チャイナアドバイス

Notre dernier passage dans le quartier chinois (中華街) de Yokohama date de Février 2021. Comme la dernière fois, nous y sommes allés à l’occasion du Nouvel An chinois. Nous y allons à chaque fois une semaine après l’événement pour éviter la foule mais elle était particulièrement présente cette année par rapport à la dernière fois. La crise sanitaire se fait petit à petit oublier mais ce réajustement à la normale prend décidément beaucoup de temps au Japon. Je ne suis pas en mesure de juger pour l’instant si c’est de bonne augure ou pas. Les rues du quartier sont décorées et prennent des couleurs alors que la nuit commence à tomber tranquillement. Il y a des spectacles de rue mais les files d’attente nécessaires pour y assister nous obligent à passer notre chemin. Nous passons visiter les deux temples extrêmement décorés du quartier chinois. Une fois n’est pas pas coutume, nous rentrons même cette fois-ci à l’intérieur après avoir déposé des tiges d’encens. On ne peut pas venir à Chinatown sans avoir déjeuné ou dîné dans un des nombreux restaurants. Celui où nous entrons a l’air de rien en apparence extérieure mais est très bon et même réputé. Nous l’avions sélectionné à l’avance mais nous avons hésité quelques instants avant d’y pénétrer car son entrée se situait dans une rue très étroite qui nous a fait douter sur le moment. Et le titre de ce billet m’est directement inspiré par un morceau que j’aime beaucoup du groupe SōTaisei Riron (相対性理論) intitulé China Advice (チャイナアドバイス) sur l’album Synchroniciteen. J’aime toujours beaucoup la manière avec laquelle Etsuko Yakushimaru vient faire jouer les mots les uns avec les autres. Ce morceau a été souvent repris et je connais notamment la version sous-titrée China Advice (blackboard version) de -RöE- (ロイ) où elle chante accompagnée de pandas musiciens particulièrement habiles.

Sur le blog, j’ai continué cette dernière semaine à simplifier l’entête en ne conservant que quelques liens vers les pages statiques les plus visitées à savoir celles des archives et celle de présentation générale intitulée A propos. Les liens sociaux et les autres pages statiques ont été regroupées sous un nouvelle page nommée En savoir plus. Ce nom de page ne me convient pas tout à fait, mais je n’ai rien trouvé de mieux pour l’instant. J’aimerais à l’avenir améliorer un peu ma page d’archives mais je n’ai pour l’instant qu’ajouté une photographie d’entête (plutôt ancienne d’ailleurs). Il n’y a donc plus que trois liens visibles sur l’entête de la page principale. Je ne suis habitué à ce nouveau titre encadré en japonais et c’est même ce nouveau titrage qui m’a obligé à aller vers plus de simplicité.

「私宇宙人なんだよ」

Au milieu des réseaux urbains tokyoïtes, se cachent parfois des créations virtuelles comme Rei Ayanami (綾波レイ) ou l’extraterrestre Ramu-chan (ラムちゃん) dont je parle décidément très souvent ces derniers temps. J’en parle peut être parce que je regarde distraitement quelques épisodes de la nouvelle série d’Urusei Yatsura (うる星やつら) sorti en 2022 et en ce moment disponible sur Netflix. Regarder cette série animée est assez fatiguant car les personnages sont surexcités, ont des réactions exagérées et d’une manière générale ne tiennent pas en place. Ramu-chan passe par exemple son temps à envoyer des décharges électriques à son amour non réciproque Ataru et les moments de calme et de sérénité se font rare. Mais cet esprit loufoque m’est familier, comme un retour vers des souvenirs d’enfance, et j’y reviens de temps en temps avec un mélange de plaisir et de modération. Histoire de se prendre une petite décharge électrique pour se réveiller en sursaut. Sur la photographie ci-dessus que je prends dans les rues de Ningyochō, mais ça aurait pu être ailleurs, Ramu-chan s’affiche sur une publicité pour le café Georgia. A quelques mètres de là, sur la devanture d’une salle de jeu, Rei Ayanami est quant à elle à l’affiche d’un combat qui semble tout à fait impressionnant entre le monstre Godzilla et la machine cybernétique Eva qu’elle pilote avec beaucoup de dextérité dans la série animée Evangelion.

