白狐と黒猫

Le temple Toyokawa Inari est rempli de statuettes de renards car il est dédié au dieu renard. Il s’agit d’une branche du temple du même nom situé dans la ville de Toyokawa dans la préfecture de Aichi. C’est plutôt inhabituel de voir le dieu renard dans un temple bouddhiste car cette figure animale est plutôt présente et vénérée dans le culte shinto et donc plutôt présente dans les sanctuaires. Il se trouve qu’historiquement la divinité bouddhiste vénérée dans ce temple chevauchait un renard blanc et que l’imagerie bouddhiste de ce renard est venue se mélanger avec celle shintoïste du renard Inari. La lumière forte de fin de matinée vient jouer avec ces figures de renards alignées méthodiquement. Il y a une multitude de statuettes dans ce temple. J’aime beaucoup le désordre ambiant qui règne dans ce temple très chargé en autels de toutes sortes. On le trouve près d’Akasaka, en face de la pâtisserie japonaise Toraya et à côté d’une des vastes demeures impériales. On pourrait penser que le bâtiment de la pâtisserie reconstruit récemment est une nième création architecturale de Kengo Kuma, mais Hiroshi Naito en est l’architecte. On ne manque jamais une occasion d’aller dans cette pâtisserie lorsque nous passons dans les environs, mais nous n’avons malheureusement pas assez de temps pour nous asseoir dehors au balcon. J’aurais beaucoup aimé m’asseoir et regarder de loin le temple Toyokawa Inari, en pensant à cette histoire de renard blanc. Dans mes songes, les renards blancs des temples viendraient jouer avec les chats noirs des sanctuaires en dansant et en chantant à tue-tête comme dans un matsuri, comme dans une ukiyo-e pleine de fantaisie de Kawanabe Kyōsai. Et part association d’idées, ces chats noirs doués du sens du spectacle me font penser à l’agence Kuronekodō (黒猫堂) de Sheena Ringo et à la musique du concert qui va suivre.

Ce n’est parfois pas facile de trouver le DVD ou Blu-Ray d’un concert que l’on recherche. On trouve bien sûr la totalité des CD, DVD et Blu-ray au Tower Records de Shibuya, mais je recherche avant tout des versions d’occasion en bon état et je me dirige donc en général vers les Disk Union de différents quartiers, ceux de Shibuya, Shinjuku, Shimokitazawa ou Ochanomizu à la recherche de ce qui me manque. Pour les disques d’occasion, il y a des indicateurs d’état général inscrits sur les CD/DVDs. Un état A est quasiment neuf avec tous les petits feuillets à l’intérieur (stickers éventuellement ou autres) ainsi que le petit carton couvrant un des bords de la boîte (le obi, comme sur un kimono). Un état B aura éventuellement une ou plusieurs petites rayures ou le petit carton de bord manquant, mais je ne m’en soucis en général assez peu. On peut de toute façon demander au vendeur d’ouvrir la boîte pour vérifier l’état. Jusqu’à maintenant, et j’ai acheté pas mal de CDs/DVDs au Disk Union, je n’ai jamais eu aucun problème sur la qualité de la marchandise, même sur des CD/DVDs marqués B. Un de mes petits plaisirs en ce moment, vous l’aurez sans doute déjà compris et certainement un peu marre de me l’entendre dire, est de partir à la recherche des vidéos de Sheena Ringo et Tokyo Jihen, principalement celles des concerts, mais également les DVDs des clips vidéos. Autant tous les albums sont en général facilement trouvables dans n’importe quel Disk Union, autant il est beaucoup plus difficile de trouver les DVD/Blu-ray de certains concerts. J’ai beaucoup cherché Ultra C, le concert de Tokyo Jihen sorti dans la foulée de l’album Sports en 2010. Je pensais vraiment le trouver au Disk Union de Shinjuku, qui a en général le plus grand nombre de disques de Sheena Ringo et Tokyo Jihen (peut être parce qu’on associe cette musique à un soi-disant style ‘Shinjuku-kei’), mais ce n’était malheureusement pas le cas. La seule solution était de le commander sur le site Internet de Disk Union, pour le retirer quelques jours plus tard dans un des magasins de son choix. On peut aussi acheter d’occasion sur Amazon, mais les revendeurs sont multiples et je crains un peu que la qualité annoncée ne soit pas celle réelle. Je voulais absolument me procurer Ultra C, car je savais que ce concert couvrait principalement l’album Sports qui est un des albums que je préfère du groupe.

Ultra C est sorti en DVD le 25 Août 2010 et en Blu-ray le 8 Septembre 2010. C’est le premier concert du groupe disponible au format Blu-ray et c’est la version que j’ai entre les mains. Il s’agit d’une captation vidéo de la tournée nationale Tokyo Jihen Live tour 2010 Ultra C (東京事変 live tour 2010 ウルトラC) qui se composait de 22 dates couvrant tout le Japon du 26 Mars au 23 Mai 2010. Le concert montré sur le DVD/Blu-ray est celui qui se déroulait à Tokyo le 12 Mai, au Tokyo International Forum Hall A, comme pour les dates de Tokyo sur la tournée News Flash de 2020. La configuration de la salle explique certainement certaines similitudes entre ces deux concerts. Le concert est montré en intégralité sans coupures, ce qui est une bonne chose et qui n’est pas toujours le cas sur les concerts de Sheena Ringo. Le groupe y joue 22 morceaux (restons symétrique si possible) en incluant les rappels, ce qui correspond à environ 1h40, à peu près similaire à ce qu’on a pu voir sur News Flash mais nettement moins long que les 2h de Bon Voyage. Yuichi Kodama était en charge de la mise en scène et en vidéo de ce concert. On peut se demander quelle est la signification de ce titre Ultra C (ウルトラC) qui ne correspond pas à un nom de titre de morceau ou d’album. Il s’agit en fait d’un terme sportif japonais, ce qui correspond assez bien au thème graphique de l’album Sports sorti juste avant la tournée en Février 2010. En gymnastique, les niveaux de difficulté des figures étaient autrefois notées de A à C (A étant un niveau facile par rapport à C étant difficile). Pendant les Jeux Olympiques de Tokyo en 1968, l’équipe japonaise de gymnastique décrivait sa stratégie comme étant ‘Ultra C’, pour montrer que leur ambition était de dépasser tous les standards de l’époque. Cette stratégie a d’ailleurs fonctionné car l’équipe japonaise a remporté la médaille d’or, et le terme est rentré dans le langage par la même occasion. Avec un nom pareil, on pouvait donc s’attendre à un concert hors du commun.

