ąʄɬɛཞ ɬɧɛ ɠąɱɛ ੨

J’ai souvent pris en photo le bâtiment d’architecture postmoderne que l’on nomme Octagon. Il a été conçu par Shin Takamatsu (高松伸) en 1990. Il se situe à un croisement de rues à Ebisu-Nishi. Comme souvent dans les oeuvres architecturales de cet architecte, l’architecture ressemble à une machine couverte de métal dont on n’apercevrait pas ou peu la mécanique. Avec ses grand hublots circulaires noires ressemblant, Octagon me fait pourtant penser à une créature des profondeurs océaniques.

Le sticker aperçu sur une rue en pente de Daikanyama représente un portrait datant de 1968 de la légendaire reine de la Soul Aretha Franklin. La photographie a été réalisée par Lee Friedlander. Ce n’est pas la première fois que la marque Supreme s’empare de l’image de personnalités musicales pour des séries de t-shirts. Celui-ci est sorti en Avril 2026 dans la collection Supreme Spring/Summer 2026. Comme tous les T-shirts Supreme d’une saison, il est produit pour un drop précis (ici, SS26 Week 7) avec une disponibilité limitée en stock au lancement et n’est plus revendu ensuite. Il circule désormais sur le marché secondaire à des prix plus élevés. Je vois souvent des longues files d’attente dans la rue devant la boutique Supreme de Daikanyama. J’imagine que la plupart des acheteurs sont des collectionneurs qui ne portent jamais leurs achats, comme des collectionneurs de disques vinyles n’ouvrant jamais la pochette plastifiée.

J’ai vu le bâtiment Yamazaki Buneido Timber Office Building (文栄堂渋谷木質ビル) grandir au coin du grand croisement Shibuya 2 près du tunnel d’Aoyama. Il a été achevé un peu plus tôt cette année, conçu par Yutaro Ohta (太田雄太郎), architecte originaire de Nagoya, qui s’est fait connaître après avoir travaillé pendant environ neuf ans chez Kengo Kuma & Associates. J’avais été voir il y a trois ans l’Aroma Terrace conçue pour AEAJ (Aroma Environment Association Japan) dont Yutaro Ohta etait en charge pour Kengo Kuma. Il a ensuite créé son propre collectif d’architecture nommé Futofuto (太太). Le bâtiment se distingue par une disposition décalée des fenêtres sur sa façade et par l’utilisation de plaques de bois de cyprès hinoki de Kiso. Il a conservé l’utilisation du bois en façade de son expérience chez Kengo Kuma. J’aime en tout cas l’integration de matériaux naturels dans le paysage urbain, qui vient adoucir la ville.

Nous sommes au neuvième étage du building Hikarie à Shibuya. J’aime beaucoup cette vue où la désorganisation urbaine est apparente. On y aperçoit beaucoup de choses en strates jusqu’aux tours de Nishi-Shinjuku au loin. Il y a le Miyashita Park et son hôtel Séquence conçus par Nikken Sekkei. Depuis son inauguration en 2020, le parc est devenu un des points de rassemblement de la jeunesse de Shibuya. Sur la même latitude, on reconnaît bien sûr le grand Tower Records de Shibuya et derrière cette ligne, le toit courbe du gymnase de Yoyogi conçu par Kenzo Tange, coiffé par les cimes des arbres du parc de Yoyogi. A Nishi-Shinjuku, les tours de la mairie de Tokyo et du Park Hyatt, également conçues par Kenzo Tange, sont visibles et immédiatement reconnaissables. Une vue depuis les hauteurs de la tour Shibuya Scramble Square donnerait une meilleure vue d’ensemble de cette partie de Tokyo entre Shibuya, Harajuku et Shinjuku mais je préfère celle-ci car, étant plus proche du sol, elle témoigne mieux de l’enchevêtrement urbain.

J’ai souvent pris en photo le RISE Building conçu par l’architecte Atsushi Kitagawara (北川原温). J’aime l’architecture futuriste de ce bâtiment, en particulier la structure drapée de la toiture métallique, dont l’apparence chaotique semble sortir d’un film de science-fiction. A son ouverture en Juin 1986, on y trouvait une salle de cinéma indépendante, le Cinema Rise (シネマライズ), qui s’était spécialisée pendant près de 30 ans dans les films d’auteur et le cinéma international. En Novembre 2010, l’espace Rise X, qui était pendant quelques années une petite salle en sous-sol équipée pour la projection numérique, ferme ses portes pour être remplacée par la salle de concert WWW. La salle WWW que nous connaissons maintenant a conservé la configuration en gradins de l’ancienne salle de cinéma. J’avais d’ailleurs apprécié cet agencement lors du concert de a子. Cinema Rise ferma définitivement en Janvier 2016, et en Septembre de cette même année, l’ancien cinéma fut remplacé par une deuxième salle de concert nommée WWW X et située au 2ème étage. Le concert inaugural était celui de cero. WWW existait donc déjà six ans avant la fermeture définitive de Cinema Rise. Le RISE Building est bordée par la petite rue piétonne Spain-zaka qui remonte vers le Departement Store PARCO. Cette approche souvent encombrée par la foule permet cependant d’apprécier les formes particulières et l’architecture distinctes du bâtiment. Je remonte de temps en temps cette rue exprès pour regarder le building. J’ai d’ailleurs pris de nombreuses photographies depuis cette rue. Depuis la rue desservant PARCO, la photographie du RISE building que je préfère reste celle prise en Octobre 2009 pour l’épisode 10 de ma série Made in Tokyo Series. Sur les affiches du cinéma RISE ce mois là, on y montrait le film Air Doll (空気人形) du réalisateur Hirokazu Kore-eda avec dans le rôle principal Bae Doona (배두나), qui joua avant cela dans le film Linda Linda Linda (リンダ リンダ リンダ) dont j’ai déjà parlé, et le film The Limits of Control (リミッツ・オブ・コントロール) de Jim Jarmusch. Sur une autre photographie du cinéma RISE que j’avais pris en Mars 2006, on y montrait deux films de 2005, Last Days de Gus Van Sant et Brokeback Mountain d’Ang Lee.

