東京ワルツ

Les photographies de ce billet sont prises dans des endroits différents dans Tokyo, comme une valse d’images. Passer au noir et blanc me donne à chaque fois l’occasion de revenir sur des photos un peu plus anciennes que je viens mélanger à d’autres plus récentes que je n’avais pas encore montré sur Made in Tokyo. L’attrait du noir et blanc est fort mais je trouve qu’il ne convient pas à tous les types de photographies. J’y reviens en fait souvent en fonction de la musique que j’écoute à ce moment là. Je dirais même que la musique que j’écoute est le seul déclencheur qui me fait revenir au noir et blanc, comme si le choix ne m’était plus donner de faire. Les photographies que je montre ci-dessus baignent volontairement dans un léger flou. Nous sommes ici dans l’ordre à Yoyogi, Ueno, Shibuya, Shinagawa, Daikanyama et Naka-Meguro.


Les hasards de Twitter ont parfois du bon, car ils me font régulièrement découvrir des ambiances musicales qui me plaisent beaucoup à travers des groupes ou artistes que je ne connaissais pas. Je découvre récemment le groupe japonais post-punk G-Schmitt (G-シュミット) mené par son interprète principale et charismatique SYOKO (en photo ci-dessus). Ce nom de groupe est plutôt étrange et je ne n’ai pas encore découvert son origine. Je m’étonne moi-même de ne jamais avoir entendu parler de ce groupe ou du nom de SYOKO avant mais il faut dire que le groupe n’est plus actif depuis longtemps. Il l’était pendant une bonne partie des années 1980, pendant six ans de 1983 à 1989 pour être très précis. SYOKO a complètement disparu de la scène musicale actuelle, à ma connaissance. Je n’aime pas beaucoup classifier les groupes dans des styles car je suis la plupart du temps bien en mal de le faire, mais si on devait donner une idée du style musical de G-Schmitt, je dirais qu’il s’apparente plutôt au gothic rock si l’on considère la noirceur générale de l’ensemble, qui n’est pas sans me rappeler The Cure par moments. Mais les ambiances diffèrent entre les morceaux et les catégorisations stylistiques deviennent très vite assez floues. Dans une interview, SYOKO se défendait d’ailleurs de toute catégorisation dans une « boîte » stylistique particulière, comme pour garder une indépendance artistique et se démarquer d’autres groupes indépendants post punk de l’époque. G-Schmitt n’a pas sorti beaucoup d’albums mais plusieurs EPs, et une compilation sortie en 1988 s’intitulant Struggle to Survive, qui est mon point de départ dans la découverte de la musique du groupe. Plus qu’une compilation, Struggle to Survive est un regroupement d’EPs sortis précédemment, notamment ceux intitulés Modern Gypsies, Sin, Secret & Desire (sauf un morceau) et d’autres morceaux sortis séparément en singles. Dès la première écoute de Stuggle to Survive, j’ai développé une fascination certaine pour ce groupe au point de chercher toutes les informations que je pouvais trouver sur internet, informations qui sont malheureusement assez peu nombreuses. Il n’y a même pas de page Wikipedia à se mettre sous la dent, même en japonais. Je me contente donc de