soleil couchant sur les pruniers

En suite au billet précédent, je continue à marcher jusqu’au jardin de pruniers appelé Ikegami Baien (池上梅園), placé au pied de la colline portant le grand temple Ikegami Honmonji. Il ferme normalement ses portes aux alentours de 16h30 et j’y suis donc arrivé trop tard. Alors que je vois quelques personnes y entrer, le gardien me confirme que le parc reste exceptionnellement ouvert car on va y allumer les éclairages. J’imagine que ces éclairages du soir sont seulement activés au moment de la floraison des pruniers qui vient de démarrer. Ce n’est pas encore la pleine floraison mais elle semble proche. Je suis déjà passé devant ce parc mais c’est la première fois que j’y entre. Il est très bien entretenu et aménagé. Les pruniers sont plantés au flanc de la colline et un escalier de bois permet de les admirer depuis les hauteurs du parc. Je décide de m’installer pendant quelques minutes sur cette partie haute du jardin en attendant que les lumières s’allument. Le fait d’être contraint à attendre me donne l’occasion d’expérimenter des prises photographiques qui mettraient en valeur ces pruniers. Je me décide à les saisir en contre-jour comme sur la quatrième photographie. J’ai pris beaucoup de photos dans cette configuration en modifiant les angles et les cadrages mais je ne conserve finalement que cette photographie. J’ai toujours pensé qu’il était difficile de bien mettre en valeur la végétation en photographie, notamment et surtout les arbres à fleurs comme les cerisiers. Depuis les hauteurs de la colline, on peut observer les mouvements de la ville, au delà de la tranquillité du parc. Enfin, la ville semble aussi être tranquille en cette fin de journée de week-end. Le rythme est lent à part les trains qui viennent et repartent sur une voie surélevée longeant la longue route nationale numéro 1. Les enfants qui jouaient près d’un des nombreux temples du quartier sont rentrés. Quelques vélos électriques avec fauteuil pour enfant a l’arrière s’activent dans les petites rues, certainement pour rentrer à la maison au plus tôt. J’ai encore un peu de temps pour prendre mon temps, et je m’attarde volontairement pour explorer l’intérieur des cours de certains temples comme celui des deux dernières photographies. Je me dis que je devrais la prochaine fois faire le tour complet de la colline portant le temple Ikegami Honmonji. Je n’en connais qu’une seule partie, celle la plus proche de la gare où je me trouvais aujourd’hui.

Le prochain single de Sheena Ringo (椎名林檎) sera le thème d’ouverture de l’anime Jigokuraku (地獄楽) et sera une collaboration avec le groupe Millenium Parade de Daiki Tsuneta (常田大幹). On pourra écouter ce nouveau morceau à partir du 1er Avril 2023 à 23h sur TV Tokyo (テレビ東京). Son titre est W●RK (ワーク) avec des paroles écrites par Daiki Tsuneta et Sheena Ringo. La composition musicale est quant à elle de Daiki Tsuneta. Le premier court extrait que l’on peut écouter sur YouTube est vraiment très prometteur. On reconnaît assez bien l’atmosphère musicale dense que Daiki Tsuneta nous a déjà fait écouter sur son premier et unique album de Millenium Parade sorti en 2021. Après le morceau très posé toogood (いとをかし), ça fait plaisir de retrouver cette voix là de Sheena Ringo, plus aggressive et jouant sur les distorsions. Je suis en fait loin d’être surpris de voir se réaliser cette collaboration car j’y avais pensé depuis plusieurs années et l’avais même mentionné dans l’enquête du fan club Ringohan. Dans les enquêtes Ringohan de 2020 et 2021, à la question de savoir qui on voudrait voir collaborer avec Sheena Ringo, j’avais en effet mentionné Daiki Tsuneta. L’album de Millenium Parade prenait également un thème, celui de la parade des monstres des nuits d’été appelé Hyakkiyakō (百鬼夜行), que l’on trouvait également chez Sheena Ringo lors de sa tournée de 2015. Daiki Tsuneta avait également été invité à l’émission spéciale KanJam (関ジャム) dédiée à Tokyo Jihen les 13 et 20 Juin 2021. Sheena Ringo y mentionnait d’ailleurs être allée voir Daiki Tsuneta en concert alors que son groupe ne s’appelait pas encore King Gnu mais Srv.Vinci (avant 2017). Tous ses points de rapprochement font qu’une collaboration paraissait évidente, pour notre plus grand plaisir.

