le bleu se reflétant sur les buildings

C’était initialement mon idée de collectionner les sceaux goshuin des sanctuaires et temples, mais Mari est en fait plus souvent que moi à l’origine de nos visites récentes dans Tokyo. Je suis forcément toujours partant et on choisit toujours les quelques heures de libre, pendant que le grand est au juku, pour continuer notre quête. On a en général deux ou trois heures pour rouler dans Tokyo jusqu’au sanctuaire qu’on a sélectionné à l’avance sur le petit guide acheté il y a quelques mois à la librairie du Departement Store Ginza Six. Notre collection avance un peu plus doucement qu’au début mais on continue tranquillement. Nous n’avons pas l’objectif de visiter tous les sanctuaires et temples de Tokyo, car il nous faudrait neuf vies pour y arriver (et j’en suis déjà à ma cinquième). Les sanctuaires et temples montrés sur ces quatre photographies sont tous différents et ne sont pas situés à proximité les uns des autres. Je pensais au début que les goshuin étaient seulement disponibles dans les sanctuaires mais il s’avère que les temples bouddhistes les proposent également. Les sanctuaires ou temples peuvent les écrire et tamponner directement sur le livret goshuinchō qu’on leur présente ou les fournir sur des feuilles de papier préparées à l’avance dans la journée, car datées, qu’on doit coller ensuite soit même sur notre livret. On préfère quand le sanctuaire nous l’écrit sur place dans notre livret mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas. Il faudrait que je prenne mon goshuinchō en photo et que je le montre un jour ici. Dans l’ordre, je montre ici en quatre photographies, le sanctuaire de Hie situé à Nagatachō, le temple Zozoji à Shibakoen juste à côté de la Tour de Tokyo, le temple Toyokawa Inari Tokyo Betsuin situé à Motoakasaka dont je montrais quelques photos de renards récemment et finalement le sanctuaire Hirakawa Tenmangu à Hirakawachō. Nous avons visité ce sanctuaire le week-end dernier. Il est situé dans une zone urbaine dense pas très loin des agences gouvernementales. Sur cette dernière photographie, j’aime beaucoup le contraste saisissant entre les formes du sanctuaire et l’omniprésence des immeubles tout autour. Est ce qu’il n’y aurait pas là par hasard une image du Japon entre tradition et modernité? Ou peut être s’agit il plutôt d’une image d’un Japon différent en dehors des sentiers battus? J’en ai bien l’impression.

On est assez gâté ces deux dernières semaines avec les sorties à la suite de deux nouveaux singles de Tokyo Jihen, d’autant plus que je suis dans ma phase SR/TJ depuis quelques semaines maintenant. On est gâté car les morceaux sont très inspirés et plus intéressants que le EP News sorti au début de l’année. Alors que le morceau sorti la semaine dernière Blue ID (青のID ou Período Azul) était très dynamique et déstructuré, Inochi no Tobari (命の帳 ou Veil of Life), sorti le Vendredi 13 Novembre, est dans l’ensemble beaucoup plus apaisé. Il commence par la voix de Sheena Ringo accompagnée simplement d’une mélodie au piano. Le morceau prend ensuite petit à petit de l’ampleur musicalement jusqu’à l’arrivée des guitares dans la deuxième et dernière partie. Le morceau est très délicat et la prise soudaine de puissance me donne à chaque fois des frissons. La forme est encore une fois assez atypique, mais le morceau est un peu court à 3mins 40s. Je l’aurais bien vu s’allonger sur 6mins. Inochi no Tobari est différent des quelques morceaux précédents sortis depuis leur réformation, et je dirais plus mature que les autres morceaux de Tokyo Jihen (j’aime aussi énormément les moments de fougue que dégage groupe). A vrai dire, il me fait plus penser à un morceau de Sheena Ringo que de Tokyo Jihen. Pour résumer, le morceau est excellent (je pense être encore objectif) et laisse imaginer le meilleur pour le futur prochain album qui n’est pas encore annoncé mais que j’attends déjà avec impatience.

Je m’étonne moi même d’avoir toujours l’envie de regarder en série les concerts de Sheena Ringo et de Tokyo Jihen (et plusieurs fois à chaque fois). Il faut dire qu’ils ont pour l’instant toujours eu une approche différente les uns des autres, et c’est également le cas du concert que je regarde maintenant, Ringo EXPO 08 (リンゴ エキスポ ゼロハチ) sorti en DVD le 11 Mars 2009. Ringo EXPO 08 montre en entier le dernier des trois concerts de la tournée (Nama) Ringo-haku ’08: Jūshūnen Kinen-sai ((生)林檎博’08 〜10周年記念祭〜) qui se déroulait en 3 dates au Saitama Super Arena, les 28, 29 et 30 Novembre 2008. On peut dire que Sheena Ringo a vu les choses en grand pour cette tournée marquant l’anniversaire de ses 10 ans de carrière musicale, car Saitama Super Arena est une salle gigantesque. Saitama Super Arena est utilisée aussi bien pour les spectacles musicaux que pour les événements sportifs, et peut contenir un maximum de 36,500 personnes. Je pense que la configuration pour ce concert devait être aux alentours de 18,000 places, ce qui est, par exemple, beaucoup plus imposant que les 5,000 places du Tokyo International Forum sur la tournée Ultra C ou New Flash de Tokyo Jihen et plus grand également que le Nippon Budokan. Le complexe est situé près de la gare de Shintoshin à Saitama, certainement pas très loin des bureaux de l’agence Kronekodow situés à Urawa. La formation est elle aussi grandiose car il n’y a pas moins de 68 musiciens sur scène dont 65 composant un orchestre complet dirigé par Neko Saito, le groupe sur scène avec Seiji Kameda (comme toujours) à la basse, Tomoyasu « Kasuke » Kawamura à la batterie (qui ressemble à un géant derrière sa batterie), Yukio Nagoshi à la guitare et Sheena Ringo au chant et à la guitare sur quelques morceaux. Cette formation créée spécialement pour cette tournée porte le nom de Ringo-haku Kinen Kangen Gakudan (林檎博記念管弦楽団 ou Ringo Expo Memorial Orchestra). Les quatre danseuses du groupe Idevian Crew, que l’on connait depuis la vidéo de OSCA de Tokyo Jihen sorti l’année d’avant en 2007, apparaissent également sur plusieurs morceaux. La surprise est de voir arriver sur scène sur deux morceaux vers la fin du concert, un groupe de 80 personnes du Koenji Awa Odori Shinkō Kyōkai (高円寺阿波おどり振興協会) dansant la fameuse danse Awa Odori originaire de la préfecture de Tokushima à Shikoku. Cette troupe de danseuses porte également un nom spécial pour cette tournée, et il s’agit du Ringo-haku Kinen Buyō-dan (林檎博記念舞踊団, Ringo Expo Memorial Dance Troupe).