morceaux d’information glanés par-ci par-là sur des sites de passionnés, notamment un ancien site web dédié au groupe. J’éprouve une fascination un peu similaire à celle que j’avais pu avoir lorsque j’avais découvert Jun Togawa (戸川純)et son groupe Yapoos il y a quelques années, ou la musique de Tomo Akikawabaya plus récemment. Ma fascination pour les morceaux de G-Schmitt que j’écoute sur cet album Struggle to Survive vient notamment et principalement de la passion que SYOKO transmet dans sa voix et dans sa manière de chanter. Elle le dit dans des interviews, son intérêt n’est pas de vendre beaucoup de disques ni de devenir une artiste qui signera sur une major (tous les disques de G-Schmitt sont sortis sur un label indé WECHSELBALG), mais d’interpréter une musique qui soit personnelle et unique. Il y a peu d’interviews visibles sur internet, mais j’en ai quand même vu une très courte sur YouTube où SYOKO répond à des questions sur un nouvel album du groupe (peut-être celui qui s’intitule gArNeT). On sent dans sa manière de s’exprimer et son regard, une certaine détermination et quelque chose d’atypique. La tension dans son chant nous fait comprendre son implication totale, et j’aime beaucoup cela. Sa voix est remplie d’une certaine mélancolie et d’un romantisme ténébreux, mais peut prendre parfois des accents un peu plus agressifs. La plupart des EPs et singles du groupe sont seulement sortis en vinyle à l’époque, mais Struggle to Survive est sorti dans une version CD, qui est malheureusement introuvable ou à des prix exorbitants (10,000 Yens sur Mercari). On peut cependant l’écouter en intégralité ou par morceaux sur YouTube. Difficile de ressortir de cet album le morceau que je préfère, mais le cinquième intitulé Farewell doit être celui qui me touche le plus. Mais l’ensemble est de toute façon excellent, si on n’est pas rebuté par cette ambiance rock très marquée années 80 et aux accents gothiques parfois des plus étranges (le morceau Mescaline Dream par exemple). Le premier morceau Kの葬列 (les funérailles de K) donne tout de suite l’ambiance et est un des morceaux les plus emblématiques de G-Schmitt. Si on aime ce morceau, le reste de l’album est un vrai bonheur musical. Je suis donc parti en quête de tous les morceaux G-Schmitt et SYOKO que je peux trouver. En parallèle de Struggle to Survive, j’écoute également un des deux EPs que SYOKO a sorti en solo, le premier intitulé SOIL sorti en 1986. Le style ne diffère pas grandement de la musique du groupe, mais peut prendre parfois des accents un peu plus expérimentaux comme le quatrième morceau MAGIE. Sa manière de chanter me rappelle par moment celle de Jun Togawa, bien que leurs voix soient différentes. Les musiques de ce EP sont composées et arrangées par un certain Joe Hisaishi (久石譲), que l’on connaît pour avoir composé les musiques de la plupart des films de Takeshi Kitano (Sonatine en 1993, Hanabi en 1997…) et Hayao Miyazaki (depuis Nausicaä de la Vallée du Vent en 1984). Les morceaux que je préfère sur cet EP Soil sont le troisième intitulé Sphinx in the Night et le premier Erewhon.

