stuck inside the circumstances

J’ai découvert cette étrange maison couverte de plaquettes de bois dans un recoin de Shirogane. Je suis presque certain de l’avoir déjà vu quelque part sur un site web ou un magazine d’architecture mais je ne retrouve pas qui en est l’architecte. Vue de l’extérieur, elle se compose de trois blocs simples posés les uns au dessus des autres mais cet escalier courbe ressemblant à un toboggan est assez intriguant et me laisse penser qu’une originalité doit aussi se cacher à l’intérieur. L’étrange forme arrondie verte en cuivre oxydé sur la troisième photographie est celle du petit bâtiment NANI NANI de Philippe Starck. C’est un de ces bâtiments que je ne peux m’empêcher de photographier lorsque je passe devant, un peu comme le petit bâtiment blanc de la dernière photographie. Je lui trouve des formes futuristes le faisant ressembler à un robot. J’aurais pu inscrire ce billet dans la série des Petits Moments d’architecture que j’avais commencé il y a très longtemps, mais l’architecture fait de toute façon partie intégrante de pratiquement tous mes billets. Pour titre, j’ai préféré emprunté un morceau de paroles du morceau 36 degrees de Placebo sur leur premier album éponyme de 1996. Les titres de mes billets sont souvent emprunter à des paroles.

En relisant certains de mes anciens billets comme j’aime parfois le faire, notamment le long billet que j’avais écrit sur l’album Sandokushi de Sheena Ringo, je me rends compte que je n’ai pas encore évoqué le dernier EP News (ニュース) de Tokyo Jihen, bien qu’il soit déjà sorti depuis plus d’un mois, le 8 Avril 2020. À vrai dire, j’ai un peu de mal à cacher ma déception. J’ai déjà parlé dans des billets précédents de deux des morceaux sortis avant l’album 選ばれざる国民 (Erabarezaru kokumin – The Lower Classes) et 永遠の不在証明 (Eien no fuzai shōmei – The Scarlet Alibi). Le premier était sorti le 1er Janvier 2020 et avait été une très agréable surprise. Il annonçait la reprise des activités de Tokyo Jihen sous les meilleurs auspices car la composition du morceau était très intéressante. Le deuxième morceau 永遠の不在証明 (Eien no fuzai shōmei) m’avait laissé un avis un peu mitigé lorsque je l’ai écouté pour la première fois. Mais après quelques écoutes et après avoir vu la vidéo dont j’extrais quelques images ci-dessus, c’est désormais le morceau que je préfère du EP. Je ne peux, par contre, pas m’empêcher de penser au fait que le morceau soit utilisé pour un des films d’animation de la série Conan et ça gâche un peu mon écoute. Je n’ai pas d’avis particulier sur cette série car je n’ai jamais regardé un seul épisode, mais j’ai tendance à éviter l’écoute de morceaux liés à un anime (je fais parfois des exceptions). Mais la vidéo du morceau que l’on peut voir sur Youtube est superbe. Le groupe y met en scène son retour depuis une planète lunaire jusqu’au centre de Tokyo, en passant j’imagine par la porte dérobée de l’oeil de Shinjuku, ou en se transmettant peut être à travers les antennes de la tour de Tokyo. Ce qui est intéressant sur cette vidéo, c’est qu’on y voit des scènes liées à la vidéo du morceau Niwatori to Hebi to Buta (鶏と蛇と豚) de Sandokushi. On y trouve des images qui se répètent sur les deux morceaux comme l’allée devant la tour de Tokyo, le ballon géant en forme de cochon flottant au dessus de Shinjuku, une forme d’oeil se trouvant sur la batterie de Toshiki Hata, une image du pont de Nihonbashi, ou encore des vues similaires sur le Rainbow Bridge depuis des toits d’immeubles. L’esthétique visuelle entre les deux morceaux est très similaire et j’aime beaucoup ces points de liaison, très intrigants, d’autant plus qu’ils font ici le lien entre la carrière solo de Sheena Ringo et celle renaissante de Tokyo Jihen. J’ai aussi malheureusement tendance à penser que la qualité visuelle de la vidéo dépasse la qualité intrinsèque du morceau. Comme sur le reste du EP, le groupe reste clairement dans sa zone de confort, ce qui n’est pas désagréable à priori mais qui donne l’étrange impression de revenir huit ans en arrière pour écouter des morceaux un peu moins intéressants ou novateurs. L’ensemble se tient tout de même bien. J’aime beaucoup le deuxième morceau うるうるうるう (Uru Uru Urū – Leap & Peal), un peu moins les deux suivants 現役プレイヤー (Geneki Player – Active Players) et 猫の手は借りて (Neko no te ha karite – The Cat From Outer Space). Mais malgré ces quelques critiques, la musique de Tokyo Jihen reste tout de même pour moi au dessus de la mêlée. Espérons tout de même qu’ils prennent un peu plus de risques à l’avenir en expérimentant un peu plus. J’ai peut être moi-même une pointe d’aigreur du fait de ne pas avoir pu aller au concert de fin Mars à cause des circonstances actuelles. Comme maigre consolation, je me contente du t-shirt édition 2020 du groupe que je viens de recevoir au début du mois.

