se perdre dans un rouge profond

Il me reste encore quelques photographies de l’année dernière à montrer sur ce blog. Celles ci-dessus ont été prises en fin de journée au grand sanctuaire de Kanda, communément appelé Kanda Myōjin, dans les derniers jours du mois de Décembre. La lumière de fin de journée venait accentuer les couleurs rouges vermillon de la grande et magnifique porte Zuishin-Mon, construite en cyprès. La richesse de l’endroit tape tout de suite à l’oeil. Il s’en dégage une certaine ‘puissance’ que j’aurais du mal à expliquer mais que j’ai ressenti. Peut-être est-ce la richesse de l’architecture, notamment des toitures et de la porte principale, qui me donne ce sentiment. Kanda Myōjin fait d’ailleurs partie des Tokyo Jissha (東京十社), les 10 sanctuaires de Tokyo sélectionnés par l’Empereur Meiji, dans différents lieux de Tokyo, pour apporter prospérité à la ville. Nous avons déjà visité plusieurs sanctuaires de cette sélection, comme celui de Nezu, celui de Hikawa à Akasaka, ou encore celui de Hie, de Shinagawa ou encore de Kameido. Il faudra qu’on les visite tous pour compléter notre collection de goshuin. C’était la première fois que je venais à Kanda Myōjin, mais je suis pourtant passé plusieurs fois à quelques rues de son entrée sans avoir eu l’idée de m’y rendre. Le portique torii se trouve sur la pente Shin-Tsumakoi-zaka (新妻恋坂) dans le prolongement de la rue Kuramae-dori. Le nom de cette pente parlant d’amour d’une femme m’intrigue beaucoup. Juste à côté de ce torii, un vieil établissement s’appelant Amanoya et datant de l’époque Edo prépare et vend du amazake. Je n’ai pas résisté à l’envie de commander un verre. J’aime beaucoup prendre le temps de boire un verre d’amazake chaud, dehors dans la rue ou devant un sanctuaire, lorsqu’il fait froid. J’ai le sentiment que ce moment, bien que court, me donne assez de temps pour observer les choses autour de moi, de m’y attarder un peu plus, plutôt qu’être toujours en mouvement. Je rêve parfois de pouvoir rêver un peu plus.

Tokyo Jihen nous fait la surprise de sortir un nouveau morceau intitulé Whiteout (闇なる白) le 23 Janvier 2021. Après les deux morceaux sortis au mois de Novembre 2020, Blue ID (青のID) et Veil of Life (命の帳), le groupe est en pleine activité pour notre plus grand plaisir. En annonçant ce nouveau single, Tokyo Jihen en profite pour nous rappeler que leur prochain album original est en cours de production, mais sans donner de date de sortie. Whiteout est un morceau composé par Izawa Ichiyō, qui est particulièrement actif depuis la réformation car il a également écrit Veil of Life (命の帳) et Aka no Dōmei (赤の同盟), entre autres. Izawa a un talent certain pour construire des morceaux atypiques et je trouve que tout ce que Tokyo Jihen a sorti depuis Aka no Dōmei (赤の同盟) en Aout 2020 suit cette même veine musicale. J’ai souvent envie de parler de Tokyo Jihen ces derniers mois, notamment car je suis épaté par leurs nouvelles compositions qui sortent des formats classiques. C’est le cas de Whiteout qui est musicalement superbe. Il est chanté à plusieurs voix (Sheena, Ukigumo et Izawa) mais seule celle de Sheena a un léger effet vocoder, un peu comme sur le morceau Nagaku Mijikai Matsuri, mais en moins prononcé. Certaines personnes sautent au plafond à la première utilisation d’un vocoder mais ce n’est pas mon cas. Je ne saute pas non plus au plafond quand Sheena chante à travers un mégaphone qui triture complètement sa voix. Toujours est il que la variation de tonalités du chant de Sheena est toujours pour moi un point d’interêt majeur. Le morceau n’a pas vraiment l’allure d’un single qui passerait à la radio, peut être parce qu’il est un peu court à 3 minutes. Je l’imaginerais bien en premier titre du futur album. Je dis peut être cela car la partie instrumentale électronique au 2/3 du morceau était déjà présente dans le teaser 東京事変2020+X et ressemble donc à une annonce pour le prochain album. Veil of Life (命の帳) reste le morceau que je préfère depuis leur réformation mais j’aime aussi énormément ce dernier morceau, ce qui laisse présager de bonne choses pour le nouvel album. Je pense qu’il sera moins conventionnel que le EP News de début 2020.

J’arrive assez bien jusqu’à maintenant à alterner les concerts de Sheena Ringo avec ceux de Tokyo Jihen. Après la revue de Just Can’t Help It de Tokyo Jihen, je reviens donc naturellement vers un concert solo de Sheena Ringo, même si Tokyo Jihen n’est pas très loin. Je regarde cette fois-ci le DVD de Dai Ikkai Ringohan Taikai no Moyō (第一回林檎班大会の模様), sorti le 21 Février 2007. Comme pour Electric Mole, je l’ai acheté sur Mercari à un particulier vivant à Fukuoka. Il s’agit d’une captation vidéo de deux séries de concerts sous le nom Dai Ikkai Ringohan Taikai Adult Only (第一回林檎班大会 アダルト・オンリー) qui se sont déroulés les 12 et 13 Décembre 2005 au Garden Hall de Yebisu Garden Place à Ebisu, ainsi que les 20 et 21 Décembre 2005 dans la salle Daikanyama Unit. Les ambiances de ces deux salles étant très différentes, plutôt formelle pour le Garden Hall à Ebisu et underground pour Daikanyama Unit, les concerts qui y sont joués ont donc également des styles très différents. Comme le nom l’indique, il s’agissait de concerts réservés uniquement aux membres du fan club Ringohan (林檎班) et le public dans chacune des salles était donc limité, 1500 personnes au Garden Hall et 500 personnes au Daikanyama Unit.

Dai Ikkai Ringohan Taikai no Moyō est assez particulier car Sheena évolue déjà au sein de Tokyo Jihen à cette époque, mais plus dans sa première phase Dai-Ikki (第一期) car Hiizumi et Hirama sont déjà partis. En fait il s’agit du premier concert de Tokyo Jihen en deuxième phase Dai-Niki (第二期), car Izawa et Ukigumo ont intégré le groupe en Septembre 2005 et ces quatre dates de concerts se déroulent deux mois après en Décembre 2005. Chronologiquement parlant, Dai Ikkai Ringohan Taikai no Moyō se déroule après Dynamite Out (2005) et avant Domestic! Virgin Line et Just Can’t Help It (2006). C’est aussi le premier concert en solo de Sheena Ringo depuis Electric Mole en 2003. Ce n’est par contre pas la première fois que Sheena se produit sur scène avec une orchestration de Neko Saito, car il était déjà présent sur Baishō Ecstasy (2003). En y pensant maintenant, ce concert laissait déjà présager l’album orchestral Heisei Fūzoku (平成風俗) qui sortira deux mois après le DVD, en Avril 2007. Les morceaux joués lors de ces concerts sont donc un mélange de titres de sa carrière solo et d’autres de Tokyo Jihen, mais aussi des reprises dont certaines sont présentes sur Utaite Myōri.