Je mentionnais le neuvième étage du building Hikarie à Shibuya car j’y étais pour voir l’exposition de photographies I’m So Happy You Are Here: Japanese Women Photographers from the 1950s to Now (まなざしの奇跡 日本女性写真家の冒険). L’exposition, se tenant du 4 juillet au 26 août 2026 au Hikarie Hall, présente environ 200 œuvres de 30 photographes japonaises majeures, des années 1950 à aujourd’hui. L’exposition présentant exclusivement le travail de femmes photographes japonaises est née d’un livre bilingue anglais-français I’m So Happy You Are Here: Japanese Women Photographers from the 1950s to Now, publié par Aperture en 2024, et accompagné d’une exposition aux Rencontres d’Arles. L’exposition a ensuite circulé internationalement avant d’arriver finalement au Japon. Elle entend replacer le travail des femmes dans l’histoire de la photographie japonaise d’après-guerre traditionnellement racontée à travers des photographes hommes comme Nobuyoshi Araki (荒木経惟), Daido Moriyama (森山大道), Shōmei Tōmatsu (東松照明), Eikoh Hosoe (細江英公) entre autres. Parmi les photographes présentées, je connaissais les photographies d’un certain nombre d’entre elles, notamment celles de Miyako Ishiuchi (石内都). J’avais déjà vu quelques unes de ses photographies axées sur les objets, les traces corporelles, la mémoire (de sa mère notamment) lors de l’exposition Mother’s en 2006, au Musée de la photographie à Yebisu Garden Place. Je connaissais également les collages photographiques surréalistes réalisés par Toshiko Okanoue (岡上淑子) dès les années 1950, pour les avoir vu lors de l’exposition Le miracle du silence en 2019, au Tokyo Metropolitan Teien Art Museum près de la station de Meguro. Lors de cette exposition, j’ai beaucoup aimé la série Elevator Girls de Miwa Yanagi (やなぎみわ) transformant des grands espaces commerciaux en environnements dystopiques et théâtraux. Je connaissais cette photographe depuis l’exposition The Incredible Tale of the Innocent Old Lady and the Hertlass Youg Girl au Hara Museum vue en 2005. Plus récemment, j’avais découvert les auto-portraits de Mari Katayama (片山真理) lors de l’exposition Ghost in the Shell: The exhibition (攻殻機動隊) qui se déroulait au TOKYO NODE de Toranomon Hills. Ses prothèses pour pallier à un handicap entraient en résonance avec les corps synthétiques des cyborg du manga de Masamune Shirow. On trouvait bien entendu d’autres figures importantes de la photographie japonaise comme Rinko Kawauchi (川内倫子), dont j’avais vu il y a quelques années la grande exposition M/E On this sphere Endlessly interlinking à la galerie d’art de Tokyo Opera City à Shinjuku, et Mika Ninagawa (蜷川実花) dont je parle assez souvent pour ses œuvres photographiques et films. Ninagawa présentait une série de photographies en noir et blanc intitulée Dancing with Shadows in the Light, datant de 2024. C’est une œuvre assez différente de l’image typique de Ninagawa avec une photographie jouant sur les couleurs saturées et explosives de fleurs notamment et ses photographies très vives de personnalités vues par exemple dans son livre éponyme sorti en Octobre 2010. Cette série au Hikarie Hall s’oriente davantage vers une réflexion sur la lumière et est aussi belle que fascinante.

Je parlais de Ghost in the Shell ci-dessus ce qui me donne une bonne transition vers le nouveau single GO GHOST de King GNU qui est utilisé comme thème d’ouverture de la série animée sortie un peu plus tôt cette année. Le morceau, sorti le 29 juillet 2026, a été écrit et composé par Daiki Tsuneta (常田大希). Bien qu’il soit assez court, avec un peu moins de 3 minutes, il est dense et pas aussi agressivement accrocheur que les derniers morceaux du groupe. Il est très intéressant dans sa composition car il ressemble à un morceau de King GNU, notamment avec le chant très présent et immédiatement reconnaissable de Satoru Iguchi (井口理), mais il intègre en même temps les éléments de l’univers de Ghost in the Shell. Je pense en particulier à son introduction composée d’une chorale aux accents ethniques qui rappelle immédiatement la bande originale composée par Kenji Kawai (川井憲次) pour le premier film d’animation Ghost in the Shell de Mamoru Oshii sorti en 1995. Le morceau emblématique du film intitulé 謡 I – Making of Cyborg se base sur des chants traditionnels japonais, avec des harmonies inspirées des chants polyphoniques bulgares. On retrouve cette atmosphère dès l’introduction de GO GHOST, ce qui nous plonge tout de suite dans l’univers étrange du manga, puis le morceau devient ensuite plus pop. Je gardais en France l’album CD de la bande originale de 1995 acheté à l’époque en import japonais (bien sûr) après avoir vu le film au cinéma, mais je viens de l’amener à Tokyo dans mes bagages. Outre le morceau clé qui se répète sous des formes différentes jusqu’à sa forme la plus aboutie et puissante intitulée 謡 III – Reincarnation, les pistes instrumentales orchestrées par Kenji Kawai sont belles et abstraites, décrivant parfois une ville sombre et froide traversée par des éclats de lumière. Les paroles des morceaux chantés ont été écrites par Kenji Kawai lui-même dans une forme ancienne du japonais, le yamato kotoba, ce qui donne à la musique du film une ambiance à la fois ancienne et totalement futuriste correspondant très bien à l’univers du film. Cette OST de 1995 se termine par un morceau bonus inattendu très différent du reste de l’album. Il s’intitule See You Everyday (每天見一見!) et est chanté en cantonais par la hongkongaise Fang Ka Wing (方嘉詠). Il a également été composé par Kenji Kawai mais son approche est complètement pop. Ça peut paraître étonnant de terminer cet album par un morceau de cantopop, mais il faut se rappeler que la ville futuriste représentée par Mamoru Oshii ressemble à métropole asiatique multiculturelle telle que Hong Kong où il avait été faire des repérages. See You Everyday n’était pourtant pas utilisée au générique de fin du film en version originale japonaise, il s’agissait plutôt de 謡III – Reincarnation mentionné plus haut. Comme je le mentionnais dans un billet récent, le générique final de la version internationale était lui accompagné de One Minute Warning de Passengers (le projet de U2 et Brian Eno). J’ai en tout cas un plaisir immense de redécouvrir soudainement See You Everyday de Fang Ka Wing. Je l’ai tellement écouté il y a trente ans que je l’adore. En le réécoutant maintenant en boucle, je me dis que cette pop enjouée correspond en fait assez bien à l’aspect par moments un peu loufoque du manga original, conservé dans la version animée récente mais totalement absente du film de 1995.

J’ai découvert par hasard à la radio le morceau Hello, my name is… de Tempalay et c’était une excellente surprise. Il s’agit du morceau d’ouverture de leur prochain album ATOMEW qui sortira le 2 Septembre 2026. Le morceau long de six minutes a une approche très expérimentale qui m’a beaucoup surpris même si je ne connais pas très bien le groupe, groupe qui m’a tout de même toujours intéressé notamment par la présence d’AAAMYYY. Je ne savais pas que Tempalay avait ce genre de sons en eux, et je me dis maintenant que j’ai peut être eu tord de ne pas assez m’y intéresser. Ce morceau change complètement la perception que j’ai du groupe et si l’ensemble de l’album suit ce type d’expérimentations musicales extrêmement inspirées, je signerais tout de suite. Bon, l’autre single sorti de l’album, I DON’T WANNA DIE!, est entre guillemets plus classique mais comme il est chanté principalement par AAAMYYY, on y retrouve cette instabilité vocale que j’aime tant. Hitsuji Bungaku (羊文学) sort un nouveau single et c’est toujours une bonne surprise. Keep Walking est sorti le 29 Juillet 2026 et une bonne mise en jambe pour nous préparer au concert qu’on ira voir un peu plus tard cette année. Le morceau est moins abrasif que le précédent Dogs, et je dirais que c’est du pur jus Hitsuji Bungaku, avec des guitares très présentes et la voix de Moeka puissante et tout simplement inimitable. Une autre bonne surprise est de découvrir un nouveau single de Miyuna (みゆな). Il s’intitule Nothing Ever Works Out (なにもうまくいかない) et est sorti le 1er Juillet 2026. Je n’arrive pas trop à suivre le fil de sa carrière musicale car elle ne sort pas beaucoup de nouveaux singles, participe à des concours de chant en Asie (qu’elle gagne), et continue ses tournées dans des petites salles sans pourtant annoncer de nouveaux albums. Nothing Ever Works Out me plaît beaucoup pour sa structure atypique qui se rapproche un peu de son sublime album Guidance (2022). Le nouveau single electro-pop met en valeur sa voix changeante, qui ressemble même à celle d’Utada Hikaru à mi-morceau. Je souhaite vraiment qu’elle sorte un prochain album sur cette lancée.