Ah oui, j’allais presque oublier que Made in Tokyo vient tout juste d’avoir 17 ans. Comme je le mentionne à chaque fois tous les ans, je me surprends moi-même de sa longévité, qui ne tient pas à grand chose finalement si ce n’est à mon envie d’écrire, de photographier et de partager, et aux commentaires que je reçois des quelques visiteurs réguliers qui se reconnaîtront. Le nombre de visites se tient toujours à une moyenne de 50 par jour avec des hauts et des bas. Ces visites couvrent en grande partie les nouveaux billets publiés mais également, pour moitié environ, mes articles sur l’architecture tokyoïte, notamment celle de Ryue Nishizawa, Kazuyo Sejima ou Sou Fujimoto. Je pense avoir pris une vitesse de croisière depuis quelques années dans la publication de mes billets. Et un petit rappel sur l’enquête pour ceux qui veulent bien y répondre.

le silence du forum (2)

La toiture métallique courbe du grand hall de verre du Forum International de Tokyo ressemble à un nuage. Posée sur deux piliers, elle semble flotter dans les airs. Le filet de lumière qui entoure la toiture renforce cette impression d’une structure en apesanteur. Malgré la taille de la structure, son apparente légèreté impressionne. En poussant un peu plus son imagination, cette toiture ressemble également à une toile courbée par le vent et portée par deux mâts. Le grand hall devient une sorte de grand vaisseau posé au repos au milieu de la ville. Lorsque l’on regarde cette structure, les images se bousculent, tout simplement parce que la fonctionnalité de cet espace vide entre des murs de verre n’est pas imposée ni évidente. Je me dis que c’est un grand luxe dans une ville dense comme Tokyo de pouvoir créer comme ici des espaces et des volumes non utilisés. J’en viens même à penser que cet espace a dû être créé dans le seul but de susciter l’imaginaire pour les quelques visiteurs qui viennent se perdre dans les étages de ce grand hall. La légèreté de cette structure fait qu’on la regarde avec un cœur léger et ce lieu semble même parfaitement adapté pour se poser tranquillement et entrer en réflexion intérieure. Mais cela n’est possible que dans la mesure où l’espace reste calme, loin des touristes, ce qui était le cas lors de ma visite.

Avec toutes ces émotions autour du Coronavirus, j’allais presqu’oublier de parler du nouveau morceau de Tokyo Jihen intitulé The Scarlet Alibi (永遠の不在証明 – Eien no fuzai shōmei). Dès les premières notes, on a l’impression de déjà connaître ce morceau. Il ne brille pas par son originalité mais n’en reste pas moins très accrocheur. J’aime beaucoup le morceau, mais j’aurais aimé qu’il aille vers des terrains plus risqués. Il ressemble tellement à d’autres morceaux de Tokyo Jihen que le groupe semble même s’auto-parodier. Pour leur retour après huit années, c’est peut être volontaire pour rassurer les fans en montrant que le groupe n’a pas changé son approche, mais la passion est je trouve un peu en retrait. Je suis tout de même très curieux d’entendre le nouvel EP News (ニュース) qui sortira le 8 Avril, car chacun des cinq morceaux est écrit par un membre différent du groupe, comme pour Color bars. On peut donc s’attendre à des morceaux moins consensuels.

le silence du forum (1)

