瑞聖の風に乗り、歓成の光が生まれる

Temple Kanjoin (歓成院) à Ōkurayama, Yokohama, le Samedi 21 Juin 2025.

Le temple Kanjoin (歓成院) est situé au pied de la colline d’Ōkurayama à Yokohama, dans le quartier de Kōhoku. Nous y passons de retour du sanctuaire Samukakawa dont je montrerais de nouvelles photographies un peu plus tard. Je voulais voir la salle de réception (客殿, kakuden), conçue par Kengo Kuma en 2022, depuis un bon petit moment mais je n’aurais pas fait le déplacement exprès. On devine bien entendu tout de suite qu’il s’agit d’une conception de Kengo Kuma pour les lamelles de bois encadrant le bâtiment. Celles-ci sont en bois de cèdre de dimensions 60 × 150 mm, avec une inclinaison évoluant progressivement, enveloppant cette partie du bâtiment comme une membrane. Comme toujours, on trouve une élégance légère dans ces structures de bois. Ce nouveau bâtiment est placé à côté du hall principal vieux de plus de cent ans. Le temple Kanjoin a été fondé en 1560 et fait partie de l’école bouddhiste Shingon.

Temple Zuishō-ji (瑞聖寺) à Shirokanedai, le Dimanche 22 Juin 2025.

J’ai déjà montré ici plusieurs fois le temple Zuishō-ji (瑞聖寺) situé dans le quartier de Shirokanedai. J’aime y revenir de temps en temps car c’est un espace calme, même s’il se trouve assez proche de la grande avenue de Meguro. Je ne préciserai pas une nouvelle fois qu’il s’agit d’une conception de Kengo Kuma, et que celle-ci présente la même délicatesse typique de ses structures mixtes d’acier et de bois. Au centre du cloître en forme de U, on trouve une scène surélevée au dessus de l’eau d’un bassin. Cette scène doit permettre la tenue de spectacles ouverts au public. Je me dis souvent que j’aimerais assister à ce genre d’évènements en plein air, surtout dans un endroit comme celui-ci semblant complètement coupé de l’activité de la ville.

感じるままに生きてゆけたら。

Lorsque je montre des photographies de Tokyo ou d’ailleurs, je me demande à chaque fois quelles musiques pourraient s’accorder avec ces images. Le nouveau morceau intitulé Feel d’Hitsuji Bungaku (羊文学) me vient rapidement en tête, certes parce ce que je l’écoute intensément en ce moment, mais également car j’y trouve une certaine plénitude. Je trouve dans chaque nouveau du groupe une satisfaction que j’aurais du mal à expliquer mais qui me saisit à chaque fois. Le single Feel est couplé avec celui intitulé mild days déjà sorti et dont j’ai déjà parlé. Le morceau n’est pourtant pas particulièrement original mais la ’formule’ d’Hitsuji Bungaku fonctionne toujours sur moi. Ça doit être la voix de Moeka (塩塚モエカ) qui m’hypnotise, et il faut dire qu’elle chante sans répits sur ce morceau accompagnée de Yurika (河西ゆりか) aux chœurs. Ce nouveau morceau est sorti le 4 Juillet, le jour suivant l’anniversaire de Moeka qui fêtait ses 29 ans. A cette occasion, le magasin Fender d’Harajuku lui souhaitait d’ailleurs un bon anniversaire sur son écran géant.

夢に溶ける声のない世界

Tokyo Daijingu (東京大神宮), le Samedi 5 Juillet 2025.

