dark shadows

La fraîcheur des nuits d’Octobre nous invite à entrouvrir la porte-fenêtre de la chambre donnant sur le petit jardin intérieur. Le calme est envahissant, mais lorsqu’on essaie de s’endormir, on ne peut s’empêcher de se concentrer sur le moindre bruit qui dépasse. Je m’assoupis souvent avant d’entendre quoique ce soit, mais parfois un son suspect que je ne souhaiterais pas entendre accapare toute mon attention. Je le perçois sans le voir au fond de la nuit. Il est doux comme un nuage effleurant les feuilles des plantes et des arbustes parsemés du jardin. Ce son sourd et difficilement qualifiable s’approche sans se presser. J’ai parfois l’impression de le perdre d’ouïe, mais il se manifeste ensuite d’une manière plus franche alors que je suis à la frontière du sommeil. L’ombre noire se déplace doucement se propageant de molécules en molécules pour constituer une masse sombre prenant une forme floue et indistincte. Le chuchotement qui se dégage de ce mouvement est quasiment inaudible mais j’ai tout de même l’impression qu’en me concentrant plus profondément, je serais peut-être en mesure de le déchiffrer et de le comprendre. Ce chuchotement devient même de plus en plus clair alors que l’ombre noire se rapproche de mon visage. Oui, elle est maintenant toute proche. Je ne la vois pas car j’ai les yeux fermés, mais je ressens fortement sa présence floue entre rêve et réalité. Je distingue quelques mots au creux de mon oreille, qui se relient entre eux. Ces liens prennent forme, d’abord de manière chaotique puis de plus en plus claire et limpide. Elle vient me chuchoter à l’oreille des histoires, celles que je pourrais ensuite écrire dans mon journal. Des histoires fortes et pleines d’espoir qui donnent foi en l’humanité, celles qui donnent le sentiment que tout n’est pas aussi sombre qu’il y paraît. Je n’en distingue pas toujours leurs contours mais elles semblent ouvrir une brèche de lumière dans la nuit noire. Je ne me souviens que rarement de mes rêves. Ils disparaissent avec la lumière du petit matin dès que j’ouvre les yeux.

Images provenant des vidéos des morceaux Dark Shadows de mo-ni, Infection (感染) de Kiwako Ashimine (安次嶺希和子), I disappear de Luby Sparks, Hystérique de Yeule, Accelerando de Grimes et Blue Cheese de Mulasaki Ima & muque.

Il y a beaucoup de belles musiques dans ma playlist du moment, comme à chaque fois vous dirais-je. On commence par Dark Shadows d’une artiste indépendante japonaise appelée mo-ni, qui n’est autre que la chanteuse du groupe pop-rock Chilli Beans dont j’ai déjà parlé au moins une ou deux fois sur ces pages. Dans le trio Chilli Beans, elle porte le nom de Moto aux côtés de Maika à la basse et au chant, et Lily à la guitare et au chant. Elle a donc changé de nom pour son projet solo, qui propose une musique à l’atmosphère très différente voire même radicalement opposée. Le morceau Dark Shadows est introspectif, sombre et trouble. On retrouve cette ambiance dans la vidéo qui l’accompagne. J’aime la manière sensible, un peu tremblante, par laquelle elle chante. Il y a quelque chose de particulier dans sa voix, notamment quand elle prononce le titre dark shadows. Je me demande si j’avais remarqué cela dans les morceaux de Chilli Beans. Son chant proche du parler est vraiment touchant.

J’avais également déjà évoqué la musique de l’artiste originaire d’Okinawa Kiwako Ashimine (安次嶺希和子). Je la retrouve avec un nouveau morceau intitulé Infection (感染) aussi superbe que la vidéo qui l’accompagne. La réalisatrice de la vidéo est Mana Hiraki (平木希奈), que j’ai rencontré plusieurs fois lors de ses expositions photographiques. Le morceau Infection est intense, rempli de mystères qui nous échappent mais qui sont très beaux à écouter et à voir. L’atmosphère est sombre, avec une tension portée par la voix superbe de Kiwako Ashimine notamment dans la deuxième partie du morceau où elle prend de l’ampleur. Sa voix est très expressive, et peu même évoquer quelque chose de rituel. Je remarque particulièrement cela sur le premier morceau intitulé Symbol du EP Thermasoma sur lequel se trouve également Infection. L’émotion qu’elle transmet par sa voix est physique et même parfois viscérale. Du EP, j’adore ces deux premiers morceaux Symbol et Infection, tandis que les deux suivants sont en comparaison moins intéressants. En voyant la vidéo du morceau Infection pour la première fois, j’ai tout de suite reconnu qu’il s’agissait du même endroit où les photographies du livre Amour de Mana Hiraki ont été prises. Elle m’a confirmé sur Instagram que je ne m’étais pas trompé.

