ヌー民生活❷

La tournée King Gnu CEN+RAL Tour 2026 se déroule en 30 dates au Japon et en Asie. Elle a démarré à Osaka le 21 Février pour deux dates, puis est passée par Sendai. Takamatsu est la troisième escale avec également deux dates, les 11 et 12 Mars. Elle partira ensuite à Tokyo, puis Nagoya, Hiroshima, Chiba, Fukuoka, Sapporo, Nigata. Le groupe entamera ensuite la partie internationale de la tournée en Asie en passant par Bangkok, puis Hong Kong, Taipei, Seoul pour un final au Japon, à la Yokohama Arena en Juillet 2026. C’est une bien longue tournée, qui n’accompagne pourtant pas de nouvel album, mais une série de singles qui sont particulièrement percutants et ont très bien marchés. J’écoute la musique de King Gnu depuis leur deuxième album Sympa, en les découvrant avec le titre Flash!!!. C’est un des seuls groupes qui parvient à nous mettre d’accord dans notre petite famille. C’est un peu dommage que nous n’ayons pu avoir que deux places. Mari m’a laissé sa place car je semblais bien malheureux de ne pas avoir obtenu de places pour le concert de Sheena Ringo cette année. Ça me rappelle que Ringo les a découvert en concert, avant même que le groupe s’appelle King Gnu (leur nom originel était Srv. Vinci). Daiki Tsuneta (常田大希) et Satoru Iguchi (井口理) étaient toujours étudiants à l’Université des beaux-arts de Tokyo. Ce n’est que bien plus tard que Daiki Tsuneta avec son autre formation Millennium Parade proposera à Ringo de chanter sur le fameux single W●RK.

Nos places sont situées dans l’arène principale mais pas au plus près de la scène. L’organisation autour d’une scène centrale, un peu comme au Budokan de Tokyo est par contre très bien pensée car on peut garder une bonne vue, peu importe où on se situe. Derrière nous, il y a d’autres places en hauteur dans un anneau circulaire normalement utilisé pour la configuration en salle de sport. Ce sont des places assises mais tout le monde se lève dès le début du concert. On s’assoit, comme beaucoup, dans l’herbe du parc près de la mer en attendant les 17h30. Le soleil se couche doucement. Il fait frais mais pas vraiment froid, malgré un petit vent occasionnel nous piquant les joues. À 17h30, le comptage méthodique commence et prend beaucoup de temps pour éviter la cohue. Tout le monde est très discipliné, sans être forcé à l’être, et tout paraît si simple quand c’est le cas. Les haut-parleurs un peu bruyants nous rappellent bien le dispositif d’entrée. Une fois nos numéros appelés, nous entrons dans la salle déjà presque comble. L’installation métallique au centre de la scène avec quatre têtes animales est vraiment impressionnante. Je me dis déjà qu’il s’agit d’une des plus belles scènes que j’ai pu voir en concert jusqu’à maintenant. Le nom de tournée CEN+RAL prend tout son sens, car le public est en effet positionné tout autour de la scène. L’arène est vaste mais reste de taille plutôt réduite pour un groupe qui remplit le Tokyo Dome (d’une capacité d’environ 55,000 personnes). Dans l’arène Anabuki, nous sommes à vue de nez 10,000 personnes. Nous sommes dans le carré F-2. L’exercice est de trouver très rapidement un endroit dégagé pour ne pas être dérangé par les têtes devant nous. Les photos et vidéos sont autorisées pendant le concert, ce qui semble être plus courant qu’avant pour les concerts au Japon, mais il est interdit de lever son smartphone au dessus du niveau de sa tête. Là encore, le public joue assez bien le jeu, et il y a heureusement assez peu de personnes préférant filmer l’intégralité du concert plutôt que d’apprécier le moment présent.

Le concert commence un peu après 18h30. La structure métallique au centre de la scène s’active de lumières et de sons électroniques. La frénésie visuelle laisse ensuite place au visage modifié comme un mutant bodybuildé du bassiste et clavier Kazuki Arai (新井和輝) qui adresse un message vidéo à la foule pour mettre tout le monde en condition, comme le ferait un chauffeur de salle. Mon fils avait prédit que le concert démarrerait par le dernier single AIZO et c’est en effet le cas. Le public démarre au quart de tour et ça fait plaisir à voir. Les quatre membres du groupe sont situés au quatre coins de la scène. Le chanteur Satoru Iguchi est en face de nous avec le bassiste Kazuki Arai sur le côté gauche et Daiki Tsuneta et le batteur Yū Seki (勢喜遊) à l’arrière. Des écrans vidéos géants posés en haut de la structure permettent de voir en permanence tout ce qui se passe sur scène, ce qui permet une très bonne immersion. Je dirais que ce type d’écrans est même indispensable pour des grandes salles. Ces écrans sont également utilisés pour divers effets spéciaux qui se combinent aux rayons laser multicolores et aux soudaines explosions de fumées. Le groupe sait clairement comment chauffer une salle, car après AIZO, ils enchaînent avec des morceaux très puissants que font bouger le public: Hikōtei (飛行艇) et Drone (どろん) de l’album Ceremony puis Flash!!! de l’album précédent Sympa pour revenir vers Ceremony avec Teenager Forever. Ces deux derniers morceaux sont pour moi associés car j’avais vu un concert précédent en blu-ray où ils s’enchaînaient pour former une sorte de climax. Mais lors de ce précédent live, ces deux morceaux se situaient en deuxième partie de concert. Le concert auquel nous assistons commence très fort avec des singles marquants. Je me dis à ce moment là qu’en quatre albums studio et quelques singles récents, King Gnu fourmille d’excellents morceaux. Le concert se compose d’une large setlist de 26 morceaux pour environ 2h30 de concert, incluant plusieurs passages MC adressés au public. La setlist contient bien sûr les singles récents comme TWILIGHT!!! et couvre les quatre albums d’une manière très équilibrée avec 5 ou 6 morceaux par album. Je suis un peu étonné de voir le groupe laisser une part égale au premier album Tokyo Rendez-Vous par rapport au plus récent The Greatest Unknown. Je connais moins Tokyo Rendez-Vous, à part les quelques morceaux clés, mais mon fils me dit qu’il aime beaucoup cet album. Ça me fait comprendre qu’il doit être très apprécié des fans de la première heure.