エスプレッソってすげぇ苦ぇ

Nous avons célébré la fête des mères avec une semaine de retard dans un restaurant de l’hôtel Kitano à Nagatachō. L’endroit m’avait intrigué après être passé plusieurs fois devant. Le restaurant était plutôt calme, ce qui était bienvenu. Au même étage que le restaurant où nous avons déjeuné, se trouve un lounge faisant salon de thé. Il est ouvert sur un étroit patio composé d’un petit jardin de bambous. Depuis le restaurant, on passe devant ce salon de thé pour rejoindre l’ascenseur et l’escalier descendant au rez-de-chaussée. En passant, je vois un homme assis à une table du salon ressemblant étrangement au chanteur Eikichi Yazawa (矢沢永吉), figure mythique du rock japonais. Je pense me tromper car je peine à imaginer qu’il soit tout simplement assis à une table d’un salon de thé, ouvert sur un patio à la vue de tous. Sa gestuelle que j’entrevois pendant les quelques secondes où je passe devant le lounge me fait pourtant dire qu’il lui ressemble beaucoup. Alors que je dois le regarder un peu trop attentivement, il me regarde également pendant une demi-seconde. Je prétends ensuite avoir oublié quelque chose au restaurant pour retourner sur mes pas et repasser une nouvelle fois devant ce lounge. L’homme ressemble vraiment à Ei-chan (永ちゃん) mais je ne suis pas sûr qu’il s’agisse vraiment de lui. Ça me paraît possible après tout car cet hôtel est plutôt tranquille et quasiment désert à cette heure là. Une fois redescendu au rez-de-chaussée, je fais part de cette impression à Mari qui me croit à peine. Pourtant, lorsque nous sortons de l’hôtel pour rejoindre le parking, le voilà maintenant sorti dehors sur le trottoir portant un masque blanc et attendant qu’une voiture vienne le chercher. Mari me confirme qu’il s’agit bien de Eikichi Yazawa. Elle a reconnu ses yeux. Fut une époque où elle appréciait Ei-chan et elle l’a même déjà vu en concert. J’accepte donc sa confirmation. Je ne peux pas dire que je connaisse vraiment la musique de Eikichi Yazawa mais il est tellement connu qu’il est difficile de passer à côté de certains de ses morceaux les plus emblématiques. Il m’arrive parfois de voir des personnalités au hasard des rues mais je pense toujours me tromper et simplement voir une personne ressemblante. Il y a plusieurs semaines, j’ai pensé reconnaître Miyuna (みゆな), que j’ai vu en concert il y a quelques années, dans le grand supermarché CostCo de Kawasaki. Tout en me disant que je devais me tromper, la ressemblance de son visage et de sa coupe de cheveux et sa manière d’être m’avaient interrogé. J’avais vu dans cette personne une certaine aura qu’on explique pas, notamment dans la manière par laquelle elle interagissait avec les quelques personnes qui l’accompagnaient. Je n’en serais cependant jamais certain. Sur le moment, j’avais même regretté de ne pas avoir porté mon t-shirt noir de sa tournée Guidance, ce qui aurait peut-être attiré son regard et conforté mon impression.

Il est de plus en plus difficile de faire la part des choses entre réalité et fiction sur les réseaux sociaux, en particulier sur Instagram et Threads. J’ai l’impression assez désagréable qu’une partie des images qu’on peut y voir sont générées par intelligence artificielle, sans que cela soit annoncé clairement. Je me retrouve ainsi régulièrement à essayer de deviner si la photographie que je vois est réelle ou fictive, et c’est de plus en plus difficile de faire la part des choses. Expérimenter avec la création d’images artificielles m’a fait comprendre la simplicité par laquelle on peut les créer. Je n’ai pas de soucis avec les images artificielles lorsqu’elles sont clairement annotées comme telle. Une des conséquences à cela est que j’ai fini par m’éloigner progressivement des réseaux sociaux, d’une manière assez naturelle d’ailleurs. J’utilise pourtant très souvent les outils AI, notamment ChatGPT, pour assouvir mon besoin de connaissances sur les sujets qui m’intéressent. Il faut pourtant tout prendre avec des pincettes, les erreurs étant encore nombreuses. Il n’est pas rare que je procède à une confirmation sur Google Search ou sur l’AI intégré Gemini. Il n’empêche que j’aurais du mal à me passer de ces outils maintenant. Il m’arrive de temps en temps de créer des photographies artificielles et de les montrer dans des billets que je prends soin d’annoter comme faisant intervenir l’intelligence artificielle. Au delà du visuel, je les utilise comme déclencheur d’inspiration pour mes textes fantaisistes du Tokyo Parallèle. Je ne sais pas encore où ces textes vont m’amener mais j’entrevois depuis quelques temps qu’ils font partie d’un tout. Les liens se forment progressivement entre ces textes, comme un puzzle que j’assemble pièce après pièce. Tout ceci deviendra peut-être un jour un ensemble cohérent que je pourrais articuler dans un livre.

Made in Tokyo vient tout juste d’avoir 23 ans (Yeaaah!). Cela représente 2658 billets publiés et environ 6531 commentaires (en incluant les miens en réponse). Les statistiques de WordPress montrent les billets qui ont été vus chaque jour et certains sont parfois très anciens. Rien qu’en lisant le titre, j’arrive étonnement assez bien à me souvenir des quelques photographies que chaque billet contient. J’aime aussi parfois réouvrir certains billets anciens pour les relire et constater les réactions des visiteurs de l’époque. Je ne pense pas que les visiteurs que j’avais il y a vingt ans, à l’apogée des plateformes blog, me suivent encore maintenant. Certains visiteurs laissaient même un commentaire à chacun de mes billets, puis ont disparu soudainement sans dire au revoir, très certainement attrapés par d’autres priorités dans leurs vies. En relisant certains commentaires de ces anciens billets, il m’arrive régulièrement de me demander ce que ces visiteurs sont devenus. Je regrette que certains d’entre eux aient complètement disparu, avec leur blog parfois. Ce sont des phases, certains prennent le train en route puis descendent à une station. Le train continue sa route inexorablement vers une destination inconnue. Ça fait 23 ans qu’il roule tranquillement mais à un rythme soutenu. N’hésitez pas à prendre quelques minutes pour saluer et discuter avec le conducteur.

