les danses estivales du Shirokane Awa-Odori

L’été est aussi la saison des Matsuri. C’était la première fois que j’allais voir le festival de danse traditionnelle Awa‑Odori du quartier de Shirokane (白金阿波踊り), qui est célébré chaque été au mois de Juillet. Son histoire n’est pas très ancienne car il a été créé il y a quatorze ans par des associations locales dans le but de renforcer les liens entre les habitants de ce quartier très résidentiel, qui n’est pas traditionnellement connu pour ses festivals. Des troupes (連) venues de la préfecture de Tokushima à Shikoku et de quartiers de Tokyo participaient à cet événement qui se déroulait le Dimanche 20 Juillet de 14:10 à environ 18:30. La partie principale du Matsuri sur la rue commerçante Shirokane Kitasato-dōri (白金北里通り) démarrait à partir de 17h, tandis que les préparatifs se déroulaient au parc proche de Sankō Jidō Yūen, couvert par une autoroute. J’y suis d’abord allé trop tôt, un peu après 11h, pour me rendre rapidement compte que rien n’était démarré car cette horaire annoncée sur les affiches placardées dans les rues de Shirokane correspondait en fait à l’heure de rassemblement des participants. Je suis ensuite revenu un peu avant 17h, heure vers laquelle démarrait la grande parade dansante (流し踊り) le long de la rue commerçante. Les danseuses coiffées et les musiciens étaient déjà réunis à proximité de la route en attendant que la police ferme entièrement la rue pour une bonne heure et demi de danse traditionnelle.

Les danses traditionnelles Awa‑Odori sont nées à Tokushima et y sont pratiquées en été pendant la période d’Obon, mais on trouve également un festival important à Tokyo, dans le quartier de Kōenji. Le Shirokane Awa‑Odori est en fait inspiré du modèle de Kōenji, car la troupe Tokyo Tensuiren (天水連), active dans le festival d’Awa-Odori de Kōenji, a aidé le quartier de Shirokane dans la mise en place de leur propre festival lors de leur première année. Depuis quelques années, l’organisation du festival de Shirokane collabore avec la ville d’Anan à Tokushima (徳島県阿南市), mettant en place un échange culturel où les membres de la troupe Sasayuri-ren (ささゆり蓮) de la ville d’Anan viennent jusqu’à Tokyo pour enseigner la danse et participer au festival. Outre Sasayuri-ren, des troupes de Kōenji comme Tokyo Tensuiren et Benkeiren (弁慶連) participaient au festival. Le quartier de Shirokane possède également sa troupe formée par des élèves du collège Shirokane-no-oka Gakuen (白金の丘学園). Il n’est en tout cas pas rare de voir des troupes d’autres quartiers participer. La troupe Benkeiren (弁慶連) participe principalement au Kōenji Awa Odori Festival en Août, mais est également présente à d’autres festivals comme celui de Shimokitazawa, de Koiwa et celui de Shirokane.

Un peu après 17h, la grande parade démarre enfin et je suis positionné au bord de la route avec mon appareil photo en mains. Ce n’est pas la cohue dans la rue commerçante. Ce festival est à taille humaine, ce qui est particulièrement agréable. Les danseuses vêtues d’un yukata entrent en scène au milieu de la rue commerçante et se positionnent en attendant les sons de tambours annonçant le démarrage de la procession. Elles sont accompagnées de musiciens jouant de différents types de tambours Taiko, de flûtes, de shamisen. Chaque troupe de danse fait plus d’une trentaine de personnes, comprenant les danseurs et musiciens portant des costumes assortis marqués du nom de leur troupe. Un des membres de chaque troupe ouvre le cortège en portant une longue perche avec des lampions. On trouve deux groupes distincts de danseurs et danseuses dans chaque cortège, le groupe Onna-odori et le groupe Otoko-odori. La danse féminine (Onna-odori) est la plus gracieuse. Chaque danseuse avance à petits pas avec une grande élégance et une assurance certaine. Elles portent un chapeau en paille tressée caractéristique appelé Amagasa. Leur marche en geta inclinée avec les orteils touchant pratiquement le sol relève de l’équilibrisme. Les bras des danseuses sont élégamment portés au-dessus de la tête et forment des mouvements répétitifs d’une grande légèreté. La danse masculine (Otoko-odori) est en comparaison beaucoup franche et marquée, plus agressive même, prenant des postures basses avec genoux écartés. Des hommes mais également des femmes, et des enfants la pratiquent. Les deux groupes interagissent entre eux, se dépassent, se rejoignent, dans des mouvements très chorégraphiés mais gardant une certaine liberté. J’aime beaucoup quand les deux groupes s’interpellent avec des cris d’encouragement, appelés kakegoe (掛け声), comme le « Yattosa! » (やっとさー!) souvent suivis de « A, Yatto Yatto! » (ア、ヤットヤット!) prononcés au rythme de la danse et des tambours. Ces onomatopées rituelles sont issues des dialectes de Shikoku et entendent attirer la foule à danser avec eux.

Au grand final de la grande parade, les tambours de la troupe Tensuiren (天水連) deviennent très denses et intenses. On sent que les percussionnistes redoublent d’effort et les sons des différents taiko qui sont frappés sans interruptions deviennent même hypnotiques. J’ai particulièrement apprécié ce final pour la puissance presque viscérale de ces tambours. J’aurais voulu qu’ils continuent encore mais le final s’annonce ensuite dans une danse chaotique. Ce festival relativement petit en taille m’a donné envie d’aller voir celui de Kōenji, que je connais par réputation sans y avoir jamais été. Il y a clairement quelque chose d’hypnotique et de fascinant dans ces danses et cette musique. Il y a une esthétique générale dans la chorégraphie de la danse féminine qui m’échappe mais dont je ressens une grande force, surtout quand les danseuses accélèrent soudainement le pas pour avancer comme un katana fendrait l’air. J’ai pris de très nombreuses photographies de ces moments suspendus dans le temps et les époques, mais la sélection pour ce billet a été drastique.

Photo tirée du concert de Sheena Ringo lors de la tournée Ringo Expo’08 (林檎博 ’08) sur le morceau Omatsuri Sawagi (御祭騒ぎ), de l’album Kyōiku (教育) de Tokyo Jihen, entourée d’une troupe de danseuses du Koenji Awa Odori Shinkō Kyōkai (高円寺阿波おどり振興協会)

De retour à la maison et en préparant l’écriture de ce billet, je me suis rappelé que Sheena Ringo avait invité sur scène une troupe d’Awa Odori composée d’environ 80 danseuses du Koenji Awa Odori Shinkō Kyōkai (高円寺阿波おどり振興協会) sur sa tournée Ringo Expo’08 (林檎博 ’08), pour le morceau O‑Matsuri Sawagi (御祭騒ぎ). Cette troupe avait été formée spécialement pour cette tournée à partir de troupes affiliées à la Koenji Awa Odori Shinkō Kyōkai. Cette association de Kōenji compte 31 troupes et on y retrouve notamment la troupe Benkei‑ren (弁慶連) que je mentionne ci-dessus. J’avais déjà parlé de tout cela dans un billet détaillé sur ce concert de la tournée Ringo Expo’08.

red as an apple tree

Baji Kōen (馬事公苑) à Setagaya, le Samedi 12 Juillet 2025.