Vers le milieu de la setlist, le groupe part vers des morceaux plus apaisés, quoiqu’ils jouent toujours sur le chaud et le froid. Hakujitsu (白日) est bien entendu un morceau important de leur discographie, et c’est celui par lequel j’ai vraiment réalisé qu’il s’agissait d’un groupe à part. S’en suivent plusieurs morceaux plus posés de Tokyo Rendez-Vous et un retour vers des zones plus tectoniques avec Ichizu (一途) et Ashura ):阿修羅:( de l’album The Greatest Unknown. Satoru Iguchi et Daiki Tsuneta descendent au moins une fois de la scène pour marcher au plus près du public. La ferveur du public se déchaine ensuite sur le single SO BAD, car le groupe tend le micro vers la foule lors de certains passages. Ce single est polymorphe et déstructuré, mais symbolise bien la liberté artistique qui les anime. J’avais avant le concert un peu peur que le public soit trop bruyant et qu’on n’entende pas assez Satoru et Daiki au chant, mais c’est quand même loin d’être le cas. Certains comptes Twitter de fans donnent même une liste des morceaux typiques sur lesquels Satoru Iguchi tend le micro vers la foule. L’air de rien, il y a une sorte de règle non dite mais qui va relativement de soi. Lors des passages de MC, assez nombreux d’ailleurs, le groupe nous dit que le morceau SO BAD a été conçu pour la scène, pour faire participer le public. C’est clairement le concert où j’ai pu sentir le plus la présence du public. Pendant les passages de MC au public, les appels criés à chaque membre du groupe se relaient, ce qui est assez amusant. J’aime ces moments où le public manifeste sa présence car ça suscite souvent des reactions sur scène. Les passages de MC étaient assez nombreux, 4 ou 5 peut-être, même si le groupe n’est pas particulièrement réputé pour cela. Satoru Iguchi est celui qui parle le plus, mais il prend son temps en souriant, ce qui est tout à fait à son image « my pace ». Il semble apprécier le moment en marchant tranquillement sur scène, ce qui fait rire le public, car on attend tous qu’il dise quelque chose de fort et intéressant. Mais le ton de ses messages à la foule reste léger. Il nous dit que la salle est très chaude et ce depuis le premier morceau, ce qui semble l’avoir étonné. On nous dit aussi que le public de Takamatsu se manifeste plus franchement qu’à Tokyo. Mais qui est vraiment de Takamatsu dans la salle? J’imagine plutôt le public comme venant de tout le Japon. Tout le long des passages de MC, les caméras se tournent vers chaque membre du groupe, eux même faisant semblant de ne pas les remarquer pour éviter d’avoir à parler. Ces petits passages comiques sont amusants car ils finissent tous par dire quelques mots, notamment Yū Seki qui est particulièrement pris à partie pour ce concert car il est originaire de la préfecture voisine de Tokushima à Shikoku. Je ne sais trop pour quelle raison Yū Seki parvient à imposer au groupe de jouer un morceau supplémentaire non prévu sur la setlist. Il s’agit de McDonald Romance sur l’album Tokyo Rendez-Vous. Daiki Tsuneta s’adresse au public vers la fin du concert. Il nous fait part d’une petite anecdote. Après le premier concert de Takamatsu, le 11 Mars, Daiki et Kazuki Arai sont sortis pour manger dehors le soir, et ont croisé deux filles qui dansaient dehors devant une vidéo qu’elles avaient pris lors du concert. Il semblait avoir été touché par cette ferveur envers leur musique. Ce qui m’a personnellement étonné est que personne ne les ait reconnu en pleine rue.