Les premières images du concert nous montrent tout de suite la taille grandiose de saitama Super Arena. L’orchestre est placé dans la fosse devant la scène, dans la pénombre la plupart du temps avec seulement les partitions éclairées d’une lumière froide de néons. Les musiciens et le chef d’orchestre Neko Saito sont tous habillés en blouse blanche, donnant un aspect clinique qui me rappelle l’ambiance du morceau Honnō ou le décor du concert Gekokujyo de l’an 2000. Le concert commence en beauté avec un morceau que j’adore, Hatsukoi Shōjo, de l’album et bande sonore du film Sakuran, Heisei Fūzoku (平成風俗). Le début du morceau montre d’abord une scène vide bleutée et Sheena Ringo apparait ensuite dans une brume énigmatique. Sa tenue de scène blanche est vraiment particulière avec une coiffure qui ressemble à une ramification de cerf. L’interprétation de Hatsukoi Shōjo ne surprend pas car il s’agit des mêmes arrangements que dans l’album, mais la plupart des autres morceaux interprétés pendant le concert sont réarrangés pour être interprétés avec l’orchestre, ce qui donne une ampleur complètement différente aux morceaux, notamment ceux des deux premiers albums. On a, par exemple, du mal à reconnaitre le début de Sid to Hakuchūmu, tant l’approche musicale est différente. En style musical, on peut dire que Ringo Expo 08 se trouve dans la continuité directe de Heisei Fūzoku. Comme il s’agit d’une tournée commémorative, la plupart des singles des quatre albums Muzai Moratorium (無罪モラトリアム), Shōso Strip (勝訴ストリップ), Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花 ou KSK) et Heisei Fūzoku sont joués. On trouve également deux morceaux du futur album Sanmon Gossip (三文ゴシップ) qui n’est pas encore sorti à cette époque, à savoir Karisome Otome et Yokyō (enfin Karisome Otome était déjà sorti quelques années auparavant en single). La surprise est que quelques morceaux de Tokyo Jihen sont également joués sur scène, tirés des deux premiers albums du groupe (mais pas de Variety qui est pourtant déjà sorti à cette époque): Blackout de l’album Adult (大人), Yume no Ato et Omatsuri Sawagi de l’album Kyōiku (教育). C’est sur ce morceau que la troupe de danseuses Awa Odiori intervient la première fois. L’interprétation de Gamble, tiré de Heisei Fūzoku, est magistrale, car c’est un morceau sur lequel Sheena doit tout donner dans son interprétation vocale. C’est d’ailleurs après ce morceau qu’elle sort quelques instants de scène pour changer de tenue. J’imagine qu’on doit avoir besoin de quelques instants de récupération après une interprétation comme celle-ci. Pendant qu’elle se change, une version instrumentale de Shūkyō de KSK est jouée en montrant une retrospective des moments clés de sa carrière. Il y aura un autre moment un peu plus tard sous une version instrumentale de Yattsuke Shigoto, où la voix d’enfant de Sonata (空遥), le fils de Sheena Ringo qui a 7 ans au moment de ce concert, donne un petit commentaire sur sa maman. Son père, Junji Yayoshi, était le guitariste du groupe Gyakutai Glycogen qui accompagnait Sheena Ringo sur les premières tournées, malheureusement décédé en Janvier 2018 suite à une maladie. Les photographies montrées pendant la version instrumentale de Yattsuke Shigoto sont plus personnelles, montrant Sheena depuis son enfance.

Sheena Ringo change 6 fois de tenues et de coiffure pendant ce concert, mais la première est la plus extravagante. Elle revient vers une allure plus classique sur Gips, le septième morceau du concert. Ces changements, qui semblent la rajeunir parfois, font qu’elle est parfois méconnaissable. Comme je le disais au dessus, les re-orchestrations des morceaux sur ce concert sont vraiment intéressantes et parfois même assez perturbantes car on ne reconnait pas forcément le début des morceaux. L’interprétation de Tsumi to Batsu est très belle sur un ton aux premiers abords plus calme que l’original mais qui n’en est pas moins puissant dans l’agressivité de la voix de Sheena alors que le morceau se déroule. L’orchestration est forcément très adapté à un morceau comme STEM, mais ce n’est à mon avis pas forcément le cas pour tous les morceaux. Un morceau comme Tsumiki Asobi aurait mérité d’être plus sec, plutôt qu’être comme noyé dans l’orchestration. J’aime par contre beaucoup la version de Kabukichō no Joō, car elle utilise une voix qui me rappelle le kabuki à certains moments. Sheena est assez peu à la guitare, mais passe au clavier sur le morceau Suberidai et derrière une cuisine pour Yokushitsu. Cette version de Yokushitsu est assez troublante car Sheena, se trouvant derrière un espace cuisine avec évier amené sur scène, tient un couteau en mains et quelques pommes rouges qu’elle coupe par moment d’un geste rapide et imprécis. Ce moment est assez angoissant vu la taille du couteau de cuisine, similaire à celui que l’on peut voir sur la pochette de Gips. J’imagine que ce genre de situation serait difficile à mettre en scène maintenant pour des raisons de sécurité. Pendant cette scène, j’avais un peu peur que le couteau lui échappe des mains ou lui tombe sur le pied. Je me demande un peu qu’elle image elle veut faire passer à travers cette mise en scène. C’est comme si elle se martyrisait elle même dans un geste sadique. C’est en tout cas un moment inattendu et unique dans le concert.

