





J’ai pris l’habitude depuis quelques années d’aller voir les coureurs du marathon de Tokyo, mais je m’y prends toujours un peu tard et la majorité des coureurs sont déjà passés lorsque j’arrive sur place aux endroits que j’avais sélectionné préalablement pour les voir. Ce dimanche matin, je pars donc un peu plus tôt que d’habitude, juste après le départ général vers 9h, avec l’idée de me placer à Asakusa près de la grande lanterne du Kaminarimon. J’arrive à peu près à temps à la station de métro d’Asakusa pour voir les coureurs des pelotons de tête, mais il est ensuite compliqué de rejoindre l’entrée du grand temple Sensōji où se trouve Kaminarimon car les rues sont en grande partie bloquées. Il faut repartir dans les souterrains de la station pour choisir la sortie adéquate. Il y a foule à regarder et encourager les coureurs. Après quelques va-et-vient, je parviens à trouver un emplacement au bord d’une barrière de sécurité qui me donne une vue dégagée sur la rue et ses coureurs. Je me tiens debout au niveau de la porte Kaminarimon devant le centre d’informations culturelles et touristiques de Asakusa conçu par Kengo Kuma. Je vois les coureurs du marathon négocier un grand virage à 90 degrés devant Kaminarimon. Après les groupes de tête, les coureurs défilent comme coule une rivière, sans interruption. C’est quand même impressionnant de voir autant de monde courir en même temps sur la même rue avec un enthousiasme quasiment festif pour certains. En face de moi, un groupe de deux supporters poussent des cris d’encouragement d’une ferveur presque exagérée. Je me demande même si l’alcool n’influence pas un peu leur enthousiasme. Mais mes voisins de barrière sont aussi très encourageants, notamment pour celles et ceux qui ont la fantaisie de se déguiser. On voit vraiment de tout. J’ai bien pris des photographies des coureurs mais je n’ai pas l’impression qu’elles soient suffisamment réussies pour les montrer. Le flot humain ininterrompu a quelque chose d’hypnotisant. Je me rends compte après plusieurs minutes que je suis resté quasiment immobile à regarder ce flux continu. J’ai ressens maintenant le besoin de me dégourdir les jambes.
Je me décide finalement à entrer à l’intérieur de l’enceinte du temple Sensōji, en traversant la rue commerçante Nakamise qui n’est pas aussi bondé que je le pensais. Ma dernière visite du temple doit dater d’il y a trois ans lors du festival Sanja Matsuri (三社祭). Après avoir collecté le sceau goshuin du temple Sensōji, je reprends ma marche à l’intérieur des quartiers plus tranquilles d’Asakusa, puis en direction de Kuramae et d’Asakusabashi. En chemin, je trouve des architectures déjà vues et montrées sur ce blog, notamment le Sauna Reset Pint, conçu par Akihisa Hirata, qui se dévoile derrière les toitures d’une des arcades couvertes du quartier. Depuis le quai de la station d’Asakusabashi, j’ai le plaisir de revoir les blocs grisâtres du Monospinal par l’architecte Makoto Yamaguchi.

Après son album Parallelisme sorti en 1984, j’ai le plaisir de reprendre l’écoute de la musique de Miharu Koshi (コシミハル) avec son album précédent Tutu (チュチュ) sorti en 1983. On y retrouve un son techno-kayō très inspiré, une techno-pop à la japonaise pleine d’un charme sophistiqué. Miharu Koshi, qui a reçu une éducation musicale classique dans sa jeunesse, écrit et compose ses morceaux qui sont produits par Haruomi Hosono et distribués sur le label YEN qu’il a fondé avec Yukihiro Takahashi chez Alfa Records. On y retrouve une esthétique raffinée qui évoque souvent la pop française, comme sur le premier morceau intitulé L’amour toujours. Il s’agit en fait d’une reprise d’un groupe de techno-pop belge nommé Telex, qui participe d’ailleurs à l’enregistrement du morceau. Il se dégage de certains morceaux, comme les très beaux Laetitia et L’amour et ironie noire, une mélancolie sombre, un romantisme un peu brumeux, qui contraste avec d’autres morceaux beaucoup plus légers dans leur approche. Scandal Night est assez fantastique dans son approche ludique et insouciante où les sons électroniques virevoltent dans tous les sens se mélangeant avec des bruits de téléphones rétro-futuristes. J’adore la voix pleine d’espièglerie de Miharu Koshi sur ce morceau. Les compositions musicales sont complexes et stylisées, denses sans être agressives, avec une élégance un peu théâtrale propre à Miharu Koshi que l’on retrouve de manière très similaire sur l’album Parallélisme. Sugar me est le seul morceau de l’album que je n’apprécie que moyennement car je trouve qu’il va un peu trop loin dans son approche fantaisiste. J’apprécie beaucoup plus le morceau suivant Pussy Cat, pour sa ligne de basse entêtante et ses sons électroniques par moment assez désorientants mais jamais hors sujet. De l’album Tutu, en référence au monde du ballet, je ne connaissais que le dernier morceau intitulé Petit Paradis car il était inclus dans une version en anglais sur la compilation YEN Sotsugyo Kinen Album (YEN卒業記念アルバム) dont j’avais déjà parlé. Ce morceau me laisse imaginer la chorégraphie d’un ballet et conclut brillamment cet album. De Miharu Koshi, le morceau Parallélisme de l’album du même nom reste pour moi le plus marquant, mais il y a beaucoup de très bonnes choses dans l’album Tutu évoluant dans des ambiances très similaires.








