Et pendant ce temps là, Sheena Ringo a commencé sa tournée nationale intitulée Sheena Ringo to Aitsura to Shiru Shogyōmujō (椎名林檎と彼奴等と知る諸行無常), qu’on pourrait traduire par « Sheena Ringo et l’impermanence de toutes choses ». La première date était le Vendredi 24 Février dans la ville de Kawaguchi à Saitama. On peut voir des playlists de 28 morceaux circuler sur Twitter mais je ne suis pas certain qu’elles soient toutes correctes. Je me demande si elle va interpréter des morceaux dans leurs versions remixées. J’y vois en tout cas des morceaux clés de sa carrière comme Jinsei ha Yume darake (人生は夢だらけ), des morceaux de Tokyo Jihen comme Ryokushu (緑酒) ou Hotoke Dake Toho (仏だけ徒歩), des morceaux plus récents comme Seishin no Tsuzuki (青春の続き – le suite) écrit pour Takahata Mitsuki (高畑充希) ou toogood (いとをかし). Mais, il semble également y avoir des morceaux inédits ou des reprises que je ne connais pas, notamment deux morceaux de Megumi Hayashibara (林原めぐみ) qu’elle avait dû créer. Il semble y avoir suffisamment d’inattendu pour nous surprendre et c’est de très bonne augure. La configuration est relativement limitée car il ne s’agit pas d’une tournée de la série Expo. On retrouve des habitués de ses tournées comme Yukio Nagoshi (名越由貴夫) à la guitare électrique et Keisuke Torigoe (鳥越啓介) à la basse. Masaki Hayashi (林正樹) aux claviers a déjà participé à la tournée Tōtaikai (党大会) en 2013 qui se déroulait uniquement à l’Orchard Hall du Bunkamura à Shibuya. Yoshiaki Sato (佐藤芳明) à l’accordéon a quant à lui déjà participé à la tournée Ringo Expo’14. C’est par contre, à ma connaissance, la première fois que Sheena Ringo fait appel à Shun Ishiwaka (石若駿) aux percussions. Il s’agit d’un musicien jazz qui était en fait le premier batteur de King Gnu, avant l’actuel batteur Yū Seki. Il faisait partie du groupe alors que celui-ci s’appelait encore Srv.Vinci. Shun Ishiwaka est aussi le batteur de Millenium Parade, et sa présence sur cette tournée prend tout de suite beaucoup de sens quand on pense à la collaboration récente, que je mentionnais ci-dessus, de Millenium Parade avec Sheena Ringo. Je me demande vraiment quelle sera l’ambiance et la direction stylistique de cette tournée car l’utilisation de la salle Orchard Hall de Bunkamura et la présence de musiciens jazz comme Ishiwaka et Hayashi, laissent penser que cette orientation jazz sera privilégiée. Mais le guitariste aux sons puissants, Yukio Nagoshi, est également de la partie et la tournée passera par le Tokyo International Forum pour les deux dernières dates, ce qui me fait plutôt penser à une ambiance plus rock. Il y aura certainement un mélange des genres, mais tout ceci me parait très intriguant, d’autant plus que rien ne filtre des premières représentations. En cette fin de semaine, elle joue dans sa ville, à Fukuoka, et je suis de plus en plus impatient de la voir au mois de Mai à Tokyo. J’aurais très certainement l’occasion d’en reparler (en longueur).

soleil couchant sur la ville

Cette série de photographies a été prise à Ikegami près du grand temple et pourrait constituer la suite d’une série précédente dans un billet intitulé « soleil couchant sur le temple« . La série ci-dessus n’a pourtant pas été prise pendant la même journée. Cette fois-ci, je longe le temple Ikegami Honmonji (池上本門寺) sans pourtant entrer à l’intérieur. J’en fais en partie le tour jusqu’au jardin de pruniers que je montrerais certainement dans un prochain billet. Le vaste complexe du temple Ikegami Honmonji est lui-même entouré de plusieurs autres temples dont je montre quelques photos dans ce billet. Il est un peu plus de 4h et demi de l’après-midi et le soleil est déjà bas. Plutôt que d’essayer de l’éviter, je tente sur quelques photos, notamment la troisième, de le saisir en pleine face. J’aime beaucoup cette atmosphère de fin de journée surtout le week-end. L’album TNT (1998) de Tortoise que je réécoute régulièrement correspond bien à cette ambiance là. J’en parlais déjà il y a quatre ans et comme je le pensais à ce moment là, je garde cette musique profondément associée au lieu où je me trouvais lors de l’écoute. Ça n’intéresserait que moi-même mais j’ai toujours eu pour idée de créer une liste associant des titres d’albums à des noms de lieux (et éventuellement des moments de la journée).