Le single I disappear du groupe Luby Sparks n’est pas le premier morceau que j’écoute du groupe. J’avais découvert quelques morceaux dont celui intitulé Thursday sur leur premier album éponyme sorti en 2018, mais je n’en avais pas parlé à l’époque sur ces pages. Luby Sparks est un groupe de rock alternatif formé à Tokyo. Il compte cinq membres dont Natsuki Kato à la basse, au chant et aux synthétiseurs, Erika Murphy au chant, Shin Hasegawa à la batterie, Sunao Hiwatari et Tamio Sakuma aux guitares. Les guitares sont très puissantes et enveloppantes sur le single I disappear, avec un rythme très marqué et dans un style proche du shoegaze. Le morceau reste très mélodique emprunté d’une mélancolie certaine. Du groupe, j’écoute également le single See You sorti en Septembre 2026, tout comme I disappear. On se rapproche de la dream pop sur ce deuxième morceau chanté à deux voix par Natsuki et Erika. En fait, j’adore le rythme qui marque ces deux morceaux, les rendant immédiatement accrocheurs tout en conservant une approche résolument indie rock. Le groupe n’a pas encore annoncé de nouvel album, mais il faudra surveiller cela de près.

Je suis ensuite ravi de la sortie inattendue d’un nouveau single de Yeule. Il s’intitule Hystérique et vient de sortir le 23 Octobre 2026. Le morceau composé de nappes électroniques est excellent mais assez différent de ses sorties précédentes, car beaucoup plus pop, et rythmé d’un beat très puissant. Elle s’éloigne des sons de guitares qui caractérisaient sont dernier album. On reconnaît pourtant très bien le style de Yeule, car certaines sonorités me rappellent Glitch Princess. Certains pourront regretter qu’elle s’éloigne de l’esprit torturé de ses premiers albums. Hystérique ne provoque certes pas les émotions des premiers albums, mais j’apprécie le fait qu’elle arrive à trouver des nouvelles directions qu’elle parvient à glitcher à sa manière. Au final, il est ressort un excellent single qui n’est en fait pas si éloigné du single Evangelic girl is a gun de son album précédent, notamment dans sa manière un peu mécanique de chanter.

Je ne pensais pas avoir l’occasion d’écouter un nouveau single de Grimes, aka Claire Boucher. Elle s’était perdue ces dernières années vers des directions liées à l’intelligence artificielle qui n’auguraient rien de bon, mais je ne perdais pas espoir de la voir revenir vers ses sommets créatifs, comme ceux du single Violence sorti sur son dernier album Miss Anthropocene en 2020 ou Genesis sur son album Visions de 2012. Ces morceaux m’avaient tellement marqué à leurs sorties que j’ai toujours suivi son actualité, parfois d’un peu loin. Suite à son dernier album datant de 2020, Grimes avait certes sorti le single Shinigami Eyes et quelques collaborations, comme celle remarquable avec aespa pour un remix de Supernova qu’elle avait grandement remanié dans son style. Le single Accelerando sorti le 9 Octobre marque un retour assez décapant où elle essaie de nous faire ressentir un monde devenu incontrôlable entraîné dans une accélération technologique sans précédent. On pense bien sûr à l’intelligence artificielle et en voyant la vidéo, on peut très vite imaginer qu’elle a été entièrement conçu par l’IA. Ce n’est en fait pas tout à fait le cas. Certains éléments visuels ont été créés avec l’IA, mais la vidéo se base d’abord sur des prises de vues réelles tournées sur fond bleu, avec Grimes, des véritables danseurs et des éléments physiques, le tout réalisé par une équipe de plus de 70 personnes. Le morceau lui-même n’utilise heureusement pas l’intelligence artificielle. Il est immédiatement percutant, d’une puissance pop électronique sombre et inquiétante tout à fait remarquable. On perd un peu de la subtilité de ses morceaux précédents mais cette approche frontale me laisse quand même penser que Grimes revient en grande forme. Après le tourbillon d’images de la vidéo et les phases du morceau se terminant par des cris, j’aime particulièrement le final où on voit seulement Grimes et les danseurs, débarrassés de l’excès des effets spéciaux. La musique s’apaise alors vers une forme de sérénité sur des images de danse tribale. Ce single composera son futur album PSY OPERA dont on ne connaît pas encore la date de sortie.

Pour terminer avec une pop électronique plus légère et lumineuse, je découvre le morceau Blue Cheese né de la collaboration Mulasaki Ima et du groupe muque. J’avais déjà mentionné muque sur ces pages, mais je découvre maintenant l’artiste Mulasaki Ima (紫今) qui est une jeune compositrice, chanteuse et productrice, brouillant les pistes entre pop, hip-hop et sons plus expérimentaux. Ce n’est pas la seule artiste de sa génération à ne pas vouloir se laisser emprisonner dans les genres musicaux. Le duo vocal avec Asakura de muque fonctionne très bien, notamment dans le refrain construit d’un semblant de répétitions syllabaires. Ces quelques morceaux forment une partie de ma playlist actuelle mais il y a beaucoup d’autres encore à mentionner. Mon rythme d’écriture ne me permet pas d’avancer assez vite en ce moment.