Alors que la pochette du DVD/Blu-ray d’Ultra C montre les tenues sportives devenues désormais emblématiques du groupe (on peut les acheter en version 2020 sur la boutique en ligne), le groupe ne les revêt pas pendant le concert. Assez étonnamment d’ailleurs, il n’y a, pendant le concert, aucune allusion visuelle au monde du sport ou de l’olympisme, qui est quand même une constante dans les concerts qui vont suivre (par exemple, dans le thème couleur de certaines tenues sur News Flash, ou dans l’utilisation du drapeau comme sur un podium sur Bon Voyage). La mise en scène du concert est très sobre, un peu comme celle de News Flash plus tard, dans le sens où il y a aucune décoration sur scène, les effets spéciaux sont assez peu nombreux et le groupe ne change pas de tenues pendant tout le concert sauf une fois pour les rappels. Il n’y a absolument rien de gênant la dedans, tant que la qualité musicale est là, ce qui est bien entendu le cas ici. Le groupe en formation rock est habillé d’une manière ‘sauvage’ et j’adore la manière dont ils sont coiffés, surtout Ukigumo et Toshiki Hata ayant des mèches dépassant soudainement comme des fuites d’eau. Sheena Ringo est blonde coupée court, ce qui lui va très bien. Je vois un parallèle entre cette coupe courte et l’approche générale plus aggressive du concert, qui n’est pas pour me déplaire. Sur ce concert, le fait que le groupe ne change pas de tenue devient un même un concept, dans le sens où ils se concentrent uniquement sur les sensations délivrées par la musique et les voix.

J’essaie là d’expliquer tant bien que mal, en quoi ce concert est un des meilleurs que j’ai vu du groupe. Dès leur entrée sur scène sur le premier morceau Kachiikusa avec Sheena à la guitare, on se dit que c’est difficile de faire plus ‘cool’ (les mots かっこよすぎる me viennent tout de suite en tête en japonais). Elle prend assez souvent la posture de chant de côté sur ce concert mais reste assez mobile sur beaucoup de morceaux, tout en prenant certaines pauses assez emblématiques, notamment figée à la guitare sur la fin de certains morceaux. On ne pourra pas reprocher à Sheena Ringo de ne pas habiter ses interprétations sur scène. Je trouve même que c’est exacerbé sur ce concert où elle se tord littéralement sur scène comme pour faire sortir cette voix de son plus profond intérieur. La playlist est relativement classique avec beaucoup des morceaux que j’adore comme Denpa tsūshin. L’ambiance visuelle est assez sombre pendant ce morceau avec des flashs de lumière extrêmement nerveux. J’aime beaucoup l’interprétation de Season Sayonara, car la tension vocale est palpable, et on sent une grande concentration dans l’exécution. Cette concentration de l’ensemble est comme si le groupe avait pour but de faire un ‘ultra c’ comme en gymnastique olympique. Ce concert me rappelle un peu Zazen Ecstasy en ce sens, Sheena Ringo semblant pareillement concentrée, tout en étant assez avare en commentaires pendant le set à part quelques mots par-ci par là. Je vois cette concentration comme un respect profond envers le public (je dis ça car c’est ce que je ressentais lors d’interview où elle évoquait les concerts). C’est intéressant d’ailleurs de voir comment elle est à l’aise pendant les morceaux, comme si elle jouait un rôle d’actrice, mais semble un peu timide pendant les commentaires entre les morceaux. C’est très certainement assez typique d’artistes qui deviennent une toute autre personnalité sur scène. Je pense à ça car son nom Ringo est apparement emprunté au fait qu’elle rougissait facilement étant plus jeune. Mais pendant tout le concert, elle contrôle complètement ce qui s’y passe sans temps morts. L’association des morceaux OSCA et FOUL met toujours le feu aux foules, et Izawa ne tient pas en place debout sur son clavier (enfin à côté du clavier). Hata est extrêmement rapide à la batterie et on le voit souffrir. L’énergie est frénétique et on sent bien que ça ne peut pas durer très longtemps sur ce rythme.

Une des surprises de ce concert est l’interprétation du morceau Ariamaru Tomi, qui n’est pas de Tokyo Jihen, mais de Sheena Ringo en solo. Le morceau n’est pas encore sorti sur un album à cette époque et on le retrouvera quatre ans plus tard sur Hi Izuru Tokoro (日出処). Ce morceau calme le rythme d’ensemble du concert. Une autre excellente surprise de ce concert est l’interprétation des morceaux d’ouverture et de fermeture de l’album Sports, à savoir Ikiru (生きる) et Kiwamaru (極まる). C’est sur ces morceaux, que je la trouve la plus habitée par ce qu’elle chante, les morceaux étant très difficiles. Ce sont quelques uns des très beaux moments du concert, car très chargés émotionnellement au point où on se demande si elle s’en sortira complètement indemne (elle reste courbée un moment pendant le final instrumental de Ikiru). Zettai Zetsumei poursuit le set mais ne lâche pas vraiment la tension. La totalité des morceaux de l’album Sports sont interprétés (incluant également une b-side), mais il faut dire qu’il y a beaucoup de morceaux adaptés au Live sur cet album, Nōdōteki Sanpunkan avec son compteur de 3mins ne fonctionne vraiment bien qu’en concert d’ailleurs. Il y a toujours le faux suspense de savoir si ils vont bien terminer le morceau dans les 3 minutes imparties, mais vu le niveau technique du groupe, on a en fait assez peu de doutes. A chaque concert, je suis toujours marquer par le fait qu’il n’y ait aucun faux pas, que ça soit dans l’interprétation musicale ou vocale. Ou alors les erreurs sont si discrètes que je ne les détecte pas, à part peut être sur les sourires parfois. Je guette d’ailleurs toujours le sourire de Seiji Kameda, que je ne peux m’empêcher de voir comme la figure de proue du groupe, certainement car il suit Sheena Ringo depuis ses débuts.

Le concert reprend aussi quelques morceaux des albums précédents à Sports, comme les classiques Shuraba d’Adult ou Killer Tune de Variety, mais pas Gunjō Byori de Kyōiku. Sur Kyōiku, un seul morceau est interprété, Sounan, qui est je pense moins classique des concerts. Sheena reprend la guitare en deuxième partie du concert sur le morceau Gaman, en b-side de Nōdōteki Sanpunkan, qui aurait pu complètement intégré l’album ou alors est ce l’interprétation live à plusieurs voix qui rend le morceau remarquable. Là encore, j’aime beaucoup quand Sheena regarde Hata à batterie pour s’adapter à son rythme pour démarrer ou clôturer un morceau. Ceci explique peut être d’ailleurs cette position caractéristique de côté, le corps positionné en face de la batterie. Vient ensuite l’interprétation de Superstar, que je préfère quand même sur News Flash. Il y a d’ailleurs beaucoup de morceaux communs à ces deux concerts et ils se ressemblent assez dans leur forme assez sobre (par rapport à Bon Voyage par exemple). Dans les deux concerts, on retrouve également des morceaux comme Bōtomin et Noriki. Et pour le final dans les rappels, le groupe reprend les immanquables classiques que sont Marunouchi Sadistic, toujours dans une version proche d’Expo 8, et Senkō shōjo. Vers la fin du concert, on sent également l’ambiance se détendre, notamment quand les petits drapeaux avec le symbole de Sports commencent à apparaitre sur les morceaux.