Les photographies ci-dessus ont été prises au sanctuaire Tokyo Daijingu (東京大神宮) à proximité de Iidabashi, quelques jours avant la célébration de Tanabata (七夕) qui a lieu le 7 juillet de chaque année. Les décorations aux multiples couleurs étaient déjà préparées et nous avons pu en profiter sans la foule un peu avant 21h. Tanabata est également appelé la fête des étoiles. Il s’agit d’une tradition inspirée de la légende chinoise de Orihime (Véga) et Hikoboshi (Altaïr), deux amants séparés par la Voie lactée qui ne peuvent se retrouver qu’une fois par an, le 7ème jour du 7ème mois. Lors de Tanabata, on écrit nos vœux sur des petits papiers colorés appelés tanzaku (短冊) que l’on accroche ensuite à des branches de bambou. Au grand sanctuaire de Tokyo Daijingu, encastré au milieu des immeubles, ces tanzaku sont accompagnés de nombreuses décorations pleines de couleurs, dont je transmets la teneur sur les deux photographies abstraites ci-dessus. Nous n’avons pas l’habitude de célébrer Tanabata. Le seul et unique souvenir que j’en ai était alors que j’étais encore étudiant à Nagasaki. Avec d’autres personnes de l’école, nous avions ce jour là lancé des mini feux d’artifice dans le jardin de la famille d’accueil le long de la rivière à Mikawa Machi.

知りたがりはしない。知らない方が大人で知りたい方が子供。

Dans les belles découvertes musicales ces derniers temps, voici le premier album du duo alternatif iVy intitulé Confused Apatite (混乱するアパタイト) sorti le 18 Juin 2025. Le duo alternatif d’influence Dream Pop est originaire de Tokyo et s’est formé en 2023, composé par fuki au chant et à la guitare et par pupu également au chant et au clavier. Elles se sont rencontrées via les réseaux sociaux de leur université et ont sorti un premier EP en 2024. Je découvre ce groupe par l’intermédiaire du magazine web Avyss qui est décidément une bonne source de découvertes musicales pour ce qui est des musiques alternatives. L’album Confused Apatite se compose de 13 morceaux oscillant entre la Dream pop et le shoegaze, avec certains passages plus pop et ludiques, et des morceaux interludes avec certains passages parlés. L’album adopte une approche mélancolique qui me plait beaucoup, faite d’une certaine fragilité émotionnelle. Difficile de choisir les morceaux que je préfère car ils forment un ensemble, mais je noterais volontiers le troisième intitulé Vampire (ヴァンパイア), le cinquième plus pop électronique tea time mystery!, any n◯ise ensuite pour son approche beaucoup plus shoegaze et son petit passage énervé, et le superbe huitième morceau Fūoū (楓桜) et son Kimi ga Uchū ni Naru (君が宇宙になる) qui m’intrigue beaucoup à chaque fois. Le dixième morceau You got mail (ユーガッタメール) me donne des frissons à chaque écoute et compte parmi les morceaux donnant cette ambiance particulière à l’album. Le « You got mail » du titre me rappelle le jingle vocal des boites email AOL (America OnLine) qui étaient populaires au Japon dans les années 1990-2000 mais je doute que les deux filles d’iVy étaient nées à cette époque là (ou tout juste peut-être). J’adore aussi le plus ludique et bizarre Family Restaurant Rock (ファミレス⭐︎ロック) puis SCF:Utsusemi (SCF:空蝉) qui conclut l’album sur un ton plus noise rock. On trouve dans l’album Confused Apatite d’iVy beaucoup de morceaux remarquables et je le fais volontiers entrer dans la petite liste de mes albums préférés de l’année.

it’s all the same thing in a certain light

Enoshima (江の島), à l’extrémité de l’île appelée Chigo-ga-Fuchi (稚児が淵).

Autrefois, au temple Kōtoku-in de Kenchō-ji à Kamakura, vivait un moine nommé Jikyū Zenshu (自休蔵主). Un jour, Jikyū entreprit un pèlerinage de cent jours à Enoshima. C’est là qu’il rencontra un jeune chigo, un jeune et beau novice, nommé Shiragiku (白菊), également venu en pèlerinage. Shiragiku étudiait les lettres au temple Sōjō-in du sanctuaire Tsurugaoka à Kamakura. Dès ce jour, Jikyū ne put chasser Shiragiku de son esprit. Il lui adressa à maintes reprises des lettres empreintes de passion, mais ne reçut jamais de réponse. Pris au piège par les sentiments de plus en plus pressants de Jikyū, Shiragiku se retrouva acculé, poussé au bord du gouffre.