Comme j’ai pu le remarquer lors des autres concerts, sauf les tous premiers, Sheena Ringo parle assez peu et d’une manière assez timide en cherchant même ses mots par moment. J’ai toujours du mal à comprendre cette contradiction entre sa capacité naturelle à chanter devant presque 20,000 personnes et le fait qu’elle semble être comme gênée pour s’exprimer ensuite en dehors des morceaux. Un invité spécial intervient pendant la deuxième partie du concert. Il s’agit de son frère aîné Junpei Shiina qui interprète avec Sheena deux morceaux dont Kono Yo no Kagiri, le morceau de fin de l’album Heisei Fūzoku, et une reprise d’un morceau de Marvin Gaye qui se trouvait déjà sur le deuxième disque de la compilation de reprises Utaite Myōri: Sono Ichi (唄ひ手冥利 ~其ノ壱~). L’ambiance générale se détend à ce moment (peut être est ce dû à la tenue d’indien du grand frère) et je me trouve à apprécier ici le morceau Kono Yo no Kagiri, que je n’aimais pas beaucoup jusqu’à maintenant. Après une interprétation particulièrement poignante de Yume no Ato, morceau de l’album Kyōiku (教育) de Tokyo Jihen, on arrive assez vite vers la fin du concert avec Karisome Otome qui prend des allures festives jusqu’au final où Sheena tombe volontairement de scène en arrière pour disparaître. Quelques artifices de ce genre sont utilisés pendant le concert, comme des plateformes sortant du sol et un plateau tournant sur lequel se trouve le groupe. Mais le concert ne se termine pas sur ce morceau car il aura quatre rappels en deux parties. Sheena change encore de tenue et paraît d’ailleurs toute menue et d’apparence plus jeune, ce qui ne dépareille pas avec les deux morceaux de Muzai Moratorium qu’elle interprète, à savoir Tadashii Machi et Kōfukuron. A la toute fin du concert, elle interprète après quelques hésitations un très court morceau qu’elle a écrit lorsqu’elle avait 7 ans, appelé Mikan no Kawa et dont la partition se trouve dans la boîte du DVD. Sur la playlist du concert, je m’attendais à y voir présent le morceau Marunouchi Sadistic (EXPO Ver.), qui est présent sur l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ) sorti plus tard en Juin 2009, mais il n’est pas présent sur le DVD. Cette version était en fait jouée en bande sonore pendant les crédits de fin lors du concert, mais, allez savoir pourquoi, le morceau est remplacé par Ringo no Uta sur le DVD. A ce petit détail près, le DVD est une captation complète du concert, et quel concert! Ce genre de spectacle me donne forcément envie d’en voir d’autres et je vais donc continuer encore un peu. Je regarde à chaque fois un nouveau concert de Sheena Ringo ou de Tokyo Jihen le Vendredi soir et ça devient même une sorte de rituel.

Pour référence, je note ici la liste des morceaux du concert Ringo Expo 08:

1. Hatsukoi Shōjo (ハツコイ娼女), de l’album Heisei Fūzoku (平成風俗)
2. Sid to Hakuchūmu (シドと白昼夢), de l’album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム)
3. Koko de Kiss Shite. (ここでキスして。), de l’album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム)
4. Honnō (本能), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
5. Gamble (ギャンブル), de l’album Heisei Fūzoku (平成風俗)
6. Shūkyō (instrumental) (宗教), de l’album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花)
7. Gips (ギブス), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
8. Yami ni Furu Ame (闇に降る雨), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
9. Suberidai (すべりだい),en B-side du single Kōfukuron (幸福論)
10. Yokushitsu (浴室), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
11. Sakuran (錯乱), de l’album Heisei Fūzoku (平成風俗)
12. Tsumi to Batsu (罪と罰), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
13. Kabukichō no Joō (歌舞伎町の女王), de l’album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム)
14. Blackout (ブラックアウト), de l’album Adult (大人) de Tokyo Jihen
15. Yattsuke Shigoto (instrumental) (やっつけ仕事), de l’album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花) en version instrumental
16. STEM (茎), de l’album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花)
17. Kono Yo no Kagiri (この夜の限り), avec Junpei Shiina, de l’album Heisei Fūzoku (平成風俗)
18. Tamanegi no Happy Song (玉葱のハッピーソング), avec Junpei Shiina, reprise du morceau The Onion Song de Marvin Gaye, sur la compilation de reprises Utaite Myōri: Sono Ichi (唄ひ手冥利 ~其ノ壱~) Disc 2: Mori-pact Disc (森パクトディスク)
19. Yume no Ato (夢のあと), de l’album Kyōiku (教育) de Tokyo Jihen
20. Tsumiki Asobi (積木遊び), de l’album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム)
21. Omatsuri Sawagi (御祭騒ぎ), de l’album Kyōiku (教育) de Tokyo Jihen
22. Karisome Otome (カリソメ乙女), de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
23. (Encore 1)Tadashii Machi (正しい街), de l’album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム)
24. (Encore 1) Kōfukuron (幸福論), du premier single du même nom
25. (Encore 2) Mikan no Kawa (みかんの皮), chanson créée par Sheena quand elle avait 7 ans
26. (Encore 2) Yokyō (余興), de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)

