elsewhere everywhere (3)

Les visiteurs internationaux auront forcément remarqué la monumentale statue de Godzilla postée à l’entrée de l’aéroport international de Haneda, le troisième terminal, le plus récent. Connaissant les faits passés de Godzilla très largement documentés dans de nombreux films, je ne sais pas si c’est réellement de bonne augure d’apercevoir le monstre d’aussi près. Il est peut être là pour faire presser le pas aux nombreux voyageurs, les inciter en quelques sortes à ne pas trop traîner dans le grand hall avant de prendre son avion ou de rentrer chez soi. Comme l’autre grande statue de Godzilla à Kabukichō au dessus des cinémas Toho, il observe le flux tendu des foules sans broncher (enfin pour l’instant). J’avais aimé les deux derniers films de la série, Shin Godzilla dont j’avais déjà parlé et le plus récent Godzilla Minus One (ゴジラ-1.0) du réalisateur Takashi Yamazaki sorti au cinéma le 3 novembre 2023. Il s’agissait du trentième film japonais de la franchise Godzilla, célébrant les 70 ans du monstre impitoyable raseur de villes. L’épisode Minus One se déroule dans le Japon d’après la seconde guerre mondiale, qui doit tout reprendre à zéro, sauf que Godzilla apparaît et fait passer le pays au stade -1. Ryūnosuke Kamiki (神木隆之介) y interprète Koichi Shikishima, un pilote kamikaze qui n’a pas pu accomplir sa mission et revient dans un Japon ravagé, ne retrouvant plus sa famille disparue. Minami Hamabe (浜辺美波) interprète une jeune femme tentant également de survivre parmi les ruines de Tokyo. Le destin les fera bien sûr se rencontrer jusqu’à l’apparition de Godzilla. Je ne suis pas spécialement amateur de films de grands monstres mais j’apprécie tout de même Godzilla. J’avais même vu à sa sortie en 1998 la version américaine de Godzilla dans une version réalisée par Roland Emmerich, avec Matthew Broderick et Jean Reno, mais ce film était une plus grosse catastrophe que ce que pourrait provoquer Godzilla si on l’invitait par mégarde dans son salon. Je suis allé au moins huit fois cette année à l’aéroport international de Haneda mais sans pourtant prendre à chaque fois l’avion. Nous n’étions par contre pas allés depuis longtemps aux terminaux 1 et 2. J’aime particulièrement le design intérieur du Terminal 2, plutôt futuriste avec ces grandes surfaces et formes rondes. Ce Terminal 2 a été conçu par Pelli Clarke Architects (actuellement Pelli Clarke & Partners Japan), qui a également participé à la conception du Terminal 3 avec Jun Mitsui & Associates Architects, Azusa Sekkei et Yasui Architects & Engineers. Les trois photographies en tête de ce billet ne sont pas les meilleures que j’ai pu prendre du terminal. Je garde plutôt en tête une série de photographies prises en Mai 2012, accompagnée d’aucun commentaire de ma part, comme quoi je savais être particulièrement succinct il y a presque quinze ans.

Nous nous envolons ensuite jusqu’au centre de Shibuya vu à travers les baies vitrées du grand Departement Store Seibu (西武渋谷店), qui vient juste de fermer ses portes le Mercredi 30 septembre 2026. C’est triste de voir ce bâtiment emblématique du centre de Shibuya fermer ses portes, après 58 ans d’existence et de longues négociations avec les propriétaires du terrain. Les lieux doivent être libérés en vue d’un grand projet de redéveloppement urbain de la zone. J’ai souvent été attiré par les façades des bâtiments A et B du grand magasin formant un quadrillage géométrique répétitif, composées d’éléments en béton préfabriqué et reliées par deux passerelles aériennes. J’en avais tiré une série de photographies, que j’aime beaucoup, prises en Décembre 2012. Seibu a été conçu et construit par Shimizu Corporation. Quelques rénovations intérieures notables avaient été effectuées en 2015 pour les étages de mode dont le design avait été confié à l’architecte Yuko Nagayama. Je me souviens aussi de compositions graphiques réutilisants les motifs des façades, créées également en Décembre 2012. Ces compositions abstraites restent très fermement ancrées dans ma mémoire. Dans mes souvenirs, je me rappelle aussi que l’intérieur et les façades de Seibu Shibuya avaient accueilli Hitsuji Bungaku (羊文学) en 2023 à l’occasion de la sortie de leur album 12 hugs (like butterflies), et j’avais bien entendu pris des images de ce moment. Je vais regretter la petite galerie d’art au dernier étage du bâtiment B. J’y passais assez régulièrement par curiosité et j’y ai souvent découvert de belles choses. Il me revient par exemple en tête les étranges masques cyberpunk de Hiroto Ikeuchi.