Le DVD/Blu-ray contient également un bonus vidéo avec quelques autres morceaux interprétés à certaines dates de concert, en fonction de l’origine de chacun des membres. Pour le concert à Chiba, Ukigumo reprend un morceau américain country d’eddie Miller intitulé Release Me (morceau qui ne m’intéresse pas beaucoup). A Fukuoka, Sheena parle au public du fait qu’elle a passé son enfance dans cette ville et se demande s’il y a dans le public des personnes qui la suivent depuis les débuts, qui ont le même âge qu’elle et ont peut être des enfants. Elle interprète ensuite Tasogare Naki (黄昏泣き) accompagné par Izawa au piano. A Osaka, c’est au tour de Seji Kameda d’interpréter lui même au chant et à la guitare sèche le morceau Senkō shōjo (閃光少女) dont il a écrit la musique. A Okayama, Ichiyō Izawa interprète seul un morceau intitulé Haha no Hikari (母の光) que je ne connaissais pas et qui n’est pas au répertoire de Tokyo Jihen. L’interprétation la plus surprenante et intéressante est celle de Toshiki Hata à Shimane, effectuant une danse théâtrale du rite shintoïste Kagura (神楽) en kimono très coloré, accompagné aux sons du taiko et par un chant traditionnel. Hata est plein de surprise. J’aurais bien vu cet épisode en particulier inclus dans la totalité du concert. Toujours est il qu’Ultra C est comme je le pensais un des meilleurs concerts du groupe, parmi ceux que j’ai pu voir pour le moment (qui ne sont pas encore très nombreux, je le conçois). Son esthétique générale donne envie d’y revenir. Je pensais me limiter dans la longueur de mes billets décrivant les concerts mais je me trouve à chaque fois emporté dans mon enthousiasme.

Pour référence ultérieure, la liste des morceaux du concert Ultra C sont notés ci-dessous

1. Kachiikusa (勝ち戦) du 4ème album Sports (スポーツ)
2. FAIR du 4ème album Sports (スポーツ)
3. Denpa tsūshin (電波通信) du 4ème album Sports (スポーツ)
4. Season Sayonara (シーズンサヨナラ) du 4ème album Sports (スポーツ)
5. OSCA du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
6. FOUL du 4ème album Sports (スポーツ)
7. Ariamaru Tomi (ありあまる富), morceau qui sera plus tard inclus sur le 6ème album studio de Sheena Ringo Hi Izuru Tokoro (日出処)
8. Ikiru (生きる) du 4ème album Sports (スポーツ)
9. Zettai Zetsumei (絶体絶命) du 4ème album Sports (スポーツ)
10. Sounan (遭難) du 1er album Kyōiku (教育)
11. Shuraba (修羅場) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
12. Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間) du 4ème album Sports (スポーツ)
13. Gaman (我慢), b-side du single Nōdōteki Sanpunkan, également inclus sur la compilation Shinya Waku (深夜枠)
14. Superstar (スーパースター) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
15. Bōtomin (某都民) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
16. Killer Tune (キラーチューン) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
17. Noriki (乗り気) du 4ème album Sports (スポーツ)
18. Uten Kekkō (雨天決行) du 4ème album Sports (スポーツ)
19. Sweet Spot (スイートスポット) du 4ème album Sports (スポーツ)
20. Marunouchi Sadistic (丸の内サディスティック), version modifiée du morceau de Muzai Moratorium
21. Senkō shōjo (閃光少女) du 4ème album Sports (スポーツ)
22. Kiwamaru (極まる) du 4ème album Sports (スポーツ)

人間は意外と強い

Cette affiche géante se trouvant sur la place de Hachiko devant la gare de Shibuya et proclamant en très grande écriture que « les humains ne sont pas faibles”, provient apparemment d’un manga appelé Yakusoku no Neverland (約束のネバーランド, The Promised Neverland) écrit par Kaiu Shirai (白井 カイウ) et dessiné par Posuka Demizu (出水 ぽすか) dans le magazine Weekly Shōnen Jump de Shūeisha. A vrai dire, je ne connais pas du tout ce manga et j’en ai même jamais entendu parler, mais j’aime beaucoup l’idée d’interpeller les passants par des écritures démesurées. Lors de cette marche dans Shibuya, de retour de Shinsen un peu plus haut, je traverse le quartier des Love Hotels à Maruyamachō et je concentre mon objectif photo sur les grandes affiches, notamment celle d’un cinéma appelé Kinohaus, ainsi que sur les petites affichettes collées en abondance sur certains murs de vieilles bâtisses. Devant le complexe Bunkamura, j’aperçois le bâtiment aux vitrages à l’oblique que j’avais utilisé pour une de mes premières compositions urbano-végétales, il y a plus de dix ans. J’y repense avec une certaine nostalgie à chaque fois que je passe devant ce bâtiment. Comme indiqué sur la façade, on trouve dans ce bâtiment une galerie d’art tenue par Atsuko Barouh, la compagne de l’auteur-compositeur-interprète Pierre Barouh. Je savais que Pierre Barouh avait des liens avec le Japon, mais je ne savais pas par contre qu’il avait passé son enfance en Vendée et que certains lieux aux Herbiers et aux Sables d’Olonne portent son nom. Sheena Ringo avait écrit et interprété un morceau intitulé 13 jours au Japon (~2O2O日本の夏~), inclus dans la compilation 50 ans de Saravah, la maison de production de Pierre Barouh. Cette compilation était sorti en Septembre 2016, quelques mois avant la mort de Pierre Barouh en Décembre de la même année. Le morceau 13 jours au Japon que Sheena Ringo chante en français et en japonais nous parle déjà des futurs Jeux Olympiques de Tokyo et est en fait une reprise du morceau Treize jours en France de Francis Lai pour un documentaire du même nom de Claude Lelouch sur les Jeux Olympiques de Grenoble en 1968. La musique du documentaire est sorti aux éditions Saravah et Pierre Barouh y écrit et interprète un morceau. Le documentaire est traduit en japonais en Shiroi Koibitotachi (白い恋人たち – Les amoureux blancs). Je me suis toujours demandé et me demande toujours pourquoi Sheena Ringo a été amené à interpréter un morceau sur cette compilation. Elle doit certainement être amatrice des compositions de Pierre Barouh. La chanson Un homme et une femme du film de Lelouch, sur une musique de Francis Lai et des paroles de Pierre Barouh, est d’ailleurs utilisée pendant les interviews en interlude du concert de Tokyo Jihen Domestic! Virgin Line de 2006. L’utilisation de ce morceau m’avait étonné mais je vois maintenant quelques liens se dressés. Toujours est il que Sheena Ringo utilise souvent des mots français et c’est notamment le cas du concert qui va suivre.

Je continue donc tranquillement ma revue des concerts de Sheena Ringo et de Tokyo Jihen. J’ai trouvé le Blu-Ray du concert Bon Voyage de Tokyo Jihen sorti le 13 Juin 2012 chez le disquaire Disk Union de Shibuya. Il s’agit d’une captation du dernier concert de la tournée Domestique Bon Voyage qui se déroulait du 14 au 29 Février 2012 en six dates à Yokohama, Osaka et Tokyo. Le dernier concert de la tournée, le 29 Février, se déroulait au Nippon Budokan de Tokyo et était en effet le dernier concert de Tokyo Jihen car le groupe avait annoncé leur séparation un peu plus tôt en Janvier. On sait maintenant que ce n’était en fait pas le dernier, le groupe s’étant reformé le 1er Janvier 2020 et ayant démarré la tournée News Flash à partir du 29 Février 2020, soit 8 ans très exactement après leur dernier concert et pendant une même année bissextile. Comme Bon voyage est une tournée d’adieu, le concert au Budokan ne manque pas de grandiose, surtout si on le compare à celui de News Flash au NHK Hall, qui était beaucoup plus sobre dans sa présentation. Nippon Budokan est d’abord environ 4 fois plus grand que le NHK Hall de 3800 places ou 3 fois plus grand que le Tokyo Forum de 5000 places, et c’est un lieu qui a un certain prestige. Il date de 1964, construit initialement pour les compétitions de judo des Jeux Olympiques de Tokyo. Les caméras pendant le concert ne manquent pas de montrer l’intérieur arrondi du Budokan dans toute sa grandeur, surtout pendant le deuxième morceau Atarashii bunmeikaika où l’espace est très éclairé et envahi de confettis. Les tenues du groupe pour les premiers morceaux sont flamboyantes, très colorées. Le chapeau fait de formes de fleurs que porte Sheena Ringo est rempli de couleurs et c’est une des plus belles tenues de scène que j’ai pu voir pour l’instant. Neko Saito et son orchestre d’une quarantaine de personnes est également présent à l’arrière de la scène derrière le groupe, mais n’intervient pas sur tous les morceaux.