le point de fuite des fourmis

L’étrange araignée gonflable que l’on peut voir depuis la rue principale du quartier de Daikanyama à travers la grande baie vitrée de la petite galerie de Hillside Terrace attire tout de suite le regard. On la devine en mouvement comme si elle respirait profondément. Je m’approche de la galerie. Elle occupe la quasi totalité de l’espace. Une pompe à air lui fait bouger les membres de manière intermittente. Autour de ses pattes noires et roses, elle est décorée de multiples couleurs. Ses formes sont étranges sans pour autant être vraiment inquiétantes. Il s’agit d’une création de l’artiste Lee Byungchan (이병찬), originaire de Corée du Sud et né en 1987. Ces œuvres évoquent des étranges créatures ondulantes, réalisées en plastique jetable. Elles viennent parasiter symboliquement le corps humain dans des mises en scène photographique ou filmées. Son travail artistique entend rendre visible la matérialité invisible des énergies circulant dans les espaces urbains, traduire la masse urbaine en des formes respirantes. Dans une autre salle de l’exposition montre des vidéos de ces étranges monstres portatifs accrochés au dos des personnes sans qu’ils où elles ne s’en rendent apparemment compte. On imagine ces objets comme des représentations imagées de l’être profond que l’on ne souhaite pas montrer aux autres mais qui finit par transparaître dans toute son évidence (ndlr: l’auteur de ces lignes se demande en ce moment à quoi pourrait ressembler cet appendice extérieur en ce qui le concerne). Cette petite exposition s’intitulait The Vanishing Point of the Ant (アリの消失点) et se déroulait du 26 Avril au 25 Mai 2025 dans la petit galerie Art Front Gallery de Hillside Terrace.

Après son album Flesh sorti le 11 Mars 2025, l’artiste électronique cyber milkちゃん nous propose un long mix d’un peu plus d’une heure intitulé Ambient & Experimental mix with cyber milkちゃん sur sa chaîne YouTube et je l’écoute bien sûr avec attention. On y retrouve l’ambiance indistincte et vaporeuse qu’on pouvait entendre et apprécier sur son album. A la 27ème minute du mix, je crois reconnaître l’instrumental Movement III: Linear Tableau with Intersecting Surprise de Sufjan Stevens sur son album The BQE, morceau que j’adore au plus haut point (ndlr: ce plus haut point serait placé sur une hypothétique hiérarchie musicale qui n’aurait bien sûr qu’assez peu de sens mais qui aurait au moins le mérite de traduire l’enthousiasme ponctuel ressenti). Sauf que dans le mix de cyber milkちゃん, ce morceau est presque irreconnaissable au point où je me demande tout le long de mon écoute s’il s’agit bien de celui-ci. Je lui ai bien demandé, mais seule la divinité Benzaiten (ndlr: divinité bouddhiste japonaise du savoir, des arts dont la musique, entre autres) pourra prédire si elle me répondra un jour. A propos de mix, j’attends avec une certaine impatience le nouvel épisode mensuel de Liquid Mirror d’Olive Kimoto sur NTS Radio, qui aurait dû arrivé à la fin du mois de Mai et qui commence à tarder. Je patiente donc en réécoutant encore l’épisode du 29 Avril 2025, qui est excellent dès les premières minutes avec l’étrange et hypnotisant Xith c. Spray de Lee Gamble qui pourrait nous faire entrer en médiation transcendantale si on n’y criait gare. Ce morceau est tiré de l’album Models sorti en Octobre 2023.

Alors qu’on parlait justement de NTS Radio dans les commentaires d’un précédent billet, mahl me fait remarquer très justement que Yeule y a également sa chaîne avec trois épisodes diffusés cette année dans une série intitulée ALTAR ♱ ELECTRONICA W/ YEULE. Je m’empresse de les écouter en me promenant du côté des quartiers d’Ayase et de Kameari dans le Nord de Tokyo (ndlr: ces lieux seront le sujet d’un prochain billet), alors que j’avais une après-midi entière à passer seul. On n’est jamais vraiment seul lorsqu’on est entouré de bonnes musiques, même si la solitude est un élément indissociable de mes promenades tokyoïtes (ndlr: ceci pourrait également être le sujet d’un billet, plus long peut-être). J’écoute donc les trois épisodes disponibles en ordre antéchronologique, en commençant donc par celui du 28 Février, puis celui du 31 Janvier et finalement le premier épisode du 3 Janvier 2025. Les trois heures d’écoute à la suite ne sont pas de tout repos, car le son y est très abrasif, disruptif et à l’atmosphère très sombre à l’image des photographies accompagnant l’émission prises par le photographe américain Neil Krug. On ne s’ennuie pas car on y trouve beaucoup d’excellents moments, comme par exemple le morceau Ninacamina de l’artiste électronique australienne Ninajirachi avec la productrice américaine Izzy Camina, remixé par le DJ anglais KAVARI. Dans les mixes, on reconnaît parfois mais rarement quelques morceaux de l’électronique mainstream comme le Born Slippy d’Underworld, mais dans une version défigurée par le DJ et producteur américain Cenaceae. Je n’étais pas vraiment surpris de voir dans ces mixes un morceau de Grimes. Il s’agit d’un de ses premiers singles intitulé Genesis (ndlr: et peut-être son meilleur le plus inspiré tant musicalement que visuellement), sauf que le morceau est accrédité au musicien électronique grec Michail Chondrokoukis, sous le nom Apu Nanu, qui le remixe en fait complètement. A ses débuts, je ressentais que Yeule prenait Grimes comme une sorte de modèle, mais elle est désormais partie beaucoup plus loin musicalement. Yeule vient d’ailleurs de sortir son nouvel et quatrième album Evangelic Girl is a Gun, que je pressentais être excellent à l’écoute des trois singles sortis à l’avance. À part ces singles, je trouve malheureusement le reste de l’album en deçà, à la limite un peu fade surtout si on les compare à l’excellent single Evangelic Girl is a Gun qui donne son titre à l’album. L’approche est moins écorchée que sur ses albums précédents et je pense que c’est la raison pour laquelle je le trouve moins intéressant, tout en n’étant pas mauvais pour autant, loin de là. Les trois mixes de NTS Radio sont en comparaison beaucoup plus puissants. Mais comme le fait d’être déçu d’un nouvel album de Yeule me déçoit, je vais certainement entamer une nouvelle écoute qui me fera peut-être changer d’avis.

