天晴よ東京

Un temps ensoleillé et une chaleur estivale gagnent maintenant Tokyo après ce qui a ressemblé à une fin retardée de la saison des pluies. L’objectif cette fois-ci était de trouver dans les rues de Koishikawa la maison du chat noir Chez Tachibana. Ce petit immeuble noir aux formes rondes est posé dans la courbe d’une rue en pente que les vélos dévalent à toute vitesse sans prêter attention au visage du chat noir posé dans la rondeur des murs. Je suis venu pour voir ce chat, après l’avoir vu quelques fois déjà sur Internet aux détours de blogs (ah, cette époque lointaine où on écrivait des blogs). Ce petit building qu’on pourrait appeler Neko Biru (猫ビル) est posé sur une surface de 27 m2 et possède un sous-sol, un rez-de-chaussée et 2 étages. Sa construction a été achevée en Décembre 1991. Il servait de lieu de travail et de bibliothèque pour le journaliste indépendant Takashi Tachibana (立花隆). Originaire de Nagasaki, il était diplômé de littérature française à l’Université de Tokyo. Tachibana a commencé sa carrière en 1964 pour le magazine Shūkan Bunshun et a ensuite écrit de nombreux articles pour d’autres publications comme Shokun!. En 1974, il publia dans le magazine Bungeishunjū une enquête minutieuse sur les affaires de corruption du ministre alors en place à l’époque, Kakuei Tanaka, conduisant à sa chute. Il est décédé récemment à l’age de 80 ans, en Avril 2021, suite à des problèmes cardiovasculaires. Je ne sais pas qu’elle est maintenant l’utilisation faite de ce building noir, car la porte était bien entendu fermée sans information particulière à part bien sûr l’écriteau mentionnant le nom de cette maison. Nous sommes ici dans les rues à l’arrière de l’immense Tokyo Dome, que je montre ensuite sur quelques photographies. Je ne suis d’ailleurs jamais entré à l’intérieur du dôme, car je suis assez peu amateur de baseball et je n’ai jamais eu l’occasion d’y voir un concert. A ce propos, nous avons tenté notre chance pour acheter des places pour une des deux dates du concert de King Gnu qui se déroulera dans ce dôme les 19 et 20 Novembre 2022. Une loterie définira ceux qui pourront y assister mais comme nous ne sommes pas membres du fan club, je pense que nous n’avons que peu de chance de pouvoir remporter des places. Nous serons fixés dans quelques jours apparemment [NDLR: c’est manqué malheureusement]. Le Tokyo Dome est une structure grandiose conçue par Nikken Sekkei et Takenaka Corporation dont la construction a été finalisée en 1988. Sa particularité est la structure formant la toiture composée d’une immense membrane à air renforcée par des câbles. Le Tokyo Dome fait 59m de haut pour une surface au sol de 116,463 m2. Ce lieu est devenu tellement symbolique pour sa taille que les médias l’utilisent très souvent comme unité de mesure de surface, pour comparer les tailles et susciter une impression de grandeur à d’autres lieux. Je ne me risquerais en tout cas pas à en faire le tour aujourd’hui vu la chaleur ambiante. Entre autres infrastructures, le dôme est entouré d’un grand immeuble conçu par Kenzo Tange, le Tokyo Dome Hotel, que je n’ai pas pris en photo cette fois-ci (enfin, on le voit quand même qui dépasse au dessus du dôme sur les cinquième et sixième photographies du billet). Dans les rues de Koishikawa on peut également voir de loin un étrange building composé d’un observatoire formant un demi-cercle. Il s’agit du Bunkyō City Hall, placé juste à côté du Tokyo Dome. Ce building gouvernemental à la forme si particulière (certains diront qu’il ressemble à un distributeur de bonbons Pez) a été conçu par Nikken Sekkei et construit en 1994. On peut l’apercevoir sur la troisième photographie du billet. Sur la photographie suivante, de taille beaucoup moins grandiose que le nom pourrait le suggérer, je tombe par hasard sur le sanctuaire Koishikawa Daijingū. Ce bâtiment du sanctuaire est récent car sa reconstruction aurait été achevée le 7 Mai 2021. La marche m’amène ensuite à traverser la rivière Kanda au niveau de Suidōbashi en direction du quartier de Jimbocho dont je montrais auparavant quelques photos.

J’arrive finalement au bout d’une longue série de billets consacrés aux concerts de Sheena Ringo et Tokyo Jihen avec celui qu’il me restait à voir, Ringo Expo’14. J’avais démarré cette série de billets en Septembre 2020 après avoir vu le concert de Tokyo Jihen News Flash en streaming live. Il m’aura donc fallu presque deux ans pour voir tous ces concerts disponibles officiellement en DVDs ou en Blu-ray. Le concert Ringo Expo’14, (生)林檎博’14 ―年女の逆襲― (Nama Ringo Haku 14 – Toshi Onna no Gyakushū) de Sheena Ringo est sorti en DVD et Blu-ray le 18 Mars 2015. Le sous-titre de ce concert signifie « La contre-attaque de l’héroïne », comme pour indiquer qu’elle ne faiblira pas malgré les années qui passent. Elle avait 36 ans à cette époque là. Le concert capturé sur le DVD et Blu-ray est celui du 10 Décembre 2014 au Osaka Castle Hall (大阪城ホール). La tournée de laquelle ce concert est extrait se déroulait en 5 dates du 29 Novembre au 21 Décembre 2014, dans des salles immenses de type arena comme c’est également le cas pour ses autres tournées de la série Ringo Expo. Les deux premières dates étaient au Saitama Super Arena, les deux suivantes au Osaka Castle Hall et la dernière à Fukuoka au Marine Messe (elle ne manque jamais une date dans sa ville d’origine).

Comme c’est le cas pour les tournées de la série Expo, les musiciens sur scène sont nombreux. Si on compte également les deux danseuses Aya et Bambi (régulières des concerts), la troupe accompagnant Sheena était composée de 37 personnes et prenait cette fois-ci le nom de The Mighty Galactic Empire, ou en japonais 銀河帝国軍楽団 ce qui signifie à peu près la même chose, c’est à dire l’Orchestre de l’Armée de l’Empire Galactique. Ce nom de formation me fait tout de suite penser à l’univers de Star Wars mais il n’y a pas de références directes sur la scène. Une partie de l’orchestre porte des costumes beiges qui font en effet penser à ceux d’uniformes de l’armée de l’air ou d’agents attachés à la sécurité aérienne, car ils sont marqués à l’épaule d’un patch mentionnant Airborne. Le reste des musiciens, placés directement sur la scène autour de Sheena Ringo sont plutôt habillés de tenues de moussaillon ou de gardes-côtes. Plutôt que l’univers intergalactique de Star Wars, ce choix artistique de costumes me paraît s’apparenter à celui de l’album Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~ ou Reimport vol.1) sorti en Mai 2014, et par extension au deuxième volume Gyakuyunyū: Kōkūkyoku (逆輸入 〜航空局〜 ou Reimport vol.2). Même si ce deuxième volume ne sortira que beaucoup plus tard en Décembre 2017, le concert Ringo Expo‘14 en contient déjà quelques morceaux. Ces deux volumes de reprises de morceaux que Sheena a créé pour d’autres font référence aux transports maritimes et aériens, et donc correspondraient assez bien, à mon avis, à ce choix de costumes. Ce thème maritime sur scène avec ces costumes ressemblant à ceux d’un équipage de bateau de gardes-côtes explique peut-être le sens de l’utilisation détournée du drapeau des forces de défense maritime. Certains cherchent absolument à y voir un signe nationaliste, mais je pense que c’est allé un peu loin dans les interprétations. Le concert Ringo Expo‘14 se compose de 27 morceaux incluant deux en rappel. La set list couvre principalement les deux albums sortis en 2014, à savoir Hi Izuru Tokoro (日出処 ou Sunny) sorti en Novembre 2014 et Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~ ou Reimport vol.1) en Mai 2014, comme je le mentionnais ci-dessus. Il y a également quelques morceaux plus anciens de Sanmon Gossip (三文ゴシップ), de Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花) et de Ukina (浮き名), mais étonnamment aucun morceau des deux premiers albums Muzai Moratorium et Shōso Strip. La surprise est de voir trois morceaux de Tokyo Jihen intégrés à cette set list.

Dans l’équipe de musiciens de The Mighty Galactic Empire, on retrouve beaucoup d’habitués des concerts de Sheena Ringo: Ukigumo (浮雲) à la guitare et au chant, Masayuki Hiizumi aka HZM (ヒイズミマサユ機) aux claviers, Keisuke Torigoe (鳥越啓介) à la basse et Midorin (みどりん) à la batterie. Viennent compléter cette formation, Tomoyasu Takeuchi (竹内朋康) à la guitare, Yoshiaki Sato (佐藤芳明) à l’accordéon, et tout l’orchestre conduit par Neko Saito (斎藤ネコ) assurant également le violon. L’orchestre se compose d’une vaste formation de dix violonistes, deux violoncellistes, deux personnes aux percussions, une harpe, trois personnes au trombone, trois à la trompette, cinq au saxophone (alto, ténor, baryton), entre autres. Il s’agit donc d’une formation très étendue fidèle aux configurations des concerts de type Expo. J’avais acheté la version d’origine du coffret Blu-ray et c’est un joli boîtier avec un effet 3D. Si ce concert n’est pas le meilleur à mon avis, on y trouve beaucoup de très bons moments et il est forcément indispensable. C’est également un des concerts les plus connus de Sheena Ringo.

