une série comme les autres (1)

Cette série démarre sur Killer Street puis gagne Kabukichō pour revenir en début de soirée à Sendagaya devant le Tokyo Metropolitan Gymnasium conçu par Fumihiko Maki. Dans ce gymnase, avait lieu ce soir là, la représentation finale du médaillé olympique Kōhei Uchimura. Il se retire à l’age de 33 ans avec 7 médailles dont 3 d’or et 4 d’argent. Les trois colonnes de béton de la première photographie sont celles du bâtiment brutaliste TERRAZZA conçu par Kiyoshi Sei Takeyama de l’atelier d’architecture Amorphe. Sur la quatrième photographie, on peut voir la gigantesque tour de 225m appelée Tokyu Kabukichō Tower, en cours de construction à l’emplacement de l’ancien Tokyu Milano Theater près de la gare Seibu-Shinjuku. On ne s’en rend pas vraiment compte sur cette vue en contre-plongée mais elle est très haute par rapport aux autres immeubles alentours. Cette tour changera certainement un peu plus l’image du quartier et notamment de la place juste devant qui n’est pas toujours bien fréquentée. Elle ouvrira ses portes au printemps, très bientôt donc. Le site est toujours entouré d’une palissade temporaire blanche imprimée par endroits de photographies de Daido Moriyama. Je pense que toutes ces photos ont été prises la même journée, il y a quelques semaines au mois de Mars. J’essaie d’écrire des billets plus courts en ce moment car une certaine lassitude me gagne ces derniers temps. Je ne sais pas encore si c’est provisoire ou plus profond. Je ne me lasse par contre pas de prendre des photos.

De haut en bas: Images extraites des vidéos YouTube des morceaux I RAVE U de HIYADAM et Queendom de Awich.

Je mentionnais récemment que Sheena Ringo allait sortir un nouveau morceau intitulé Ito wo Kashi (いとをかし), également intitulé toogood dans son titre en anglais. Il est désormais disponible. Le morceau est assez dépouillé musicalement, se basant principalement sur un piano sur lequel vient se poser la voix de Sheena Ringo. Musicalement, c’est un très joli morceau plutôt académique mais très agréable à l’écoute. Je ne le trouve par contre pas transcendant ou particulièrement engageant. Il n’a pas la carrure d’un single et je le verrais plus comme un morceau concluant un EP.

Dans un style certes complètement différent et même à l’opposé, je suis beaucoup plus intéressé par le nouvel EP de DAOKO intitulé Mad EP, car elle se réinvente musicalement grâce à l’intervention de Yohji Igarashi à la production. Igarashi pousse DAOKO vers des sons de dance floor qui lui vont très bien. Sa manière de chanter proche du hip-hop ne diffère pas vraiment de ce qu’on connaît de DAOKO sur certains de ses morceaux précédemment, mais sa voix est plus franche et présente, certainement pour ne pas se laisser dévorer par les sons électroniques qui l’accompagnent. Les quatre morceaux du EP sont tous très accrocheurs et sont dans un esprit musical similaire. J’ai une préférence pour le troisième morceau intitulé escape, car il est un peu plus agressif que les autres, et pour le premier morceau MAD également single du EP. Musicalement, ça peut être parfois assez attendu mais je trouve que l’association avec la voix de DAOKO fonctionne très bien.