白狐と黒猫

Le temple Toyokawa Inari est rempli de statuettes de renards car il est dédié au dieu renard. Il s’agit d’une branche du temple du même nom situé dans la ville de Toyokawa dans la préfecture de Aichi. C’est plutôt inhabituel de voir le dieu renard dans un temple bouddhiste car cette figure animale est plutôt présente et vénérée dans le culte shinto et donc plutôt présente dans les sanctuaires. Il se trouve qu’historiquement la divinité bouddhiste vénérée dans ce temple chevauchait un renard blanc et que l’imagerie bouddhiste de ce renard est venue se mélanger avec celle shintoïste du renard Inari. La lumière forte de fin de matinée vient jouer avec ces figures de renards alignées méthodiquement. Il y a une multitude de statuettes dans ce temple. J’aime beaucoup le désordre ambiant qui règne dans ce temple très chargé en autels de toutes sortes. On le trouve près d’Akasaka, en face de la pâtisserie japonaise Toraya et à côté d’une des vastes demeures impériales. On pourrait penser que le bâtiment de la pâtisserie reconstruit récemment est une nième création architecturale de Kengo Kuma, mais Hiroshi Naito en est l’architecte. On ne manque jamais une occasion d’aller dans cette pâtisserie lorsque nous passons dans les environs, mais nous n’avons malheureusement pas assez de temps pour nous asseoir dehors au balcon. J’aurais beaucoup aimé m’asseoir et regarder de loin le temple Toyokawa Inari, en pensant à cette histoire de renard blanc. Dans mes songes, les renards blancs des temples viendraient jouer avec les chats noirs des sanctuaires en dansant et en chantant à tue-tête comme dans un matsuri, comme dans une ukiyo-e pleine de fantaisie de Kawanabe Kyōsai. Et part association d’idées, ces chats noirs doués du sens du spectacle me font penser à l’agence Kuronekodō (黒猫堂) de Sheena Ringo et à la musique du concert qui va suivre.

Ce n’est parfois pas facile de trouver le DVD ou Blu-Ray d’un concert que l’on recherche. On trouve bien sûr la totalité des CD, DVD et Blu-ray au Tower Records de Shibuya, mais je recherche avant tout des versions d’occasion en bon état et je me dirige donc en général vers les Disk Union de différents quartiers, ceux de Shibuya, Shinjuku, Shimokitazawa ou Ochanomizu à la recherche de ce qui me manque. Pour les disques d’occasion, il y a des indicateurs d’état général inscrits sur les CD/DVDs. Un état A est quasiment neuf avec tous les petits feuillets à l’intérieur (stickers éventuellement ou autres) ainsi que le petit carton couvrant un des bords de la boîte (le obi, comme sur un kimono). Un état B aura éventuellement une ou plusieurs petites rayures ou le petit carton de bord manquant, mais je ne m’en soucis en général assez peu. On peut de toute façon demander au vendeur d’ouvrir la boîte pour vérifier l’état. Jusqu’à maintenant, et j’ai acheté pas mal de CDs/DVDs au Disk Union, je n’ai jamais eu aucun problème sur la qualité de la marchandise, même sur des CD/DVDs marqués B. Un de mes petits plaisirs en ce moment, vous l’aurez sans doute déjà compris et certainement un peu marre de me l’entendre dire, est de partir à la recherche des vidéos de Sheena Ringo et Tokyo Jihen, principalement celles des concerts, mais également les DVDs des clips vidéos. Autant tous les albums sont en général facilement trouvables dans n’importe quel Disk Union, autant il est beaucoup plus difficile de trouver les DVD/Blu-ray de certains concerts. J’ai beaucoup cherché Ultra C, le concert de Tokyo Jihen sorti dans la foulée de l’album Sports en 2010. Je pensais vraiment le trouver au Disk Union de Shinjuku, qui a en général le plus grand nombre de disques de Sheena Ringo et Tokyo Jihen (peut être parce qu’on associe cette musique à un soi-disant style ‘Shinjuku-kei’), mais ce n’était malheureusement pas le cas. La seule solution était de le commander sur le site Internet de Disk Union, pour le retirer quelques jours plus tard dans un des magasins de son choix. On peut aussi acheter d’occasion sur Amazon, mais les revendeurs sont multiples et je crains un peu que la qualité annoncée ne soit pas celle réelle. Je voulais absolument me procurer Ultra C, car je savais que ce concert couvrait principalement l’album Sports qui est un des albums que je préfère du groupe.

Ultra C est sorti en DVD le 25 Août 2010 et en Blu-ray le 8 Septembre 2010. C’est le premier concert du groupe disponible au format Blu-ray et c’est la version que j’ai entre les mains. Il s’agit d’une captation vidéo de la tournée nationale Tokyo Jihen Live tour 2010 Ultra C (東京事変 live tour 2010 ウルトラC) qui se composait de 22 dates couvrant tout le Japon du 26 Mars au 23 Mai 2010. Le concert montré sur le DVD/Blu-ray est celui qui se déroulait à Tokyo le 12 Mai, au Tokyo International Forum Hall A, comme pour les dates de Tokyo sur la tournée News Flash de 2020. La configuration de la salle explique certainement certaines similitudes entre ces deux concerts. Le concert est montré en intégralité sans coupures, ce qui est une bonne chose et qui n’est pas toujours le cas sur les concerts de Sheena Ringo. Le groupe y joue 22 morceaux (restons symétrique si possible) en incluant les rappels, ce qui correspond à environ 1h40, à peu près similaire à ce qu’on a pu voir sur News Flash mais nettement moins long que les 2h de Bon Voyage. Yuichi Kodama était en charge de la mise en scène et en vidéo de ce concert. On peut se demander quelle est la signification de ce titre Ultra C (ウルトラC) qui ne correspond pas à un nom de titre de morceau ou d’album. Il s’agit en fait d’un terme sportif japonais, ce qui correspond assez bien au thème graphique de l’album Sports sorti juste avant la tournée en Février 2010. En gymnastique, les niveaux de difficulté des figures étaient autrefois notées de A à C (A étant un niveau facile par rapport à C étant difficile). Pendant les Jeux Olympiques de Tokyo en 1968, l’équipe japonaise de gymnastique décrivait sa stratégie comme étant ‘Ultra C’, pour montrer que leur ambition était de dépasser tous les standards de l’époque. Cette stratégie a d’ailleurs fonctionné car l’équipe japonaise a remporté la médaille d’or, et le terme est rentré dans le langage par la même occasion. Avec un nom pareil, on pouvait donc s’attendre à un concert hors du commun.