that’s a pretty long third gear in this car

Ce billet aurait très bien pu être le seizième épisode de ma série au long cours the streets mais je préfère lui donner un autre titre car j’ai réécouté récemment l’album Blonde de Frank Ocean et j’adore en particulier cet extrait des paroles du morceau Skyline To. Et en plus de cela, il y a des voitures dans ce billet. Ce billet est un mélange de plusieurs rues, celle de Komazawa et autour, celle de Kamurozaka où se trouve un Hôtel Vintage qui n’a rien de vintage mais qui prend tout de même ce nom. Le café au rez-de-chaussée est très agréable et calme. Des grandes fenêtres donnent sur la longue rue en pente Kamurozaka bordée de cerisiers qui étaient encore en fleurs au moment où cette photographie a été prise. On change ensuite de lieux pour le quartier chinois de Yokohama et un quartier de Kawasaki à l’écart de la gare. La dernière photographie a été prise au Tsutaya T-site de Daikanyama lors d’un petit festival célébrant les “subcultures” qui se déroulait les 19 et 20 Avril 2025. Dans l’ensemble, ce n’était pas le type de subculture qui m’intéressait vraiment car je n’ai pas trouvé d’intérêt à regarder des personnages déguisés, des Yuru-chara (ゆるキャラ), danser mollement devant une platine. J’ai même trouvé une certaine gêne à regarder les quelques admirateurs adultes postés autour de ce personnage rose appelé Iwashika-Chan (イワシカちゃん). Cela fait assez longtemps que je n’avais pas eu ce sentiment là. Le festival se composait en fait de petits stands. L’un d’entre eux vendait des t-shirt underground, parfois de films. J’y ai aperçu Tetsuo the Ironman de Shinya Tsukamoto. Il y avait également des stands réservés aux dédicaces notamment de mangaka, mais je suis malheureusement arrivé trop tard. J’aurais tout de même aimé passer à celui d’Eldo Yoshimizu (エルド吉水) car j’ai acheté il y a quelques temps le premier tome de son manga RYUKO (龍子). Eldo Yoshimizu est diplômé du département de sculpture de l’Université des Beaux-arts de Tokyo. Il n’a commencé sa carrière de mangaka qu’à l’âge de 45 ans. En demandant à Mari par tout hasard si elle connaissait cet artiste venant de la même école qu’elle, elle me répond à l’affirmative à mon grand étonnement. Eldo Yoshimizu était en fait un de ses professeurs en école préparatoire pour entrer aux Beaux-arts. C’est une coïncidence amusante et ça me ferait un sujet de discussion si jamais j’avais l’occasion de faire signer un jour mon exemplaire de RYUKO. Autre point intéressant, le manga est apparemment d’abord sorti aux éditions françaises du Lézard Noir en 2016, puis ensuite au Japon beaucoup plus tard en 2023 aux Éditions Leed Publishing.