Un heureux hasard nous amène jusqu’au parc Baji Kōen (馬事公苑), qui comme son nom l’indique en japonais est dédié à la chose équestre. Il s’agit en fait d’un parc équestre et public géré par la Japan Racing Association (JRA). Il a été fondé en 1940 pour y former les cavaliers et fut l’ancien site des épreuves d’équitation des Jeux Olympiques de Tokyo en 1964. Le parc a été grandement rénové et également utilisé pour les Jeux de Tokyo 2020 (qui ont eu lieu en 2021). On peut voir quelques références à ces Jeux dans le parc, notamment des fontaines à eau en forme de tête de cheval avec logo de Tokyo 2020. Il s’agit d’une heureuse découverte car l’endroit est magnifiquement entretenu, très ouvert et donnerait envie de s’y asseoir. Je me dis souvent, en étant dans ce genre d’endroits, que je me verrais bien m’installer dehors pendant plusieurs heures pour y écrire mes billets de Made in Tokyo sur mon iPad. J’imagine que ceux qui habitent près du parc doivent beaucoup en profiter mais il restait néanmoins très calme. Il semble que le parc contient de nombreux cerisiers, mais peut-être y a t’il également un ou deux pommiers? Je n’en ai pas trouvé malheureusement ce qui rend un peu caduque mon titre de billet et la transition vers la deuxième partie du billet (emoji d’un rire gêné en se frottant l’arrière de la tête) (corbeau noir traversant l’écran en laissant derrière lui une traînée noire en pointillés).

Roppongi Hills, Shiseido Pop-Up Event, le Dimanche 13 Juillet 2025.

Deux semaines seulement après son single Susuki ni Tsuki (芒に月), sous-titré La velada legendaria, Sheena Ringo sort déjà un nouveau single intitulé under experiment (実験中) qui m’enchante d’entrée de jeu pour son approche rock bruitiste. Ringo ressort donc sa guitare, accompagnée comme toujours par Yukio Nagoshi (名越由貴夫) également à la guitare mais aussi à la sitar électrique, Keisuke Torigoe (鳥越啓介) à la basse et Shun Ishiwaka (石若駿) à la batterie. Ce nouveau single est en fait une collaboration avec la marque de cosmétique Shiseido pour un produit nommé Ultimune (アルティミューン) sensé effacer les marques du stress (ストレス解放区). Ce n’est pas la première fois que Ringo s’associe à Shiseido. La première fois devait être en 2011 avec le single Onna no Ko Daredemo (女の子は誰でも) pour la ligne Shiseido Maquillage (マキアージュ) avec une publicité sur laquelle elle montrait son visage. En 2016, une autre association voit le jour avec le single MA CHÉRIE (マシェリ) pour la ligne du même nom, mais Nana Komatsu (小松菜奈) apparait dans la campagne publicitaire. Ce n’était pas la première fois que Nana Komatsu était associée à Sheena Ringo car elle apparaissait dejà en 2012 dans la vidéo du single Jiyū he Michizure (自由へ道連れ). Sur la tournée Ringo Expo’24, on pouvait également voir en image le rouge à lèvres Shiseido Techno Satin Gel Lipstick en rouge avec bien entendu le codage de coloris #417.

Le single under experiment n’est certes pas aussi follement inspiré que Susuki ni Tsuki, mais a le grand intérêt de faire revenir Ringo vers des terrains rock plutôt agressifs, qui dépareillent un peu avec l’image de Shiseido, comme quoi elle doit avoir entièrement les mains libres artistiquement. Enfin, l’agressivité rock constitue très certainement une évacuation du stress qui nous ramène donc vers l’esprit de ce sérum cosmétique. Le single sortira en CD le 6 Août 2025 avec un autre morceau en Face B intitulé Hakujitsu no Moto (白日のもと) utilisé pour le film Kinki Chihō no aru Basho ni tsuite (近畿地方のある場所について). Il s’agit d’un film d’horreur réalisé par Kōji Shiraishi (白石晃士) qui sortira en salle le 8 Août 2025.

La vidéo du nouveau single under experiment est sorti le 9 Juillet 2025 et est bien entendu réalisée par Yuichi Kodama. Comme toujours, elle est dense et magnifiquement réalisée, en grande partie dans un studio rouge faisant directement référence à Shiseido, mais également dans des salles blanches cliniques où Ringo apparaît comme une scientifique à la recherche d’un sérum magique nous libérant de notre stress. Le badge avec son nom nous ramène vers l’époque de Honnou (本能) où Ringo avait son badge d’infirmière. La moto semble également être un vecteur d’évacuation du stress. Cela fait quelques temps que la moto intervient dans l’univers visuel de Sheena Ringo, ce qui me ravie bien entendu, avec d’abord la Yamaha SR, puis le modèle de moto customisé Escaper qui apparaissait dans la vidéo du morceau 1RKO (初KO勝ち), de l’album Hōjōya (放生会), avec Nocchi de Perfume. Le même atelier Ask Motorcycle a conçu la moto A400 Classica de cette nouvelle vidéo. Il s’agit d’une moto de type Café Racer basée sur une Honda CB350. J’ai bien l’impression, à en croire la vidéo, que Ringo conduisait réellement la moto. Aurait elle passé son permis moto ces dernières années ? Je n’ai en tout cas trouvé aucune information à ce sujet. La vidéo nous donne d’autres références vers les vidéos passées comme la batte de baseball ou la boxe, mais pas de trace de skateboard posé dans un coin de la pièce. Cette vidéo nous apprend en tout cas que Ringo a l’air de plutôt bien se débrouiller en boxe. Elle se crée souvent dans ces vidéos une image sérieuse, concentrée et même un peu froide, mais je note dans cette vidéo là des petites pointes d’auto-dérision. Et le meilleur moment de la vidéo est très clairement ce petit sourire satisfait devant un bon petit plat.

On pouvait voir cette scène de la vidéo dans un espace pop-up événementiel de Shiseido à Roppongi Hills du 10 au 18 Juillet 2025. J’avais d’abord hésité à y aller en pensant que ça se passait à Ginza, puis même essayé d’amener Mari avec moi, mais elle m’a finalement convaincu que comme ça se passait dans un espace spécial à Roppongi Hills, l’endroit devait être plus facilement accessible par la gente masculine. J’ai en tout cas fait mon devoir de fan en y allant et en jouant le jeu des activités qui y étaient proposées: le stamp rally, l’essai des gants de boxes, la photo devant un miroir avec des oreilles de chat. J’étais même encouragé par les membres du staff qui accompagnaient les visiteurs du pop-up événementiel. Heureusement que je n’ai pas une conscience trop forte de ma bonne adéquation aux lieux. Je ne regrette de toute façon pas d’y être allé. Dans un coin de la première salle rouge reprenant le set de la vidéo, on pouvait y trouver la batte rouge et la petite valise utilisée dans la vidéo. Une personne du staff nous précise qu’il s’agit de la véritable valise utilisée par Ringo dans la vidéo. On pouvait même la toucher.