Le concert commence dans le noir quasi complet et le morceau Ima (今) est joué avant que Sheena n’apparaisse sur scène. Les spectateurs contemplent un écran étoilé montrant des galaxies. Des nappes de lasers font ensuite leur apparition passant au dessus des têtes de la foule. Sheena arrive en barque sur cette mer imaginaire sombre délimitée par les lasers légèrement bleutées. Le passage qu’emprunte la barque est délimité par des points de lumière comme sur une piste d’atterrissage. Cette mer ressemble peut-être plus à une rivière et je pense maintenant à une analogie avec la traversée de la rivière Styx, qui dans la mythologie grecque amenait les défunts vers le monde des morts. J’y pense car le morceau suivant est Sōretsu (葬列), la procession funéraire, tiré de l’album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花). Pour cette traversée, Sheena porte un large chapeau noir et un manteau flamboyant aux multiples couleurs. Ce doit être la plus belle entrée sur scène que j’ai pu voir parmi tous les concerts sortis. Le morceau Sōretsu est magnifique. Il donne des frissons. Je pense que c’est la seule représentation de ce morceau que Sheena a fait sur scène. Elle est vêtue d’une robe simple noire avec une fleur beige dans ses cheveux aux reflets bleutés. Elle chante dans une ambiance sombre devant une cascade de fumée blanche. Elle est extrêmement concentrée et regarde au loin dans la foule comme si son regard était absent. Son ton est sérieux mais laisse tout de même échapper un demi sourire à peine visible. Le final tourmenté faisant intervenir le violon de Neko Saito, le piano de HZM et des couleurs rouges est vraiment superbe. L’interprétation que fait Sheena de Sōretsu est intense et on a le plaisir de découvrir une version plus prenante que celle de l’album, mais si musicalement elles est similaire avec la même ambiance orientale au début. Je suis revenu plusieurs fois sur ce Blu-ray pour réécouter ce morceau en particulier, qui, je dirais même, justifie à lui seul l’achat du Blu-ray (j’aime bien exagérer, mais à peine). L’ambiance change ensuite rapidement avec le morceau Sekidō wo Koetara (赤道を越えたら) de l’album Hi Izuru Tokoro. J’aurais aimé que l’ambiance s’attarde un peu plus dans le style de Sōretsu mais j’ai de toute façon toujours aimé ce morceau.

Tsugō no ii Karada (都合のいい身体) continue ensuite dans un esprit plus léger, mais musicalement un peu trop dense à mon goût. C’est le défaut de maximalisme que je peux lui faire de temps en temps, bien que musicalement, c’est parfaitement exécuté. Il n’est cependant pas dans mes morceaux préférés. Un écran vidéo de grande taille à l’arrière montre des images animées faisant directement référence à la vidéo du morceau, tandis qu’Ukigumo, présent dans les chœurs, accompagne Sheena au chant comme sur le morceau précédent. Yattsuke Shigoto (やっつけ仕事) repart vers des terrains plus rocks et Sheena prend sa guitare. Pendant le morceau, HZM est debout devant son piano comme à la grande époque de Tokyo Jihen, sur le concert Dynamite Out par exemple. Ça fait plaisir à voir car je l’avais en général trouver plutôt concentré sur les autres concerts que j’ai pu voir récemment. Ce morceau est puissant en guitare et très rapide. Ukigumo et l’autre guitariste Tomoyasu Takeuchi semblent bien s’amuser au fond. Sheena finit bien le morceau avec le cri rauque caractéristique comme d’habitude mais ne va pas jusqu’à montrer le blanc de ses yeux comme lors du concert Zazen Ecstacy qui reste la meilleure version que je connaisse de ce morceau. Avec Hashire wa Number (走れゎナンバー), on revient vers des ambiances plus jazz agrémentées par le son de la flûte de paon. Je me dis en écoutant ce morceau que Sheena donne toujours des interprétations vocales parfaites sans faire aucune erreur ou écart de voix. Elle disparaît ensuite de scène par une trappe cachée au sol et n’est pas présente sur scène pour le morceau Kachū no Otoko (渦中の男) de l’album Gyakuyunyū: Kōwankyoku. On voit d’abord sur les écrans géants les deux danseuses Aya et Bambi Sato puis le visage de Sheena apparaît par intermittence. L’ambiance musicale sur scène est très dense et tourmentée.

La surprise vient ensuite de l’interprétation de Sōnan (遭難) de Tokyo Jihen sur le premier album Kyōiku (教育). Sheena s’est changée en robe blanche de mariée avec des cheveux légèrement rosés lui descendant jusqu’au niveau des yeux. Ce costume la change complètement. Elle a cette capacité de transformation au point où on a du mal à la reconnaître. Suit ensuite le morceau JL005-bin de (JL005便で). Les deux danseuses rejoignent Sheena sur scène et elles effectuent toutes les trois des mouvements saccadés plutôt inquiétants. Les points lumineux qui limitaient la rivière imaginaire au début du concert réapparaissent maintenant pour donner l’image d’une piste d’atterissage mouvante. Rappelons nous que JL005 fait référence à la ligne d’avion Tokyo – New York. Ce morceau est vraiment très beau. Le morceau Watashi no Aisuru Hito (私の愛するひと) est moins connu car il s’agit d’une B-side du single Carnation. Le petit drapeau rosé est de sortie à ce moment là et Sheena l’utilise pour faire bouger la foule en rythme. Le point amusant vient des paroles concluant ce morceau contenant quelques phrases en français « Tu es tout ce que je n’ai pas, tu es mon amour » que Sheena chante avec Ukigumo dans les chœurs. Elle a un fort accent lorsqu’elle chante en français et ça paraît presque volontaire. Kinjirareta Asobi (禁じられた遊び) est un autre morceau de Tokyo Jihen de l’album Daihakken. J’aime beaucoup la dynamique changeante de ce morceau, qui finit par une sorte de complainte. Sheena met d’ailleurs un genou à terre à la fin. Anya no Shinjūdate (暗夜の心中立て) de l’album Gyakuyunyū: Kōkūkyoku possède une intensité certaine à l’ambiances proche du Enka. Ce type de morceaux lui va très bien car elle force ses mouvements, et son visage décidé pendant qu’elle chante vient contraster avec la pureté de sa robe de mariée. Ce contraste entre son apparence et sa façon d’être est intéressant et loin d’être inhabituel chez elle. Je repense maintenant au magazine GB dans les rues d’Ueno où l’on voit Sheena en robe de mariée porter à la main un pistolet, fumer des cigarettes ou se promener dans des endroits inconvenants pour une mariée, dans un esprit que je rapprocherais du punk.

BETWEEN TODAY AND TOMORROW est un morceau instrumental que l’on trouve sur l’album Ukina et qui poursuit le set du concert. HZM est d’abord seul, accompagné ensuite par un filet de violons donnant une ambiance cinématographique inquiétante. Sheena se change pendant ce temps là. Les images sur le grand écran au fond superposent les musiciens sur scène avec des images de flammes, ce qui donne l’impression que les instruments sont en feu. Pour le morceau suivant Ketteiteki Sanpunkan (決定的三分間), Sheena se transforme maintenant en une hôtesse de l’air habillée d’un ensemble rouge orangé ceintré. Tout comme la robe de mariée, cette tenue est particulièrement iconique. Elle a également les cheveux orangés s’accordant bien à son ensemble. Le mégaphone est de sortie sur ce morceau. Les deux danseuses sont également sur scène et les trois font une fois encore des mouvements de danse en accords. Il y a d’ailleurs quelque chose d’assez mignon dans cette danse. Dans la série des Sanpunkan (3 minutes), on annonce ensuite Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間), un autre morceau de Tokyo Jihen provenant de l’album Sports. Ukigumo vient sur le devant de la scène pour interpréter ce morceau avec Sheena. La mise en scène fait que Sheena tourne presque en permanence le dos à Ukigumo, ce qui est assez étrange mais pas vraiment dérangeant. Ce n’est pas particulièrement la meilleure version que je connaisse de ce morceau, car il est bien plus percutant quand il est interprété par Tokyo Jihen. Chichinpuipui (ちちんぷいぷい) de l’album Hi Izuru Tokoro est de ces morceaux qui rendent mieux en concert que sur album, probablement parce qu’il s’agit en quelque sorte d’un hymne à Ringo. Cette version est par contre moins impressionnante que celle qu’elle fera plus tard sur Ringo Expo’18. Mittei Monogatari (密偵物語) est un morceau de Sanmon Gossip qui fonctionne bien en concert bien qu’il ne soit pas dans les morceaux que je préfère. Le solo de piano de HZM y est par contre brillant comme d’habitude. Koroshiya Kiki Ippatsu (殺し屋危機一髪) est par contre beaucoup plus percutant, à l’image du coup de feu qu’elle donne au dessus de la foule avec un faux pistolet. Sur le EP du même nom, Sheena interprétait ce morceau avec le groupe Jazz SOIL& »PIMP »SESSIONS, dont fait partie Midorin à la batterie.