Une nuit, en se rendant à Enoshima, Shiragiku écrivit un poème sur un éventail qu’il remit au passeur de l’île, en lui disant: « Si quelqu’un vient me chercher, montrez-lui ceci », et il se jeta du promontoire dans la mer.

Quand Jikyū, venu à la recherche de Shiragiku, ouvrit l’éventail, il y lut les poèmes suivants: « Si quelqu’un me cherche au village des souvenirs de Shiragiku, dis-lui que mon cœur s’est noyé dans les flots d’Enoshima ». « Mes peines, je les ai confiées à Enoshima, et ma vie, je l’ai abandonné parmi les herbes marines sous les vagues ».

À la lecture de ces vers, Jikyū composa ce poème à son tour: « Dans la mer profonde de la tendresse de Shiragiku,, heureux suis-je de plonger avec lui dans les flots d’Enoshima ». Et il se laissa lui aussi emporter par les flots.

Jusqu’au début de l’ère Taishō, on pouvait encore voir en ce lieu la stèle de Shiragiku, dressée face à l’océan, racontant l’histoire de ce lieu nommé le gouffre du jeune novice, Chigo-ga-Fuchi (稚児が淵).

Once upon a time, was I a silent child who’s seen it all before?

Blonde Redhead est un groupe new-yorkais établi en 1993, composé d’un trio cosmopolite avec les jumeaux italiens Simone et Amedeo Pace, respectivement batteur et guitariste, et la chanteuse japonaise Kazu Makino. Le nom du groupe m’est familier depuis longtemps et je connais peut-être déjà certains de leurs morceaux sans m’en souvenir. Je découvre par l’émission Very Good Trip de France Inter le morceau Before tiré de leur album Sit Down for Dinner sorti en Septembre 2023, dans une version plus récente remaniée avec les jeunes chœurs de Brooklyn. Je préfère en fait l’originale que j’écoute beaucoup ces derniers jours. Le morceau a une grande sensibilité pleine d’une douleur que l’on ressent à travers la voix voilée de Kazu Makino. On ressent une alchimie à la fois un peu étrange et rêveuse entre cette voix éthérée et l’élégance des textures mélangée à la fluidité des guitares. Je n’ai pas encore écouté l’album en entier, mais j’y trouve déjà d’autres morceaux qui m’attirent beaucoup comme celui intitulé Kiss Her Kiss Her.

Dans la même émission de Very Good Trip, j’accroche également immédiatement au morceau de Destroyer intitulé Hydroplaning Off the Edge of the World sur son album Dan’s Boogie sorti en Mars 2025. Je connaissais déjà quelques morceaux de l’artiste canadien Destroyer, aka Dan Bejar, découvert autour de l’année 2010. Dans un autre épisode de l’émission, je découvre ensuite Never Enough de Turnstile, que j’avais déjà évoqué pour leur album Glow On, et Angel du groupe américain Mspaint. Ces morceaux sont tous les trois fabuleux dans leur genre, pour leur atmosphère très aboutie et pour le phrasé du chant particulièrement addictif, parlé pour Destroyer, rock à tendance punk pour Turnstile et rap vindicatif pour Mspaint. Et pour terminer cette petite playlist rock américaine, j’écoute aussi beaucoup le morceau What Do I Know du trio de Seattle Deep Sea Diver sur leur album Billboard Heart sorti en Février 2025. Ce petit écart hors des musiques japonaises me fait beaucoup de bien et me rappelle qu’il ne faut que je perde de vue les nouveautés alternatives outre-pacifique.