J’ai souvent tenté de saisir en photographie l’atmosphère du matsuri d’automne du sanctuaire Hikawa à Shibuya, étendu à d’autres sanctuaires des quartiers environnants. Celle-ci a été prise dans l’après-midi encore, avant que le mikoshi en vadrouille dans les rues de l’arrondissement revienne vers le sanctuaire et avant les danses du soir accompagnées de musique. Je ne suis pas lancé dans une longue série cette fois-ci, ni dans des photographies plus abstraites que j’aime pourtant beaucoup pour les avoir expérimentées à plusieurs reprises alors que la nuit tombe et que les images qui nous entourent deviennent flottantes. Là encore, les photographies prises précédemment sont plus intéressantes pour leur qualité expérimentale ou documentaire que celle que je montre ici. J’ai parfois le sentiment de prendre certaines photographies comme des marqueurs du temps qui passe. Le temps passe, mais la jeunesse autour des stands du sanctuaire de Hikawa ne vieillit pas. Mon intérêt pour ces choses festives ne tarit pourtant pas. Même après toutes ces années, elles me sont à la fois familières et un peu étrangères. C’est le genre de sentiments qu’on peut avoir lorsqu’on a vécu ici depuis longtemps. Les trois photographies suivantes ont été prises près de la gare de Kawaguchi à Saitama (j’y reviendrais dans un prochain billet) puis dans le jardin sacré Kantakeyama Shinen (神嶽山神苑) derrière le sanctuaire de Samukawa (寒川神社) auquel on n’accède pas sans avoir effectué une prière Oharai (お祓い) ou lorsqu’on a reçu une carte postale du sanctuaire, ce qui était notre cas cette fois-ci. Ça doit être la troisième fois que nous visitons le sanctuaire de Samukawa et la deuxième fois que l’on peut voir le jardin magnifiquement entretenu à l’arrière. On y trouve une maison de thé où on peut s’assoir pour déguster des petits gateaux japonais ou des chocolats accompagnés d’un thé matcha. Notre première visite au sanctuaire Samukawa m’avait déjà inspiré outre mesure et il m’était difficile de trouver une inspiration nouvelle mais j’aime pourtant les deux photographies que j’en ai pris et qui terminent ce billet.

Scènes tournées dans une rue du quartier de Yushima (湯島) dans l’arrondissement de Bunkyō (文京区), tirées de la vidéo du morceau Run Away de Beck avec Tadanori Asano (浅野忠信) en acteur principal.