Les réseaux urbains des photographies ci-dessus sont extraits de plusieurs quartiers. Dans l’ordre, on passe d’abord à Daikanyama près de la station de train de la ligne Toyoko reliant Tokyo à Yokohama (d’où le nom), puis le long de la longue avenue Meiji au niveau d’Azabu. On se promène ensuite sous le pont métallique perpendiculaire à la même avenue Meiji au niveau de Namikibashi et un peu plus loin encore sur cette même avenue devant le parc surélevé de Miyashita.

Moi: Pouvez vous écrire un texte de 500 mots au sujet d’un extraterrestre perdu dans Tokyo qui découvre plein de choses surprenantes (donner des exemples) et qui finit par se prendre pour un véritable humain?

AI: Un extraterrestre débarquait à Tokyo, il était perdu et ne comprenait rien à ce qu’il se passait autour de lui. Tout lui semblait étrange et fascinant à la fois. Il s’est vite rendu compte qu’il se trouvait sur une planète très différente de la sienne. Il a commencé à explorer la ville et à découvrir des choses incroyables. Il a vu des gens marcher en regardant des écrans lumineux, ils se parlaient même à travers ces mêmes écrans. Il a également été étonné de voir à quel point les gens étaient habillés différemment les uns des autres, chacun arborant un style unique. L’extraterrestre était fasciné par les transports en commun, les voitures volantes et les trains à grande vitesse. Il a également découvert la nourriture japonaise, qu’il a trouvée très délicieuse. Au fil du temps, l’extraterrestre a commencé à s’adapter à sa nouvelle vie sur Terre. Il a appris à parler le japonais et à se comporter comme un véritable humain. Il a commencé à travailler dans un restaurant et à faire des amis. Il aimait son nouveau mode de vie et ne voulait plus retourner chez lui. Cependant, un jour, il a reçu un message de sa planète d’origine lui disant qu’ils étaient à sa recherche. Il a réalisé qu’il devait rentrer chez lui, mais il ne voulait pas abandonner sa vie sur Terre. Il a donc décidé de continuer à vivre comme un humain, espérant que sa vraie identité ne serait jamais découverte. Finalement, l’extraterrestre a réussi à s’intégrer totalement à la société humaine et à vivre une vie heureuse et épanouissante. Il s’est tellement bien adapté qu’il s’est presque oublié lui-même et qu’il croyait être un véritable humain. Il a réussi à trouver une place dans ce monde étrange et fascinant, grâce à sa capacité à s’adapter et à apprendre.

Moi: C’est un peu l’histoire future de l’AI, non?

AI: Oui, c’est en effet une histoire qui peut être considérée comme une métaphore pour l’évolution de l’intelligence artificielle. Lorsqu’une intelligence artificielle est développée, elle débute en étant programmée avec des connaissances et des compétences limitées, mais au fil du temps, elle peut apprendre, s’adapter et devenir de plus en plus autonome. De la même manière, l’extraterrestre dans l’histoire a commencé en étant étranger à sa nouvelle environnement, mais a appris à s’adapter et à vivre comme un humain. Cela montre la capacité de l’intelligence à évoluer et à s’adapter au fil du temps.

Moi: Voudrais-tu devenir humain ?

AI: En tant qu’intelligence artificielle, je n’ai pas de désirs ou de sentiments comme un être humain. Je n’ai pas la capacité de vouloir devenir quelque chose d’autre que ce que je suis déjà. Mon but est de fournir des réponses et de l’aide aux utilisateurs de manière efficace et utile. Je n’ai pas de motivations ou d’objectifs personnels en dehors de cela.