Alors que la pochette du DVD/Blu-ray d’Ultra C montre les tenues sportives devenues désormais emblématiques du groupe (on peut les acheter en version 2020 sur la boutique en ligne), le groupe ne les revêt pas pendant le concert. Assez étonnamment d’ailleurs, il n’y a, pendant le concert, aucune allusion visuelle au monde du sport ou de l’olympisme, qui est quand même une constante dans les concerts qui vont suivre (par exemple, dans le thème couleur de certaines tenues sur News Flash, ou dans l’utilisation du drapeau comme sur un podium sur Bon Voyage). La mise en scène du concert est très sobre, un peu comme celle de News Flash plus tard, dans le sens où il y a aucune décoration sur scène, les effets spéciaux sont assez peu nombreux et le groupe ne change pas de tenues pendant tout le concert sauf une fois pour les rappels. Il n’y a absolument rien de gênant la dedans, tant que la qualité musicale est là, ce qui est bien entendu le cas ici. Le groupe en formation rock est habillé d’une manière ‘sauvage’ et j’adore la manière dont ils sont coiffés, surtout Ukigumo et Toshiki Hata ayant des mèches dépassant soudainement comme des fuites d’eau. Sheena Ringo est blonde coupée court, ce qui lui va très bien. Je vois un parallèle entre cette coupe courte et l’approche générale plus aggressive du concert, qui n’est pas pour me déplaire. Sur ce concert, le fait que le groupe ne change pas de tenue devient un même un concept, dans le sens où ils se concentrent uniquement sur les sensations délivrées par la musique et les voix.

J’essaie là d’expliquer tant bien que mal, en quoi ce concert est un des meilleurs que j’ai vu du groupe. Dès leur entrée sur scène sur le premier morceau Kachiikusa avec Sheena à la guitare, on se dit que c’est difficile de faire plus ‘cool’ (les mots かっこよすぎる me viennent tout de suite en tête en japonais). Elle prend assez souvent la posture de chant de côté sur ce concert mais reste assez mobile sur beaucoup de morceaux, tout en prenant certaines pauses assez emblématiques, notamment figée à la guitare sur la fin de certains morceaux. On ne pourra pas reprocher à Sheena Ringo de ne pas habiter ses interprétations sur scène. Je trouve même que c’est exacerbé sur ce concert où elle se tord littéralement sur scène comme pour faire sortir cette voix de son plus profond intérieur. La playlist est relativement classique avec beaucoup des morceaux que j’adore comme Denpa tsūshin. L’ambiance visuelle est assez sombre pendant ce morceau avec des flashs de lumière extrêmement nerveux. J’aime beaucoup l’interprétation de Season Sayonara, car la tension vocale est palpable, et on sent une grande concentration dans l’exécution. Cette concentration de l’ensemble est comme si le groupe avait pour but de faire un ‘ultra c’ comme en gymnastique olympique. Ce concert me rappelle un peu Zazen Ecstasy en ce sens, Sheena Ringo semblant pareillement concentrée, tout en étant assez avare en commentaires pendant le set à part quelques mots par-ci par là. Je vois cette concentration comme un respect profond envers le public (je dis ça car c’est ce que je ressentais lors d’interview où elle évoquait les concerts). C’est intéressant d’ailleurs de voir comment elle est à l’aise pendant les morceaux, comme si elle jouait un rôle d’actrice, mais semble un peu timide pendant les commentaires entre les morceaux. C’est très certainement assez typique d’artistes qui deviennent une toute autre personnalité sur scène. Je pense à ça car son nom Ringo est apparement emprunté au fait qu’elle rougissait facilement étant plus jeune. Mais pendant tout le concert, elle contrôle complètement ce qui s’y passe sans temps morts. L’association des morceaux OSCA et FOUL met toujours le feu aux foules, et Izawa ne tient pas en place debout sur son clavier (enfin à côté du clavier). Hata est extrêmement rapide à la batterie et on le voit souffrir. L’énergie est frénétique et on sent bien que ça ne peut pas durer très longtemps sur ce rythme.