moving like a wind

Passage devant le sanctuaire de Koami (小網神社) à Ningyochō lors d’un jour faste sur les deux premières photographies, puis un peu plus loin toujours à Ningyochō sur la troisième photographie. Comme on me le faisait remarquer précédemment dans les commentaires d’un billet, je prends un peu plus souvent les gens en photo ces derniers temps, en plein mouvement comme des coups de vent comme sur la photo qui suit dans une petite rue à proximité du quartier de Sangenjaya. Sur cette quatrième photographie, le graphisme tout en rondeur dessiné sur les murs est bien étrange. Je me suis demandé si la perception du dessin changeait en fonction de l’angle par lequel on le regardait mais ça ne semblait pas être le cas. Sur la même rue longeant un cour d’eau entouré de verdure, on trouve de nombreuses plaques sur le sol couvertes de dessins d’enfants comme le poisson rouge et blanc que je montre sur une des photos ci-dessus. Il y a une école donnant sur cette petite rue. Les nombreux dessins agrémentant cette rue sont peut-être les créations des jeunes élèves de cette école. Les deux dernières photographies ont été prises à Azabu Jūban. Les portes de la propriété de l’avant-dernière photo sont en général fermées, mais ce n’était pas le cas lors de mon passage. La demeure est ancienne et la statue qui monte la garde est bien intrigante. Le photographe appelé Matsuo sur la dernière photographie se trouve dans le centre d’Azabu-Jūban. Il montre quelques unes des photographies prises dans son studio sur sa devanture. Comme souvent chez ce genre de photographes, on y trouve une atmosphère d’un autre temps. Je me demande toujours sous quelles conditions certaines personnes et familles autorisent de voir afficher leur photo devant tous sur la vitrine des photographes. Ce sont peut-être tout simplement des acteurs et actrices payés pour ce genre de mise en scène photographique.

Si vous suivez les pages musiques de ce blog, qui sont difficiles à manquer il faut bien le dire, vous aurez certainement déjà entendu parler de Tamanaramen (玉名ラメン), groupe à tendance électronique composé des deux sœurs Hana et Hikam Watanabe. Elles viennent de sortir le 15 Février 2023 un nouvel EP intitulé Hajimari (はじまり) composé de cinq morceaux. Le style est éthéré comme les précédents morceaux que je connais du groupe. Les voix sont légères et floues comme un nuage poussé par un brin de vent. L’association des voix aux contours indéfinis (le nuage) avec le rythme électronique très affirmé (le brin de vent) est très intéressant. Le EP ne fait que 13 minutes et s’écoute dans la continuité comme un seul objet musical nous entraînant pendant quelques instants dans un autre monde fait de rêves éveillés. La composition musicale me rappelle parfois Crystal Castles, sur le morceau Ebi notamment, ou certains morceaux d’Aya Gloomy, sur le morceau Friday. Il y a cette même ambiance singulière entre cette dernière artiste et Tamanaramen. Ce genre de musique me permet de m’échapper pendant une dizaine de minutes du rythme effréné de ma réalité.

aux portes d’Ōarai Isosaki (2)

Depuis le sanctuaire Ōarai Isosaki (大洗磯前神社), on a une superbe vue sur le bleu de l’océan pacifique en contrebas. Nous prenons parfois nos idées de déplacement en dehors de Tokyo après avoir vu des photos publiées par Shockeye sur son compte Instagram. Originaire de Kamakura, Shockeye, de son vrai nom Iehiro Uemura (植村 家浩), est musicien dans un groupe de reggae appelé Shōnan no Kaze (湘南乃風) et également chanteur dans d’autres projets. Outre la musique, il s’est aussi spécialisé dans la découverte de ’Power Spot’ au Japon, sujet qui nous intéresse tout particulièrement. Un Power Spot est en fait un terme japonais utilisant deux mots anglais pour désigner un lieu spirituel dont l’environment et le magnétisme permettent d’entrer en communion avec les éléments et la nature qui nous entoure. La force spirituelle de ces lieux est bien entendu tout à fait suggestive mais entre tout à fait en ligne avec les croyances shintoïstes vénérant les dieux de la nature, ceux des forêts comme des montagnes. Au delà même de la croyance, j’aime beaucoup ces lieux car ils ont en général des emplacements et des configurations tout à fait remarquables. Le Tōshōgū sur le Mont Kunōzan, implanté à flanc de montagne et entouré de forêts en est un bon exemple. Les roches formant un passage appelé Seifa-Utaki sur une colline boisée de l’île d’Okinawa ou le sanctuaire Mitsumine perdu en haut des montagnes de Chichibu en sont d’autres exemples. Les power spots sont très nombreux au Japon et Shockeye nous les montre petit à petit sur Instagram. Parmi tous ces power spots, le Mont Fuji est peut-être le plus évident. Shockeye le montre souvent sur Instagram, notamment au moment où le soleil se lève et vient coiffer le Mont Fuji pour former ce qu’on appelle le Diamond Fuji. Il nous a montré récemment quelques très belles photos du sanctuaire Ōarai Isosaki, ce qui nous a forcément donné envie d’y aller.