Musicalement, l’interprétation était impeccable, même si j’ai eu un peu peur lors du début du tout premier morceau AIZO que je l’ai trouvé un peu grésillant. Les quelques solos de guitare de Daiki Tsuneta sont fantastiques, d’autant plus qu’il y met les formes. C’est vraiment chouette de pouvoir avoir des gros plans vidéos sur ses mains sur la guitare et sur son visage très expressif. Ça nous fait comprendre que le groupe se donne à fond. La voix de Satoru Iguchi reste inimitable et se dégage très bien des guitares et de la batterie puissante de Yū Seki. Satoru Iguchi, qui était de notre côté de la scène centrale, regarde souvent le public et on a envie de lui répondre des bras. Le concert passe évidemment plus vite qu’on ne le voudrait. Il n’y a pas de rappels mais ils ont quand même joué pratiquement 2h30. Vers 21h, les lumières se rallument progressivement laissant inscrit sur les écrans géants le nom du groupe sur un fond blanc. On se dit que c’est certainement le meilleur concert qu’on ait vu. Je m’y attendais un peu car je sais qu’ils ne laissent rien au hasard. Le fait que la direction de cette tournée soit assurée par Osrin, du groupe créatif Perimetron dirigé par Daiki Tsuneta, n’est pas une surprise et pour sûr un gage de qualité. Nous gardons de nombreuses images et des sons en tête, dont on se partage les impressions. Je vais la plupart du temps seul en concert et c’est à la fois inhabituel et très agréable de pouvoir partager ses impressions à chaud.

La sortie de la salle est lente et silencieuse. J’ai les jambes fatiguées car on est debout depuis longtemps. Il faut maintenant chercher un endroit pour manger ce soir, ce qui n’est pas une mince affaire car tout est déjà fermé même dans le building de la gare. Nous ne sommes pas à Tokyo, et le rythme de vie à Takamatsu est bien différent. On tourne en rond pour revenir vers la galerie marchande couverte que nous avions vu le matin à pieds entre notre hôtel et l’arène. Nous mangerons finalement dans une chaîne Matsuya, car c’est une des seules options disponibles. La grande majorité des clients sont des gens ayant assisté au concert. On se sent en permanence bien entourés. Le retour à l’hôtel à pieds est ensuite rafraîchissant et nous tombons très vite de sommeil une fois arrivés.

Pour référence ultérieure, ci-dessous est la setlist du concert de Takamatsu de la King Gnu CEN+RAL Tour 2026:
1. AIZO, single
2. Hikōtei (飛行艇), de l’album Ceremony
3. Drone (どろん), de l’album Ceremony
4. Flash!!!, de l’album Sympa
5. Teenager Forever, de l’album Ceremony
6. Kasa (傘), de l’album Ceremony
7. TWILIGHT!!!, single
8. Prayer X, de l’album Sympa
9. Tokyo Rendez-Vous, de l’album Tokyo Rendez-Vous
10. Vinyl, de l’album Tokyo Rendez-Vous
11. Slumberland, de l’album Sympa
12. Hakujitsu (白日), de l’album Ceremony
13. Haretsu (破裂), de l’album Tokyo Rendez-Vous
14. NIGHT POOL, de l’album Tokyo Rendez-Vous
15. CHAMELEON, de l’album The Greatest Unknown
16. Nekko (ねっこ), single
17. The hole, de l’album Sympa
18. Ichizu (一途), de l’album The Greatest Unknown
19. Ashura ):阿修羅:(, de l’album The Greatest Unknown
20. SO BAD, single
21. SPECIALZ, de l’album The Greatest Unknown
22. Sakayume (逆夢), de l’album The Greatest Unknown
23. SUNNY SIDE UP 〜 Ame Sansan(雨燦々), de l’album The Greatest Unknown
24. McDonald Romance, de l’album Tokyo Rendez-Vous
25. it’s a small world, de l’album Sympa
26. Summer Rain Diver (サマーレイン・ダイバー), de l’album Tokyo Rendez-Vous

ヌー民生活❶

Nous voilà à Takamatsu dans la préfecture de Kagawa sur l’île de Shikoku pour assister à un concert du groupe King Gnu de leur tournée japonaise et asiatique CEN+RAL Tour 2026. C’est mon fils qui avait tenté une réservation pour deux places, en ne pensant pas les gagner, à différentes dates du Japon et c’est tombé sur Takamatsu. Cela nous donne une occasion un peu imprévue de voyager à Shikoku, ce que je n’avais pas fait depuis 23 ans. Nous partons deux jours en passant une nuit à Takamatsu le soir du concert. L’avion qui nous y amène part assez tôt, à 7h45. On a eu un peu peur d’être en retard et de rater notre avion, en arrivant seulement une vingtaine de minutes avant l’embarquement. Le voyage en Boeing 737 JAL dure un peu plus d’une heure en passant au dessus d’un Mont Fuji dégagé, nous donnant une vue sublime que je n’ai malheureusement pas eu le temps de photographier. L’aéroport de Takamatsu est excentré, situé à environ 45 minutes en bus limousine de la station de train de Takamatsu au centre de la ville. Notre hôtel se trouve à un des stops de la ligne de bus, près du grand parc Ritsurin (栗林公園) et à un peu moins de 30 minutes à pieds du centre-ville. L’hôtel est plutôt ancien mais possède un certain charme Showa qui ne me déplaît pas. On s’était partagé les tâches pour ce voyage, je m’occupais de réserver l’avion et mon fils de l’hôtel. Takamatsu est une petite ville avec un nombre limité d’hôtels principalement situés autour de la gare de trains (à noter que le Shinkansen ne passe pas à Takamatsu) et on a assez vite réalisé qu’il fallait réserver son hôtel rapidement car sur les 10,000 personnes qui assistent aux deux dates du concert de King Gnu les 11 et 12 Mars, nombreux sont ceux comme nous qui viennent de tout le Japon. Nous avons réservé avion et hôtel deux mois à l’avance mais c’était déjà un peu tard car les hôtels près de la gare étaient déjà pris d’assaut pour les chambres à prix raisonnable. On s’est aussi assez vite rendu compte que nous étions loin d’être les seuls à faire le voyage depuis Tokyo. Nous avons croisé un assez grand nombre de personnes déjà habillés de t-shirt et hoodies tirés de cette tournée. Les ventes de goods sont déjà épuisés sur internet et on ne peut en acheter que sur place si on est muni d’un billet.