Une des surprises de ce concert est l’interprétation du morceau Ariamaru Tomi, qui n’est pas de Tokyo Jihen, mais de Sheena Ringo en solo. Le morceau n’est pas encore sorti sur un album à cette époque et on le retrouvera quatre ans plus tard sur Hi Izuru Tokoro (日出処). Ce morceau calme le rythme d’ensemble du concert. Une autre excellente surprise de ce concert est l’interprétation des morceaux d’ouverture et de fermeture de l’album Sports, à savoir Ikiru (生きる) et Kiwamaru (極まる). C’est sur ces morceaux, que je la trouve la plus habitée par ce qu’elle chante, les morceaux étant très difficiles. Ce sont quelques uns des très beaux moments du concert, car très chargés émotionnellement au point où on se demande si elle s’en sortira complètement indemne (elle reste courbée un moment pendant le final instrumental de Ikiru). Zettai Zetsumei poursuit le set mais ne lâche pas vraiment la tension. La totalité des morceaux de l’album Sports sont interprétés (incluant également une b-side), mais il faut dire qu’il y a beaucoup de morceaux adaptés au Live sur cet album, Nōdōteki Sanpunkan avec son compteur de 3mins ne fonctionne vraiment bien qu’en concert d’ailleurs. Il y a toujours le faux suspense de savoir si ils vont bien terminer le morceau dans les 3 minutes imparties, mais vu le niveau technique du groupe, on a en fait assez peu de doutes. A chaque concert, je suis toujours marquer par le fait qu’il n’y ait aucun faux pas, que ça soit dans l’interprétation musicale ou vocale. Ou alors les erreurs sont si discrètes que je ne les détecte pas, à part peut être sur les sourires parfois. Je guette d’ailleurs toujours le sourire de Seiji Kameda, que je ne peux m’empêcher de voir comme la figure de proue du groupe, certainement car il suit Sheena Ringo depuis ses débuts.

Le concert reprend aussi quelques morceaux des albums précédents à Sports, comme les classiques Shuraba d’Adult ou Killer Tune de Variety, mais pas Gunjō Byori de Kyōiku. Sur Kyōiku, un seul morceau est interprété, Sounan, qui est je pense moins classique des concerts. Sheena reprend la guitare en deuxième partie du concert sur le morceau Gaman, en b-side de Nōdōteki Sanpunkan, qui aurait pu complètement intégré l’album ou alors est ce l’interprétation live à plusieurs voix qui rend le morceau remarquable. Là encore, j’aime beaucoup quand Sheena regarde Hata à batterie pour s’adapter à son rythme pour démarrer ou clôturer un morceau. Ceci explique peut être d’ailleurs cette position caractéristique de côté, le corps positionné en face de la batterie. Vient ensuite l’interprétation de Superstar, que je préfère quand même sur News Flash. Il y a d’ailleurs beaucoup de morceaux communs à ces deux concerts et ils se ressemblent assez dans leur forme assez sobre (par rapport à Bon Voyage par exemple). Dans les deux concerts, on retrouve également des morceaux comme Bōtomin et Noriki. Et pour le final dans les rappels, le groupe reprend les immanquables classiques que sont Marunouchi Sadistic, toujours dans une version proche d’Expo 8, et Senkō shōjo. Vers la fin du concert, on sent également l’ambiance se détendre, notamment quand les petits drapeaux avec le symbole de Sports commencent à apparaitre sur les morceaux.

Le DVD/Blu-ray contient également un bonus vidéo avec quelques autres morceaux interprétés à certaines dates de concert, en fonction de l’origine de chacun des membres. Pour le concert à Chiba, Ukigumo reprend un morceau américain country d’eddie Miller intitulé Release Me (morceau qui ne m’intéresse pas beaucoup). A Fukuoka, Sheena parle au public du fait qu’elle a passé son enfance dans cette ville et se demande s’il y a dans le public des personnes qui la suivent depuis les débuts, qui ont le même âge qu’elle et ont peut être des enfants. Elle interprète ensuite Tasogare Naki (黄昏泣き) accompagné par Izawa au piano. A Osaka, c’est au tour de Seji Kameda d’interpréter lui même au chant et à la guitare sèche le morceau Senkō shōjo (閃光少女) dont il a écrit la musique. A Okayama, Ichiyō Izawa interprète seul un morceau intitulé Haha no Hikari (母の光) que je ne connaissais pas et qui n’est pas au répertoire de Tokyo Jihen. L’interprétation la plus surprenante et intéressante est celle de Toshiki Hata à Shimane, effectuant une danse théâtrale du rite shintoïste Kagura (神楽) en kimono très coloré, accompagné aux sons du taiko et par un chant traditionnel. Hata est plein de surprise. J’aurais bien vu cet épisode en particulier inclus dans la totalité du concert. Toujours est il qu’Ultra C est comme je le pensais un des meilleurs concerts du groupe, parmi ceux que j’ai pu voir pour le moment (qui ne sont pas encore très nombreux, je le conçois). Son esthétique générale donne envie d’y revenir. Je pensais me limiter dans la longueur de mes billets décrivant les concerts mais je me trouve à chaque fois emporté dans mon enthousiasme.

Pour référence ultérieure, la liste des morceaux du concert Ultra C sont notés ci-dessous

1. Kachiikusa (勝ち戦) du 4ème album Sports (スポーツ)
2. FAIR du 4ème album Sports (スポーツ)
3. Denpa tsūshin (電波通信) du 4ème album Sports (スポーツ)
4. Season Sayonara (シーズンサヨナラ) du 4ème album Sports (スポーツ)
5. OSCA du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
6. FOUL du 4ème album Sports (スポーツ)
7. Ariamaru Tomi (ありあまる富), morceau qui sera plus tard inclus sur le 6ème album studio de Sheena Ringo Hi Izuru Tokoro (日出処)
8. Ikiru (生きる) du 4ème album Sports (スポーツ)
9. Zettai Zetsumei (絶体絶命) du 4ème album Sports (スポーツ)
10. Sounan (遭難) du 1er album Kyōiku (教育)
11. Shuraba (修羅場) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
12. Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間) du 4ème album Sports (スポーツ)
13. Gaman (我慢), b-side du single Nōdōteki Sanpunkan, également inclus sur la compilation Shinya Waku (深夜枠)
14. Superstar (スーパースター) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
15. Bōtomin (某都民) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
16. Killer Tune (キラーチューン) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
17. Noriki (乗り気) du 4ème album Sports (スポーツ)
18. Uten Kekkō (雨天決行) du 4ème album Sports (スポーツ)
19. Sweet Spot (スイートスポット) du 4ème album Sports (スポーツ)
20. Marunouchi Sadistic (丸の内サディスティック), version modifiée du morceau de Muzai Moratorium
21. Senkō shōjo (閃光少女) du 4ème album Sports (スポーツ)
22. Kiwamaru (極まる) du 4ème album Sports (スポーツ)