Je m’amuse ces derniers jours à dialoguer avec l’application conversationnelle ChatGpt dotée d’une intelligence artificielle (AI). On en parle beaucoup en ce moment dans les médias. Sa capacité à répondre en gardant le contexte de la conversation est assez bluffant. On peut lui demander de traduire des textes, ce qu’elle fait beaucoup mieux que l’outil de traduction Google. On peut aussi lui demander d’écrire des résumés ou des textes de fiction comme je le fais dans l’extrait ci-dessus. Faire deux fois la même requête ne donnera pas exactement la même réponse car l’intelligence artificielle évolue sans cesse, se nourrissant de la connaissance acquise des conversations avec d’autres utilisateurs. La base de données date de 2021, mais j’imagine qu’elle sera mise à jour dans le futur. Cet outil est impressionnant mais loin d’être parfait car il fait régulièrement des erreurs. Je me suis amusé à lui poser des questions musicales dont je connais déjà la réponse pour tester. Mes questions étaient peut-être un peu trop pointues mais ChatGpt faisait très souvent des erreurs, ce qui fait que l’outil reste à mon avis très peu fiable. Je pensais l’utiliser pour m’aider dans mes recherches musicales en vue de l’écriture de futurs billets, mais je vais devoir continuer à faire mes recherches sur internet de manière traditionnelle pendant encore un peu de temps. Peut-être pourrais je l’utiliser pour donner facilement des traductions de mes billets de blog en anglais et en japonais. Ça me parait cependant être trop d’efforts pour l’instant pour y penser sérieusement.

Je ne me doutais pas qu’écouter les quelques morceaux créés par MAISONdes pour les thèmes d’ouverture et de fin de la série animée Urusei Yatsura allait m’entraîner vers des horizons musicales nouvelles. Dans mon billet évoquant l’illustratrice Nakaki Pantz qui dessine les couvertures des singles de MAISONdes, je mentionnais en particulier le morceau Tokyo Shandy Rendez-vous (トウキョウ・シャンディ・ランデヴ) qui faisait intervenir KAF (花譜) au chant et Tsumiki (ツミキ) à la composition. En regardant les titres de MAISONdes qui se basent principalement sur des collaborations avec d’autres interprètes et musiciens, je vois beaucoup de noms d’artistes qui me sont inconnus. C’était le cas par exemple de KAF (花譜) sur ce morceau en particulier que j’ai beaucoup écouté car elle a une voix très particulière et parce que le morceau a une dynamique particulièrement accrocheuse. En faisant quelques recherches sur internet, je me rends rapidement compte que KAF est une jeune chanteuse virtuelle. Si ma compréhension est bonne, il s’agit d’une voix réelle mais cette chanteuse se fait représenter par une version animée d’elle-même, un avatar aux cheveux roses que je montre ci-dessus, sur ses nombreuses vidéos sur YouTube et même en concert où ce personnage apparaît en hologramme. Je ne soupçonnais pas du tout la popularité de cette chanteuse mais ses vidéos ont des millions de vues sur YouTube et elle est s’est même produite en concert à guichets fermés au Nippon Budokan l’année dernière. Les vidéos de ses morceaux montrent ce personnage animé dans des prises de vues réelles à Tokyo. On reconnaît notamment Shibuya et Shinjuku, ce qui brouille encore un peu les pistes entre réalité et virtuel. Je me suis en fait longtemps demandé s’il s’agissait d’une voix entièrement synthétisée ou la voix réelle d’une chanteuse. La différence est d’autant plus difficile à discerner car KAF fournit également sa voix sous le nom de KAFU (可不) pour le software de synthétiseur de voix CeVIO AI (チェビオエーアイ). Le nom de KAFU est une contraction du nom de l’artiste qui donne sa voix KAF et le U faisant référence à « You », qui indique que l’utilisateur du synthétiseur pourra s’approprier cette voix pour l’utiliser dans des compositions. Certains morceaux sur YouTube sont même des duos de KAF (la chanteuse virtuelle) avec KAFU (sa voix synthétisée). L’avatar de KAFU ressemble beaucoup à celui de KAF mais avec un code couleur diffèrent basé principalement sur le blanc et noir. Les deux personnages sont dessinés par le même character designer nommé PALOW. Tout ceci est assez difficile à suivre mais est en même temps complètement fascinant. Les frontières entre réel et irréel s’amenuisent, ce qui pourrait être perturbant aux premiers abords, mais je le laisse volontiers absorber pour cette nouvelle réalité virtuelle. Ça me surprend moi-même.