悠然と構えてトランスフォーメーション

J’avais bien mentionné dans le billet précédent un passage au sanctuaire Yushima Tenman-gū (湯島天満宮), qu’on appelle plus communément Yushima Tenjin (湯島天神). Le voici donc dans les quatre premières photographies du billet, depuis l’une de ses approches par l’étroite rue Gakumon (学問の道). Il est situé dans l’arrondissement de Bunkyō, non loin du grand étang Shinobazuno-Ike, dans le parc d’Ueno. Fondé en 458, il est initialement dédié au kami Ame-no-Tajikarao (天手力男神), dont le nom signifie « la puissance de la main céleste ». En 1355, le sanctuaire devient un lieu de culte en l’honneur de Sugawara no Michizane (菅原道真), lettré, poète et homme politique de l’époque de Heian, divinisé sous le nom de Tenjin, dieu des études et de l’intellect. Cela explique le second nom du sanctuaire. Très fréquenté par les étudiants avant les périodes d’examens et de concours, il attire ceux qui cherchent à bénéficier de la protection de Tenjin. Je n’ai pas d’examens à préparer, mais je fais tout de même le tour du sanctuaire. Il est malheureusement un peu tard pour obtenir le sceau goshuin, mais je n’attendrai peut-être pas vingt ans avant d’y revenir.

Les photographies suivantes ont été prises à Ginza, un tout autre jour. Il s’agit de l’Okuno Building (奥野ビル), datant de l’ère Shōwa. Construit en 1932 — et en 1934 pour l’annexe — par l’architecte Ryōichi Kawamoto (川元良一), il repose sur une structure en béton armé conçue pour résister aux tremblements de terre. Le bâtiment abritait à l’origine des appartements de haut standing, mais il accueille aujourd’hui des boutiques et galeries d’art réparties sur tous les étages. Un seul appartement subsiste dans son état d’origine, le numéro 306, que l’on peut visiter uniquement le 6 du mois. Nous avons parcouru les six étages du bâtiment principal et de son annexe, en commençant par l’ascenseur à porte manuelle. L’ambiance intérieure, notamment dans les couloirs et les escaliers, conserve un charme rétro. On a réellement l’impression de se perdre dans une autre époque.

Au sixième étage, nous sommes d’abord attirés par le Salon de Lã, également appelée Galerie Lã (ギャルリー ラー), qui occupe les appartements 601 et 607. On y trouvait une exposition d’artisanat traditionnel en menuiserie par Sato Mokkō (佐藤木工), présentant notamment des meubles japonais contemporains créés sur mesure selon des techniques traditionnelles. J’ai été particulièrement impressionné par les tables basses octogonales laquées, au design complexe en assemblage de type masugumi (斗組), rappelant l’architecture miniature des sanctuaires. On retrouve clairement chez Sato Mokkō le savoir-faire des charpentiers de sanctuaires, ainsi qu’un raffinement délicat, notamment dans les petites boîtes à trésors appelées Tamatebako (玉手箱). On pouvait admirer différentes boîtes en bois, aux finitions laquées dans divers coloris, dont certains très pop et modernes. La dame de la galerie a pris le temps de nous expliquer en détail la finesse de ces objets, que l’on pouvait acheter — même si leurs prix restent très élevés, voire inaccessibles. Nous avons ensuite parcouru les autres étages du bâtiment Okuno, sans trop nous attarder. Le parcmètre devait déjà avoir largement dépassé l’heure, et il valait mieux éviter une contravention de la part de la patrouille verte de surveillance du stationnement (駐車監視員). Et pourtant, en sortant de l’Okuno Building, je les vois déjà rôder autour de la voiture. Je me précipite aussitôt, tel un lièvre, pour leur signifier gentiment mais fermement que je suis justement en train de partir. Leur procédure d’enregistrement d’une contravention prenant heureusement plusieurs minutes, intercepter leur inspection permet d’arrêter le processus à temps.

Le petit concert de macaroom sur YouTube intitulé a tiny tiny room concert fut une très agréable surprise. Dans un format minimaliste, le groupe a interprété trois morceaux sur le thème de la pluie, dans une ambiance tout à fait détendue. Le dernier titre, sorti le 11 juin 2025, s’intitule Nagaame (長雨), un nom très approprié à la saison humide actuelle. Comme toujours chez macaroom, on retrouve la délicatesse des compositions d’Asahi et la voix douce et expressive d’Emaru, jusque dans ses soupirs insistants. Chaque écoute me procure des instants de poésie qui me soulagent, l’espace d’un moment, des tracas du quotidien. Par coïncidence, j’écoute en ce moment un autre morceau centré sur la pluie. J’ai découvert la chanson Ame (雨) d’Eiji Miyoshi (三善英史) lors d’une émission de radio. Elle a immédiatement capté toute mon attention. Il s’agit d’une ballade enka sortie en mai 1972, racontant l’histoire d’une femme attendant, sous la pluie un samedi après-midi, un homme qui ne viendra jamais. Le chant traduit avec finesse et poésie cette attente, cette solitude, et la souffrance silencieuse causée par une promesse non tenue. Le morceau respecte les codes du enka dès les premières notes. Bien que je sois loin d’être un spécialiste du genre, son écoute m’est étrangement familière, sans doute parce que j’en ai souvent entendu malgré moi à la télévision. Je ne cache pas mon envie d’explorer davantage ce style, dans la veine de Ame d’Eiji Miyoshi. Je me suis alors tourné vers Meiko Kaji (梶芽衣子).

Je savais depuis longtemps que j’en viendrais à écouter les morceaux enka de l’actrice et chanteuse Meiko Kaji, mais j’ignorais quand cela arriverait. Le premier morceau à s’imposer à moi fut The Flower of Carnage (修羅の花), tiré du film Shurayuki-hime (修羅雪姫, Lady Snowblood), réalisé en 1973 par Toshiya Fujita. L’écoute du morceau m’a poussé à voir le film. Meiko Kaji y incarne Yuki, formée dès l’enfance aux arts martiaux pour accomplir une vendetta sanglante visant à venger sa mère. Le film possède une esthétique stylisée magnifique. Yuki y accomplit sa vengeance avec une froideur implacable et une violence très graphique. Le film a d’ailleurs fortement influencé Kill Bill de Quentin Tarantino, qui a repris The Flower of Carnage pour sa bande-son. Si j’avais trouvé Kill Bill un peu ridicule dans son approche excessive, j’ai été au contraire fasciné par la justesse et l’intensité de Lady Snowblood. L’interprétation de Meiko Kaji, surtout par l’expression de son regard, et l’esthétique globale du film y sont pour beaucoup. Ces deux morceaux, celui de Meiko Kaji et celui d’Eiji Miyoshi, m’ont donné une irrésistible envie de découvrir d’autres titres enka. Mais par où continuer? La question reste ouverte. En attendant, j’écoute bien sûr le nouveau single de Sheena Ringo.