Après avoir déposé notre petite valise à l’hôtel un peu avant 10h du matin, nous partons à pieds sans trop tarder vers le lieu où se déroulera le concert, la grande salle multi-usage Anabuki Arena Kagawa (あなぶきアリーナ香川). Un deuxième intérêt pour moi est de voir cette salle tout en rondeurs, conçue par SANAA. Elle est très récente, ouverte en Février 2025, et a été primée du Prix Versailles. Il s’agit d’un prix international d’architecture et de design créé en 2015 et remis chaque année au siège de l’UNESCO à Paris. Il récompense les réalisations contemporaines considérées comme les plus remarquables ou les plus belles au monde dans plusieurs catégories. La beauté visuelle et la pureté des formes des créations de SANAA ne sont plus à démontrer. Ce complexe est composé d’une grande arène pouvant contenir jusqu’à 10,000 personnes, en incluant les places debout, et d’une plus petite arène qui lui est accolée. Anabuki Arena Kagawa se trouve au bord de la mer intérieure Seto dans le quartier de Sunport, à proximité de la gare de Takamatsu. Un parc vert, ou plutôt une bande de gazon, sépare l’arène de la mer, ce qui rend cet endroit très agréable et tout à fait particulier. C’est clairement une des plus belles salles de concert que je connaisse, pour son architecture épurée et pour son emplacement idéal, créant une petite bulle à l’écart de tout. Nous allons rapidement, dès notre arrivée le matin, à l’arène Anabuki car on y vend les goods de cette tournée. On n’avait pas imaginé qu’il y aurait autant de monde dès le matin. À notre arrivée vers 10h30, une longue file d’attente entoure déjà la petite arène alors que la boutique des goods vient d’ouvrir ses portes à 10h. J’imagine que nombreux sont ceux qui sont arrivés bien avant l’ouverture. Ce genre de choses au Japon est en général prévisible, mais j’avoue que je n’avais jamais vu un tel engouement. Le fiston s’inquiète un peu de ne pouvoir acheter ce qu’il voulait, mais on ne peut que prendre notre mal en patience. J’aime de toute façon ces moments avant concert où on se trouve au milieu d’autres fans. En attendant autour de l’arène, dans le froid hivernal qui se retenait un peu heureusement, on peut au moins se laisser distraire par le camion rouge de la tournée, décoré de gnus fantaisistes qui doivent représenter les membres du groupe. Après un tour de la petite arène qui nous aura pris environ une heure, nous entrons finalement à l’intérieur en se rendant compte que la file d’attente est encore longue. Au fur et à mesure, une voix annonce à l’haut-parleur les articles en rupture de stock. On finit par se dire qu’il ne faut mieux pas avoir une idée très précise de ce qu’on voudra acheter. Un peu plus de deux heures plus tard, nous arrivons finalement à nous emparer de t-shirts à manches longues, casquette entre autres petites choses. Ce sera tout à fait suffisant pour faire notre bonheur et on se sent en quelque sorte préparés pour le concert le soir à partir de 17h30.

Le déjeuner nous amène à chercher un restaurant de sanuki udon, qui est bien entendu la spécialité de la préfecture de Kagawa. Les restaurants sont nombreux, mais ceux autour de l’arène ont de longues files d’attente. On s’écarte un peu du centre pour en trouver un près de l’ancien château. Là encore, les fans de King Gnu, qu’on appelle Nū-min (ヌー民), sont nombreux, on les reconnaît facilement. Si on était venu à Takamatsu ce jour là sans savoir q’un concert s’y déroulait, on aurait pu penser qu’une grande partie de la population était fan du groupe. Ça m’amuse beaucoup de les chercher. Une très grande majorité à la petite vingtaine, mais je note également des parents comme moi qui accompagnent leur fille ou fils. Je ne sais pas s’il y a un style vestimentaire King Gnu, mais le style des fans avec pantalon oversized est assez répandu. Enfin, les jeans baggy et les vestes oversized sont à la mode en ce moment. On voit de tout mais pas de couleurs flashy. Les udon du midi nous calent bien et on a envie de marcher vers les ruines du château de Takamatsu et son parc.