un rond olympique rouge

Les drapeaux japonais sont de sortie pendant les tous premiers jours de l’année, comme pendant tout jour férié d’ailleurs. On les vois alignés dans les grandes rues et avenues comme celle de Omotesando ci-dessus. En voyant cet alignement, je pense tout de suite à la photographie prise par Masataka Nakano à Ginza pendant cette même période après le premier de l’An. Je ne suis pas sorti pour les drapeaux, mais pour voir l’état d’avancement de la construction du nouveau stade olympique conçu par Kengo Kuma, bien qu’on ne puisse pas encore l’approcher de près car il est toujours entouré de barrières blanches. Nous avons réussi à acheter des places dans le stade pour les épreuves olympiques d’athlétisme. Il y avait une loterie pour l’achat des places pour toutes les compétitions et nous avons eu la chance d’avoir été sélectionné pour un de nos choix, surtout dans ce stade. Les compétitions que l’on verra seront le soir au début du mois d’août. J’ai un peu peur que la chaleur et la foule nous étouffent, malgré les systèmes d’aération du stade. Autour du stade, je ne suis pas le seul à prendre des photos. Il y une foule éparse près du nouveau petit musée olympique et autour du stade. Tous essaient tant bien que mal de le prendre en photo par dessus les barrières. Je tente la même chose en prenant plusieurs photographies à l’aveugle en étirant les bras.

Au tout début du mois, j’ai eu la surprise de voir arriver dans notre boîte aux lettres, une enveloppe blanche frappée du logo rouge de forme ronde de Tokyo Jihen. Il y a un petit morceau de tissu couleur indigo à l’intérieur et un message de bonne année. Le message annonce d’ailleurs la réformation de Tokyo Jihen et me rappelle leur tournée 2020 東京事変 Live Tour 2O2O 『ニュースフラッシュ』 pour 13 dates dans plusieurs villes (Tokyo, Osaka, Sendai, Sapporo, Fukuoka, Nagoya et retour à Tokyo). Il y a deux semaines, je tente ma chance pour acheter des places de concert pour les dates à Tokyo. Là encore, il s’agit d’une loterie donc je ne sais pas encore si je pourrais assister au dit concert. En fait, je me suis inscrit au fan club de Sheena Ringo l’année dernière dans le but de pouvoir acheter des places. On verra début février si la chance me sourit cette fois-ci.

16•SIXTEEN•16歳になりました

Je loupe régulièrement le coche, Made in Tokyo vient d’avoir 16 ans il y a trois jours. Il a presque l’âge de la majorité. Il a au moins l’âge de la conduite accompagnée, en compagnie d’un adulte. C’est moi l’adulte qui accompagne mais je vais certainement bientôt le laisser se débrouiller seul. C’est le sentiment que j’ai en pensant à toutes ces années passées sur ce site. J’ai vu ce site grandir jusqu’à atteindre une certaine maturité, je pense. J’ai souvent peur qu’un problème technique vienne effacer toutes ces années d’écriture et de photographies. Je fais bien entendu des sauvegardes régulièrement, mais je viens en plus de terminer de sauver en format pdf toutes les pages du site, les unes après les autres. Le fait d’avoir ouvert les quelques 400 pages d’archives du site (soit environ 4500 billets en tout) pour les sauvegarder, m’a replongé dans les seize années de blogging et m’a fait constater des évolutions, notamment le fait que j’écris plus ces dernières années. Une chose cependant n’a pas changé, c’est le mélange des sujets, souvent dans un même billet, dicté purement par l’envie de parler de ce qui me plaît. Je parle assez peu des choses qui me déplaisent. Je passe volontairement assez peu de temps à critiquer ou à grogner sur des choses qui me déplaisent. Il y a bien sûr beaucoup de choses qui me déplaisent dans la vie quotidienne ou sur ce que je peux lire ou voir sur les réseaux sociaux, mais je préfère dépenser mon énergie et mon temps à aborder ce qui m’enthousiasme. Cette approche positive peut, je l’espère, apporter une inspiration aux visiteurs. Quand je reçois des messages en ce sens, parfois en dehors des commentaires de Made in Tokyo, j’en suis particulièrement heureux.

J’indiquais dans mon billet précédent que je réécoutais tous mes disques de Sheena Ringo en attendant la sortie de Sandokushi. Bien que j’ai toute ma musique sur iTunes, je ne résiste pas à l’envie de ressortir des tiroirs tous les CDs et DVDs que je possède de Sheena Ringo et de Tokyo Jihen. Il y a également quelques Singles (les derniers) et compilations comme Reimport 2 que j’ai seulement en digital. A part les DVD/Blu-ray de concerts Ringo Expo, qui m’intéressent moins en général, et les compilations de morceaux déjà sortis sur d’autres albums, il ne doit pas me manquer grand chose. J’ai a peu près tout réécouté dans le désordre chronologique à part pour Tokyo Jihen, où je ne sais pour quelle raison, je souhaite toujours les écouter du premier Kyōiku (教育) sorti en 2004 au dernier Color bars sorti en 2012. J’aime bien faire des comparaisons entre Sheena Ringo et Jun Togawa, car elles ont toutes les deux des personnalités musicales fortes en créant un univers musical qui leur est propre et qui inspire les jeunes générations d’artistes. Elles évoluent cependant à des périodes différentes, Sheena Ringo commençant sa carrière plus d’une dizaine d’années après celle de Jun Togawa. Tout comme Jun Togawa avec Yapoos, Sheena Ringo a commencé sa carrière en solo pour ensuite évoluer au sein d’un groupe, Tokyo Jihen. Je remarque quelques similitudes entre Yapoos et Tokyo Jihen, notamment le fait qu’ils aient tous les deux sorti six albums sachant que le sixième est pareillement un mini-album de quelques titres seulement. C’est assez inhabituel pour un ou une artiste de commencer en solo et ensuite vouloir évoluer au sein d’une formation, je ne peux m’empêcher d’imaginer ici une influence. Réécouter toute la discographie de Sheena Ringo me rappelle que c’est l’artiste musicale japonaise que je préfère d’assez loin. Même s’il y a des albums plus inégaux ou des morceaux que j’aime moins, la qualité de son œuvre est indéniable. Je suis maintenant prêt pour écouter la suite, très certainement demain.

