

Je pense que je pourrais faire une longue série de photographies de crashed cars trouvées dans Tokyo ou ailleurs au fil des années, parfois dans des endroits inattendus. Comme ici, près de Yoyogi, ce ne sont a priori pas des scènes d’accidents, bien que ça y ressemble beaucoup. Je suppose que la voiture ne doit plus servir et qu’elle est placée là comme un pot de fleurs livré à lui-même. Ça m’a d’autant plus étonné de trouver cette voiture cabossée que, non loin de là, j’ai aperçu deux voitures vintage très bien entretenues par leur propriétaire. Je n’ai pas pris ces deux voitures-là en photographie, manquant de volonté de sortir mon appareil photo de mon sac sous la pluie fine et incessante de ce samedi. Ces derniers jours, j’ai repris mon objectif 50 mm, en mettant de côté pour quelques semaines le grand angle. Il peut être frustrant de ne pas avoir mon grand angle avec moi lorsque je tombe par hasard sur un bâtiment à l’architecture intéressante que je n’arrive pas à saisir dans son intégralité avec un 50 mm, le recul dans les étroites rues tokyoïtes étant parfois très limité. Ça me force à penser à des angles différents, à privilégier le détail, à me déplacer tout autour du sujet pour construire une prise de vue intéressante. Ce travail d’approche et de construction me redonne goût à la photographie. Je ressors d’ailleurs souvent cet objectif quand ma motivation photographique est au plus bas. Petite note automobile au passage, je modifie en général les numéros de plaques d’immatriculation.

J’entends occasionnellement parler d’une renaissance du mouvement shoegaze parmi les jeunes groupes rock japonais. C’est une bonne nouvelle, même si j’ai le sentiment qu’il n’avait jamais vraiment disparu pendant toutes ces années, le groupe Yuragi (揺らぎ) en étant un bon exemple. Tout comme la musique en elle-même, les contours du mouvement shoegaze sont de toute façon très flous, et il est difficile d’attacher un groupe à ce seul courant. En parlant de Yuragi, je garde toujours en tête les paroles « Daremo shiranai ao » (誰も知らない青) du morceau AO, issu de l’EP Nightlife sorti en 2016. La couleur bleue reflète très bien le courant shoegaze et le sentiment qu’on y évacue une douleur personnelle que personne ne saurait vraiment comprendre, sauf la personne qui chante les yeux rivés sur le sol. Mon traitement photographique privilégie la couleur bleue ces derniers temps, même si cela reste tout à fait subtil et qu’on peinerait même à s’en rendre compte (誰も知らない青). Plus récemment, j’avais beaucoup apprécié le single Our de Yuragi, mais j’avais un peu oublié qu’ils avaient également sorti, à la fin du mois de janvier 2025, leur troisième album intitulé In Your Languages. En écoutant le premier morceau de cet album, You Have Been Calling Me, je regrette déjà de ne pas l’avoir découvert plus tôt. Je me dis parfois que les musiques que j’aime sont tellement nombreuses que j’ai du mal à toutes les découvrir. Je le note en tout cas dans ma liste des découvertes à faire dans un futur proche, car je voulais en fait mentionner ici deux autres morceaux.
Il y a d’abord un nouveau single intitulé Yugamu Pink (ゆがむぴんく) du groupe iVy, dont j’ai déjà parlé récemment à propos de leur premier album Confused Apatite (混乱するアパタイト) sorti en juin 2025. Il aurait très bien pu être inclu dans l’album, qui compte pour moi parmi les excellentes surprises de cette année. On y retrouve cette nostalgie et cette délicatesse qui me plaisent vraiment beaucoup. Le duo féminin d’iVy ne force pas le trait, ce qui donne au morceau une atmosphère floue et rêveuse. J’écoute ensuite le morceau Sunday Driver du groupe rock indé Kurayamisaka (くらやみさか), extrait de leur premier album Kurayamisaka yori Ai wo komete, sorti le 10 septembre 2025. Kurayamisaka est un groupe originaire d’Ōimachi, à Tokyo, composé de cinq membres: Shōtarō Shimizu (清水正太郎) à la guitare, le leader du groupe, qui compose la quasi-totalité des morceaux et chante sur certains, Sachi Naitō (内藤さち) au chant et à la guitare, Ryūji Fukuda (フクダリュウジ) à la guitare, Rinpei Azami (阿左美倫平) à la basse, et Yōsuke Horita (堀田庸輔) à la batterie et aux chœurs. Si mes souvenirs ne me trahissent pas, j’avais déjà parcouru leur mini-album Kimi wo omotte iru sorti en 2022, mais je n’avais pourtant pas poursuivi l’écoute. Le morceau Sunday Driver est en revanche tout à fait mémorable, à l’accroche immédiate. Les guitares y sont très présentes, en profondeur, ce qui paraît assez normal sachant que le groupe comprend tout de même trois guitaristes. De cet album, j’écoute également le deuxième morceau, Metro, qui est tout aussi attirant. Sur ces deux titres, le groupe ne révolutionne pas le genre, mais ils me donnent une envie irrésistible d’écouter le reste de l’album. S’il y a une constante dans les groupes de rock japonais, en particulier ceux de rock alternatif, c’est qu’ils ont un profond respect pour le genre, ce qui les pousse, à mon avis, vers une forme de perfection technique. Il y a une notion de craftsmanship très ancrée dans la culture japonaise, que l’on retrouve également dans le rock indépendant.
Kurayamisaka (暗闇坂) peut également faire référence à une route en pente sombre et ténébreuse. Il y en a plusieurs à Tokyo, dans les arrondissements de Minato, Shinjuku, Ōta, entre autres. Le nom du groupe vient certainement de celle située entre les stations d’Ōimachi et de Samezu, dans l’arrondissement de Shinagawa.

















Je suis allé voir au cinéma Toho de Shibuya le film Everything Everywhere All at Once des réalisateurs Daniel Kwan et Daniel Scheiner (les Daniels comme on les appelle), vu les
J’étais assez curieux de voir le film d’épouvante
Par contre (
