Le journaliste musical Patrick Saint-Michel évoque cet EP de DAOKO sur sa newsletter. Il mentionne un autre morceau également produit par Yohji Igarashi pour l’artiste hip-hop HIYADAM, car on y trouve des points similaires dans le mélange du hip-hop et des sons électroniques. Ce morceau que j’écoute en boucle s’intitule I RAVE U. Je ne connaissais pas ce rappeur appelé HIYADAM, et c’est une belle découverte qui me pousse une nouvelle fois à écouter du hip-hop japonais. Je découvre ensuite d’autres morceaux de HIYADAM, toujours produits par Yohji Igarashi comme Honey. HIYADAM y est accompagné par Yo-Sea qui a une voix très accrocheuse. Je découvre ensuite Yabba dabba doo! interprété cette fois-ci avec le duo Yurufuwa Gang (ゆるふわギャング). Les lecteurs de ce blog se rappelleront peut-être de Yurufuwa Gang, duo composé de NENE et Ryugo Ishida, car j’en ai déjà parlé lorsque j’évoquais le EP solo de NENE et l’album de Kid Fresino sur lequel ils intervenaient. Leurs voix sont très puissantes et typées. Je continue ensuite sur ma lancée en écoutant le morceau One Way de Ryohu avec YONCE, le chanteur de Suchmos. YONCE a vraiment une belle voix qui contraste bien avec les mots rappés de Ryohu, que je découvre. Le dernier morceau de cette petite série musicale hip-hop est un choc. Je connais assez mal la rappeuse Awich, à part pour des collaborations comme celle avec Kirinji ou avec NENE sur son EP. Je découvre le premier morceau intitulé Queendom de son nouvel album du même nom sorti en Mars, et quelle puissance vocale et quelle force d’évocation! Ce morceau nous parle d’une partie de sa vie lorsqu’elle quitte la ville de Naha à Okinawa d’où elle est originaire pour la ville d’Atlanta. Elle se marie avec un mauvais garçon qui fait de la prison et se fait assassiner. Écouter ce morceau la première fois m’a fait un choc qui m’a donné les larmes aux yeux.

Jiyū Gakuen Myōnichikan par Frank Lloyd Wright

Il y a quelques créations architecturales à Tokyo que je voulais voir depuis longtemps mais que je ne découvre que récemment. L’école Jiyū Gakuen Myōnichikan (自由学園明日館) conçue par l’architecte américain Frank Lloyd Wright est l’une d’entre elles. Cette école date de 1921, à l’époque où Frank Lloyd Wright travaillait à la conception de l’Imperial Hotel entre 1919 et 1923. Le complexe n’est plus utilisé pour des activités éducatives depuis longtemps et a été ouvert au public en Novembre 2001 suite à trois années de rénovation. Il est également utilisé pour des mariages et on ne peut pas visiter l’intérieur ces jours-là. Nous sommes malheureusement venus visiter Jiyū Gakuen Myōnichikan alors que des préparatifs de mariage étaient en cours. Il fallait donc se contenter de visiter l’extérieur. Une des dépendances de l’école de l’autre côté d’une petite rue a été conçu par Arata Endo, qui était un disciple de Frank Lloyd Wright ayant travaillé sur l’Imperial Hotel. Notre passage précédait la floraison des cerisiers que l’on aperçoit sur les troisième et cinquième photographies. Ce quartier est pourtant tout proche du centre d’Ikebukuro mais il est particulièrement calme, comme un havre de paix au milieu de la ville.

derrière une forêt d’immeubles

Instagram me donne parfois des idées d’exploration urbaine et cette fois-ci, je pars faire un petit tour du côté de Tsukuda, un quartier préservé de l’île Tsukishima à proximité de l’embouchure de la rivière Sumida dans la baie de Tokyo. Je suis déjà venu une fois dans ce quartier en 2007, à l’époque où l’on se déplaçait en moto. J’y vais cette fois-ci en train en débarquant à la station de Hachōbori, puis en marchant vers Tsukuda. On doit traverser la rivière Sumida par le pont Chūo Ohashi de la première photographie qui ressemble à une porte. Après avoir franchi cette première porte, il nous faut d’abord traverser une série d’immeubles résidentiels qui cachent le quartier de Tsukuda que j’étais venu voir. D’une manière imagée, cette série d’immeubles ne fait penser à une forêt protégeant une clairière, celle où se trouverait le quartier de Tsukuda. La majeure partie de l’île Tsukishima est faite de terrains réclamés sur la mer, sauf cette partie plus ancienne de Tsukuda qui était un banc de sable occupé depuis plus de 400 ans. Je suis en fait venu voir une ancienne échoppe en bois datant des années 1920, nommée Tenyasu Tsukudani, avec l’espoir d’en trouver d’autres à Tsukuda. Il n’y a malheureusement plus beaucoup d’anciennes constructions en bois dans le quartier et Tenyasu Tsukudani fait figure de survivante avec quelques autres. Parcourir les allées extrêmement calmes du quartier m’amène jusqu’au sanctuaire Sumiyoshi situé dans un coin. Tsukuda est séparé du reste de l’île Tsukishima par un canal qui doit, à mon avis, contribuer à préserver sa tranquillité. Dès qu’on en sort, on retrouve la ville avec une autoroute proche et des grands immeubles.