Le DVD ne montre en fait que des parties des deux séries de concerts. Les deux concerts au Garden Hall les 12 et 13 Décembre 2005 se composaient de deux parties distinctes. La première partie faisait intervenir Tokyo Jihen pour 7 morceaux de leurs deux premiers albums tandis que la deuxième partie était consacrée à Sheena Ringo en solo mais accompagnée sur 10 morceaux par Neko Saito et par un orchestre de 27 personnes pour 10 instruments classiques. Seule cette deuxième partie de Sheena Ringo solo est montrée en intégralité sur le DVD Dai Ikkai Ringohan Taikai no Moyō. Pour les dates du 20 et 21 Décembre 2005, le concert était également divisé en deux parties indépendantes. La première partie voyait Sheena Ringo collaborer sur scène avec le chanteur folk Hasegawa Kiyoshi (長谷川きよし) pour 8 morceaux, tandis que Tokyo Jihen interprétait la deuxième partie avec une série similaire à celle jouée lors des dates au Garden Hall de Yebisu Garden Place. Seule la première partie avec Sheena et Hasegawa Kiyoshi est montrée sur le DVD. En fait, toutes les séquences avec Tokyo Jihen ont été exclues du DVD sauf un morceau en rappel sur les dates au Daikanyama Unit. Je n’aime en général pas trop quand les concerts sont découpés, mais c’est beaucoup moins gênant de le cas de Dai Ikkai Ringohan Taikai no Moyō car il s’agissait de parties très distinctes qui ont été enlevées, plutôt que des morceaux au milieu du concert. Mais j’aurais quand même été très intéressé de voir comment Tokyo Jihen interprète les mêmes morceaux dans des ambiances très différentes, entre le classicisme du Garden Hall et l’aspect très rock underground du Daikanyama Unit. Dans son ensemble, Dai Ikkai Ringohan Taikai no Moyō donne une atmosphère intimiste dans l’esprit des concerts Baishō Ecstasy deux années auparavant en 2003 et Tōtaikai beaucoup plus tard en 2013.

Un peu comme sur Baishō Ecstasy d’ailleurs, le concert commence par Kareha, une reprise des Feuilles Mortes de Jacques Prévert, chantée en français par Sheena et accompagnée par le seul violon de Neko Saito. La scène se passe d’abord dans le noir presque complet. Neko en premier puis Sheena ensuite arrivent tranquillement en marchant vers le milieu de la scène entourés de halos de lumière. Le morceau n’est pas interprété en entier car l’orchestre au complet se met soudainement en mouvement pour le morceau qui suit, Kabukichō no Joō. Sheena regarde droit devant elle, sans sourire et avec un air extrêmement décidé. J’aime beaucoup ce regard sans compromis qu’elle nous montre souvent pendant ce concert. Elle est d’abord habillée d’un manteau noir qu’elle va ensuite enlever d’un mouvement brusque pour laisser apparaitre une robe de couleur rosée qu’elle gardera pendant tout le reste du concert. On peut même noter un certain air de satisfaction sur son visage après ce changement de vêtements. Ces changements brusques de tenues de scène sont même devenus une marque de fabrique de ses concerts. Orchestration étendue oblige, il y a plusieurs morceaux de KSK présents sur cette première partie de concert notamment Ishiki, STEM puis Meisai en final dans les rappels. Ces versions sont très réussies même si je ne suis pas certain que ce soient les meilleures versions que j’ai pu entendre de ces morceaux. Disons qu’il n’y a pas vraiment de spécificités, musicalement ou visuellement, dans les versions de ce concert par rapport aux autres concerts que j’ai pu voir jusqu’à maintenant. Le décor est très sobre sans écrans et sans effets d’éclairage très évolués. Ma première impression était de penser que ce concert n’était pas indispensable dans la discographie vidéo de Sheena Ringo, mais l’ambiance très intimiste du lieu rend en fait ce type de concert très attachant. Comme il s’agit d’un concert uniquement réservé au fan club Ringohan, je pensais qu’il serait plus détendu et moins formel, mais Sheena se donne à fond en toutes situations. Le final de STEM se révèle d’ailleurs être plein d’émotion, dans sa voix aux bords des pleurs. L’ambiance change ensuite très vite avec Dynamite où Sheena prend un air plus enjoué, appréciant la formation orchestrale qui l’accompagne. Le concert passe son temps à alterner les ambiances, plus émotionnelles ou plus enjouées. Elle annonce ensuite le nom de l’orchestre avec un certain formalisme. Comme on le sait très bien, chaque formation musicale qui l’accompagne prend un nom spécifique en fonction des concerts ou des séances d’enregistrement studio et cette formation là, annoncée par Neko Saito, s’appelle Matatabi Orchestra. Suit ensuite le morceau La Salle de Bain qui est la version orchestrale et en anglais de Yokushitsu de l’album Shōso Strip et que l’on trouve sur le EP Ringo no Uta. Cette version orchestrale est celle que je préfère, surtout pour l’intensité vocale qu’elle y met lors de ce concert. J’aime aussi beaucoup la version de Tōtaikai pour les percussions de Midorin, mais je préfère en fait cette version pour son intensité en milieu de morceau. Le morceau suivant Papaya Mango est présent sur l’album Heisei Fūzoku qui sortira plus tard, et c’est le seul morceau que je n’aime pas beaucoup de cet album. La version live passe mieux mais n’arrive tout de même pas à vraiment me convaincre, même si on apprécie le fait qu’elle chante en français au début. A noter que c’est quand même la deuxième fois qu’elle chante en français pendant ce concert. Le fait qu’elle nous fasse un petit sourire innocent à la fin du morceau en guise de remerciement vaut quand même le détour. Yume no Ato est tout de suite beaucoup plus poignant. Elle se cramponne sur son micro, son visage se tend et elle perd un peu le contrôle de ses mouvements. Ce sont les moments que je préfère dans les concerts de Sheena Ringo, quand elle semble être emportée par le morceau qu’elle interprète. En voyant son visage par moments sur ce morceau en particulier, elle me rappelle un peu Jun Togawa quand elle est également prise par l’intensité de son interprétation. Sheena annonce ensuite qu’il s’agit déjà du dernier morceau. Une personne dans le public crie “Yada” d’une voix assez forte, ce qui la gène visiblement un peu car elle n’est en général pas à l’aise sur ce genre de réaction. Comme elle a toujours un grand souci de satisfaire son public, je pense qu’elle n’aime pas beaucoup ce genre de commentaires qu’elle doit prendre au premier degré. Elle répond aimablement qu’il faudra dire cela à la fin du concert, tout en enchainant sans attendre. Sid to Hakuchumu est censé être le dernier morceau mais elle revient quand même rapidement pour les rappels avec le morceau Meisai de KSK. Elle fait un petit mouvement de ballet avant de démarrer Meisai, mouvement qu’elle n’a jamais fait en concert jusqu’à maintenant, à ma connaissance du moins. Elle fait aussi beaucoup de mouvements d’inclinaison pour remercier le public et va même jusqu’à toucher le sol lors de ce concert. L’interprétation de Meisai est très belle, fonctionnant en duo avec Sheena à la voix et Neko prenant le devant de la scène au violon. Cette interprétation est également très intense. Sheena part avant la fin laissant l’orchestre et Neko partir en improvisation. Les membres de l’orchestre partent les uns après les autres sauf les percussions, le pianiste et le bassiste, laissant Neko s’engager dans un chaos musical au violon du plus bel effet.