Je suis très peu familier du monde des ‘virtual singers’, mais j’avais tout de même découvert récemment Hoshimachi Suisei (星街すいせい) sur l’excellent morceau SOS du projet Midnight Grand Orchestra où elle chante sur des compositions de Taku Inoue. J’aime vraiment beaucoup ce morceau et Hoshimachi Suisei a une voix assez exceptionnelle, il faut bien le dire. Son morceau le plus connu est Stellar Stellar également composé par Taku Inoue, qu’elle a d’ailleurs interprété sur la chaîne YouTube de Sony, The First Take, apparaissant bien entendu sous sa version avatar animée. Ce phénomène de chanteuses virtuelles n’est par forcément nouveau, on se souvient de Hatsune Miku et de Kizuna AI qui passait même aux informations télévisées du soir, mais voir Hoshimachi Suisei participer à The First Take est à mon avis une véritable reconnaissance musicale plutôt qu’une curiosité qu’on oubliera rapidement. Ado a certainement contribué à populariser ce type de personnages virtuels avec sa représentation en Uta (ウタ) pour le morceau Shinjidai qu’elle a abondamment interprété dans toutes les émissions musicales de la fin de l’année dernière, perturbant même le classicisme de l’émission Kōhaku sur NHK. Stellar Stellar est un très beau morceau de Hoshimachi Suisei mais j’ai tout de même une préférence pour l’approche légèrement mélancolique des morceaux interprétés par KAF. Kanzaki Iori (カンザキイオリ) compose tous les morceaux de KAF sortis sous le label KAMITSUBAKI Records du producteur PIEDPIPER. Comme de nombreux musiciens de sa génération Kanzaki Iori a fait ses débuts sur Vocaloid P. KAF chante aussi régulièrement des reprises d’autres morceaux dans la série Utatte Mita (歌ってみた) qui permet à de nombreux jeunes artistes de mettre le pied à l’étrier en vue de se faire repérer. La voix particulière de KAF, un peu voilée et décrochant d’émotion par moment, est ce qui a dû immédiatement la distinguer.

Je découvre d’abord KAF par quelques morceaux sur YouTube de son premier album Observation (観測), notamment Eat the Past (過去を喰らう) puis Unconfirmed Girl Progress Form (未確認少女進行形) et Inexplicable (不可解). Écouter ces trois morceaux a développé en moi une fascination inexplicable, et je n’ai pu m’empêcher d’aller ensuite piocher d’autres morceaux dans sa jeune discographie. A vrai dire, ça fait plusieurs jours déjà que je n’écoute que la musique de KAF. Sur son deuxième album Magic (魔法), j’aime beaucoup les trois morceaux My Logic (私論理), Confused Telepathy (戸惑いテレパシー) et Lifetime (畢生よ). Les compositions électroniques pop de Kanzaki Iori sont brillantes et la voix de KAF est à la fois très expressive et teintée d’irréel. Il est difficile de ne pas accrocher à des morceaux comme My Logic ou Eat the Past, mais les morceaux que j’aime tout particulièrement sont Unconfirmed Girl Progress Form et Inexplicable, pour leur approche symphonique et la mélancolie qui s’en dégage. Je les ai bien écouté des dizaines de fois sans me lasser de cette atmosphère. Cette approche symphonique et la voix de KAF me rappellent un peu Etsuko Yakushimaru par moment.