Par souci d’augmenter un peu mon audience web, je me décide à montrer des photos de chats. C’est une recette bien connue pour attirer les visiteurs. C’est en fait une coïncidence que j’écoute en ce moment des artistes ou groupes utilisant des images de chats comme couverture de leur single. Ceux de Hoshikuma Minami (星熊南巫) sont cyberpunk, une race de chat que je ne connaissais pas. En recherchant d’autres collaborations de Rinahamu (苺りなはむ) avec des artistes que j’apprécie, je note qu’elle a également sorti un single avec Hoshikuma Minami au chant et KOTONOHOUSE à la composition. Ce single intitulé d∞r est sorti le 18 Janvier 2025. La composition musicale de KOTONOHOUSE n’hésite pas triturer le morceau ce qui apporte à chaque fois un contraste intéressant avec la voix un peu éthérée de Rinahamu. Hoshikuma Minami a par contre une voix plus puissante et agressive, qui m’amène vers trois de ses singles solo PAINKILLER sorti en 2024, puis Demigod Chan et Shinra DARKPOP (新羅DARKPOP) tous les deux sortis en 2023. L’ambiance y est beaucoup plus sombre et les sons électroniques plus disruptifs. Les trois morceaux sont assez courts et s’enchainent comme des petites bombes sonores dans ma playlist. Mon préféré des trois est Demigod Chan qui est dans l’ensemble plus apaisé mais pleins de glitches. Shinra DARKPOP s’enfonce par contre dans les bas-fonds et Hoshikuma Minami chante au bord des cris. Les petits chats à priori mignons des images de couverture de ces singles ne nous laisse en fait pas vraiment imaginer l’ambiance que se cache à l’intérieur. Ecouter ces trois morceaux m’a donné l’occasion de revenir vers le groupe Wagamama Rakia (我儘ラキア) dont elle fait partie. Je découvre le morceau New World sur l’album éponyme sorti en 2020 et je suis tout de suite accroché. Je pense que c’est mon préféré du groupe. En plus des passages rappés toujours excellents de MIRI, le petit plus du morceau est d’entendre Hoshikuma Minami rouler les ‘R’ à certains moments du morceau. Bite Off!!!! sur le EP ONYX sorti en 2022 a un coté K-Pop, mais qui serait dynamité par des guitares métal. J’écoute ensuite le single GR4VITY G4ME sorti en 2022, qui est plus classique dans leur discographie mais également très bon. On est assez loin du son des musiques d’idoles, bien que les quatre filles de Wagamama Rakia fassent officiellement partie de cette catégorisation musicale. J’écoute également le nouveau single de Yeule intitulé Dudu, montrant en couverture un gros chat blanc flottant au dessus de la compositrice et interprète. Son titre Dudu est étrange. Il ne s’agit pourtant pas du nom du chat de Yeule qui s’appelle Miso et a un pelage très différent. Le single a une approche Pop rock inhabituellement lumineuse et sera présent sur son prochain album Evangelic Girl is a Gun, qui s’annonce décidément très bon et qu’on pourra écouter en entier à partir du 30 Mai 2025. Le style musical diffère avec les chats dessinés de la quatrième couverture. Il s’agit du single mild days de Hitsuji Bungaku (羊文学) sorti le 13 Mai 2025. Il démarre à la guitare acoustique et je lui trouve tout de suite un petit air américain ce qui normal car sa sortie marque en quelques sortes le retour du groupe de leur tournée américaine. Le morceau est très beau, mais Hitsuji Bungaku fait de toute façon un sans-faute musicalement depuis le début de leur carrière.

« ハート ハート ハート1個 頂戴 ベイビー » Donnes moi un cœur, nous répète Yu-ri (ゆーり) sur le single Heart111 (ハート111) composé par le musicien électronique Sasuke Haraguchi (原口沙輔), dont je parle de plus en plus souvent sur ses pages. Le morceau super drôle et charmant à l’écoute, même addictif dans une certaine mesure, n’est pas récent car il date d’Avril 2024, mais il me vient en tête alors que l’on fête aujourd’hui les 22 ans de Made in Tokyo. Je passerais sur mon propre étonnement d’une si longue vie et d’une inspiration continue qui me fait ne jamais m’arrêter à écrire des histoires, montrer des photographies de rues et d’architecture, d’évoquer les musiques que j’aime, divaguer parfois vers des terres irréelles (quoique), essayer de transmettre tous les intérêts culturels que je peux trouver dans cette ville et ce pays, le tout avec une sensibilité et une poésie discrète (si possible). Je suis en même temps tout à fait conscient de ne pas être sur la même longueur d’onde que les autres contenus sur le Japon (ah, je n’aime pas ce terme générique de créateur de contenu), mais je n’ai pas non plus l’intention de montrer un autre Tokyo ou un Japon différent. Après autant d’années de vie ici, ces concepts là n’ont plus beaucoup de sens et ne valent que pour ceux qui croient vivre une vie extraordinaire. La mienne est celle de mon quotidien. Elle n’est pas celle d’un voyageur bien que je me l’autorise de temps en temps sur quelques billets de vacances. Je continue tant que je trouve la volonté et la nécessité d’ouvrir mon notepad pour écrire mes impressions, avec toujours dans l’idée le partage gratuit. Mais je ne suis pas contre recevoir de temps en temps en échange un petit cœur de la part des visiteurs. « ココロを下サイ » nous répète encore Yūri sur Heart 111.