On change complètement d’ambiance sur la deuxième partie du DVD, car on se déplace dans la salle de concert Unit à Daikanyama. Cette deuxième partie est musicalement beaucoup moins dense car Sheena est seule au piano pour interpréter d’abord Kōfukuron. Il s’agit bien sûr de la version initiale de ce morceau, celle qu’on trouvait sur son premier single, plutôt que la version chaotique de Muzai Moratorium. On se concentre sur sa voix d’autant plus que l’ambiance est très sombre dans la salle. On ne voit qu’elle sur la scène et il n’y a rien pour nous distraire ou nous extraire de cette voix. La version de Gibs ensuite est très réussie, mais je ne peux m’empêcher de penser que ce morceau n’est pas dans ses morceaux préférés sur Shōso Strip. J’aurais aimé qu’elle interprète pendant ce type de concert intimiste, un morceau comme Onaji Yoru de Muzai Muratorium, qui est le morceau qu’elle préfère sur Muzai Moratorium (elle le disait souvent dans l’émission de radio Etsuraku Patrol). La particularité de cette deuxième partie de concert est la présence de Hasegawa Kiyoshi au chant et à la guitare acoustique. On est tout de suite impressionné par la dextérité de ces doigts à la guitare. Les morceaux en duo démarrent par une reprise de Fly me to the moon. Le duo de voix fonctionne très bien. Le concert continue par Kesho Naoshi qui est également une version très réussie de ce morceau de Tokyo Jihen. Maki, la fille de Hasegawa Kiyoshi, vient ensuite rejoindre le duo. Elle les accompagnera à la flute traversière pour Ringo no Uta et les quelques morceaux qui suivent comme Omatsuri Sawagi. Ce sont également des excellentes interprétations. On ressent un grand respect de Sheena pour Hasegawa, pas forcément dans ses mots mais dans sa manière d’être sur scène et dans la façon dont elle l’accompagne à son entrée et à sa sortie de scène. Je ne connaissais pas particulièrement Hasegawa Kiyoshi mais on comprend vite qu’il est aveugle (il a perdu la vue à l’age de 2 ans), ce qui explique ses lunettes de soleil dans une salle très sombre et les accompagnements à son entrée et sortie. Le meilleur morceau de ce concert est Haiiro no Hitomi, qu’on trouvait sur le premier disque de Utaite Myōri: Sono Ichi. Il s’agit en fait d’un morceau de Hasegawa mais ce n’était pas avec lui que Sheena l’inteprêtait sur Utaite Myōri. Ils y ont tous les deux des voix très puissantes qui traversent la pénombre de la salle, pour arriver jusqu’à l’écran sur lequel je regarde ce DVD. Haiiro no Hitomi est annoncé comme étant le dernier morceau de cette collaboration sur scène, car le suivant est interprété par Hasegawa seul. Il s’agit de Wakare no Sanba qu’il a composé quand il avait 19 ans. Il nous explique que c’est un morceau que Sheena apprécie beaucoup et se demande d’ailleurs pourquoi elle le connait car elle ne devait pas être née à cette époque. Wakare no Sanba est sorti le 25 Juillet 1969. C’est en fait le single de ses débuts. Le DVD se termine sur une courte troisième partie composée d’un seul morceau qui est une collaboration de Tokyo Jihen avec Hasegawa Kiyoshi. Rakujitsu, qui est sorti le mois d’avant en Novembre 2005 avec le single Shuraba, est ici interprété en version quasi acoustique avec quelques effets de guitare électrique de Ukigumo. Seule Sheena chante sur ce morceau dans une ambiance générale détendue car nous sommes dans les rappels.

Pour référence ultérieure, je note ci-dessous la liste des morceaux du DVD Dai Ikkai Ringohan Taikai no Moyō:

Sheena Ringo×Matatabi Orchestra dirigé par Saito Neko (マタタビオーケストラが誘う情憬)
1. Kareha (枯葉), reprise du morceau Les feuilles mortes écrit par Jacques Prévert et composé par Joseph Kosma, présent sur l’album Utaite Myōri: Sono Ichi (唄ひ手冥利 ~其ノ壱~)
2. Kabukichō no Joō (歌舞伎町の女王), de l’album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム)
3. Ishiki (意識), du 3ème album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花)
4. STEM (茎), du 3ème album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花)
5. Dynamite (ダイナマイト), reprise du morceau de Brenda Lee et présent en B-side sur le single Sōnan (遭難) de Tokyo Jihen
6. La salle de bain, du EP Ringo no Uta (りんごのうた)
7. Papaya Mango (パパイヤマンゴー), qui sera plus tard sur l’album Heisei Fūzoku (平成風俗)
8. Yume no Ato (夢のあと), de l’album Kyōiku (教育) de Tokyo Jihen
9. Sid to Hakuchumu (シドと白昼夢), de l’album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム)
10. Meisai (迷彩), du 3ème album Kalk Samen Kuri no Hana (加爾基 精液 栗ノ花)

Sheena Ringo×Hasegawa Kiyoshi et sa fille MAKI (長谷川きよしとやさしい唄の世界)
1. Kōfukuron (幸福論), du premier single du même nom
2. Gibs (ギブス), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ)
3. Fly me to the moon, reprise du morceau écrit en 1954 par Bart Howard
4. Kesho Naoshi (化粧直し), de l’album Adult (大人) de Tokyo Jihen
5. Ringo no Uta (りんごのうた), du EP du même nom
6. Omatsuri Sawagi (御祭騒ぎ), de l’album Kyōiku (教育) de Tokyo Jihen
7. Haiiro no Hitomi (灰色の瞳), reprise du morceau écrit par Hasegawa Kiyoshi et Kato Tokiko et présent sur l’album Utaite Myōri: Sono Ichi (唄ひ手冥利 ~其ノ壱~)
8. Wakare no Sanba (別れのサンバ), premier single de Hasegawa Kiyoshi

Tokyo Jihen×Hasegawa Kiyoshi pour les rappels (長谷川きよしと東京事変によるアンコール)
1. Rakujitsu (落日), présent en B-side du single Shuraba (修羅場)

tant qu’il y a un soleil (2)

Ces quelques photographies sont également prises pendant les premiers jours de cette année, cette fois-ci dans le quartier de Kugahara et un peu plus loin jusqu’au grand étang Senzoku-Ike. L’étang a pris ce nom suite au passage du moine bouddhiste Nichiren Shonin qui s’y est arrêté pour se laver les pieds, lors de son pèlerinage vers le grand temple Ikegami Honmonji (que je montrais sur quelques photographies sur le billet précédent). Senzoku (洗足) veut dire se laver les pieds. Le parc est très agréable et ombragé, avec un petit sanctuaire posé sur un îlot auquel on peut accéder par un pont. Ce style de parc autour d’un étang me rappelle beaucoup les parcs de Inokashira ou de Shakujii. Il y a des carpes et de nombreux canards qui attendent patiemment, mais avec une certaine insistance, qu’on vienne les nourrir. Le petit garçon sur la dernière photographie leur envoie des morceaux de pain avec tant d’énergie que j’ai même un peu de mal à saisir son mouvement en photo.