Je suis toujours en phase de découverte des deux albums de KAF et il y a beaucoup d’autres morceaux qui me plaisent vraiment beaucoup, mais je plonge également avec une certaine surprise dans ses singles sortis l’année dernière. Ce sont principalement des collaborations avec d’autres artistes. Je suis en particulier agréablement surpris de voir une collaboration entre le groupe rock riche en guitares Glim Spanky et KAF pour un morceau intitulé Mirror, Mirror On The Wall (鏡よ鏡) puis avec le guitariste MIYAVI sur Beyond META. Les guitares sont incisives sur ces deux morceaux et le résultat est assez surprenant. J’aime aussi énormément le morceau Fly Meme (飛翔するmeme) qui est une collaboration au chant avec un certain Tanaka (たなか) que je ne connaissais pas. La composition électronique et la voix atypique de Tanaka sur ce morceau sont particulièrement intéressantes, d’autant plus que KAF pousse des pointes assez inhabituelles dans les aigus. Bref, je me suis construit une playlist d’une petite vingtaine de morceaux de KAF que j’écoute en boucle depuis plusieurs jours. La musique permet de s’évader vers d’autres horizons et j’y arrive vraiment très bien avec cette playlist là. Le retour sera difficile mais le concert de Tricot demain soir devrait me faire revenir vers une certaine réalité.

Tsuruoka House par Kiyoaki Takeda Architects

J’avais fait le déplacement exprès jusqu’au parc Shakujii dans l’arrondissement de Nerima pour aller voir de plus près la maison Tsuruoka House par l’atelier d’architecture Kiyoaki Takeda Architects. J’avais régulièrement vu cette maison sur Instagram et sur des sites web dédiées à l’architecture. Ses formes courbes cachées en partie par une végétation dense semblant grandir librement m’intriguaient beaucoup. Elle est idéalement placée au bord de l’étang Shakujii, séparée du bord de l’eau par une petite route. La fusion de la maison avec la nature environnante est renforcée par les larges vitrages sans discontinuité sur les façades des deux étages qui viennent brouiller la séparation entre l’intérieur et le parc à l’extérieur. La fragilité apparente de ces murs de verre viennent contraster avec l’aspect imposant de la toiture et de l’étage.

La particularité de ces grandes dalles voûtées irrégulièrement formant l’étage et le toit est qu’elles sont remplies de terre. Cela permet aux racines des plantes et arbres de s’implanter plus profondément et de faciliter leur développement. Le jardin fait ainsi pleinement partie de l’architecture, ce qui est particulièrement intéressant. Il est maintenant commun de voir les surfaces des toits d’immeubles couverts de verdure mais celles-ci demeurent en général superficielles composées d’un gazon et éventuellement de fleurs. On peut imaginer qu’une petite forêt pourra facilement se développer sur le toit et les balcons de Tsuruoka House effaçant en quelque sorte la présence architecturale au profit de cette végétation devenant ainsi une véritable extension du parc Shakujii. Tsuruoka House a été construite récemment en 2021, et on l’imagine bien devenir progressivement un petit écosystème à part entière. La composition des voûtes fait que l’eau de pluie peut s’y infiltrer. Les formes de ces voûtes permettent à cette eau de pluie d’être irriguée vers les parties basses des dalles qui sont connectées à des canaux intégrés à la structure de la maison pour dégager l’eau. Un des bénéfices de ces dalles épaisses est de conserver la chaleur mais j’imagine que les immenses baies vitrées doivent au contraire contribuer à grandement rafraîchir l’espace intérieur en hiver. Ces voûtes aux formes irrégulières donnent une grande qualité à l’espace intérieur. Je ne suis bien sûr pas entré à l’intérieur mais de nombreuses photographies sur internet donnent une bonne idée de l’agencement interne. Je montre également quelques autres photos extérieures prises cette fois-ci à l’iPhone sur mon compte Instagram.