Le château de Takamatsu (高松城) est l’un des sites historiques les plus importants de la ville de Takamatsu. Il n’en reste que ses vestiges, se trouvant dans un parc situé près du port appelé Tamamo Park (玉藻公園). Le château a été construit vers 1590 par le seigneur féodal Ikoma Chikamasa, un général de Toyotomi Hideyoshi, après la conquête de Shikoku. Il s’agissait d’un site stratégique pour contrôler les routes maritimes de la mer intérieure de Seto. À partir de 1642, le château fut dirigé par le clan Matsudaira, liée aux Tokugawa. Ce château est assez unique, car il s’agit l’un des rares “châteaux maritimes” du Japon (mizujō). Les douves sont remplies d’eau de mer, directement reliées à la mer intérieure de Seto. L’appellation de château Tamamo (玉藻城) est inspirée par les algues de la mer dans les douves. À l’époque féodale, le château comportait un donjon principal (tenshu) à plusieurs étages, plusieurs enceintes concentriques avec murs de pierre, des tours de guet (yagura) et portes fortifiées. Le donjon a disparu mais il reste certaines structures: des tours d’observation, un pont en bois couvert et le pavillon Hiunkaku, ancienne résidence de la famille Matsudaira, classé bien culturel important. On ne peut malheureusement pas visiter l’intérieur du pavillon. La grande porte Sakuramon a été reconstituée et les murs de pierre des douves sont impressionnants. Le parc historique, avec jardins et pinèdes autour des douves, est très agréable à visiter, d’autant plus que l’endroit est très calme. Le calme avant la tempête en quelques sortes. On prend notre temps mais celui-ci passe vite. Il est déjà presque 17h. On se change un peu pour porter le t-shirt à manches longues de la tournée et nous voilà fin prêts pour le début du concert.

in between II cities

En lien avec mon précédent billet qui envisageait d’ajouter le lieu d’écriture de mes billets, celui-ci est en partie écrit à Hong Kong. Les photographies sont par contre de Tokyo car mon voyage d’une petite semaine à Hong Kong ne m’a pas laissé assez de temps pour aller prendre des photos dans les rues de la ville. Mais pour l’ambiance, j’écoute des morceaux de ma longue playlist de Faye Wong en écrivant ces quelques lignes. Les photographies du billet ont une certaine qualité abstraite volontaire. Après le mur déconstruit et taggé de la première photographie, apparaît une baleine volant dans le ciel d’une ville européenne qui pourrait être Paris. Cette photographie en très grand format est signée par Daido Moriyama (森山大道) et est affichée sur un mur de béton d’une rue située près de la mairie de l’arrondissement de Shibuya. La photographie représente un ballon à air chaud transformé en baleine géante flottant au-dessus des toits de Paris. Cette photographie a été prise par Daido Moriyama en 1989 lors d’un séjour à Paris alors qu’il commençait à se lasser de Tokyo. Il loua un appartement à Paris, rue Mouffetard dans le cinquième arrondissement, et s’y rendit plusieurs fois pendant cette année. Cette photographie fait partie d’une série intitulée A Tale of II Cities, sous-entendant que ces deux villes sont Paris et Tokyo. Les photographies sont bien entendu en noir et blanc à fort contraste, explorant les paysages urbains de Tokyo et de Paris. Elles entendent capturer l’énergie chaotique et brute, parfois surréaliste, des deux métropoles, en s’inspirant souvent du photographe Eugène Atget. Le lion de la troisième photographie est situé tout près de la porte Sud coincée entre les immeubles du sanctuaire Hanazono (花園神社) à Shinjuku. Je n’ai jamais beaucoup aimé ce sanctuaire, certainement en raison de sa proximité de Kabukichō et de Golden Gai. Je le trouve sombre même en pleine journée comme si je ne pouvais imaginer Kabukuchō que la nuit.

Musicalement parlant, j’écoute en ce moment deux singles. Tout d’abord, celui de Minami Hoshikuma (星熊南巫) intitulé NIRVĀṆA et sorti le 16 Janvier 2026. Le style est un plus peu apaisé que ses singles précédents mais cette direction rock plus mélodique lui va très bien car elle conserve dans sa voix toute la passion qui l’anime. J’aime beaucoup la photographie de couverture du single prise par Ryota Kohama (小浜良太), bassiste du groupe ONE OK ROCK. J’écoute systématiquement les nouveaux singles de Kumami (j’apprends sur une vidéo Instagram qu’il s’agit d’un surnom qu’on lui donne) et je n’ai pour l’instant j’aimais été déçu. L’intensité rock qui s’en dégage est toujours très convaincante. J’écoute aussi assez systématiquement les nouveaux singles de King Gnu, notamment leur dernier AIZO sorti le 9 Janvier 2026. Le tout début du morceau est japonisant, ce qui me rappelle le très bel album de Millenium Parade. La suite du single est assez typique de King Gnu. Un peu comme le single précédent So Bad, ce dernier morceau est assez déstructuré. Autant ça m’avait d’abord désarçonné sur So Bad, autant j’ai le sentiment qu’il s’agit maintenant d’une marque de fabrique du groupe. C’est de toute façon brillant car Daiki Tsuneta a une sensibilité musicale tout à fait unique. Mon fils vient d’avoir la confirmation qu’il a obtenu deux places pour un concert de King Gnu au mois de Mars 2026, de leur tournée japonaise et asiatique CEN+RAL Tour. Il est membre du fan club, ce qui a dû faciliter les choses. Le problème est qu’il a obtenu ces places pour le concert de Takamatsu (高松) à la Kagawa Arena (あなぶきアリーナ香川), ce qui veut dire qu’il faut y aller exprès et qu’il ne trouve personne pour l’accompagner. Je me suis bien entendu dévoué pour l’accompagner. C’est apparemment très difficile d’obtenir des places pour les dates à Tokyo. Nous avons également obtenu deux places pour le concert de Fujii Kaze (藤井風) qui aura lieu au Tokyo Dome en Décembre 2026. On a le temps de le voir venir. Par contre, je n’arrive toujours pas à obtenir une malheureuse place pour le concert de Sheena Ringo, ce qui est quand même un comble. J’en suis à mon quatrième essai, après deux tentatives à travers le fan club Ringohan et une tentative avec le code de réservation fourni avec l’achat à l’avance du prochain album. Je tente maintenant une réservation par les voix normales alors que je pensais que cette tournée était réservée au fan club. Tout ceci est très confus.