un palmier au dessus des immeubles

Ici, Azabu Jūban. C’est le seul nom de lieu à Tokyo que je prononce exprès à la française pour énerver tout le monde à la maison. Je ne suis pas le seul à prononcer ce nom de lieu de cette manière, volontairement ou pas, mais je ne sais pas d’où vient cette image française, que je vois plutôt, en général, associée aux quartiers d’Ichigaya et Kagurazaka, où se trouve l’Institut Français (et anciennement le Lycée Français). C’est peut-être dû à la relative proximité de l’Ambassade de France. Au croisement Ichinohashi, un nouvel immeuble a fait son apparition depuis déjà plusieurs mois. Les plaquettes recouvrant la façade nous font tout de suite penser à Kengo Kuma, et il s’agit bien entendu de Kengo Kuma. J’aime beaucoup son architecture (et je vais encore en parler bientôt) mais je commence à me dire qu’il vient standardiser l’image de Tokyo vu la quantité de bâtiments qu’il conçoit. Je suis loin de critiquer car nombre de ses créations architecturales sont tout à fait originales. Le pilier, au milieu du grand croisement à quelques mètres de là, m’attire à chaque fois. Son aspect massif et son emplacement m’impressionnent toujours au point où j’ai à chaque fois envie de le prendre en photo, quitte à ennuyer les visiteurs. La troisième photographie montre l’étrange temple bouddhiste Reiyūkai Shakaden aux formes noires futuristes. Le sanctuaire Nishikubo Hachiman Jinja (西久保八幡神社) situé sur une petite colline juste à côté a été complètement refait. Il faut dire que le quartier limitrophe d’Azabudai est en plein redéveloppement par Mori Building. Un immense espace derrière Reiyūkai a été complètement rasé et de nouvelles tours ont fait leur apparition. Mori fait malheureusement beaucoup en terme de standardisation urbaine. Le petit moment de poésie sur ce billet intervient sur la quatrième photographie, en la présence d’un petit palmier posé tout en haut d’un immeuble. Il semble appeler l’été de ses voeux. Il faut lever les yeux vers le ciel pour le voir. Apprécier l’architecture oblige à regarder vers le ciel. Je continue encore un peu ma marche en direction de la Tour de Tokyo que je montrais précédemment.

Outre les albums de Tricot que je découvre petit à petit et qui m’accompagnent quasiment tous les jours depuis plusieurs semaines, j’alterne avec d’autres musiques qui ont attiré mon attention ces derniers temps. Ce sont souvent des artistes que je suis depuis plus ou moins longtemps et qui sortent de nouveaux morceaux. Ce n’est pas systématique mais j’aime en général beaucoup les nouvelles compositions de Vaundy, ici avec son nouveau morceau Koikaze ni Nosete (恋風邪にのせて) sorti le 7 Mars 2022. Il s’agit du morceau thème d’une émission de télé-réalité sur Abema TV intitulée Kare to ōkami-chan ni ha Damasarenai (彼とオオカミちゃんには騙されない). A vrai dire peu importe. Je pense que Vaundy a un véritable don pour la composition musicale car ses morceaux sont presque immédiatement accrocheurs tout en maintenant cette accroche après de multiples écoutes. Je ne suis en général pas attiré par la pop pure, mais la musique de Vaundy m’attire pratiquement à chaque fois. Sa voix joue pour beaucoup, car on y ressent une passion certaine. Après le très bon morceau intitulé Walpurgis qu’il a écrit pour Aimer, je me dis qu’il devrait par exemple aussi composer pour Milet. Elle a une voix très puissante et particulière mais je n’ai pour l’instant pas entendu de morceau intéressant.