Un nouvel interlude musical vient délimiter une nouvelle partie du concert. Le morceau instrumental Bōenkyō no Soto no Keshiki (望遠鏡の外の景色) sert de présentation du groupe de musiciens de The Mighty Galactic Empire, où chacun est montré jouant de son instrument tour à tour. Sheena revient sur scène à la toute fin du morceau pour le conclure. Pour Saihate ga Mitai (最果てが見たい), elle est maintenant habillée d’une longue blouse blanche barrée de toute sa hauteur d’une ligne rouge. Ukigumo y fait un petit solo de guitare ce qui nous laisse un peu de temps pour apprécier son étrange guitare en forme d’éclair. Sur NIPPON ensuite, Sheena s’empare à nouveau de sa guitare. Elle n’en joue pas beaucoup, à part pour le solo de guitare qui est de toute façon le meilleur moment du morceau. Elle donne beaucoup de sa voix sur ce morceau et Midorin est hilare à la batterie. Il semble bien s’amuser sur ce concert. Jiyū e Michizure (自由へ道連れ) voient le retour du mégaphone et un peu d’equilibrisme car Sheena monte sur un skateboard posé sur une plate-forme mouvante se déplaçant dans la foule. C’est la seule fois à ma connaissance où on peut voir ce genre d’installation. Le skateboard est un des accessoires récurrents du monde musical de Sheena Ringo. Je ne pense pas qu’elle en fasse elle-même mais je pense qu’il fait référence à la musique alternative américaine. Il s’agit juste d’une interprétation de ma part. Ukigumo remplace Mummy-D de Rhymester au chant rappé sur Ryūkō (流行) pendant que Sheena enlève tout d’un coup sa blouse blanche pour révéler une robe rose et dorée. Il y a un côté un peu kitsch de music hall qui me plait moins. Je me dis maintenant qu’Ukigumo est vraiment un personnage particulier. Il est excellent dans son jeu de guitare, semblant toujours improvisé, et chante également très bien. Il donne l’impression d’être une personne timide en interview mais n’hésite pas à se lâcher en rappant d’une manière très naturelle sur ce morceau par exemple. Récemment, je l’écoute régulièrement dans son émission radio sur J-Wave intitulée Fourgonette (le samedi tard le soir) et son style particulièrement cool est très apaisant. L’émission radio est d’ailleurs sponsorisée par Citroën, ce qui m’amuse car dans l’enquête 2021 du fan club Ringohan, il y avait une question nous demandant d’imaginer quel type de magasin correspondrait bien à Ukigumo (浮雲に似合いそうなお店屋さんはなに). Je le sais amateur de voitures et J’avais donc laissé en proposition le magasin DS de Citroën à Aoyama. Peut-être y est-il vraiment allé pour les besoins de cette émission radio. Le morceau qui suit, Shuen no Onna (主演の女), est un peu trop dense à mon goût mais Sheena y révèle une autre tenue iconique avec des ailes d’ange dans le dos. Il s’agit là encore d’un accessoire récurent du monde de Sheena Ringo. Shizuka Naru Gyakushū (静かなる逆襲) conclut le set avant les deux rappels. Il s’agit en fait d’un ancien morceau appelé Kudamono no Heya (果物の部屋). L’interprétation est assez intense mais j’aime beaucoup ce morceau. Il faut aussi remarquer que Sheena semble particulièrement à l’aise avec ces ailes dans le dos. A noter au passage que le titre de ce billet correspond à la phrase finale des paroles de ce morceau, et je remarque maintenant qu’il y a plusieurs morceaux se terminant sur le mot « Tokyo ».

Dans les rappels sur le morceau Mayakashi Yasaotoko (マヤカシ優男) de l’album Sanmon Gossip, HZM se déchaîne sur le solo de piano ce qui a l’air d’énormément satisfaire Sheena. Comme à chaque concert, on sent que la pression redescend à la fin car elle est beaucoup plus souriante et détendue. Le seul moment de MC suit ensuite pour remercier la foule, précisant même qu’il y a des gens dans le public venant de loin (de Hong Kong apparemment). On sent une émotion certaine alors qu’elle remercie le public car elle a le visage assez fragile à ce moment là, à l’opposé de ce qu’elle montre sur scène. Le set se termine avec Arikitarina Onna (ありきたりな女), un des meilleurs morceaux de l’album Hi Izuru Tokoro. J’imagine que jouer sur scène 27 morceaux doit être particulièrement épuisant. Le concert se termine par les crédits montrés sur grand écran avec comme bande son le morceau de Tokyo Jihen intitulé Bon Voyage interprété seul par Ukigumo. On ne le trouve à ma connaissance que sur le boxset Hard Disk en morceau inédit. Ce n’est ceci dit pas un morceau inoubliable mais il passe bien en bande son finale. Au final, il s’agit bien entendu d’un très beau concert. Ce n’est pas la meilleure set list ni les meilleures versions que je connaisse des morceaux (à part pour certains) mais le spectacle très sophistiqué, comme à l’habitude, vaut le détour. J’espère que cette revue venant conclure une longue série de présentation de concerts, va donner, de manière télépathique, des idées à Sheena Ringo ou Tokyo Jihen pour organiser une tournée très bientôt.

Pour référence ultérieure, je note ci-dessous la listes des morceaux du concert Ringo Expo’14, (生)林檎博’14 ―年女の逆襲―:

1. Ima (今) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
2. Sōretsu (葬列) de l’album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花)
3. Sekidō wo Koetara (赤道を越えたら) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
4. Tsugō no ii Karada (都合のいい身体) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
5. Yattsuke Shigoto (やっつけ仕事) de l’album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花)
6. Hashire wa Number (走れゎナンバー) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
7. Kachū no Otoko (渦中の男) de l’album Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
8. Sōnan (遭難) de l’album Kyōiku (教育) de Tokyo Jihen
9. JL005-bin de (JL005便で) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
10. Watashi no Aisuru Hito (私の愛するひと) en B-side du single Carnation (カーネーション)
11. Kinjirareta Asobi (禁じられた遊び) de l’album Daihakken (大発見) de Tokyo Jihen
12. Anya no Shinjūdate (暗夜の心中立て) de l’album Gyakuyunyū: Kōkūkyoku (逆輸入 〜航空局〜)
13. BETWEEN TODAY AND TOMORROW de l’album Ukina (浮き名)
14. Ketteiteki Sanpunkan (決定的三分間) de l’album Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
15. Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間) de l’album Sports (スポーツ) de Tokyo Jihen
16. Chichinpuipui (ちちんぷいぷい) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
17. Mittei Monogatari (密偵物語) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
18. Koroshiya Kiki Ippatsu (殺し屋危機一髪) de l’album Ukina (浮き名)
19. Bōenkyō no Soto no Keshiki (望遠鏡の外の景色) de l’album Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
20. Saihate ga Mitai (最果てが見たい) de l’album Gyakuyunyū: Kōkūkyoku (逆輸入 〜航空局〜)
21. NIPPON de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
22. Jiyū e Michizure (自由へ道連れ) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
23. Ryūkō (流行) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
24. Shuen no Onna (主演の女) de l’album Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
25. Shizuka Naru Gyakushū (静かなる逆襲) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
26. (Rappel) Mayakashi Yasaotoko (マヤカシ優男) de l’album Sanmon Gossip (三文ゴシップ)
27. (Rappel) Arikitarina Onna (ありきたりな女) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)

le jour du sake vert à Kyōtei

Le ryokan et restaurant Kyōtei (京亭) que je montre en photographies ci-dessus est situé dans la petite ville de Yorii dans la préfecture de Saitama et a été utilisé comme lieu de tournage de la vidéo du morceau Ryokushu (緑酒) de Tokyo Jihen, sortie le 13 Mai 2021, quelques jours avant l’album Music (音楽). La beauté de cette vidéo réalisée comme d’habitude par Yuichi Kodama m’avait tout de suite interpelée au point où j’avais tout de suite recherché sur internet quelle était cette vieille demeure servant de lieu de retrouvailles pour les membres de Tokyo Jihen. Le single Ryokushu a eu beaucoup de succès et est un des morceaux emblématiques de l’album Music et de Tokyo Jihen, non seulement pour la qualité du morceau en lui-même mais aussi, je pense, grâce à cette vidéo (cette vidéo est de très loin la préférée du fan club Ringohan) . Aux yeux des fans, voir le groupe se retrouver dans une ambiance joviale marque réellement la réformation du groupe après 8 longues années d’inactivité. Cette vidéo a par conséquent une signification particulière qui m’a depuis le début donné envie d’y aller. Il m’a fallu un peu de temps pour me décider mais cette Golden Week semblait être le bon moment. Nous n’avions pas dans l’idée d’y passer une nuit mais plutôt d’y déjeuner. Je téléphone d’abord quelques jours avant notre visite pour réserver une table, en pensant que ça devait être déjà pleinement réservé depuis longtemps en cette période de vacances, sachant que le ryokan se trouve dans une zone plutôt touristique à proximité de Nagatoro dans la région montagneuse de Chichibu. Par une chance inespérée, une table restée libre nous attendait. Réservation faite pour 12h30, nous voilà partis le Mercredi 4 Mai vers 9h30 du matin.