Le nouveau single de Sheena Ringo, sorti en CD le mercredi 25 juin 2025, s’intitule Susuki ni Tsuki (芒に月) et comporte un second titre en espagnol, La velada legendaria. Il était déjà disponible en version digitale quelques jours auparavant, et c’est ainsi que je l’ai découvert. Cela ne m’a pas empêché d’acheter le CD au Tower Records de Shinjuku, qui avait organisé une petite exposition en l’honneur de Sheena Ringo, comme à chaque sortie importante. Ce nouveau single est une reprise du morceau Gipsy (ジプシー) de l’album GIGS du groupe Appa (あっぱ), fondé en 2004 par Ichiyō Izawa (伊澤一葉), de son vrai nom Keitarō Izawa (伊澤啓太郎), pianiste et chanteur du groupe. Il est accompagné de Hideaki Hotta (堀田秀顕) à la basse et de Kazuto Satō (佐藤一人) à la batterie. Sheena Ringo avait déjà donné un aperçu du morceau durant sa tournée Ringo Expo’24. La version remaniée par Izawa pour Ringo conserve la structure musicale du morceau original, tout en la rendant plus riche et plus mature. Ringo en a toutefois entièrement réécrit les paroles, établissant un contraste entre une société japonaise rigide, parfois désabusée, et une quête poétique et spirituelle de transformation et de réconciliation. Dès la première écoute, le morceau intrigue par son début déconcertant, mais il captive rapidement. Il se présente comme une fresque musicale en plusieurs actes. Sa composition est polymorphe, virevoltante, toujours retombant sur ses pattes. Côté chant, Ringo déploie toute sa palette vocale, alternant graves profonds et aigus soudains. Sa puissance vocale est particulièrement marquante lorsqu’elle roule les « r » à l’envie en chantant certaines phrases en anglais dans la seconde partie. Le piano d’Izawa est virtuose sur ce morceau de plus de six minutes, qui se termine même sur des claquettes de Ringo en kimono dans le clip.

La vidéo, très abstraite, a été réalisée comme toujours par Yūichi Kodama (児玉裕一). On y retrouve Aya Sato, chorégraphe et danseuse, accompagnée de son groupe de 14 danseuses. Si je ne me trompe pas, elles n’étaient plus apparues ensemble depuis les videos de Niwatori to Hebi to Buta (鶏と蛇と豚) et Open Secret (公然の秘密) sortis en 2019. Aya Sato est la protagoniste principale de cette nouvelle vidéo, qui met en scène une lutte intérieure symbolisant la résilience humaine. La mise en scène, expressive et poétique, complète magnifiquement ce morceau atypique, qu’on imagine difficilement interprété par une autre que Ringo. La face B du single, intitulée Matsu ni Tsuru (松に鶴, Este nuevo problema), est plus classique dans sa composition. Chantée entièrement en espagnol, elle débute par des sonorités de samba assez surprenantes. J’ai beaucoup aimé le refrain, et même le juron inattendu en espagnol, facile à comprendre. Depuis le morceau en argentin sur son dernier album, Ringo semble entrer dans une phase hispanisante qui lui va plutôt bien. Ce morceau est également une reprise d’Appa, intitulée Kimochiyo (きもちよ), issu du même album GIGS (2006), avec une musique réarrangée par Izawa et des paroles entièrement réécrites par Ringo.

Je suis donc allé acheter ce nouveau single, ainsi que le Blu-ray du concert Ringo Expo’24 – 景気の回復, au Tower Records de Shinjuku, le jour de leur sortie commune, le mercredi 25 juin 2025. Je savais qu’on y exposait les costumes de la tournée Ringo Expo’24. Certains d’entre eux ont été conçus par le styliste Keisuke Kanda (神田恵介), comme pour la tournée précédente. Petite parenthèse: j’ai été amusé de découvrir que Keisuke Kanda a également collaboré à plusieurs reprises avec Ging Nang Boyz (銀杏BOYZ) pour une ligne de vêtements et de t-shirts. On peut voir certaines de ces pièces portées par Kazunobu Mineta (峯田和伸) et Riho Yoshioka (吉岡里帆), qui est une grande fan de Sheena Ringo. C’est toujours un plaisir de constater que le Tower Records de Shinjuku perpétue la tradition de ces mini-expositions dédiées à Sheena Ringo lors de ses sorties importantes. Les fans sont toujours au rendez-vous dès les premiers jours, prenant des photos des tenues de scène exposées sous verre.🎴

SR EXPO’24

Lorsque j’ai une heure à perdre dans les quartiers d’Ebisu, Naka-Meguro ou Daikanyama, je passe souvent faire un tour à la grande librairie Tsutaya Daikanyama T-Site. L’heure ou la trentaine de minutes que j’y passe n’est jamais perdue car j’y découvre souvent des choses intéressantes et c’est justement ce qui me fait y revenir. La librairie contient deux petits espaces d’exposition dans le bâtiment central près du grand escalier, avec des expositions renouvelées très régulièrement. Je feuillette également les magazines mais il m’arrive également de seulement traverser les rayons en regardant les couvertures, du côté de l’architecture, des arts graphiques, de la photographie, entre autres. Une partie d’un des trois bâtiments a été converti à l’étage en espace partagé de travail et j’y vais donc beaucoup moins souvent. J’avais un peu plus de temps devant moi cette fois-ci et je me suis donc aventuré vers ce troisième bâtiment, si on peut qualifier d’aventure ouvrir une porte automatique d’une grande librairie.

C’était une bonne idée car j’y trouve au rez-de-chaussée la série de tous les numéros du magazine Daibenkyo (大勉強), magazine culturel semestriel consacré à la culture de la région de Hokuriku. Le magazine est publié par une boutique spécialisée nommée PHAETON, située dans la ville de Kaga dans la préfecture d’Ishikawa. Le numéro 5 sorti le 13 Février 2023 montrait Sheena Ringo en couverture. Je n’avais pas pu l’acheter à sa sortie car sa distribution devait être limitée mais je me suis rattrapé cette fois-ci en voyant ce numéro ainsi que plusieurs autres présentés sur une table dans un coin du Tsutaya. Je l’ai d’abord feuilleté pour constater que l’interview de Sheena Ringo était courte et les photos l’accompagnant assez peu nombreuses, mais j’ai été convaincu par le reste du magazine, notamment par une série de photographies prises par Rinko Kawauchi (川内倫子) et par un petit article évoquant la princesse Kukurihime. J’y ai vu un signe car j’avais écrit récemment un texte imaginaire, se déroulant dans le sanctuaire de Samukawa, évoquant cette même princesse historique. Le magazine nous parle de son histoire et accompagne l’article d’une série de photographies donnant une représentation moderne de Kukurihime sous les traits d’une jeune femme aux cheveux longs et blonds. La représentation imaginaire que j’en avais fait était un peu différente et ressemblait vaguement à l’actrice Nana Komatsu. En plus de la beauté de ses pages qui m’a finalement convaincu de l’acheter, ce magazine m’a rappelé au fait que je n’avais toujours pas fini d’écrire mon billet sur le concert de Sheena Ringo auquel j’ai assisté le 21 Novembre 2024. Au moment de commencer son écriture, j’avais fait comme un bloquage, intimidé en quelques sortes par la lourdeur de la tâche, ayant le sentiment qu’il y a tant de choses à en dire et à écrire. Mon compte rendu du concert Shogyōmujō (椎名林檎と彼奴等と知る諸行無常) de 2023 au Tokyo International Forum m’avait pris en tout quatre billets, et j’ai eu beaucoup de mal à me faire à l’idée d’en écrire autant. J’ai donc mis cette écriture de côté pendant plusieurs mois jusqu’à maintenant, en pensant finalement que rien ne sert d’en écrire trop.