Alors que je cherchais dans mon tiroir de CDs l’album de DJ Krush, je tombe par hasard sur l’album Tategami (鬣) du groupe de rock japonais GO!GO!7188, trio originaire de Kagoshima composé de Yū (Nakashima Yumi) à la guitare et au chant, Akko (Akiko Noma) à la guitare basse et au chant et Turkey (Takayuki Hosokawa) à la batterie. J’avais un peu oublié à quel point cet album est excellent, notamment pour la manière à laquelle le groupe mélange le rock le plus puissant avec un chant qui empreinte parfois aux tonalités Enka. Les voix très affirmées de Yū et Akko sont un réel atout, surtout quand elles se mélangent en duo, et s’ajustent parfaitement au rythme rapide des compositions. En fait, j’avais d’excellents souvenirs du single Ukifune et notamment de sa vidéo, car je l’ai régulièrement écouté mais j’avais un peu oublié le reste de l’album que je redécouvre maintenant sous un nouveau jour (je dis ça assez souvent ces derniers temps). Cet album sorti en Février 2003 est le troisième du groupe. J’en avais en fait parlé dans l’un des premiers billets de ce blog en Mai 2003. C’est amusant de se relire 17 ans après et de constater qu’à l’époque je m’étais tourné vers GO!GO!7188 car je recherchais de la musique rock dans l’esprit de ce que faisait Sheena Ringo à cette époque (d’autant plus qu’ils sont également originaires du Kyūshū et chez EMI). C’est vrai qu’il y a un petit air de ressemblance dans la manière de chanter par moments et sur certains morceaux avec des roulements de ´r’ occasionnels, mais GO!GO!7188 reste quand même plus lourd en guitares avec un côté plus spontané et moins excentrique. La plupart des morceaux tournent sans répit et lorsque le groupe s’accorde quelques moments de repos comme sur le morceau Ame nochi Ame nochi Ame (雨のち雨のち雨), c’est pour ensuite repartir de plus belle au quart de tour. L’ensemble de l’album Tategami suit une unité de style très cohérente, même si certains morceaux prennent des sonorités plus pop. Sans forcément être capable de le confirmer précisément, certains morceaux, notamment le dernier Tane (種), me rappelle l’ambiance des chansons folkloriques japonaises, avec même un côté insulaire. En fait, il s’avère que Yū apprécie beaucoup le groupe The Boom qui chantait le morceau très connu Shima Uta (que j’ai d’ailleurs ‘brillamment’ interprété en duo lors de mon mariage à Kamakura). Un des morceaux de l’album devait d’ailleurs prendre le même titre, comme une sorte d’hommage. Il s’agit du cinquième morceau qui s’est finalement appelé Nanashi (ななし – Sans nom), mais cette petite anecdote montre bien une certaine attirance pour ce côté folklorique insulaire, sans aller jusqu’aux spécificités de la musique d’Okinawa qu’on trouve dans Shima Uta. Après avoir réécouté Tategami plusieurs fois, ce morceau Tane est peut-être bien celui que je préfère. Je vais creuser un peu plus l’univers de GO!GO!7188.

tant qu’il y a un soleil (1)

Les premiers jours de l’année paraissent déjà bien loin. Les quelques photographies ci-dessus sont prises dans l’enceinte du grand temple Ikegami Honmonji et au plus petit sanctuaire Ontakesan à quelques stations de là. Nous découvrons petit à petit l’arrondissement de Ohta à travers ses temples et sanctuaires, mais nous y allons doucement pour éviter la foule. Visiter les temples et sanctuaires est aussi l’occasion de marcher, lorsqu’on finit par en avoir marre des émissions télévisées du Nouvel An. J’aime beaucoup cette période tranquille et sans obligations des premiers jours de l’année. Je pense à chaque fois que je vais pouvoir faire des choses que je ne trouve pas assez le temps de faire en temps normal, comme par exemple terminer Neige de Printemps de Yukio Mishima, que j’ai déjà commencé depuis quelques temps. En fait, je lis ce livre par petites doses comme pour le faire mijoter dans mon esprit. J’aime beaucoup cette histoire et l’écriture de Mishima, et je ne suis en fait pas pressé de le terminer car j’ai envie que Kiyoaki Matsugae et Satoko Ayakura continuent à m’accompagner encore quelques temps. J’avais un sentiment similaire envers les personnages de Murakami dans 1Q84, Aomame et Tengo Kawana, ou envers le narrateur anonyme du Meurtre du Commandeur. J’ai même trouvé une certaine tristesse à me séparer de ces personnages une fois terminé ces romans. Pendant les jours du Nouvel An, je pensais lire quelques chapitres de Neige de Printemps, ou peut être me remettre à écrire sur mon carnet, mais j’avais cependant oublié que le cerveau se met en pause à cette période de l’année et que toutes les bonnes volontés du monde ne peuvent l’emporter sur la lenteur générale de ces moments.

Musicalement parlant, je ne sais quelle raison m’a poussé à rechercher dans mon tiroir de CDs l’album de mix Code4109 de DJ Krush (Ishi Hideaki de son vrai nom). L’album est déjà sur mon iPod depuis très longtemps mais je ressentais tout de même le besoin d’ouvrir la boite du CD et de réouvrir le livret. Je n’avais pas écouté depuis longtemps cet album de hip-hop instrumental composé d’un mix de 19 morceaux formant un long morceau non-stop de 68 minutes. La beauté de Code4109 est dans les transitions et certains choix musicaux comme celui de faire intervenir des chœurs bulgares sur un morceau (le neuvième Taiyou Ga Arukagiri 太陽があるかぎり qui m’inspire d’ailleurs le titre de ce billet). En le réécoutant maintenant, je me rends compte que je connais chaque enchaînement et retournement de situation par cœur. Je ne pensais pas m’en souvenir aussi bien, mais il faut dire que je l’ai beaucoup écouté au début des années 2000. Code4109 est sorti en 2000 sur le label Mo’Wax. Je pense que j’ai connu DJ Krush à travers DJ Shadow également sur ce même label de James Lavelle. Endtroducing….. de DJ Shadow sorti en 1996 est un album grandiose que j’ai aussi beaucoup écouté. Toujours sur Mo’Wax, me revient en tête Psyence Fiction de 1998, par le groupe UNKLE composé de James Lavelle et Shadow, et où intervenaient de nombreux invités comme Thom Yorke ou Richard Ashcroft.

just can’t help it

Je ne peux m’empêcher de prendre en photo les dessins sur les murs dès que j’en aperçois au hasard de mes promenades en ville. Les couleurs de la nature urbaine sont parfois tellement prononcées qu’on a l’impression qu’elles sont dessinées au feutre épais ou à la bombe de peinture. La cinquième photographie ne montre pas un dessin de rue mais la manière dont l’ancienne voiture apparaît derrière un fin rideau grillagé a quelque chose de très graphique qui donne l’impression qu’elle est dessinée dans un cadre de manière un peu floue. La dernière photographie montre la devanture ultra-colorée du magasin A Bathing Ape Kids à Jingumae. Je n’y suis jamais entré car j’ai passé l’âge depuis longtemps mais je sais qu’on trouve à l’intérieur une piscine de bananes de toutes les couleurs. On l’aperçoit à peine sur cette photographie. La quatrième photographie a été prise entre Shin-Okubo et Shinjuku le long de la voie ferrée. Comme je le montrais dans un billet précédent à Takadanobaba, les murs sous les ponts routiers sont assez souvent couverts d’illustrations. Et si ce ne sont pas des illustrations, ce sont des graffitis désorganisés qui envahissent ces espaces cachés du reste de la rue. Les deux premières photographies à Aobadai et à Daikanyama ne sont pas non plus des graffitis. J’aime beaucoup les personnages ressemblant à des barbapapa que l’on peut voir sur la deuxième photographie. Je pense les avoir déjà montré auparavant sur made in tokyo, mais je ne peux m’empêcher de les prendre en photo à chaque fois que je passe devant. I just can’t help it.