Les deux photographies ci-dessus ont été prises dans les jardins de l’ancienne demeure Iwasaki-Tei (旧岩崎邸庭園) du fondateur du groupe financier Mitsubishi, Hisaya Iwasaki. Elle a été conçue par l’architecte anglais Josiah Conder en 1896. Nous l’avions déjà visité une fois en 2004. Il y a 22 ans, on pouvait prendre des photos à l’intérieur, ce qui n’est plus possible maintenant. Je me demande quelle en est la raison. En plus de vingt ans, le paysage autour de la demeure a changé avec de nouveaux immeubles venant perturber la vue. Les deux barres d’immeubles de la deuxième photographie sont plus anciennes et étaient déjà présentes à notre premier passage. Les lignes d’air-conditionnés accrochées aux façades des murs m’interrogent. Que se passe t’il lorsqu’un problème technique nécessite une réparation ou un remplacement.

Je ne sais plus quel détour m’a amené vers l’album Shintai to Uta Dake no Kankei (身体と歌だけの関係) de Hi-Posi (ハイポジ), sorti en 1995. Hi-Posi est un groupe japonais formé en 1988 autour de la chanteuse et compositrice Miho Moribayashi (もりばやしみほ). Il est souvent associé au mouvement Shibuya-kei des années 1990, mais je trouve l’univers du groupe beaucoup plus étrange et personnel que ce que j’imagine du style pop rétro chic du mouvement Shibuya-Kei. Le nom du groupe m’était familier depuis très longtemps. J’ai d’abord pensé avoir entendu parlé de Hi-Posi sur le blog collaboratif néojaponisme fondé par W. David Marx, mais il n’en parle en fait pas malgré l’intérêt poussé de ce blog pour le mouvement Shibuya-Kei. Relire en diagonale quelques billets de ce blog malheureusement inactif depuis de nombreuses années me rappelle toute l’érudition de son auteur et des commentateurs réguliers, que je lisais à l’époque avec un œil attentif. La musique de Hi-Posi sur cet album Shintai to Uta Dake no Kankei mélange différents styles, un peu de techno-pop, des sons tournés vers le trip-hop, du ska… dans une pop minimaliste portée par la voix douce et hypnotique de Miho Moribayashi. Sa voix un peu enfantine et naïve nous amène dans un monde de rêve trouble emprunt de mélancolie. Le morceau titre de l’album fait presque 10 minutes et c’est le chef d’œuvre de cet album qui est souvent considéré comme étant le meilleur de Hi-Posi. J’ai également un faible pour le morceau Ato Nan Nichi (あと何日) qui est sublime de sensibilité. Je pense que ce morceau est une bonne porte d’entrée vers l’album. Le reste est dans le même esprit, hors du temps et de l’espace, dans un mélange improbable entre comptine expérimentale et dream pop japonaise des années 1990.

J’ai été troublé par le film Namibia no Sabaku (ナミビアの砂漠), vu sur Netflix il y a quelques semaines. J’avais en tête de voir ce film depuis son apparition sur la plateforme mais j’attendais d’être dans de bonnes conditions de visionnage. Il s‘agit d’un drame psychologique sorti en 2024, réalisé par Yoko Yamanaka (山中瑶子). On suit la jeune Kana, âgée de 21 ans, dans ses relations sentimentales et dans sa profonde instabilité émotionnelle qui se révèle progressivement. Elle est interprétée par l’actrice Yūmi Kawai (河合優実). Elle est particulièrement marquante dans ce rôle pour son côté extrêmement naturel et imprévisible. Kana est à la fois attachante et drôle, mais en même temps cruelle et inquiétante. Le jeu remarquable de l’actrice est un des grands intérêts du film. Le titre faisant référence au désert de Namibie entend représenter l’état d’être de Kana, un espace brûlant et solitaire. Le film arrive formidablement à nous faire toucher du doigt les sentiments d’instabilité émotionnelle, tout en ne cherchant pas simplifier psychologiquement son héroïne. Le film peut faire penser à un documentaire dans certaines scènes mais garde une approche très stylisée. La justesse du jeu de Yūmi Kawai m’a touché, et j’y ai pensé longtemps après avoir vu le film. Je le garde en mémoire dans la série des films japonais qui m’ont marqué, à un rang proche de films comme Drive My Car de Ryusuke Hamaguchi (濱口竜介), Nobody Knows (誰も知らない) de Hirokazu Kore-Eda (是枝裕和) et All about Lily Chouchou (リリイ・シュシュのすべて) de Shunji Iwai (岩井俊二). En fait, j’avais initialement en tête de voir Namibia no Sabaku car j’avais remarqué Yūmi Kawai dans un drama télévisé intitulé Extremely Inappropriate! (不適切にもほどがある!) que je n’ai pourtant regardé que très distraitement. On y raconte l’histoire d’un homme, interprété par Sadawo Abe (阿部 サダヲ), faisant des aller-retours dans le temps entre 1986 (ère Showa era d’où il vient) et 2024 (ère Reiwa actuelle). Yūmi Kawai y joue sa fille, en lycéenne des années 1980, et beaucoup avaient remarqué sa ressemblance frappante avec Momoe Yamaguchi, au point de la surnommer « Momoe-chan de l’ère Reiwa ». Cette ressemblance m’avait également interpellé, d’autant plus que Momoe Yamaguchi est la seule idole de l’ère Showa que j’apprécie.

Les méandres des internets m’amènent ensuite vers la musique du duo féminin de hip-hop et pop japonais HALCALI avec leur premier album Halcali Bacon sorti en 2003. HALCALI était assez populaire au début des années 2000 avec quelques gros succès comme le single Tandem (タンデム). Ceux et celles qui étaient au Japon à cette époque là le connaissent très certainement. Je le réécoute maintenant avec une certaine nostalgie de cette époque insouciante, mais avec une oreille nouvelle. Pourquoi avoir envie maintenant de réécouter ce groupe? La raison est simple, Miho Moribayashi de Hi-Posi, que j’évoquais ci-dessus, a en fait écrit entièrement un des morceaux de cet album, le dernier intitulé Tsuzuki Mayonaka no Ground (続・真夜中のグランド). Les fils et les aiguilles m’ont donc amené vers le hip-hop de HALCALI, qui m’avait déjà assez plu à l’époque, sans pourtant le découvrir plus en avant. Le groupe HALCALI, originaire de l’arrondissement de Meguro à Tokyo, est composé de Haruka (Halca) et Yukari (Yucali). Le nom du groupe est donc tout simplement une fusion de leurs deux prénoms. Le duo a été remarqué, lors d’un concours de rap féminin au début des années 2000, par le collectif appelé O.T.F composé des membres de RIP SLYME, RYO-Z et DJ FUMIYA. O.T.F, pour Oshare Track Factory (オシャレ・トラック・ファクトリー), a ensuite produit les débuts de HALCALI, notamment la majeure partie de l’album Halcali Bacon. On trouve chez HALCALI et sur cet album, un hip-hop old-school mélangé à une pop très colorée pleine d’humour. Le tout est très spontané, un peu chaotique mais très ludique, avec une pointe d’excentricité bienvenue. Je suis en fait très surpris d’accrocher maintenant à la totalité des morceaux, dont certains comme Giri Giri Surf Rider (ギリギリ・サーフライダー), Ah HALCALI Sensation (嗚呼ハルカリセンセーション) et Otsukare Summer (おつかれSUMMER) sont vraiment excellents. Il faut dire qu’elles maîtrisent extrêmement bien leur flot et les compositions musicales parfois un peu délirantes sont très bonnes, nous ramenant joyeusement au cœur des années 2000.