渋ライト

Enveloppé dans la lumière hivernale dans le quartier de Shibuya, elle est particulièrement basse et forte dès le début de l’après-midi. J’aime beaucoup cette lumière car elle nous fait parfois apprécier les lieux d’une manière différente. Je m’étonne, sur la première photographie par exemple, de la manière dont elle vient complexifier le paysage urbain en brouillant les perspectives et notre perception. Je ne cherche en général pas à éviter les halos de lumière qui viennent se former sur l’objectif. Je cherche plutôt à intégrer directement ce flux de lumière dans le cadre de ma photographie pour voir quel effet cela pourrait bien donner.

J’avais mentionné dans un précédent billet que je reviendrais certainement sur l’album NO MOON du groupe D.A.N. que j’écoute depuis environ deux semaines. J’avais évoqué le dernier morceau de cet album sorti le 27 Octobre 2021, mais je ne me doutais pas que l’ensemble de l’album serait aussi beau. Il y a beaucoup de morceaux très forts comme le premier Anthem, le dernier No Moon, le morceau Aechmea de 8 minutes au milieu et le fantastique troisième morceau The Encounters. J’avais déjà mentionné qu’Utena Kobayashi participait à cet album. Elle joue du steel pan sur les deux premiers morceaux et chante même sur le deuxième Floating in Space. La voix de Daigo Sakuragi (櫻木大悟) nous ferait presque pleurer tellement elle peut être belle par moments, notamment sur ce morceau. Elle a un côté androgyne qui se mélange avec la voix féminine d’Utena qui intervient en deuxième partie de ce morceau. Utena chante toujours d’une manière à faire entrer cette musique dans le mystique. Elle pourrait faire partie intégrante du trio, avec Daigo Sakuragi, Jinya Ichikawa (市川仁也) et Hikaru Kawakami (川上輝). Pour revenir au troisième morceau The Encounters, D.A.N. est y accompagné des voix de Takumi (du duo hip-hop MIRRROR) et de Tamanaramen (玉名ラーメン), mélangeant des moments rappés et d’autres plus vaporeux. La composition musicale du morceau est fabuleuse avec une coupure dans la deuxième partie du morceau pour partir vers des sons électroniques plus sombres qui me rappellent les décrochages qu’on peut entendre chez Burial. Le rythme s’accélère ensuite et on reste accroché lorsque Tamanaramen commence à chanter « What are you afraid of? » et quand Sakuragi vient y ajouter des pointes vocales (« あなたのせいで »). Tout excellent qu’il puisse être, ce morceau ne vient pourtant pas effacer les autres. Il y a trois interludes sonores assez étranges intitulés Antiphase venant assurer une transition vers des choses plus mélancoliques, qui représentent quand même l’atmosphère principale de l’album. Le piano et les sons de guitare pleins d’écho sur Bend par exemple débordent d’une tension émotionnelle qui ne peut pas laisser indifférent. Je le dis parfois pour certains albums, mais il faut être dans de bonnes conditions pour entrer dans l’album. Il n’est pas difficile d’accès mais je le trouve émotionnellement fort par moments, du moins l’atmosphère qui s’en dégage est très prenante. C’est un objet musical qu’il faut appréhender dans son ensemble plutôt que par morceaux séparés. La voix exceptionnelle de Daigo Sakuragi est un des grands attraits de cette musique, mais la composition musicale mélangeant instruments traditionnels (guitare, basse, batterie) et musique électronique est vraiment impeccable avec de nombreuses étrangetés sonores et quelques breaks à mi-morceau que j’aime particulièrement. Le morceau Take Your Time est un de ces morceaux qui se révèlent pleinement après plusieurs écoutes. Des paroles comme « 誰かの頭の中で暮らしてる » (Je vis dans la tête de quelqu’un) dans ce morceau ou « 本当の世界 連れていって » (Amènes moi dans le vrai monde) sur Aechmea m’intriguent et contribuent beaucoup à l’atmosphère mystérieuse, voire mystique par moments, qui entoure cette musique. La seule « déception » est que je n’ai pas été en mesure de créer des images à base de photographies pour ce blog tout en écoutant cette musique, mais c’est une autre histoire.

vues du Mont Fuji depuis Kawaguchiko

Outre notre bref passage à Enoshima juste avant la nouvelle année, nous ne sommes pas beaucoup sortis de Tokyo pendant les courtes vacances de fin d’année. Nous avions quand même dans l’idée d’aller voir le Mont Fuji enneigé. On peut le voir depuis Tokyo, mais il est quand même beaucoup plus grandiose près des lacs, notamment celui de Kawaguchi. J’avais vu sur Instragram un point de vue intéressant sur le Mont Fuji à travers un petit Torii rouge de sanctuaire. Une petite recherche m’indique qu’il s’agit du sanctuaire de Kawaguchi Asama. Ça sera donc notre première destination. Le trajet aller sur l’autoroute Chuo se passe sans encombres et nous prendra un peu plus d’une heure et demi. Le sanctuaire de Kawaguchi Asama est relativement petit mais ancien. Il y a environ 1,300 sanctuaires appelés Asama ou Sengen dédiés au Kami des volcans, et principalement autour du Mont Fuji. Le principal sanctuaire est le Fujisan Hongū Sengen Taisha que l’on trouve de l’autre côté du Mont Fuji, dans la ville de Fujinomiya dans la préfecture de Shizuoka. Nous l’avions visité en Avril 2019 et j’en avais parlé dans un billet. Ces sanctuaires Asama ou Sengen sont placés autour du volcan pour essayer de calmer sa colère et ainsi éviter de nouvelles éruptions. Le principe fonctionne relativement bien car le Mont Fuji n’est pas entré en éruption depuis plus de 300 ans. La dernière éruption, nommée éruption de Hōei, date du 16 Décembre 1707. On avait eu quelques craintes à la fin de l’année 2020 car le volcan était étonnamment assez peu couvert de neige lors qu’on l’avait vu depuis le Mont Takao, ce qui pouvait suggérer un réchauffement. Il n’en est rien cette année car le blanc domine sur une bonne partie du Mont Fuji.