and if you dare to get hurt I will be there my friend

Je ne sais pas si c’est Chanmina (ちゃんみな), avec la vidéo de son single Biscuit, qui a provoqué le retour des groupes ou chanteurs et chanteuses improvisés près du grand carrefour et de la gare de Shibuya, mais j’ai le sentiment qu’ils sont plus présents depuis quelques temps, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Ce soir là à Shibuya, j’ai pu apercevoir un rocker guitariste avec une apparence qui m’a beaucoup rappelé Kurt Cobain, avec une même chevelure blonde et portant ce qui ressemble beaucoup à une copie de l’iconique sweater en mohair rouge et noir que Kurt portait dans la vidéo du morceau Sliver et lors de concerts, notamment à la Roseland Ballroom de New York en Juillet 1993 et à l’Aragon Ballroom de Chicago en Octobre 1993. L’histoire raconte que Courtney Love aurait acheté ce sweater pour 35 livres à un fan, nommé Chris Black, après un concert de Nirvana à Belfast en Irlande du Nord en 1992. Une coïncidence intéressante était d’écouter quelques jours plus tard l’émission spéciale de Very Good Trip de Michka Assayas consacrée à l’album MTV Unplugged in New York sous le format d’une Masterclass. Ce concert pratiquement acoustique a été enregistré en Novembre 1993, quelques mois avant la mort de Kurt Cobain le 5 Avril 1994. A quelques mètres de l’apprenti Kurt, un rappeur japonais attirait une petite foule autour de lui, mais j’ai peiné à y trouver une accroche qui m’aurait fait rester plus de deux minutes. Plus près de la gare, une autre chanteuse à guitare acoustique appelée Rin (りん) était installée devant un bloc de béton. Je l’ai écouté quelques minutes, un peu distraitement. Il y avait seulement quelques personnes devant elle, mais une de ces personnes la filmait avec une petite caméra installée sur un tripod. Il n’est pas rare que ces chanteurs et chanteuses de rue aient leurs fans de la toute première heure. Peut-être s’agit il d’un membre de sa famille, mais j’avais plutôt le sentiment qu’il s’agissait d’un amateur espérant peut-être saisir en images les premiers moments d’une potentielle reconnaissance future. A quelques mètres de son emplacement, je vois encore circuler les karts touristiques qui se font de plus en plus nombreux dans les rues de Tokyo. Les agences qui proposent ce genre d’attractions se sont beaucoup développées ces deux dernières années depuis le retour des touristes étrangers. Ce qui m’étonne toujours un peu, c’est de ne jamais voir de japonais conduire ces karts, comme s’ils étaient strictement réservés aux étrangers. Ils n’attirent en tout cas plus la curiosité des passants, ce qui était pourtant le cas au tout début où les passants et les conducteurs de kart se faisaient des bonjours de manière réciproque. Le sur-tourisme actuel ne me dérange personnellement pas beaucoup, car il se limite à certains quartiers, mais je vois sur les réseaux sociaux de plus en plus de résidents étrangers pointer ce problème. J’imagine que ces mêmes résidents ont également été touristes au Japon avant de venir y vivre. En fait, peut être pas car en y réfléchissant bien, je ne suis jamais venu en touriste au Japon. Mais comme on dit toujours, il y a le bon touriste et le mauvais touriste.