J’avoue qu’il m’était un peu difficile de reprendre le fil de l’écriture sur les concerts de Sheena Ringo et Tokyo Jihen après avoir vu Electric Mole. Il y avait tellement de choses à dire sur Electric Mole que le courage me manquait un peu de commencer à écrire sur le concert suivant, en pensant au temps que j’ai passé sur le billet d’Electric Mole. Mais l’envie de continuer ma découverte de ces concerts était trop forte et je poursuis donc tranquillement avec Just Can’t Help It de Tokyo Jihen. La tournée “DOMESTIC! Just can’t help it” n’est en fait pas la première tournée de la nouvelle formation de Tokyo Jihen en Phase 2 (第二期) car une courte série de deux concerts en deux dates sous le nom de « DOMESTIC! Virgin LINE » a d’abord eu lieu les 19 et 21 Février 2006 au Nippon Budokan de Tokyo et au Osaka-jō Hall respectivement. Cette mini tournée Virgin Line accompagnait en fait le nouvel album Adult (大人) sorti le 25 Janvier 2006 et était un tour d’essai pour le nouveau groupe voyant Ukigumo remplacer Mikio Hirama et Ichiyō Izawa remplacer Masayuki Hiizumi. “DOMESTIC! Just can’t help it” se déroule la même année mais sur un nombre beaucoup plus important de dates, 21 dates en tout, et couvre tout le pays en démarrant par le Hall de Kamakura (鎌倉芸術館) le 7 Avril pour terminer au Convention Center d’Okinawa (沖縄コンベンションセンター) le 30 Mai 2006. La captation vidéo sur le DVD Just Can’t Help It est sortie le 6 Septembre 2006 et montre un enregistrement de l’avant dernière date, le 26 Mai 2006 au NHK Hall de Tokyo, à Shibuya. Il s’agit quand même du premier concert de la Phase 2 de Tokyo Jihen disponible en DVD, car Virgin Line n’est jamais sorti en DVD ou Blu-Ray, à part quelques morceaux sur la compilation vidéo Live Chin Play Kō Play (珍プレー好プレー), dont je parlerais certainement dans quelques semaines. Cette compilation est sortie beaucoup plus tard en 2012 au moment de la séparation du groupe. En fait, Virgin Line a été diffusé en version tronquée (12 morceaux sur 18), mais avec une partie documentaire en plus, dans une émission spéciale intitulée “Tokyo Jihen Live in Nippon Budokan” diffusée sur la chaine Fuji Television le 25 Mars 2006. On peut voir cette émission sur internet en cherchant bien. Je comprends le titre de cette tournée comme voulant signifier que le groupe ne peut s’empêcher de vouloir se produire en live. Il n’y a pas de partie documentaire sur ce live, contrairement à ce qu’on avait l’habitude de voir sur les vidéos de Dynamite, Electric Mole ou encore Gekokujyo Ecstasy. Par contre, le DVD a la particularité d’intégrer des scènes vidéo originales dans le film du concert. Ces images additionnelles s’intègrent en fait très bien car le son n’est pas coupé ou altéré (à part sur un morceau). Elles donnent même une dimension contemplative au concert, que je trouve très bien pensée. Si dans l’ensemble, je trouve les versions des morceaux joués sur Just Can’t Help It moins percutantes que sur Dynamite Out avant ou sur un concert comme Ultra C plus tard, ce concert est extrêmement intéressant d’un point de vue visuel. Je ne dirais pas que le concert n’est pas intéressant musicalement car les interprétations sont impeccables comme toujours.

Just Can’t Help It reprend la quasi totalité des morceaux de l’album Adult sauf le troisième Keshō Naoshi et le neuvième Tasogare Naki (attention, nouvelle symétrie détectée), quelques morceaux de l’album précédent Kyōiku, quelques reprises et morceaux de la carrière solo de Sheena Ringo, et un nouveau morceau qui sortira plus tard sur le troisième album Variety. Le DVD reprend également la totalité des morceaux joués le 25 Mai 2006 au NHK Hall, sans supprimer de morceaux, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Je me suis procuré ce DVD en l’achetant à un particulier sur Mercari pour un très bon prix. En fait, je cherchais le boitier original qui est différent de la boite plastique actuelle, car j’avais déjà le DVD de ADULT VIDEO prenant le même type de packaging et de design. Le concert Just Can’t Help It et les vidéos de morceaux sur ADULT VIDEO fonctionnent un peu comme une paire, en complément de l’album Adult. ADULT VIDEO est sorti avant Just Can’t Help It, le 23 Mars 2006. En fait, j’aime beaucoup le côté un peu provocateur de la couverture de Just Can’t Help It, qui utilise des photos de modèles. Ce ne sont bien entendu pas des photos des membres du groupe. Dans le même ordre d’idée, le titre du DVD ADULT VIDEO a un nom qui peut être trompeur. Tokyo Jihen va en fait au bout de leur concept de noms d’albums s’inspirant de catégories de chaines télévisées (Discovery, News, Sports, Variety, Education et Adult). Je me demande d’ailleurs le nom qu’ils donneront à leur prochain album en 2021. En pensant au teaser du futur album, je pense à un nom en lien avec l’auto-moto. Le DVD ADULT VIDEO contient 6 vidéos, celles de Kabuki, Himitsu, Koi ha Maboroshi, Shuraba, Kenka Jōtō et Tasogare Naki. Le vidéos sont de qualités variables, celle de Shuraba étant la plus aboutie. La vidéo de Himitsu est intéressante car le morceau est différent de l’album, incluant une partie rappée par Ukigumo. Cette version aurait pu être sur l’album à mon avis. La vidéo de Koi ha Maboroshi est amusante et j’étais surpris de voir le comédien Gekidan Hitori y participer. Kenka Jōtō met Hata Toshiki à l’honneur. Il y effectue une danse Kagura dans un lieu qui semble être la mine de pierre Oya à Tochigi (qui est d’ailleurs régulièrement utilisée pour des vidéos). Mais revenons plutôt au concert Just Can’t Help It.