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La gêne occasionnée par la chaleur actuelle m’empêche de marcher longtemps dehors pendant les journées du week-end. Je prends donc moins de photographies, ce qui n’est pas très grave car mon hébergeur commence à me lancer des alertes comme quoi mon espace disque est presque plein et qu’il faudrait que je pense très bientôt à passer au plan d’hébergeur supérieur. Ça m’enchante moyennement car cette mise à niveau s’accompagne bien entendu d’une hausse de prix. Il me reste pourtant un grand nombre de photographies non encore publiées, dont les deux ci-dessus prises à Azabu-Jūban gênées par des passants et des voitures. Le déclencheur est volontaire de ma part car je voulais perturber mes propres photographies pour qu’elles s’adaptent au thème général de cette série Freeform.

La musique de Yuka Nagase (長瀬有花) sur son album Mofu Mohu (模糊模糊) est aussi élégante que délicate, comme les gouttes de pluie qui tombent sur le morceau d’introduction Today’s Music. Le morceau Skeleton (スケルトン), qui suit, donne une bonne idée de la grande liberté de composition qui anime sa musique. Et musicalement, c’est absolument brillant de bout en bout, avec une grande fraîcheur qui accompagne sa voix. J’ai découvert la musique de Yuka Nagase par le cinquième morceau de l’album, intitulé Wonderful VHS (ワンダフル・VHS), dont le titre m’a d’abord intrigué, étant moi-même de la génération VHS. Il s’agit d’une sorte d’ode à la cassette VHS, qu’elle n’a probablement pas connue à l’époque, mais qu’elle a apparemment découverte grâce à sa grand-mère. Sauf que pour Yuka Nagase, l’acronyme VHS ne signifie pas vraiment Video Home System. Dans son monde alternatif, le V signifie Victory, le H Human, et le S… S, tout simplement (Vはビクトリー Hはヒューマン SはS). Ce petit trait d’humour m’a tout de suite beaucoup amusé. Le morceau adopte un style très proche du son du groupe Soutaisei Riron (相対性理論), et les paroles, qui jouent avec les mots, rappellent ce que pourrait chanter Etsuko Yakushimaru (やくしまるえつこ). Ce mimétisme, certainement volontaire, s’arrête cependant à ce morceau. Note ni wa Kagi (ノートには鍵) est l’un de mes morceaux préférés de l’album : il a un ton très guilleret mais se laisse emporter, vers la fin, par un superbe flot de guitare distordue. Cette guitare reste ensuite très présente sur le morceau suivant, Hikari, qui prend une orientation rock beaucoup plus prononcée. L’album, composé de neuf morceaux, est relativement court, d’autant plus qu’il contient deux courts interludes, dont un au titre très poétique: Poisson Soluble. Le morceau Tōku Hanareru Shikō no Kikitori (遠くはなれる思考の聞き取り), qui conclut l’album, est également excellent grâce à une composition complètement atypique, fondée sur un équilibre instable d’ambiances. Mofu Mohu s’apparente en fait à un album conceptuel, aux frontières floues entre les genres musicaux, mais résolument alternatif.