Le billet précédent montrant une collection d’affiches de films de Shinya Tsukamoto (塚本晋也) dans un petit cinéma indépendant de Meguro m’a ramené vers sa filmographie. J’ai regardé trois de ses films quasiment à la suite en commençant par Hiruko the Goblin (妖怪ハンター ヒルコ) sorti en 1991, puis Bullet Ballet (バレット・バレエ) sorti en 1998 et A Snake of June (六月の蛇) sorti en 2002. Hiruko the Goblin est son deuxième film après Tetsuo: The Iron Man (鉄男) sorti en 1989, et est un peu à part dans sa filmographie car il s’agit d’un film d’horreur faisant intervenir des monstres Yōkai. On suit l’archéologue un peu excentrique Reijiro Hieda, interprété par Kenji Sawada (沢田研二), sur les traces d’un ancien ami ayant eu la mauvaise idée de libérer le monstre ancestral Hiruko d’une tombe enfouie sous une école perdue en pleine campagne. Il s’agit d’un film d’horreur qui n’est pas dénié d’un certain humour, mais l’épouvante monte en intensité et le final est particulièrement étrange. De Tsukamoto, on retrouve les plans rapides qui nous font perdre l’équilibre et une imagination débordante, parfois à la limite de l’acceptable, mais qui m’accroche à chaque fois à ses films. Il y a une ambiance un peu absurde et exagérée dans ce film qui participe à son charme. Bien sûr, il ne faut pas être repoussé par les têtes coupées et les monstres constitués de ces mêmes têtes posées sur des pattes d’araignée. Je pense que cette dernière phrase donne une bonne idée de l’ambiance du film. J’ai revu ensuite Bullet Ballet. Je l’avais vu une première fois il y a vingt ans, après Tokyo Fist. On revient ici vers un style urbain qui est plus fidèle à ce que je connais du réalisateur. Bullet Ballet se vit comme une expérience cinématographique et je comprends tout à fait le statut de cinéaste culte auquel est porté Shinya Tsukamoto. Ce n’est pas un film pour tous les yeux, car la violence y est omniprésente, mais le film n’est pas dénié d’une poésie urbaine cachée derrière ses images fortes. L’histoire est tournée autour de Goda, un publicitaire joué par Shinya Tsukamoto, dont la compagne vient de se suicider avec un revolver. Il devient fasciné par cette arme car il ne comprend pas comment elle a pu l’obtenir et se décide à en construire une pièce par pièce. Il rencontre rapidement dans les quartiers sombres de Tokyo, la jeune Chisato, jouée par Kirina Mano (真野きりな) et son gang aux prises avec un autre gang rival. Une relation particulière se crée entre eux, platonique peut-être. Goda et Chisato n’ont en tout cas pas peur de la mort et n’ont rien à perdre. Je ne sais pas s’il y a une influence, mais je revois en Chisato, aux cheveux très courts et à la personnalité mystérieuse, le personnage de Faye dans Chungking Express dont je parlais très récemment. Je ne suis apparemment pas le seul à y penser (ce blog a décidément une logique impeccable dans l’agencement de ses billets). Esthétiquement, le film entièrement en noir et blanc est très beau, tout comme les membres du gang exagérément stylisés. J’aime aussi beaucoup ce film pour sa musique composée par le fidèle Chu Ishikawa (石川忠) dans un style entre rock industriel et passages électroniques plus apaisés. Ces compositions musicales s’accordent parfaitement aux images souvent iconiques du film. J’écoute beaucoup cette bande originale aussi variée qu’excellente de bout en bout. De nombreux plans nous montrent Nishi-Shinjuku au loin, donc j’imagine que cette histoire se déroule dans les bas-fonds de la banlieue de Shinjuku, ayant disparus depuis longtemps. Comme dans Tokyo Fist, on y retrouve le thème de la ville qui écrase les individus et celui du besoin de libération par la violence et la douleur. Ce dernier point est une composante essentielle de la filmographie de Shinya Tsukamoto et on retrouve ce thème dans le film A snake of June, que je regarde ensuite. Je le dis encore, mais les films de Tsukamoto ne sont pas pour tous. Ils sont en tout cas très marquants et c’est le cas également de ce film là. On remarque tout de suite l’image, d’un monochrome bleuté superbe, et la malaisante générale qui nous suit pendant tout le film. L’histoire tourne autour du personnage de Rinko Tatsumi, interprétée Asuka Kurosawa (黒沢あすか), aide sociale sauvant des vies au téléphone en essayant de convaincre ceux qui l’appellent de tenir bon à la vie. C’est le cas du suicidaire Iguchi, également interprété par Shinya Tsukamoto, qui se voit sauver par les paroles de Rinko et qui se sent ensuite redevable. La personnalité décalée et extrême d’Iguchi amènera Rinko dans une spirale malsaine qui la fera sortir malgré elle et au prix d’une grande souffrance de sa vie monotone. De nombreuses scènes montrent sa vie de couple avec Shigehiko, interprété par Yuji Kohtari (神足裕司), dans une demeure en béton brut que l’on imaginerait très bien avoir été conçue par Tadao Ando. Mais Shigehiko fuit le foyer pour sa vie de bureau, en plus d’être un maniaque obsessionnel de l’hygiène. Les interventions d’Iguchi dans cette vie de couple dysfonctionnelle se teintent de voyeurisme sexuel et de manipulations. Il s’agit là encore d’un film décalé qui nous amène vers les parts sombres des individus pour accéder finalement à une forme de libération qui passe par la douleur. Ces deux films Bullet Ballet et A snake of June ne sont pourtant pas complètement noirs et désespérés car une redemption pointe à l’horizon, provoquée en partie par les personnages interprétés par Tsukamoto lui-même. Les films de Tsukamoto montre souvent un cheminement souvent destructeur, mais de cette destruction nait une nouvelle réalité. Ces films ne sont pas disponibles sur les plateformes de streaming mais on peut assez facilement les trouver sur Internet du côté d’archive.org, qui nous donne malgré tout accès à des films qui seraient malheureusement assez difficiles à trouver autrement.

Pour continuer encore un peu dans les ambiances underground, j’écoute l’excellent nouveau single de Yeule intitulé Evangelic Girl is a Gun, qui sera inclus dans son futur album prenant le même nom. L’ambiance y est sombre mélangeant un rock bruitiste à tendance industriel avec des glitches électroniques caractéristiques de sa musique. Je n’ai jamais été déçu jusqu’à maintenant par la musique de Yeule, et je trouve même que ce morceau passe une nouvelle étape qui laisse présager le meilleur pour son nouvel album. L’accroche y est immédiate et la densité nous fait y revenir. J’espère qu’elle prévoira dans le futur une tournée passant par le Japon et Tokyo, car je serais très curieux de voir l’atmosphère de ses concerts, tout en me demandant quel public pourrait bien y assister. Je suis sûr que son public japonais est nombreux dans les milieux underground.

