上の方、そこへ向かう

Le Dimanche 5 Octobre 2025, parc Kinchakuda (巾着田曼珠沙華公園) et Sanctuaire Koma (高麗神社), à Hidaka dans la préfecture de Saitama.

Je reviens pour quelques photographies seulement au parc Kinchakuda (巾着田曼珠沙華公園) où nous avions pu voir les derniers jours de floraison des fleurs Higanbana au tout début du mois d’Octobre. Avant de repartir, je m’attarde un peu sur les fleurs de cosmos qui poussent de manière sauvage. En les prenant en photo, je me remémore celles que j’ai prise au Showa Memorial Park (昭和記念公園) à Tachikawa en Novembre 2023. J’aime beaucoup la liberté avec laquelle elles s’élancent en direction du ciel. A proximité du parc, se trouve le Sanctuaire Koma (高麗神社) dédié aux colons coréens qui se sont implantés au Japon au VIIᵉ siècle. Le sanctuaire Koma a été fondé en 716 par le prince Go Yak’gwang du royaume de Koguryŏ (高句麗) en Corée. Le prince fut envoyé au Japon en l’an 666 pour demander de l’aide alors que son royaume était envahi par la dynastie chinoise Teng. Il s’installa finalement au Japon dans cette région avec environ 1 800 Coréens et ce sanctuaire célèbre son arrivée. L’empereur japonais lui accorda le titre de roi de ce territoire qui sera gouverné par sa communauté jusqu’au XIIIᵉ siècle. Au XXᵉ siècle, pendant l’annexion de la Corée, le sanctuaire fut utilisé par le gouvernement japonais comme symbole d’assimilation et d’unification des peuples coréens et japonais. Aujourd’hui, il est demeure comme un lieu de mémoire et d’amitié nippo-coréenne. L’endroit est paisible, entouré de verdure car il se trouve en bordure d’une zone montagneuse boisée. Avant de partir, nous demandons comme toujours le sceau Goshuin du sanctuaire. Une fois n’est pas coutume, le prêtre shinto du sanctuaire en charge des écritures a eu la drôle d’idée d’écrire le Goshuin à l’envers sur le carnet de Mari. C’est bien la première fois que ça nous arrive. La jeune fille était très embêtée et nous proposa de le recouvrir par un autre Goshuin dans le bon sens, ce que nous acceptons. Nous aurons droit en contrepartie à un petit sachet de thé, qui trône maintenant dans notre cuisine comme un objet sacré auquel il ne faut pas toucher.

a room with a view

Le Dimanche 28 Septembre 2025, au bord de l’océan pacifique à Hitachi.

Les visiteurs l’auront certainement noté sur ces pages, nous explorons beaucoup la préfecture d’Ibaraki, réputée la moins touristique du pays malgré sa proximité de Tokyo. J’y fais rarement des découvertes architecturales interessantes, si on met de côté l’architecture traditionnelle. A proximité du phare blanc d’Hitachi, nous trouvons par hasard une belle maison de béton avec des grandes baies vitrées et un balcon donnant une vue sur l’océan pacifique au pied de la falaise. Les balcons sont habillement orientés pour ne pas apercevoir les infrastructures énergétiques de Hitachi plus au Sud en direction du port de Oarai. Quelques recherches rapides m’indiquent que cette maison se nomme S house et qu’elle a été conçue par Baqueratta Architectural Design Office, bureau de design architectural fondé par Yoshiyuki Moriyama (森山喜之). En parcourant le site web de l’architecte, je me rends compte que j’ai pu voir un grand nombre des maisons individuelles que Baqueratta a conçu à Tokyo. Elles ont en commun d’être luxueuses et d’avoir des façades fermées sur la rue avec en général un grand bloc de baies vitrées à l’étage. S house doit être relativement récente car elle n’apparaît pas encore sur le site web de l’architecte.