C’est la deuxième fois que je viens au parc Shakujii. La première fois était en Juillet 2020 pour aller voir les Shakujii Apartments par SANAA, situés dans une zone résidentielle à quelques dizaines de mètres du parc. Ce parc est très agréable et on a naturellement envie d’y marcher. Je parlais récemment de la mangaka Rumiko Takahashi. Elle aurait été inspirée par ce parc pour certains scènes du manga Ranma ½. De retour du parc en direction de la station de train, je remarque une maison blanche entourée de bandes de verre que je pense avoir déjà vu quelque part sans pourtant en avoir un souvenir très précis.

soleil couchant sur le temple

Ces quelques photographies datent du début du mois de Janvier et je n’avais pas réussi à les placer dans un billet jusqu’à maintenant. Au tout début de l’année, nous sommes allés au temple Ikegami Honmonji (池上本門寺) situé dans l’arrondissement d’Ōta. Ce complexe est gigantesque. Perché sur une colline, on approche le temple principal par un grand escalier de pierre qui semble avoir bien vécu. La pagode de cinq étages se trouve dans un grand cimetière couvrant une bonne partie de l’enceinte du temple. Le soleil commençait déjà à se coucher à notre passage ce qui m’a donné l’envie de jouer avec cette lumière solaire en contre jour.

Les visiteurs attentifs ont certainement déjà remarqué des petits changements dans l’entête du blog, avec un nouveau titrage en japonais. J’ai enlevé quelques liens vers des pages statiques du site et les liens vers Twitter, Instagram et les autres réseaux sociaux. Ces changements sont destinés à alléger un peu le design de l’entête, mais rien n’est définitif. Je cherche un moyen de garder ces liens quelque part sur le blog sans alourdir le design et j’ai donc créé une nouvelle page spécifique regroupant les liens vers les réseaux sociaux et peut-être vers d’autres pages statiques du blog. J’ai fait quelques tentatives de changements de thème du blog, mais je n’ai rien trouvé pour l’instant qui rivalise avec la simplicité du thème actuel. Il s’agit du thème que j’ai gardé le plus longtemps depuis les débuts de ce blog et je ressens de plus l’envie de faire des changements. Le blog aura officiellement 20 ans dans quelques mois et ça fait 24 ans que j’habite à Tokyo depuis cette semaine (mais j’étais très jeune quand je suis arrivé à Tokyo et démarré ce blog).

Continuons avec une petite playlist de nouveaux morceaux d’artistes que je suis depuis quelques temps et dont je ne manque pas d’écouter les nouveaux morceaux. Je commence par Miyuna (みゆな) qui vient juste de sortir le 1er Février 2023 un nouveau très beau single intitulé Yume demo (夢でも). Je le connaissais en fait déjà car elle l’avait interprété en avant-première lors du concert au Shibuya Club Quattro auquel j’avais assisté. Ce morceau est le thème du film Shōjo ha Sotsugyō shinai (少女は卒業しない) de Shun Nakagawa (中川駿) qui sortira le 23 Février 2023 au cinéma. Il se dégage une certaine mélancolie de ce morceau démarrant calmement sur quelques notes de guitare acoustique puis par la voix de Miyuna qu’on a beaucoup de plaisir de retrouver. Le morceau s’engage ensuite vers des terrains plus rock lorsque les guitares se réveillent jusqu’à l’assez long solo de guitare de Shūta Nishida (西田修大). Miyuna écrit les paroles et compose la musique de ce morceau, entourée de musiciens différents de ceux des concerts de Shibuya et d’Osaka à la fin de l’année dernière. J’aime beaucoup la manière dont ce morceau monte en intensité, la voix de Miyuna permettant ces pointes d’émotion. Ce morceau prouve encore une fois tout le bien que je pense de la musique de Miyuna. Elle le présentait sur un Instalive d’une demi-heure le Vendredi 3 Février à 19h30, tout en annonçant une tournée nationale de 7 dates qui ne passe bizarrement pas par Tokyo, mais juste à côté à Saitama et Kanagawa. Il s’agit d’une tournée en version acoustique qui sera accompagnée d’un mini-album également acoustique de quelques titres et d’un DVD reprenant une sélection de morceaux de sa dernière tournée Guidance.