Le Forum International de Tokyo (東京国際フォーラム) par l’architecte uruguayen Rafael Viñoly est une des œuvres architecturales les plus emblématiques de Tokyo. Un peu comme le Gymnase de Yoyogi de Kenzo Tange, c’est une architecture si élégante et originale dans sa conception qu’elle s’approche à mes yeux d’une œuvre d’art qu’on aime regarder longuement. Le complexe est composé d’une place intérieure délimitée d’un côté par quatre blocs en suspension utilisés comme salles de spectacle et de l’autre par un grand hall de verre courbé couvert par une canopée de métal blanc tenue par deux immenses piliers. On peut circuler le long des surfaces de verre du grand hall grâce à des passerelles en pente. Des tunnels métalliques permettent également de traverser le grand hall en hauteur et en diagonale. Lorsque l’on monte tout en haut, la vue sur la structure est grandiose et donne même un peu le vertige lorsqu’on s’approche des bords vitrés. De cet endroit, on peut admirer l’espace vide de l’intérieur du grand hall. Le soleil commence à se coucher et je ne suis donc pas le seul à prendre des photographies. Il y a cependant très peu de monde dans les hauteurs de la structure. Je vois un jeune couple assis à même le sol au bord d’une des grandes surfaces vitrées et des parents avec leur enfant regardant la ville de haut. Un photographe otaku amateur est également posté dans un des coins du grand hall pour prendre une jeune fille en robe de couleur en photo. Il multiplie les poses en jouant avec la lumière se frayant un chemin entre les tubes de métal de la canopée. Moi, je jubile en regardant cet endroit d’autant plus que j’ai du temps à y perdre.

Je suis venu au Forum International de Tokyo près de la gare de Yurakucho, une semaine exactement avant le concert de Tokyo Jihen du dimanche 1er Mars auquel je devais assister. Je voulais venir en repérage pour me souvenir à quoi ressemblait les alentours du Hall A dans lequel le concert aura lieu. A ce moment déjà, j’avais déjà le pressentiment que le concert n’aurait pas lieu à cause du Coronavirus ou que je serais pas en mesure d’y assister. Mon intuition était bonne mais je ne le savais pas encore. Pendant ma visite du grand Hall du forum, je m’étais décidé à écouter en entier sur l’iPod le concert Ultra C (ウルトラC) de Tokyo Jihen, pour me mettre dans l’ambiance. Je pense que la playlist de l’album live Ultra C ne doit pas être très différente de ce qu’ils ont joué les 29 Février et 1er Mars. J’ai en quelque sorte assisté au concert en avance dans le forum, mais en silence seul en regardant le vide à l’intérieur de la structure de verre. Comme je le mentionnais dans un billet précédent, je ne suis pas allé au concert après une longue réflexion. Alors que la grande partie des événements et concerts dans tout le Japon ont été annulés ou repoussés, j’ai encore du mal à comprendre pourquoi le groupe a pris le risque de maintenir ces deux dates à Tokyo, d’autant plus que des cas de contagion avaient été annoncés dans une salle de concert à Osaka. Avant de prendre ma décision, j’ai beaucoup regardé les fils Twitter pour remarquer que le groupe était beaucoup critiqué, ce qui a même été évoqué dans des émissions télévisées ou dans les news sur Internet. J’ai trouvé que l’attitude du groupe n’était pas responsable. Le premier concert du 29 Février s’est déroulé sur une courte durée d’une heure et vingt-cinq minutes sans rappels et sans commentaires du groupe entre les morceaux. Sachant que j’y aurais été avec un masque en essayant d’éviter les foules, je n’aurais certainement pas apprécié l’événement comme il aurait fallu. Je suis assez mécontent de l’attitude du groupe mais ça passera certainement avec l’arrivée du mini-album début Avril dont un nouveau morceau que je n’ai pas encore écouté vient de sortir. Après les deux dates maintenues à Tokyo, le groupe a annoncé l’annulation des dates suivantes à Osaka et ailleurs. La situation actuelle est de toute façon très difficile à vivre pour les artistes et groupes de tous genres. Espérons que tout ceci se termine rapidement.