Le titre du billet « and if you dare to get hurt I will be there my friend » est extrait des paroles du morceau Yzobel composé par l’artiste français Gyeongsu et chanté par Croché. J’avais découvert ce morceau il y a plusieurs mois dans un episode de Liquid Mirror de NTS Radio, celui de Février 2023 que je réécoute maintenant. Cet extrait des paroles me semblait tout d’un coup correspondre à l’ambiance qui se dégage de manière diffuse dans ce billet. Pour revenir ensuite à l’épisode d’Avril 2025 de Liquid Mirror que je mentionnais récemment, je retiens particulièrement l’excellent morceau instrumental intitulé Weaver par K-MPS & Finn Kraft qui me transporte à chaque écoute. Je réalise assez vite que ce morceau est basé assez amplement sur un sample du morceau Crazy for You de Slowdive sur leur troisième album studio Pygmalion sorti en 1995 (le moins Shoegaze de leurs albums). Pour être plus précis, Weaver est en fait basé sur une version démo alternative de Crazy for You disponible sur le deuxième CD de la réédition de Pygmalion en 2010. K-MPS & Finn Kraft en maintiennent le rythme initial mais rajoute de nombreuses nappes électroniques donnant une dimension plus aérienne par rapport aux morceaux originaux de Slowdive.

a dark sea with sunlights

Le calme de l’Océan Pacifique devant moi m’amène à réécouter le long morceau drone Dark Sea de Chihei Hatakeyama (畠山地平) qui dure plus de 23 minutes. Le musicien est né dans la préfecture de Kanagawa et a grandi dans la petite ville de Fujisawa à laquelle Enoshima est rattaché. Il a dû souvent faire l’expérience de ces paysages océaniques dans lesquels on se perd volontiers le regard. L’océan est calme mais peut soudainement devenir monstrueux. Je ressens à chaque fois cette dualité, que je retrouve d’ailleurs assez bien dans le morceau Dark Sea de Chihei Hatakeyama. Cette ambiance quasiment mystérieuse aurait également pu s’accorder avec quelques morceaux écoutés récemment sur l’émission Liquid Mirror de NTS Radio. Cette émission radio continue à me fasciner, au fur et à mesure des épisodes que j’écoute, nouveaux ou plus anciens. Celui de Décembre 2024 contient une suite de morceaux hypnotisants commençant par l’expérimental Flower of the Mountain de l’anglaise Teresa Winter. Elle répète de manière obsessionnelle les mots « You said I was a flower of the mountain » sous une nappe sonore tournant en boucle avec des sursauts réguliers. Ce morceau est vraiment étonnant. Le morceau qui suit sur cet épisode de Liquid Mirror revient vers un rock alternatif plus classique avec le morceau Day You Told Me d’un groupe new yorkais nommé Colle dont je sais très peu de choses, voir rien du tout. Ce morceau par sa trame répétitive me ramène avec un bonheur certain vers les atmosphères trip-hop des années 90. On est là dans un univers vaporeux proche de la Dream pop, car la voix de la chanteuse a tendance à se laisser envahir par l’ambiance sonore qui l’entoure ajoutant un petit quelque chose de mystérieux à l’ensemble. Le morceau qui suit intitulé Magik de l’artiste espagnole Ivankovà revient vers la beauté fascinante et hypnotique de l’étrange. Les motifs se répètent et nous entraînent avec elle dans un tourbillon dont on n’a pas vraiment envie de s’extraire. Mais vers la fin du morceau, le rythme s’apaise. On a le sentiment d’entrer dans un lieu rempli d’une magie mystérieuse qu’on ne saurait comprendre mais qui nous entoure de lumière dans un monde obscure. Et puis dans cette petite section de Liquid Mirror, je termine avec le quatrième morceau intitulé A Window par Eterna qui part vers des sons beaucoup électroniques avec une trame instrumentale plus classique qui ne révolutionne pas le genre mais qui s’inscrit très bien à la suite des autres morceaux. je le dis encore une fois mais je suis vraiment impressionné par la qualité des sélections musicales des épisodes de Liquid Mirror que j’ai pu écouter jusqu’à maintenant.

Le nouveau morceau de Yeule intitulé Skullcrusher vient de sortir il y a quelques jours et conclura son prochain album Evangelic Girl is a Gun qui sortira le 30 Mai 2025. De ce futur album, on connaît déjà l’excellent Eko qui marquait un tournant rock déjà amorcé avec son album précédent. Skullcrusher est sombre comme son titre le suggère, mais il faut bien dire qu’elle excelle dans ces ambiances là. Elle a fait un bon bout de chemin depuis son premier album Serotonin II de 2019 que j’avais découvert comme un ovni musical à sa sortie. Skullcrusher est un peu court mais donne le ton de ce nouvel album que j’attends déjà avec une certaine impatience.

Le titre de ce billet me rappelle tout d’un coup le titre d’un morceau électronique que j’avais composé sur une version digitale d’un synthétiseur allemand Waldorf il y plus de 11 ans. Il s’intitule Luminance from deep black sea et aurait également pu s’accorder aux photographies noir et blanc que je montre ci-dessus. J’avais un peu oublié tous ces morceaux électroniques que j’avais composé avec beaucoup de passion et de dedication. Je les réécoute pourtant de temps en temps, avec toujours une oreille critique. Je me dis sur certains morceaux que j’aurais dû les modifier de telle ou telle manière, mais je serais bien en mal de faire ce genre d’ajustements maintenant sur des outils de composition musical que je n’ai pas utilisé depuis plus de dix ans. Même si je peux les oublier, toutes les compositions sont toujours bien présentes sur mon compte SoundCloud. Je viens de vérifier en réécoutant Luminance from deep black sea.