Le concert commence comme une scène de théâtre pour le morceau Yukiguni. Sheena Ringo y est habillée d’un kimono blanc sur un fond bleu nuit et sur un sol blanc imitant la neige. Je me suis d’abord demandé s’il s’agissait de la mise en scène actuelle que l’on pouvait voir lors du concert mais on comprend rapidement que ce n’est pas le cas car les véritables images sur la scène du NHK Hall et celles en studio se mélangent. Elle est également habillée du même kimono sur scène, ce qui fait que les images en studio et celles sur scène s’accordent très bien. Ce kimono lui sera arraché brusquement à la fin du morceau au moment où démarre le deuxième morceau Genjitsu wo Warau. L’interprétation de Yukiguni est très prenante mais c’est surtout cette mise en scène neigeuse qui laisse une forte impression. Alors qu’ils étaient dans la pénombre sur le premier morceau, les membres du groupe apparaissent plus clairement sur Genjitsu wo Warau. Ukigumo intervient d’ailleurs au chant dans la deuxième partie du morceau. Sheena reste cependant sur le devant de la scène par rapport au reste du groupe placé un peu à l’arrière. Cette disposition changera d’ailleurs au fur et à mesure dans les concerts qui suivront. Sheena est principalement au centre de la scène et elle sera plutôt placée à droite près de la batterie de Hata sur les concerts suivants. Ukigumo est placé derrière Sheena sur ce concert et on le verra se déplacer entre les claviers de Izawa et Sheena sur les concerts suivants. Shōjo Robot prend une version beaucoup plus rock que celle que l’on connaîtra bien plus tard sur la compilation Reimport 2. Ce n’est pas pour me déplaire bien que j’aime aussi la version originale de ce morceau réimporté qu’elle a initialement écrit pour sa copine Rie Tomosaka. Les morceaux s’enchainent tellement vite qu’on a du mal à saisir le démarrage du morceau suivant Kabuki. En fait, une présentation de chaque membre du groupe est faite avant le début de ce morceau. Kabuki est très réussi. Il fonctionne notamment très bien car elle sur-joue ses mouvements de visages.

Vient ensuite le morceau Himitsu. Sheena y est très mobile en effectuant ses petits mouvements saccadés de côté désormais très classique. Des scènes avec des flammes dans une sorte de vieil hangar s’intercalent avec les vrais scènes du concert de manière transparente, ce qui est assez bien fait car on ne remarque pas quand se fait la transition. On la voit même boxer dans le vide à un moment, comme sur la vidéo beaucoup plus récente du morceau Blue ID qu’on a pu voir sur Music Station le 25 Décembre 2020. Sur Himitsu, Izawa assure au piano mais reste très concentré et n’occupe pas la scène comme Hiizumi le faisait sur Dynamite. Il a l’air beaucoup plus détaché et je comprends qu’on ait pu lui reprocher cela au début de Tokyo Jihen phase 2. Ça changera plus tard dans les autres concerts. La reprise de The Lady is a Tramp suit ensuite. Ce n’est pas la première fois que je l’entends et ce morceau n’a rien d’indispensable, surtout que la version vidéo prend un effet de vieux films en noir et blanc et une altération du son le rendant moins net. Genjitsu ni Oite est un morceau composé par Hiizumi et il est excellemment interprété par Izawa. J’ai des frissons dans le dos à chaque fois que j’écoute ce morceau. Ce qui est très beau, c’est qu’Izawa engage directement sur le morceau Kao qui est un morceau que j’adore, notamment la version avec Hirama sur le concert Dynamite Out. En regardant la playlist, je me suis d’abord demandé comment le groupe allait interprété ce morceau sans Hirama, mais la version de Just Can’t Help It est seulement instrumentale. Le morceau Kao sur Dynamite Out avec Hirama est pour moi emblématique et ça aurait été difficile de l’égaler. D’ailleurs, je ne comprends toujours pas pourquoi il n’a jamais été intégré dans un album. Cette version instrumentale dans Just Can’t Help It est très belle, mais on ne peut s’empêcher de la comparer avec celle de Dynamite. Comme ces deux concerts sont assez proche l’un de l’autre, on est tenté de comparer et je pense que Dynamite était meilleur, avec plus de folie dans le groupe. En fait, c’est peut être aussi du au fait que Dynamite était accompagné de scènes de documentaire, ce qui n’est pas le cas de Just Can’t Help It. Ces scènes documentaires provoquent à mon avis un attachement plus fort.

Pendant ces deux morceaux instrumentaux, des scènes filmées en costumes d’époque nous sont montrées, notamment le kimono blanc qui accompagnera tout le concert comme un fil rouge. Sheena change ensuite de tenue et on la voit apparaitre en manteau avec un bonnet sur la tête, ce qui contraste grandement avec les costumes de la scène précédente. Jusui Negai est toujours un grand moment, cette interprétation est très réussie même si je préfère celle de Dynamite. Sheena monte en intensité dans sa voix de la même manière et écarquille les yeux à certains moments donnant une grande force à son interprétation. Il y a beaucoup de tension dans son chant et son visage, mais qui reste à mon avis un peu plus contenue que dans la version de Dynamite. Il y a quand même beaucoup de belles choses dans ce morceau, comme la force du final au piano d’Izawa, ce petit passage montrant Hata retenant ses mouvements en attendant le bon moment pour frapper, et le final où Sheena dit quelque chose hors du micro. On n’entend pas ce qu’elle dit et je me demande bien ce que ça peut être. Mirrorball est un nouveau morceau, écrit par Ukigumo, qui sera présent sur leur album suivant Variety et qui est joué pour la première fois lors de ce concert. En l’écoutant, je repense tout de suite à l’ambiance de Variety qui était une page tournée dans la carrière de Tokyo Jihen. La version est bien entendu un peu différente de celle de l’album notamment au niveau de la partition de guitare de Ukigumo et le chant plus typé de Sheena. Les images sur ce morceau en particulier contiennent beaucoup d’effets spéciaux comme pour reproduire les multiples écrans d’une boule à facettes. Avant le morceau Tegami écrit par Izawa, une scène filmée en studio montre Ukigumo assis sur une chaise longue. On retrouve en fait ce même mobilier sur scène. Sheena s’assoie par exemple sur un fauteuil individuel LC2 de Le Corbusier. L’interprétation de Tegami est très poignante. Une partie des images pendant ce morceau montrent soudainement Sheena avec sa guitare face à l’océan. Je ne sais pas où sont tournées ces images très contemplatives, certainement quelque part au Japon, mais je ne peux m’empêcher d’imaginer le Nord Ouest français.

La version de Service est très amusante car Sheena ne l’interprète pas seule, mais avec chaque membre du groupe positionné en ligne sur le devant de la scène, chacun portant un mégaphone en main. C’est la première fois que je vois Kameda, Hata, Ukigumo et Izawa chantés dans un mégaphone, ce qui était jusque là réservé à Sheena. C’est amusant d’entendre la voix très amicale de Kameda à travers le mégaphone qui est censé donner une sonorité agressive. Vers la fin du morceau, un rideau descend pendant que le groupe change de tenue. Seule Sheena reste sur le devant la scène avec deux personnes en kimono portant des lanternes. Une fois que le rideau s’ouvre à nouveau, le groupe continue le morceau d’une manière assez détendue mais qu’on sait chorégraphiée, ne serait-ce que pour la position finale qui ressemble à certaines photographies promotionnelles du groupe à cette époque. Le groupe se présente ensuite. Sheena prend la parole mais d’une manière très brève car il n’y a soit-disant pas assez de temps. Izawa commence les présentations, faisant volontairement l’imbécile en essayant de se courber le dos tout en se présentant comme s’appelant Izawa-Bauer. Il fait bien entendu référence à la patineuse artistique Arakawa Shizuka qui venait juste d’obtenir la médaille d’or aux Jeux Olympiques d’hiver au début de l’année 2006 à Turin, avec notamment cette courbure Ina Bauer qui avait beaucoup fait parler les médias à cette époque. Sheena fait un signe de la tête comme quoi ce n’est pas tout à fait ressemblant et se tourne vers Hata qui ne se présente pas correctement non plus. Sheena le traite gentiment de menteur, tandis qu’Izawa veut refaire sa présentation en faisant le mouvement Ina Bauer une nouvelle fois. Sheena lui coupe rapidement le sifflet, car il ne faudrait pas qu’il se casse quelque chose, et passe ensuite à Ukigumo qui se contente d’un « Onegaishimasu ». Kameda essaie de nous faire croire à un tour de magie, mais c’est Hata qui revient sur le devant de la scène et qui remporte très facilement ce concours de présentation en imitant un jonglage de ballon imaginaire. La vidéo du DVD représente ce ballon imaginaire en le dessinant sur l’image, mais il ne devait bien sûr pas être visible dans la salle. Cette scène est celle que l’on peut voir en fond pendant la sélection du menu sur le DVD. On savait que Hata est un habile danseur, il le montre d’ailleurs quelques fois en sautant sur scène, mais il s’avère très doué dans cette représentation assez comique de jonglage footballistique. Sheena est assise sur sa chaise LC2 d’un air assez amusé mais on la sent un peu inquiète de ce que Hata va faire. Je ne peux m’empêcher de penser que ces moments n’étaient pas prévus par Sheena et que les membres du groupe prennent un malin plaisir à saboter une présentation en bonne et due forme. C’est un moment très sympathique du concert.