just be where you are

Je documente beaucoup les changements visuels qui s’opèrent en ce moment à Shibuya et ça risque de continuer encore pendant plusieurs mois, le temps que les nouveaux blocs architecturaux se mettent en place. Je me dis que ça sera intéressant de revoir ces endroits en photographie dans une dizaine d’années lorsque ces nouveaux immeubles et le nouvel urbanisme qui l’accompagne seront devenus un paysage commun pour les passants de Shibuya. En pensant au Shibuya d’il y a plus d’une dizaine d’années, je me remémore soudainement les photographies argentiques qu’avait fait le photographe Sebastien Pons entre 2001 et 2005 dans sa série Colors of Tokyo. Je me souviens qu’il me les avait montré lors de son passage à Tokyo. J’avais été grandement impressionné à l’époque par les couleurs saturées qu’il développait, donnant un grand impact aux personnages de rue qu’il prenait sur le vif. J’ai certainement pris l’habitude de pousser un peu la saturation de mes photographies après avoir vu les siennes, mais je suis incapable de prendre des inconnus en photo sur le vif comme il le faisait. Ce style de couleurs très saturées me rappelle le style de la photographe japonaise Mika Ninagawa. Comme je le mentionnais rapidement dans le billet précédent, elle réalise également des films comme Sakuran avec Anna Tsuchiya comme actrice principale en 2006 et Helter Skelter avec Erika Sawajiri en 2012. Je viens d’ailleurs de regarder Helter Skelter sur Netflix. J’ai bien aimé le film qui nous parle de l’aliénation provoquée par la célébrité et le côté ‘prophétie auto réalisatrice’ quand on connaît les soucis judiciaires actuels de Sawajiri est assez perturbant. J’ai également commencé à regarder la série Followers, toujours de Mika Ninagawa sur Netflix, et on nous parle encore du milieu de la mode et de ses règles infernales. Je ne sais pas trop quoi en penser, car la série se laisse regarder mais est extrêmement agaçante à de nombreux égards. La série reste très inoffensive et les acteurs ont une tendance a sur jouer et à se regarder jouer. Il y a tellement d’acteurs et actrices invités faisant des apparitions que ça ressemble à un défilé de mode. L’histoire, dans les quatre premiers épisodes que j’ai vu pour l’instant, reste assez prévisible et la critique en fond des médias sociaux sent le déjà-vu et arrive beaucoup trop tard pour être intéressante ou avant-garde. Le film Helter Skelter montre ce même milieu professionnel de la mode mais était beaucoup plus dérangeant et intéressant. Du coup, Followers ressemble à une version japonaise de Gossip Girl, série qui était certes distrayante dans ses premières saisons, mais on attendrait un peu plus d’originalité de la part de Ninagawa. Mais on se rattrape sur la beauté graphique de Followers qui me fait tout de même continuer, en espérant que l’histoire décolle un peu plus tard dans les épisodes de la série. C’est aussi étonnant de voir KOM_I en actrice, et la bande son est intéressante. On peut y entendre des morceaux de Supercar, Chai et Sheena Ringo (que Mika Ninagawa a d’ailleurs déjà pris en photo). Sur Helter Skelter, j’avais eu la bonne surprise d’entendre le morceau Mushi no Onna de Jun Togawa (morceau qui est très utilisé apparemment car je l’avais déjà entendu dans Forest of Live de Sion Sono).

Je suis un peu aigri en ce moment car j’ai décidé de ne pas aller au concert de Tokyo Jihen ce week-end. Une très grande majorité des événements spéciaux, concerts, écoles, certains espaces culturels comme Bunkamura, les Disneyland et Universal Studio ont décidé de fermer leurs portes sur consigne du gouvernement japonais pour essayer d’endiguer le virus, mais Tokyo Jihen décide malgré cela de maintenir les deux concerts de Tokyo dans le Hall A d’une capacité de 5000 personnes au Tokyo International Forum. Une option de remboursement est proposée, mais j’ai du mal à comprendre la position du groupe de maintenir ces concerts dans la situation actuelle. La logique de symétrie qui pousse Sheena Ringo à vouloir absolument redémarrer le groupe un 29 Février, va un peu trop loin à mon avis. J’aurais grandement préféré que le concert soit repoussé pour pouvoir y assister plus tard.

Pour me réconforter un peu, j’écoute Purity Ring qui est de retour avec un nouveau morceau intitulé Stardew. C’est un vrai bonheur car le morceau est excellent comme les très bons moments des albums précédents, notamment Another Eternity que je me remets à écouter en boucle en ce moment. Le style électronique-pop est toujours prépondérant sur ce nouveau morceau, mais il surpasse en qualité et intérêt tous les morceaux que je connais du groupe.