OSCA est le quatrième morceau interprété et fonctionne toujours très bien dans les concerts que j’ai vu. Une des particularités de cette version est le solo de basse de Seiji Kameda juste avant la reprise sur la deuxième partie rapide du morceau. Les quatre danseuses du groupe Idevian Crew qui apparaissaient dans la vidéo du morceau sont également sur scène et courent dans tous les sens pendant que Sheena chante et crie au mégaphone. Au passage, OSCA est, je pense, le premier morceau écrit par Ukigumo pour Tokyo Jihen et la vidéo est la première dirigée par Yuichi Kodama, le futur mari de Sheena Ringo. OSCA enchaine directement sur FOUL, exactement comme sur le concert News Flash. L’énergie des deux morceaux fonctionne bien dans la continuité. FOUL se termine sur un “Thank you” furtif de Sheena à la foule. Season sayonara continue le set avec Neko Saito au violon. Ce qui m’impressionne toujours dans ces concerts, c’est que le groupe introduit beaucoup de variations dans leurs interprétations et que ces interprétations sont toujours impeccables au point où je les trouve même meilleures que sur les albums. Tokyo Jihen serait il meilleur Live qu’en studio?

Sur une interprétation instrumentale du morceau Carnation par l’orchestre, les membres du groupe sont présentés les uns après les autres sur les écrans géants montrant des photos des différentes périodes de chaque album. Pendant cette présentation, le groupe se change pour une tenue de type music hall qui surprend au premier abord par son côté un peu kitch. Ce n’est pas la partie que je préfère du concert surtout que le morceau Kaisei ni Sukū Otoko n’est pas non plus inoubliable. Par contre, ce qui suit est extrêmement interessant. Sheena remplace Ichiyō Izawa au piano et c’est Izawa qui passe sur le devant de la scène pour interpréter son morceau de Color Bars, Kai Horror Dust, en tenue noire et violette dans un style Visual kei avec chaussures à talons hauts. Puis la surprise continue quand l’écran se noircit et laisse maintenant apparaitre Toshiki Hata au milieu de la scène pour l’interprétation à son tour de son morceau pour Color Bars, Honto no Tokoro. Son interprétation de ce morceau des plus étranges est habitée. Il y met tout son coeur et sa puissance vocale. Sheena passe à la batterie et on voit qu’elle regarde Hata assez fixement, peut être avec un peu d’appréhension sur la manière dont il va interpréter le morceau. Le meilleur morceau de Color Bars, sa_i_ta, écrit par Ukigumo suit ensuite, interprété à deux voix. Les petits drapeaux sont de sortie à ce moment là et Sheena bat la mesure en rythme. Comme elle se met à chanter de coté pendant un moment sur ce morceau, je pense d’abord qu’il s’agit là des prémices de cette posture que l’on verra prédominante plus tard dans les concerts et interprétations télévisées de Sheena ou du groupe. Mais en fait non, elle est relativement mobile pendant ce concert. Je me demande à quoi est dû cette posture statique récente.

Dans les morceaux incontournables, il y a bien sûr Shuraba et Nōdōteki Sanpunkan, mais l’interprétation de ce dernier manque un peu de pêche par rapport à la version que je connais sur News Flash. J’aime bien par contre l’interprétation de Zettai Zetsumei où elle danse mécaniquement au début sur un rythme électronique. Les quatre danseuses de la troupe Idevian Crew réapparaissent sur certains morceaux, mais je trouve que leur présence n’est en général pas indispensable. L’orchestration de Neko Saito reprend derrière et le reste du groupe s’est effacé car ils préparent l’interlude suivant, une interprétation d’une chanson pour enfant écrite par Yoshimi Satō intitulée Ice Cream no Uta. Ils sont tous les quatre habillés entièrement en rouge. C’est rigolo de les voir chanter, surtout Kameda qui perd un peu le fil à un moment, mais on pouvait s’en passer tout comme la partie instrumentale montrant une scène du jeu vidéo Ice Climber sur Famicom, sous le titre Bon Voyage. Il s’agit seulement d’une courte interlude. je n’aime pas beaucoup le morceau qui suit, Oishii Kisetsu, reprise du morceau que Sheena a écrit pour Chiaki Kuriyama et qui sortira en single beaucoup plus tard en 2017. Mais l’interprétation ici le rend un peu plus intéressant. Avec ces quelques morceaux, on comprend pourquoi un logo de glace est utilisé sur le livret accompagnant le blu-ray.

Après Onnanoko ha Daredemo, le concert continue sur des morceaux que j’aime beaucoup plus comme Omatsuri Sawagi de l’album Kyōiku ou Tengoku he Yōkoso de Discovery, beaucoup plus posé en apparence mais mélangeant l’orchestre et le guitare électrique de Ukigumo. La voix de Sheena est impressionnante, comme sur la totalité du concert d’ailleurs. L’orchestration me fait penser à une musique de film d’espionnage et alors qu’elle s’allonge, une vidéo repasse en accéléré en arrière tout le concert, comme si on rembobinait la bande. Le groupe se change pendant ce temps là pour la dernière partie qui sera plus rock en commençant par le morceau Time Capsule écrit par Kameda. Tous les morceaux de Color Bars sont donc interprétés. Le concert reprend un tournant que je préfère. Sheena prend la guitare pour la première fois sur Denpa tsūshi, qui est très bon comme toujours. Cette partie du concert est beaucoup plus rock, un peu comme sur News Flash, et c’est à mon avis bienvenu. Le petit passage qui suit où le groupe parle devant le public est vraiment sympa et amusant. Ils parlent notamment, avec un ton un peu moqueur, du nom du concert “Bon voyage” qui ressemblerait à un mot du kansai. Hata lui ne parle pas beaucoup mais prend une photo de la foule derrière sa batterie. Les morceaux assez classiques s’enchainent ensuite Senkō shōjo où le groupe s’approche du public pendant le petit solo de guitare, puis Kachiikusa où Sheena reprend la guitare pour la deuxième fois, Killer Tune avec une intervention de cuivres et Sora ga natte iru, toujours immensément cool (je repense toujours à la vidéo du morceau en entendant ce morceau) et qui semble être le dernier morceau du concert comme pour News Flash (peut être parce qu’il y a les paroles 終わらせないで – Ne terminez pas). Sheena quitte d’abord la scène mais le groupe reviendra pour le final habillé en tenue marine qui va bien avec l’image du bateau de Bon Voyage. L’orchestre est également habillé en moussaillon.