Ma petite sœur m’a rappelé que le groupe new-yorkais Interpol a sorti en Août 2026 un nouvel album intitulé his Mirror Weighs a Ton. Je me suis lancé dans l’écoute en pensant qu’on ne pouvait pas égaler leur deuxième album Turn On The Bright Lights sorti en 2002 et la puissance de morceaux comme Obstacle 1, PDA ou Obstacle 2. Je trouve pourtant dans ce nouvel album des morceaux que s’y rapprochent en tension vocale, notamment ceux intitulés See Out Loud, Wings on Fire et Bird and The Serpent. J’adore la voix de Paul Banks pour sa tension instable qui la rend à la fois puissante et vulnérable. L’album est une vraie réussite car il arrive nous amène aussi vers des terrains plus mélodiques, sur des morceaux magnifiques comme Iron City. Un autre très beau moment de cet album est le dixième morceau Enemy que Paul Banks chante en duo avec son épouse Juliet Seger-Banks. Dans un style plus apaisé et mélancolique, j’ai le plaisir de retrouver Beck avec un nouvel album intitulé Ride Lonesome sorti le 18 Septembre 2026. Cet album est dans la lignée de ces précédents albums Sea Change (2002) et Morning Phase (2014). Avec le dernier Ride Lonesome, ces deux autres albums à la fois intimes et atmosphériques constituent une sorte de trilogie. Ils ont une place assez particulière dans sa discographie, très loin des collages rock et hip-hop de ses premiers albums. J’aime ces deux approches chez Beck, mais des morceaux comme Round The Bend sur Sea Change et Wave sur Morning Phase me touchent profondément. On trouve sur ce dernier morceau une atmosphère flottante qui me rappelle même les orchestrations de Björk. Du nouvel album Ride Lonesome, je découvre d’abord le morceau Run Away par sa vidéo tournée à Tokyo avec Tadanobu Asano (浅野忠信) comme acteur principal. Outre le morceau titre Ride Lonesome qui ouvre l’album, plusieurs morceaux m’interpellent plus particulièrement comme ceux intitulés Bleed, Disappearing Act et Slow Canyon. En écoutant cette musique, on se sent loin de toutes préoccupations. Beck a ce don de créer des mondes où on ne se préoccupe plus du temps qui passe et du monde agité qui nous entoure. Mais comme l’agitation du monde reprend sa place une fois l’album terminé, j’écoute ensuite le rock de Placebo avec leur nouveau single Helen Keller sorti le 28 Septembre 2026. Je n’avais pas écouté Placebo depuis très longtemps et ça fait plaisir de les réécouter avec un nouveau morceau, surtout que celui-ci m’a paru tout de suite familier. J’ai ensuite compris qu’il s’agissait d’une version entièrement revisitée du morceau H.K. Farewell de leur premier album éponyme sorti en 1998. Dans un style encore différent, j’écoute aussi beaucoup le morceau superbement expérimental When I’m Home de James Blake avec Travis Scott et Ludwig Göransson. Ce morceau est présent sur la bande originale du film The Odyssey de Christopher Nolan, que j’ai été voir au cinéma il y a quelques semaines et que j’ai beaucoup aimé. Les musiques de Ludwig Göransson contribue à la force visuelle de cette transcription moderne des épopées de l’Iliade et de l’Odyssée d’Homère.

悲しみもう何も無い、永遠にESCAPE

L’instant bucolique de la dernière photographie vient l’emporter malgré lui sur toute l’intensité urbaine des autres photos du billet. En plaçant cette dernière photo apparemment inadaptée au reste du flot d’images, je repense à un ancien billet intitulé Capsules Urbaines qui reste une sorte de modèle. J’ajoute souvent des images végétales et florales pour adoucir la densité du béton, de l’acier et du bitume, mais celles-ci viennent parfois accaparer toute l’attention. Ce n’est pas la première fois que je prends en photo des fleurs cosmos en contre-plongée avec vue sur le ciel. Le béton, l’acier et le bitume nous ramènent au sol, tandis que les cosmos regardant le ciel à la recherche du soleil couchant nous poussent à rêver au loin pour une échappée vers l’infini. Cette dernière photo a été prise quelque part à Nishihara entre Yoyogi et Sasazuka. Il y a quelques années (presque 10 ans en fait), j’avais beaucoup parcouru et photographié les rues de Yoyogi-Uehara et de Nishihara, notamment pour rechercher une maison sur une rue incurvée de Kazuo Shinohara, au point de très bien connaître toutes les rues du quartier et les endroits où l’architecture est remarquable. La première photographie du billet est prise à Higashi dans l’arrondissement de Shibuya. Cette grande baleine surgissant de l’océan est dessinée par Emi Tanaji (エミタナジ) sur une des façades du bain chaud sentō Kairyōyu (改良湯). J’y suis déjà allé une fois il y a deux ou trois ans.

En repensant justement aux bains chauds du morceau Energy Furo (エナジー風呂) que j’évoquais dans mon billet précédent, je me suis mis dans l’idée de rechercher d’autres morceaux faisant intervenir le son de tabla de U-zhaan (ユザーン). J’ai rapidement constaté qu’il y avait en fait plusieurs morceaux regroupant U-zhaan, Tamaki ROY (環ROY) et Chinza DOPENESS (鎮座DOPENESS). Un album du trio est même sorti en 2021. Il s’intitule Tanoshimi (たのしみ) et j’en découvre pour l’instant deux morceaux que j’apprécie beaucoup: Bunka et Summer Jam’95 (サマージャム’95). Ce dernier est une reprise d’un autre groupe de hip-hop japonais nommé Scha Dara Parr (スチャダラパー). Il y a une certaine nonchalance et un humour qui me plaisent bien dans les morceaux de ce trio. Le tabla apporte un côté apaisé qui contraste avec le phrasé rapide des deux rappeurs, sans que celui-ci ne devienne pour autant agressif. J’aime beaucoup la vidéo de Summer Jam’95, contenant de nombreuses scènes du quotidien des musiciens: U-zhaan jouant du tabla devant sa baie vitrée ouverte sur le jardin, Chinza descendant tranquillement une rue sur son skateboard en portant ses courses à la main, les trois partant pour une journée au bord de l’océan à Hayama en dansant à l’occasion des mouvements saccadés bizarres. Ces quelques morceaux du trio sont comme une échappée dans la musique que j’écoute d’habitude et ça me plait beaucoup.

