ちょっとした夏休み (4)

Après la visite du temple principal de Enryakuji, appelé Konpon-chūdō, nous partons à la découverte des autres temples du complexe, perdus dans la forêt et dans la brume. Ce léger voile donne une atmosphère assez mystérieuse à cet endroit, comme si des esprits allaient soudainement surgir des portes du temple. Nous ne visiterons en fait que la zone appelée Tōdō qui comprend plusieurs temples dont le Daikō-dō qu’on aperçoit sur la deuxième photographie accompagné d’une petite tour avec cloche nommée Shōrō (sur la première photographie). On peut la faire sonner pour laisser naviguer les ondes sourdes à travers les branches de la forêt du mont Hiei. En avançant un peu plus à l’Est, on arrive après un long escalier sur Amidadō et la pagode de l’Est appelée Tōdō, que je montre sur les trois autres photographies du billet. L’intérieur des temples est grandiose et baigné dans le silence. Il y a très peu de touristes bien qu’on soit en plein été, ce qui est un effet direct de la crise sanitaire. Ce n’était pas facile de se décider à faire ce court voyage, car on a toujours l’impression que ce n’est jamais le bon moment pour se déplacer. L’important est pourtant d’avoir un comportement raisonnable et de se protéger du mieux possible. Une chose est sûre, après de très nombreux mois sans quitter Tokyo, ce passage dans les montagnes sacrées de Hiei nous a fait beaucoup de bien. Nous n’avons pas visité les deux autres zones du complexe, Saitō et Yokawa car elles sont un peu trop éloignées pour y aller à pieds. Il aurait fallu y aller en voiture. Peut-être y reviendrons nous dans quelques années, après 2026 et la rénovation complète du Konpon-chūdō. Nous reprenons ensuite le cable-car pour rejoindre la voiture au bord du lac Biwa et repartir sur les routes autour du grand lac pour rejoindre notre destination suivante, Omi-Hachiman. On y découvrira une des architectures les plus fantastiques que j’ai pu voir.

ちょっとした夏休み (3)

Le lendemain, après une petit déjeuner japonais à base de poissons auquel je n’ai pas l’habitude mais qui était tout de même très bon, nous nous dirigeons vers la montagne sacrée de Hiei, haute de 848 mètres. Elle se situe au Nord de Kyoto et se trouve en bordure de la préfecture de Shiga. Nous pouvions y aller en voiture en empruntant les petites routes sinueuses de montagne mais ayant peur de la pluie, nous préférons utiliser le cable-car de la ligne Hieizan Railway. Cette ligne part du quartier de Sakamoto, se trouvant au bord du lac Biwa à mi-chemin entre Ogoto Onsen où nous avons passé la nuit et la ville de Otsu. Le terminus est l’ensemble de temples autour de Enryakuji qui était notre destination. Il s’agit de la plus longue ligne de tramway tractée par câble du Japon avec plus de 2kms de longueur pour une durée de 11 minutes jusqu’au sommet. En chemin, on a une très belle vue sur le lac Biwa se dégageant derrière la forêt du mont Hiei. J’ai essayé du mieux possible de capter en photo ce paysage mais le véhicule en mouvement ne nous laisse que peut de temps pour ajuster l’appareil. La ligne est ancienne, datant de 1927, mais les wagons dans lesquels nous sommes montés à l’allée comme au retour étaient décorés de dessins d’un manga appelé Basara. Notre ascension du mont Hiei nous fait entrer dans les nuages. En voyant cette épaisse couche nuageuse depuis le pied de la montagne, nous avions peur qu’une forte pluie nous attende tout en haut gênant notre visite du temple principal Enryakuji. En fait non, notre arrivée au terminus de la ligne de cable-car nous a seulement plongé dans des nappes d’un fin brouillard. Un chemin traversant la forêt à flanc de montagne nous amène jusqu’aux temples. Cette brume omniprésente rend cet endroit magique comme s’il voulait nous signifier qu’il est sacré. C’était une très agréable surprise d’autant plus que la pluie était absente. Une surprise moins agréable était de s’apercevoir que l’immense et fameux temple Enryakuji était en pleine rénovation. Il est entièrement recouvert d’un hangar de métal et est actuellement en pleine rénovation à l’intérieur. On apprendra ensuite qu’il subit une rénovation complète prenant 10 ans. Commencées en 2016, ces rénovations se termineront donc en 2026. Enryakuji fut fondé en 788 et est devenu, centenaires après centenaires, un des centres bouddhistes les plus importants du Japon, notamment pour l’éducation des moines. C’est une des raisons pour laquelle le mont Hiei est souvent considéré comme le lieu de naissance du bouddhisme japonais ou comme une grande école du bouddhisme. Enryakuji est inscrit au patrimoine mondial de Unesco depuis 1994. Bien qu’on ne pouvait pas voir le temple Enryakuji dans toute sa superbe, on pouvait tout de même accéder à l’intérieur de l’édifice en cours de travaux. On a pu constater que les moines continuent à faire office dans des parties parfois sombres du temple, entourés de tubes métalliques d’échafaudages. En fait, voir le temple dans ces conditions vaut le détour, car la vie à l’intérieur continue malgré les travaux. On peut comprendre qu’il serait très compliqué d’arrêter complètement toutes les activités du temple pendant dix années. Et c’est une bonne idée de laisser aux visiteurs la possibilité de voir et d’avoir une petite idée de l’étendue des travaux. On peut monter sur un échafaudage de plusieurs étages qui donne une vue sur les toitures en pleine rénovation. Les photographies sont seulement autorisées à cet endroit là. Vue l’étendue de l’ouvrage, on peut comprendre le nombre d’années nécessaires. Mais il y a d’autres temples à voir près de Enryakuji et nous ne sommes pas venu ici pour rien. Nous continuerons la visite dans le prochain billet.