On dit que le sanctuaire Kawaguchi Asama a été érigé après l’éruption du Mont Fuji de 864. L’allée qui nous amène au sanctuaire, après avoir traversé un grand torii de 18 mètres de haut, est bordée de sept immenses cèdres appelés « Shichi-hon sugi » datant de plus de 1,200 ans. Ils sont impressionnants et considérés comme des monuments naturels de la préfecture de Yamanashi. Depuis l’enceinte principale du sanctuaire, une petite route sinueuse de montagne donne accès après trente minutes de marche à Tenku-no Torii. A cet endroit, un Torii rouge est idéalement placé sur un petit plateau donnant une vue directe sur le Mont Fuji et sur le lac Kawaguchi. Le Torii est récent car mis en place en 2019 et fait partie entière du sanctuaire. L’espace autour est en cours d’aménagement car on voit des marquages au sol faits de plaquettes de bois. On y fait pousser des cerisiers qui rendront certainement cette vue encore plus symbolique dans une dizaine d’années. Comme je le mentionnais au début, nous sommes venus ici car j’avais vu une photo de l’endroit sur Instagram. La photo montrait une personne débout devant le Torii regardant le Mont Fuji. On avait l’impression qu’elle était seule au monde devant cette montagne majestueuse dans un endroit qui serait gardé secret ou seulement connu des locaux. En arrivant à Tenku-no Torii après la marche de trente minutes, on se rend compte que la réalité est bien différente. L’accès au Torii est marqué par un petit chemin de graviers et il y a une file d’attente de plusieurs dizaines de personnes avant de pouvoir accéder au Torii pour prendre les photos que je montre ci-dessus. L’effet Instagram doit jouer sur la popularité de l’endroit, et ça me rappelle que les photographies donnent souvent une vision déformée de la réalité, ou du moins une impression idéalisée omettant même inconsciemment une partie importante de la réalité. On hésite à attendre pour prendre une photo, mais on est monté jusque là et ça serait dommage de faire demi-tour maintenant. Il faudra donc attendre environ 45 minutes, mais l’attente n’est pas désagréable quand on a le Mont Fuji devant soi, surtout quand il a la bonne idée de se découvrir au fur et à mesure qu’on approche du Torii. L’accès au Torii est gratuit mais il y a fort à parier qu’il devienne payant ou plus policé à mesure que la popularité de l’endroit grandit quand les cerisiers auront bien poussé.

Comme il nous restait un peu de temps avant de reprendre la route pour Tokyo et avant que le soleil ne se couche, nous en profitons pour aller voir un autre sanctuaire assez proche, le Arakura Fuji Sengen Jinja. L’endroit est très connu pour la vue que l’on peut prendre d’une pagode appelée Chureito accompagnée du Mont Fuji en arrière-plan. Il faut monter un long escalier de pierre de 398 marches, mais on nous indique dès le début que la fameuse photo de la pagode et du Mont Fuji n’est pas possible en ce moment car le promontoire à l’arrière de la pagode est en cours de rénovation. C’est dommage mais la vue sur le Mont Fuji au dessus de la ville est tout de même impressionnante et vaut tout de même le détour. Il y avait peu de visiteurs à notre passage, ce qui devait être très différent avant la crise sanitaire, vue la taille du parking en bas du sanctuaire. On se sent serein après avoir vu l’omniprésent Mont Fuji pendant toute une journée. Cette sérénité nous sera nécessaire pour le retour sur l’autoroute et ses deux heures d’embouteillage. Il nous a fallu trois heures et demi pour rentrer, mais ce long retour ne m’a pourtant pas été désagréable, contrairement à l’habitude. J’ai peut-être maintenant intégré l’attente comme un paramètre inévitable de tout déplacement hors de Tokyo, ou peut-être était ce parce qu’on m’avait « autorisé » à passer le best album de Tokyo Jihen sur la route du retour. Je me rends compte que son écoute est bien meilleure dans la voiture qu’aux écouteurs.