君が僕の東京になる

Il m’arrive rarement de boire de l’alcool le midi le week-end (et encore moins les jours travaillés) car je ne sais jamais si l’occasion de conduire se présentera dans la journée et la tolérance est à zéro au Japon. Mais l’occasion se présente de temps en temps, comme ici à Kamata près de la station lors d’un festival appelé tout simplement Oishii Michi (おいしい道) avec tables et stands posés sur la rue avec diverses choses à manger et à boire. La météo était idéale pour passer quelques heures assis dehors sans compter les heures en se laissant emporter par une légère ivresse. Du coup, cette légère ivresse me fait voir des choses inattendues comme des camionnettes vendant des nikuman recouverts de filles à la mode manga poussant les esprits faibles à la consommation, ou comme ces étranges personnages colorés se faisant photographier avec une population enjouée. Sont-ils réels ou issus de mon imagination?

Les photographies suivantes sont prises à l’extérieur et intérieur du musée National Art Center Tokyo (NACT) conçu par Kisho Kurokawa et dont la construction a été terminée en Mai 2006. Kisho Kurokawa est mort l’année suivante, en 2007 au mois d’Octobre à l’âge de 73 ans. Je me souviens l’avoir aperçu plusieurs fois marchant lentement et même péniblement dans le couloir du 13ème étage du building Ark Mori à Tameike Sanno, car je travaillais à cette époque au même étage. J’y repense à chaque fois que je viens voir le building du musée NACT. J’étais venu pour voir l’exposition Interface of Being (真空のゆらぎ) de l’artiste Shinji Ohmaki (大巻伸嗣) qui s’y déroule jusqu’au 25 Décembre 2023 et qu’il serait dommage de manquer. Elle m’avait en tout cas beaucoup inspiré dans l’écriture de mon billet sur les fluctuations du vide qui nous entoure. Ce building est pour sûr très inspirant et nous donne plein d’images en tête. Il doit compter dans la liste des architectures les plus remarquables de Tokyo.

La dernière photographie du billet me fait revenir une nouvelle fois dans le parc central de Nishi-Shinjuku où ont été tournées de nombreuses scènes du film Kyrie no Uta (キリエのうた) du réalisateur Shunji Iwai (岩井俊二) dont une des scènes finales. Je garde encore maintenant de très bons souvenirs de ce film, que j’ai très envie de revoir, même si ça sera désormais sur les plateformes de streaming comme Netflix ou Amazon Prime. Je m’assois plusieurs dizaines de minutes à l’endroit où j’ai pris cette photo. Il y a quelques bancs posés dans la verdure depuis lesquels on peut observer au loin les buildings de Nishi-Shinjuku, notamment la très reconnaissable Mode Gakuen Cocoon Tower de Tange Associates.

J’ai mentionné dans un précédent billet qu’il fallait que je trouve un peu de temps pour aller voir l’exposition Revolution 9 du photographe Takashi Homma (ホンマタカシ) se déroulant jusqu’au 24 Janvier 2024 au Musée de la photographie à Yebisu Garden Place. L’exposition occupe plusieurs salles d’un étage du musée mais ne contient pas un nombre très conséquent d’oeuvres. Le prix du billet d’entrée plutôt réduit pour ce genre d’exposition me laissait en effet présager qu’on devait en faire assez vite le tour. Les photographies de Takashi Homma montrées lors de cette exposition sont toutes autant singulières qu’elles sont inspirantes. La plupart des œuvres sont composées de collages de plusieurs photographies prises au même endroit, mais sans soucis directs de faire des raccords parfaits entre les photographies, pour donner l’illusion d’une photographie gigantesque. Les décalages de tons et de couleurs sont souvent marqués entre deux photographies posées les unes à côté des autres. C’est une approche assez radicale de l’expression photographique, qui m’inspire dans le sens où j’aime de temps en temps également triturer mes photographies pour construire une nouvelle réalité. Du photographe, j’ai toujours en tête le photobook Tokyo and my Daughter que je ne possède pas dans ma librairie personnelle mais auquel je pense de temps en temps, car il m’avait inspiré à une certaine époque où je m’essaie d’une manière similaire à mélanger des photos de ville et d’architecture avec celles de mon fils étant tout petit. L’exposition Revolution 9 est très différente et est même déroutante, car de nombreuses photos sont par exemple positionnées en sens inverse. Le titre de cette exposition serait inspirée par la chanson des Beatles Revolution 9 qui est un collage d’une variété de sources sonores. L’association musicale à la photographie me parle beaucoup. En ce sens là, l’approche photographique de Takashi Homma m’attire toujours et m’interpèle. Elle ne cherche pas à atteindre la beauté esthétique. Une des salles de l’exposition a ses murs tapissés de grands pans photographiques que l’on peut observer à travers un système de miroirs. Je me prends moi-même en photo par inadvertance alors que je pensais plutôt saisir les murs photographiques. On pourra au moins remarquer mon t-shirt de Miyuna que j’aime beaucoup porter ces derniers temps. Au premier sous-sol du musée, on pouvait visiter gratuitement une galerie de photographies proposées par la Tokyo Polytechnic University (東京工芸大学). Cette exposition se déroulant jusqu’au 10 Décembre 2023 s’intitule Integrating Technology & Art through Photography. On peut y voir quelques photos connus comme certaines d’Eikoh Hosoe (細江英公) (dont une de Yukio Mishima de la série BA・RA・KEI / Ordeal by Roses). Cette exposition commémorative retrace l’histoire de l’Université polytechnique de Tokyo, dévoilant les origines de l’enseignement de la photographie au Japon et explorant les relations entre l’Université et le monde de la photographie japonaise à travers les époques. On a vite fait le tour de cette exposition mais elle vaut le détour. Les deux dernières photographies de la série ci-dessus proviennent de cette exposition. Je n’ai malheureusement pas eu la présence d’esprit de noter le nom du photographe de la photographie de droite que j’aime pourtant beaucoup. En fait, Google Lens m’apprend après coup qu’il s’agit d’une photographie prise en 1950 par Kiyoji Ohtsuji (大辻清司) de l’artiste Hideko Fukushima (福島秀子). Cette application Google Lens est assez pratique et elle est apparemment régulièrement utilisée par les visiteurs de ce blog sur mes photos.