Ma place pour le concert de Sheena Ringo pour sa tournée Ringo EXPO’24 ((生)林檎博’24), sous-titrée Economic Recovery (ー景気の回復ー) était réservée depuis plusieurs mois mais les places exactes dans la grande arène du Saitama Super Arena (さいたまスーパーアリーナ) n’ont été annoncées que le jour avant la séance. J’ai assisté au concert du Jeudi 21 Novembre 2024 à 19:00. Il s’agissait de mon troisième choix. La loterie pour l’achat des places a décidé pour moi. La tournée nationale des arènes Ringo EXPO’24, accompagnant la sortie du dernier album Hōjōya (放生会), s’est déroulée en dix dates dans tout le pays, en démarrant le 5 Octobre à Aomori pour une date, continuant à Niigata le 20 Octobre et au grand hall du château d’Osaka pour deux dates les 29 et 30 Octobre. La tournée continuait le mois suivant, à Shizuoka le 7 Novembre, au Saitama Super Arena pour trois dates les 21, 23 et 24 Novembre, puis Fukui le 29 Novembre et un final le 15 Décembre 2024 au Marine Messe de Fukuoka. On aurait pu penser que cette grande tournée en solo se terminerait à Saitama, tout près de Tokyo, mais Ringo a préféré la terminer dans sa ville d’origine. C’est la première fois que j’assistais à une concert ou évènement dans la grande arène du Saitama Super Arena qui peut contenir jusqu’à 37000 personnes. Difficile à dire s’il y avait en effet ce nombre de personnes dans la salle, mais toutes les places semblaient occupées et c’était impressionnant de voir autant de monde réuni. La dernière tournée des arènes avait eu lieu en 2018 pour Ringo Expo’18.

J’avais pris une journée de congé ce jour là. Comme pour le concert Shogyōmujō, je suis d’abord parti me procurer le sceau goshuin d’un sanctuaire. C’était celui d’Atago la dernière fois et c’est celui du sanctuaire Hikawa à Shibuya cette fois-ci. Je ne sais pas trop pourquoi l’idée m’est revenu en tête de me procurer un goshuin pour marquer cette journée, mais je me suis dit que ça pourrait devenir une tradition. Je suis arrivé tôt dans l’après-midi à la station de Shintoshin où se trouve Saitama Super Arena, car je voulais passer par la boutique de la tournée imaginant que certains articles seraient rapidement en rupture de stock. Il était possible de commander en ligne à l’avance mais pour une période limitée. Tellement limitée en fait que je n’ai même pas eu la possibilité d’y commander quoique ce soit, la boutique en ligne affichant un laconique “checking stock” à chacune de mes tentatives de connexion. Ceci a nourri mon envie de venir tôt et malgré cela, certains articles étaient déjà en rupture de stock. Je me suis tout de même procuré le petit drapeau indispensable, un t-shirt à l’effigie de la tournée et un badge. J’aurais voulu me procurer un autre t-shirt montrant le fidèle guitariste Yukio Nagoshi, guitare à la main et vétu d’un yukata blanc dans une atmosphère à la fois japonisante et fantomatique, mais il n’y avait déjà plus ma taille. Je ne suis apparemment pas arrivé assez tôt. J’ai en contrepartie eu beaucoup de temps pour faire le tour de la grande arène qui a une architecture grandiose surplombée d’un immense cadre s’illuminant progressivement au fur et à mesure que la nuit avance. J’aime aussi observer les autres spectateurs, ceux faisant des efforts certains pour s’habiller à la mode de cette tournée ou en ressortant des anciens goods des tournées précédentes de Sheena Ringo ou de Tokyo Jihen. On y retrouve par exemple systématiquement le jogging blanc et rouge de la tournée Ultra C de Tokyo Jihen. On trouve dans le public tous les âges, certains semblant être des fans de la première heure ayant pris de l’âge en même temps que leur idole, d’autres semblant être des fans beaucoup plus récents. Je m’amuse en regardant certains petits groupes de fans, avec parfois des tenues coordonnées, se prenant en photos à tour de rôle.

Les quelques heures ont finalement passé vite, et on se dirige tranquillement vers une des grandes entrées de l’arène. Plusieurs files d’attente se créent et nous font entrer sans encombre. A l’entrée, plusieurs bouquets de fleurs nous accueillent. L’un d’entre eux est offert par le groupe Buck-Tick, ce qui me surprend un peu et me ravit en même temps. Sheena Ringo et feu Atsushi Sakurai (櫻井敦司) de Buck Tick avaient interprété ensemble le morceau Kakeochi-sha (駆け落ち者) pour l’album Sandokushi (三毒史) et Ringo avait repris le morceau Uta (唄) de Buck-Tick. A côté, un bouquet est au nom du directeur créatif Michihiko Yanai (箭内道彦). J’avais déjà parlé de son magazine musical Kaze to Rock (風とロック) créé en 2005 et qui a montré Ringo en couverture plusieurs fois. Il n’est pas étonnant de trouver un bouquet au nom du groupe SOIL& »PIMP » SESSIONS qui a déjà accompagné Ringo, mais j’ai été agréablement surpris de voir un bouquet au nom du comédien Bakarism (バカリズム). Le fait que le comédien soit originaire de Fukuoka explique peut-être le lien. Toujours est-il que j’aime beaucoup les dramas qu’il crée, comme son dernier Hot Spot qui vient de se terminer, et dont j’ai déjà parlé ici. Peut-être qu’un jour, il donnera un second rôle à Ringo. Je la verrais très bien en actrice et je pense qu’elle le sait très bien elle-même, mais elle se dévoilerait peut-être trop. Et à propos de cinéma, je ne suis pas trop surpris de voir également un bouquet au nom de l’actrice Fumi Nikaidō (二階堂ふみ). J’avance ensuite à petits pas dans les couloirs arrondis de l’arène jusqu’à la porte donnant accès à la zone où se trouve mon siège. Je ne suis pas placé trop loin de la scène, sur le côté droit et dans la première moitié en hauteur. C’est une meilleure place que lors du concert au Tokyo International Forum. On dirait que je me rapproche progressivement de la scène même si le positionnement des places doit être le fruit d’un hasard calculé. Je dis cela car j’imagine, sans en être certain, que les places réservées aux membres du fanclub dont je fais partie doivent être prioritairement situées vers l’avant. Je suis dans les premiers à m’asseoir sur ma rangée, ce qui me donne le temps de regarder la grande salle se remplir progressivement. La fosse noire n’est pas encore occupée par les 25 musiciens formant l’orchestre mené par Neko Saito (斎藤ネコ). Pendant l’attente avant le début du concert, sont diffusés exclusivement des morceaux du musicien Big Yuki qui avait participé au single Watashi ha Neko no Me (私は猫の目).

Pour cette tournée, outre Neko Saito et son orchestre, Ringo s’est entourée de fidèles dont Yukio Nagoshi (名越由貴夫) à la guitare, Ichiyō Izawa (伊澤 一葉) aux claviers, Keisuke Torigoe (鳥越 啓介) à la basse et Shun Ishiwaka (石若駿) à la batterie. Nagoshi et Torigoe sont systématiquement présents à ses tournées récentes, mais Shun Ishiwaka, ex Millennium Parade réputé comme étant un des meilleurs batteurs japonais du moment, est devenu depuis le dernier concert un nouveau fidèle. Retrouver Ichiyō Izawa sur scène était une excellente surprise et pourrait presque relancer les suppositions sur un futur hypothétique nouvel album de Tokyo Jihen. Ichiyō Izawa a en tout cas participé à plusieurs morceaux de l’album Hōjōya (放生会).