初詣2◯22


アケオメ
コトヨロ
2〇22

Nous n’avons pas failli à notre habitude de regarder Kōhaku Uta Gassen sur NHK (NHK紅白歌合戦) cette année, sauf que cette fois-ci, j’ai l’impression que nous l’avons regardé plus assidûment que d’habitude. Nous l’avons en fait regardé depuis le début, ce qui arrive rarement, tout en commentant presque chaque intervention. Mari nous fait remarquer qu’on a bien vieilli pour regarder Kōhaku aussi religieusement, mais je pense plutôt que c’est Kōhaku qui a rajeuni. On restera sur cette dernière constatation. La plupart des artistes ou groupes qui se produisaient sur les scènes du Tokyo International Forum ne m’intéressent pas beaucoup musicalement, mais l’important n’est pas là. L’intérêt est plutôt de prendre la température de la scène musicale mainstream japonaise. NHK est certainement loin d’être à la pointe des nouveautés et des dernières tendances mais il y a quand même quelques efforts notés d’années en années, par exemple l’étrange représentation plutôt sombre d’ailleurs de Mafumafu. Il faut noter donc que l’émission était filmée au Tokyo International Forum à Yurakuchō cette année, plutôt qu’au NHK Hall de Shibuya qui est actuellement en rénovation. Certaines représentations étaient quand même filmées là bas. Ce qui était particulièrement intéressant, c’est que le Forum était utilisé dans sa quasi totalité: la grande salle du Hall A contenant un maximum de 5,000 personnes, mais également le long espace oval sous les élégants mâts métalliques blancs que j’ai déjà pris en photo et montré sur ce blog. Ikura de Yoasobi chantait par exemple en descendant les escalators dans cet espace. La scène du Hall A était élégamment décorée par des compositions florales de Makoto Azuma, dont j’ai également déjà parlé plusieurs fois. On a tout de suite reconnu son style. Mon intérêt principal était de voir et d’écouter Tokyo Jihen interpréter le morceau Ryokushu (緑酒) du dernier album, devenu un des morceaux les plus populaires du groupe. Le groupe était habillé en kimono, comme l’année dernière, ce qui n’avait rien d’étonnant. Le final voyait Tokyo Jihen inondé d’une neige de confettis. Il y en avait trop mais ça n’avait rien d’étonnant non plus car Sheena nous avait prévenu dans une émission spéciale diffusée sur NHK le 29 Décembre 2021. L’émission musicale de quarante minutes dédiée à Tokyo Jihen s’intitulait Sōshū (NHK MUSIC presents 東京事変 総集) et voyait le groupe visiter les locaux de la chaîne de télévision en pleine préparation de Kōhaku. Tokyo Jihen avait en fait déjà participé à une émission spéciale sur NHK intitulé Gatten (ガッテン) le 10 Juin 2021 dont j’avais parlé précédemment et pendant laquelle ils avaient interprété Ryokushu sous une pluie de confettis au final. Lorsqu’ils rencontrent le personnel en charge de la mise en scène lors de cette émission du 29 Décembre, on voit Sheena Ringo renouveler cette demande de confettis au final et on lui promet qu’il y en aura beaucoup, à la manière des passages sur scène du chanteur Enka Kitajima Saburō. Ces confettis reprennent l’image des fleurs de cerisiers s’envolant dans les airs qu’on pouvait voir dans la vidéo de Ryokushu. L’OTK savait donc qu’il y aurait une pluie de confettis, mais j’étais loin d’imaginer qu’il y en aurait autant. Sheena et le groupe se sont changés trois fois de tenues pendant l’émission et celle qu’on retient est la dernière, habillée en skateuse avec sac à dos NASA et skateboard à la main. Le skateboard est d’ailleurs un élément récurrent du monde visuel de Sheena Ringo. On le voyait, toujours le même avec un dessin de glace au chocolat et un autocollant ARIGATO, sur la scène de Music Station pour l’interprétation de Gunjō Biyori (群青日和) avec Elopers, dans une scène de la vidéo de Arikitarina Onna (ありきたりな女), ou sur un visuel de la compilation Gyakuyunyū ~Koukūkyoku~ vol.2 (逆輸入 ~航空局~; Reimport, Vol. 2 ~Civil Aviation Bureau~). Le compte Twitter de Shane les répertorie sur un tweet et cette tenue de skateuse, qui est en fait une version alternative de la tenue de l’époque de l’album Sports, inspire les illustrateurs comme ce dessin ci-dessous. Lors du final sur la photo de droite, on voit Sheena entourée de la chanteuse Enka Sayuri Ichikawa et de Hoshino Gen (Ukigumo est également le guitariste de son groupe).