Musicalement maintenant, quelques nouveaux singles d’artistes que je suis avec une attention certaine et que j’ai déjà maintes fois évoqué sur ce blog. Je parlais de Miyuna un peu plus haut et elle vient justement de sortir un nouveau titre intitulé Oikakete (追いかけて). Il commence assez doucement puis monte progressivement en intensité comme souvent chez Miyuna. J’aime toujours autant sa voix sur laquelle repose beaucoup la qualité de ce nouveau morceau. C’est un peu similaire pour le nouveau single d’AiNA The End intitulé Diana (華奢な心). Elle est très active en ce moment après une tournée rapide à Londres, WACK in the UK, avec d’autres groupes de l’agence Wack (dont ExWHYZ) et la sortie récente de l’album du film Kyrie no Uta (キリエのうた) dont j’ai déjà parlé. Le collage servant de pochette à ce single a été créé par Ohzora Kimishima (君島大空) qui a décidément de nombreuses qualités artistiques. Le morceau d’AiNA est une ballade qui prend son temps mais s’imprègne très progressivement dans notre inconscient. Je n’aime pas toutes ses ballades mais celle-ci me plaît vraiment beaucoup. AiNA l’avait d’abord présenté dans une session live sur YouTube appelée Room Session (冬眠のない部屋). J’aime aussi beaucoup l’esprit rock indé du nouveau single de PEDRO intitulé Shunkashūtō (春夏秋冬) du nouvel album Omomuku mama ni, Inomuku mama ni (赴くままに、胃の向くままに) qui vient de sortir. Le morceau mise beaucoup sur la composition de guitare d’Hisako Tabuchi avec des parties en riff solo très marquantes. On a l’impression qu’Ayuni ne force pas son chant et chante même quand elle a envie car j’ai toujours l’impression qu’elle manque une partie des paroles d’un couplet à un moment du morceau. J’aime beaucoup ce genre de moments d’interrogation. Comme je le dis à chaque fois, il faut être réceptif à sa voix et à sa manière de chanter. Dans les voix particulières, il y a aussi celle d’a子 qui sort un nouveau single très immédiat et accrocheur intitulé Racy. Le morceau est excellent et rentrera facilement dans la liste de ses meilleurs morceaux. Je me dis parfois qu’il suffirait qu’un de ses morceaux soit utilisé comme thème d’un anime ou drama à succès pour que sa carrière décolle et devienne mainstream. Ce single sera présent sur un nouvel EP intitulé Steal your heart qui sortira le 6 Décembre 2023. Il y a beaucoup de sorties d’albums qui m’intéressent en cette fin d’année car Hitsuji Bungaku sort également son nouvel album 12 hugs (like butterflies) le 6 Décembre. Vaundy a sorti son double album Replica il y a quelques semaines, et vient de passer pour la première fois à Music Station, ce qui parait incroyable. King Gnu vient aussi de sortir son nouvel album The great Unknown cette semaine avec un excellent teaser. Bref, beaucoup d’idée de cadeaux pour Noël, sachant que je ne me suis pas encore procuré le Blu-ray du dernier concert (椎名林檎と彼奴等と知る諸⾏無常) de Sheena Ringo, celui que j’avais été voir cette année. Je suis un peu moins pressé car je l’ai en fait déjà vu et enregistré sur WOWOW.

Dans le billet précédent, je mentionnais que Moeka Shiotsuka (塩塚モエカ) de Hitsuji Bungaku avait inscrit un morceau du groupe rock indé americain Pavement dans la playlist de l’émission radio de Seji Kameda sur J-Wave dont elle était l’invité. Cela m’a donné l’envie irrésistible de revenir vers la musique du groupe, surtout que le morceau que Moeka mentionnait, Date with IKEA, est sur l’album Brighten the Corners de 1997 que je n’avais en fait jamais écouté en intégralité. J’écoute également l’album Wowee Zowee de 1995 qui est plus désorganisé mais qui doit être un de mes préférés du groupe. Deux excellents albums que j’aurais dû écouter il y a 25 ans à l’époque où je n’écoutais presque que ce style de rock alternatif américain. La manière de chanter de Stephen Malkmus est accidentée et n’a rien de conventionnel. Elle a ce petit quelque chose de naturel qui nous donne l’impression qu’il nous parle de son quotidien. Certains morceaux me rappellent un peu musicalement les premiers albums de Beck, notamment Mellow Gold et Odelay sortis à peu près à cette même époque. On y trouve un même bouillon créatif rock qui déborde d’idée mais reste très brut dans son approche. Les morceaux Stereo sur Brighten the Corners et Rattled by the Rush sur Wowee Zowee sont des bons points d’entrée. On peut ensuite se diriger vers des morceaux comme Fight This Generation ou Grounded et se plonger ensuite d’une manière nonchalante dans le discographie complète du groupe.

inside the doughnuts hole

J’aime beaucoup la densité urbaine qui se dégage de la première photo prise à une des extrémités d’Harajuku. La topographie et l’urbanisme non-homogène de Tokyo permettent ce type de vues. Je suis ici debout sur la passerelle piétonne traversant l’avenue Meiji avant qu’elle ne remonte en direction de Shinjuku. J’emprunte souvent cette avenue à pieds ou à vélo. Avant d’arriver à ce point là, je passe très souvent par une route longeant les anciens appartements de Kita Aoyama en attente de destruction. Les bornes jaunes usées bloquant la route aux voitures proviennent de cet endroit avant que cette route ne vienne s’enfoncer dans la suractivité piétonne d’Omotesando, et d’Harajuku ensuite. Un des stickers collé sur une des bornes me rappelle le personnage Homer Simpson, grand amateur de donuts, mais en version défigurée.

Je viens de terminer le visionnage des dix épisodes de 54 mins du drama télévisé de la chaîne TBS Quartet (カルテット). Il ne s’agit pas d’une série récente car elle a été diffusée en 2017, mais elle est apparue soudainement dans ma liste de recommandations sur Netflix et je me suis laissé tenter. J’avais tout de même un intérêt préalable car Sheena Ringo en a écrit et composé le thème musical final intitulé Otona no Okite (おとなの掟), interprété au chant dans le drama par un quartet appelé Doughnuts Hole. Pour l’interpretation musicale, on retrouve sur ce morceau des habitués comme Masayuki Hiizumi (ヒイズミマサユ機 aka HZM) au piano, et Neko Saito (斎藤ネコ) au violon et aux commandes du véritable quartet. Sheena Ringo reprendra plus tard ce morceau sur la compilation Reimport 2 avec le titre The Adult Code. J’ai compris après avoir fini la série la raison de cette mise en avant sur Netflix. Le scénario a été écrit par Yūji Sakamoto (坂元裕二) qui a été récompensé récemment au festival de Cannes pour le meilleur scénario pour le film Monster (怪物) d’Hirokazu Kore-eda (是枝 裕和). On a donc beaucoup entendu parler du film et de ce scénariste au mois de Mai 2023. Je n’ai pas encore vu le film Monster, mais j’aime beaucoup Kore-eda pour avoir voir plusieurs de ses films (Nobody Knows avait été un choc pour moi) et j’ai donc très envie de le voir. Un des grands intérêts du drama Quartet vient des actrices et acteurs qui le composent. Takako Matsu (松たか子) joue le rôle central avec Hikari Mitsushima (満島ひかり), Ryuhei Matsuda (松田龍平) et Issei Takahashi (高橋一生). A eux quatre, ils forment le quartet de musiciens, annoncé dans le titre, réunis d’une manière plus ou moins fortuite dans une maison secondaire à Karuizawa. S’éloignant d’une vie normale, ils se réunissent et vivent dans cette villa pour se consacrer ensemble à la musique, mais leurs vies passées finissent par les rattraper. Il y a beaucoup de rebondissements et d’humour discret dans cette série, mais ce que j’apprécie particulièrement, c’est la subtile lenteur que confère ces lieux dans les montagnes, parfois enneigées, de Karuizawa. Ça donnerait envie d’y vivre, surtout dans une villa comme celle où le quatuor s’est installé. Chaque personnage a ses petites manies et particularités un peu décalées. Le personnage de Suzume joué par Hikari Mitsushima a par exemple une fâcheuse tendance à s’endormir dans des endroits improbables. Iemori joué par Issei Takahashi a pour défaut, ou qualité, de reprendre les gens lorsqu’ils ne font pas les choses correctement ou qu’ils ne suivent pas les bonnes manières, ce qui lance souvent des conversations particulièrement amusantes, poussant même parfois à une réflexion personnelle. Le scénario est bien monté quand on voit ce genre de scènes et anecdotes se reboucher plus tard dans la suite de l’histoire.