On peut voir ensuite une version de Marunouchi Sadistic, qui n’est pas la version Expo ni celle de Muzai Moratorium, mais reste d’inspiration jazz. Dans l’ensemble, le groupe est plus décontracté. Sheena vient toucher les mains de la foule pendant ce morceau. Gunjō Biyori suit ensuite et c’est à ce moment là que je remarque que Ukigumo est habillé en kilt écossais. Pendant ce morceau, j’aime bien quand Sheena regarde Hata pour accorder sa guitare à la batterie. J’avais remarqué la même chose sur News Flash. Seishun no Mabataki est l’avant dernier morceau et je l’aime beaucoup car il m’avait fait revenir vers la musique de Sheena Ringo lorsque je l’avais entendu à Kōhaku sur NHK. Le concert se termine sur le classique Tōmei Ningen. Avant cela, Izawa adresse un court message à la foule nous disant que la musique continue en nous même si le groupe s’arrête, mais que si on est en manque, on peut toujours appeler directement Sheena Ringo au téléphone. Izawa parle pour le groupe, car Sheena ne trouve apparemment pas ses mots et remercie seulement à la fin. Le concert se termine ensuite sur quelques images prises en studio ou pendant les moments de pause. Le concert aura duré plus de 2h, beaucoup plus long que News Flash, beaucoup plus extravagant dans ses bons et mauvais côtés. On a beaucoup plus l’impression d’un spectacle, avec une petite dose de divertissement et des interventions avec le public (qui n’étaient bien entendu pas possible sur News Flash). Toujours est il que, comme je le disais ci-dessus, la qualité est tellement bonne que je l’ai déjà revu plusieurs fois. J’ai en fait assez hâte de voir d’autres concerts, mais je ne garantis pas écrire autant à chaque fois.

Pour référence ultérieure, ci-dessous est la playlist des morceaux de Bon Voyage:

1. Ikiru (生きる) du 4ème album Sports (スポーツ)
2. Atarashii bunmeikaika (新しい文明開化) du 5ème album Daihakken (大発見)
3. Konya ha karasawagi (今夜はから騒ぎ) du mini-album Colors
4. OSCA du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
5. FOUL du 4ème album Sports (スポーツ)
6. Season Sayonara (シーズンサヨナラ) du 4ème album Sports (スポーツ)
7. Carnation (Inst.) (カーネーション) [inst.], version instrumentale du single Carnation qui sera inclus dans l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
8. Kaisei ni Sukū Otoko (海底に巣くう男) du 5ème album Daihakken (大発見)
9. Kai Horror Dust (怪ホラーダスト) du mini-album Colors
10. Honto no Tokoro (ほんとのところ) du mini-album Colors
11. sa_i_ta du mini-album Colors
12. Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間) du 4ème album Sports (スポーツ)
13. Shuraba (修羅場) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
14. Zettai Zetsumei (絶体絶命) du 4ème album Sports (スポーツ)
15. Ice Cream no Uta (アイスクリームの歌) est une chanson pour enfants écrite par Yoshimi Satō
16. Bonus Stage (tiré de Ice Climber) (ボーナスステージ(アイスクライマーより) [inst.] ), morceau instrumental tiré du jeu Famicom Ice Climber sorti sur NES en 1985
17. Oishii Kisetsu (おいしい季節), reprise du morceau composé par Sheena Ringo pour Chiaki Kuriyama et qui sortira en single en 2017 et sera inclu sur Gyakuyunyū: Kōkūkyoku (逆輸入 〜航空局〜)
18. Onnanoko ha Daredemo (女の子は誰でも) du 5ème album Daihakken (大発見)
19. Omatsuri Sawagi (御祭騒ぎ) du 1er album Kyōiku (教育)
20. Tengoku he Yōkoso (天国へようこそ) du 5ème album Daihakken (大発見)
21. Time Capsule (タイムカプセル) du mini-album Colors
22. Denpa tsūshin (電波通信) du 4ème album Sports (スポーツ)
23. Senkō shōjo (閃光少女) du 4ème album Sports (スポーツ)
24. Kachiikusa (勝ち戦) du 4ème album Sports (スポーツ)
25. Killer Tune (キラーチューン) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
26. Sora ga natte iru (空が鳴っている) du 5ème album Daihqakken (大発見)
27. Marunouchi Sadistic (丸ノ内サディスティック), version modifiée du morceau de Muzai Moratorium
28. Gunjō Biyori (群青日和) du 1er album Kyōiku (教育)
29. Seishun no Mabataki (青春の瞬き), reprise du morceau composé par Sheena Ringo pour Chiaki Kuriyama et qui sera inclus dans Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
30. Tōmei Ningen (透明人間) du 2ème album Adult (大人/アダルト)

一瞬にして放たれる強烈な光

Je montre beaucoup de photographies de sanctuaires en ce moment, car nous continuons notre petite tournée pour récupérer à différents endroits le sceau goshuin pour compléter notre collection. Nous ne procédons pas de manière très méthodique mais nous avons acheté un petit livre-magazine nous donnant des idées sur les endroits à visiter. Nous connaissons déjà le grand sanctuaire de Hie, que je montre sur les deux premières photographies. Il est positionné sur une colline entre Akasaka et Nagatachō. Ses couleurs vives sont frappantes. Il s’en dégage une certaine richesse. Nous sommes malheureusement arrivés un peu tard, car le comptoir où l’on peut demander le sceau du sanctuaire fermait plus tôt que d’habitude vers 3h de l’après midi. Nous avions d’abord l’intention de visiter le sanctuaire de Akasaka Hikawa, mais l’impossibilité de trouver une place de parking à un prix raisonnable (le prix des places de parking à la demi-heure dans Tokyo est très variable) nous a amené jusqu’au parking du sanctuaire de Hie. Se garer un peu loin nous a permis de marcher dans le quartier de Akasaka, devant les studios de télévision TBS et la tour Akasaka Sacas. A mon arrivée à Tokyo en 1999, j’ai vécu presque neuf mois dans ce quartier dans une résidence au mois qui a été détruite depuis, remplacée par une résidence plus récente. Le quartier a beaucoup changé, mais des souvenirs me reviennent en marchant dans ces rues. Le petit restaurant français en sous-sol appelé Astérix est toujours là mais il a changé de nom. Il ne s’agit peut être pas des mêmes propriétaires mais le petit drapeau français à l’entrée est toujours là, en mauvais état comme il y a vingt ans. Dans les rues qui nous amènent vers le sanctuaire de Akasaka Hikawa, les nouvelles résidences côtoient les anciennes baraques. On trouve parfois un restaurant traditionnel japonais planté au milieu de ce décor urbain en plein chamboulement. Il a l’air immuable comme une petite zone protégée. J’imagine que faire glisser les portes coulissantes nous entraîne dans un tout autre univers. On ressent également un sentiment d’intemporalité lorsqu’on approche du sanctuaire Hikawa. Le torii est caché par la verdure et la lumière couchante du soir nous éblouit. La photographie qui en résulte est intéressante. J’ai toujours l’impression de ne jamais pouvoir prendre une photographie claire et nette d’un sanctuaire, comme si les esprits des lieux venaient voiler l’image. Les deux dernières photographies sont prises dans un tout autre endroit. Il s’agit également d’un sanctuaire, à Kita Shinagawa. Il était malheureusement recouvert de bâches pour rénovation. En attendant qu’on nous imprime le goshuin, j’observe les poissons rouges qui m’observent à leur tour. A un certain moment, je ne sais plus vraiment qui observe qui. Un peu plus loin vers l’entrée du sanctuaire, une Alpha Roméo rouge m’intrigue. L’espace où elle pouvait se garer était assez vaste, mais elle a volontairement choisi de se garer dans la courbure de l’arbre. Je finis par me demander si la voiture n’était pas présente en ce lieu avant l’arbre. L’arbre a peut être poussé après en contournant soigneusement la carrosserie de la voiture. Ces quelques images prises dans les sanctuaires n’ont pas grand chose à voir avec la description du concert de Tokyo Jihen qui va suivre, sauf peut être l’aspect sacré de la chose.