Après avoir écouté quelques morceaux de son nouvel album, je continue maintenant en piochant des morceaux de l’album précédent de Mondo Grosso, aka Shinichi Osawa (大沢伸一), celui intitulé Reborn Again and Always Starting New (何度でも新しく生まれる). Je connais déjà le superbe morceau Labyrinth (ラビリンス) avec Hikari Mitsushima (満島ひかり) au chant, et je découvre maintenant Wakusei Tantra (惑星タントラ) avec Asuka Saito (齋藤飛鳥) de Nogizaka46. Asuka Saito chantait déjà sur le morceau d’inspiration shoegazing STRANGER, sur le dernier album de Mondo Grosso. Sur ce morceau Wakusei Tantra (ou Planet Tantra), elle a une manière similaire de chanter, plutôt neutre et sans fioritures. Cette manière de chanter dans un flot continu est vraiment intéressante. La musique de Shinichi Osawa est très délicate et accompagne bien cette voix, la contrebalance même. Asuka Saito devrait s’échapper de Nogizaka46 pour venir chanter dans ce genre de projets. Tout comme pour Hikari Mitsushima, Shinichi Osawa semble être fidèle aux chanteuses qu’il fait intervenir sur ces albums, donc on peut présager d’autres morceaux à l’avenir. Il faut que je tente maintenant d’écouter un peu plus ces deux albums de Mondo Grosso.

On change encore complètement de style avec Minakekke. Depuis son EP Oblivion de 2019, j’avais un peu perdu de vue ses compositions, mais elle n’a pas sorti de nouvel EP ou album depuis celui de 2019. Son nouveau morceau Memorabilia, sorti le 15 Mars 2022, ne dépareille pas vraiment du style du EP Oblivion. La voix de Minakekke est chargée d’émotion, presque tremblotante, et il en ressort quelque chose de très beau. Alors que le début du morceau est plutôt minimaliste avec une guitare acoustique et un son unique de percussion, mettant l’accent sur le chant de Minakekke, l’accompagnement musical s’étoffe petit à petit. La deuxième partie de Memorabilia fait intervenir le bruit assourdissant des guitares de style shoegazing, sans pour autant altérer sa voix. Je me demande si ce n’est qu’au Japon que l’influence shoegazing est encore si présente. Je ne vais pas me plaindre car j’adore ces sonorités bruitistes.

Le dernier morceau part encore dans une direction complètement différente. Il s’agit de Sakura Burst du groupe Cö Shu Nie. Ce groupe, son nom du moins, m’intrigue depuis longtemps mais je n’avais jamais vraiment essayé d’écouter attentivement leur musique. Il se trouve que la chanteuse de Cö Shu Nie, Miku Nakamura (中村未来), est une amie de longue date d’Ikkyu Nakajima et cette dernière l’avait invité sur l’émission de J-Wave Wow Music pour justement présenter ce nouveau single Sakura Burst. Il ne m’en fallait pas beaucoup plus pour aller écouter ce morceau attentivement et l’apprécier. Sakura Burst est le thème final d’un anime télévisé intitulé Code Geass: Lelouch of the Rebellion (コードギアス 反逆のルルーシュ) dont je n’ai jamais entendu parlé. A vrai dire peu importe (2). Le style est upbeat, contrastant complètement avec le morceau que j’évoquais juste avant. Musicalement, c’est très fouillé, voire symphonique, et la voix de Miku Nakamura va chercher très haut dans les aigus. Je trouve que ce morceau correspond bien à l’archétype des morceaux utilisés pour des films d’animation, mais celui-ci me plaît beaucoup.

C’est assez inattendu de voir Sheena Ringo sortir un nouveau morceau en solo, et j’espère que ça n’annonce pas une nouvelle pause de Tokyo Jihen. Après le dernier single Futsū ha (ふつうとは) de Tokyo Jihen, il s’agit encore d’un thème musical pour une émission de la NHK adressée au jeune public. Le nouveau morceau intitulé Ito wo Kashi (いとをかし) sera le thème final de l’anime Ojarumaru (おじゃる丸) sur NHK E Tele (Eテレ). Ce thème sera diffusé à partir du 4 Avril donc j’imagine que le morceau entier sera disponible à ce moment là. Cet anime existe depuis très longtemps, apparemment depuis 1998 ce qui correspond au début de la carrière de Sheena Ringo. La photo promotionnelle ci-dessus semble avoir été prise en même temps que celle accompagnant le single précédent de Tokyo Jihen qui est également la photographie de nouvelle année du groupe. Je ne sais pas trop à quoi on peut s’attendre pour ce dernier morceau, mais j’ai un peu peur qu’il soit trop consensuel. Le fait que ça soit le thème final plutôt que le thème d’ouverture permettra peut-être un peu plus de liberté, mais j’avoue avoir assez peu d’attente.