J’étais assez surpris ensuite de voir Hiroko Yakushimaru (薬師丸ひろ子) sur scène. Elle n’a pas interprété le morceau que j’aime du film Sērā-fuku to kikanjū (セーラー服と機関銃, Sailor suit and machine gun), dont je parle décidément souvent (trop) sur ce blog, car Ukigumo chantait notamment ce morceau sur le concert Hyakkiyakō 2015. L’autre bonne surprise et moment attendu de Kōhaku était de voir sur scène Daiki Tsuneta avec son groupe Millenium Parade accompagnés par Kaho Nakamura au chant pour interpréter le morceau U du film d’animation Belle (竜とそばかすの姫) de Mamoru Hosoda. La représentation sombre avec des musiciens masqués a du inquiéter quelques spectateurs. J’étais aussi particulièrement intéressé de voir BiSH participer pour la première fois à Kōhaku, d’autant plus qu’elles ont annoncé la séparation du groupe à la fin 2022. C’était certainement l’interprétation la moins réussie de Kōhaku et même AiNA avait du mal à chanter juste. En fait, je n’ai jamais entendu une interprétation correcte de leur part dans une émission télévisée. Je pense aussi qu’elles ne devraient pas s’obstiner à chanter le morceau Promise The Star, qui doit certainement avoir une valeur émotionnelle pour le groupe, mais qu’elles t’interprètent jamais très bien. Pour en avoir le cœur, j’avais regardé une émission musicale passant dans la nuit sur NHK montrant un mini-concert de BiSH sans public à Fukuoka et j’avais trouvé leurs interprétations tout à fait correctes. Peut-être s’agissait-il du stress du passage Live dans une émission très regardée. Mais bon, ça fait déjà un petit moment que j’attendais leur passage à Kōhaku et je suis tout de même content que ça se soit produit. Et il y avait l’intervention de Fujii Kaze (藤井風) qui était censé interpréter son morceau Kirari (きらり) seulement à distance, mais qui apparaît soudainement sur scène en pantoufles touffues vertes en se mettant à jouer au piano. Je ne connais pas très bien Fujii Kaze à part ses morceaux connus passant à la radio et je n’ai à priori pas d’attirance particulière pour sa musique. Il est ceci dit considéré comme un des jeunes talents. Je dirais même qu’il y a une certaine insolence dans son talent naturel. Les fans de Sheena Ringo et Tokyo Jihen le plébiscitent d’ailleurs pour une éventuelle collaboration, car il a interprété à plusieurs reprises sur sa chaîne YouTube des morceaux de Sheena Ringo et Tokyo Jihen: Marunouchi Sadistic (丸ノ内サディスティック) au piano seulement et en version chantée, et Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間). Ses interprétations sont excellentes et je parie qu’il y aura une collaboration cette année. Enfin, l’émission passe très vite et m’a dans l’ensemble plus intéressé que les autres années. La nouvelle année se fait proche et on se prépare déjà à aller au sanctuaire dans la nuit et le froid, avec comme récompense un verre d’amazake (pas de vin chaud comme sur les pistes de ski).