Le concert de la tournée Live Tour 2O2O News Flash (ニュースフラッシュ) de Tokyo Jihen, diffusé en streaming du Samedi 5 Septembre jusqu’au lendemain soir, était vraiment excellent bien qu’un peu court. Il a duré presqu’une heure et demi pour une playlist annoncée à l’avance de vingt morceaux. Je l’ai regardé sur le site Live Streaming de Pia, avec un mirroring sur la télévision du salon depuis l’iMac. La qualité de la retransmission était bonne malgré deux ou trois petits décrochages d’images en court de route, qui n’étaient pas dérangeant car le son n’était pas impacté et qui étaient certainement dû à mon Wifi. Les vingt morceaux du set se sont enchaînés sans interruptions, ou alors avec de très courtes pauses. J’aurais aimé que Sheena Ringo ou les autres membres du groupe disent quelques mots, mais ils ont seulement interprété les morceaux. Seule une voix synthétique accueillait les spectateurs au début du concert. Le fait de parler à une salle vide, celle du NHK Hall où a été enregistré ce concert, n’a certainement rien de très motivant. Il me semble avoir lu que le groupe avait aussi été avare de commentaires lors des deux premiers concerts du 29 Février et 01 Mars 2020, alors que le coronavirus commençait à frapper le Japon. Les deux premières représentations étaient aussi relativement courtes, d’une même durée que le Live en streaming d’aujourd’hui. Ces deux concerts au Tokyo International Forum près de la gare de Yurakuchō avaient enclenché une petite polémique sur les réseaux sociaux, car la plupart des autres artistes et groupes annulaient leurs concerts à cette période par crainte d’une contamination. Les deux premiers concerts à Tokyo de la tournée nationale avaient quand même eu lieu avec des mesures de protection sanitaire, mais j’avais préféré annuler mon billet. En y repensant après coup, comme il n’y a eu aucun cas confirmé suite à ces deux concerts, je regrette de ne pas y avoir été. C’était de toute manière difficile de prendre une décision raisonnée à ce moment de la crise sanitaire. Les concerts suivants dans d’autres villes japonaises avaient cependant été annulées sans proposer de report ultérieur, mais avec remboursement des billets bien sûr. Ce concert sans public et en live streaming diffusé le Samedi 5 Septembre à partir de 6:30 du soir, est en quelque sorte une compensation pour ceux qui ont manqué la version ‘classique’ en salle. J’étais très heureux de pouvoir assister à cette séance de rattrapage à la maison. Il fallait s’acquitter de la somme de 2,222 Yens (le prix est bien entendu fixé en fonction de la symétrie des chiffres) pour pouvoir regarder le concert dès sa diffusion et pour pouvoir le revoir à son rythme jusqu’au Dimanche 6 Septembre jusqu’à minuit. C’est un peu dommage d’ailleurs qu’on ne puisse pas garder un lien d’accès vers la vidéo du concert après cette date.

Le concert commence par le disque dur qui redémarre doucement dans le noir avec le système d’exploitation Incidents 2020. Pendant que le système boot, les noms des membres de Tokyo Jihen s’affichent les uns après les autres jusqu’au démarrage brusque du premier morceau Atarashii bunmeikaika. On n’est pas tout à fait surpris par les costumes du groupe sur scène car ils sont repris de la vidéo du deuxième single du mini-album News, Eien no Fuzai Shōmei. Ce ne sont pas les costumes entièrement blancs des premières images qu’on a pu voir de la résurrection du groupe, mais ceux colorés qui nous rappelle des tenues de la noblesse occidentales du 12 ou 13 ème siècle avec des collerettes autour du cou. Sheena porte une longue robe rouge avec une fraise sur-dimensionnée et des plumes blanches de paon. Certains esprits moqueurs diront que la taille de cette fraise permet une bonne distanciation sociale. Chaque membre du groupe porte une tenue similaire mais de couleur différente comme s’il s’agissait d’un groupe d’idoles japonaises. En réfléchissant un peu, il s’agit plutôt des couleurs des anneaux olympiques car ce concert à été enregistré le 24 Juillet 2020, le jour supposé de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo. Le mégaphone fait son apparition dès ce premier morceau, et continue sur le suivant Gunjō Biyori où Sheena Ringo saisit également la guitare. Le rythme ne faiblit pas sur ces deux morceaux. C’est super agréable à voir, surtout quand Sheena fait son appel “guitare” et que Seiji Kameda, Ukigumo et Ichiyō Izawa partent sur un solo à trois (Izawa n’est pas au clavier sur les deux premiers morceaux). L’appel guitare sur Gunjō Biyori lance quant à lui un solo à quatre avec Sheena en plus donc, et quand ils s’alignent tous les quatre sur le devant de la scène, accompagné de Toshiki Hata se donnant déjà à fond à la batterie, ça tape vraiment très fort. Sheena pousse aussi beaucoup sa voix sur ces deux premiers morceaux jusqu’à la limite. Le rythme se calme ensuite avec le morceau suivant Botōmin. Le groupe change à ce moment-là de tenue et opte pour des longs manteaux grisâtres avec quelques logos Tokyo Jihen surimprimés. Ukigumo est très présent sur ce morceau, ainsi qu’Izawa qui est passé au clavier. Ce morceau me rappelle l’aisance vocale de Ukigumo. Izawa a un air détaché pendant toute la durée du concert mais les mains font tout le travail sur le clavier, et la vidéo du concert nous les montre souvent. Erabarezaru Kokumin est un des deux nouveaux morceaux du mini-album News. Son rythme plus lent continue sur la lancée du morceau précédent. Pas seulement sur ce morceau, mais l’exécution est dans l’ensemble irréprochable. L’ambiance devient plus sombre avec le rock de Fukushū, qui évolue dans des ambiances rougeâtres sur scène. C’est un beau morceau mais pas forcément, à mon avis, celui qui rend le mieux dans l’ensemble du concert. Le morceau se termine sur un geste de Sheena qui est étonnement brouillé d’une mosaïque. Je pense qu’elle imite le tir d’une arme à feu. On continue ensuite avec un morceau plus récent, Eien no Fuzai Shōmei, qui redonne un peu de dynamisme au concert après les trois morceaux précédents plus lents. Sheena Ringo est assez statique sur scène, ce n’est pas nouveau et on peut lui reprocher. Sauf sur Killer Tune dans la dernière partie du concert où elle fait quelques pas sur le devant de la scène d’une manière qui peut rappeler la vidéo du morceau. Elle porte des chaussures à très hauts talons. Je me souviens qu’il y avait eu des commentaires sur ces fameux talons pour les concerts de Février/Mars. Je comprends en les voyant sur la vidéo, qu’il doit être difficile de marcher d’un pas rapide.