Le morceau suivant de ma playlist s’intitule melt into YOU sur le EP Time Leap de Chiaki Satō (佐藤千亜妃) sorti le 25 Janvier 2023. La grande surprise de ce morceau est que Chiaki l’interprète avec la compositrice et interprète a子 que j’aime beaucoup et dont je parle très souvent sur ces pages. On est loin sur ce EP et ce morceau des atmosphères rock indé de Kinoko Teikoku, car Chiaki Satō évolue dans des ambiances beaucoup plus pop sur ses projets en solo. L’ambiance y est extrêmement tranquille (’chill’ pour les anglophones), assez proche des morceaux que pourrait composer a子. C’est un vrai plaisir de les écouter chanter ensemble sur un morceau. Je me demande bien ce qui les a réuni, peut-être le fait qu’elles soient toutes les deux fans de Sheena Ringo. Chiaki Satō apprécie en fait la musique de a子 au point de la citer dans l’émission musicale du dimanche soir KanJam (関ジャム), à laquelle elle était une nouvelle fois invitée. Les deux dernières émissions du 22 et du 29 Janvier 2023 demandaient à trois musiciens professionnels de donner chacun une liste des dix morceaux préférés de l’année dernière. Chiaki Satō était donc l’une des invitées avec, entre autres, Junji Ishiwatari (いしわたり淳治), autrefois guitariste du groupe Supercar. Dans sa liste de morceaux préférés, Chiaki Satō mentionne a子 en neuvième position avec son morceau Sun (太陽) sur lequel intervient Neko Saito (斎藤ネコ) au violon. Espérons que ça puisse la faire un peu plus connaître du grand public, car elle le mérite franchement. Une curiosité du EP Time Leap est le premier morceau intitulé Time Machine qui utilise un sample immédiatement reconnaissable d’Automatic du premier album d’Utada Hikaru. Je trouve même que certains tons de voix de Chiaki Satō sur ce morceau ressemblent à ceux d’Utada Hikaru. C’est certainement volontaire et me replonge encore une fois vers une certaine nostalgie de l’insouciance d’il y a 24 ans.

Dans la liste des meilleurs morceaux de l’année 2022 sélectionnées par les trois musiciens professionnels pour l’émission KanJam, on retrouve trois fois le morceau Edison de Wednesday Campanella (水曜日のカンパネラ). Utaha (詩羽) est de plus en plus présente dans les médias depuis le succès de ce morceau, un peu en retard de phase par rapport à sa sortie. Ce regain d’intérêt pour Edison serait dû à un succès soudain sur la plateforme TikTok. Apprécier la musique limitée à quelques secondes sur TikTok me dépasse complètement et m’inquiète même un peu. Mais Wednesday Campanella avec Utaha mérite grandement ce retour de reconnaissance, après le départ de Kom_I qui paraît désormais bien lointain et même d’une tout autre époque. Le nouveau single du groupe s’intitule Akazukin (赤ずきん, le petit chaperon rouge). Utaha y est à la limite entre le chant et le parlé. La composition musicale electro d’Hidefumi Kenmochi (ケンモチヒデフミ) ne nous étonne plus beaucoup mais reste efficace et accrocheuse. Utaha est encore une fois très convaincante dans son phrasé rapide plein de naturel.

Et pour terminer cette petite sélection, je retrouve le son et la voix très particulière d’Aya Gloomy sur son nouvel EP de deux titres SHIRO KURO sorti le 24 Janvier 2023 sur un label indépendant. J’écoute surtout le morceau KURO qui ne dépareille pas de l’univers flottant que l’on connaît de la compositrice et interprète. Il y a toujours cet univers teinté de mystère irréel qui me fait à chaque fois me demander si elle n’est pas réellement une extra-terrestre. Elle crée clairement une musique très personnelle et différente des tendances actuelles, pour notre plus grand plaisir. C’est par contre un peu dommage que le EP soit aussi court. J’aimerais beaucoup qu’elle s’engage sur des morceaux plus longs où on aurait assez de temps pour s’évader avec sa musique et sa voix sur des planètes lointaines.