J’aime aussi beaucoup le personnage secondaire Alice joué par Riho Yoshioka (吉岡里帆), car elle très manipulatrice malgré son visage d’ange et finit toujours par arriver à ses fins. Une surprise est de voir le chanteur de Hip-hop Mummy-D du groupe Rhymester (ライムスター) joué un petit rôle dans la série. Mummy-D a participé à certains morceaux de Sheena Ringo notamment à la période de Sanmon Gossip. On sait également que Riho Yoshioka est fan de Sheena Ringo, ce qui m’a également interpellé. Mais ce n’est pas tout car le détail suivant est un peu plus ’maniaque’. Dans le dernier épisode du drama, le personnage de Maki joué par Takako Matsu se voit séparée du quatuor de Karuizawa suite à un des nombreux rebondissements de l’histoire. On la voit habiter seule dans une zone d’appartements de type HLM. Je reconnais tout de suite cet endroit car j’y suis allé récemment, le jour du concert de Sheena Ringo. Les scènes du drama ont été tournées dans le complexe d’appartements Hamune (はむね団地) situé entre la station Kokuryō (国領), près de Chōfu (la page Wikipedia du drama n’a même pas cette information). Ces mêmes lieux étaient utilisés dans la version alternative de la vidéo de Koko de kiss shite (ここでキスして。) qui est présente sur le DVD Seiteki Healing Sono Ichi (性的ヒーリング~其ノ壱~). Je ne sais pas s’il s’agit d’une pure coïncidence ou si c’est volontaire, mais je serais vraiment curieux de le savoir. Il faudrait que je note toutes ces questions au cas où je croiserais par hasard Sheena Ringo au détour d’une rue de Tokyo (ce qui est certes très improbable). Ce genre de lien m’intéresse en tout cas beaucoup.

Dans la série, l’acteur jouant le mari de Maki (le personnage de Takako Matsu) m’était familier sans que j’arrive à lui donner un nom. Il s’agit de Kankurō Kudō (宮藤官九郎) qui, en plus d’être acteur, est scénariste et réalisateur. On lui doit notamment le film Shōnen Merikensakku (少年メリケンサック) avec Aoi Miyazaki, sur la réformation d’un groupe punk rock. J’avais vu ce film il y a quelques années en Janvier 2018. Je me rends compte maintenant que Mukai Shūtoku (向井秀徳) de Number Girl était en charge de la musique de ce film, Kankurō Kudō étant un de ses grands fans. Kankurō Kudō a écrit le scénario du film Ping Pong (ピンポン) qui est pour moi plus anecdotique mais qui avait le mérite de contenir quelques morceaux de Supercar dans sa bande originale, notamment l’excellent Strobolights. Il est également le scénariste de la série du matin (Asadora) de la NHK, Amachan (あまちゃん) qui a eu un très grand succès lors de sa diffusion en 2013. Une autre surprise de cette série Quartet est de voir la compositrice et interprète Seiko Ōmori (大森靖子) jouer un petit rôle secondaire dans le sixième épisode, devant notamment le petit cinéma Image Forum (シアター・イメージフォーラム) à Shibuya. Je me dis que c’est une bonne chose d’écrire sur ce blog à propos des films et séries que j’ai vu, car j’aurais du mal à me souvenir de tous ces détails parfois anecdotiques, mais qui sont pourtant pour moi très importants. Je me rends compte que je n’ai jamais parlé du film Drive My Car (ドライブ・マイ・カー) du réalisateur Ryūsuke Hamaguchi (濱口竜介), que j’ai vu il y a plusieurs mois déjà et que j’ai trouvé superbe. C’est peut-être parce que le film a déjà été encensé par la critique que j’éprouve moins d’intérêt d’en parler. Le film prend son temps et touche à des sentiments profonds. On ne peut que remercier un réalisateur de créer des films tels que celui-ci.

Les deux photographies ci-dessus ont été prises dans les environs de la station de Shinagawa. Le passage à niveaux sur la première photo attire les photographes car les trains le traversent lentement après une grande courbe. Un peu plus loin, des bateaux de yakatabune sont stationnés dans un canal en attendant le soir. Ils partiront avec des convives une fois la nuit tombée vers la baie de Tokyo pour remonter la rivière Sumida. Ce jour là, j’étais parti voir une exposition dans les galeries d’art présentes dans les anciens entrepôts Terrada. Le texte partiellement fictif « conteneurs » que j’ai écrit dans le billet précédent m’avait rappelé qu’une exposition intéressante était en cours en ce moment. J’en parlerais certainement avec des photos dans un prochain billet.

Miyuna (みゆな) donnait un mini-concert acoustique gratuit le Vendredi 7 Juillet 2023 à partir de 19h dans le parc Kitaya de Shibuya récemment réaménagé. Cet espace du parc est apparemment spécialement adapté pour ce genre de spectacles car le terrain est en pente et comprend des petits murets et des marches permettant aux spectateurs de s’asseoir. Le public s’assoyait en fait un peu où il voulait et j’étais personnellement resté debout appuyé à la rampe des marches. Je suis arrivé sur place alors qu’elle avait déjà commencé à chanter, mais je n’ai dû manquer que quelques minutes. C’était un moment très agréable à écouter Miyuna en plein air dans un espace entouré de verdure. Elle n’a joué que quelques morceaux demandés par le public, et seulement ceux se prêtant à l’acoustique. Elle a beaucoup parlé au public entre deux morceaux, pour notamment rappeler son prochain concert le 21 Juillet dans la salle WWWX de Shibuya. Je ne pourrais malheureusement pas la voir cette fois-ci dans cette salle, mais je le rattraperait très certainement lors de la tournée de son prochain album quand il sortira. On sent qu’elle aime et a envie de s’adresser au public et j’aime beaucoup l’écouter car elle reste très naturelle et pleine d’humour. On pouvait prendre des photos et des vidéos. J’en montre une sur mon compte Threads, mais je ne souhaitais pas passer mon temps à regarder mon smartphone. J’ai préféré apprécier le moment.