Après cet intermède, le morceau C’m’on Let’s go!, qui est une reprise du groupe japonais BARBEE BOYS, est très réussie. Deux personnes du staff habillés en serveurs de restaurant entrent en scène avec des caméras vidéo, ce qui est devenu assez habituel depuis le concert Gekokujyo Ecstasy. Izawa passe à la guitare sur ce morceau et montre une certaine complicité avec Ukigumo. Je me dis à ce moment là que par rapport à Hiizumi, le groupe a gagné un deuxième guitariste en plus d’un pianiste avec l’arrivée d’Izawa dans la formation. Sheena s’est ensuite changée une nouvelle fois en une tenue noire plus formelle que celle d’avant et entame une excellente version de Blackout. Comme de nombreux morceaux de SR et TJ, c’est un morceau à la composition complexe qu’elle doit être la seule en mesure de chanter. J’avais vu dans une ancienne émission musicale du dimanche soir KanJam qui analysait certains morceaux de Sheena Ringo qu’un des chroniqueurs de l’emission comparait son travail d’écriture musicale au travail d’un architecte (en ne citant pas moins que Frank Lloyd Wright). Cette idée de dresser un parallèle entre musique et architecture me parle beaucoup, car ce sont deux sujets qui m’intéressent beaucoup. J’avais d’ailleurs auparavant parlé un peu de cette idée mais plutôt sur les musiques électroniques d’Aphex Twin et Autechre (qui n’est à mon avis rien d’autre que de l’architecture déconstructiviste retranscrite en musique). On peut parfois se demander comment un bâtiment aux formes et aux équilibres complexes peut parvenir à une harmonie visuelle et fonctionnelle. D’une même manière, on trouve ce même genre d’harmonie dans les constructions pourtant complexes et non évidentes de Sheena Ringo. Ce que disait également un des chroniqueurs de KanJam est qu’il est rare qu’un ou une même artiste puisse à la fois être capable de créer ce genre structures musicales complexes et en même temps avoir la voix nécessaire pour les interpréter. A la fin du morceau Blackout, Sheena laisse tomber le manteau noir et reste en robe plus légère blanche et engage ensuite un mouvement courbé en arrière nous rappelant le Ina Bauer qu’essayait de faire Izawa sans grand succès. Elle y arrive beaucoup mieux qu’Izawa, rappelons qu’elle a fait du ballet étant petite. Cette démonstration ressemble à un gentil pied de nez à Izawa.

Le concert continue avec Honnō, un des deux morceaux avec Marunouchi Sadistic en rappels, que Sheena reprend de sa carrière solo. Cette version n’est pas meilleure que celle de Gekokujyo Esctasy, mais ça fait plaisir de voir Hata avec le sourire taper de toutes ses forces sur sa batterie. La version de Superstar, qui suit ensuite, est peut être une des plus belles que j’ai entendu, même si Sheena n’est pas cette fois-ci à la guitare. Là encore, des images vidéo se mélangent avec les images sur scène. Elles sont raccords car Sheena est habillée exactement de la même manière. Elle force plus sa voix que d’habitude sur ce morceau entrainé peut être par les mouvements de tête d’Izawa au piano et de Ukigumo à la guitare. Le final instrumental est aussi un peu plus long que d’habitude, si je me souviens bien, ce qui laisse un peu de temps à Sheena pour faire un lent mouvement d’inclinaison avant en remerciement au public. Le morceau Dynamite ensuite se présente comme une version moins dynamique que celle qu’on connaissait sur Dynamite Out. Sheena porte le morceau seule en dansant sur le devant de la scène, même s’il y a quelques chœurs de Ukigumo à l’arrière. On n’atteint pas l’intensité de la version sur Dynamite Out, qui était de toute façon emblématique de ce concert là et difficile à surpasser. La vidéo est accompagnée de prises de vue en noir et blanc de rues américaines qui n’étaient pas non plus indispensables. On notera tout de même le ‘Bonjour’ prononcé en français par Sheena vers la fin du morceau, et le très mignon ‘Arigatō’ à la toute fin. Ce n’est peut être pas la meilleure version que j’ai entendu, mais j’aime bien cette version de Shuraba. Je trouve cependant Omatsuri Sawagi plus intéressant car Sheena la chante d’une voix plus basse que la normale, du moins au début puis l’interprétation se normalise ensuite par rapport à ce que l’on connaît sur l’album. Le petit drapeau rouge et blanc reprenant le design de la pochette de Kyōiku est de sortie et Sheena fait des mouvements tellement amples qu’ils en deviennent disgracieux. Le dernier morceau officiel du concert avant les rappels est Kenka Jōtō et c’est une version très particulière et mémorable qui est jouée. Hata puis Sheena prononcent d’abord quelques phrases dans l’esprit de ce qu’on peut entendre dans une pièce de théâtre kabuki, avec en plus un petit côté démoniaque. Comme dans le théâtre kabuki, certaines personnes du public en général les habitués répondent aux acteurs sur scène. On retrouve ce même dialogue mais je ne sais pas s’il s’agit vraiment de personnes du public, ou plutôt le staff du groupe qui crie ces phrases depuis les premiers rangs. Il s’agit peut être de voix enregistrées. Cela donne en tout cas un sacré effet. Alors que le morceau se déroule à peu près normalement mais dans une version un peu plus agressive que d’habitude, le morceau fait une courte pause et prend ensuite des allures de hard rock/metal. Cette partie est jouée par Sheena devant des écrans de fond montrant des flammes géantes. Kenka Jōtō, devenu polymorphe, reprendra à la normale un peu après. Le contraste entre l’agressivité de ce passage metal et le personnage de Sheena sur scène, toujours en robe légère, est très intéressant, surtout quand elle se permet à la fin de remercier le public avec une toute petite voix innocente.