声を枯らしながら静かに叫び続けていた

Tōjō-tei (戸定邸) est une résidence historique de la famille Tokugawa située à Matsudo dans la préfecture de Chiba. Elle a été construite pendant la période Meiji, achevée en 1884 après environ deux ans de construction. Il s’agissait de la résidence de Tokugawa Akitake (徳川昭武), le dernier seigneur du domaine de Mito et frère cadet du dernier shogun du Japon Tokugawa Yoshinobu. L’ensemble architectural est un témoignage du style de vie d’un ancien daimyo à une époque où le Japon passait du système féodal à la modernité. On trouve dans ce bâtiment une architecture japonaise traditionnelle raffinée associée à des éléments d’influence occidentale qui sont caractéristiques de l’ère Meiji. La résidence se compose de neuf pavillons, reliés par des couloirs, formant un grand ensemble de 23 pièces. On se perdrait volontiers dans le labyrinthe de pièces et de couloirs de cette demeure, mais on ne perd jamais de vue le vaste jardin qui attire notre regard. Nous avons laissé nos chaussures à l’entrée et nous avançons doucement sans faire de bruit sur le tatami. Nous gardons le silence ou parlons naturellement à voix basses car nous ne sommes que des invités passagers dans cette résidence. Le long du couloir de la véranda Engawa, les panneaux coulissants de verre sont entrouverts pour laisser passer un filet de vent provenant du jardin. Le seul bruit que l’on perçoit est celui du vent qui fait trembler par vagues les panneaux de verre de manière imprévisible. La demeure est située sur une colline. Depuis la pièce principale donnant sur le jardin, on devine au loin le Mont Fuji qui se dégage des nuages. On trouve dans cet endroit qui s’échappe de la ville une sérénité certaine.

J’avais bien sûr l’intention de parler du nouvel album Don’t Laugh It Off de Hitsuji Bungaku (羊文学) sorti le 8 Octobre 2025. Je l’ai acheté dès le jour de sa sortie en version digitale car je me suis rendu compte que parmi les treize titres de l’album, il y en avait un certain nombre que j’avais déjà en digital à savoir les singles Burning, Map of the Future 2025 (未来地図2025), tears, Feel et Koe (声). Chacun des autres morceaux est un single en puissance car ils ont cette même balance subtile entre un son indie et une approche pop accrocheuse qu’elles ont développé depuis quelques années. On pourra dire que c’est la recette du groupe qu’elles appliquent très bien sans grande prise de risque, ce qui n’est pas faux. Mais chaque morceau évolue dans une telle fluidité et facilité apparente qui poussent à une certaine idée de perfection. Je pense à cela en réécoutant le single Feel, mais on pourrait très bien le penser pour un nouveau morceau comme Itōshii Hibi (いとおしい日々). J’ai un faible pour le morceau Doll qui est beaucoup plus noisy, à la limite du shoegaze. C’est un aspect du groupe qu’on retrouve un peu plus en concert car Moeka (塩塚モエカ) et Yurika (河西ゆりか) aiment aussi laisser traîner les guitares jusqu’à l’embrasement. Le son de Doll me rappelle un peu le morceau Addiction de l’album précédent qui était également un de mes préférés. Écouter ce nouvel album me rappelle encore que Moeka a une voix exceptionnelle et inimitable qui, j’ai l’impression, s’améliore d’album en album. Je m’en souviens avoir été impressionné par le morceau Koe à sa sortie en single. Ce chant nous attrape et ne nous laisse pas nous échapper jusqu’à la fin du morceau, ou de l’album en l’occurence car ce genre de petites pépites pop-rock s’enchaînent les unes après les autres sans vraiment de temps morts. Enfin, le centre de l’album Haru no Kaze (春の風), Ai ni Tsuite (愛について) baisse un peu en régime par rapport aux autres morceaux de l’album. Le rythme reprend en fait assez vite avec le très beau cure accompagné d’une guitare très métallique. Dans les nouveaux morceaux, j’aime aussi beaucoup Runner (ランナー) qui me fait un peu penser dans l’esprit à la musique rock d’Asian Kung-fu Generation. Cette influence n’est pas improbable car Moeka à déjà chanté avec le groupe en 2020 sur un morceau intitulé I want to Touch You and Be Sure (触れたい 確かめたい). Le plus gros single de l’album est incontestablement Burning, c’est un peu l’equivalent du More than words de l’album précédent. J’avais un peu oublié l’aspect abrasif des guitares du début de ce single. Il y a souvent chez Hitsuji Bungaku ce contraste entre la voix très affirmée mais mélodique de Moeka adoucie par le chant de Yurika et les guitares puissantes très rock alternatif. Le dernier morceau Don’t laugh it off anymore est assez différent du reste, plus rêveur avec ses éléments atmosphériques électroniques. Ça donnerait envie d’entendre le groupe dans un registre plus expérimental qui pourrait être une direction intéressante si leur maison de disque leur laissait la main libre, sachant que le groupe a désormais un bon pied dans le mainstream. En en parlant de reconnaissance dépassant le monde du rock indépendant, la question se pose maintenant de savoir si le groupe fera sa première apparition à l’émission Kōhaku Uta Gassen de la NHK au réveillon. Les pronostics sont ouvert et je parie que oui. Et pendant ce temps là, Moeka et Yurika, accompagnée comme toujours de leur batteuse d’appoint Yuna, se promènent à Europe pour leur première tournée dans cette partie là du monde, en passant bien sûr par Paris. Cela donne l’occasion d’une vidéo amusante à Paris, devant les monuments de la ville et la salle L’Alhambra où elles ont joué le 15 Octobre 2025.