色々ウォーク➓

Les deux premières photographies font suite au billet précédent de cette série estivale car elles sont prises à Nihonbashi à quelques mètres des installations d’art contemporain d’Olympic Agora. Sur la deuxième photo, la statue de la déesse de la sincérité Magokoro dans le grand hall du grand magasin Mitsukoshi de Nihonbashi m’impressionne toujours autant. Elle est tellement détaillée, colorée et grandiose que je la trouve difficile à prendre en photo. C’est particulièrement étonnant de trouver ce genre de statue dans un grand magasin mais cet immeuble historique de Mitsukoshi est dans son ensemble tout aussi grandiose. La statue Magokoro a été créée par le maître artisan Gengen Sato et son élaboration a pris dix années. Elle a été placée dans le grand hall du Mitsukoshi Nihonbashi en 1960 à l’occasion du cinquantième anniversaire du grand magasin. Les photographies qui suivent sont prises dans des quartiers résidentiels d’Azabu où la nature prend parfois d’assaut les immenses demeures. Au milieu de tout cela, se dresse Europa House, le siège de la Commission Européenne au Japon. J’en montre un morceau de façade sur la quatrième photo et j’en avais déjà parlé dans un billet de Juillet 2012, un an après la construction de ce complexe. Je me souviens à l’époque avoir été surpris d’apprendre que ce bâtiment était conçu par la filiale ingénierie et architecture des Aéroports de Paris (ADPI). ADPI a d’ailleurs également conçu l’actuelle ambassade de France à Tokyo, par très loin d’ailleurs d’Europa House. Le dernier bâtiment de la série avec un bloc noir en position légèrement décalée m’intrigue beaucoup mais je n’en connais malheureusement pas l’architecte. Je ne sais pas non plus s’il s’agit de bureaux ou d’une résidence privée, ou peut-être les deux à la fois comme c’est souvent le cas.

Je garde toujours une oreille curieuse pour les compositions rock indé du groupe Yonige composé d’Arisa Ushimaru et Gokkin. Elle viennent de sortir un nouveau mini-album de six titres intitulé Sanzen Sekai (三千世界). J’ai pris l’habitude ces derniers temps de faire des écoutes sélectives en me procurant d’abord sur iTunes que les morceaux qui me paraissent à priori les plus attirants, pour continuer ensuite petit à petit avec d’autres morceaux lorsque le style m’intéresse. Le single de ce mini-album, le premier morceau intitulé Taigan no Kanojo (対岸の彼女) est excellent. C’est un morceau rock à la composition vraiment accrocheuse, qui me fait penser une fois de plus que les filles savent mieux faire du rock que les groupes masculins, ou du moins savent trouver un point d’équilibre idéal entre une certaine mélancolie et une énergie revigorante. La vidéo du morceau dure 11 minutes et ressemble un court métrage. Le morceau en lui-même ne démarre qu’à mi-chemin. Un peu comme le morceau Kenzen na Asa (健全な朝) sur leur album précédent Kenzen na Shakai (健全な社会) dont je parlais auparavant, il y a une certaine impression de solitude urbaine qui se dégage des vidéos du groupe. Sur le mini-album Sanzen Sekai, j’écoute également deux autres morceaux Saimin Ryōhō (催眠療法) et 27 Sai (27歳) qui n’ont pas l’énergie du premier morceau mais cette même atmosphère rock mélancolique que j’aime beaucoup.

ちょっとした夏休み (2)

Le chat samouraï Hikonyan (ひこにゃん) est la mascotte de la ville de Hikone. Il existe de très nombreuses mascottes de ce type au Japon, appelées Yuru-chara, représentant des villes, préfectures, des organismes entres autres. Hikonyan est une de celles qui a rendu le genre populaire. Je lis sur la fiche Wikipedia que le terme Yuru-chara a été inventé par l’illustrateur Jun Miura. Ce nom me disait quelque chose et une recherche rapide sur Made in Tokyo me rappelle que Jun Miura est également animateur de l’émission Warau Yōgakuten (笑う洋楽展) sur NHK dont j’avais brièvement parlé à l’occasion du passage de Tokyo Jihen le 10 Juin 2021. En plus de représenter de manière fidèle la ville ou la région auquel il est attaché, le personnage Yuru-chara se doit d’avoir une personnalité aimable et décontractée (ou molle si on suit le sens du mot Yurui), avoir un comportement original ou maladroit et être doté d’un design plutôt simpliste. Hikonyan créé en 2007 pour les 400 ans de la fondation du château de Hikone correspond très bien à ces critères. Il a une bonne tête mignonne et un ventre rond, des mouvements très lents et il n’en fait qu’à sa tête. Lorsqu’il fait ses apparitions à l’intérieur de l’enceinte du château, il est à chaque fois accompagné par une animatrice qui discute avec lui devant le public ou nous explique son comportement. Hikonyan ne parle pas, semble volontairement faire le contraire de ce qu’on attend de lui et devient donc imprévisible. C’est cela qui doit faire son charme. Il a de nombreux fans, notamment la double médaillée d’or olympique en natation Yui Ōhashi qui est originaire de Hikone. J’avoue que regarder les réactions un peu décalées de Hikonyan sur la scène du château m’a également beaucoup amusé.