Un grand nombre des titres de mes billets sont extraits de paroles de morceaux dont je parle dans chaque billet, et je trouve qu’ils sont étrangement d’actualité sur les deux derniers billets.

une déesse blanche qui s’éloigne

Une déesse blanche qui s’éloigne. Nous n’étions pas allés rendre visite à la grande déesse blanche Kannon depuis longtemps, bien qu’on la voit en permanence depuis la station d’Ofuna. C’est une sensation étrange de se dire qu’on ne la reverra pas avant longtemps. A 1h de voiture ou 40 minutes en train environ de Tokyo, elle est si proche et pourtant si lointaine. On aura certainement beaucoup moins l’occasion de revenir ici ou à Kamakura après le déménagement de la belle-famille, alors on profite une dernière fois pour marcher autour de la statue géante à l’intérieur du temple. C’est une promenade privilégiée père et fils. Tout marchant, on parle du manga qu’il est en train de lire et qui le passionne, Kimetsu no Yaiba. Il lit le manga et je regarde l’anime sur Netflix. On compare ensuite nos avancements respectifs dans la trame de l’histoire, sachant qu’il est déjà beaucoup plus avancé que moi et qu’il montre une certaine satisfaction à connaître la suite de l’histoire avant moi.

Un concert qui s’approche. L’annonce des résultats de la loterie pour l’achat des billets de concert de la tournée Live Tour 2020 News Flash de Tokyo Jihen a eu lieu le samedi 1er Février. Un email du fan club Ringohan annonce le matin que les demandes de billets étaient bien supérieures à la capacité des salles, ce qui ne m’étonne pas du tout. N’ayant pas une chance innée pour ce genre de loteries, j’ai bien cru que je ne réussirais pas à avoir une place. J’avais lancé des réservations pour deux dates pour les concerts de Tokyo, et une seule des dates sera retenue à la loterie, ce qui est parfait même si je n’aurais pas refusé de voir le concert deux fois. J’irai donc voir Tokyo Jihen au Tokyo Kokusai Forum à Yurakucho pour une des deux dates du début Mars. Je suis très heureux de pouvoir aller les voir, surtout que je n’ai jamais assisté à un concert de Sheena Ringo. Ça fait d’ailleurs de nombreuses années que je ne suis pas allé voir un concert. En excluant les petits concerts rocks vus au hasard au Shinjuku LOFT à Kabukichō ou au Koenji 20000V (cette dernière salle ferma en 2009 mais ressuscitera ensuite en Higashi-Koenji 20000 Den-atsu 二万電圧), le dernier concert d’importance auquel j’ai assisté doit être celui de Sonic Youth au Akasaka BLITZ le 17 Février 2003. Pour me préparer au retour de Tokyo Jihen pour cette série de concerts, je me remets à écouter les albums les uns après les autres. Je regarde encore une fois le teaser sur YouTube annonçant leur retour dont les quelques images ci-dessus sont extraites. Le clip vidéo d’inspiration olympique s’inscrit dans la continuité de l’album Sports (2010) qui reprenait également cette imagerie sportive. J’aime beaucoup son design général, ses couleurs rouges et un peu délavées qui nous font nous demander si ce sont les Jeux Olympiques de 2020 ou de 1964 qui sont représentés. Ces images ne sont en fait pas nouvelles car elles proviennent majoritairement de la vidéo du dernier morceau du groupe, Tadanaranu Kankei ただならぬ関係, qui était sorti à l’occasion de la compilation de face B intitulée Shin’ya Waku 深夜枠. La vidéo du teaser mélange en fait les images montrant l’histoire du groupe comme cette image de disque dur qui redémarre au début. On reconnaît le box set Hard Disc sorti en Février 2013 qui reprenait les 5 albums du groupe ainsi que le mini album Color Bars et des disques d’inédits, enregistrés de 2004 à 2012. Espérons que ce disque dur qui redémarre enregistrera l’histoire du groupe pendant les 8 années qui viennent. En fait, Tokyo Jihen s’est séparé officiellement après 8 ans d’existence lors d’un concert au Budokan, le 29 Février de l’année bissextile 2012. Connaissant Sheena Ringo, il était donc assez logique que Tokyo Jihen reprenne du service 8 ans après leur séparation lors de l’année bissextile 2020, pour une série de concerts qui démarrera le 29 Février. J’aurais en fait pu le deviner depuis longtemps.