叫ぶ声が聞こえるか

Cette année encore, je suis retourné voir le festival Oeshiki (お会式) qui avait lieu au temple Ikegami Honmonji (池上本門寺) du 11 au 13 Octobre 2025, en commémoration de la mort de Nichiren, le fondateur du courant bouddhiste du même nom. La procession principale appelée Mando où l’on porte des hautes lanternes en forme de pagode avait lieu le Dimanche soir 12 Octobre, et comme l’année précédente des milliers de personnes y assistaient. Il faut se frayer un chemin parmi la foule, ce qui n’est pas des plus agréables surtout quand la rue devient plus étroite quand elle se rapproche du grand temple. Je n’ai pas eu le même courage que l’année dernière et j’ai assez rapidement bifurqué en dehors des cortèges principaux. Il me semble qu’il y avait plus de monde que l’année dernière, qui était pourtant déjà bien encombrée. Du festival, j’en saisis de nombreuses photographies qui sont très similaires à celles prises l’année dernière. Je me limite donc aux deux ci-dessus, qui donnent une idée de la foule et du mystère qui se cache dans ces lanternes qui m’attirent pourtant au point d’y revenir.

Dans nos conversations regulières, Nicolas me parle du EP Layland qui est une collaboration de Ryosuke Nagaoka (長岡亮介), aka Ukigumo quand il officie pour Tokyo Jihen, avec aus, le fondateur du label FLAU. Je connais assez bien le label FLAU car j’y ai découvert quelques perles aux ambiances musicales rêveuses chez Noah (l’album Thirsty de 2019, le EP Étoile de 2021 entre autres) et Cuushe (l’album Butterfly Case de 2013, entre autres). Sur le EP Layland, Ryosuke Nagaoka joue de la guitare et chante, ce qu’il sait très bien faire notamment sur le morceau Candles. Il a même une voix étonnante de douceur et de sensibilité. Sheena Ringo dit bien d’Ukigumo qu’il a une très belle voix mais qu’il ne s’en vante pas. Je la crois très volontiers car il semble rester en retrait par rapport à la musique qu’il met en avant. Le morceau Candles est vraiment magnifique, ne serait-ce que pour sa deuxième partie entièrement instrumentale à la guitare acoustique. Sur Mirrored, le musicien aus apporte au morceau une ambiance électro flottante et rêveuse assez typique du label FLAU. Je m’attendais d’abord à ce que cet EP ressemble un peu au son de Petrolz, mais l’approche est très différente, avec une majorité de morceaux instrumentaux. Le EP faisant 21 minutes, il est un peu court et on aurait aimé qu’ils aillent un peu plus loin dans leur collaboration en étoffant les quelques morceaux instrumentaux un peu courts comme Reverie 1: et Hyatt Earp. Pour revenir au morceau Candles, j’ai noté que la violoniste qui y joue est Kumi Takahara (高原久実), musicienne dont j’ai déjà brièvement parlé sur ce blog et qui est egalement liée au label FLAU. Elle y a sorti son album See-through en Février 2021, contenant le single Tide que j’écoute maintenant. Tide est un morceau instrumental fusionnant la musique classique contemporaine mettant en avant le violon de Kumi Takahara et les textures électroniques subtiles composées par aus. Les arrangements orchestraux sont aériens mais quand tout se met en marche musicalement, quand la ligne de basse s’enclenche et que le violon s’élance soudainement, je ressens quelque chose d’une beauté déchirante, comme une vague d’émotions qui nous émerge soudainement et qui nous prend au cœur. Le morceau Tide inclut également une B-side qui est en fait un remix très différent par Earth Trax. Cette version remixée électronique vaut également le détour et nous amène vers des ambiances moins intimes et plus grandioses. On peine même beaucoup à reconnaître le morceau original.