//tokyo/freeform/ep3

J’écrivais dans l’ep2 de cette série freeform que j’avais deux billets assez longs en cours d’écriture mais que je n’avais pas trop le cœur aux longues écritures. Le fait d’écrire ce sentiment m’a en quelque sorte donné le courage d’écrire ces deux longs billets. Il s’agit des deux précédents sur l’Observatoire d’Enoura d’Hiroshi Sugimoto et sur le double concert Hitsuji Bungaku x Ging Nang Boyz au Toyosu PIT. Le fait d’écrire un sentiment sur un billet de ce blog provoque souvent chez moi une réaction contraire, comme si j’avais besoin de me contredire ou plutôt de contrebalancer une impression personnelle pour en nourrir une nouvelle. Remettre en doute mes propres appréciations est une approche que je trouve plutôt saine car ça me permet de ne pas stagner sur une idée préconçue et d’avancer, progressivement mais sûrement.

J’ai un peu de mal en ce moment à tenir ce blog à jour, quant aux musiques japonaises que j’écoute souvent au compte-goutte au rythme des nouveaux singles de groupes et d’artistes que j’aime. Je ne suis pas passé à côté du single TWILIGHT!!! de King Gnu qui compte parmi les très bons morceaux du groupe. Alors qu’on l’écoute dans la voiture car il fait bien entendu partie de la playlist des journées de congés de la Golden Week, on me fait remarquer qu’une partie de l’air chanté par Satoru Iguchi au début du morceau ressemble beaucoup au refrain du single U de Millennium Parade chanté par Kaho Nakamura (中村佳穂). Je ne l’avais pas noté jusqu’à ce que l’on me le fasse remarquer. Il y a un petit air de ressemblance en effet mais les morceaux de King Gnu se ressemblent tous un peu. Je découvre également à peu près en même temps l’excellent hip-hop du single DO ON de RIP SLYME, que j’entends pour la première fois à la radio et auquel j’accroche immédiatement. Je connais le groupe depuis longtemps mais je ne me rappelle pas avoir aimé un seul de leurs anciens morceaux. Je réécoute quelques uns de leurs précédents singles, en me rendant compte que DO ON est pour moi une exception. Le morceau est assez génial de bout en bout, très joueur et ne se prenant pas au sérieux tout comme la vidéo qui l’accompagne brillamment. Utada Hikaru (宇多田ヒカル) a également sorti un nouveau single intitulé Mine or Yours, qui est très bon avec une vidéo assez originale très subtilement chorégraphiée par Aoi Yamada (アオイヤマダ), qu’on voit décidément partout en ce moment et même sur Made in Tokyo, et réalisée par Tomokazu Yamada (山田智和). Je suis à chaque impressionné par la capacité d’Utada Hikaru à créer et chanter des morceaux qui paraissent si évidents à l’oreille comme si on était déjà prédestiné à les écouter. Dans les voix que j’aime beaucoup, il y a également celle d’Hikari Mitsushima (満島ひかり) qui collabore une nouvelle fois avec Shinichi Osawa, aka Mondo Grosso, à la production. Le single intitulé Lost Child se concentre d’abord sur un piano, une basse électronique et un rythme minimaliste, pour se développer un peu plus ensuite. La voix d’Hikari Mitsushima prédomine. Ça doit être leur troisième morceau ensemble, si je ne me trompe pas, et cette formule fonctionne tellement bien qu’on souhaiterait un album. Je ne peux m’empêcher de penser que Mitsushima chante comme une actrice, son chant n’étant pas parfait mais ayant une grande force d’évocation nous transportant dans des scènes cinématographiques imaginaires. J’écoute ensuite le dernier single de a子 intitulé Paper Moon sorti le 23 Avril 2025. C’est un joli morceau pop qui ne dépareille pas du reste de sa discographie récente et qu’on aimera forcément si on apprécie cette voix et ce style. J’aurais malgré tout aimé un peu plus d’audace et qu’elle reparte vers des horizons un peu différents. Le morceau n’en reste pas moins agréable et accrocheur, sauf que l’effet de surprise à l’écoute du morceau a un peu disparu. Voir soudainement quelques morceaux de Tommy heavenly6 disponibles sur YouTube m’a fait faussement croire que Tomoko Kawase (川瀬智子) était sortie de son silence. En fait non, le morceau +gothic Pink+ que je découvre avec beaucoup de plaisir date d’Août 2005, sorti sur son album éponyme. Je dois avoir dans mes placards l’album TERRA2001, sorti en Septembre 1999, de son groupe The Brilliant Green, mais je n’en ai que très peu de souvenirs. J’avais préféré son projet Tommy February6 (elle est née un 6 Février) qui est orienté synthpop et j’en parlais d’ailleurs dans un précédent billet. Le projet Tommy heavenly6 est plutôt tourné vers le rock alternatif et le morceau +gothic Pink+ qui est en fait sorti bien avant l’album, en Décembre 2002, est donc riche en guitares tout en restant très pop, avec un petit brin gothique dans les nappes atmosphériques qui l’accompagne. C’est aussi amusant de voir la popularité certaine de Tommy sur les réseaux sociaux, notamment étrangers. Pour moi, cette musique me ramène avec nostalgie vers une époque lointaine.