Après avoir visité le sanctuaire, nous nous approchons du bord de l’océan pour observer les vagues et le petit torii de pierre posé sur une bande de rochers. La mer n’est malheureusement pas très agitée. J’aurais aimé voir les vagues gagner et frapper le torii. La plage autour se compose uniquement de galets, ce qui donne un son fort et caractéristique lorsque les vagues viennent s’y engouffrer et se retirer. Ce son répétitif est reposant. On se pose là debout pendant quelques instants devant cette plage de galets, à regarder nos ombres se refléter sur l’eau. Je prends de nombreuses photos comme d’habitude mais je me suis rendu compte que j’aime beaucoup prendre en photo Mari qui prend des photos comme je l’avais déjà fait sur la plage d’Oritsu dans la même préfecture d’Ibaraki. Voilà une très bonne idée de série photographique. Ce fut un petit voyage d’une journée très paisible car même le retour en voiture s’est déroulé sans aucun embouteillage. C’était particulièrement étonnant car cette journée de dimanche était ensoleillée.

aux portes d’Ōarai Isosaki (1)

Ibaraki se démène tous les ans pour ne pas être à la dernière place dans le classement des préfectures les plus attractives du Japon, mais elle se retrouve malheureusement très souvent en voiture balaie à la toute fin du classement. Pendant les pics de la crise sanitaire, ce manque de popularité était pour nous un argument important, les quelques fois où on souhaitait sortir de Tokyo sans être confronté à la foule. Nous avons depuis pris l’habitude d’y aller régulièrement et je me demande même si nous n’allons pas plus souvent à Ibaraki que dans les préfectures limitrophes de Kanagawa et de Chiba. Ces deux dernières années, nous avons visité les chutes d’eau de Fukuroda, le sanctuaire Kashima Jingū et la plage d’Oritsu, la station d’Hitachi conçue par Kazuyo Sejima et Le daibutsu d’Ushiku.

Nous retournons cette fois-ci vers le bord de mer en partant à la découverte du port d’Ōarai proche de la ville de Mito. La première fois que je suis venu à Ōarai était pour embarquer avec la moto sur un énorme ferry qui nous amenait jusqu’à Hokkaidō à la fin de l’été 2002. Mais lors de cette première fois, nous étions arrivés en pleine nuit et seulement pour embarquer sur le ferry accosté au port. Je n’en ai donc que peu de souvenirs. Cette fois-ci, on se dirige également vers le port mais pour y trouver un restaurant de poissons, puis remontons un peu vers le Nord jusqu’au sanctuaire Ōarai Isosaki (大洗磯前神社) qui était l’objectif premier de notre visite. Le sanctuaire est situé juste à côté de l’océan. Une énorme porte torii placée en direction de l’océan nous attend depuis la route. Un grand escalier nous amène jusqu’au sanctuaire. Je suis surpris d’y voir quelques touristes étrangers ou peut-être que ce sont des résidents de longue date comme moi venus profiter de la tranquillité de la préfecture d’Ibaraki. Il y a en fait plus de monde dans ce sanctuaire que je ne le pensais. Le bâtiment principal est entouré de deux plaques de bois géantes reprenant la forme des Ema sur lesquels on écrit nos souhaits pour qu’ils soient (peut-être) exaucés. Sur le côté gauche, rien de surprenant de voir une illustration de lapin, signe de cette année. Je reste par contre interrogatif quant à l’illustration de style manga sur la droite. Cette illustration fait référence à la série animée pour jeunes adultes intitulée Girls und Panzer (ガールズ&パンツァー) créée par le studio d’animation Actas. Je crois comprendre que la série se passe en partie dans la ville d’Ōarai, mais également sur un immense bateau de style porte-avions militaire supportant une véritable petite ville. J’ai certains doutes quant à l’intérêt de cette série et je ne pense pas me mettre à la regarder. Après avoir fait le tour du sanctuaire, on ne manquera pas de collecter le goshuin et lorsque l’on sort du sanctuaire, on a une très belle vue sur l’océan. Un petit torii est placé sur un rocher au bord de l’océan. J’en montrerais quelques photos dans un prochain billet.