Et pendant ce temps là, alors que j’écris ces quelques lignes, des hélicoptères font du bruit en survolant le centre de Tokyo, tel un Buzz l’Éclair, à l’occasion de la venue d’un président américain.

En face B derrière la gare

Bien que j’avais l’impression d’avoir exploré les rues de Shimo Kitazawa de long en large, il y a encore des recoins que je ne connais pas. Pendant que Zoa passe deux heures à son école du samedi à Kitazawa, je profite en général de ces « vacances de 2 heures » pour marcher jusqu’à Shimo Kitazawa. Les vacances de 2 heures, c’est en référence à cette chanson 二時間だけのバカンス de Utada Hikaru et Sheena Ringo, pour ceux qui suivent attentivement les billets de ce blog, et qui n’ont pas abandonné en chemin. Pour rejoindre le centre de Shimo Kitazawa, je dois d’abord traverser des rues résidentielles en passant en général devant une salle de boxe le long de la voie ferrée. Il faut passer par un raccourci étroit coincé entre cette salle de boxe et les grillages délimitant la voie ferrée, pour arriver ensuite rapidement devant deux vieux théâtres (nommés 711 et Suzunari) encore actifs malgré l’apparente vétusté du bâtiment. Il y a toujours des petits attroupements de personnes devant les théâtres, témoignant de leurs activités.

A quelques pas seulement des deux théatres, sur une rue en courbe, se trouve un magasin de disques Disk Union. J’y passe systématiquement quelques minutes, histoire de voir s’il n’y a pas des disques que je recherche. Je remonte ensuite vers le centre de Shimo Kitazawa, vers la gare. A travers les nombreuses photographies de Shimo Kitazawa que je montre dans les billets précédents, j’ai l’impression d’avoir documenté pleinement mon parcours habituel, parmi la foule pleine de jeunesse de ce quartier. Pourtant, mes pas dans ce quartier que je commence à bien connaitre cherchent à bifurquer, à trouver des nouveaux terrains que je n’aurais pas encore foulés. Mon objectif est comme toujours de trouver de l’architecture remarquable dans ces rues, mais Shimo Kitazawa est assez pauvre en intérêt côté architecture. Le terrain est plus adapté à la photographie de rues, ce qui me fait sans cesse y revenir. Je pensais avoir déjà fait pleinement le tour de la station de train, mais au delà des terrains en construction, je découvre d’autres rues que je n’avais jamais emprunté. Une particularité de Shimo Kitazawa est la présence de nombreuses boutiques fourre-tout, de nombreux magasins d’occasion, parfois organisés dans des espaces communs comme des marchés à l’intérieur de bâtiments. Dans ces marchés, des séries de petits boutiques sont collées les unes aux autres et sont desservies par une allée étroite et encombrée, ce qui forme un drôle de bazar.

Je continue ma découverte méthodique des albums de Sheena Ringo 椎名裕美子 et Tokyo Jihen 東京事変. Je ne sais pas s’il y a réellement une méthode, mais je cherche maintenant à combler les vides entre les albums que j’ai déjà depuis quelques années et ceux que j’ai découvert plus récemment. Commençons par Adult 大人 de Tokyo Jihen, sorti en Janvier 2006. C’est le deuxième album du groupe après Kyōiku 教育 sorti deux ans auparavant. Il marque un certain virage stylistique en s’élargissant vers des tendances plus jazz. Alors que le premier album était une vraie continuation des trois premiers albums de Sheena Ringo (au point où on pouvait difficilement faire une différence), ce deuxième album marque un départ vers de nouvelles inspirations qui seront maintenues et amplifiées dans les albums qui suivent. On garde tout de même cette ambiance alternative rock sur de très nombreux morceaux de cet album, mais surtout dans l’esprit général de l’oeuvre. L’arrivée de nouveaux membres du groupe, comme Ukigumo, explique certainement l’évolution du style. Sous le nom Watashi to Hōden 私と放電 (Me and the Electric Discharge), on découvre une compilation des faces B des singles de Sheena Ringo, depuis ces débuts en 1998 jusqu’à l’année 2008 où cette compilation est sortie, pour les dix ans anniversaire de sa carrière. Ces morceaux n’étaient bien entendu pas présents sur les albums studio, mais étonnamment, j’avais l’impression d’en connaitre déjà beaucoup. Certains des morceaux sont en fait repris des trois mini-disques format 8cm (format qui a disparu depuis longtemps) de Sr/ZCS 絶頂集 (Zetchōshū) à la pochette en forme de boîte de médicaments, ou du DVD de concerts Gokiritsu Japon 御起立ジャポン (sous le nom de groupe Hatsuiku Status 発育ステータス) que je m’étais procuré à l’époque, en Juillet 2000. Les morceaux des faces B compilés sur Watashi to Hōden sont en fait aussi bons que ceux des albums studio, ce qui me fait considérer ce double CDs comme un album à par entière.