あなたの写真で夢が見たい

Des petits passages photographiques à Harajuku et Omotesando puis près d’Ebisu alors que la nuit tombait doucement. La deuxième photographie montre une installation artistique colorée de Kengo Kito (鬼頭健吾) à Omotesando Crossing Park. Il s’agit d’une des œuvres de la série d’expositions consacrées à l’artiste américain Sterling Ruby en association avec d’autres artistes japonais dont Kengo Kito et Kei Takemura (竹村京). Cette exposition est organisée du 8 Janvier au 4 Février 2024 par Anonymous Art Project en collaboration avec la galerie Taka Ishii. Je suis en fait passé rapidement car Kei Takemura est une amie de l’école des Beaux Arts de Mari, et j’avais déjà mentionné son nom sur ce blog il y a longtemps. Sur la troisième photographie du billet, je montre une nouvelle fois le nouveau Tokyu Plaza, au croisement d’Harajuku, qui ouvrira ses portes au Printemps 2024. Il fait face à l’autre Tokyu Plaza dans la diagonale du carrefour. Ce nouveau Tokyu Plaza conçu par l’architecte Akihisa Hirata prendra le nom de Harakado (ハラカド). Le Tokyu Plaza existant, conçu lui par Hiroshi Nakamura & NAP, changera de nom pour s’appeler Omokado (オモカド). C’est intéressant de voir cette correspondance entre deux buildings conçus par des architectes différents mais qui ont choisi une esthétique similaire basée sur des vitrages aux formes et plans variés et des zones végétales positionnées sur les hauteurs. Les deux bâtiments dialoguent en quelque sorte l’un avec l’autre.

Le titre de ce billet m’est inspiré par les paroles du dernier single NOISE du jeune groupe rock Haze. Le groupe est composé de quatre filles et est mené par Katy Kashii (香椎かてぃ), appelée simplement KATY, qui en est la guitariste et chanteuse. Chihiro Hanasaki (花咲ちひろ) appelée HANA est la bassiste du groupe et joue également pour un autre groupe appelé Hello End Roll (ハローエンドロール). Suzuka est aux claviers et Juri à la batterie. Je suis KATY d’assez loin sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années, car elle a une personnalité assez décalée. Je me souviens d’une vidéo qui doit dater de ses débuts pour une audition du concours de modèles féminins Miss iD (ミスiD) parrainé par Kodansha. Elle s’agissait de l’édition 2017 de Miss iD alors qu’elle était encore en troisième année de lycée. Seiko Ōmori (大森靖子) faisait partie du comité de sélection et c’est peut-être à ce moment là qu’elle l’a repéré pour être membre d’origine du groupe ZOC (Zone Out of Control) fondé quelques années après en 2019. Katy a quitté ZOC en 2021 pour une raison que je ne connais pas mais je peux assez bien imaginer les difficultés conflictuelles avec Seiko Ōmori. Katy a fait également partie d’un autre groupe appelé Akuma no Kiss (悪魔のキッス) avec Kanano Senritsu (戦慄かなの), également ex-ZOC, mais qui a dû s’arrêter récemment (parfois, je me demande comment je peux avoir toutes ces informations en tête). En regardant cette vidéo de Katy sur Miss iD qui m’amuse toujours beaucoup, je retrouve les courtes vidéos sur fond vert Neet Tokyo (ニートtokyo) où elle est interviewée pour raconter bien sûr une histoire compliquée. Je regardais souvent ces vidéos de Neet Tokyo il y a quelques années, à l’époque où j’écoutais les podcasts de la rappeuse Valknee qui mourait d’envie d’y être invitée (ce qui arrivera finalement un peu plus tard). Ces vidéos sont en général très courtes et consacrées aux musiciens de la scène underground tokyoïte, principalement hip-hop. Je vois que certains musiciens étrangers y sont également invités, comme Porter Robinson qui y donne ses recommandations en musique pop japonaise. Le single NOISE de Haze est sorti en Janvier 2024. La composition du morceau rock n’est pas particulièrement originale mais j’aime beaucoup l’énergie brute qui s’en dégage, notamment par la voix de Katy qui ressemble par moment à une version plus torturée de celle d’AiNA The End. La vidéo du single réalisée par Yasuaki Komatsu me plait aussi beaucoup pour son hommage au film Fallen Angel (1995) de Wong Kar-Wai. Dans la vidéo, une scène à moto dans un tunnel ressemble en effet beaucoup dans son angle de prise de vue à une scène avec Takeshi Kaneshiro dans Fallen Angel. Et toujours sur cette vidéo, je ne m’attarderais pas à trouver des références dans la tenue d’infirmière de Suzuka donnant un coup de pied en avant ou celle en robe de mariée de Juri.