La formation complète de 30 musiciens accompagnant Ringo prend une nouvelle fois pour cette tournée le nom de « The Mighty Galactic Empire », comme pour Ringo Expo 18 et 14. Cet album comprenant beaucoup de duo avec d’autres artistes féminines, tout le suspense était de savoir qui serait présent sur scène. Je le savais un peu à l’avance, car même si les secrets étaient bien gardés, quelques informations avaient circulé sur la présence d’Ikkyu Nakajima (中嶋イッキュウ) de Tricot, DAOKO et Momo (もも) de Charan Po Rantan (チャラン・ポ・ランタン) sur des dates précédant celles de Saitama. Elles étaient bien toutes les trois sur scène pour accompagner Ringo, mais je ne pensais pas qu’elles seraient autant présentes. Je ne cache pas mon bonheur de voir sur scène Ikkyu et DAOKO en duo avec Ringo, les suivant déjà depuis plusieurs années en sachant leur attirance pour la musique de Sheena Ringo. À vrai dire, ce n’est pas la première fois que DAOKO intervient sur une tournée de Sheena Ringo car elle était déjà présente sur la tournée précédente sur grand écran pour la version remixée par Shinichi Osawa du morceau Ishiki (意識). Les autres artistes ayant participé au dernier album, comme Nocchi (のっち) de Perfume, AI, Atarashii Gakko! (新しい学校のリーダーズ) et Utada Hikaru (宇多田ヒカル) n’étaient malheureusement pas présentes lors du concert. Je m’en doutais très fortement pour Utada Hikaru, mais j’aurais vraiment aimé voir soudainement Nocchi débarquer sur scène (bien que je sois très loin d’être un amateur de la musique de Perfume). Au niveau des invitées, il n’y avait en fait pas de différences entre les séances à Saitama et celles des autres viles de la tournée.

Sheena Ringo a interprété en tout 27 morceaux incluant deux dans les rappels. Il y avait bien sûr un grand nombre de morceaux tirés du dernier album Hōjōya (放生会), dix morceaux en tout, tandis que le reste était tiré des albums précédents avec une majorité de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処) qui reste l’album préféré des fans. Le concert ouvrait sur un morceau de l’album Sandokushi (三毒史), Niwatori to Hebi to Buta (鶏と蛇と豚), et c’est un des seuls tirés de cet album, avec le magnifique TOKYO qu’elle jouera à mi-concert. Par rapport au concert précédent au Tokyo International Forum, les effets sur scène étaient beaucoup plus impressionnants avec plusieurs écrans géants. Certaines cinématiques montrant des moines boudhistes apparaitre pour lancer de leurs mains d’immenses lasers traversant la salle étaient impressionnantes. L’avantage de ces écrans est qu’ils donnent par moments une vue plus précise de ce qui se passe sur scène, car même si je n’étais pas très loin de la scène, on ne distingue pas toujours exactement tout ce qui s’y passe. Ce genre de salle permet également des effets d’entrée en scène, Ringo descendant sur scène par une petite nacelle au début du concert. Si mes souvenirs sont bons, cette nacelle descendait d’une sorte d’ovni, Ringo devenant donc un personnage sidéral. Ce genre d’effets visuels n’est pas vraiment indispensable mais produit tout de même son effet sur le public, qui est comme hypnotisé de la voir arriver du haut de l’arène dans une longue robe rouge, avec des cheveux blonds et portant un rouge à lèvres rouge vif (le Shiseido modèle 417 bien sûr). Elle a bien sûr changé de très nombreuses fois de tenues pendant le concert, mais j’ai préféré les tenues plus originales et décalées de sa tournée précédente. Il n’y avait rien de vraiment marquant cette fois-ci et le passage où elle était habillée en sirène dans sa coquille était un peu trop kitsch pour moi. C’était le moment que j’ai le moins apprécié. Voir Ringo en kimono noir interpréter le morceau Closed Truth (茫然も自失) était par contre un moment mémorable, tout en étant assez classique de ce qu’on peut attendre d’elle. Ce passage m’a fait apprécier ce morceau comme étant l’un de mes préférés du dernier album. Surtout que juste après, Ikkyu vient rejoindre Ringo sur scène pour interpréter Offering sake (ちりぬるを), habillée d’un même kimono noir et d’une coupe de cheveux très similaire. Le mimétisme est assez impressionnant même si Ikkyu est un peu plus grande que Ringo. C’est la première apparition d’Ikkyu sur scène lors de ce concert mais ce n’est pas la dernière car elle reviendra ensuite pour interpréter un morceau plus ancien, Jiyū e Michizure (自由へ道連れ) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処). On pouvait voir clairement la jubilation d’Ikkyu d’interpréter ce morceau devant un public de 37,000 personnes. J’ai eu par moment un peu de mal à distinguer Ringo d’Ikkyu, et c’était même un peu perturbant. Mais quel plaisir de les voir ensemble sur scène, surtout que leur joie était visible sur scène.

Il y avait un clin d’oeil amusant, si on peut dire, pour le morceau Yokushitsu (浴室) de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ), car Ringo tenait à la main un couteau comme lors du concert Ringo Expo’08. Elle a interprété plusieurs morceaux de Tokyo Jihen, ce qui était une bonne surprise. Il n’est pas rare qu’un ou deux morceaux de Tokyo Jihen se glissent dans ses concerts, mais il y en avait trois cette fois-ci: Eien no Fuzai Shōmei (永遠の不在証明) du mini-album News, Himitsu (秘密) de l’album Adult (大人) et le plus récent Inochi no Tobari (命の帳) de l’album Music (音楽). Le concert comprenait quelques reprises comme TOUCH (タッチ) de Yoshimi Iwasaki (岩崎良美). Le surprise était de voir DAOKO entrer sur scène pour chanter ce morceau. Elle reviendra ensuite pour le duo du morceau A triumphant return (余裕の凱旋), qui est un des morceaux de l’album Hōjoya que j’aime beaucoup réécouter. Ringo et DAOKO sont habillées d’une manière charmante, de la même tenue que lors de leur passage télévisé. Parmi les reprises, il y avait également celle d’un morceau du groupe APPA (あっぱ), intitulé Gipsy (ジプシー). APPA est le groupe d’Ichiyō Izawa, qui était donc sur scène au côté de Ringo pour l’interpréter. Pendant le passage instrumental Bōenkyō no Soto no Keshiki (望遠鏡の外の景色), tous les membres du groupe et de l’orchestre de Neko Saito formant « The Mighty Galactic Empire » sont présentés dans une vidéo les montrant dans les coulisses. Il s’agit également d’un clin d’oeil à un des précédents concerts, car ce type de présentation très cinématographique avait déjà été utilisé. L’autre très grande surprise pour moi était la reprise du morceau MOON du groupe REBECCA (レベッカ) sur leur album Poison. Je parle assez souvent de ce morceau sur ce blog car je l’écoutais avant de venir vivre au Japon. Ringo avait en fait déjà mentionné dans une émission télévisée qu’elle appréciait ce morceau donc cette reprise est finalement assez logique. Il n’empêche que ça fait plaisir d’entendre Ringo chanter ce classique, même si rien ni personne ne peut remplacer la voix si particulière de Nokko. Au début du concert, Ringo a chanté un morceau que je ne connaissais pas, Uchu no Kioku (宇宙の記憶), qu’elle a écrit et composé pour Maaya Sakamoto (坂本真綾). C’est un très beau morceau à l’ambiance jazz qui possède l’indéniable marque de fabrique de Sheena Ringo, surtout que SOIL&“PIMP”SESSIONS fait l’interprétation musicale. Je persiste à penser qu’elle devrait sortir un album purement jazz, avec une instrumentation minimale, genre un quartet. Lors des concerts de Sheena Ringo, il a toujours un manque. Elle ne parle en effet que trop peu au public, et cette fois-ci, elle a fait parler sa fille par un message audio, tout comme pour le concert Tōtaikai (党大会).