call me metallic distortion

Ces photographies datent désormais d’il y a plus d’un mois car les carpes koi flottant dans les airs sur le pont de Nihonbashi nous ramènent à la Golden Week à la toute fin du mois d’Avril. Nous sommes désormais au mois de Juin et la saison des pluies a officiellement commencé, comme l’atteste très bien le Dimanche matin pendant lequel j’écris ces quelques lignes. Je passe plus régulièrement par Ginza ces derniers mois ce qui se reflète dans mes photographies, car j’ai eu la bonne idée d’aller ces derniers mois chez un coiffeur situé un peu plus loin, à Kyōbashi. Cela me donne l’occasion d’explorer un peu plus les quartiers autour, mais la réalité est que je marche la plupart du temps vers Ginza, attiré par les éventuelles photographies d’architecture que je pourrais y prendre. On peut y admirer les façades de certains bâtiments tentant de se faire remarquer parmi la multitude de buildings similaires composant les rues du quartier. La deuxième photographie montre une partie de la façade du building commercial Kira Rito Ginza (キラリト銀座), conçu par Jun Mitsui & Associates et construit en 2014. Il se trouve à l’entrée de Ginza lorsque l’on vient de Kyōbashi. Ces formes se remarquent de loin mais je pense que c’est la première fois que je prends ce bâtiment en photo. Je trouve la façade du building de la quatrième photographie vraiment magnifique. Il s’agit de Dear Ginza, conçu par Yoshihiro Amano de Amano Design Office et construit en 2013 dans une petite rue parallèle aux grandes artères de Ginza. Les formes irrégulières ont été déterminées par un algorithme informatique, le but étant d’attirer l’oeil du passant qui n’emprunte pas forcément les rues plus étroites du quartier. Personnellement, je me laisse attirer comme une abeille vers un bouquet de fleurs, métalliques en l’occurence. Sur la dernière photographie, je reviens en photo sur l’élégant design du magasin Louis Vuitton Matsuya Ginza par l’architecte Jun Aoki.

Musicalement parlant, je retrouve pour mon plus grand plaisir des voix connues qui viennent sortir des nouveaux singles. Alors que BiSH n’en finit plus de s’éteindre, AiNA The End (アイナ・ジ・エンド) continue tranquillement sa carrière solo en sortant ses morceaux au compte-goutte. Je me souviens d’une interview croisée d’AiNA avec Ikkyu Nakajima où elle demandait à Ikkyu comment elle parvenait à créer autant de morceaux aussi rapidement, ce qui n’était pas son cas. Si je ne me trompe, c’est vrai qu’on n’a pas pu écouter de nouveaux morceaux d’AiNA The End depuis quelques temps, peut-être parce qu’elle se consacrait à la dernière ligne droite de BiSH avant la séparation définitive à la fin du mois. Mais je veux bien attendre pour des morceaux comme ce Red:birthmark sorti le 10 Avril 2023. On retrouve l’atmosphère dense et la voix émotionnelle d’AiNA. Le morceau a été entièrement écrit et composé par TK de Rin Toshite Shigure (凛として時雨). Une fois qu’on le sait, c’est vrai que certains passages font clairement penser au style et à la voix de TK. L’autre satisfaction de ce morceau est de voir Aoi Yamada (アオイヤマダ) accompagnée AiNA sur la vidéo. Il y a une sorte de symbiose entre les deux. On la voit souvent en arrière plan derrière AiNA mais sa présence égale à mon avis celle d’AiNA. J’avais déjà évoqué Aoi Yamada car je la suis depuis un moment sur Instagram et j’avais beaucoup aimé la vidéo publicitaire pour Gucci avec Hikari Mitsushima (満島ひかり) dans laquelle elle jouait. Il semble qu’elle ait le vent en poupe en ce moment car on l’a aussi vu récemment au festival de Cannes accompagnant l’acteur primé Kōji Yakusho (役所広司) et le réalisateur Wim Wenders pour son film Perfect Days.

Et puisqu’on parle de cinéma, AiNA jouera son premier rôle à l’écran dans le film Kyrie no Uta (キリエのうた) du réalisateur Shunji Iwai (岩井俊二) qui sortira le 13 Octobre 2023. Elle jouera le rôle principal aux côtés de Haru Kuroki (黒木華), Hokuto Matsumura (du groupe SixTONES) et Suzu Hirose (広瀬すず). On ne sait que peu de choses sur le film car la bande-annonce ne divulgue pratiquement rien. On sait par contre qu’elle jouera le rôle d’une musicienne de rue et elle écrira également les morceaux du film. j’ai déjà évoqué sur ces pages le réalisateur Shunji Iwai pour son film All about Lily Chou-Chou avec Salyu au chant pour la bande originale. En réécoutant maintenant Arabesque, le morceau principal du film semblant avoir émergé d’un autre monde, je me dis qu’il faut que je revois ce film car je ne m’en suis pas totalement libéré. Shunji Iwai aime faire jouer les chanteuses et musiciennes. Je me souviens également du film intitulé A Bride for Rip Van Winkle (リップヴァンウィンクルの花嫁) dans lequel jouait la compositrice et interprète Cocco (こっこ), ainsi que l’actrice Haru Kuroki qu’on retrouvera dans Kyrie no Uta. Je suis sûr que Shunji Iwai arrivera à faire ressortir toute la densité et la tension dramatique d’AiNA, celle que l’on trouve déjà dans sa musique.

J’écoute aussi beaucoup le nouveau single de Miyuna (みゆな) intitulé tout simplement Waratte (笑って). Il est sorti il y a quelques jours, le 6 Juin 2023. Elle l’interprète avec le groupe qui l’avait accompagné lors de la tournée suivant la sortie de son premier album Guidance. Le format rock du morceau est plutôt classique mais Miyuna y met comme d’habitude toute sa conviction et ses nuances vocales. Parfois dans certains tons de paroles dans les couplets et même dans le solo de guitare non-standard, j’ai l’impression que ça pourrait être un morceau de Tokyo Jihen. Pour être plus précis et si j’allais un peu trop loin, je penserais même à un morceau de Seiji Kameda (comment ça, Tokyo Jihen me manque?). En fait, je pense être influencé par le fait que Miyuna a récemment participé au festival musical de Hibiya, organisé par Seiji Kameda. Je me suis rendu compte beaucoup trop tard du programme et nous étions déjà partis en vadrouille à Chiba. Je pense de toute façon qu’on ne pouvait pas voir grand chose sans billet. J’aurais vraiment aimé voir la prestation de Miyuna perchée sur la terrasse à mi-niveau de Hibiya Mid-Town. Elle montre un petit extrait sur son compte Twitter. Le public est assis sur l’herbe et la vue dégagée est superbe. Difficile de se rendre compte de l’acoustique de l’endroit mais une scène pareille est assez fantastique. Miyuna y jouait son nouveau single mais avait apparemment oublié certaines paroles, sous le coup de l’émotion, j’imagine. Elle est assez imprévisible comme d’habitude. Quant à la photographie utilisée pour la couverture du single, elle a été prise par Mana Hiraki (平木希奈) que je mentionnais dans un précédent billet. Je me répète mais j’aime beaucoup cette ambiance un peu floue, proche du rêve. Je trouve que la photographie a également quelque chose d’organique et d’aquatique. A ce propos, suite au tweet lié à ce précédent billet, la photographe m’a répondu sur Twitter (en français) en étant désolée du fait que je n’ai pas pu assister à son exposition, ce qui est une très sympathique attention. Sur une de ses stories sur Instagram, elle fait également référence à mon billet avec une capture d’écran en indiquant qu’elle était contente qu’on parle d’elle en même temps qu’une artiste qu’elle aime (en parlant de Sheena Ringo sans l’écrire directement mais en montrant la partie de mon billet la montrant en photo). Je ne m’étais donc pas trompé. J’aimerais vraiment voir Mana Hiraki prendre Sheena Ringo en photo tout en conservant son univers visuel. Dommage que Ringohan n’ait pas lancé d’enquête récemment car j’y aurais volontiers mentionné son nom.