Une fois n’est pas coutume, la musique qui suit est une installation sonore d’aéroport. On peut se demander quel peut bien être l’interêt d’écouter de la musique d’aéroport (à part peut-être celle de Brian Eno), mais le fait qu’il s’agisse d’Etsuko Yakushimaru (やくしまるえつこ) au commande a tout de suite éveillé ma curiosité. Elle a conçu la bande sonore, incluant musique et voix, que les voyageurs venant de l’étranger pourront écouter à leur arrivée dans la zone internationale du Terminal 2 de l’Aéroport de Tokyo Haneda. En plus de la musique d’ambiance que je trouve d’ailleurs un brin aquatique, la voix d’Etsuko Yakushimaru donne des messages d’accueil, donne l’heure et la météo du jour à Tokyo, entre autres. Les messages évoluent bien sûr en fonction de l’heure et des conditions météo. Ils sont énoncés en japonais, suivi de l’anglais avec un petit accent charmant. Je ne sais pas à quelle fréquence ces messages sont diffusés mais j’imagine qu’elle a dû enregistrer de nombreuses versions des voix de cette bande sonore, et qu’elle ne passe pas ses journées au micro de l’aéroport. Ce qui est agréable, c’est que sa voix n’a rien de l’automatisme formel qu’on peut entendre en général dans ce genre d’endroits. Ça me donnerait presque envie de prendre exprès l’avion vers l’étranger pour revenir à Tokyo et pouvoir écouter cette bande sonore nous accueillir. Cela donne tout de suite un air beaucoup plus cool et moderne à la moquette bleue un peu passée et aux murs gris clair des couloirs de l’aéroport. Je ne suis en fait pas vraiment étonné qu’elle expérimente ce genre d’installations sonores. Je me souviens d’une installation artistique au Mori Art Museum qui se construisait autour d’un morceau intitulé I’m Humanity (わたしは人類), et qu’elle a également présenté à l’étranger.

Je n’ai pas encore vu Kyrie no Uta (キリエのうた), le nouveau film du réalisateur Shunji Iwai (岩井俊二), avec AiNA The End dans le rôle principal, mais j’écoute beaucoup le single thème qui accompagne le film. J’ai déjà évoqué Awaremi no Sanka (憐れみの讃歌) dans un billet précédent, mas je ne résiste pas à l’envie d’en parler de nouveau car une version alternative vient de sortir sur YouTube dans le format The First Take. C’est une belle surprise de voir Yukio Nagoshi (qui accompagne souvent Sheena Ringo) à la guitare sur cette version. Le compositeur du morceau, Takeshi Kobayashi (小林武史), est lui au clavier et un orchestre de cordes vient supporter l’ensemble. AiNA laisse transparaître toute sa passion dans son chant et sa gestuelle, que ça soit sur YouTube ou dans l’émission Music Station ce Vendredi 20 Octobre 2023. Je ne voulais absolument pas manquer cette émission car Hitsuji Bungaku (羊文学) y interprétait également leur dernier single, More Than Words. C’était leur premier passage à Music Station et donc une étape de plus vers une reconnaissance mainstream. J’attendais une photo de Hitsuji Bungaku avec AiNA, et on a eu le plaisir de la voir publiée sur le compte Twitter de l’émission (je la montre également ci-dessus). Le Dimanche 22 Octobre 2023, AiNA était l’invitée de Riho Yoshioka (吉岡里帆) sur son émission du soir à 18h UR Lifestyle College. Dans cette conversation radio, j’aime beaucoup la manière naturelle d’AiNA de parler sans forcément essayer à tout pris de plaire. J’y ressens une authenticité certaine et je pense que c’est ce que les gens apprécient en elle. Nous étions en voiture de retour de Tachikawa et cette émission de radio qui m’accompagnait dans les rues du grand Tokyo la nuit était un très bon moment.