Un trajet normal depuis le centre de Tokyo jusqu’à ce coin reculé de Saitama par l’autoroute Kan-Etsu (関越道) prend normalement de 1h30 à 2h. En partant assez tôt, on pensait pouvoir se promener au bord de la rivière Arakawa près du ryokan avant d’aller déjeuner. C’était sans compter les aléas de la Golden Week, qui est, d’autant plus, « normale » cette année, c’est à dire sans état d’urgence incitant les gens à rester chez eux. Il nous aura fallu trois heures de route pour arriver jusqu’à Yorii, en changeant de stratégie en cours de route, alternant autoroute encombrée et routes nationales tout aussi encombrées. Depuis quelques mois, voire plus d’un an, j’ai développé une capacité d’attente et de prise sur soi que je n’avais pas auparavant. Je suis maintenant en mesure d’attendre au milieu d’une file de voitures qui n’avancent pas avec le sourire. Contrairement à ce que pensait Mari, je n’ai pas volontairement passé en boucle en voiture l’album Music sur lequel se trouve Ryokushu, car je ne voulais pas associer dans mon esprit la musique de cet album avec des embouteillages interminables. Mais la radio a pris le relai en le passant soudainement, ce qui m’a d’ailleurs surpris car le morceau sorti l’année dernière n’est plus tout à fait récent. L’animatrice radio se trompe d’ailleurs dans le titre en annonçant le morceau avec le nom « Midori no Sake » (緑酒, Sake vert) plutôt que Ryokushu, qui est en fait une autre manière de prononcer les mêmes kanji. Je comprends à ce moment là que c’était volontaire car nous sommes aujourd’hui, le 4 Mai, le jour du Vert (autrement dit, de la nature) ou « Midori no Hi », et que la station de radio que nous écoutons à ce moment là sélectionnait volontairement des morceaux ayant un lien avec la couleur verte. Je me dis que nous avons très bien choisi notre journée pour cette visite des lieux du tournage de Ryokushu. Nous arrivons sur place à 12h30 exactement, ce qui démontre de ma part une maitrise parfaite du timing. Je reconnais tout de suite l’entrée de ryokan que l’on voit dès le début de la vidéo. Une dame nous accueille et nous amène jusqu’à la pièce où nous mangerons.

Kyōtei était autrefois la demeure de Kōka Sassa (佐々紅華), compositeur japonais né en 1886 et mort en 1961. Il a composé de nombreuses chansons, écrit le scénario d’un opéra mais était à l’origine graphiste, diplômé du département de design industriel de l’école Tokyo Institute of Technology (le campus actuel se trouve près de la station d’Ōokayama à Tokyo). Comme il était mélomane depuis son plus jeune âge, il a également passé les examens de l’académie de musique de Tokyo (actuellement le département musique de l’université des Beaux Arts), mais n’a pas poursuivi cette voie. Son attrait constant pour la musique l’a pourtant poussé vers des travaux de design destinés au monde de la musique. Il a d’ailleurs dessiné un logo intéressant pour la compagnie de disques Nipponophone (日本蓄音器商会) fondée en 1910 (et sous le nom actuel Nippon Columbia), représentant un bouddha écoutant un gramophone, inspiré par le chien du label musical His Master’s Voice (HMV ou La Voix de son Maître, historiquement dans le groupe anglais EMI). En 1913, Kōka Sassa se lança dans l’écriture de comptines puis en 1917 écrit un opéra se produisant à Asakusa. Il a ainsi fondé l’opéra d’Asakusa. Il continuera ensuite à écrire des chansons au sein de Nippon Victor puis Nippon Columbia. En 1931, commence la construction de sa maison de style sukiya à Tamayodo dans la ville de Yorii, l’actuel ryokan Kyōtei. Il en dessine les plans et supervise la construction en vivant sur place dès l’année suivant le début des constructions. Il faudra en tout cinq années pour construire le bâtiment actuel. Il a vécu dans cette maison jusqu’à sa mort le 18 Janvier 1961. Après sa mort, sa petite fille, Yasue Sassa, devient propriétaire et convertit cette résidence en un ryokan. Des personnalités viendront y séjourner, comme par exemple l’auteur Shōtarō Ikenami (池波正太郎).

Le bâtiment semble être entièrement préservé en l’état avec seulement quelques aménagement récents, ce qui donne à ce ryokan beaucoup de charme. J’imagine que préserver un bâtiment de cette taille ne doit pas être aisé. Le rez-de-chaussée sert de salles de restaurant. Il n’y a qu’un seul menu, avec des variations, à base de poisson Ayu cuisiné de différentes manières. Le repas était excellent, d’autant plus que l’on déjeune en ayant une vue sur le jardin, en regardant la lumière du printemps traverser les jeunes feuilles d’érable momiji. Cette ambiance paisible est bien agréable comme si le temps s’arrêtait pour un après-midi. Sur le site web du ryokan, il est d’ailleurs écrit qu’il s’agit d’un espace pour oublier le temps (時間を忘れて過ごす空間). Au cours du repas, il fallait bien qu’on lance le sujet de cette vidéo de Tokyo Jihen avec les dames du personnel du ryokan pour voir si elles étaient disposées à en parler. Le fait de mentionner que j’étais fan de Sheena Ringo et de Tokyo Jihen (Mari prend toujours un malin plaisir à dire que je suis même membre du fan club) leur apporta même un enthousiasme certain. On nous a donc très volontiers donné quelques détails. On nous dit que le tournage s’est déroulé en une seule journée, le dimanche 25 Avril 2021, avec une équipe de tournage très bien organisée de 60 personnes. La propriétaire du ryokan, qui vient nous servir pendant la deuxième partie du repas, nous explique qu’elle avait d’abord eu des réticences car elle ne voulait pas fermer le restaurant et le ryokan pour une journée entière, mais que la période de crise sanitaire qui a vu une accumulation soudaine d’annulations de réservation a finalement permis ce tournage. Elle nous indique de la main les différents endroits où le tournage a eu lieu: le bain utilisé par Ichiyō Izawa, qui a été refait depuis, le coin de jardin où Ukigumo nous dit qu’il aurait dû venir en train vers la fin de la vidéo et le deuxième étage où les scènes principales ont été tournées. La propriétaire nous indique qu’on pourra visité ce deuxième étage après le dessert et avant l’arrivée à 15h des clients qui y passeront la nuit. J’ai du mal à tenir en place lorsqu’elle nous indique qu’on pourra visiter librement le ryokan pendant presqu’une heure. Elle nous dit que de nombreux fans de Sheena Ringo et de Tokyo Jihen sont déjà venus ici, parfois habillés du yukata du groupe. Certains sont venus de loin, de l’autre bout du pays, prenant l’avion pour l’occasion avec une petite valise pour se changer en arrivant. Je ne suis pas du tout étonné de cela car les fans de Sheena Ringo peuvent aller très loin. Comme signe distinctif, je me suis personnellement contenté d’un petit badge bleu de Tokyo Jihen accroché sur le col de la chemise. La propriétaire le regarde en constatant qu’il s’agit bien du motif de paon (孔雀) qu’elle a vu sur certains yukata de visiteurs. Ce ryokan deviendrait pratiquement un lieu de pèlerinage pour les fans. J’ai moi-même ressenti cette envie irrésistible de venir jusqu’ici malgré le long trajet aller-retour en voiture.

Après le dessert, nous montons donc à l’étage où je retrouve la salle principale en tatami dans laquelle Tokyo Jihen prenait leur repas de retrouvailles accompagné de beaucoup de sake. La vue depuis cette pièce est magnifique. On aperçoit le jardin japonais en contrebas et la rivière Arakawa un peu plus bas. Dans la vidéo, Toshiki Hata nourrissait les carpes koi dans le bassin de ce jardin japonais. Je ne résiste pas à l’envie de m’asseoir au coin des fenêtres prenant la pose de Seiji Kameda lorsqu’il boit un verre de sake en attendant que les autres membres du groupe arrivent, ou de m’assoir à la place de Sheena Ringo sur le tatami de la grande salle au deuxième étage. On avait bien entendu revu la vidéo avant de venir et j’essaie au mieux de prendre des photos des endroits que je reconnais. Il n’y avait bien sûr aucun tissu au design de Tokyo Jihen comme sur la vidéo, ni guitares Vox Phantom posées dans un coin. La météo était idéale pour se promener dans le jardin japonais et nous faisons durer notre plaisir jusqu’au bout. Je m’attendais à ce qu’un chat vienne nous dire bonjour, et c’était en effet le cas pendant le repas. Il est passé nous voir en miaulant et à vite disparu dans le jardin. C’est amusant car j’avais eu ce genre de signe (qui est bien entendu une coïncidence) lors de la visite du temple Kishimojin-dō à Zōshigaya utilisé comme lieu de tournage pour Kabukichō no Jōo. On a un peu de mal à partir mais il est déjà l’heure. Nous descendons ensuite au bord de la rivière. Le lieu s’appelle Tamayodo (玉淀). Une bonne partie de la vidéo de Ryokushu y a également été tournée. Je reconnais le grand rocher de l’autre côté de la rivière que l’on voit dans la vidéo. Il doit également y avoir un cerisier au bord de cette rivière mais je ne l’ai malheureusement pas vu. Avec toutes ces images en tête, il nous faudra bientôt reprendre la route, avec l’album Music comme fond sonore. Malgré mes appréhensions car nous avons quitté les lieux à l’heure de pointe des retours vers 17h, il nous a fallu que deux heures pour rentrer sur Tokyo. Il est en fait beaucoup plus rapide de venir en train car il y a une ligne directe reliant Ikebukuro et Yorii en 90 minutes. J’ai pris beaucoup de photos de cette journée et c’était un peu compliqué de faire une sélection. Je montre d’ailleurs quelques autres photos sur mon compte Instagram, ce qui m’a d’ailleurs forcé pour l’occasion à écrire une description un peu plus longue que d’habitude. J’ai tendance à être très bref sur Instagram alors que je dois avoir plus de visiteurs que sur ce blog.