et la galerie suffit à peine

Depuis la station de Kameari que j’évoquais brièvement dans mon précédent billet, la ligne de métro Chiyoda me ramène vers le centre de Tokyo. Je fais cependant un arrêt en cours de route à Yushima, pour une petite visite au sanctuaire Yushima Tenman-gū (湯島天満宮), également appelé Yushima Tenjin, que je n’avais pas visité depuis plus de vingt ans (à une époque où je confondais encore temple et sanctuaire apparemment). Mais j’y reviendrais très certainement un peu plus tard dans un autre billet. Je marche ensuite vers Kanda Jinbocho en passant par Ochanomizu, dans le quartier des vendeurs d’instruments de musique et notamment de guitares. Je repense tout d’un coup à Kazunobu Mineta (峯田和伸) de Ging Nang Boyz qui y a acheté sa nouvelle guitare Gibson Firebird. J’y avais également acheté ma Gibson SG noire il y a plus de vingt ans. J’hésite un peu à entrer dans un des magasins au hasard, mais je ne veux pas trop perdre de temps en route. Je traverse ensuite des zones universitaires, notamment du campus de l’Université Meiji, puis arrive finalement un peu avant 18h à ma destination, la galerie New Gallery que je connaissais déjà pour y avoir vu une exposition dédiée au groupe Hitsuji Bungaku (羊文学). Il se déroulait du Vendredi 16 Mai au Dimanche 8 Juin 2025 une exposition solo de l’artiste Wataboku, et j’y suis allé l’avant-dernier jour. J’aime beaucoup cet artiste et c’est même la quatrième fois que je vais voir une de ses expositions solo. J’avais vu une exposition de Wataboku à Harajuku, une autre à Shimokitazawa et une plus importante au musée du PARCO de Shibuya. Wataboku est connu pour ses représentations de la jeune fille appelée SAI et on retrouve également ce personnage dans cette nouvelle exposition.

L’exposition de Wataboku à la galerie New Gallery de Jinbocho s’intitule TOUCH. Alors que l’exposition précédente prenait un thème hospitalier avec une certaine notion de souffrance, cette nouvelle exposition prend le contre-pied de la présente et aborde le thème de l’amour. L’artiste choisit ses thèmes en fonction de ses expériences personnelles donc on peut imaginer qu’il a atteint cet état d’être. Alors que ses œuvres précédentes étaient principalement à base digitale, il conçoit cette fois-ci les illustrations de cette série de manière plus traditionnelle à l’encre de Chine (Sumi). Il se dégage ainsi de la précision du dessin numérique pour aborder des traits plus amples en laissant l’encre s’imprégner dans le papier. L’artiste a vu cette approche, nouvelle pour lui, comme un défi artistique mais personnellement, que ça soit en numérique ou en physique à l’encre de Chine sur papier, je lui trouve le même talent pour exprimer une sensibilité palpable sur les expressions du visage de ses personnages. L’espace de la galerie est réduit et ne montre que ses nouvelles illustrations qui sont même destinées à la vente. Cette galerie est agréable car elle se compose de nombreuses grandes baies vitrées donnant sur la rue. On pourrait presque visiter l’exposition de l’extérieur sans entrer à l’intérieur. En un sens, la galerie d’art ne suffit même plus comme espace d’exposition car celui-ci s’étend sur les rues aux alentours.

Après quelques escapades vers d’autres horizons musicales, je reviens un peu vers le rock alternatif japonais en découvrant un jeune groupe du Kansai nommé 171 ou Inaichi. Le nom du groupe est basé sur la route 171 qui traverse Kyoto, Osaka et Hyogo. Il s’agit d’un trio composé du batteur Morimori (モリモリ) qui a fondé le groupe, de Harunobu Tamura (田村晴信) au chant et à la guitare et de Kana (カナ) au chant et à la guitare basse. Ils étaient tous les trois des amis de lycée ou d’université. Je découvre pour le moment trois morceaux: Intersection (インターセクション) et We, in the gray zone (グレーゾーンの私たち) de leur album My Second Car sorti en Avril 2023 et leur single plus récent Footsteps (足音) sorti le 3 Juin 2025. Les morceaux sont chantés à deux voix, celle de Tamura et de Kana, et j’adore la manière par laquelle elles viennent se mélanger à des tons différents sur le morceau Intersection. Il y a une dynamique débordante et une énergie émotionnelle assez épatante sur ces morceaux. Ce débordement se ressent bien dans les vidéos, comme celle de Footsteps où les trois membres du groupe se chamaillent comme des enfants qui auraient un trop plein d’énergie. Leur approche musicale est directe et sans artifice, souvent avec un petit brin de mélancolie et toujours avec une exécution puissante tant dans le son des guitares que dans les ardeurs vocales. J’imagine que ce groupe doit très bien donner en concert. Je vais pour sûr me plonger un peu plus dans leur rock alternatif, qui me rappelle parfois un peu celui de Shutoku Mukai.