Dans ma playlist du moment, j’inclus également un morceau intitulé I.W.S.P par le groupe pop-rock Illiomote (イリオモテ). Il s’agit d’un duo composé de YOCO (ヨーコ) au chant et à la guitare ainsi que MAIYA (マイヤ) à la guitare et aux chœurs. Ce nom de groupe me fait penser à celui de l’île Iriomote à Okinawa, mais elles sont en fait originaires de Tokyo. Elles se connaissent apparemment depuis la maternelle et sont basées dans le quartier d’Ikebukuro qui sert également de décor à la vidéo de I.W.S.P. Je connaissais ce groupe pour avoir entendu un single à la radio. Il s’agissait certainement de it’s gonna be you car il aurait atteint le Top 10 du classement hebdomadaire TOKIO HOT 100 de la radio J-WAVE. Je vois plusieurs EPs à leur actif et une participation passée au festival Fujirock. Tout en restant plutôt indé, je comprends tout à fait l’engouement qu’on peut avoir pour le groupe car un morceau comme I.W.S.P est particulièrement dynamique et accrocheur tout alliant un son de guitares très proche du rock alternatif américain des années 90. En écoutant ce morceau, je me dis qu’il faudrait que j’approfondisse cette découverte en écoutant les EPs, mais j’ai déjà beaucoup d’autres choses à écouter et le temps finit par me manquer.

Dans un style différent, j’aime aussi beaucoup le morceau mélangeant sons classiques de piano et électroniques intitulé a no piano de Mukishitsu Norm. Cette formation se compose de deux musiciens se faisant appeler O02 et unhate. Ces noms de code sont bien mystérieux et on en sait très peu de choses sur cette formation, d’autant plus qu’elle n’a sorti pour le moment que deux morceaux incluant celui-ci, du moins si on en croit la discographie disponible sur iTunes. Le morceau commence d’abord par une voix parlée qu’on pourrait croire extraite d’une scène de film pour évoluer ensuite d’une très belle manière avec l’introduction de nappes électroniques et de toute sorte de glitches. La vidéo renforce également cette ambiance cinématographique mais plutôt que d’avoir l’impression de voir des scènes de films, on a plutôt le sentiment de voir des scènes filmées comme des répétitions.

Et pour faire un grand écart, j’écoute également un morceau du groupe I’s intitulé Eien Shōdō (永遠衝動). Ce groupe est en fait la formation rock entourant Ano (あの). Je suis loin d’être un inconditionnel de la voix d’Ano que ça soit en musique ou lors de ses interventions télévisées assez nombreuses depuis le succès du morceau accompagnant l’anime Chainsaw Man (NDLR: ちゅ、多様性。). J’avais écouté et apprécié quelques uns de ses premiers singles solo, puis je m’étais éloigné de sa musique ces derniers temps. À vrai dire, seulement certains types de morceaux d’Ano m’intéressent, ceux qui ne misent pas totalement sur sa voix. Celui-ci me plaît bien car il atteint une intensité jusqu’au cris qui m’intéresse beaucoup. En fait, comme pour AiNA, je ne doute pas de l’authenticité d’Ano. J’étais notamment amusé de voir Hitsuji Bungaku se faire prendre en photo avec Ano lors de l’émission CDTV du lundi 23 Octobre 2023. Le rock de Eien Shōdō est assez classique et c’est vraiment la tension vocale déraillante d’Ano qui le fait décoller.

Bon, et comment ne pas évoquer le décès soudain d’Atsushi Sakurai (櫻井敦司) à l’age de 57 ans d’une hémorragie cérébrale survenue suite à un concert au Zepp de Yokohama. Je me suis pris de passion pour la musique de Buck-Tick depuis plusieurs mois et j’avais même envisagé aller les voir en concert au mois de Décembre. Je n’en suis qu’à la moitié de l’écoute de leurs albums qui m’avaient petit à petit persuadé de l’importance de la musique du groupe dans le paysage rock japonais. J’avais enregistré 5 ou 6 concerts sur la chaîne WOWOW dans l’idée de les regarder progressivement. En rentrant ce soir, j’ai écouté leur avant dernier album Abracadabra avec une certaine tristesse et je regarde maintenant en écrivant ces dernières lignes un des derniers concerts de Buck-Tick au Nippon Budokan. La photographie ci-dessus d’Atsushi Sakurai avec Sheena Ringo est extraite du passage à l’émission Music Station le 29 Mai 2019.