Momo de Charan Po Rantan est la troisième invitée du concert et elle apparaît sur scène vers la fin pour son duo festif sur Cheers beer (ほぼ水の泡). Le moment particulièrement exaltant du concert est de voir ensuite Momo, Ikkyu Nakajima, DAOKO accompagner Ringo sur le morceau Watashi ha Neko no Me (私は猫の目). Elles tournent toutes les quatre sur scène, accompagnées des deux danseuses SIS qui étaient également présentes sur la tournée précédente. Là encore, leur joie d’être sur scène est très communicatif, matérialisant cette deuxième partie de concert plus festive, principalement centrée sur les morceaux de l’album Hōjōya. Le concert se termine finalement sur les rappels avec 1RKO (初KO勝ち), qui est un des succès commerciaux de cet album, puis le morceau Chichinpuipui (ちちんぷいぷい), de l’album Hi Izuru Tokoro, que j’imagine toujours comme un hymne à Ringo. J’imagine tout à fait ce morceau avoir été conçu pour les concerts. Au final, je n’avais plus l’effet de surprise sur ce concert par rapport au précédent, même si assister à un tel spectacle dans une salle aussi énorme est une surprise en soi. Difficile de dire si j’ai préféré ce concert là au précédent. Celui-ci était certes plus grandiose mais je pense avoir préféré l’ambiance générale de Shogyōmujō, peut-être parce qu’il se passait dans une salle plus petite. Ceci étant dit, les images que l’on pouvait voir sur les écrans géants étaient souvent impressionnantes, et le final montrant Sheena Ringo comme une androïde désossée dans un paysage urbain apocalyptique était tout à fait étonnant. Il y a un thème de science fiction en fil rouge de ce concert car, comme je le mentionnais au dessus, les premières images montraient une sorte d’ovni dont descendait Ringo en chantant sa chanson pour Maaya Sakamoto sur la Mémoire de l’Univers (宇宙の記憶), et un chat noir robotisé géant accompagnait également certains des derniers morceaux. Ce genre d’effets rend particulièrement bien dans une grande salle. Pour ceux intéressés, des rapports de ce concert ont été écrits sur certains sites musicaux et on peut trouver les liens sur une page dédiée sur le site Kronekodow.

Pour référence, je note ci-dessous la setlist du concert du Jeudi 21 Novembre 2024 de la tournée Ringo EXPO’24 ((生)林檎博’24) – Economic Recovery (ー景気の回復ー) de Sheena Ringo, au Saitama Super Arena:
1. Niwatori to Hebi to Buta (鶏と蛇と豚) de l’album Sandokushi (三毒史)
2. Uchu no Kioku (宇宙の記憶), écrit et composé par Sheena Ringo pour Maaya Sakamoto (坂本真綾)
3. Eien no Fuzai Shōmei (永遠の不在証明) du mini-album News de Tokyo Jihen
4. Shizuka Naru Gyakushū (静かなる逆襲) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
5. Himitsu (秘密) de l’album Adult (大人) de Tokyo Jihen
6. Yokushitsu (浴室) de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
7. Inochi no Tobari (命の帳) de l’album Music (音楽) de Tokyo Jihen
8. TOKYO de l’album Sandokushi (三毒史)
9. Bye Purity (さらば純情) de l’album Hōjōya (放生会)
10. Adult Code (おとなの掟), de la compilation Gyakuyunyū ~Koukūkyoku~ vol.2 (逆輸入 ~航空局~; Reimport, Vol. 2 ~Civil Aviation Bureau~)
11. MOON, de l’album Poison, reprise du groupe REBECCA (レベッカ)
12. Arikitarina Onna (ありきたりな女) de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
13. A procession of the living (生者の行進), de l’album Hōjōya (放生会)
14. Gipsy (ジプシー), reprise du groupe APPA (あっぱ)
15. As a Human (人間として), de l’album Hōjōya (放生会)
16. Bōenkyō no Soto no Keshiki (望遠鏡の外の景色) de la compilation Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
Présentation des membres du groupe (メンバー紹介)
17. Closed Truth (茫然も自失), de l’album Hōjōya (放生会)
18. Offering sake (ちりぬるを) avec Ikkyu Nakajima, de l’album Hōjōya (放生会)
19. FRDP (ドラ1独走), de l’album Hōjōya (放生会)
20. TOUCH (タッチ) avec DAOKO, reprise du morceau de Yoshimi Iwasaki (岩崎良美)
21. Seishun no Mabataki (青春の瞬き), de l’album Gyakuyunyū: Kōwankyoku (逆輸入 ~港湾局~)
22. Jiyū e Michizure (自由へ道連れ) avec Ikkyu Nakajima, de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)
23. A triumphant return (余裕の凱旋) avec DAOKO, de l’album Hōjōya (放生会)
24. Cheers beer (ほぼ水の泡) avec Momo, de l’album Hōjōya (放生会)
25. Watashi ha Neko no Me (私は猫の目) avec Momo, Ikkyu Nakajima, DAOKO, de l’album Hōjōya (放生会) 
Rappels (アンコール)
26. 1RKO (初KO勝ち), de l’album Hōjōya (放生会)
27. Chichinpuipui (ちちんぷいぷい), de l’album Hi Izuru Tokoro (日出処)

dans les lumières photographiques de la brume aux coraux

La grande porte rouge du sanctuaire de Shitaya (下谷神社) a comme particularité sa taille qui remplit pleinement l’espace entre les rangées de bâtiments délimitant la rue. Ce n’est pas la première fois que je passe devant et pénètre à l’intérieur de ce sanctuaire mais j’y suis arrivé tout à fait par hasard, comme d’ailleurs la première fois que j’y suis venu. Il faut croire que ce sanctuaire m’attire inlassablement. Il se trouve à un peu plus de cinq minutes de la gare d’Ueno. Je n’avais pas emprunté depuis très longtemps la grande passerelle piétonne qui enjambe l’avenue Showa et donne accès à la station. Je comptais prendre le train depuis la gare d’Ueno, mais je préfère finalement entrer dans le parc pour en sortir un peu plus loin sous le regard de la statue de Takamori Saigō (西郷隆盛). Je marche ensuite le long de la longue avenue de Chuo en direction d’Akihabara, mais je m’arrêterais à Suehirochō (末広町). Le long de cette avenue, nous connaissons bien la pâtisserie japonaise Usagiya (うさぎ屋) qui vend tout simplement les meilleurs dorayaki de Tokyo. En voyant deux passants prendre la pâtisserie en photo, je n’ai pas pu m’empêcher de les prendre moi-même en photo.

