comme Wipeout 2097), ayant un peu de mal avec cette 3D balbutiante et de qualité moyenne. Ensuite, à mon arrivée au japon, assez contradictoirement, mon intérêt pour les jeux video s’est un peu tassé. Je suis passé à côté de la N64, pour me rattraper quand même sur la GameCube. Je suis tout de même passé par la PS2 et l’excellente Sega Dreamcast, qui a fait renaitre en moi une certaine flamme (genre aller acheter la console à la sortie en magasins). A vrai dire, les productions de cette époque n’avaient pas ce supplément d’âme qui nous fait y revenir avec nostalgie. Après la mort de la Dreamcast, j’ai complètement arrêté les jeux video et je suis resté complètement indifférent aux PS3, PS4, Xbox, Call of Duty, GTA. Jusqu’à la Wii U.

Au hazard d’Instagram et de ses liens, je découvre le podcast de The North American Rétro Collective, que je suis avec beaucoup d’intérêt, de nostalgie et amusement. Ce podcast me fait découvrir une communauté de collectionneurs (principalement de jeux NES) et me fait réaliser toute la valeur de cette culture populaire. C’est ce que je réalise également en me rendant au National Art Center Tokyo (superbe musée dessiné par Kisho Kurokawa). On y montrait jusqu’au 31 août une exposition sur la culture Manga, Anime et Jeux Video de 1989 à nos jours. J’étais loin d’imaginer qu’on puisse exposer un jour dans un musée des anciennes consoles de jeux video.

En dernière note pour terminer ce long billet, j’ai créé récemment une page sur la communauté créative Behance. Je sentais le besoin de regrouper mes principales compositions graphiques sur un site externe pour tenter d’accroitre un petit peu la visibilité de mon travail. J’y regroupe pour l’instant mes compositions Urbano-végétales et les Megastruktur. J’aimerais y publier plus tard mes dessins futur-organiques. En fait, c’est un essai et tout dépendra de l’activité que j’en retire. Comme pour Flickr, il est fort possible que je me retire si je n’y trouve une motivation suffisante.

Ray of sun and cloud

Je suis assez souvent allé au National Art Center Tokyo (4 ou 5 fois) mais sans jamais assister a l’exposition du moment. J’y suis toujours passé en coup de vent, mais je n’ai cependant jamais manqué une occasion de prendre le bâtiment en photo. Difficile d’ailleurs de prendre une photo originale, tellement j’ai pu prendre l’interieur en photo, les cônes notamment. Je m’essaie donc cette fois-ci à une modification de texture. Ce ciel nuageux et rayon de soleil se calquant sur un des cônes inverses est bien entendu imaginaire.

Mari et Zoa étaient occupés samedi matin dernier. Je profite d’une matinée seul pour aller voir ma première exposition au NACT. J’avais très envie de voir l’exposition de Man Ray, visible en ce moment. J’etais intéressé d’en savoir un peu plus sur ses fameuses rayographies et ses expérimentations photographiques. Je dois dire que malheureusement, je suis passé un peu a côté de l’exposition. L’expo s’intitule Unconcerned but not indifferent, et je peux dire que personnellement je n’ai pas été indifférent à la qualité de son oeuvre et à son avant-gardisme à l’époque, mais pas vraiment touché. J’avais en tête de voir de nombreuses expérimentations photographiques, mais il n’y en avait en fait assez peu. C’est ma grande déception. Beaucoup de portraits de personnalités qu’il a cotoyé, de ses compagnes, quelques photos commerciales, beaucoup d’esquisses, du design de jeux d’échec… L’exposition donne l’impression de tourner autour du sujet important, la photographie avant-gardiste, sans le montrer ou en le montrant trop peu. Man Ray touchait à tout et on nous rappelle à plusieurs reprises qu’il considérait plutôt la photographie comme secondaire, instrument pour photographier ses oeuvres.

Un point anecdotique que j’avais également remarqué dans l’exposition Le Corbusier au Mori Art museum de Roppongi Hills. Les expositions d’artistes étrangers aiment montrer les liens tissés avec le Japon, avec des artistes japonais contemporains par exemple. Pour Le Corbusier, il s’agissait de montrer en photos la rencontre entre Corbu et les architectes japonais Kunio Maekawa, Junzo Sakakura et Takamasa Yoshizaka (pour le National Museum of Western Art, Tokyo a Ueno). Pour Man Ray, on nous montre également en photos la rencontre avec l’artiste Aiko Miyawaki, l’épouse de l’architecte japonais Arata Isozaki. Elle se concentre depuis 1980 sur la création de structures métalliques nommées Utsurohi, qui symbolisent un lien entre le ciel, le vent et la lumière. On peut en voir sur l’esplanade de La Defense à Paris, devant le Cnit.

En revenant de l’exposition, j’aperçois cette maison individuelle près de Ebisu. Elle s’appelle Cloud. Les nuages ne sont pas le reflet du ciel ou une incrustation virtuelle dont j’aurais pu être l’auteur, mais un motif véritable de cette paroi lisse et noire.