Pour la petite histoire, l’idée d’aller visiter le ryokan Kyōtei m’est revenu en tête après avoir vu la vidéo du morceau Matsuri (まつり) de Fujii Kaze (藤井風). Elle se déroule dans un parc qui a l’air magnifique appelé Rinkōkaku (臨江閣) près de Maebashi dans la préfecture de Gunma. Voir Kaze évoluer dans un des bâtiments traditionnels en bois du parc m’a en quelque sorte rappelé la vidéo de Ryokushu. Je pense que j’aime autant ce morceau Matsuri que je trouve Fujii Kaze agaçant. L’envie d’écouter ce morceau m’est aussi venu après avoir vu une interview de son producteur Yaffle par un autre producteur, Seiji Kameda, sur l’émission Wow Music que j’ai déjà évoqué plusieurs fois auparavant. J’ai également lu une très bonne interview en anglais de Yaffle par Patrick Saint Michel, sur le site de Billboard. Cette dernière interview contenait un lien vers la vidéo du morceau Matsuri de Fujii Kaze. Ce morceau a fait partie de ma playlist pour les trajets en voiture pendant cette Golden Week, tout comme l’excellent morceau intitulé Plateau (プラトー) de Sakanaction (サカナクション). Je ne suis pas sûr d’écouter leur album en entier mais la manière de chanter les couplets d’Ichirō Yamaguchi sur ce morceau me fascine complètement. Et le petit passage saccadé de guitare au milieu du morceau me rappelle ce que Kida pourrait jouer sur un morceau de Tricot.

Et pour revenir vers Tokyo Jihen, j’inclus également dans ma playlist la nouvelle version du morceau Shiseikatsu (私生活 新訳版) de leur troisième album Variety (娯楽 バラエティ) sorti en 2006. Les musiques de cette nouvelle version sont différentes de la version originale mais il ne s’agit pas non plus d’un remodelage complet du morceau. On peut légitimement se demander la raison de la sortie soudaine, le 1er Mai, de cette nouvelle version. Au moment de la sortie du Best Album Sōgō (総合), Tokyo Jihen avait en fait joué ce morceau le 24 Décembre dans l’émission Music Station Ultra Super Live 2021 (ウルトラスーパーライブ2021), d’où l’envie peut être de sortir cette version de manière officielle. Cette version retravaillée n’est pas meilleure que l’originale, mais je me surprends à beaucoup l’apprécier et l’écouter au milieu de ma playlist juste avant le morceau Matsuri de Fujii Kaze. Je prends en quelque sorte l’habitude de faire cohabiter Tokyo Jihen avec Fujii Kaze car on pourrait s’attendre à une collaboration si Sheena Ringo prend en compte les avis du fan club lors de la dernière enquête (j’en doute personnellement, mais je peux me tromper). L’illustration du single montrant la tour de Tokyo est empruntée au livre Tokyo Kenbutsu (東京見物) de feu Makoto Wada (和田誠). Je ne suis pas vraiment surpris que Sheena Ringo fasse ce choix. Makoto Wada était également le designer du packaging de Hi-lite, qui est (ou était) sa marque de cigarettes depuis toujours. J’en parlais rapidement dans un billet précédent au moment de la sortie du morceau Hotoke dake Toho (仏だけ徒歩) et de sa vidéo.

風を切って行くわよ

Le béton brut de House in Minami-azabu par l’architecte Hitoshi Wakamatsu. La forme en polyèdre du toit a été calculée pour maximiser la hauteur permise par les régulations urbaines du quartier tout en minimisant l’ombre projetée sur les maisons alentours. L’impression brutaliste de l’extérieur est conservée dans certaines pièces à l’intérieur, notamment le living au deuxième étage ouvert des deux côtés par d’immenses baies vitrées dont une aux formes obliques. Le rez-de-chaussée contient une pièce traditionnelle japonaise en tatami plutôt sombre. Le dernier étage sous le toit est peint en blanc avec quelques fenêtres de taille réduite.

Une cérémonie bouddhiste de quartier à Ikegami pour commencer la nouvelle année sous les meilleurs auspices. Comme elle durait plus d’une heure, je me suis discrètement éclipsé pour aller explorer le quartier. Cette cérémonie aux portes d’un temple suscitait la curiosité de certains passants.

Détails d’une rue du quartier d’Ikegami dans l’arrondissement d’Ōta. La zone que je parcours est presque exclusivement résidentielle et ne m’a pas apporté beaucoup d’opportunités photographiques. Mais il faut parfois plusieurs passages pour que les choses se révèlent à moi. J’ai même souvent tendance à voir des choses différentes à chaque passage dans une même rue ou quartier.

Façade du magasin d’instruments de musique Ikebe à Shibuya. Je fais un détour volontaire pour voir les affiches géantes montrant les visages de Hana et Hikam Watanabe de Tamanaramen (玉名ラメン). Ces photographies aux couleurs fortement modifiées reprennent le style du single The light behind my eyelids, que je mentionnais dans un récent billet.

Quand je marche dans le centre de Shibuya, je passe presque systématiquement derrière le grand magasin PARCO pour voir quelle affiche y est montrée. Cette fois-ci, il s’agissait d’une affiche publicitaire pour une réédition en cours de l’oeuvre manga complète de Katsuhiro Ōtomo « The Complete Works« . Bien que j’aime beaucoup son œuvre, il est fort improbable que je me lance dans cette collection là. J’ai d’ailleurs l’impression qu’il y a déjà eu des rééditions du manga AKIRA et d’autres books commémoratifs.

Je fais ces détours rapides en coupant le vent dans Shibuya pour finalement arriver au Tower Records. Des costumes de scène de Tokyo Jihen y étaient exposés au huitième étage pendant une période limitée. Ce genre d’exposition se déroule en général plutôt au Tower Records de Shinjuku, mais depuis la réduction de l’espace du magasin, il ne devait pas y avoir assez de place pour tout montrer. Il faut dire que ça doit être la plus grande exposition que j’ai pu voir jusqu’à maintenant. On y retrouve les kimonos portés par Tokyo Jihen lors de l’émission Kōhaku sur NHK le 31 Décembre 2021, les tenues au début et à la fin de cette même émission, et quelques autres utilisées dans d’autres émissions en 2021. J’étais particulièrement curieux de voir le skateboard de Sheena, qui apparaît régulièrement dans des émissions ou des vidéos. On peut également apprécier les Reebok Pump futuristes, les sacs à dos NASA et les tenues de sport colorées dérivées de celles de la période Sports. J’ai également montré quelques unes de ces photos prises à l’iPhone sur mon compte Instagram. J’y suis allé un dimanche à l’ouverture à 11h et il n’y avait donc qu’assez peu de personnes. Comme l’espace n’est pas très grand tout de même, j’ai fait de mon mieux pour ne pas inclure les visages des autres visiteurs sur mes photos sur Instagram, sauf une photo qui montrait l’affiche à l’entrée et sur laquelle on pouvait voir une fille de profil avec le visage à moitié caché par un masque. Quelques heures après publication, je reçois un DM de cette même personne me demandant de flouter la photo sur Instagram sur laquelle on voyait une partie de son visage ou d’enlever complètement la photo en question, ce que j’ai finalement fait car je ne pense pas qu’on puisse éditer une photo déjà publiée sur Instagram. Deux amis ou connaissances de cette personne m’ont également contacté pour la même raison, de manière fort aimable mais insistante tout de même. Je n’avais pas l’intention de créer de problème donc effacer la photo rapidement a rassuré tout le monde. Mais je ne m’étais jamais vraiment posé la question des problèmes éventuels de montrer des visages sur Instagram ou sur ce blog. Le problème sur Instagram est que j’utilisais le tag #椎名林檎 comme tous les autres personnes ayant montré des photos de cette exposition, ce qui fait que la personne en question a rapidement vu ma photo et a réagi. Je ne prends pas souvent des personnes en photo sur ce blog et encore moins sur Instagram, mais je ne me suis jamais empêché de montrer des visages sortant d’une foule par exemple. Cette remarque va peut-être modifier mon approche, du moins je suis sûr que je vais beaucoup plus y penser, ce qui est pour sûr un peu dommage.

Le titre de ce billet n’a pas grand chose à voir avec le contenu mais j’aime tout simplement la manière dont Nanako Matsushima (松嶋菜々子) prononce cette phrase au guidon d’une moto dans une publicité récente. Je garde cette phrase comme titre pour m’en souvenir.

そちは危ない、立ち入り禁止

Les photographies de ce billet datent pour sûr du 10 Janvier car on y voit des jeunes filles porter un kimono à manches longues qu’on appelle furisode (振袖) pour le Seijin Shiki (成人式), la cérémonie du passage à la majorité à 20 ans au Japon. Ma destination ce jour là était le sanctuaire Meiji Jingu pour aller y chercher un goshuin qui viendrait compléter mon carnet. Il me restait une seule page vide et l’idée de le terminer avec le sceau de Meiji Jingu me convenait plutôt bien. J’hésite un peu à scanner mon carnet maintenant terminé, car c’est une tâche qui me prendrait beaucoup de temps et je ne suis pas certain que ça intéresserait beaucoup de visiteurs. Une fois terminé, le carnet de goshuin est un bel objet que j’aime feuilleter de temps en temps. Je l’ai posé en apparence sur une petite étagère juste au dessus de l’ordinateur familial. Tous les dieux shintoïstes et bouddhistes me tomberont d’un coup sur la tête si un tremblement de terre survenait soudainement pendant que je travaille le développement numérique de mes photographies. Pour me rendre au sanctuaire de Meiji Jingu, je remonte à pieds la rue Kōen Dōri (公園通り) qui me fait passer devant la salle de spectacle Shibuya Public Hall (渋谷公会堂). Tokyo Jihen s’y était produit en 2005 pour la tournée Dynamite Out. Le bâtiment a été renommé en C.C. Lemon Hall en 2006 puis fermé pour reconstruction en 2015. Depuis sa reconstruction en 2019, cette salle s’appelle maintenant LINE Shibuya Cube et devait être utilisée ce jour là pour la cérémonie Seijin Shiki des résidents de Shibuya, car nombreux étaient les garçons et filles de 20 ans en kimono à attendre leur tour devant la salle. Après avoir traversé la très large allée piétonne longeant les studios de la NHK et volontairement marché au plus près du gymnase olympique de Kenzo Tange, j’arrive finalement au sanctuaire de Meiji Jingu accolé au parc de Yoyogi. Nous sommes au dixième jour de l’année mais il y a toujours foule dans le sanctuaire. Je n’ose pas imaginer la foule qu’il doit y avoir ici les trois premiers jours de l’année. Nous ne nous sommes jamais aventurés à Meiji Jingu pendant cette période là. En sortant du sanctuaire, j’aperçois une troupe d’hommes et de femmes en tenue traditionnelle, marchant au pas avec un long arc à la main. Je ne suis pas le seul à les prendre en photo. Je ne sais pas de quelle cérémonie il s’agissait exactement mais elle ne semblait pas visible au public, car le groupe disparu rapidement dans une allée privée s’enfonçant dans la forêt. Les première et dernière photographies sont prises dans un tout autre lieu: en remontant le cimetière d’Aoyama pour l’une et en apercevant le grillage blanc d’un bâtiment commercial de Kazuyo Sejima à Aoyama, pour l’autre.