Une petite vidéo interlude démarre ensuite avant les rappels. Elle nous montre principalement les lieux vides des scènes vidéos ajoutées au concert, notamment ce paysage en bord de mer. On voit également une image de la scène ressemblant à une maquette avec une étrange voie ferrée qui sort du décor. Le groupe revient ensuite sur scène en tenue beaucoup plus décontractée, pour jouer deux morceaux Tōmei Ningen et Marunouchi Sadistic, qui sont des grands classiques des concerts de Tokyo Jihen. La version de Marunouchi Sadistic sur ce concert est plus proche de celle qu’on entendra plus tard sur Ringo Expo 08 que celle de Muzai Moratorium. Izawa se lance dans des nouveaux arrangements au piano qui nous font découvrir Marunouchi Sadistic sous un autre jour, même si cette version n’est pas fondamentalement différente de celle qu’on connaît sur Sanmon Gossip. Les lumières s’éteignent sur ce morceau et une vidéo nous montre ensuite une image de train, comme pour montrer un départ vers de nouveaux horizons, ceux de Variety peut être. Sheena est assise sur une banquette d’un train vide et y interprète seule à la guitare acoustique le morceau Rakujitsu qu’on trouve en B-side de Shuraba. Elle est habillée de la même manière qu’à la fin du concert. Ce morceau était apparemment inclus dans les rappels car les dernières images reviennent au NHK Hall de Shibuya. La vidéo revient finalement vers le train avec Sheena seule à la guitare, comme si ça faisait référence à un souvenir d’un concert passé. L’image un peu floue joue dans ce sens. Je ne sais pas très bien ce que veut dire ce passage de train en mouvement. Il s’agit peut être seulement d’une promesse auprès des fans qu’elle restera sans cesse en mouvement créatif. On est, au moment de ce concert, qu’au début de l’aventure Tokyo Jihen et il y aura beaucoup de bonnes choses à suivre.

Pour référence ultérieure, je note ci-dessous la liste des morceaux présents sur le DVD de Just Can’t Help It:

1. Yukiguni (雪国) du 2ème album Adult (大人)
2. Genjitsu wo Warau (現実を嗤う) du 1er album Kyōiku (教育)
3. Shōjo Robot (少女ロボット), reprise du morceau composé par Sheena Ringo pour Rie Tomosaka et qu’on retrouve sur Reimport Vol. 2 ~Civil Aviation Bureau~ (逆輸入 ~航空局~).
4. Kabuki (歌舞伎) du 2ème album Adult (大人)
5. Himitsu (秘密) du 2ème album Adult (大人)
6. Sono Onna Fushidara ni Tsuki (その淑女ふしだらにつき), reprise du morceau The Lady Is a Tramp écrit et composé par Lorenz Hart et Richard Rodgers, présent en B-side du single Gunjō Biyori (群青日和)
7. Genjitsu ni Oite (現実に於て) du 1er album Kyōiku (教育)
8. Kao (顔), version instrumentale du morceau présent en B-side du single Gunjō Biyori (群青日和)
9. Jusui Negai (入水願い) du 1er album Kyōiku (教育)
10. Mirrorball (ミラーボール), morceau original de Petrolz et qu’on retrouvera plus tard sur le 3ème album Variety (娯楽/バラエティ)
11. Tegami (手紙) du 2ème album Adult (大人)
12. Service (サービス) du 1er album Kyōiku (教育)
13. C’m’on Let’s go!, reprise d’un morceau de BARBEE BOYS, écrit par Imamichi Tomotaka
14. Blackout (ブラックアウト) du 2ème album Adult (大人)
15. Honnō (本能), de l’album Shōso Strip (勝訴ストリップ) de Sheena Ringo
16. Superstar (スーパースター) du 2ème album Adult (大人)
17. Dynamite (ダイナマイト), reprise du morceau de Brenda Lee et présent en B-side sur le single Sōnan (遭難)
18. Shuraba (修羅場) du 2ème album Adult (大人)
19. Omatsuri Sawagi (御祭騒ぎ) du 1er album Kyōiku (教育)
20. Kenka Jōtō (喧嘩上等) du 2ème album Adult (大人)
21. (Encore) Tōmei Ningen (透明人間) du 2ème album Adult (大人)
22. (Encore) Marunouchi Sadistic (丸の内サディスティック), de l’album Muzai Moratorium (無罪モラトリアム) de Sheena Ringo
23. (Encore) Rakujitsu (落日), présent en B-side du single Shuraba (修羅場)

une vue du Mont Fuji (2)

Toujours en Décembre 2020, pendant mes jours de congé, nous sommes retournés près de Kamakura dans des endroits que l’on connaît très bien mais où nous n’étions pas retournés depuis environ 1 an. Après un déjeuné au restaurant de soba Kokonotsuido situé entre le croisement Harajuku de la route 1 et Ōfuna, nous nous dirigeons ensuite vers les plages du shōnan à Enoshima. On n’y trouva heureusement pas la foule typique du premier de l’an, quoique je ne suis pas certain de la manière dont s’est passé le nouvel an cette année en raison de la situation actuelle. Nous ne marcherons pas jusqu’à l’autre bout de l’île cette fois-ci, par manque de temps. On s’arrête à mi-chemin au niveau du sanctuaire, pour notamment récupérer le goshuin et pour admirer la vue depuis les hauteurs de l’île. Le Mont Fuji est bien caché derrière les nuages et nous ne le verrons qu’à la fin de la journée sous un début de soleil couchant. En entrant dans l’étroite allée principale, on passe dessous une première porte torii indiquant le nom du sanctuaire écrit d’une manière très stylisée. On ne s’était jamais interrogé sur cette écriture jusqu’à maintenant. J’étais d’avis que cette écriture, qu’on peut voir sur la deuxième photographie du billet, s’inspirait de la forme des petits poissons blancs Shirasu qui sont la spécialité de l’île. Mari pensait plutôt à des pigeons ce qui me paraissait plutôt improbable. Au moment où nous avons reçu les goshuin, la dame du sanctuaire a levé ce mystère et nous a confirmé qu’il s’agissait bien de pigeons. J’ai donc perdu mon pari.

Je parle souvent des goshuin, les sceaux des sanctuaires ou des temples, que l’on collectionne dans un carnet. Je montre ci-dessus quelques pages de ce carnet que j’ai acheté au sanctuaire Koami de Nihonbashi. Le goshuin du sanctuaire d’Enoshima est celui en haut à droite. Un goshuin peut être préparé sur un papier indépendant que l’on coule dans le carnet ou peut être directement écrit et tamponner sur le carnet par une personne du temple ou sanctuaire, comme les deux pages en bas à droite.

En ce qui concerne le blog, j’ai ajouté dans les liens de l’en-tête une page regroupant tous les textes de l’histoire de Kei de la série Du songe à la lumière, en incluant le l’épisode 6 que je viens de publier ainsi que les autres 5 épisodes écrits jusqu’à maintenant. Comme je l’écrivais auparavant, je prends mon temps pour écrire cette histoire car l’inspiration ne me vient que de temps en temps, mais j’aime beaucoup le temps que je passe à y réfléchir et à l’écrire. Dans l’en-tête, j’ai également ré-ajouté la page d’enquête adressée aux visiteurs du site. N’hésitez pas à passer quelques minutes pour y répondre, ou laisser un commentaire, car c’est un moyen pour moi d’avoir une meilleure vue sur qui suit ou visite ce blog (l’enquête peut rester anonyme).