le déconstructivisme tokyoïte d’Eisenman

Le ciel est gris et on annonce de la pluie. Je pense quand même avoir assez de temps pour aller jusqu’à Akihabara pour voir un immeuble intéressant pour l’aspect déconstructiviste d’une partie de sa façade. La pluie me rattrape malheureusement lorsque j’arrive dans les rues d’Akihabara. Je n’aime pas beaucoup ce quartier de Tokyo et encore moins lorsqu’il est envahi par la grisaille. Depuis la station, il faut suivre une rue étroite cachée en partie par une voie ferrée surélevée qui l’assombrit. Gloomy Tokyo. Ces mots me viennent soudainement en tête alors que je marche dans cette rue en essayant de faire abstraction des gouttes de pluie qui s’intensifient pourtant de plus en plus. Je m’enfonce un peu plus dans le quartier de Kanda Sakumachō, limitrophe d’Akihabara, jusqu’au building que je cherchais et que découvre sans trop de difficulté tant il se distingue des autres bâtiments plutôt quelconques. Ce building est celui de la compagnie Koizumi Lighting Technology et il s’agissait auparavant d’une showroom appelée Koizumi Light Center. Ce building de verre a une apparence classique à part deux zones particulières qui semblent avoir été déstructurées. On doit ce building construit en Juillet 1990 aux architectes Kitayama Kojiro et Peter Eisenman. Ce dernier vient apporter au building ces deux déstructurations qu’il conçoit comme des grains de sable placés par erreur dans une architecture autrement parfaitement lisse et prévisible. Ces deux anomalies, l’une située à l’arrière du building au rez-de-chaussée et l’autre dans les derniers étages sur la façade principale, sont des extensions vers l’extérieur de la façade de blocs situés à l’intérieur du building. Ces parties intérieures du building viennent parasiter l’extérieur. Les blocs dépassant sur la façade étaient initialement peints de couleurs différentes, mais tout a été depuis repeint d’une couleur blanche, ce qui est bien dommage car on perd de vue cette jonction entre espace interne et externe.

Cette idée de distorsion architecturale me plaît beaucoup car je fais ici un lien avec les distorsions musicales que j’aime tant. On y trouve cette même ambition de mettre à mal une composition classique pour en faire naître quelque chose de nouveau, d’imprévisible et donc d’intéressant. L’apparence actuelle du building est certes moins intéressante que ce qu’elle était au moment de sa construction. Les teintes de la version originale, que l’on peut voir sur les petites photos ci-dessus empruntées au site web de l’architecte, apportaient à mon avis quelques couleurs à l’environnement plutôt grisonnant du reste du quartier. En cette journée de ciel gris et de pluie, j’aurais tout particulièrement aimé y trouver des couleurs qui auraient un peu éclairci ma visite.

Ce n’est pas le seul bâtiment que l’américain Peter Eisenman conçoit à Tokyo au tout début des années 1990. Les bureaux de l’agence de design Nunotani (布谷ビル) seront construits en 1992 dans le quartier d’Edogawa, dans un superbe style déconstructiviste. L’agence fait malheureusement faillite en l’an 2000 et le building est mis en vente cette même année. Il ne prendra preneur qu’en 2003 et sera complètement transformé en une résidence pour personnes âgées. La rénovation du building, désormais nommé Yurari Edogawa Green Park, est menée par l’architecte Takao Kase. Il gomme en totalité son apparence d’origine. Les compositions obliques sont complètement effacées et le résultat est un building quelconque sans aucune originalité. Les deux photographies ci-dessus montrent le building d’origine à gauche et la version rénovée actuelle à droite. J’aurais vraiment voulu voir le building original mais je ne m’intéressais pas autant à l’architecture tokyoïte à cette époque là, avant sa rénovation. Une vidéo faite d’images fixes nous montre le bâtiment et son intérieur, laissés à l’abandon en 2001.