J’ai souvent mentionné la compositrice et interprète Smany sur ces pages. Je l’ai découverte il y a quelques années par son album Illuminate et je l’ai ensuite régulièrement suivie au fur et à mesure de ses nouvelles sorties. Elle vient de sortir un nouvel EP de quatre titres intitulé Sinking into the Night (夜に沈む) le 12 Juillet 2025 sur son label habituel Virgin Babylon Records. Il s’agit en fait de démos pour son futur prochain album. Cet EP tente également de lui servir de soutien financier étant contrainte à un long congé médical. Sur la page Bandcamp du EP, Smany nous confie avoir été diagnostiquée schizophrène à l’âge de 22 ans, alors qu’elle élevait seule son jeune fils. La maladie l’a contrainte à se séparer de lui pendant deux ans, une blessure qu’elle a exprimé à travers son premier album. Malgré un long combat marqué par des épisodes dépressifs et un divorce, elle continue de trouver dans la musique sa seule force. Son message et ses démos sont un appel au soutien de ceux que son témoignage ou sa musique touchent. Je vois sur son compte X Twitter qu’elle est maintenant sortie de convalescence et qu’elle compte se plonger progressivement dans la composition de son prochain album. Sur les quatre morceaux de cet EP, je trouve que le dernier intitulé Over, correspondant à un nouveau mix de World’s End Girlfriend, est le plus abouti. World’s End Girlfriend est un collaborateur régulier de Smany. Ce morceau est magnifique. Smany a ce talent pour créer des ambiances mélancoliques qui nous touchent, car elles sont sincères et intimes. On a le sentiment qu’elle pèse chaque note et chaque mot en chantant d’une manière lente, douce et délicate. Les trois premiers morceaux Requiem, Shinda Boku (死んだ僕) et Akai Kasa (赤い傘) sont plus épurés et nous laissent confronter à la voix de Smany et à ses douleurs. On ne peut entendre le cri qui se cache profondément en elle mais on le ressent à travers son chant sur le morceau Requiem. Il faut écouter cette musique dans le silence complet, si possible en fermant les yeux.

濡れた道飛ばして

Je pense que je pourrais faire une longue série de photographies de crashed cars trouvées dans Tokyo ou ailleurs au fil des années, parfois dans des endroits inattendus. Comme ici, près de Yoyogi, ce ne sont a priori pas des scènes d’accidents, bien que ça y ressemble beaucoup. Je suppose que la voiture ne doit plus servir et qu’elle est placée là comme un pot de fleurs livré à lui-même. Ça m’a d’autant plus étonné de trouver cette voiture cabossée que, non loin de là, j’ai aperçu deux voitures vintage très bien entretenues par leur propriétaire. Je n’ai pas pris ces deux voitures-là en photographie, manquant de volonté de sortir mon appareil photo de mon sac sous la pluie fine et incessante de ce samedi. Ces derniers jours, j’ai repris mon objectif 50 mm, en mettant de côté pour quelques semaines le grand angle. Il peut être frustrant de ne pas avoir mon grand angle avec moi lorsque je tombe par hasard sur un bâtiment à l’architecture intéressante que je n’arrive pas à saisir dans son intégralité avec un 50 mm, le recul dans les étroites rues tokyoïtes étant parfois très limité. Ça me force à penser à des angles différents, à privilégier le détail, à me déplacer tout autour du sujet pour construire une prise de vue intéressante. Ce travail d’approche et de construction me redonne goût à la photographie. Je ressors d’ailleurs souvent cet objectif quand ma motivation photographique est au plus bas. Petite note automobile au passage, je modifie en général les numéros de plaques d’immatriculation.