Ensuite, une belle série de morceaux s’enchainent avec Zettai Zetsumei, que j’adore, Shuraba, Nōdōteki Sanpunkan et Denpa tsūshin. On est, pour moi, au coeur du concert à ce moment là, surtout quand Nōdōteki Sanpunkan s’enchaine de manière très serrée avec Denpa tsūshin où Sheena reprend la guitare. Les effets de lumière dans la salle semblent inarrêtables. Les caméras nous montrent d’ailleurs la salle vide à ce moment là. Le jeu est toujours parfait, comme si c’était du studio (c’en est assez proche finalement). Hata semble infatigable à la batterie, mais Kameda, lui, a l’air de souffrir un peu sur les derniers morceaux, notamment sur le solo final de Senko Shōjo, qu’il réussit pourtant très bien à la basse avec Ukigumo mais laisse esquisser un sourire de ses voisins. Il faut dire qu’il y a peu de pauses entres les morceaux. Sheena laisse tomber le manteau gris pour Nōdōteki Sanpunkan et sera en tenue blanche pour une bonne partie du reste du concert jusqu’à Konya ha karasawagi où elle se changera en robe noire avec chapeau noir sur-dimensionné (c’est apparemment la mode de la sur-dimension dans ce concert). Après le supersonique Denpa tsūshin, l’ambiance se calme de nouveau avec le morceau Superstar qui me donne tout de suite des frissons lorsqu’on entend les premières notes au clavier. J’avais un peu oublié ce morceau du deuxième album Adult, mais il est très beau. Les talons très hauts de Sheena ne l’empêchent pas de bouger tout de même. Elle fait notamment des petits mouvements de talons très discrets mais charmants sur Noriki, et fait des mouvements plutôt démonstratifs avec son petit drapeau jaune à une foule qui n’est pourtant pas présente, à la fin de Killer Tune. Comme les mouvements sont exagérés, on a l’impression qu’elle nous fait signe à travers l’écran. Elle se sert aussi de ce petit drapeau pour encourager tout le monde sur scène sur la fin de ce morceau. Sheena est souvent à la guitare dans ce concert notamment sur le morceau Superstar. OSCA est bien entendu au programme car il s’agit d’un des morceaux les plus emblématiques de Tokyo Jihen et on ressent sa folie dès les premières notes de basse et de batterie, accentuée à un moment par une spirale rouge tournante montrée sur scène. C’est peut être le morceau que je préfère du groupe. Dans l’ensemble, la sélection de morceaux du concert est excellente. OSCA manquerait certainement si il n’y était pas. Comme sur la vidéo du morceau, Sheena reprend le mégaphone. On voit souvent d’ailleurs des extraits des vidéos des morceaux sur les écrans en fond de scène, écrans reliés au disque dur qui s’est réveillé au début du concert, il y a déjà une bonne heure. Sur OSCA, Sheena pousse de nouveau sa voix et je n’ai pas l’impression qu’elle l’a perdue avec les années. On enchaîne ensuite sur le rythme hyper actif de FOUL accompagné d’effets de lumières fantastiques sur scène, avec le logo géant en forme de paon de Tokyo Jihen émettant des rayons laser verts dans la salle comme un Shin-Godzilla. Sheena Ringo reprend la guitare sur Kachiikusa et c’est la dernière ligne droite avec Tōmei Ningen et Sora ga natte iru. J’aime bien les quelques notes de complicité à certains moments comme des sourires sur Tōmei Ningen, comme pour apprécier le fait que le concert s’est déroulé sans pépins. Sora ga natte iru, qui est très dense émotionnellement, termine le set dans la pénombre et les guitares. Les nuages envahissent la scène jusqu’aux crédits de fin.

Vous aurez certainement compris que j’étais emballé par ce concert que j’ai regardé plus de 4 fois le week-end dernier, de l’ouverture le samedi à 19h00 jusqu’au dernières minutes le dimanche à minuit (en écrivant ces quelques lignes). Je ne suis pas vraiment en mesure de comparer avec les concerts récents de Sheena Ringo, car ceux que je possède en DVD sont plutôt anciens, d’avant Tokyo Jihen. Toujours est-il que, quand j’écoute ces morceaux et regarde ce concert, je me dis une nouvelle fois que c’est d’assez loin au dessus de tout ce que je connais en rock japonais (je ne connais pas tout non plus). J’espère qu’ils sortiront ce concert en Blue-Ray. Je n’ai pas vraiment l’habitude de regarder des concerts sur écran, mais celui-ci m’a réconcilié avec le genre, au point où c’était même un peu difficile de décrocher et de revenir à la réalité. Je n’exagère même pas en fait, il faut une petit période de réadaptation avant de décrocher de l’ambiance du concert, même si on n’était pas dans la salle. Le fait qu’il se soit déroulé sans public nous donne en fait l’impression qu’il s’agit d’un concert individuel qui nous est adressé.

Pour référence ultérieure, ci-dessous est la playlist des morceaux du set Live Tour 2O2O News Flash (ニュースフラッシュ):

1. Atarashii bunmeikaika (新しい文明開化) du 5ème album Daihakken (大発見)
2. Gunjō Biyori (群青日和) du 1er album Kyōiku (教育)
3. Botōmin (某都民) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
4. Erabarezaru Kokumin (選ばれざる国民) du mini-album News
5. Fukushū (復讐) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
6. Eien no Fuzai Shōmei (永遠の不在証明) du mini-album News
7. Zettai Zetsumei (絶体絶命) du 4ème album Sports (スポーツ)
8. Shuraba (修羅場) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
9. Nōdōteki Sanpunkan (能動的三分間) du 4ème album Sports (スポーツ)
10. Denpa tsūshin (電波通信) du 4ème album Sports (スポーツ)
11. Superstar (スーパースター) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
12. Noriki (乗り気) du 4ème album Sports (スポーツ)
13. Senkō shōjo (閃光少女) du 4ème album Sports (スポーツ)
14. Killer Tune (キラーチューン) du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
15. Konya ha karasawagi (今夜はから騒ぎ) du mini-album Colors
16. OSCA du 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
17. FOUL du 4ème album Sports (スポーツ)
18. Kachiikusa (勝ち戦) du 4ème album Sports (スポーツ)
19. Tōmei Ningen (透明人間) du 2ème album Adult (大人/アダルト)
20. Sora ga natte iru (空が鳴っている) du 5ème album Daihakken (大発見)

Les quelques images ci-dessus proviennent du site What’s in Tokyo dont le lien était partagé par le compte Twitter de sheena Ringo / Tokyo Jihen, à part la dernière qui est une capture d’écran que j’ai pris moi-même (remarquons le « Merci » en français sous la pomme).

ces étranges nuages blancs qui nous entourent

J’aime bien venir à bout de mon stock de photographies à montrer sur made in tokyo car ça m’oblige à réfléchir à des nouvelles expérimentations visuelles. Dans le cas de ces nuages blancs entourant la ville, ce n’est pas une représentation nouvelle car j’utilise souvent cette association de nuages avec l’environnement urbain tokyoïte. Dans mes compositions photographiques, je procède souvent à des effacements de parties de la ville par différents types de surfaces et de matériaux, en superposant parfois des surfaces de béton ou, comme ci-dessus, des éléments plus légers. Cela donne l’impression qu’une partie de la ville se trouve dans le ciel au dessus des nuages, un peu à la manière du royaume des nuages (雲の王国) dans le film d’animation Doraemon du même nom. Il faudrait que je réfléchisse un jour au pourquoi de ce ‘besoin’ incessant de vouloir ‘brouiller’ le paysage urbain. Je ne pense pas cependant que cette potentielle réflexion conclut en une théorie définitive. Tout simplement, comme j’aime les dissonances en musique, j’aime aussi celles affectant le paysage urbain.