Après notre visite du château, nous nous arrêtons quelques instants à la pâtisserie japonaise Taneya qui possède également une pâtisserie occidentale appelée Club Harie. Le bâtiment qui a l’air ancien se trouve à proximité d’une des entrées du château. On se rendra compte durant notre séjour que Taneya possède de nombreux établissements dans la préfecture de Shiga et même au delà, dont un, assez extraordinaire, que j’évoquerais certainement un peu plus tard. Nous reprenons ensuite la route en direction de Ōtsu près de Kyoto, mais nous arrêterons en route à Ogoto Onsen pour y passer la nuit. Les petites routes nous font longer le lac Biwa. Le ciel nuageux nous empêche de voir l’autre rive du lac ce qui renforce l’impression d’être en face d’une mer. Le couché de soleil après la pluie transforme par moment la route traversant les rizières de part et d’autre en une voie dorée. On essaie de rouler au plus près du lac ce qui nous amène à traverser des petits villages où le temps semble s’être arrêté. J’aime beaucoup conduire dans ces endroits et dans ces conditions. On aurait aimé faire le tour du lac Biwa en voiture, mais avec une superficie de 670km2 pour une longueur de côtes de 235km, nous n’avions malheureusement pas assez de temps. On peut quand même bien profiter du lac sur la cinquantaine de kilomètres reliant Hikone à Ogoto.

ちょっとした夏休み (1)

Nous n’étions pas sortis de Tokyo depuis Mars cette année et je n’avais pas pris de congés depuis plusieurs mois. Ces petites vacances en dehors de Tokyo étaient courtes (3 jours) mais intenses en visites. Notre principe de vacances est de toute façon d’être occupé, plutôt que de se prélasser en bord de mer à ne rien faire. J’avoue que cette fois-ci, on a été un peu plus occupé que d’habitude (surtout moi) car nous avions décidé d’éviter le Shinkansen et de ne se déplacer qu’en voiture, pour un total sur les trois jours d’environ 1050 kms de route, principalement d’autoroutes. La très bonne surprise est qu’on a eu aucun embouteillage à part à la sortie de Tokyo vers Machida. L’autre bonne surprise est qu’on peut rouler à 120km/h sur l’autoroute Shin-Tomei (peut-être pas sur la totalité). J’en avais un peu perdu l’habitude. Notre destination était le grand lac Biwa, qui ressemble à une mer, dans la préfecture de Shiga, juste au dessus de Kyoto. Nous voulions voir ce lac depuis très longtemps et je ne sais trop pour quelle raison j’avais envie de voir le château de Hikone (彦根城), qui se trouve au bord de la partie Nord-est du lac Biwa. Nous voulions en fait aller dans des lieux un peu moins touristiques que Kyoto par exemple, pour éviter les foules éventuelles (ce qui a été le cas dans l’ensemble).

Hikone est une petite ville et le château est son principal point d’attraction. Le château de Hikone est un des douze châteaux japonais conservés intacts et un des cinq considérés comme trésor national avec les châteaux de Matsumoto, Inuyama, Himeji et Matsue. La construction du château de Hikone date de l’époque Edo, de l’an 1603 à 1622 et fut la propriété du clan Ii. On peut entrer à l’intérieur de la tour principale par des escaliers très abruptes mais également dans les tours de garde appelées Yagura à la périphérie. L’enceinte du château est bordée de douves et le parc intérieur est vaste. Un chemin assez large démarre du pont sur les douves et nous fait naviguer entre les impressionnantes murailles de pierre jusqu’à l’esplanade de la tour principale que l’on peut voir sur la première photographie ci-dessus. La météo était assez maussade pendant tout notre séjour mais il n’a plu que le premier jour par intermittence lors de notre passage au château. Cette pluie et le temps nuageux ont quand même eu l’avantage de baisser un peu les températures pour les rendre supportables. Sur la dernière photographie du billet, on peut voir la très populaire mascotte de Hikone, un chat samouraï appelé Hikonyan (ひこにゃん). Hikonyan fait des apparitions de quelques minutes plusieurs fois par jour et il ne faut pas les manquer. Il ne faut pas manquer non plus la visite du musée, riche de divers objets de la famille Ii notamment des instruments utilisés pour la cérémonie du thé, des armures de samouraï et des katana, entre autres.