Je découvre ensuite le rock alternatif de SAGOSAID (Ş̷̜͓̲͆̄͆͒̕̚𝓐𝓖𝔒S̵̡̛A̵̢̛I̷͢͠D̷͜͡) avec son mini-album Itsumademo Shinu no ha kowai? (いつまでも死ぬのは怖い?) qui est sorti le 18 Juin 2025 en CD mais qui était déjà sorti en version digitale, celle que j’écoute en entier très régulièrement. J’ai découvert SAGOSAID à travers le compte Instagram de 1797071 (いなくならない), qui mentionnait régulièrement la sortie de ce nouvel album. 1797071 est un des noms d’artiste de MAKO, ex-guitariste du groupe Ms Machine malheureusement défunt, chanteuse du groupe Som4li, musicienne électronique witchhouse et DJ. Je pense que j’ai écouté et j’aime toutes les musiques sur lesquelles elle est impliquée, ce qui m’a forcément poussé à écouter SAGOSAID. SAGOSAID avec son groupe se produisait le 5 Juin 2025 dans la salle WWW de Shibuya et elle était entourée d’autres musiciennes, dont 1797071, pour assurer les premières parties. J’aurais aimé assister à ce concert mais le jour ne convenait pas et je m’en suis rendu compte un peu trop tard. Elle a dû y jouer en intégralité ce nouveau mini-album car il s’agissait de ce qu’on appelle une « Release Party ». J’ai accroché à cette musique rock dès le premier morceau Am I afraid of dying? et j’y ai tout de suite retrouvé un esprit rock alternatif US qui me plait beaucoup. SAGOSAID ne cache pas son amour pour le rock US (sa page A propos montre un gif animé de Kurt Cobain, elle porte un t-shirt de Dinosaur Jr) qui se ressent très fortement sur les 7 morceaux de son mini-album. J’aime beaucoup ce mini-album dans sa totalité. Il ne révolutionne certes pas le genre mais aborde avec une passion convaincante cette atmosphère alternative nord-américaine qui est très loin de s’être éteinte au Japon. SAGO chante et joue de la guitare, mais est également bien accompagnée d’un groupe composé de Yusuke Shinma et Mamoru Tazawa aux guitares, de Kimchang à la basse et de Ideuchi Riku à la batterie. Le guitariste Yusuke Shinma est également mixeur au Studio REIMEI à Chofu dans lequel l’album de SAGOSAID a été en partie enregistré. Yusuke Shinma a également participé à l’enregistrement et au mixage d’un album du groupe de rock hardcore KLONNS, pour lequel 1797071 a créé l’illustration de couverture. Il faut dire aussi que SHV du groupe KLONNS est également membre du groupe Som4li cité ci-dessus. Tout ceci explique peut-être et en partie le lien existant entre SOGASAID et MAKO (aka 1797071). L’album a également été enregistré au Studio Strohorn Music Laboratory de Rei Yokoyama à Nishihara. Je vois d’ailleurs que l’album The Third Summer of Love de Lovely Summer Chan (ラブリーサマーちゃん), dans une même veine rock que j’ai déjà mentionné sur ce blog il y a longtemps, a également été enregistré dans ce même studio. Il y a un lien ici qui explique peut-être le fait que Lovely Summer Chan jouait également en première partie de SAGOSAID au WWW de Shibuya. Dans ma petite playlist de rock indépendant, j’écoute aussi le nouveau single de N・FENI (ん・フェニ) intitulé Hibi (日々) sorti à la fin du mois d’Avril 2025. J’avais déjà mentionné cette artiste pour ses deux précédents singles. On retrouve ici cette même mélancolie rêveuse qui me plait vraiment beaucoup. Ça m’a amusé de voir que N・FENI était présente lors du concert de SAGOSAID. Ce n’est pas très étonnant car on y ressent une même mouvance rock.