Je connais le groupe tricot depuis quelques temps mais je n’avais pas jusqu’à maintenant poussé la curiosité jusqu’à écouter un album en entier. J’avais certes tenté de rentrer dans leur univers musical, plutôt à base de math rock, en écoutant quelques morceaux par-ci par-là sans pourtant aller plus en avant. Je ne sais plus exactement les raisons pour lesquelles je n’avais pas approfondi mon écoute mais ça ne devait pas correspondre à la phase musicale dans laquelle je me trouvais à ce moment-là. Ou peut-être pensais-je qu’un groupe s’appelant tricot et utilisant des titres de morceaux comme « Potage » ne pouvait pas jouer un rock qui m’intéresserait. Mais mon avis a pourtant complètement changé depuis la discussion entretenue avec Nicolas dans les commentaires d’un ancien billet intitulé ネタバレしてる人生. On parle d’abord du groupe Genie High mené par le producteur (et guitariste) Enon Kawatani dans lequel chante la guitariste et interprète de tricot, Ikkyu Nakajima. Cette discussion à propos de Genie High me rappelle un morceau que le groupe a interprété avec AiNA The End, Fubenna Kawaige (不便な可愛げ). J’étais également passé à côté de ce morceau à sa sortie en Novembre 2019, ce que je regrette maintenant vu le nombre de fois où j’ai pu l’écouter ces dernières semaines, depuis cette discussion dans les commentaires. Comme quoi, j’ai parfois des idées préconçues sur certaines formations musicales alors qu’elles mériteraient quand même que je m’y attarde. Le morceau Fubenna Kawaige fonctionne extrêmement bien car les voix de AiNA et de Ikkyu sont complémentaires. Il y a une grande fluidité dans les échanges vocaux qui fait grand plaisir à écouter. Le morceau est excellent et musicalement, c’est impeccable même si ce sont deux comédiens qui jouent de la batterie et de la basse. Je pense que mon à priori était dû à la présence de ces comédiens dans ce super-groupe de Kawatani que j’avais initialement eu du mal à prendre au sérieux. Le deuxième album de tricot intitulé A N D m’est ensuite conseillé, pour la simple raison que H Zett M y joue du piano sur deux morceaux. Il ne m’en fallait pas plus pour y jeter une oreille et réaliser que j’étais passé à côté de quelque chose en ne m’étant pas penché sur la musique de tricot un peu plus tôt. Mieux vaut tard que jamais! J’adore tout simplement ce que j’étends sur ce septième morceau Pain (ぱいーん): le rythme frénétique, les coupures inattendues et le piano aux accords compliqués de H Zett M s’accordant excellemment avec les guitares de tricot prenant le relai. En écoutant le piano de H Zett M se mélanger aux guitares et ne pas perdre le dessus, je repense à ses prestations lors des concerts de Tokyo Jihen, Dynamite Out, et de Sheena Ringo, Electric Mole (Sugoroku Xstasy). En fait, je ne soupçonnais pas que la musique de tricot était aussi puissante et prenante. Ikkyu pousse très souvent sa voix et les guitares sont rapides et imprévisibles (ça doit être le côté math rock). Il y a même un côté sauvage et instinctif dans la manière dont Ikkyu chante. Les douze morceaux de l’album A N D défilent à toute vitesse sans qu’on décroche une seconde. Le rythme est soutenu sans vrais moments de répit, mais mélangent le chaud et le froid en alternant des voix plus éthérées avec des chœurs et des montées en puissance soudaines des voix. Des morceaux comme le troisième Hashire (走れ) ou le sixième Kieru (消える) en sont de bons exemples, et sont tout simplement excellents. Comme sur Hashire (走れ), il y a une sorte d’urgence et de danger imminent dans beaucoup de morceaux. « C’est dangereux par là, défense d’entrer » (そちは危ない、立ち入り禁止) comme le chante Ikkyu sur ce morceau. Et les guitares et batterie accompagnent et transcendent cette frénésie sonore qui nous envahit. On ne s’ennuie pas parce que même s’il y a une grande continuité de style dans l’ensemble de l’album résolument de style rock alternatif, on y trouve quand même des moments particuliers comme le neuvième morceau intitulé Niwa (庭) où Ikkyu chante de manière très rapide à la limite du rap. Il y a une sorte de folie contagieuse dans ce morceau là. Il y a des moments un peu plus pop comme le morceau Kōbe Number (神戸ナンバー), qui est également un point remarquable de l’album, notamment quand les trois filles du groupe chantent ensemble le titre du morceau en chœurs (神戸ナンバー、思い出すわー). Mais, j’aime beaucoup de toute façon les morceaux avec des noms de plaques d’immatriculation (笑), que ça soit Hashire wa Number (走れゎナンバー) de Sheena Ringo ou Shinagawa Number (品川ナンバー) du groupe Sōtaisei Riron (相対性理論) d’Etsuko Yakushimaru.

J’oubliais presque de mentionner que tricot (トリコ, Toriko prononcé en japonais) est composé de trois filles à l’époque de ce deuxième album sorti en 2015: Ikkyu Nakajima (Ikumi Nakajima en réalité) au chant et à la guitare, Motifour Kida (Motoko Kida) à la guitare et Hiromi Hirohiro (Hiromi Sagane) à la basse, sachant que tout le monde chante au moins dans les chœurs. Le groupe est originaire de Kyoto et ça s’entend clairement en interview car Ikkyu a bien l’accent du Kansai (enfin, je ne suis pas spécialiste ceci étant dit). Le batteur ayant quitté le groupe avant ce deuxième album, A N D fait donc intervenir des batteurs invités pour les sessions d’enregistrement. Un batteur officiel, Yusuke Yoshida, rejoindra ensuite le groupe à partir de 2017. En écoutant le premier morceau de l’album, Noradrenaline, je me suis tout de suite dit que les premières percussions de batterie sonnaient un peu comme le début de Tadashii Machi (正しい街) de Sheena Ringo. Comme je savais, avant cette première écoute, que les batteurs étaient différents en fonction des morceaux de l’album, j’ai d’abord pensé que Noriyasu « Kasuke » Kawamura (batteur régulier des sessions d’enregistrement et de certains concerts de Sheena Ringo) était aux commandes. En vérifiant sur Wikipedia, la surprise m’emporte en apprenant qu’il s’agit en fait de Toshiki Hata à la batterie sur ce morceau. Comme quoi, même s’il n’y a pas de véritable ressemblance ou inspiration directe visible entre la musique de Sheena Ringo ou Tokyo Jihen et celle de tricot, il y a au moins des liens intéressants en la présence de H Zett M et Toshiki Hata. Mais ce n’est pas tout car Ikkyu dit elle-même apprécier Sheena Ringo. Depuis l’écoute de A N D, je me suis mis en tête d’acheter tous les albums et d’écouter des interviews pour comprendre un peu plus l’esprit du groupe et son inspiration. Je n’ai pour l’instant que les deux albums THE (premier album de 2013) et A N D (deuxième album de 2015) ainsi que le EP School Children and the Cosmos (小学生と宇宙) sorti en 2012, tous achetés en même temps et pour un très bon prix au Disk Union de Shimokitazawa. J’ai eu un peu de mal à trouver A N D, car je suis d’abord allé sans succès aux Disk Union de Shinjuku et de Shibuya, pour finalement le trouver à Shimokitazawa. Acheter ces albums m’a fait beaucoup marcher, mais je retrouve le plaisir presque obsessionnel d’aller fouiller les disquaires pour trouver les CDs qui me manquent (comme je le faisais pour Sheena Ringo et Tokyo Jihen).