Je mentionnerais seulement le fait que je regrette vraiment de n’a pas avoir été au concert de King Gnu au Tokyo Dome les 27 et 28 Janvier 2024 car Sheena Ringo y était présente comme invitée secrète pour interpréter le morceau W●RK en duo avec Daiki Tsuneta. L’ambiance y était apparemment électrique et je peux très bien imaginer l’effet de surprise du public. Dans ses commentaires, le journaliste Patrick St. Michel qui était présent au concert ajoute que la clé pour comprendre la J-JOP des années 2020s est de reconnaître que les trois artistes les plus influenceurs des années 2000s étaient Sheena Ringo, Sōtaisei Riron (相対性理論) et Hatsune Miku. Ce commentaire est forcément très discutable mais à mon avis très proche d’une partie de la réalité. Une grande partie du courant électro-pop japonais actuel dérive du Vocaloid dont le projet Hatsune Miku était le précurseur. Je vois très souvent dans les jeunes groupes rock, notamment féminins, une influence de Sheena Ringo. Le fait même que Daiki Tsuneta porte un haut parleur à la main lors de certains morceaux de King Gnu, comme sur W●RK, dénote même cette influence. Quant à l’influence de Sōtaisei Riron, elle me paraît moins évidente. Certainement que des artistes comme Kiki Vivi Lily ou même Daoko prennent une certaine influence dans le chant intime d’Etsuko Yakushimaru et dans l’ambiance qui ne force pas le trait de Sōtaisei Riron. A ce propos, j’aime personnellement beaucoup revenir vers l’album Hi Fi Anatomia de Sōtaisei Riron, car il est vraiment brillant. Seiichi Nagai (永井聖一) de Sōtaisei Riron est d’ailleurs actuellement guitariste de QUBIT dans lequel chante Daoko. Et à ce propos, j’aime beaucoup le nouveau single de QUBIT intitulé Beautiful Days, dont la vidéo n’utilise heureusement pas cette fois-ci d’intelligence artificielle. L’approche rock est assez différente des morceaux solo de Daoko et c’est assez rafraîchissant, car Daoko y garde par moment son phrasé rapide hip-hop. Il faudrait que je me penche un peu plus sur le premier album du groupe, mais j’ai déjà tellement de choses à écouter. Les deux photos ci-dessus proviennent du compte Twitter de Daiki Tsuneta que je permets de montrer ici pour référence.

Lorsque je parcours les rayons des Disk Union de Tokyo, je ne regarde que rarement la section consacrée à Sheena Ringo et Tokyo Jihen car je dois avoir déjà à peu près tout. En jetant tout de même un œil rapide au rayon du Disk Union de Shin-Ochanomizu, je découvre une étrange compilation intitulée Complete singles que je ne connaissais pas. La photographie de couverture provient de la session photo utilisée pour le single Koko de Kiss Shite (ここでキスして。) de 1999. Sheena Ringo pose avec son appareil photo Canon F-1 qui l’accompagne souvent à cette époque. En regardant d’un peu plus près, cette compilation regroupe en fait les trois premiers singles de Sheena Ringo, Kōfukuron (幸福論), Kabukichō no Joō (歌舞伎町の女王) et Koko de Kiss Shite avec les B-side, et le premier album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム). Ce qui est vraiment étrange, c’est que sur la vingtaine de morceaux inclus sur cette compilation, les trois derniers ne sont pas de Sheena Ringo mais d’autres chanteuses de cette époque n’ayant à priori aucuns liens avec le son monde musical. Ces morceaux s’intitulent I believe par Sakura, Hiyake (日焼け) par Yukie et Binetsu (微熱) par Mina Ganaha (我那霸美奈). La raison de cette sélection très classique de la J-Pop de l’époque mais n’ayant rien de transcendant est particulièrement mystérieuse. Je ne peux m’empêcher d’acheter le CD qui contient un beau picture disk. Les morceaux inclus ont une bonne qualité sonore, fidèle aux singles et album originaux. Il en est de même pour les photographies du livret. Quelques recherches m’indiquent qu’il s’agit en fait d’un bootleg taïwanais plutôt rare. Je savais que Sheena Ringo avait déjà sorti une compilation pour Taïwan au moment de son unique concert hors de Japon, mais la version que j’ai entre les mains est différente et n’a vraisemblablement rien d’officiel. Voilà une curiosité des plus étranges mais que je prends plaisir à écouter comme une sélection de ses premiers titres. Je suis par contre moins sûr de trouver un véritable intérêt aux trois morceaux ajoutés. J’imagine qu’ils ont été ajoutés comme teaser vers d’autres artistes. Ce n’est pas une mauvaise idée, quand on y pense, sauf si on considère le cadre de l’album comme une unité artistique. J’ai moi-même tendance à percevoir un album de cette manière, mais le cadre de la compilation donne ceci-dit des possibilités différentes.