La photographe et vidéaste Mana Hiraki (平木希奈), aka Cabosu Lady, expose du 20 Février au 3 Mars 2025 une série de photographies dans la galerie et café 229 situé près de la station d’Okachimachi. J’y suis allé le Dimanche 23 Février en fin d’après-midi car je savais qu’elle y serait à priori présente. Je n’avais pas pu voir sa précédente exposition intitulée Wave? en Mai 2023 à Jingūmae et je me suis donc rattrapé cette fois-ci. Je parle assez régulièrement de cette artiste sur ces pages, car j’aime beaucoup son style onirique qui s’accorde toujours très bien avec la musique des artistes qu’elle accompagne visuellement. Son monde unique vient même transcender ces musiques. Mana Hiraki photographie beaucoup d’artistes musicaux, et je l’avais d’abord découverte par les photographies qu’elle avait prise pour Samayuzame, notamment sur son album Plantoid. Elle avait aussi pris en photo Miyuna (みゆな) en kimono dans une superbe série qui m’avait rappelé les fameuses photographies de Sheena Ringo montrées sur le magazine GB de Mars et Avril 2003 à l’occasion de la sortie de son troisième album KSK. J’avais par la même occasion remarqué que Mana Hiraki devait aimer la musique de Sheena Ringo car elle montrait régulièrement des liens vers ses albums dans ses stories sur Instagram. Au fur et à mesure de ses nouvelles photographies et vidéos, j’ai également découvert de nouveaux artistes que je ne connaissais souvent que de nom sans pourtant connaître leurs musiques. C’était le cas notamment d’Ohzora Kimishima (君島大空), Toaka (十明), Nagisa Kuroki (黒木渚), Kiwako Ashimine (安次嶺希和子), entre autres. Je suis toujours très reconnaissant quand on me fait découvrir de nouvelles belles choses. En plus de voir ses nouvelles photographies qui sont belles et inspirantes, je voulais lui parler de tout cela si l’occasion se présentait. La galerie 229 se trouve dans une petite rue qui est relativement large. Une petite pancarte avec le nom du café et de l’exposition Katami Hakka (筐はっか) posée sur le trottoir m’indique que je suis bien arrivé à destination. Le rez-de-chaussée est un café avec un comptoir et quelques tables. Une étagère propose des livres de photographies à la vente et je vois tout de suite une pile de livrets de photographies de Mana Hiraki directement liés à cette exposition qui se déroule au sous-sol. Un étroit escalier de béton nous y donne accès. La salle unique d’exposition est très sombre et la série de photographies est retro-éclairée. Ce sont des photographies inédites. Je ne les connais pas bien sûr, sauf celle utilisée pour illustrer l’exposition. Quelques dizaines de secondes plus tard, une personne en robe noire entre dans cette même pièce sombre. Je me demande d’abord s’il s’agit d’une autre personne venue visiter la galerie, mais comme elle se tient immobile au fond de la pièce, je comprends très vite qu’il s’agit de la photographe. J’étais en fait passé devant elle dans le café du rez-de-chaussée sans la reconnaître. Je lui demande si elle est bien Mana Hiraki et elle me répond positivement. Ce qui m’étonne, c’est qu’elle me demande immédiatement si je suis la personne sur Instagram avec un nom commençant par fga… Elle se souvenait également du fait que je n’avais pas pu venir à sa première exposition et que j’en avais parlé sur mon blog. Elle avait lu mon billet en français avec un traducteur, car même si elle m’avait répondu en français sur Twitter suite à ce billet, elle me confirme qu’elle ne parle pas la langue. Elle se souvient également que je suis fan de Sheena Ringo et confirme que c’est aussi son cas. Tout en regardant ses photographies, nous discutons des artistes qu’elle a couvert, ce qui est l’occasion pour moi de la remercier pour les nombreuses découvertes musicales. Je lui souhaite bien sûr de pouvoir prendre Sheena Ringo en photo dans un futur proche. Elle prendra peut-être en photo AiNA The End en photo avant Ringo car elle m’indique qu’elles sont amies. Elle me confirme également que Samayuzame est fan de Sheena Ringo, ce dont je me doutais déjà très fortement.

En regardant les photographies de Mana Hiraki, je ressens toujours une impression maritime et elle me confirme cette proximité de l’océan dans ses œuvres car elle a vécu près de la mer dans des endroits que je connais également assez bien. Le petit livret de l’exposition indique que son titre s’inspire du phénomène du blanchissement des coraux qui se produit lorsque des événements perturbateurs tel que la montée des températures viennent provoquer une rupture de la relation symbiotique. Il y a un parallèle entre les relations délicates des coraux avec leur environnement naturel et celles des humains dans le monde qui les entoure. Les visions de la photographe nous montrent des mondes fantastiques, proches du rêve éveillé, qui sont renforcés par les lumières jaillissant des photographies dans la pièce sombre. J’y ressens toujours une proximité avec le mouvement musical Shoegaze dont je parle souvent sur ces pages, car il y a une même approche onirique où les choses ne sont pas immédiatement évidentes. Je lui fait part de cette impression et elle me confirme apprécier ce mouvement musical qui doit certainement l’influencer, même indirectement. Ses photographies sont intimes et proches de l’introspection. On se perd volontiers le regard dans ces images en imaginant une fin d’après-midi estivale sur les plages du Shonan. Elle est très active en ce moment car je vois des annonces régulières de nouvelles vidéos qu’elle a réalisé, la dernière en date étant pour le morceau Tasokare (たそかれ) de Kayoko Yoshizawa (吉澤嘉代子) tournée dans une maison d’époque qui m’a forcément rappelé celle de Hyakuiro Megane (百色眼鏡), surtout lorsqu’un des personnages regarde à travers une serrure au début. Parmi les vidéos que j’aime beaucoup, il y a celles de no aid(ea) de Samayuzame, 16:28 de Ohzora Kimishima, Kikikaikai (器器回回) de Nagisa Kuroki, entre autres et pour n’en citer que quelques unes. Elle m’indique qu’elle travaille sur une nouvelle vidéo qui sortira bientôt mais dont elle ne peut bien sûr pas en dire d’avantage. Il est maintenant temps de remonter à la surface. J’achète le petit livret de l’exposition et un café glacé (malgré le froid dehors, quelle idée) et la remercie une fois encore pour cette visite et discussion qui étaient bien agréables. En sortant du café, je remets les écouteurs en marchant jusqu’à la gare d’Ueno, en passant sans le vouloir à travers le sanctuaire Shitaya que je mentionnais plus haut. A l’aller, j’avais écouté l’album no public sounds de Ohzora Kimishima. Au retour, j’écoute Plantoid de Samayuzame, puis Kikikaikai (器器回回) de Nagisa Kuroki et finalement KSK (加爾基 精液 栗ノ花) de Sheena Ringo, pour en quelques sortes prolonger l’atmosphère de l’exposition.