Ma curiosité me pousse à écouter des interviews d’Ikkyu Nakajima. L’excellente surprise qui m’attend est une interview d’Ikkyu par AiNA The End, suite à leur morceau en commun pour Genie High que je mentionnais ci-dessus. L’émission s’appelle Wow Music et passe sur la radio J-Wave, mais est également retransmise en vidéo sur YouTube et c’est là que je la regarde. Cette émission est très intéressante car l’hôte faisant les interviews est à chaque fois une personnalité du monde musical et décide des invités qu’il ou elle interviewera pendant l’émission. L’hôte change apparemment tous les mois. On se souvient que pour la même émission, Seiji Kameda avait invité et interviewé Sheena Ringo. Cette fois-ci, il s’agit donc de AiNA avec Ikkyu. Dès le début de l’émission, AiNA nous fait part qu’elle est fan de tricot et de Nakajima en particulier. Après avoir évoqué des anecdotes sur leur morceau commun Fubenna Kawaige (on apprend que les deux ne se sont rencontrées pour la première fois que pendant le tournage de la vidéo), Ikkyu nous fait part de ses débuts en répondant aux questions relativement standards de l’émission (le format est plus ou moins défini). On apprend la signification de son surnom Ikkyu. Elle s’appelle en fait Ikumi mais à l’école primaire à cette époque, c’était la monde de remplacer les hiragana par les chiffres équivalents. Son prénom « I-ku-mi » devient donc « 1-9-3 », ce qui se prononce donc Ikkyu-san. Ce surnom est resté jusqu’à maintenant. On sait qu’elle a fait du judo étant jeune (je le mentionne car je le ressens dans le son du groupe) et a réellement commencé la musique au club de musique (軽音楽部) de son lycée. Elle voulait être chanteuse dès son plus jeune âge mais a réellement commencé à chanter dans les groupes qui se sont formés dans ce club de musique. Elle nous dit qu’elle voulait chanter du Sheena Ringo à cette époque, mais les autres membres du club de musique ne l’ont pas laissé faire parce qu’elle ne chantait pas assez bien (ce qu’on aurait bien du mal à croire maintenant). A la place, elle s’est plutôt retrouvée à chanter des reprises de Mettalica, ce qui fait bien rire AiNA et Ikkyu pendant l’interview. Le groupe tricot s’est formé à cette période là car Motifour Kida jouait de la guitare dans le même club de musique et Hiromi Hirohiro jouait de la basse dans un club d’une autre école. Ikkyu a appris la guitare un peu plus tard grâce à son grand frère qui en avait une à la maison. Une des questions typiques des interviews de cette émission est de demander au musicien/ne invité quel morceau a été le plus marquant. Ikkyu cite le morceau 17 de Sheena Ringo comme morceau marquant, à l’époque où elle était lycéenne. Ce morceau est en anglais, langue qu’elle ne comprenait pas, mais les paroles lui ont paru très adulte. Ce morceau est en b-side de Tsumi to Batsu (罪と罰) sorti en 2000. Ça me plaît forcément de voir des liens se dresser entre des artistes que j’aime et ça me motive d’autant plus à explorer la musique de tricot. Cet interview est très intéressante car on comprend que Ikkyu est plutôt une personne instinctive et spontanée, et n’aime, par exemple, pas répéter à outrance les morceaux avant un live. Elle nous explique pendant l’interview que trop répéter ou se préparer la pousse à réfléchir plus que nécessaire aux paroles qu’elle doit chanter et elle finit dans ces cas là par paniquer et se mélanger les pinceaux (oublier des morceaux de paroles ou se tromper de mots). Je trouve qu’on entend bien ce côté instinctif dans les morceaux de A N D, et sur ce point là, Ikkyu Nakajima me paraît être très différente de Sheena Ringo.

En comparaison, le premier album du groupe THE est moins percutant que A N D, plus « apaisé » que A N D mais n’en reste pas moins excellent. L’album THE est souvent cité comme étant l’album préféré des fans, ce que je peux très bien comprendre, et ce dès le premier morceau POOL accompagné de son introduction pool side. En y retrouve toute la technicité math rock du groupe et une manière particulièrement intéressante de chanter d’Ikkyu. Je dirais que l’approche sur THE est plus classique dans le style rock alternatif. Je suis très bon public pour ce genre de sons, car c’est clairement ma zone de comfort stylistiquement parlant, ayant été baigné dans le rock alternatif américain pendant une bonne partie de mon adolescence. Je dis ci-dessus que l’album est plus apaisé que A N D, mais il ne faut pas croire non plus qu’il s’agit d’une ballade de santé, car les guitares sont toujours très présentes. L’énergie déborde de l’album morceau après morceau. Un morceau comme le cinquième art sick me rappelle un peu les compositions de SPOOL, peut-être en raison de la mélancolie qui le traverse et la manière de chanter d’Ikkyu qui me rappelle par moments celle d’Ayumi Kobayashi sur les morceaux de SPOOL. Ce morceau me donne des frissons à chaque écoute quand la voix décolle. Le septième morceau Ochansensūsu (おちゃんせんすぅす) doit être le plus connu de l’album. C’est également celui qui a la construction la plus particulière et originale, et peut-être bien le meilleur morceau de l’album (quoique mon appréciation doit changer à chaque écoute). Je trouve que ce morceau représente bien une certaine liberté qu’on retrouve dans l’ensemble des compositions du groupe. Ikkyu disait également dans une interview qu’elle et le groupe savaient très bien dans quelle style musical elles voulaient évoluer, mais étaient également désireuses d’expérimenter de nouvelles choses. L’album THE fait 48 minutes, exactement comme A N D, et on ne s’ennuie pas une seconde. Pendant mes marches urbaines du week-end, j’écoute à la suite de THE, le EP Children and the Cosmos (小学生と宇宙) sorti juste avant en 2012. Le style est relativement similaire à celui de THE. Son écoute me fait penser qu’il ne faudra pas que je passe à côté des nombreux EPs du groupe, car on peut aussi y découvrir des pépites comme Yumemi-gachina shōjo, maiagaru, sora he (夢見がちな少女、舞い上がる、空へ). Ikkyu y parle rapidement d’une manière rappée et à la limite de l’émotion (ça me rappelle un peu ce que Haru Nemuri fera plus tard sur Haru to Shura). En écoutant ce type de compositions, je me dis qu’il faut absolument que j’écoute toute la discographie du groupe car même les EPs sont excellents. En écoutant cette musique, j’ai même l’impression de retrouver mon enthousiasme musical d’adolescent.

Cette découverte du monde musical rock de tricot ne me fait pas oublier que Tokyo Jihen a récemment sorti un nouveau morceau (le 4 Février 2022) intitulé Futsū toha (ふつうとは) destiné à l’émission de la NHK Minna no Uta (NHKみんなのうた). Il est composé par Ichiyō Izawa et chanté à deux voix par Sheena et Watchi (le surnom d’Izawa), ce qui est très inhabituel. J’avoue avoir été surpris par la voix d’Izawa, pratiquement parlé et assez grave au chant. Ce morceau prend son temps à se faire apprécier, et se révèle un peu plus à chaque écoute une fois passée cette surprise d’entendre chanter Izawa. Le refrain revient cependant vers des terrains plus classiques pour Sheena. Ce morceau est loin d’être le meilleur du groupe et je l’aurais plutôt vu en b-side d’un single. Je dirais qu’il est agréable sans être transcendant. Mais après les guitares intenses de tricot, une petite pause avec ce morceau est bienvenue. La sortie de ce morceau m’a rappelé qu’il fallait que je prenne en photo ma discographie personnelle de Sheena Ringo et Tokyo Jihen. Il me manque bien quelques CDs (des compilations ou des Box) mais j’ai presque tout en CD/DVD/Blu-ray. Je possède certains CDs et DVDs depuis plus de vingt ans mais j’ai acheté de nombreux autres ces dix dernières années avec une concentration ces trois dernières années. J’ai beaucoup aimé fouiller les Disk Union et autres disquaires de Tokyo pour trouver les disques qui me manquaient. Il y avait à chaque fois une excitation certaine quand je trouvais un disque que je n’avais pas à un bon prix. Je pense notamment au concert Spa & Treatment de Tokyo Jihen trouvé au Disk Union de Shinjuku. Je ne suis pas vraiment satisfait des photos que j’ai pris ci-dessus à l’iPhone, car je me suis rendu compte après-coup que j’ai laissé l’album Kyōiku de Tokyo Jihen posé sur Electric Mole. Je ne montre pas les objets que j’ai reçu du fan club Ringohan ni les quelques livres ou magazines que je possède, car je ne cherche pas particulièrement à faire la collection de ces objets dérivés. Je n’irais pas non plus vers les vinyles, car on n’a pas de platine à la maison, bien que ça me tente à chaque fois que je passe au Tower Records. L’important pour moi est d’avoir tous les morceaux sortis, peu importe le support physique. Tout ces CDs prennent bien sûr beaucoup de place. Certains ont une collection impressionnante et le montre sur Twitter. Je ferais peut-être de même sur Twitter ou Instagram mais il faudrait que je m’applique un peu plus dans l’organisation de mes photos, en mettant par exemple les disques en ordre chronologique.