J’entends occasionnellement parler d’une renaissance du mouvement shoegaze parmi les jeunes groupes rock japonais. C’est une bonne nouvelle, même si j’ai le sentiment qu’il n’avait jamais vraiment disparu pendant toutes ces années, le groupe Yuragi (揺らぎ) en étant un bon exemple. Tout comme la musique en elle-même, les contours du mouvement shoegaze sont de toute façon très flous, et il est difficile d’attacher un groupe à ce seul courant. En parlant de Yuragi, je garde toujours en tête les paroles « Daremo shiranai ao » (誰も知らない青) du morceau AO, issu de l’EP Nightlife sorti en 2016. La couleur bleue reflète très bien le courant shoegaze et le sentiment qu’on y évacue une douleur personnelle que personne ne saurait vraiment comprendre, sauf la personne qui chante les yeux rivés sur le sol. Mon traitement photographique privilégie la couleur bleue ces derniers temps, même si cela reste tout à fait subtil et qu’on peinerait même à s’en rendre compte (誰も知らない青). Plus récemment, j’avais beaucoup apprécié le single Our de Yuragi, mais j’avais un peu oublié qu’ils avaient également sorti, à la fin du mois de janvier 2025, leur troisième album intitulé In Your Languages. En écoutant le premier morceau de cet album, You Have Been Calling Me, je regrette déjà de ne pas l’avoir découvert plus tôt. Je me dis parfois que les musiques que j’aime sont tellement nombreuses que j’ai du mal à toutes les découvrir. Je le note en tout cas dans ma liste des découvertes à faire dans un futur proche, car je voulais en fait mentionner ici deux autres morceaux.

Il y a d’abord un nouveau single intitulé Yugamu Pink (ゆがむぴんく) du groupe iVy, dont j’ai déjà parlé récemment à propos de leur premier album Confused Apatite (混乱するアパタイト) sorti en juin 2025. Il aurait très bien pu être inclu dans l’album, qui compte pour moi parmi les excellentes surprises de cette année. On y retrouve cette nostalgie et cette délicatesse qui me plaisent vraiment beaucoup. Le duo féminin d’iVy ne force pas le trait, ce qui donne au morceau une atmosphère floue et rêveuse. J’écoute ensuite le morceau Sunday Driver du groupe rock indé Kurayamisaka (くらやみさか), extrait de leur premier album Kurayamisaka yori Ai wo komete, sorti le 10 septembre 2025. Kurayamisaka est un groupe originaire d’Ōimachi, à Tokyo, composé de cinq membres: Shōtarō Shimizu (清水正太郎) à la guitare, le leader du groupe, qui compose la quasi-totalité des morceaux et chante sur certains, Sachi Naitō (内藤さち) au chant et à la guitare, Ryūji Fukuda (フクダリュウジ) à la guitare, Rinpei Azami (阿左美倫平) à la basse, et Yōsuke Horita (堀田庸輔) à la batterie et aux chœurs. Si mes souvenirs ne me trahissent pas, j’avais déjà parcouru leur mini-album Kimi wo omotte iru sorti en 2022, mais je n’avais pourtant pas poursuivi l’écoute. Le morceau Sunday Driver est en revanche tout à fait mémorable, à l’accroche immédiate. Les guitares y sont très présentes, en profondeur, ce qui paraît assez normal sachant que le groupe comprend tout de même trois guitaristes. De cet album, j’écoute également le deuxième morceau, Metro, qui est tout aussi attirant. Sur ces deux titres, le groupe ne révolutionne pas le genre, mais ils me donnent une envie irrésistible d’écouter le reste de l’album. S’il y a une constante dans les groupes de rock japonais, en particulier ceux de rock alternatif, c’est qu’ils ont un profond respect pour le genre, ce qui les pousse, à mon avis, vers une forme de perfection technique. Il y a une notion de craftsmanship très ancrée dans la culture japonaise, que l’on retrouve également dans le rock indépendant.

Kurayamisaka (暗闇坂) peut également faire référence à une route en pente sombre et ténébreuse. Il y en a plusieurs à Tokyo, dans les arrondissements de Minato, Shinjuku, Ōta, entre autres. Le nom du groupe vient certainement de celle située entre les stations d’Ōimachi et de Samezu, dans l’arrondissement de Shinagawa.