Le lendemain, le 1er Janvier 2022, le rythme de la journée était très lent et on se décide comme d’habitude assez tard à aller au sanctuaire de Hikawa (氷川神社) et de Konnō Hachimangu (金王八幡宮) à Shibuya pour y faire les premières prières de l’année et pour y récupérer le goshuin spécial du premier de l’an. On évite pour le moment la foule à Meiji Jingu. Mon carnet est presque terminé et il faudrait que je le scanne et le montre sur Made in Tokyo. Comme tous les ans à cette même période, l’hésitation m’a gagné de continuer ou non ce blog pour une nouvelle année. L’hésitation me gagne à chaque fois qu’il faut payer l’abonnement annuel du hosting et du nom de domaine, en me demandant si tout ceci est vraiment nécessaire pour moi et pour les autres (les visiteurs occasionnels ou réguliers). Mais j’ai bien l’impression que je suis reparti pour un tour. 終わらせないで me dit une petite voix dans ma tête.

J’attendais également une annonce de Tokyo Jihen dans les premières heures de 2022, mais on a seulement reçu une carte de bonne année, celle ci-dessus avec une version alternative sur le site web du groupe. Le 1er Janvier 2020, Tokyo Jihen avait annoncé sa re-formation, le 1er Janvier 2021 était l’annonce du nouvel album. Je pensais qu’on allait avoir la confirmation d’une tournée, même online, mais ça n’a pas été le cas. On sait que le groupe a envie de tourner, du moins c’est ce que j’ai compris dans l’émission récente Sōshū sur NHK, et je n’ai pas l’impression qu’ils aient envie de s’arrêter tout de suite. La condition sanitaire actuelle étant pleine d’imprévus, ça semble toujours compliqué de s’engager dans une tournée nationale.

Pour me réconforter un peu, je pars en visite au Tower Records de Shinjuku car je sais qu’on y montre les tenues de la vidéo de Hotoke Dake Toho (仏だけ徒歩). Je prends les quelques photos ci-dessus, que je ne montre pas sur Twitter cette fois-ci. J’aime beaucoup ce médaillon de tête de chat que porte Sheena dans cette vidéo. Il ne ressemble pas vraiment à un de ses trois chats qu’elle montre de temps en temps sur Twitter ou sur Ringohan: Tekuno (テクノ), Jung (ユング) ou Moses (モーゼ). On sait que Sheena aime donner des noms de personnalités aux choses, mais j’en suis moins sûr pour les animaux. Je crois reconnaître Moïse et le psychanalyste suisse Carl Jung pour deux des chats, mais je suis moins sûr pour le troisième appelé Techno ou Tekuno (peut-être choisi pour son origine de l’antiquité). Entre les skateboards et les noms de chats, il y a beaucoup de mystères à résoudre. Le cadeau de nouvelle année (さえずり) de Ringohan que j’ai reçu il y a quelques jours n’arrange rien pour ce qui est des mystères. Il s’agissait de cinq cartes de tarot estampillées du logo de Tokyo Jihen avec des inscriptions en allemand. Il me faudra étudier un peu plus en avant la question, mais c’est exactement cela qui est intéressant.

Enoshima avant la nouvelle année

La nouvelle année 2022, que je souhaite bonne et heureuse à tous, vient de démarrer et il me reste quelques photographies de l’année passée à montrer ici. J’ai essayé de toutes les montrer avant la fin de l’année 2021, mais le temps m’a manqué. La nouvelle année étant la continuation de l’année précédente, je me permets donc de montrer des photographies de 2021. Cette série a été prise le 30 Décembre à Enoshima. C’est devenu pour nous une sorte de rituel de passer une journée à Enoshima, quelques jours avant le passage à la nouvelle année. Lorsque nous passions le nouvel an à Kamakura il y a plusieurs années de cela, nous y allions plutôt lors des premiers jours de l’année. Nous montons comme toujours jusqu’au sanctuaire principal mais nous ne traversons pas l’île car la nuit tombe vite. Un de mes endroits préférés à Enoshima est près du grand torii rouge que je montre sur les deuxième et dernière photographies. Il se forme à cet endroit un croisement où les chemins bifurques entre celui qui monte vers le sanctuaire et celui qui en descend. Lorsque la nuit tombe, les lampions s’allument et donnent une ambiance de matsuri. J’aime beaucoup cette ambiance dans la pénombre car les lampions apportent une certaine chaleur qui nous réchauffe dans le froid de la toute fin du mois de Décembre.