初詣2◯22


アケオメ
コトヨロ
2〇22

Nous n’avons pas failli à notre habitude de regarder Kōhaku Uta Gassen sur NHK (NHK紅白歌合戦) cette année, sauf que cette fois-ci, j’ai l’impression que nous l’avons regardé plus assidûment que d’habitude. Nous l’avons en fait regardé depuis le début, ce qui arrive rarement, tout en commentant presque chaque intervention. Mari nous fait remarquer qu’on a bien vieilli pour regarder Kōhaku aussi religieusement, mais je pense plutôt que c’est Kōhaku qui a rajeuni. On restera sur cette dernière constatation. La plupart des artistes ou groupes qui se produisaient sur les scènes du Tokyo International Forum ne m’intéressent pas beaucoup musicalement, mais l’important n’est pas là. L’intérêt est plutôt de prendre la température de la scène musicale mainstream japonaise. NHK est certainement loin d’être à la pointe des nouveautés et des dernières tendances mais il y a quand même quelques efforts notés d’années en années, par exemple l’étrange représentation plutôt sombre d’ailleurs de Mafumafu. Il faut noter donc que l’émission était filmée au Tokyo International Forum à Yurakuchō cette année, plutôt qu’au NHK Hall de Shibuya qui est actuellement en rénovation. Certaines représentations étaient quand même filmées là bas. Ce qui était particulièrement intéressant, c’est que le Forum était utilisé dans sa quasi totalité: la grande salle du Hall A contenant un maximum de 5,000 personnes, mais également le long espace oval sous les élégants mâts métalliques blancs que j’ai déjà pris en photo et montré sur ce blog. Ikura de Yoasobi chantait par exemple en descendant les escalators dans cet espace. La scène du Hall A était élégamment décorée par des compositions florales de Makoto Azuma, dont j’ai également déjà parlé plusieurs fois. On a tout de suite reconnu son style. Mon intérêt principal était de voir et d’écouter Tokyo Jihen interpréter le morceau Ryokushu (緑酒) du dernier album, devenu un des morceaux les plus populaires du groupe. Le groupe était habillé en kimono, comme l’année dernière, ce qui n’avait rien d’étonnant. Le final voyait Tokyo Jihen inondé d’une neige de confettis. Il y en avait trop mais ça n’avait rien d’étonnant non plus car Sheena nous avait prévenu dans une émission spéciale diffusée sur NHK le 29 Décembre 2021. L’émission musicale de quarante minutes dédiée à Tokyo Jihen s’intitulait Sōshū (NHK MUSIC presents 東京事変 総集) et voyait le groupe visiter les locaux de la chaîne de télévision en pleine préparation de Kōhaku. Tokyo Jihen avait en fait déjà participé à une émission spéciale sur NHK intitulé Gatten (ガッテン) le 10 Juin 2021 dont j’avais parlé précédemment et pendant laquelle ils avaient interprété Ryokushu sous une pluie de confettis au final. Lorsqu’ils rencontrent le personnel en charge de la mise en scène lors de cette émission du 29 Décembre, on voit Sheena Ringo renouveler cette demande de confettis au final et on lui promet qu’il y en aura beaucoup, à la manière des passages sur scène du chanteur Enka Kitajima Saburō. Ces confettis reprennent l’image des fleurs de cerisiers s’envolant dans les airs qu’on pouvait voir dans la vidéo de Ryokushu. L’OTK savait donc qu’il y aurait une pluie de confettis, mais j’étais loin d’imaginer qu’il y en aurait autant. Sheena et le groupe se sont changés trois fois de tenues pendant l’émission et celle qu’on retient est la dernière, habillée en skateuse avec sac à dos NASA et skateboard à la main. Le skateboard est d’ailleurs un élément récurrent du monde visuel de Sheena Ringo. On le voyait, toujours le même avec un dessin de glace au chocolat et un autocollant ARIGATO, sur la scène de Music Station pour l’interprétation de Gunjō Biyori (群青日和) avec Elopers, dans une scène de la vidéo de Arikitarina Onna (ありきたりな女), ou sur un visuel de la compilation Gyakuyunyū ~Koukūkyoku~ vol.2 (逆輸入 ~航空局~; Reimport, Vol. 2 ~Civil Aviation Bureau~). Le compte Twitter de Shane les répertorie sur un tweet et cette tenue de skateuse, qui est en fait une version alternative de la tenue de l’époque de l’album Sports, inspire les illustrateurs comme ce dessin ci-dessous. Lors du final sur la photo de droite, on voit Sheena entourée de la chanteuse Enka Sayuri Ichikawa et de Hoshino Gen (Ukigumo est également le guitariste de son groupe).

J’étais assez surpris ensuite de voir Hiroko Yakushimaru (薬師丸ひろ子) sur scène. Elle n’a pas interprété le morceau que j’aime du film Sērā-fuku to kikanjū (セーラー服と機関銃, Sailor suit and machine gun), dont je parle décidément souvent (trop) sur ce blog, car Ukigumo chantait notamment ce morceau sur le concert Hyakkiyakō 2015. L’autre bonne surprise et moment attendu de Kōhaku était de voir sur scène Daiki Tsuneta avec son groupe Millenium Parade accompagnés par Kaho Nakamura au chant pour interpréter le morceau U du film d’animation Belle (竜とそばかすの姫) de Mamoru Hosoda. La représentation sombre avec des musiciens masqués a du inquiéter quelques spectateurs. J’étais aussi particulièrement intéressé de voir BiSH participer pour la première fois à Kōhaku, d’autant plus qu’elles ont annoncé la séparation du groupe à la fin 2022. C’était certainement l’interprétation la moins réussie de Kōhaku et même AiNA avait du mal à chanter juste. En fait, je n’ai jamais entendu une interprétation correcte de leur part dans une émission télévisée. Je pense aussi qu’elles ne devraient pas s’obstiner à chanter le morceau Promise The Star, qui doit certainement avoir une valeur émotionnelle pour le groupe, mais qu’elles t’interprètent jamais très bien. Pour en avoir le cœur, j’avais regardé une émission musicale passant dans la nuit sur NHK montrant un mini-concert de BiSH sans public à Fukuoka et j’avais trouvé leurs interprétations tout à fait correctes. Peut-être s’agissait-il du stress du passage Live dans une émission très regardée. Mais bon, ça fait déjà un petit moment que j’attendais leur passage à Kōhaku et je suis tout de même content que ça se soit produit. Et il y avait l’intervention de Fujii Kaze (藤井風) qui était censé interpréter son morceau Kirari (きらり) seulement à distance, mais qui apparaît soudainement sur scène en pantoufles touffues vertes en se mettant à jouer au piano. Je ne connais pas très bien Fujii Kaze à part ses morceaux connus passant à la radio et je n’ai à priori pas d’attirance particulière pour sa musique. Il est ceci dit considéré comme un des jeunes talents. Je dirais même qu’il y a une certaine insolence dans son talent naturel. Les fans de Sheena Ringo et Tokyo Jihen le plébiscitent d’ailleurs pour une éventuelle collaboration, car il a interprété à plusieurs reprises sur sa chaîne YouTube des morceaux de Sheena Ringo et Tokyo Jihen: Marunouchi Sadistic (丸ノ内サディスティック) au piano seulement et en version chantée, et Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間). Ses interprétations sont excellentes et je parie qu’il y aura une collaboration cette année. Enfin, l’émission passe très vite et m’a dans l’ensemble plus intéressé que les autres années. La nouvelle année se fait proche et on se prépare déjà à aller au sanctuaire dans la nuit et le froid, avec comme récompense un verre d’amazake (pas de vin chaud comme sur les pistes de ski).

Le lendemain, le 1er Janvier 2022, le rythme de la journée était très lent et on se décide comme d’habitude assez tard à aller au sanctuaire de Hikawa (氷川神社) et de Konnō Hachimangu (金王八幡宮) à Shibuya pour y faire les premières prières de l’année et pour y récupérer le goshuin spécial du premier de l’an. On évite pour le moment la foule à Meiji Jingu. Mon carnet est presque terminé et il faudrait que je le scanne et le montre sur Made in Tokyo. Comme tous les ans à cette même période, l’hésitation m’a gagné de continuer ou non ce blog pour une nouvelle année. L’hésitation me gagne à chaque fois qu’il faut payer l’abonnement annuel du hosting et du nom de domaine, en me demandant si tout ceci est vraiment nécessaire pour moi et pour les autres (les visiteurs occasionnels ou réguliers). Mais j’ai bien l’impression que je suis reparti pour un tour. 終わらせないで me dit une petite voix dans ma tête.

J’attendais également une annonce de Tokyo Jihen dans les premières heures de 2022, mais on a seulement reçu une carte de bonne année, celle ci-dessus avec une version alternative sur le site web du groupe. Le 1er Janvier 2020, Tokyo Jihen avait annoncé sa re-formation, le 1er Janvier 2021 était l’annonce du nouvel album. Je pensais qu’on allait avoir la confirmation d’une tournée, même online, mais ça n’a pas été le cas. On sait que le groupe a envie de tourner, du moins c’est ce que j’ai compris dans l’émission récente Sōshū sur NHK, et je n’ai pas l’impression qu’ils aient envie de s’arrêter tout de suite. La condition sanitaire actuelle étant pleine d’imprévus, ça semble toujours compliqué de s’engager dans une tournée nationale.

Pour me réconforter un peu, je pars en visite au Tower Records de Shinjuku car je sais qu’on y montre les tenues de la vidéo de Hotoke Dake Toho (仏だけ徒歩). Je prends les quelques photos ci-dessus, que je ne montre pas sur Twitter cette fois-ci. J’aime beaucoup ce médaillon de tête de chat que porte Sheena dans cette vidéo. Il ne ressemble pas vraiment à un de ses trois chats qu’elle montre de temps en temps sur Twitter ou sur Ringohan: Tekuno (テクノ), Jung (ユング) ou Moses (モーゼ). On sait que Sheena aime donner des noms de personnalités aux choses, mais j’en suis moins sûr pour les animaux. Je crois reconnaître Moïse et le psychanalyste suisse Carl Jung pour deux des chats, mais je suis moins sûr pour le troisième appelé Techno ou Tekuno (peut-être choisi pour son origine de l’antiquité). Entre les skateboards et les noms de chats, il y a beaucoup de mystères à résoudre. Le cadeau de nouvelle année (さえずり) de Ringohan que j’ai reçu il y a quelques jours n’arrange rien pour ce qui est des mystères. Il s’agissait de cinq cartes de tarot estampillées du logo de Tokyo Jihen avec des inscriptions en allemand. Il me faudra étudier un peu plus en avant la question, mais c’est exactement cela qui est intéressant.