Dans les visites journalières de made in tokyo, lorsque je regarde de temps en temps les statistiques sur l’accès au blog, j’aperçois que ma page A Propos est très souvent visitée, ce qui m’intrigue toujours un peu et me pousse à la relire régulièrement en partie. Comme je garde une note sur chaque évolution du design général du blog sur cette page, je me rends compte que le design actuel n’a pas changé depuis plus de trois ans. La version actuelle, la neuvième, date du 20 Juin 2017. Ceci me pousse à regarder de nouveaux thèmes WordPress, sans grand succès pour l’instant malheureusement. Le principal souci est qu’un changement de thème graphique nécessite de nombreux ajustements du fichier de style CSS. Il faut souvent procéder à tâtons pour obtenir ce que l’on recherche. Le thème actuel me satisfait assez mais je trouve qu’il a pris un petit coup de vieux, ou il s’agit peut être seulement d’une impression que j’ai maintenant, alors que je teste des nouveaux thèmes un peu plus actuels. Comme je ne vais pas m’engager à payer une somme mensuelle pour un thème de blog personnel (beaucoup de ces thèmes sont limités en fonctionnalités à moins de souscrire à un abonnement mensuel), les choix sont assez limités. Renouveler le thème du blog renouvelle en quelque sorte ma motivation à publier, donc j’essaie de changer régulièrement. La plus longue période où j’ai conservé le même design était de 5 ans pour l’évolution version 4 du blog. J’ai eu beaucoup de mal à en changer et je voudrais éviter cette nouvelle situation.

Je viens de récupérer l’ancien iPhone de Mari car elle vient de changer le sien. L’ancien iPhone 6s que j’utilisais comme iPod (et dont j’aimais beaucoup la petite taille et le design carré) vient donc d’être remplacé par un iPhone 7 Plus, qui fonctionne très bien comme iPod (indépendamment de mon iPhone 11 sur lequel je ne mets pas de musique). Il a l’avantage de conserver la reconnaissance digitale plutôt que la reconnaissance faciale qui est tout simplement inutilisable en ce moment où on porte tous des masques sans arrêt. Ce qui est dommage, c’est que cette version ne possède plus de prise jack pour les écouteurs (je n’utilise pas le bluetooth), il me faut donc garder l’adaptateur. La mémoire passe cependant à 128MB, ce qui me permet de copier la totalité de ma discothèque digitale, ce que je ne pouvais plus faire sur l’ancien iPhone 6s qui se limitait à 64MB. Ça m’apporte un certain confort d’esprit d’avoir la totalité de ma musique avec moi en permanence, tout en sachant que j’en écoute évidement qu’une infime partie par jour. Ma discothèque digitale doit durer plus de 22 jours non-stop.

Le concert en Live streaming de Tokyo Jihen sur la tournée Live Tour 2020 News Flash a lieu ce soir. Après quelques hésitations, j’ai acheté mon billet digital hier. J’hésitais un peu car regarder un concert sur écran et sans public m’est étrange. Mais comme il s’agit de la même tournée que celle du concert au Tokyo international Forum auquel je n’avais pas assisté en Mars 2020, j’avais quand même très envie de rattraper le coup, d’une certaine manière. J’en parlerais très certainement dans un prochain billet, mais en attendant il faut que je retrouve mon t-shirt de Tokyo Jihen.

every drop is drained away

Les photographies de ce billet, au sanctuaire de Hikawa, à Daikanyama et vers Naka Meguro, datent toujours du mois de Juillet ou des mois précédents, comme pour les billets les plus récents. Avant de passer aux photographies prises au mois d’Août, j’essaie désespérément de publier au plus vite les billets que j’ai déjà créé en brouillon dans WordPress et qui ont déjà ces séries de photographies attachées. Je ne sais pas trop pourquoi je m’impose à moi-même cette pression pour publier de nouveaux billets. Ce n’est pas comme s’il y avait une foule de visiteurs les attendant avec impatience, d’autant plus au mois d’Août qui est en général plus calme que le reste de l’année en terme de nombre de visites et de visiteurs. Le ratio entre le temps passé à créer ces billets par rapport au nombre de visites aurait du me faire arrêter depuis longtemps. J’ai toujours eu la faiblesse de penser qu’il fallait que je continue pour que ce blog devienne quelque chose, mais je le pense de moins en moins. Si ce blog devait être “découvert”, ça aurait déjà été fait depuis longtemps. En même temps, si je me pose régulièrement ces questions, c’est certainement parce que j’en ai pas encore fini avec ce blog.

Tokyo Jihen a sorti le 12 Août 2020 un nouveau single accompagné de deux autres morceaux pour composer au total un maxi-single. Le morceau principal s’intitule Aka no Doumei (赤の同盟 – Alianza de Sangre) avec une vidéo sorti le 14 Août. Le morceau sert de thème musical au drama Watashitachi wa Douka Shiteiru (私たちはどうかしている) avec Ryusei Yokohama (que j’avais vu au théâtre pour Bio Hazard) et Minami Hamabe, qui se déroule dans le milieu de la confiserie japonaise d’où la pochette du maxi-single représentant le symbole de Tokyo Jihen en version wagashi. Je trouve que ce morceau est meilleur que tous les morceaux sortis sur le mini-album de réformation News. Le morceau commence assez classiquement, mais le piano d’Ichiyo Izawa et la guitare en zigzag de Ukigumo nous surprend agréablement par leur présence démonstrative. Le morceau a une structure très particulière, notamment avec une coupure inattendue qui redémarre doucement avec le piano. Le groupe maintient l’esprit de la musique que l’on connaît d’eux mais s’affranchit de plus en plus des normes de composition classique. J’espère qu’ils vont continuer sur cette piste. Tous les morceaux sont écrits par Sheena Ringo. Ichiyo Izawa compose la musique de Aka no Doumei ainsi que celle du deuxième morceau Meijitsu Tomo ni (名実共に – Sweetie Reasons). Ukigumo compose le troisième morceau Gyokuza no Wana (玉座の罠 – The Lost Throne) et il y chante également en duo. A la première écoute, ce troisième morceau est celui qu’on apprécie tout de suite, peut être parce que sa composition est plus classique et que les voix s’accordent bien. Par rapport à Aka no Doumei, le deuxième morceau Meijitsu Tomo ni est beaucoup plus lent et plus sombre, mais avec des accents soudains de batterie et de guitare qui viennent casser ce calme, et une musique assez mystérieuse qui intervient à plusieurs reprises jusqu’à un court solo de guitare qui fait partir le morceau sur une toute autre voie. News ne m’avait pas autant enthousiasmé que ce maxi-single, du coup, je vais certainement le réécouter pour en avoir le coeur net.Toujours est-il qu’avec ces nouveaux morceaux, Tokyo Jihen s’engage vers un chemin plus intéressant que celui démarré avec News.